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Le défi du samedi
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20 juillet 2013

Mes poules à plumes, les poules à moi. (JAK)

J’ai descendu dans mon jardin, pour y cueillir du romarin  et tralala et tralala …

Non, pas pour le romarin, mais pour les œufs que Brunette, Blondinette et Roussette m’offrent chaque jour.

L’escalier un peu raide m’y amène directement.

Ça alors, Roussette a disparue !

Comment, pourquoi ? C’est un mystère.

Affolée, je vais contacter  mes voisins, tout d’abord l’acariâtre, c’est le plus proche, et je crains le pire, qu’elle ne  se soit envolée chez ce grincheux !

Je recherche le téléphone sur les pages jaunes, et l’appelle.

Je tombe sur Madame, qui offensée du dérangement, me répond sèchement que

 « Oui elle est là sur mon terrain, votre volaille !»

Je m’aplatis en excuses lui disant que j’arrive pour la récupérer.

Elle en profite pour me tancer hargneusement 

« Ça ne vous dérange pas le bruit qu’elles font, et les odeurs non plus, ni la saleté ?...

Il ne manquait plus que cela !

En réfléchissant, je pense que Roussette a été chassée par le bruit que je faisais en coupant les branches de cyprès avec l’élagueur électrique.

Elles ont la particularité d’être sauvages ces trois poules.

 Lorsque je les ai installées, il y a deux ans dans ce jardin vaste, avec une jolie maisonnette, je pensais qu’avec tous les soins bienveillants que je leur apportais, elles seraient heureuses de me voir arriver.

Il n’en ai rien,. J’ai beau leur fournir des lombrics, des mures, et d’autres réjouissances, elles n’en ont aucune reconnaissance. Cependant elles me font régulièrement un œuf chaque jour, je n’ose pas trop me plaindre.

Aussi, me voici muni d’une panière en osier pour aller récupérer ma poule….

J’arrive, pas d’accueil, mais je sens des regards malveillants dernière les volets entrecroisés,  personne, ni ma poule : elle n’est plus chez eux !

Je n’ose aller m’enquérir du sort qui lui a été réservé !

 Alea jacta est !

Je renonce.

Je  me résous à faire le deuil de  ma poularde, mais, hélas pas à la mode de Paul Bocuse avec sa fameuse recette «  Poularde de demi-deuil » !

Je reviens penaude à la maison.

 Les deux autres poules sont là, toujours aussi farouches.

 Je crois qu’elles vont passer à la casserole, celles- ci. Elles son trop stupides.

Ah j’aimerai bien avoir des poules comme celles qu’Annie Duperrey  élève dans sa Creuse profonde !

Mais je dois me désillusionner, et ne rien attendre des miennes.

Bon, les œufs frais me consolent un peu, mais j’aimerais tant qu’elles accourent lorsque j’arrive au lieu d’aller se cacher dans les buissons !

J’attends d’être complètement résolue pour leur faire un sort aux deux restantes.

 Mais  en serais-je capable ?

Tous, nous lorgnons du coté poulailler toutes les heures de  la journée pour voir si par quelques moyens  de son invention elle aurait  regagné d’elle-même le gite… et le couvert.

Sœur Anne, ma sœur Anne, nous ne voyons rien venir !

Nous cessons nos larmes, renonçons définitivement.

Le surlendemain, quelle surprise, Roussette est là !

Mais par quel moyen ?

J’inspecte le grillage, rien ne semble propice à son passage !

Je me perds en conjoncture, je dois me rendre à l’évidence : elle a regagné elle-même ses pénates !

Finalement pas si bête la poule.

 De loin je l’inspecte, il lui manque quelques plumes, mais elle picore avec allégresse, les menus riens délicieux que j’avais mis pour  ses consœurs.

Le sourire me revient aux lèvres

Bah, ce n’est pas  pour cette foi qu’elles seront proscrites

Et sait-on jamais, ce petit voyage lui aura peut-être apporté un peu de savoir vivre ?

Le chat, lui, les contemple depuis le toit de leur maison, les pattes pendantes, la queue se balançant en mesure.

Les toutous à l’écart, semblent heureux d’avoir retrouvé le clan au complet, de celles qu’ils convoitent de loin.

Tout est bien qui finit bien.

 

 --

JAK

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6 juillet 2013

Participation de KatyL

IL n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous

C’est en tout cas souvent le cas,

 

Je pourrais parler de ces rencontres qui paraissent fortuites et qui en fait sont le savant mélange de vies, de chemins qui se  croisent au juste moment, pile où il le fallait quand il le fallait…Je pourrais parler de ces naissances qui arrivent juste au moment où quelqu’un meurt, de cet amour qui naît et fleurit au moment où l’autre s’éteint, de cette main qui se tend lorsque tout vous lâche…ce n’est pas un hasard.

 

Comme à l’inverse ces maladies qui semblent nous tomber dessus ; Mais que ce soit les épidémies elles sont liées à nos modes de vie et non au hasard, que ce soit nos maladies personnelles elles sont souvent liées à l’hérédité ou à notre manière de nous nourrir de bouger de respirer, ou  liées à nos habitudes gourmandes et excessives ou à l’inverse pour les plus pauvres au manque de tout.

Est-ce le fruit du hasard  ou bien au découlement des choses accumulées ?

