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Le défi du samedi

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9 novembre 2013

Participation d'Électre

******************************************************************************************************************************************************* Il avait commencé à lire le roman quelques jours auparavant. Il l'abandonna à cause d'affaires urgentes et l'ouvrit de nouveau dans le train, en retournant à sa propriété. Il se laissait lentement intéresser par l'intrigue et le caractère des personnages. Ce soir là le train était non pas vide, ni bondé, mais quelque part entre les deux, lorsqu'il y a assez de monde pour ne pas se sentir seul mais un peu trop pour avoir assez d'intimité. C'est pour cela qu'il s'était assis face à une des extrémités du wagon. Il avait horreur de savoir qu'en face de lui quelqu'un chercherait à décoder dans ses mimiques ce qu'il pouvait être en train de lire. Par courtoisie, cependant, et aussi par goût, il s'était assis contre la fenêtre, pour ne pas avoir l'air malpoli de celui qui s'arroge deux places d'un coup, et pour pouvoir quand l'envie lui en prendrait regarder les réverbères des faubourgs, les phares des voitures et les enseignes des supermarchés où les gens se pressaient encore, car il n'était pas si tard--- c'était seulement le début de l'hiver.

Il lisait un livre, mais ne tournait pas de pages. Les faisait seulement défiler avec les doigts. N'aimait pas tellement le crissement du papier, et puis à quoi bon quand on peut avoir toute une bibliothèque dans la paume de sa main ? Mais cela ne lui enlevait pas le moment de choisir le livre qu'il lisait, et une fois commencé il avait du mal à en changer avant d'avoir fini. Il avait commencé à lire le roman le dimanche précédent en rentrant à la campagne. Toujours à la même place dans le train, devant une publicité pour des cours privés d'anglais qu'il avait regardée distraitement, de toute façon il avait déjà obtenu reconnaissance de ses mérites linguistiques dans son travail et n'avait pas besoin de ce genre de choses. Sa tablette, qui allait tout à fait avec son costume gris et lui donnait des airs d'homme d'affaire que du reste, il était, jurait cependant avec sa besace en toile qui, si elle avait été un peu plus élimée, aurait pu passer pour celle d'un étudiant rentrant de son université.

Au départ il avait choisi le livre un peu par hasard, pour son auteur, en se disant que ça ne lui ferait pas de mal, pour une fois, de lire de la littérature classique. Le titre ne lui avait pas déplu, il avait quelque chose d'exotique, un charme de vacances. Il était assez ancien pour être gratuit, cela valait la peine d'essayer même s'il ne le finissait pas. Il se souvenait d'en avoir entendu parler au collège, sans se remémorer vraiment de quoi il pouvait être question. Il avait eu le temps de lire quelques pages déjà, qui lui avaient donné envie de continuer. L'intrigue était pleine de rebondissements, et c'était finalement assez drôle pour un classique. Il ne s'attendait pas à cela. Il commençait à entrer vraiment dans le livre lorsqu'un voyageur lui demanda si la place à ses côtés était libre. Sans laisser transparaître ses regrets, il se hâta de répondre par l'affirmative et de remonter le pan de sa veste qui débordait de son propre siège pour laisser place au nouvel arrivant.

Il lui était maintenant plus difficile de lire, car l'homme qui avait pris place à ses côtés n'était visiblement pas un habitué de la ligne et jetait sans cesse des coups d’œil inquiets du côté de la fenêtre en direction des ténèbres où brilleraient les feux de sa gare. Pourvu qu'il ne reste pas trop longtemps. Il avait maintenant du mal à se concentrer sur son livre. Le type continuait à regarder la fenêtre, mais il lui venait le soupçon qu'il cherchait à regarder dans la vitre le reflet de l'écran de sa tablette. Je dois devenir paranoïaque, qu'est-ce que cela peut bien lui faire ?

En réalité l'homme regardait vraiment le reflet de sa tablette. Il n'arrivait pas à déchiffrer le texte, mais pouvait constater que son voisin lisait de plus en plus lentement. Il attendait que le mouvement de ses yeux se fasse assez lent pour qu'il puisse être possible de l'interrompre une seconde fois. Le moment ne fut pas très long à arriver. Les lignes se brouillaient devant les yeux du jeune homme à la simili besace d'étudiant. Il sentait de son côté le moment où il faudrait adresser la parole à son voisin, et désira s'absorber lui aussi dans la contemplation des lumières extérieures. Mais c'est à ce moment-là qu'il rencontra dans la vitre le regard de son voisin, et il ne put plus rien faire pour l'éviter.

--- Nuit noire n'est-ce pas ? Depuis qu'on a changé d'heure... J'aime bien la nuit noire. Pas vous ?

--- ...

--- Elle vous prend comme un cocon, et puis on peut profiter des lumières. Vous aimez regarder les lumières par la fenêtre ? Moi aussi je me mets toujours du côté de la vitre. Même si cette satané climatisation envoie toujours ce souffle froid qui vous rend malade même en été.

L'inconnu ne semblait pas décidé à le laisser parler, mais le regardait assez pour qu'il ne puisse pas ne pas faire au moins semblant de l'écouter.

