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Le défi du samedi

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29 juin 2013

Amitiés internationales… (Prudence Petitpas)

pru1

-          Courage ma fille, nous sommes bientôt au bout de nos peines, allez, tiens le coup, on arrive au bureau d’enregistrement… lui dit sa mère, alors qu’elles courraient toutes les deux dans les couloirs sans fin de l’aéroport de Schiphol à la recherche de ce foutu bureau. Il faut dire qu’elles venaient de faire douze heures d’avion entre le Honduras et Amsterdam, et que Marie, la plus jeune, avait très mal au ventre depuis qu’elle avait ingurgité le jus d’orange servi par la compagnie aérienne. Elizabeth, la maman, ne savait plus quoi faire pour la remettre sur pied et pas très à l’aise dans les aéroports, paniquait un peu à l’idée de ne pas trouver le bon bureau. Ayant  trois d’heures d’attente lors de cette escale,  elles arrivèrent très en avance sur l’horaire, et Liz, de son petit nom,  sortit du peu d’énergie qu’il lui restait son plus beau sourire à l’hôtesse derrière le comptoir et commença à baragouiner en anglais, tendant son billet et son passeport.

-          Vous n’êtes pas au bon endroit, madame, ici c’est la porte d’embarquement, il faut retourner sur vos pas…

Liz, déconfite, comprenant avec peine ce que disait cette blonde à l’accent incertain, fit une telle tête que l’hôtesse lui attrapa son billet électronique, regarda son passeport et lui dit que vu la distance à parcourir elles pouvaient s’enregistrer ici, et qu’elle les appellerait lors de l’embarquement. 

Liz souffla, et regardant l’air décomposé de sa fille, lui proposa d’aller se rafraichir aux toilettes, tout près d’ici.

Pendant ce temps, son regard circula sur les rangées de fauteuils déjà bien occupés, jusqu’à en repérer deux à côté l’un de l’autre. Elle alla s’assoir, et étendant ses jambes, elle ferma à demi les yeux pour se détendre un peu. Elles étaient parties faire une action humanitaire dans ce dangereux pays qu’est le Honduras et ces quinze jours sur place, bien que riches en rencontres, en découvertes et en émotions, les laissaient éreintées. Elles avaient hâte de rentrer chez elle où leur mari et père les attendait. Marie revint des sanitaires, plus blanche que jamais, chercha sa mère du regard et alla d’une traite se poser vers elle.

-          Vannée, je suis vannée… ça va toi ma p’tite mère ?

-          Oui, tout va bien, vivement la fin de ce voyage… il ne nous reste plus qu’à attendre l’embarquement.
Deux heures plus tard, l’oreille aux aguets, elles entendirent la voix de l’hôtesse annoncé l’embarquement pour Lyon, elles se levèrent alors et s’approchèrent de la porte. D’un geste précis, l’hôtesse leur fit signe de se mettre sur le côté et elles attendirent sagement qu’on leur dise d’y aller, ne comprenant pas vraiment la raison qui les empêchait de suivre le troupeau de touristes qui s’enfonçait dans le couloir pour rejoindre leur avion.  Il ne restait plus que six personnes à attendre, quand l’hôtesse leur expliqua dans un français très relatif, que l’avion avait été surbooké de 6 places, que 3 personnes seulement ne s’étaient pas présentées et que s’étant enregistrées au mauvais endroit, elles ne pouvaient prendre cet avion.
Gros moment de solitude pour la mère et la fille dont les informations arrivaient tout doucement dans leur cerveau et qui commençaient à comprendre qu’elles ne pourraient rentrer chez elle par ce vol. Ils étaient trois dans le même cas, puisque derrière elles un monsieur attendait et leur dit dans un français parfait, avec un accent de Strasbourg, que lui aussi  ne prendrait pas ce vol, et qu’il ne fallait pas qu’elles s’en fassent, tout allait bien se passer.

-          Quelle chance d’être avec un français, souffla-t-elle à sa fille dont la colère avait redonnée quelques couleurs à son teint. On va bien trouver une solution, reprit-elle assez peu sure d’elle mais faisant marcher son éternel optimisme. Elle entendit alors ce même homme parler à l’hôtesse qui s’avançait vers eux dans un pur hollandais et Liz ne put s’empêcher en se tournant vers lui de lui dire dans son plus joli sourire :

-          La providence nous offre un français qui parle apparemment couramment hollandais… quelle chance, c’est plutôt rare !