 

Mais parlons plutôt  des rendez-vous de l’Homme avec son histoire, serait-ce encore le fruit du hasard ? Non ! Si nous nous référons aux siècles passés, que ce soit les guerres, les périodes de paix, de famine, les périodes d’or de renaissance de restauration, elles ne doivent rien au hasard, soit : nous avons (l’Homme) laissé à la tête de nos nations des hommes capables ou bien incapables et guerriers qui nous ont menés à la faillite, soit nous avons eu parfois un sursaut de bon sens historique avec des périodes plus fastes et plus heureuses celles qui en général suivaient les précédentes dévastatrices, mais que ce soit la révolution qui est le fruit de longues privations et souffrances pour les peuples ou d’autres périodes , tout était prévisible. Alors qu’est-ce qui empêche l’Homme de se servir de ces références pour essayer d’aller vers un bonheur, une vie construite de bien-être pour l’ensemble de l’humanité, qu’est-ce qui empêche l’homme de tirer les leçons de ce vécu pour enfin vivre mieux ?

Rien

 

Nous pouvons tout changer, pas de hasard là-dedans, juste une volonté féroce, laisser soit disant le « hasard » faire les choses à notre place c’est laisser la main mise à quelques-uns sur nos vies et nos destins, nous sommes les guides de nos existences.

A l’échelle de l’Humanité c’est l’union de pensées et de bonnes volontés qui feront toute la différence.

 

Pour la science c’est identique pas de hasard l’Homme cherche dans telle direction pour le bien de tous, ou va dans une direction dangereuse pour ceux à venir, nous le savons tous, nous laissons faire sans mesurer les conséquences (après nous la tempête !!) Mais nous avons le choix d’agir de refuser de peser le pour et le contre pour le bien de l’ensemble et surtout mettre des freins et des garde-fous.

Avec la nature nous avons puisé dans nos ressources à tout-va, mais qui ne sait pas que puiser dans un fleuve pour donner une grande partie de son débit à une ville comme Las Végas qui sert à alimenter des casinos des fontaines et autres jaillissements d’eau qui s’évaporent pour le plaisir de quelques-uns, et qui privent les indiens de leur ressources minimales après leur avoir volé leurs terres, pas de hasard là-dedans tout est voulu par les plus forts et nous laissons faire, idem pour le réchauffement climatique avec toutes les conséquences et bouleversements pour les futures générations, les débordements, la fonte des glaciers , la montée des eaux..etc

Et, le pétrole cette ressource épuisée ou presque nous  savons que c’est la fin, pourquoi nous ne nous tournons pas en urgence vers d’autres ressources, le hasard n’y est encore pour rien c’est nous ! Ce sont nos choix !

Alors je pourrais si je voulais en faire des pages et vous lasser très vite.

 Aussi  pour nous dans notre quotidien ce qui nous arrive est-il le fruit du hasard ??

Est-ce nous au contraire NOUS qui dirigeons notre vie avec telles personnes et tel environnement, tels loisirs, tel amour, tel chemin, ou bien laissons- nous M Hasard le faire pour nous ? Non ! Car tous nos actes, toutes nos paroles, tous nos liens avec autrui ont une conséquence directe pour nous et nous le savons bien, en fait nous dirigeons nos vies quel qu’en soit le départ  à la naissance, la chance, l’argent, le milieu social dans lequel nous évoluons.

Bien entendu que la chance aide, mais la chance tendons lui la main sachons la reconnaître, ouvrons lui la porte, pas besoin de mille et de cent pour être heureux, créons nous notre univers entourés d’amis fidèles, aimons beaucoup, aimons à la folie nos enfants notre conjoint et nous-même, aimons notre nature, faisons quelque  chose de responsable et d’engagé dans la société, votons utile et réfléchi, mangeons sain, marchons en respirant à plein poumons , émerveillons nous de la vie, ne gaspillons pas nos forces et notre vie si précieuse…pas de hasard le fruit de volonté personnelle.( rien d’ennuyeux à mener bien sa vie après réflexion)

 

Il reste bien sûr que pour tout cela il faut la santé et là nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne, certaines maladies se développent chez certains et pas chez d’autres pourquoi ? Je ne sais pas y répondre, mais les chercheurs tentent à démontrer avec l’A.D.N. que ce ne serait pas un hasard, que tout est inscrit dans nos gènes.  Mais ce que je vois en tout cas c’est la réaction de certaines personnes face à ces maladies, cette force ce combat admirable cette volonté de se battre pour essayer de décrocher un bout de vie de bonheur et là encore pas de hasard un choix personnel.

 

Pourquoi le mot hasard existe-t-il alors ?

 

Ce mot a été inventé par l’homme pour se dédouaner de ses responsabilités comme pour le jeu « Jeu de hasard » ou la rencontre hasardeuse,  imprévisible !!

Pour tout ce qui se fait et qui arrive sans calcul sans prévision possible, sans part aucune de responsabilité sans volonté de choix (cela fait peu de chose)

 

Et nous tous, Ce n’est pas par hasard que nous nous écrivons.

Nous avons tous en commun un besoin de communiquer un ressenti, de faire partager nos idées et idéaux.

6 juillet 2013

SAMARRA (joye)

 

The_spiral_minaret_in_Samarra

Il était un marchand à Baghdâd qui commanda à son serviteur d’aller faire des achats au marché. Tantôt revint le serviteur, tout blanchi et tremblant.