--- Vous avez une tablette ? C'est comme ça qu'on appelle ça, hein ? Ma belle-sœur en a offert une à mon frère pour Noël. Elle dit que ça prendra moins de place et de poussière que ses livres. Mais lui, il préfère ses livres. Au moins, on peut mettre un marque page et le retrouver... mais vous, vous êtes jeune, vous savez vous servir de tout ça... et avec les pouces, encore. Lui, tout juste s'il arrive à l'allumer. Il dit que ça lui fait mal aux yeux. D'après elle ce n'est pas possible, mais en tout cas c'est ce qu'il dit. Moi, je n'ai jamais essayé. J'ai toujours un livre avec moi. Avec votre sac vous pourriez même en transporter plusieurs si vous vouliez. Sûr, ce serait moins fin. Enfin, les jeunes...

Le jeune homme, empêché de lire --- pour une fois qu'il avait envie de lire un classique, c'était un vieux croûton qui allait y faire obstacle --- était reparti en pensée dans le livre et rêvait sur les quelques bribes de caractères qu'il avait pu pêcher ça et là. Le héros était vraiment ingénu, et l'auteur s'ingéniait de son côté à le mettre dans des situations toutes plus rocambolesques les unes que les autres. Il y avait là-dedans beaucoup de clichés que l'on aurait sans doute pu trouver une série télé, mais l'auteur arrivait tout de même à capter l'intérêt du lecteur. Qui sait ce qu'il allait advenir de Mme de *** ?

--- Dites, est-ce que je peux vous demander un service ?

Visiblement la question avait été posée de manière répétée. Secouant un peu la tête pour revenir dans la conversation, il regarda avec plus d'attention son voisin. Il y avait dans sa question une nuance d'hésitation un peu étrange pour quelqu'un qui l'avait posé déjà deux fois. Il n'eut pas le temps de répondre que l'autre, ayant capté son regard interrogateur, reprenait.

--- En fait, je voudrais essayer votre tablette... je n'ai jamais utilisé ce genre de truc.

--- Mais votre frère ne vous a pas fait essayer la sienne ? fit le jeune homme, qui avait tout de même suivi un peu la conversation.

--- C'est-à-dire... enfin... ma belle-sœur a peur qu'elle se casse alors elle n'a pas voulu que j'y touche.

--- Mais votre belle-sœur a des raisons de penser que vous risquez de la casser ? fit le jeune homme, un peu méfiant mais tentant de ne pas trop le faire paraître.

--- Oh non, pas du tout, seulement, comme son téléphone m'est déjà tombé des mains, je crois qu'elle a un peu peur. Vous avez beaucoup de livres dans votre truc ?

Le changement de sujet dérouta le jeune homme qui entra cette fois complètement dans la conversation.

--- Oui, il y en avait une dizaine livrés avec, des vieux livres vous savez, et j'en ai téléchargé quelques uns plus récents ; en général j'aime bien la science fiction.

--- Mais j'imagine que chez vous vous avez des livres ? Des livres en papier je veux dire ?

Le jeune homme était de plus en plus déconcerté par cet étrange voisin de fauteuil.

--- Oui, j'en ai. Mais en général je les emprunte à la bibliothèque, ça encombre moins, et puis de toute façon je ne les relis pas, la plupart du temps. Avec ça c'est plus pratique, je peux en avoir quelques-uns à la fois, mais il va falloir que je fasse du ménage dedans, ça ne sert à rien de garder ceux que j'ai lus.

--- Tiens, c'est drôle, vous me faites penser à ma belle-sœur. Avant d'offrir une tablette à mon frère, elle s'en est achetée une pour elle. Mais elle m'a dit qu'elle supprimait les livres une fois qu'elle les avait lus. De toute façon elle ne lit que de la littérature sentimentale. Vous avez déjà essayé de lire de la littérature sentimentale ? J'ai trouvé un livre une fois, dans une brocante, qui traînait par terre à la fin, et je l'ai pris en me disant qu'il fallait que je voie ce que c'était, mais à part deux pages je n'ai pas eu le courage de l'ouvrir. C'était deux pages du milieu. Vous arrivez à distinguer avec votre machine les pages qui sont au milieu des autres ? Ou alors vous ne savez jamais quand ça va se terminer ?

--- Il y a un compteur, on voit le nombre de pages total et la page courante.

--- La page courante. C'est drôle, comme vous lisez --- j'espère que vous m'excuserez, je vous regardais lire tout à l'heure --- on dirait vraiment que les pages courent quand vous les tournez.

Il se demandait où ce dialogue allait le mener. Il n'osait pas regarder sa montre pour ne pas paraître impoli, et ne pouvait plus voir par la fenêtre les lumières rassurantes qui finiraient pas l'éloigner de cet encombrant personnage en indiquant soit sa gare, soit la sienne. Il commençait à se résigner à prêter sa tablette pour pouvoir ensuite mettre fin à la conversation. Pourquoi n'arrivait-il pas dans la vraie vie les coups de théâtre que l'on trouve dans les romans ? Un contrôleur qui s'apercevrait que son voisin n'avait pas composté son billet, une panique générale qui disperserait les voyageurs d'un wagon à l'autre et lui permettrait de se volatiliser... Mais non, l'autre était toujours là, et comme il ne semblait pas prêt à en démordre, le jeune homme prit les devants :

--- Si vous voulez, je peux vous montrer comment ça marche. Tout en disant cela il quitta le livre qu'il était en train de lire non sans avoir au préalable enregistré un marque page et ouvrit sa bibliothèque virtuelle. Pour sûr, le bonhomme devait lire beaucoup, et trouverait sa collection maigre et ridicule, mais c'était lui qui avait insisté. "Là vous pouvez choisir un livre, puis vous pouvez commencer par le chapitre que vous voulez, et ensuite vous tournez les pages comme ça. Vous pouvez essayer si vous voulez".