Et l’homme de rétorquer :

-          Je suis plutôt un hollandais partant couramment français, ce qui est déjà moins rare…enchanté, je me prénomme Herman et l’hôtesse vient de me dire que   la compagnie va nous dédommager de ce changement de programme et que nous allons pouvoir appeler gratuitement le numéro de notre choix pour prévenir quelqu’un et toucher la somme de 250 euros chacun pour combler ce préjudice…

Cette information redonna un peu plus de couleurs à Marie, et fit sourire sa mère qui reprenant de l’énergie fit agir son charme en acceptant la proposition de partager ces quelques heures d’attente avec leur compagnon de fortune.

Ils discutèrent à bâton rompu tout ce laps de temps, firent connaissance en refaisant le monde ou presque et lorsqu’ils s’aperçurent qu’aux prochaines vacances,  Herman et sa femme ne passaient pas loin du domicile de Liz et son mari, ce fut naturellement qu’ils s’échangèrent leur email avec la promesse de se retrouver quelques mois plus tard chez le couple français.

Ce fut le début d’une longue amitié internationale entre un couple français et un couple Hollandais… qui dure encore et encore…  Merci le surbooking…

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29 juin 2013

Safari (Venise)

Il avait brandi une carte de visite chamarrée, qui le présentait comme le spécialiste du safari de Buffles d’Afrique, aventure pittoresque à des tarifs compétitifs. Il était même venu à me raconter les joies du safari.

Il me proposait donc ,de m’emmener dans des régions où nul autre blanc n’était jamais allé.

Dans la lueur de la brume du petit matin, le guide m’attendait sur sa moto.

            On va voyager là-dessus protestai- je ?

            Bien sûr dit-il.

C’est à quelle distance ?

Dans six à sept cents kilomètres

J’imaginais mon quintal de chair grasse flasque et dépourvue de muscle filait à cent cinquante kilomètre-heure sur la route.

Non refusais – je fermement.

On peut prendre ta voiture si tu veux.

Et nous nous retrouvâmes à foncer plein sud dans la brousse.

Après des heures de route que je ne comptais plus.  Un troupeau d’une douzaine de buffles broutait tranquillement dans les hautes herbes.

Ve1

Un buffle mâle nous attendait, la tête haute les naseaux dilatés, ses énormes cornes se découpant sur la brume qui montait de la rivière. Il me fusillait du regard.

Ve2

J’avais un couteau de table plutôt élégant dans le tiroir à couvert, mais le couteau n’était pas à portée de main.

Le poids du véhicule devait être équivalent à celui du buffle.

J’ai compris plus tard que dans la nature rien ne frappe plus vite qu’un bluffe contrarié

Le mouvement est si rapide qu’il est impossible de l’observer.

Au même moment j’entendis mon guide me chuchoter : si tu ne fais pas de geste brusque, il ne chargera pas.

Ça va le rendre malade et de mauvais poil et il n’y a rien de plus dangereux qu’un buffle de mauvais poil croyez moi. !!

La redoutable tête s’approcha de mon bras sur le côté gauche.

Je n’eus même pas besoin de réfléchir

Il souleva le véhicule avec ses deux cornes

Espèce de connard gueulai-je en direction du guide.

Continue d’accélérer   tu va voir tu vas y arriver répondît-il  atterré.

Nous étions dans une impasse .impossible de tout lâcher et de partir en courant.

Je me serais évanouie si  l’idée de m’évanouir dans une masse de buffle avait été plus attrayante

Bien sûr dit mon guide tu es dans un état de terreur avancée.

Ce qui rend tous ces buffles très mécontents !!

Bon je ne voudrai pas te froisser, mais dans ton état de panique actuel tu présentes un sacré danger pour moi dit le guide.

Au retour le véhicule défoncé, le guide me dit, de son plus beau sourire ne t’inquiète pas je ne dirai rien à personne.

J’eus envie de sauter du véhicule en marche, mais où aller ?