« Maître, tout à l’heure, quand j’étais au marché, une femme m’a bousculé, et quand je me retournai, je vis que c’était la Mort qui m’a bousculé. Elle me dévisagea et fit un geste menaçant. Maître, je vous en supplie, prêtez-moi votre cheval, et je quitterai cette ville pour éviter mon sort ! J’irai loin, jusqu’à Samarra, et la Mort ne m’y retrouvera pas ! »

Le marchand lui  prêta son grand cheval blanc, le serviteur y monta, et il éperonna ses flancs luisants. Le cheval repartit au galop.

Alors, ce marchand alla au marché, y rechercha la Mort et lui demanda « Mais pourquoi as-tu menacé mon serviteur d’un geste ce matin ? »

-          Ce n’était pas un geste menaçant, monsieur, répondit la Mort. C’était un sursaut de surprise. J’étais tout simplement étonné de le voir à Baghdâd ce matin, et surtout parce que j’ai rendez-vous avec lui ce soir à Samarra.

 

Note au lecteur :  Je n’ai pas inventé cette histoire. Je l’ai traduite depuis la version de Somerset Maugham, un de mes auteurs préférés depuis longtemps. Ce texte a servi d’épigraphe pour un roman par John O’Hara. Maugham lui-même racontait dans ce petit texte sa version d’une histoire ancienne du Talmud Bavli (qui date du 3e siècle). L'image est de Wikipedia Commons.

22 juin 2013

Vous avez dit : « Abracadabra » ? (Vanina)

Ce mot fait partie de ma vie, depuis mon plus jeune âge !
Imaginez... c'est Maman qui nous a appris, à mes 5 frères et sœurs et moi-même, à nouer nos lacets, car avec Papa -prestidigitateur-, les nœuds disparaissaient immanquablement.

Sans doute est-ce pour cette raison que ma première BD au cœur des années 90 fût l'histoire d'un chapeau dont voici une mésaventure :

Defi#251_abracadabra - 1

Et que déjà sur le blog du défi, j'avais répondu à la consigne #101 par : « Abracadabra ».

22 juin 2013

La magicienne a disparu ! (Joe Krapov)

Courait-elle dans l’herbe avant qu’on ne l’attrape,
Avant qu’on ne lui greffe, au bout de son museau,
Un fil qui la rattache au monde des « Fenêtres » ?

La vie longtemps pour elle a marché comme sur des roulettes :
Il suffisait, pour que ça roule
De ne jamais perdre la boule.

Mais le progrès vous scie les pattes et c’est désormais ventre à terre
Qu’elle officie, handicapée mais productive,
Se mouvant pas très loin sur le ring comme toute envoyée au tapis.

Nul ne l’attrape par la queue sauf lors des déménagements.
Tout le monde lui caresse le dos – c’est pour elle jeu de main chaude –
Mais elle ne ronge plus que son frein.

En guise de cerveau elle a un côté gauche dédié à l’action
Et une partie droite consacrée à Mémoire
Mais bon il faut aimer qu’on vous tape sur la tête.

Le quatorze juillet et tous les autres jours
Sa bosse, Monseigneur qu’on touche en permanence,
Donne, sans pistolet, départ au défilé.

Tant de cordes à son arc mais une seule flèche !
Qu’elle atteigne la cible et le sablier tourne
Tandis que les lumières du kaléidoscope
Changent devant nos yeux souvent émerveillés.

Je hais par-dessus tout qu’on la trempe dans l’huile ou dans l’eau :
Froid ou chaud, plein d’effroi, peu me chaut l’escargot,
Trop lent pour la machine, qui sent l’ail et l’enterrement
Des feuilles de papier mortes.

A tout coup désormais importée de la Chine
Sans qu’on ne nous fournisse le moindre certificat vétérinaire
Elle indiffère le chat qui se désintéresse de cette bête-simulacre.

On n’aimait peu jadis l’avoir dans sa maison
Mais les temps ont changé. Monsieur, à l’occasion,
L’eût bien mise dans son lit

Mais madame est contente de la voir disparaître.
Pour l’adultère virtuel hélas nous serons chocolats
Car on passe aux tablettes.

Alors, adieu, souris ! Prends tes clics et tes claques,
Merci pour ta magie, chapeau pour le boulot, bravo, petit mulot
Et tant pis si Progrès-prestidigitateur
Te met dans son chapeau et te pose un lapin sorti du haut-de-forme.

D’un abracadabra de baguette magique
Un artiste farceur te repeindra en vert
Et te redonnera liberté sur pelouse, pattes, oreilles, moustache…

Allez, souris, souris !
La vie n’est pas si dure
Que le disque rayé veut nous le faire accroire !

 

Green-Mouse-psd45849

 

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15 juin 2013

CV (joye)

 

Justin Quaice

Justin QUAICE

25, rue de la Grange-aux-Loups, 90210 Oulu  FINLANDE
Tél : 112   Email : justinquaice@hotmail.fr

POSTE SOUHAITÉ :  PEIGNEUR / PEINTRE DE GIRAFE


EXPERIENCE PROFESSIONNELLE

 

RELAIS-CHÂTEAUX D’Espagne      1999 - présent    Titre : Châtelain

 - Surveillant principal des lubies apprenties

- Responsable des caprices farfelues

- J'observais aussi les crêpages de chignon sur Twitter.

 

PLONGEONS EXPRÈS             1968 - 1999        Titre : Coinceur de bulles

- Spécialiste Souchon, cf. « Chanter, c’est lancer des bulles »

- Essuyeur intermittent des savons

- J’agissais comme directeur estival de l’École du Buisson.