--- Non non, c'est gentil, mais je dois bientôt descendre, et puis je crois que je ne vais pas y arriver.

C'était bien tout le genre de personne qui commence par vous déranger et qu'il faudrait presque prier pour les laisser faire ce qu'ils vous ont d'abord demandé comme un service... "Puisque je vous le propose" insista le jeune homme.

--- Vous êtes sûr ?

--- Tant qu'il ne finit pas comme le portable de votre belle-sœur... enfin, je veux dire, oui, essayez, de toute façon nous sommes deux à le tenir, il ne risque pas de tomber.

--- De tomber non, mais j'ai été imprudent, peut-être qu'il ne vaut mieux pas...

--- Mais puisque je vous dit que c'est bon, profitez-en, essayez, comme ça la prochaine fois vous pourrez peut-être même montrer à votre frère comment on fait.

Le voyageur essuya son pouce --- qu'il avait visiblement fort gras --- sur son mouchoir, le posa sur l'écran et tenta de tourner la page, sans succès. Il ne voulut pas essayer davantage et préféra reprendre la conversation, tout en regardant l'écran.

--- Qu'est-ce que vous étiez en train de lire ? Celui-ci ? Tiens, mais vous m'avez dit que vous lisiez de la science fiction ?

--- Habituellement oui, fit le jeune homme gêné de se voir découvert. Mais j'ai pris ça pour essayer. Ils m'en ont parlé au collège je crois. Ça me plaît assez.

--- Tiens, vous aussi vous avez des chemises brodées ?

--- Quoi, moi aussi ?

--- Alors vous n'en êtes pas encore arrivé là, désolé.

Qu'est-ce que c'était encore que cette histoire de chemises brodées ? Et pourquoi diable ne s'était-il pas assis sur la place intérieure du fauteuil de deux afin de décourager les gens de s'asseoir près de lui ?

--- Non non, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas grave. Et puis votre chemise n'a pas l'air brodée à votre nom.

--- Non, c'est la marque.

--- Désolé, vraiment. Mon arrêt arrive bientôt, je vais devoir vous quitter.

Pas trop tôt, pensa le jeune homme qui attendait avec impatience d'être à nouveau seul. Il trouva superflu de lui demander où il descendait. Bientôt son arrêt à lui aussi arriverait. Il commença à faire le geste d'éteindre sa tablette et de la ranger dans sa besace.

--- Ah, ça se décharge vite ces choses-là ? Ça doit être énervant quand on arrive à un moment intéressant de l'histoire, j'imagine.

Il se garda bien de répondre. Son compagnon de voyage reprit :

--- Mais vous ne pensez pas que vous préféreriez un livre ? Un vrai ? Au moins avec ça vous n'auriez pas de problèmes de batterie. Et puis un seul suffit pour le trajet que vous faites.

Depuis quand son interlocuteur savait-il où il devait s'arrêter ? Cette histoire commençait à devenir inquiétante. Il regarda autour de lui, et s'aperçut qu'ils étaient seuls dans le wagon. Cela n'arrivait jamais habituellement. Il avait hâte de retrouver sa voiture et de rentrer chez lui. Il n'avait plus envie de continuer cette conversation, ni non plus de poursuivre son livre. Ce serait pour une prochaine fois, en espérant qu'il n'ait pas de voisin bavard.

L'homme n'avait que son pardessus et un sac en cuir qui paraissait assez ancien, où une poche était aménagée sur le devant, juste de la taille d'un livre. On voyait dépasser des bouts du titre, mais il n'arrivait pas à les relier pour former des mots. S'il avait pu sortir le livre de la poche il aurait vu qu'il s'agissait du même livre que le sien.

Quand l'homme descendit du train, il le regarda s'éloigner par la fenêtre jusqu'à ce qu'il disparaisse. Juste avant de tourner le coin de la gare, l'homme fit un mouvement pour ramener son sac près de lui et attraper quelque chose dedans. Le jeune homme se retourna vers son propre sac, pensa un instant reprendre son livre, puis abandonna cette idée. Il ne vit pas l'homme se tourner vers le train avec un étrange sourire, et sortir le livre de la poche avant de son sac pour s'assurer que c'était bien le titre qu'il avait vu dans la fameuse tablette. Il l'avait déjà lu, et ce n'était pas une édition particulière --- juste un poche --- mais cela ne pourrait aller quand même. Et puis dans le ventre du sac il devrait trouver quelques livres de science-fiction, plus quelques classiques, puisque le jeune homme n'avait pas encore supprimé les livres de la mémoire de l'appareil.

Et puis l'autre ne s'apercevrait pas tout de suite du larcin, car il avait réussi à mettre au point une technique qui lui permettait de laisser momentanément la forme virtuelle du livre pendant qu'il emportait la forme matérielle. Mais pourquoi les gens ne lisaient-ils pas des incunables sur leurs tablettes ? Au moins, il aurait pu tirer quelque argent de ce modeste trafic qui ne lui coûtait que quelques minutes de bavardage avec des inconnus. Mais non, à la place, il devait penser à trouver des étagères pour abriter la dernière collection qu'il avait subtilisée dans un grand magasin, en attendant de trouver un bouquiniste qui voudrait bien de son stock (souvent ils n'en voulaient pas, car les livres n'étaient pas assez demandés, ou parce qu'ils en avaient déjà trop d'exemplaires. La collection de sa belle-sœur n'avait intéressé personne, par exemple).