Car voyez vous je connais la brousse maintenant. Les buffles sont indéniablement des créatures intéressantes dans leur habitat à condition que cet habitat soit à des milliers de kilomètres du mien !!

Ve3

29 juin 2013

Croisières musicales (Walrus)

Calais - Douvres

Un vent soutenu  sévit sur le Pas-de-Calais.

Comme annoncé sur le site de la météo des  ports, il est à son maximum pour l'heure très matinale de la traversée et la hauteur des vagues dépasse largement les deux mètres, celle de la houle également (si vous êtes sages, je vous expliquerai la différence).

Avant que le ferry n'entre dans le port de Douvres, je tente un raid vers les toilettes (ben oui, le thé, c'est diurétique). Le parcours est ardu car c'est toujours au moment où je veux reposer un pied au sol que celui-ci se dérobe parce que le bateau roule. Quand je pénètre enfin dans les "lieux", je suis accueilli par une symphonie pour portes de djocs de ton mal défini : quand le bateau roule sur bâbord, toutes les portes des toilettes s'ouvrent dans un long gémissement de leurs charnières grippées et quand il repart sur tribord, elles se referment en un chapelet de claquements brutaux.

Je ne m'étendrai pas (m'étaler serait plus de circonstance) sur l'habileté qu'il faut déployer, n'étant muni que de deux mains, pour sauvegarder un équilibre menacé de toutes parts (car le raffiot roule et tangue tout à la fois), maintenir la braguette ouverte, l'élastique du slip baissé, et diriger le jet vers une cible en mouvement perpétuel (ou à la position incertaine, c'est comme vous préférez). Je comprends mieux pourquoi les marins portent des bottes !

 

Douvres - Calais

Sur le Dover Strait, c'est le calme plat.

Même si durant presque tout le trajet du Suffolk jusque Douvres, il a plu, une fois la traversée entamée, le soleil s'est mis de la partie, inondant de lumière une mer sans autres rides que les sillages des navires.

Sirotant un stout irlandais dans le salon arrière, nous constatons en observant ce fameux sillage que notre bâtiment ne semble pas traverser en ligne droite mais en une succession de courbes larges : bancs de sable, croisement de navires empruntant le détroit parallèlement à son axe ? Je n'en sais rien (voulez-vous que je me renseigne ?).

C'est quand j'ai pensé qu'avec une mer pareille je n'aurais pas droit à la symphonie du voyage aller que ça a démarré : une bande de gusses s'est mise à chanter ! J'ai d'abord pensé à des Gallois lesquels ont une propension bien connue à se rassembler en chorales, mais ceux-ci chantaient en anglais des histoires de marins loin de leur pays.

Le groupe chantait plutôt juste, ce qui exclut les Irlandais, et après un quart d'heure de prestation, les applaudissements du public (forcé) ne les ont pas incités à faire une collecte, ce qui élimine les Écossais. C'étaient donc bien des Anglais.

 

 

29 juin 2013

Quatre variations vacancières (Joe Krapov)

La valise acquise à Valence
Où donc l’emmener en vacances ?
A Venise ? A Saint-Paul-de-Vence ?
Pleine de devises à Trévise ?
Pleine de pétulance à Lens ?
Même si toi tu t’en balances
Je crois que je penche pour Pise !

***

Celui qui oublie ses valoches
A l’avant du train
Mérite une paire de taloches
Ou qu’on lui botte l’arrière-train.

***

Sur le cannevas des vacances
Je tire un fil qui va
De Paris où l’on danse
Le french-cancan
Jusqu’à Cannes
Ou à Vannes
En passant
Par Trifouilly-les-Oies
Où la cane cancane
A propos des noces de Cana
Vanessa trouva
Son petit paradis

***

C’est si compliqué de savoir
S’il faut aller passer ses vacances en Vallonie
Ou ses ouacances en Ouallonie
Que la plupart des Belges préfèrent
Partir les passer en Espagne.

 

Bonnes vacances à toutes et à tous !