NB : Parti obligatoire :  C’était, après tout, 1999

 

KENTUCKY FRIED CHICKEN        Stage de formation      Titre : Cloueur de bec

- Rentreur-en-plumes

- Rancunier adjoint

- Je rongeais des os.

 

FORMATION

Technische Universität Berlin ? (TUB eh, ou not TUB eh)  XXIe siècle

AA, AS, BS, BA, MA, PhD, DCD, OQP

- Spécialisation : généraliste

Lycée Célie  XXe siècle

Bac PDQ

- Option PIANO VASANO.

 

LANGUES,  INFORMATIQUE

Xyloglotte (niveau, expert) : Anglais, français, espagnol, allemand, japonais, russe, latin vivant, belge, sénégalais, suisse, deboeuf

Informatique : Je m’informatique régulièrement.


CENTRES D'INTERÊT

Association :  AUDRDJ (Association Universelle de Rabatteurs de Joie) ; Secrétaire

Sport : Monter sur des grands chevaux ; Ancien Président et Fondateur

Passe-temps : Vendeur de vins

8 juin 2013

Au salon des échos (Cavalier)

Dans le salon de madame des Ricochets,
Les miroirs sont en grains de rosée pressés,
La console est faite d’un bras dans du lierre
Et le tapis meurt comme les vagues…

Dans la maison de madame des Ricochets,
Le mur redescend du tronc caréné,
Les fenêtres roulent en cent frondaisons
Sur des portes ouvertes aux angles d’épines…

Du beau pays de madame des Ricochets,
Les routes s’envolent aux bords des brasiers,
Traversent les champs en chemins amers
Et passent la ville de feuilles d’absinthe…

Sur la planète de madame des Ricochets,
La forêt s’étend en bulles fangeuses,
Les montagnes pleurent de toucher le fond,
Les mers tristement vibrent à nos cauchemars…

Alors, oui, madame des Ricochets,
Cette chanson glauque,
Nous la savons…

Alors, oui,
Ne soyez pas si affirmative
Dans le flou inconsistant
De vos mots dits…

 

gaïaGaïa blues

 

18 mai 2013

Maux de tête ? (Sable du temps)

Elle marchait, à pas lents, harassée de fatigue, son grand sac sur l'épaule et une carte IGN à la main.

La vie devenait de plus en plus dure. La crise, les progrès de la médecine, les sacro-saints principes de précaution et ce monde de craintifs et de frileux l'avaient contrainte à envisager le boulot différemment, à savoir, diversification, partage des tâches et des compétences !

Pour survivre, elle s'était associée avec le Docteur mais l'aventure avec lui n'était pas toujours de tout repos, un vrai casse-tête !

Elle s'occupait du volet commercial de l'affaire, recrutait de nouveaux adeptes, au feeling, à la tête du client. L'entretien du matériel était aussi à sa charge, sa longue expérience dans le milieu étant une référence et un gage d'excellente qualité.

A elle l'intendance, à lui la technique. Il fallait bien l'admettre il exerçait ses talents avec un art consommé et une aisance décoiffante que lui enviaient ses confrères, jaloux de sa notoriété grandissante. Son ingéniosité faisait merveille.

Mais au fil du temps, grisé par sa renommée nationale et son succès foudroyant, Monsieur avait pris la grosse tête. Il exigeait désormais les honneurs et le service à domicile.

Elle suivait donc le plan, minutieusement, s'arrêtait, levait la tête, repartait, s'arrêtait à nouveau. Mais où peut-il bien loger ? Se paierait-il ma tête !

Intrigué par son comportement, un passant s'était inquiété: - " Besoin d'aide ? Vous cherchez quelqu'un ? " -

" oui, la demeure du Doct ... oooh ! Je crois que j'ai trouvé, oui oui, merci, je suis arrivée ! "

 

zz1000 

" Mais bien sûr que c'est ici ! Où ai-je donc la mienne ... de tête ! "



Elle avait sonné à l'interphone:

- " Bonjour cher ami! " - " Pas le temps ! " - " Ne raccroch'... " - " Occup'... " - " Nooon ! ne coupez pas ! C'est moi, la Faucheuse !

Je vous rapporte vos lames, bien aiguisées et affûtées comme vous les aimez. Vous vérifierez par vous-même, à tête reposée.

Allez, je ne vous dérange pas plus longtemps.

Bonne journée et à bientôt, Monsieur Guillotin ! "

...

18 mai 2013

Participation de Sandrine

On raconte qu'un jour, un homme éreinté, yeux hagards était sorti d'une pièce en se tenant le crâne et en se plaignant d'une migraine atroce.
Sur la porte une inscription l'avait pourtant prévenu : attention à la tête !

Ce qu'il y avait derrière la porte ? Des flots et des montagnes d'équations à douze inconnues et plus, des problèmes de baignoiresqui fuient au rythme des horaires de train de Pétaou-Knocke-le-Zoute, des calculs de surfaces territoriales polluées proportionnelles au rythme du café qui passe et j'en passe.
Un gardien veillait sur la chose en prévenant quiconque voulant pénétrer dans la pièce aux dix milles énigmes :

-Vous pouvez entrer, mais c'est à vos risques et périls !