Ça n'allait pas être facile. Il allait falloir trouver quelqu'un qui lise le catalogue Ikéa sur une tablette au chapitre des étagères. Mais avec un peu de patience, et en prenant souvent l'autobus en direction des grands magasins, cela devait être possible. Il se demandait surtout comment il allait pouvoir rapporter l'étagère. "J'espère que Marie voudra bien me coudre un autre sac", pensa-t-il en poussant la porte de son appartement, "car je crois que celui-ci ne sera pas assez solide".

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9 novembre 2013

Perdidos (EVP)

«  Il avait commencé à lire le roman quelques jours auparavant, il l’abandonna à cause d’affaires urgentes et l’ouvrit de nouveau dans le train, en retournant à sa propriété.

Il se laissait lentement intéresser par l’intrigue et le caractère des personnages.

Ce soir là…

Il était envoûté par Mariana, la délicieuse fiancée de Javier, une brune aux yeux de porcelaine, la description en était si fine si précise que l’on était vite en totale empathie avec la pauvre enfant qu’un sort funeste attendait certainement dans cette finca mystérieuse et désolée où elle devait épouser ce benêt. Il prenait fait et cause pour la belle brunette avant même qu’elle n’arrive chez ces paysans enrichis, sans doute des rustres sans culture alors qu’elle avait été nourrie de Ovide, de Dante, de Pétrarque…

Qu’allait-elle faire dans ce village de Perdidos qui n’avait vraiment pas l’air accueillant.

Le train descellerait doucement, machinalement il regarda sa montre, c’était curieux, son arrêt, le premier sur la ligne, était dans une heure seulement…

Alors seulement il leva les yeux de son roman. Sur le siège d’en face se tenait Mariana : Ses yeux de porcelaine, ses cheveux de nuit, son teint d’albâtre…

Le train s’arrêta tout à fait. Il lut, effaré, le nom de la gare : Perdidos.

Il devait être dans la fiction du roman…Il voulut frotter ses paupières pour revenir à la réalité…

Le sourire dégoulinant de sang de la brune créature avait déjà fait éclater son cœur.

9 novembre 2013

S&W Model 36 (Vegas sur sarthe)

Il avait commencé à lire le roman quelques jours auparavant.

Il l'abandonna à cause d'affaires urgentes et l'ouvrit de nouveau dans le train, en retournant à sa propriété.
Il se laissait lentement intéresser par l'intrigue et le caractère des personnages.
 
Ce soir là - hypnotisé par la sculpturale Greta plus que dégoûté par son tyrannique mari - il en oublia de descendre à l'arrêt de Feuquerolles, chose qu'il faisait une fois par semaine depuis un an pour rentrer du tribunal après ses audiences.
C'est l'obscurité soudaine d'un tunnel et cette désagréable pression sur les tympans qui le ramenèrent à la réalité. Il n'y avait pas de tunnel sur son trajet hebdomadaire.
Il referma à regret le roman sur l'odorante chevelure blonde. “Pardonnez-moi Greta, je reviens très vite”. Il crut l'entendre soupirer. Elle soupirait si bien. Son mari devait l'espionner au coin de la page précédente...
Le tunnel s'éternisait comme pour ajouter à son impatience et la veilleuse du wagon était si faible qu'il ne distinguait rien autour de lui, pas même la couverture imprimée du roman où l'avait cueilli le regard bleu acier.
 
Durant de longues minutes il se remémora les évènements des jours précédents, ses doigts sur la couverture glacée, leur rencontre dès la première page, cette attirance mutuelle sublimée au fil des chapitres et que l'inquiétante présence d'un mari violent rendait plus forte encore... et jusqu'à ce marque-page au parfum animal, musqué, qu'il portait si souvent à ses narines.
A la prochaine gare il allait devoir trouver un moyen de retour, prévenir de son retard, se justifier une fois de plus sous le regard soupçonneux de Marthe la vieille gouvernante.
 
Le train finit par s'arrêter et comme il n'existe aucune gare dans un tunnel il en conclut que la nuit était tombée. D'ailleurs les magasins de la place étaient tous éclairés et plus vivement cette armurerie où il entra machinalement.
Il s'entendit commander un Smith & Wesson Model 36 et une boîte de balles qu'il glissa vivement dans la poche de sa gabardine, tout contre Greta. Elle devait sourire. Personne ne le connaissait ici et il se sentit soulagé en se dirigeant vers la station de taxi.
Où donc avait-il entendu parler de Smith & Wesson Model 36?

“Vous le tuerez, n'est-ce pas? Promettez-le! Jurez que vous le ferez pour nous deux”.
Dans la pénombre du taxi il chargea le barillet de cinq balles, méthodiquement. Greta guidait sa main sans le quitter des yeux, son mari non plus. Il allait falloir le surprendre tant il semblait monstrueux, presque indestructible mais rien ne l'arrêterait.
Marthe hurlerait, les enfants pleureraient mais tous excuseraient son geste, un geste bien anodin... une, deux, peut-être trois pressions sur la gâchette pour être certain et tout irait mieux.
Combien de fois avait-il été tenté de se précipiter à la dernière page, redoutant d'y lire le pire mais aujourd'hui il voulait écrire la suite avec Elle.
 
