Dans le salon de Madame des Ricochets
Les miroirs sont en grains de rosée pressés
La console est faite d'un bras de lierre
Et le tapis meurt comme les vagues.

Dans le salon de Madame des Ricochets,
Les murs,  pète-sec et méfiants,
S’endurcissent  contre clous  et autres objets d’attache muraux.
Les fenêtres, aigris de vieillesse,
Font de l’ombre au soleil.
Les portes  d’un air renfrogné,
Empêchent l’accès à tout intrus indésirable.


Dans le salon de Madame des Ricochets,
Le plafonnier, de son œil sournois et vicieux,
Fait le guet à l’affut de tout changement.
La table immobile et soupçonneuse,
Surveille du coin de l’œil ses chaises-sujet placées autour d’elle.
Quand à ces chaises, le regard apeuré,
Gardent  leur distance pour ne pas dévoiler leur amitié commune.

Seules les fleurs, mourantes dans leur eau vaseuse,
Ont leur cœur plein d’espoir  tourné vers l’est.

Depuis sa mort, ils règnent impitoyablement, sans vergogne sur le royaume.
Seulement, en ce jour de vendredi 6 mai, un fort vent d’ouest souffle,
Et force fenêtres et portes à s’ouvrir.
Celles-ci s’exécutent en grimaçant.
Tous se tournent vers l’imposteur.

Un enfant tout souriant et plein d’innocence pénètre dans le salon.

Leur regard est rempli d’inquiétude.
Rien ne sera plus comme avant…
La roue tourne…
Une ère nouvelle s’ouvre…