29 juin 2013

TROIS TAXIS ET UN ENTERREMENT (joye)

(1)

Je venais d'arriver en France pour la première fois. J'avais vingt-deux ans, la tête pleine de rêves et une grosse valise. Après tout, j'étais venue pour y passer une année scolaire comme assistante d'anglais. Je ne connaissais personne, mais j'étais munie d'un billet, d'une adresse, et d'une bonne formation. J'avais négocié l’avion, Chicago, Montréal, CDG,  le car qui m'amenait au train, le train qui m'amenait à la Gare du Nord, et même le métro jusqu’au Quartier Latin, mais je ne voyais pas exactement où je devais descendre. Un peu perdue, je pris la grosse valise et ce qui restait de mes forces et je quittai le métro à un arrêt sans correspondance. Oui, je reconnus le risque je courais ! Un peu aveuglée par le soleil, j’ai pu repérer un petit taxi blanc à la sortie et  je demandai au monsieur de m’amener à ma destination.

-          Mais mademoiselle, c’est tout près d’ici, m’expliqua-t-il, gentiment.

-          Mais monsieur, je ne peux plus !  Ne voulez-vous pas m’y amener, s’il vous plaît ?

Et le monsieur rattrapa ma grosse valise, la mit dans le coffre, et exécuta le petit parcours de cinq minutes à peine. Il accepta tous mes remerciements et la (trop) grosse pourboire, mais quand je lui dis « Monsieur, vous êtes un ange ! », il enleva sa casquette, me fit un grand sourire et cria « Très chère mademoiselle, bienvenue en France ! ».

(2)

Plusieurs années plus tard, j’arrivais un après-midi d’avril à Angers. Le parcours entre St-Laud et le quartier St-Léonard n’est pas inabordable, et ma grosse valise était déjà consignée à l’hôtel en face, mais il faisait moche dehors, alors, je retrouvai la gare et un taxi – une belle, grosse Américaine nickel. Le chauffeur était très bien habillé, et super désintéressé par tout, surtout par cette grande Américaine-ci sans moteur. De grosses sploutchs de moitié-neige, moitié-pluie tombaient sur le pare-brise, et les essuie-glaces Ford les effaçaient silencieusement.

-          Dites, monsieur, quel temps pourri ! C’est ça, la douceur angevine ? lui demandai-je, histoire de converser un peu.

Il n’hésita pas une seconde pour répondre.

-          Non, madame, ça, c’est le printemps.

Et nous continuâmes alors en silence.

(3)

Un soir, encore à Paris, quelques années plus tard,  je raccompagnai à pied un ami à Austerlitz afin qu’il prenne son train. Pour rentrer, ce n’était pas loin, mais je n’avais pas envie d’y aller seul, et il se faisait tard. Je m’approchai du premier taxi dans la queue, et je vis le chauffeur, un homme noir comme la nuit.

-          Voulez-vous bien m’amener à la Rue Mouffetard, monsieur ?

-          Oui, mais pas de gros billets, s’il vous plaît !

-          Entendu, dis-je, et je montai dans le taxi.

-          Pas de gros billets, et comme pourboire, un bisou ! ajouta-t-il. Je vis ses yeux qui brillaient d’humour dans le rétroviseur.

-          Un bisou !  Mais qu’en dira Madame le Chauffeur ? dis-je, en riant.

-          Ben, tant que je travaille, elle sera d’accord !

(L’Enterrement)

La dernière fois que je pris un taxi, c’était ici en Iowa, à Des Moines. Je venais d’assister à un repas d’adieux, mais en ce moment-là, je ne le savais pas. Un ami de très longue date était venu me voir, et tout comme je ne savais pas que c’était la dernière fois que je le reverrais, nous passâmes la soirée à rire comme des dingues. La chauffeuse qui vint nous chercher au restaurant à la fin de la soirée était immigrée, d’Afrique, et je pus lui poser des questions sur ses expériences en Iowa. Elle dit qu’elle aimait les gens, que nous les Iowaniens étions sympathiques et généreux. Je lui dis qu’elle avait raison. Elle dit aussi qu’ici c’était tout petit, qu’elle préférerait aller vivre dans une ville plus grande. Elle rêvait de New York ou de Californie, comme le reste du monde en rêve. Elle s’étonna du monsieur venu de Paris, qu’est-ce qu’il faisait à Des Moines ? C’est une question que tout le monde doit se poser. Car c’est bien connu qu’ici, c’est tout petit, et sans intérêt.