“Vingt francs... ça fait vingt francs” s'impatientait le taxi. La nuit était noire, si noire et le vent fort, si fort dans le parc, les ombres si menaçantes.
Une ombre plus menaçante que les autres se dressa devant lui et il y eut cette formidable détonation dans ses tympans.

 

2 novembre 2013

Défi #271

"Il avait commencé à lire le roman quelques jours auparavant.

Il l'abandonna à cause d'affaires urgentes et l'ouvrit de nouveau

dans le train, en retournant à sa propriété.

Il se laissait lentement intéresser par l'intrigue et le caractère des personnages.

Ce soir là .........."

 

reader

 

à vous de poursuivre ce récit qui fait partie du recueil de nouvelles :

 "Les Armes secrètes" de Julio Cortazar.

Nous attendons votre "suite" à l'adresse habituelle :

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

2 novembre 2013

Ont suivi le dico à la ligne

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2 novembre 2013

En verre et endroits (MAP)

C'est en cherchant les endroits intéressants à visiter depuis mon coin de vacances en Franche Comté que j'ai fait une découverte fort intéressante du point de vue vocabulaire. A la Maison du Parc du Haut Jura se trouve la Bardouflée d'Egruzelures (aucune invention dans ces mots, c'est du vrai de vrai !) Restait à savoir ce que signifiait ces mots !  HELP !!! A moi le dico !!!!

« La"bardouflée d'égruzelures", commande du Parc du Haut-Jura à un maître verrier local, Cyril Micol, est une oeuvre qui joue avec la lumière et les miroirs pour mettre en valeur les couleurs et les motifs des vitraux ».

                                vitrail 2                   Vitrail 1

 

Bardouflée 3

Bardouflée est un terme courant à Morez et ses alentours ! Nom féminin. Une grosse quantité. Ex : Ce soir je vais livrer une grande bardouflée de lunettes.

Egruzelures : morceaux de verre.

Donc : Une grosse quantité de morceaux de verre. Excellent pour désigner l'oeuvre d'un Maître Verrier !!!!!!

MOREZ : "commune labellisée "Ville et Métiers d'Art", capitale internationale de la Lunette." comme chacun sait !

En feuilletant le dictionnaire des "Particularités du français parlé dans la région de Morez Haut Jura"  je trouve aussi le mot :

Affaitioux : "Nom masculin. Pont d'où l'on jette les balayures.

Toponyme unique à Morez qui s'explique par le fait que les balayures et les déchets des lunettiers étaient amenés sur ce pont et jetés dans la rivière."

Je vous passe toute ma recherche sinon j'y serais encore car je m'en suis payé une bonne bardouflée ! !!!!!

Ah les mots, les mots !!! Quel régal !!!!!

2 novembre 2013

Dico dico par-ci, dico dico par-là (Walrus)

Bon, ben prenons un mot au hasard dans ceux de la semaine dernière :

 

fulgurite masculin

(Physique) Tube vitrifié dû à la foudre qui, tombant dans le sable, le fond sur son passage.

 

foudre  masculin

Grand tonneau, récipient d’une très vaste capacité (plusieurs hectolitres), qui a la contenance de plusieurs barriques de vin ou de quelque autre liquide.

 

barrique  féminin

(Pêche) (Désuet) Nasse conique pour les lamproies 

 

lamproie  féminin

(Zoologie) Une des espèces de vertébrés agnathes marins ou d'eau douce, de forme allongée et cylindrique, sans nageoires paires, à peau visqueuse sans écailles, filtreurs à l'état larvaire et ectoparasites hématophages à l'état adulte et qui, au printemps, remontent les fleuves et les rivières.

 

marin d'eau douce masculin

(Marine) (Haddockien) Capitaine de bateau-lavoir.

 

bateau-lavoir masculin

Bateau amarré en bord de fleuve où on lavait le linge.

 

laver son linge sale en famille  (se conjugue, voir la conjugaison de laver)

Sport d'équipe de haut niveau (sonore).

 

Sonore

Variante orthographique de Sonora.

 

Sonora

État désert du Nord-Ouest du Mexique, dont la capitale est Hermosillo.

 

Hermosillo (h aspiré)

(Géographie) Ville du Mexique, capitale de l'État de Sonora.

  • Hermosillo, anciennement le Pitic et que l’expédition du comte de Raousset-Boulbon a rendu célèbre, est l’entrepôt du commerce mexicain dans le Pacifique et compte plus de neuf mille habitants. (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, 1858)

 

Gaston de Raousset-Boulbon

Le comte Charles René Gaston Gustave de Raousset-Boulbon (Avignon 1817 – Guaymas (Mexique) 12 août 1854) est un aventurier et flibustier français qui a établi une république dans la région de la Sonora au Mexique. Il est appelé aussi Gaston Raoulx Boulbon.

 

flibustier

(Figuré) Aventurier qui vit de rapines. On dit également "financier".

 

financier masculin

Petit gâteau à base de biscuit et d’amandes.

  • Tu veux vraiment servir un financier en dessert pour recevoir notre banquier ?!?!

 

 

Financiers_(pâtisseries)

Tout ça pour dire que c'est pas du gâteau votre bête jeu, là !