Un jour, le gardien étant parti satisfaire un besoin naturel, un homme distrait est entré et a laissé la porte ouverte. C'est depuis lors que la terre est envahie de problèmes chiffrés en friche plus ou moins indéchiffrables.
En cas de maux extrême, il faut des solutions en conséquence : une horde de mathématiciens en furie assoiffés de chiffres et de scientifiques à l'affut de solutions fut lâchée de part le monde... . On raconte même que dans le lot, il y avait un ancien cancre qui était surexcité au point de vouloir fissurer l'atome, un bonhomme saucisson sous le bras (une rosette de Lyon, soyons précis, c'est de la science tout de même) est parait-il allé un jour en Égypte  pour décoder les hiéroglyphes...
Oui, depuis ce malencontreux évènement, il se passe des choses étranges en ce monde et même au delà, car il y a aussi des inventeurs d'équations, dont un certain mister Drake en quête d'extraterrestres. Vous ne me croyez pas ? Ben,  pourtant, c'est clair non ?

N = R^{*} ~ \times ~ f_{p} ~ \times ~ n_{e} ~ \times ~ f_{l} ~ \times ~ f_{i} ~ \times ~ f_{c} ~ \times ~ L

Capture01

Ah bon ;)
11 mai 2013

EXTASE (Joye)

La jeune fille s'était levée pour saluer sous les bravos et les vivats.

Le concert était fini. Debout, les auditeurs applaudissaient à tout rompre,criaient "bis", "encore", et refusaient de partir.

Victorine rougit.

Maman lui avait bien dit de réparer l’élastique de sa jupe avant d’aller au concert, mais, hélas, Victorine avait oublié.

 

skirt

 Extase (\'Sur un lys p\u00e2le\'), song for voice & piano (or orchestra) by Various Artists on Grooveshark

4 mai 2013

Participation de Venise

Il ressemble à un jeune soldat solitaire

Qui au lieu d’ouvrir une auberge s’était mis à peindre.

Il aimait ce retrait ce lent écoulement des jours

Comme si quelques miracles allaient le sortir de cette impasse.

Le bel oiseau noir sur la toile

C’est un corbeau Freux, de ceux qu’affectionnent

Grands arbres et jardins publics.

Pareil à une nonne emportée par l’émerveillement de sa passion

Il ne voit pas la neige tombée.

Mais peut être y- a-t-il  mille manières de voir le monde.

Et qu’on peut enjamber une fenêtre sans en être prisonnier.

C’est en comprenant cela que je me suis laissé porter

Par des images floues, comme la corneille qui passe sur l’herbe envahissante

Les coquelicots de juin sur le seuil de ma feuille.

C’est alors que j’ai aperçu Magritte au cœur de mon récit.

Mon cœur s’est mis à battre.

Lui faisait semblant de ne pas me voir .en prenant un air détaché et fixant quelque chose au loin que j’étais incapable de voir.

Ve1

4 mai 2013

Du paradoxe belge (Joe Krapov)

23 lignes pour souligner ce paradoxe incroyable, à savoir que la Begique est le seul pays au monde à nous faire cadeau d’artistes de talent qui, à l’instar de René Magritte, font consensus autour d'eux partout sur la planète ou au moins dans ma salle de bain ? Mais on me demande l’impossible, là !

Car la liste va être longue des natifs et natives d’outre-Quiévrain que l’on pourrait asseoir dans le fauteuil du peintre surréaliste. Et le jeu risque d’être amusant : quel objet donner en pâture-peinture à l’artiste belge « clairvoyant ».

Nous mettrons hors-jeu d’emblée Verlaine et Rimbaud : déjà ils étaient Français et le voyant, sans doute pas clair, n’a pas vu venir le coup de revolver !

A part cela, qui pourrait avoir une dent contre Jacques Brel ? Son « Ne me quitte pas » n’est-il pas la chanson d’amour par excellence ? Ses « Flamandes » et ses « Bourgeois » nous ravissent toujours alors que ses « Bigotes » sont le portrait le plus prémonitoire qui soit de Christine Boutin et Frigide Barjot en train de participer à la procession du Saint-Sang à Bruges («Nous partîmes Saint-Sang mais par un prompt renfort… ») ?

Asseyons le grand Jacques dans le siège de René et posons sur le guéridon une péniche. Nul doute qu’il peindra sur la toile une potence afin que le canal s’y puisse pendre, c’est là une tradition du plat pays qui est le sien.

A la place d’une péniche, installons une gondole. Avec de l’Italie qui descendrait l’Escaut il nous fera des vues de Bruges, une ville ou moi aussi je retournerais bien volontiers.

DDS 244 PaulDelvauxTheIronAge

Changeons la gondole pour un sifflet et rappelons un peintre et un cinéaste. Paul Delvaux nous peindra une de ses gares magnifiques ou de belles dames hallucinées et dénudées sembleront échappées tout droit du Malpertuis de Jan Ray. Sur le quai B la locomotive et les wagons d’ « Un soir un train » d’André Delvaux s’arrêteront.

Une carte postale de Sète ou de Caen suffira pour que Raymond Devos nous peigne une mer démontée, mais lui est hors compétition : même avec trois fois rien il nous faisait toujours quelque chose de neuf.

Du chapeau melon de Magritte Simenon coiffera Maigret et sur la toile il posera ce moment où tout bascule dans la vie d’un homme. Cela prendra la forme d’un jockey perdu, individu figé dans l’écorce ou la course du temps.

D’une fleur dans un verre on verra naître sous la plume de Franquin le fantastique Gaffophone.