 

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29 juin 2013

JOHN - Irlande 1971 - Souvenir de mes 14 ans (Anémone)


Je me souviens d'une colline
Verte dans la verte Erin.
Elle avait cette joie intime
Que donne la mélancolie.
Elle avait ce charme infini
Qui berce ma mémoire
Encore aujourd'hui.

Sur la colline croissaient des fleurs
Blanches piquées dans le gazon.
Je portais une robe blanche.
Main dans la main, nous descendions.
Le soleil blond te coiffait de mèches folles
En bataille.
On devait bientôt les couper
A l'armée.

Depuis il a gelé sur la trop verte Erin.
Et la guerre est venue.
Des hommes se sont battus
Et le sang a souillé les fleurs de la colline.
Dans le grenier ma robe s'est fanée.
Bientôt pourtant reviendra la clarté.
Et sèchera le sang sur la verte Erin.
Et sècheront les plaies dans mon coeur douloureux.
Mais jamais, non jamais, je ne pourrai oublier
Nos adieux et mes larmes au bas de la colline,
Quand je dus te quitter,
Toi, et ta verte Erin.

                      Bruxelles, 1972

29 juin 2013

La lumière dans les feuillages (Vanina)

Elle semble comprendre exactement ce que je ressens.
Elle vous écoute et vous avez l’impression qu’elle sait déjà et ne juge pas.
Au fond de chaque être vivant il y a une vérité unique ; le regard de Miss vous ramène face à vous-même, face à la vérité.

Dieu, grâce à elle, j’y crois, et pour ceux que cela fait sourire, qu’ils se disent simplement qu’il vaut mieux vivre les yeux levés au ciel que baissés sur son nombril.

Miss à mes côtés : je ressens très fort l’autre comme un peu étranger, intimidant ; je ne m’habitue pas à son regard qui vous cherche soudainement, se cherche en vous ?
C’est tout à coup, à n’importe quel moment, n’importe où, cette impression aiguë de liberté, l’envie de tout aimer, de sourire à tout, ce besoin de remercier quelqu’un ;
Elle en premier.

29 juin 2013

Le grand charottage (Vegas sur sarthe)