2 novembre 2013

N (Venise)

Ve1

                               Nu

                                               Sous les

                               Nuages sous un ciel

                               Nuageux, sans

                               Nuances

                               Nuanciers de Matisse dessine

                               De nubiles jeunes filles assises sur des

                               NUBUCK protégeant les

                               Nucelles

                               Nucléaires qui virevoltent en

                               Nuée sans

                               Nuisette.

2 novembre 2013

Définitions (Célestine)

jeune homme

Un homme jeune marche dans la rue.

Une personne de sexe masculin, qui n'est pas âgé, se déplace en mettant un pied devant l'autre dans la voie publique aménagée entre les maisons.

 Un individu considéré en lui-même et titulaire de droits et d'obligations, qui présente certaines caractéristiques de la jeunesse, va d'un lieu à un autre en mettant la partie terminale du membre inférieur articulée avec la jambe permettant l'appui au sol dans la station debout ou la marche, devant la partie terminale de l'autre membre inférieur, le tout dans le dispositif permettant la circulation des personnes et des objets sur terre, sur l'eau et dans les airs aménagé entre les constructions individuelles abritant une famille.

 

Un spécimen vivant de l'espèce humaine considéré en lui même et titulaire de facultés d'accomplir ou d'obtenir quelque chose et aussi de contraintes imposées par la loi ou la morale, affublé d'un organe permettant aux êtres vivants de perpétuer leur espèce, propre aux individus produisant les cellules les plus petites et les plus mobiles appelées spermatozoïdes, et qui donne à voir certains caractères distinctifs propres à la période de la vie comprise entre l'enfance et l'âge mûr, va d'une partie circonscrite de l'espace à une autre partie circonscrite du même espace en posant délicatement la partie qui marque la fin du membre inférieur articulée avec la jambe permettant l'appui sur la formation superficielle meuble de l'écorce terrestre, dans la station verticale ou le déplacement pédestre, devant la partie terminale de l'autre membre inférieur, le tout dans le dispositif permettant le mouvement de tout ce qui circule c'est à dire des individus considérés en eux mêmes et titulaires de droits et d'obligations, et des choses concrètes perceptibles par la vue ou le toucher sur la surface solide de la planète, sur la partie liquide de la même planète et dans la partie gazeuse de l'atmosphère entourant la planète, dispositif transformé afin de le rendre le rendre plus pratique et apte à passer entre les bâtiments construits à l'usage d'une ou de quelques personnes par opposition aux bâtiments collectifs, abritant l'ensemble formé par le père, la mère et les enfants.

 

Je continue, ou vous avez compris qu'il faut user avec parcimonie du dictionnaire ?

définitions: Petit Larousse 2013

2 novembre 2013

Thresor de la langue françoyse (par joye)

Déjà dans son premier dico

(De 1606) vieux Jean Nicot

Parla de moi - ô quel délice ! -

Disant que je suis gaie et lisse !

« joyau précieux », « rare et sans prix »

Eh ben, c’est moi !  Hi hi hi hi !

Alors, « Que signifie cette  joye ? »

Bene,  « Quid istuc gaudij est? »

Alors, mon pote, tu vois, c'est moi !

(But only when I'm at my best !)

Combler, fondre, estre en joye !

Remplir de joye ! Mettre en joye !

Tenir sa joye !  Grand signe de joye !

Le dico de Nicot le dit

C'est joye je reste et joye je suis !

Oui,  joye je suis et joye je reste -

Surtout, when I am at my best !

 

joye
2 novembre 2013

Trois petits chats (Prudence Petitpas)

pru1

Trois petits chats, chapeau de paille, paillasson, somnambule, bulletin, tintamarre, marabout, bout de ficelle, selle de cheval, cheval de course, course à pieds, pieds de cochon, cochon de ferme, ferme ta boite, boite à clou, clou d’acier, assied toi, toit de maison, maison de fou, fou toi-même, m’aimes tu ?, tu es pierre, pierre à feu, feu follet, ….

Tous ces mots qui s’appellent entre eux et nous rappellent surtout notre enfance, lorsque chipie, je commençais cette litanie et attendais que mes frères la reprennent en chœur dans la voiture.

Voyage bruyant pour les parents…

Vermifuge, fugitif, typhoïde, identique, tic nerveux, veuve de guerre, guerre de trois...

Trois petits chats… et la boucle était bouclée, et ma bouche, que l’on avait du mal à fermer repartait de plus belle sur la chanson jusqu’à ce que ma mère, agacée, m’imposait de me taire…

Privée de paroles, je me renfrognais dans mon siège, tournais la tête contre la vitre à la recherche d’un passe temps suivant, en attendant notre arrivée chez nos grands parents… et oubliant très rapidement la consigne, je proposais de but en blanc à mes frères, trop contents de me voir faire la tête : le premier qui voit une voiture rose…. A gagné… !

2 novembre 2013

Participation de JAK

2 novembre 2013

BALADE DANS LE DICTIONNAIRE (Lorraine)

Ce ne fut qu’une escarmouche sans importance, mais cette fois elle prit la poudre d’escampette et s’esquiva : à elle la liberté. Leur couple n’allait plus que sur un pied, mieux valait rompre.

Non, ce n’était pas un fêtard, mais un faible, assez falot , à qui elle s’était distraitement attachée après un souper assez tardif qui lui laissait un souvenir diffus.