D’un demi de bière – pour la marque on n’aura que l’embarras du choix ! – Annie Cordy en fera des tonnes et des tonneaux pour caricaturer Angela Merkel en Frida Oum Papa.

Avant que la limite des 23 lignes ne soit atteinte ou dépassée, révélons un dernier secret : lorsque la séduisante Georgette, l’épouse de Magritte, a posé sur la table un almanach Vermot, ni Zigmund, ni Sebarjo ni moi n’avons volé ce livre. C’est bien sûr Jean-Luc Fonck, du groupe Sttellla, qui s’en est emparé pour truffer de bons mots quelques galettes reconstituantes dont, plus que jamais en cette période d’austérité, nous vous recommandons l’usage. Car c’est aussi ainsi, par cette jovialité et cette humanité partagées qui vont du Libellule de Maurice Tillieux au « Vous permettez, monsieur ? » d’Adamo, des « Yeux de ma mère » d’Arno au « Ca plane pour moi » de Plastic Bertrand, de « la longueur tuée dans l’œuf » de notre oncle Walrus au mariage de Mlle Beulemans, du Martini de Mussolini...

 

DDS 244 léonidas

...au W comme wagon de train d’Adrienne, des énigmes célestes d’Anémone à la poésie au point de croix de Lorraine, de t'Kliekske à la plus formidable des Belges d'honneur de l'Iowa, du marsupilami au Chat de Gelück, des « Ah que » de Johnny Hallyday aux merveilles de Julos Beaucarne, de Dupond à Dupont en passant par la Castafiore que la ligne est claire, qu’Allah est grand, comme disait Vialatte, et que le pays du Maneken Pis marque son territoire et réjouit ma mémoire. Cela dit, je reprendrais bien encore un Léonidas, ceux avec la noisette étant mes préférés !

P.S. Ce texte, accompagné de ceux que j’ai publiés ici ces dernières semaines, pourrait très bien intégrer un recueil intitulé : « 23 lignes pour chro-niquer mon Alzheimer ! ». Ca me plairait assez ! Et maintenant, chantons du Belge !

 

27 avril 2013

J'apprends à marcher (Rose)

Lentement mes pas tracent cette route dont j'ai toujours rêvé.

Je n'ai pas forcément suivi le chemin qu'il fallait. Nous avons eu de nombreuses pertes. Minute de silence pour toutes ces larmes tombées sur ce champs de bataille qu'est la vie.

Non, je n'oublierai pas tous ces moments. Oui, chaque souvenir me transperce le coeur d'une pointe affutée arrosée de poison. Que c'est doux de se souvenir et douloureux à la fois.  Les bons se mélangent aux mauvais. Le blanc n'existe que grâce au noir.

Je me souviens de cette sieste sous la tente. J'ai cette petite voix qui me murmure toute mon enfance en l'espace d'un rêve : mes nombreuses cicatrices sur les genoux, les actions man de mon frère, la pâte que je pétrissais avec maman ...

Qu'il parait loin le temps de l'enfance et l'insconcience.

Je marche, je monte, je grandis. 

Je me fixe des buts dans la vie. Je tiens un carnet avec toutes les missions à accomplir dans la journée.

Je me dis que la fin n'approchera pas tant que je n'aurais pas tout coché. Alors, chaque jour, je rajoute de plus en plus de choses : penser à rendre son livre à la médiathèque, imprimer son mémoire, faire sa maquette, l'anniversaire de J., notre week-end, se souvenir.

Se souvenir, de tout ce qui a fait que je suis cette personne d'aujourd'hui. Pleurer en regardant Titanic pour la 5ème fois, se réveiller en pleine nuit pour avoir rêver d'un éléphant qui kidnappait toutes vos peluches, se jeter sur le chocolat quand les nuages se montrent, fermer les yeux en marchant et sentir le soleil carresser son teint pâle et danser en attendant l'ascenceur.

Alors, je monte, je monte. On me dit qu'on m'attend là-haut. On me dit que c'est de là-bas que les gens que j'aime me regardent et prennent soin de moi. Mais pour arriver en-haut : il faut le mériter. Une bonne action équivaut à une marche.

Ecouter sa maman, soutenir son frère, passer son bac, faire les études qu'on aime,  aider ses amis, s'amuser, pleurer, rire, se marier, avoir des enfants, les protéger, les gronder, faire des gâteaux au chocolat, râter son soufflet au fromage, nos premiers moments, nos derniers moments,  avoir des souvenirs. 

Parce que les souvenirs sont ma vie.

Comme un bébé qui apprend à marcher, j'apprends à vivre. 

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20 avril 2013

Des éléphants roses dans ma mémoire (Joe Krapov)

23 lignes pour décrire la place que prennent les éléphants dans ma mémoire vive ? Mais on me demande l’impossible, là !

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Je sens déjà venir la longue pause de lecture auprès de madame Wikipe – Wikipedia, le cimetière des éléments ! – en vue de vérifier l’itinéraire qui mena  le cornac Hannibal de la traversée des Alpes jusqu’aux délices de Capoue. Mais par contre je me souviendrai sans aide de l’éléphant de la Bastille dans lequel logeait Gavroche dont j’appris sur le tard qu’il était fils Thénardier : soit j’avais oublié, soit je n’avais pas vu la « prequel » !