Je me souviens qu'autrefois à l'inverse aujourd'hui, l'été commençait bien avant le vingt et un juin et excepté le Dudule et ses éternels leggings, on gardait short, sandalettes et chapia de paille jusqu'à fin septembre.
Parmi les nombreux évènements qui ponctuaient les vacances, le feu d'artifesses du quatorze - comme disait mon frérot - la messe en latin du dimanche, les vachettes d'Intervilles et l'arrivée de la moissonneuse lieuse Mac Cormick arrivaient très loin derrière le grand Charottage.
Il faut dire que le grand Charottage était une institution, l'Evènement incontournable, une tradition immuable dans la famille depuis que l'oncle Hubert avait dégoté ses deux chevals - un blanc et un pie - à la grande foire de Semur-en-Auxois.
J'ai toujours eu du mal avec le cheval et encore plus avec son pluriel et mon oncle ajoutait à ma confusion lorsqu'il me reprenait d'un ton bourru: "On dit ch'vau quand y 'a plusieurs ch'vals, bougre de beuzenot! mais on dit charotte qu'y'ait qu'eune charotte ou plusieurs charottes!"
Bref, je trouvais plus commode de dire Filochard et Ribouldingue puisqu'on les avait ainsi rebaptisés dès leur arrivée à la ferme.
Il avait aussi ramené une polonaise mais ça c'est une autre histoire qui fit bien du tintouin dans la famille et dont j'ai pas prévu de causer ici.
Ainsi donc le matin du grand Charottage nous trouvait debout avant le coq, fin prêts pour une expédition qui allait durer toute la journée et nous sauver du même coup des corvées d'arrosage, de cueillette des cassis, d'équeutage des haricots verts et de tâches ménagères plus chiantes les unes que les autres...
Le harnachement des deux pieds nickelés - qui patachaient déjà - était une affaire d'homme et tandis que l'oncle Hubert bandait courroies et croupières, on fourbissait la charotte, assurait les ridelles, tendait la bâche et chargeait les paniers du pique-nique pour finir par le tirage au sort du gagnant de la place de copilote.
Nos chamailleries se terminaient toujours dans un formidable claquement de fouet qui ébranlait l'équipage et nous forçait à sauter in extremis sur l'unique banquette de bois où on allait taler nos culs tout à loisir.
Nous allions encore en prendre plein les mirettes, les oreilles et les narines, attraper le virot et claquer des dents mais à chaque fois c'était un plaisir renouvelé et je n'aurais pas laissé ma place même pour la collection complète des aventures de Chick Bill en Arizona sur papier glacé!
Vue l'heure matinale notre bruyante traversée du bourg ne passait jamais inaperçue et les paris allaient bon train pour deviner lequel des villageois hériterait du plus beau crottin devant sa porte! La mère Gautherot dont le potager faisait bien des jaloux a dû en récolter plus qu'à son tour...
Je n'ai toujours pas compris comment une oreille de cheval pouvait saisir les "Hue" et les "Dia" tant les roues cerclées faisaient un bruit d'enfer. Pourtant nous n'avons jamais versé au fossé, même dans les épingles serrées qui menaient à la Combe de Lavaux.
Les croupes des chevaux - cette fois j'aurai réussi mon pluriel - ondulantes, leur puissant fumet à nous faire regretter celui de nos chaussettes, le martellement changeant des sabots au gré des pavés, du sable et de la terre, les inquiétants grincements de la vieille charotte et surtout nos cris incessants ne cessaient qu'à la halte de midi et toujours dans cette même clairière que nous avions choisie pour sa fraîcheur, sa bonne odeur de pin et son frais ruisseau où l'oncle Hubert trempait l'Aligoté...
Comme nous, Filoch' et Riboul' mégeaient leur pitance d'un solide appétit avant que nous emporte une sieste bien méritée qui nous menait jusqu'au tintement de quatre heures.
Le retour était plus triste, les bricoles plus lourdes et nos cris moins joyeux; le coeur lesté d'émotions diverses, on abordait la descente vertigineuse vers le bourg, sabots de freins bloqués et mâchoires serrées (les nôtres) comme pour retenir le temps qui nous menait inexorablement vers septembre et la rentrée scolaire.
Dans un dernier hennissement, notre attelage franchissait la cour de la ferme où nous attendait déjà le grand baquet de bois et le savon de Marseille pour un décrassage incontournable.
Une fois dételés, délestés des guides, barres de fesses et autres chaînettes les ch'vals retournaient à l'écurie et l'oncle Hubert à sa polonaise sans même passer par le baquet de bois mais ça, c'est une autre histoire.
22 juin 2013

Défi #252

En attendant les prochains congés :

Souvenirs de vacancesAilleurs, loin ou tout près,

des moments ou des rencontres qui vous ont marqués

pendant vos moments de liberté ...

samedidefi@hotmail.fr

à tout bientôt le plaisir de vous lire !

22 juin 2013

Ont prononcé le mot magique :

22 juin 2013

Et voilà ! (MAP)

Voici le gentil lutin

celui qui connaît

ABRACADABRA

Et voilà

 

22 juin 2013

Ah, non, je ne travaille pas du chapeau, je travaille de la valise ! (Sandrine)

Déroulement des opérations : Je remplis une valise de laines cardées colorées... J'y ajoute, un carré de mousse, des aiguilles à feutrer, une pincée d'imaginaire, une dose de savoir faire, un soupçon de patience...

sa1

Je ferme. HOP, HOP, LA... Je pars au bout du jardin... ABRACADABRA, j'ouvre et voilà :

sa2

Une mignotille (mignonne et gentille) sirène d'eau douce et un poisson à barbillons lui mangeant dans la main

sa3JPG

C'est magique, non ? :)

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22 juin 2013

Participation de Venise

 J’avais manifestement affaire à un étudiant en première année de science. Un peu primitif dans son approche et qui avait bricolé la réplique d’une fusée vue dans une bande dessinée.

Ne t’arrêtes pas à l’aspect improvisé me dit il.

En fait vois tu ,sa trajectoire ne devrait pas être altérée.

Mais comment vas-tu maintenir le nez et la base à angle doit ?

Hein ? me dit-il ?

J’t’dis ne t’arrête pas à l’aspect improvisé.