Elle aimait ses mains fuselées et sa légendaire douceur et n’ignorait pas que renoncer à lui c’était déjà céder au déraisonnable Didier. Hélas ! lassée ou séduite, téméraire ou repentante, tentée en tous cas, elle enfila son casaquin et, n’étant pas une quinqua, caracola vers le bonheur. Un bonheur résolument empathique, que dire de plus ? Plus-que-parfait et festif , typhon d’amour, amour torride, débacle , cle des songes ?...

Vous dites ? Incompréhensible, mon texte ? Ma référence, c’est pourtant le dictionnaire … est-ce ma faute s’il radote ?

 

2 novembre 2013

Effeuillage (Vegas sur sarthe)

Depuis ma plus tendre enfance, gros ou à la rigueur petits j'ai toujours aimé les Roberts.
Sous la couette ou affalé sur la table, je me délectais de leurs mots magiques, je m'abreuvais de cette nourriture de l'esprit dont Rabelais m'invitait à tirer “la substantifique moelle”.
De moelle, je n'en ai jamais tiré la moindre parcelle mais je m'éveillais au monde, sautant allègrement l'interligne, de la tétine au téton avec un plaisir tout neuf.
 
Délaissant (participe présent) des pages et des pages de conjugaisons trop souvent rabâchées sur les bancs de la communale, j'abordais celles érotiquement teintées de rose - bien avant qu'on invente le minitel - que j'effeuillais délicatement comme on dégraferait un chemisier, tentant de percer leur secret au détour de savantes locutions.
Horace, Virgile et Molière s'y donnaient la réplique Ad libitum à coups de mots étranges qui s'évanouissaient souvent avec des 'um' et des 'us' comme des feulements de vierge en pâmoison.
 
Au début des années 60 où le maudit carré blanc s'incrustait au bas de la lucarne magique - comment aurait-il pu à l'époque être autrement que noir ou blanc - et me reléguait dans ma chambre sans discussion possible, je retrouvais mes chers Roberts et leurs pages déjà défraîchies...
Entre déprime - nom savant du cafard, insecte orthoptère - et dépuratif - immonde sirop pour le foie - je passais cent fois et sans sourciller sur dépucelage qui n'était pour moi que l'aboutissement d'un verbe transitif familier.
 
Combien d'émois, de suées, de transpirations intimes ai-je connu au détour d'une page?
D'aréole à bisexuel, de call-girl à déflorer, d'entraîneuse à fornication, de garçonnière à hormonal, d'intimité à jouissance, de kimono à levrette, de masturbation à naturiste, d'orgasme à pédérastie, de Q (occlusive gutturale sourde) à revenez-y, de stupre à téton (celui-là même qui me fit oublier tétine), d'utérin à vaginal, de wagon-lit à X (belle inconnue consonantique) j'exerçais mon oeil et mon esprit à la plus belle discipline que l'homme ait inventée: la jouissance des mots.
 
Pourtant je sentais bien que Monsieur Robert - après s'être fait un prénom en créant son dictionnaire - avait fini par se lasser tant ses dernières pages manquaient de corps et n'ayant trouvé que yaourt à me mettre sous la dent, j'abordais la fricative sonore du Z en zozotant.
Je rêvai un instant - avec force postillons - à quelque zébrure zigzagante sous la zibeline d'une zoologue zambienne avant de lâcher un Zut de dépit.
 
Il ne me restait plus alors qu'à satisfaire à cet immuable rituel qui rythme ma fabuleuse vie d'écrivaillon: reprendre au A...


2 novembre 2013

Dictionnaire personnel, amoureux et déjà suranné des vacances en Périgord noir (Joe Krapov)

- Tu vas encore nous infliger la lecture d'un nibouque, Joe Krapov ?
- Oui, j'y prends goût, finalement, aux zibouques !
- Combien de pages, cette fois ?
- 62 mais c'est écrit gros et très illustré. N'oubliez pas de zoomer ! 

Le fichier Pdf peut également être téléchargé ici.

2 novembre 2013

Participation de Sergio

Ze participait pour la première fois au défi mais, quelle ne fut ma stupeur en lisant le sujet ce samedi.

Sa lecture me dézinguât et faillit me rendre zinzin. J’avais beau zieuter du haut de ma ziggourat et là-haut, au zénith capter le moindre zéphyr d’inspiration, écarquiller les yeux guettant tel un zélote un zeppelin zingué empli de zygotes neuronaux en attente de nombreuses segmentations littéraires.

Mais rien, zut et rezut, je restai perché, zinzinulant des cris d’oiseaux tel un zutiste zen.

J’aurai pu, tel un zanni tant le sujet me semblait zarbi, zapper, pester contre ces zigotos, ces zazous zélés qui nous prennent pour des zozos. Le sujet me paraissait si vaste que comme un zombie halluciné, j’avais des sur une plage de Zanzibar.

Déjà que ce samedi, après l’ouverture du courrier j’avais eu du mal à contracter mes zygomatiques. Les zétètes zélés de Bercy m’avaient envoyé une injonction. Ils voulaient me faire danser un zapateado à trois tiers payants. Je tentais de les régler en zloty, tout en zigzaguant. Mal men prit. Dorénavant fiché comme un zélote du troisième tiers, ployant sous ce zygo tel un zébu je zonais sans mon manteau de zibeline dans ma ZUP en bord de ZEP, au risque d’attraper un zona à la pensée que ces zoïles étatiques tels des zygènes facétieux puissent me dissoudre socialement dans leurs acides ‘céèsgétiques’ .