 

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Je ne me souviens pas d’avoir eu un quelconque contact avec Dumbo l’éléphant volant de Tonton Walt, sans doute à cause de mon acrophobie tenace, mais la chanson que je vous interprète à la fin de ce texte vous démontrera que, même élevé en chi-Corée du Nord, on ne sort pas indemne de l’américanisation des esprits qui fait qu’on appelle maintenant « think tank » deux pelés et trois tondus qui se masturbent l’intellect en commun : il n’en sort que de la fumée et rien de comparable à la « Maison à vapeur » de Jules Verne, livre que je possède mais que je n’ai pas encore lu.

23 lignes, c’est effectivement très peu pour lister la série des devinettes niveau Carambar à base de nonsense pachydermique :


- Comment fait-on entrer quatre éléphants dans une 2CV ?
- Comment sait-on que des éléphants sont passés dans votre réfrigérateur ? (On ne dit plus frigidaire, non parce que c’est une marque mais parce que ça commence comme « Frigide Barjot et Christine Boutin sont dans un bateau dont je n’aime pas bien la destination. Pétain coup, Joe Krapov, t’es tout pâle ! »)

La solution est dans la chanson et la série presque complète des devinettes est ici.

Les derniers éléphants que j’ai fréquentés sont ceux du groupe Sttellla dont j’ai repris la chanson homonyme mais je vous épargne la réécoute. Quoique… 

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Bien qu’habitant en Bretagne et natif du Pas-de-Calais, je ne m’arsouille jamais au point d’apercevoir des éléphants roses, sauf quand je prends des nouvelles du Parti socialiste où ils vivent en troupeaux qu’on appelle courants et mettent de l’argent à gauche pour l’avoir devant eux bien que la Suisse et Singapour soient plutôt à droite sur la carte. Pour résumer sur ce point, disons qu’il y a des éléphants d’Asie(bao) et des éléphant à fric et chantons gaiement « Sur la route de Penzac flouze flouze Cahuzac ! ». Cet animal à défenses d’y voir plus avant sert aussi de mascotte au Parti républicain aux Etats-Unis mais j’ai assez causé de politique comme ça cette semaine. A la longue ça risque de rendre cette chronique fort amère, comme on dit dans les cités.

Avant que la limite des 23 lignes ne soit atteinte ou dépassée, mentionnons en vrac « Un éléphant ça trompe énormément » d’Yves Robert, la comptine « Ah les crocodiles », le roi Babar, Elmer le roi de carreau(x), la couverture des œuvres de Rudyard Kipling dans la collection Bouquins : Toi aussi tu seras un homme avec une PAL ou même des CAL demain : Piles A Lire, Caisses A Lires devant lesquelles pour l’instant je me fais porter PAL. Il y a aussi les joueurs de bowling dans le grenier du Concombre masqué et les musiciens de John Lennon sur l’album Live in New-York city : Elephants memory

Et maintenant, tous en rang par deux, enfants de la jungle ! Ecoutez sagement « La patrouille des éléphants » par le seul type à Rennes qui ose chanter du Georges Brassens avec la voix de Guy Béart ! 

 


P.S. Les éléphanteaux ne se lèvent pas tard alors que les zélés fêtards ne se lèvent pas tôt. C’est ce que semble nous dire la chanson d’Antoine « Un éléphant me regarde » et nous évoquer « Effervescing elephant »  de Syd Barrett, membre fondateur du Pink Floyd. Pink ? Du rose du titre au pink de la fin, la boucle est bouclée.

13 avril 2013

Participation de Sebarjo

CHAT-OYANT ou CHAT T'Y MENT ?

 

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J'étais assis comme un pacha dans mon fauteuil en train de lire une bonne bande dessinée, tout en ronronnant et grognant fortement car j'avais comme un chat de coincé dans la gorge, quand soudain, surgit mon fils qui me lance :

 

- Dis papa, il paraît que les chats, dans un futur très proche, sauront parler.

- Ah bon ? Comme le Chat du rabbin ou le Chat de Geluck alors ???

- Je les connais pas ceux-là mais oui comme les Aristochats par exemple. C'est fou non ?

- Ah oui c'est sûr... Je devrais même dire : « chat alors ! »

- C'est ça moque-toi de moi ! Je parie que tu sais même pas pourquoi ?

- Hein ? Pourquoi... Quoi ?

- M'enfin, essaye de suivre un peu ! Je parie que tu sais même pas pourquoi ils pourront bientôt parler ???

- Ben non, évidemment...

- Ah ! Ah ! Je m'en doutais !... Alors Tu es bien sûr, tu ne le sais pas ???

- Ben non je ne sais toujours pas...

- Eh bien voilà pourquoi !

- Hein ???

- Ben oui, c'est parce que tu viens de donner ta langue aux chats !!! Comme ça maintenant ils peuvent parler !!!

(Rires qui s'éloignent. Mon fils est parti en courant, tout fier de lui)

C'est vrai que ça m'a cloué le bec !

13 avril 2013

Chroniques de Wolfgang le Sage (Zigmund)

 

Si ne suis pas le premier chat de la maison, je fus sans conteste le plus marquant, le matou historique en quelque sorte.

Mes humains m’avaient attendu avec impatience, et je ne leur avais été « offert »à l’âge de trois mois qu’après une  longue enquête  sur leurs bonnes mœurs en matière de félins.* J’ai tout de suite appris à les mener par le bout du nez : je leur ai joué le chat tétanisé, puis le coup du chat « anormalement calme », puis la fugue chez mes humains précédents. La fugue  fut une erreur, car Zigmund se rendit aux arguments du vétérinaire et me fit castrer.