Oui, oui  l’interrompis-je mais où as t u appris tous ces trucs ?

L’émission scientifique l’école des ondes.

Une longue pause me permit de digérer ce que je venais d’entendre.

J’entrepris de nommer ma terreur.

Jeune Bill cette fusée peut elle vraiment fonctionner ?

Évidement, enfin je pense !

Avec un peu de chance la capsule devrait entrer en semi orbite.

Semi orbite ?

Oui je vise le japon.

Le japon ?

Oui si mes calculs sont bons elle devrait se poser près de Tokyo ;

Mais nous sommes dans les ARDENNES !

J’en avais assez entendu je me levai et dit très bien c’est bon c’est tout à fait passionnant, mais je dois y aller.

Mais tu as dit que tu m’aiderais

Sans blague ?

Tu m’as même dit qu’on rigolerait bien

Oui mais je n’avais pas prévu qu’un élève affreusement sur éduqué me prenne au mot.

Tu allumes le feu sous la fusée et on attend que la poudre prenne ou on part en courant.

Pourquoi ? Parce que je ne suis pas sur du mélange

Bon alors on va adopter la formule magique c’est plus prudent. 

Ve1

ABRACADABRA !

 

22 juin 2013

Désolé de ne pouvoir participer (Walrus)

... mais il y a bien longtemps que ma baguette ne fait plus de miracle.

dumbledore

 

22 juin 2013

Hommage à mon mage. Et courage: c'est pas sorcier! (Anémone)

Approche-toi de ma baguette.
Brandis la tienne.
Range-moi tous ces complexes.
Appelle-moi, je répondrai.
C'est à toi que je me connecte.
Au travers de tant de liens dispersés.
De ta magie je suis touchée.
Allons ensemble vers la grâce,
Bravons la vie.
Rends-toi avec confiance
A cette évidente beauté:

        TU ES MON MAGE
        JE SUIS TA FEE

22 juin 2013

Liste des formules magiques à l'usage des candidats à l'épreuve de philo du bac 2013 (Vegas sur sarthe)

Abracadabra
Permet au réveil-matin réglé par erreur sur 11 heures de sonner à 7 heures
Baradacabra
Grille et beurre deux toasts en dix secondes. Pour la confiture, ajouter un “bra”
Radarbabaca
Fonctionne un peu comme un radar mais équipé d'un babaca
Rabacabrada-94
Fait patienter le bus 94 à destination de Montparnasse (limité à deux minutes)
Arbadacarba-20-27
Transfère immédiatement les salles 20 à 27 au rez-de-chaussée
Cabradabara
Ajoute la fonction téléphone portable à n'importe quelle calculette
Acadabrabra
Recharge à la fois votre forfait et votre batterie
Dabarabraca
Ne sert à rien sinon à vous faire perdre un temps précieux.
Le temps est dit “précieux” en période d'examen
Arcarbabada
Dérègle la prostate des surveillants. A utiliser avec parcimonie.
Ne fonctionne qu'avec les hommes
Baracabarda
Recopie votre brouillon (barda) au propre comme au figuré (Baraca)
Abradacabra
Génération aléatoire de l'introduction et de la conclusion du sujet, sans garantie de résultat
Bonne chance
22 juin 2013

Magie... (Hime Chan)

Le fluide court dans mes membres. Je la sens, cette force, cette puissance qui grandit au creux de ma poitrine. Des rubans bleutés s'enroulent autour de mes bras, de mes poignets. Derrière mes paupières closes, mes yeux tressaillent. Chaque fois c'est le même sentiment d'invincibilité qui me rend euphorique. La vague de mon cœur monte, monte encore. Gonflée d'électricité, de paroles, de sortilèges. Une science millénaire dort dans ma tête et s'éveille de temps en temps. Mes mains fourmillent. J'ai mal, si mal ! Je brûle, chacune de mes veines est emplie d'un feu dévorant et atroce, chacune de mes cellules se brise en milliers de morceaux. La douleur est immense, si grande que je ne peux même plus bouger. Mes jambes sont lourdes, deux piliers de granit qui tiennent debout péniblement. Mais la pierre est froide, et ma peau est incandescente. Je suis une braise, je suis un feu follet, je suis une allumette, je suis un bûcher... Tous les rituels sont source de souffrance. Mais aussi de bien être. Car mon esprit est vide, incroyablement vide. Je n'ai jamais été aussi... détendu. Mon âme dérive dans un espace doux et miraculeusement lumineux. C'est une lumière agréable, à peine éblouissante, juste ce qu'il faut pour me faire voir des merveilles. Mes pupilles internes se régalent. Alors, une digue cède. Et la puissance contenue jusqu'à maintenant bouleverse tout. Le sort que j'ai jeté a donc réussi. Je regarde le paquet de cartes sur la table devant moi. Puis le public qui me fait face. Je m'écrie d'une voix chevrotante :