A l’instar de certains zoreilles belges j’envisageais de déclamer des zwanzés en zend au fond de bars enfumés de Knocke le zoute puis entre deux parties de zanzi combattre cette zizanie naissante avec le trésor dit public ( ??) en ingérant des pintes de zythum .Là enivré, gonflé de gaz zymotiques j’aurai sorti mon zizi afin de pisser dans une fontaine flamande. Penchant, tel à Pise je serai devenu un Manneken-pis zozotant, moi un zingaro authentique descendant direct du premier zinjanthrope zététique de Tanzanie..

Mais non, trêve de discours allez zou je me suis jeté dans le dico et, impatience du débutant j’ai trébuché et après une chute vertigineuse de AHHHHHH !! à Z me suis retrouvé tout au fond, au niveau zéro, enchevêtré dans les multiples pattes de la lettre Z.

Je ne m’en suis sorti qu’en m’agitant tel un zoïde frénétique englué dans cette zooglée de   Z.

Merci les Z.

ser01

 

26 octobre 2013

Défi #270

Un mot en appelle souvent un autre ...

Ce sera l'occasion de nous offrir

une belle balade dans le dictionnaire !

Et comme le disait si justement Anatole France :

"Un dictionnaire, c'est tout l'univers par ordre alphabétique"

Dictionnaire

A vos plumes les amis !

Bonne recherche !

Faites-nous part de vos trouvailles à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

26 octobre 2013

Ont eu une réponse fulgurante :

26 octobre 2013

Participation de Venise

Ve1

Le comité d’entreprise venait de nous offrir des vacances  vers la planète ACOXAS.

 

Munis de nos fulgurites nous étions prêts au décollage quand soudain notre champ de vision fut parasité par des barbacoles.

 

Le pilote averti modifia la trajectoire du vaisseau en maniant dangereusement son vire bouquet .

Couchez vous cria-t-il couchez vous !!!!

 

Youlfe l’ami de toujours me prit la main en murmurant un je ‘t’aime’ avant ce qu’il croyait être notre fin ?

Il ne sera pas dit que la mort devait être au rendez-vous ce jour-là.

Nous arrivâmes sains et saufs sur la planète amie

.

Ve2

Nous fûmes accueillis par une ribambelle de Houppies ivres de joie à la vue des TERRIENS.

 

Nous descendîmes dans d’étranges grottes couvertes de palplanches.

Un grand repas en autre honneur nous fut servi, mais la vue de balandrans  me donna la nausée.

Ve3

 

26 octobre 2013

99 dragons : exercices de style. 18, Calligramme (Joe Krapov)

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Il faudrait sans doute attacher un virebouquet à ma fantaisie ! Ou peut-être pas !

Car enfin, à qui ai-je nui, samedi dernier en achetant, au marché des Lices, cette bouteille de bière de marque Saint-Georges au vendeur qui est installé à l’entrée de la halle Martenot ? Le gars était courageux, du reste, qui vendait ses bières bretonnes sous la pluie sans même avoir pris soin d’amener un balandran.

Est-ce si grave que cela d’avoir de l’appétit pour ce qui pétille ? Et je parle ici de la légende catholique du dompteur de dragon libyen plus que du breuvage à base de houblon qui provoque des houppées.

Donc, c’est confirmé, j’ai une marotte (cf le Défi du samedi n° 267). Avant que d’aller moisir entre quatre palplanches  je me suis promis, et c’est tant pis pour vous qui êtes mes lecteurs et lectrices, de venir à bout, si cela est possible, de la réécriture dans 99 styles différents de cette histoire de fulgurite.

Je ne doute pas que ce projet de farfadet fada ou de troll farfelu apparaîtra à d’aucuns et d’aucunes comme un dada de barbacole

Mais c’est comme ça, c’est une des rares choses que j’ai envie de rendre publiques de mon week-end au paradis rennais. Aussi peut-être celle-ci, arrivée le dimanche alors que le Club des 5 était réuni chez Madame Jojo pour un repas copieux, agréable, raffiné même, et suivi dans l’après-midi d’interprétations de chansons diverses.

Bien entendu, à cause de la présence de mon compatriote Kaïrakovski, qui est quelque peu pharmacien et quelque peu réfractaire lui aussi à la consultation du corps médical – sauf pour lire l’avenir dans les entrailles de Diafoirus - on s’était retrouvés à causer de médecine à table. Médecine et même pire : madame Jojo venait d’enterrer un oncle et une tante dans les semaines qui précédaient. A un moment donné madame Elle me signala que Madame Jojo se demandait comment meubler le silence qui accompagnerait sa propre crémation.

Je n’eus pas à me gratter longtemps le youfte  pour lui sortir la réponse idoine :
- T’inquiète pas, Jojo ! Je viendrai avec ma guitare et je chanterai « Fais du feu dans la cheminée, je reviens chez nous ! » ».

Voilà, dites-vous que c’est pareil et qu’il n’y a pas de balandran pour éviter que Saint-Georges, son dragon et Joe Krapov ne reviennent parasiter votre Défi du samedi. Le seul remède serait de les occire tous les trois, de les enfermer entre quatre palplanches, et justement, à propos de mise en bière, je vous fais cadeau ci-dessous de l’objet dont je parlais au début. Bonne houppée !  

DDS 269 </p><br />
<p>Calligramme 4
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Le défi du samedi
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