« Et la première carte est... un as de cœur ! »

Je la soulève. Un cri de surprise feinte retentit dans la salle. Je regarde la carte. C'est bien un as de cœur. Je salue sous de maigres applaudissements, sort dans les coulisses. Une fois là bas, je m'essuie le front, et soupire. Tant d'énergie pour un si petit sort ! Voilà pourquoi je ne suis qu'un minable prestidigitateur, et pas un grand magicien. Je vois s'avancer une femme sur la scène. Elle porte une robe moulante bleu nuit et sourit énigmatiquement. Sans rien dire, elle saisit un chapeau haut de forme. Le coup du lapin est dépassé depuis longtemps, le sait-elle ? Mais ses mains virevoltent au dessus de l'objet dans une danse envoûtante. Les spectateurs retiennent leur souffle. La jeune femme pose le chapeau et attend. Que compte-t-elle faire ? Je sens une vague de pouvoir à l'état brut me traverser de part en part. Et une immense lumière sort de l'ouverture qu'elle a créé entre deux mondes parallèles. Une porte ! Elle a ouvert une gigantesque porte ! Une petite fille s'extirpe du trou, puis un petit garçon. Ils dansent vivement une ronde, puis replonge dans la lumière. La salle est médusée. La magicienne pose le chapeau sur sa tête, et sort, sans même attendre les applaudissements. Elle passe devant moi.

« Ça, c'est de la magie, mon cher... »

22 juin 2013

Vous avez dit : « Abracadabra » ? (Vanina)

Ce mot fait partie de ma vie, depuis mon plus jeune âge !
Imaginez... c'est Maman qui nous a appris, à mes 5 frères et sœurs et moi-même, à nouer nos lacets, car avec Papa -prestidigitateur-, les nœuds disparaissaient immanquablement.

Sans doute est-ce pour cette raison que ma première BD au cœur des années 90 fût l'histoire d'un chapeau dont voici une mésaventure :

Defi#251_abracadabra - 1

Et que déjà sur le blog du défi, j'avais répondu à la consigne #101 par : « Abracadabra ».

22 juin 2013

ABRACADABRA (joye)

22 juin 2013

HA BE RA HA CA DA BE RE HA (titisoorts)

Première fois que j'ai vu, un tour de magie

la langue pendante, les yeux écarquillés
mais comment faisait-il, j'étais tout ébloui
monde parallèle, à singer, à mimer
Abracadabra abracadabra
que les choses dites deviennent vivantes
Abracadabra abracadabra
une vie parallèle que je m'invente
Lorsque les gens malades souffraient, seul, sans foi
spectacle, tour de magie, chapeau un lapin
juste pour que ses gens soient bien devant moi
voir leurs sourires, j'étais bien, moi magicien
Abracadabra abracadabra
que les choses dites deviennent vivantes
Abracadabra abracadabra
une vie parallèle que je m'invente
C'est en te voyant que j'ai lâché le grimoire
ton charme ton amour, une belle histoire
on jouait avec ma baguette magique
alchimique, anatomique, angélique
Abracadabra abracadabra
que les choses dites deviennent vivantes
Abracadabra abracadabra
une vie parallèle que je m'invente
Il a fallu que je replonge, pauvre âne
évocation invocation, pouvoir divin
je te délaissais chamanisme, gros crétin
jusqu'à te faire disparaître, grand chaman
Abracadabra abracadabra
que les choses dites deviennent vivantes
Abracadabra abracadabra
une vie parallèle que je m'invente

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Le défi du samedi
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