Je pris le pouvoir dans la maison et dans le jardin, je passai un pacte de non-agression avec les souris, mais me montrai impitoyable  avec les volatiles et les écureuils. Pendant mon règne, peu d’oiseaux survécurent je réussis même, après une lutte acharnée sur la glace, à capturer un canard colvert. Mes humains n’apprécièrent  pas l’exploit à sa juste valeur…

Je coulais des jours heureux jusqu’à ce matin froid de janvier où une ombre noire traversa ma chatière. Gabrielle prit l’intruse dans ses bras avec la ferme intention de la jeter dehors.

Mais la fourbe boule de poils rusa pour se faire accepter : elle lui lécha les mains et obtint immédiatement un droit d’asile, une gamelle à côté de la mienne et le prénom de Zoe. Personne ne comprit  jamais pourquoi cette femelle aussi adorable que limitée intellectuellement, stérile et borgne avait été abandonnée pile poil devant la maison d’un ophtalmo. C’est néanmoins cette idiote qui, un jour, sut prévenir mes humains par force cris et miaulements que je faisais une crise d’épilepsie et un AVC.

 Leurs soins immédiats furent sans effet : j’avais 18 ans.

Mes humains ont choisi que je repose sous le forcycia avec à mes côtés l’ouvre boite à pâtée, une toupie et un origami.

Les oiseaux revinrent car Zoe la borgne était nulle à la chasse.

Un an plus tard Zoé se laissa écraser par la voiture de Zigmund parti trop vite sur une urgence. Mes humains pleurèrent de nouveau et un autre trou fut creusé pour elle sous le forcycia non loin de ma tombe sous la protection du Bouddha…    

Zigmund chat et Elvis le squatteur ont pris le pouvoir laissé vacant pour surveiller la bonne marche de la maison.

Wolfgang et Zoe

 

*La question étant : sont-ils  félins pour l’autre ?

30 mars 2013

Cheminées (Walrus)

Cheminée

Je suis né au milieu d'un champ de cheminées
Cachant le ciel de leurs vomis empoisonnés.
Les nuits étaient zébrées de lueurs rougeoyantes
Et l'air était rempli d'une rumeur grondante.
Des enfants aux pieds nus allaient rampant sous terre
Extraire le charbon comme au fond d'une tombe.
Aujourd'hui, tout est calme et les cheminées tombent
Et des ouvriers pleurent : ils regrettent l'enfer !

2 mars 2013

L’Enfant-Sage (tiniak)


Ecoulé de la nuit aqueuse, orange et douce
où tu suçais ton pouce à l'abri des regards
te rêvais-tu déjà sage et humble vieillard
choyant de ton jardin les arbres et les pousses ?

Nourri de floralies sanguines et charnelles
encore ivre du miel de ton premier séjour
tu t'offres comme un fruit gorgé de bel amour
dont tu tiens fermement le fanal éternel

Feras-tu basculer le monde sur ses bases
par cette vive extase où tu nous as plongés ?
Soyeuse pandémie, ton cri de nouveau-né
saura-t-il inspirer de symphoniques jazz ?

Avec toi rejaillit des forces oubliées
cette vitalité que renferment les pierres
la valse des marées, les orgues du désert
et le puissant mystère agitant les sommets

Ni la peur, ni la mort ne te sont étrangères
mais volent, papillons aux frêles coloris
que le simple revers de ta main sans souci
égayera, nuées aux reflets parcellaires

Tu es, possiblement, le prochain bâtisseur
du Rêve confondant l'esprit et la nature
s'y fera d'aujourd'hui la nouvelle aventure
dans un règne de joie, d'amour et de bonheur

S'il se peut que ton nom soit la somme de tous
(ceux qui furent gâchés, ceux qui furent meurtris)
le premier qui l'entende ait aussitôt compris
qu'enfin raison prévaut que signe ta frimousse

Aucune fée sur toi, ni prodige, ni sort
que l'ample densité de ton pas sur la terre
que la mélodie née du souffle salutaire
à quoi se rallieront les vents de tous les bords

Garant d'aucun autel, sans maître sur le dos
pour la légèreté d'être sans avantage
l'ombre de la sagesse étalant son partage
et de rive en rivage apaisant l'air et l'eau

Défi du samediEnfant, vois comme dort à tes pieds le futur
aussi timidement que ton sourire aux anges
retourne au vieux Chaos ses pelures d'orange
avant d'y ajouter son carré de vert pur

2 mars 2013

Le cas BANE (Vanina)

Il était une fois, le pays de la confusion. Certains l’appelaient tête-bêche, d’autres sens dessus dessous tout en pensant « sans » dessus-dessous. Bref, un pays où différencier le haut du bas, le ciel de la mer, les nuages de l’écume, la lune du soleil était presque impossible. Seul repère, l’horizon était toujours plan, ou bien était-ce la planète qui était plate !

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La maison de monsieur Bane, ou était-ce un temple volait ou tombait, on ne pouvait le dire. Suspendue aux branches d’un arbre et accrochée à ses racines – à moins que ce ne fût à leurs reflets dans l’eau…-. Bref, c’est de là que monsieur Bane aimait faire rire les enfants.

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L’air grimaçant, les cheveux ébouriffés, un joli nœud de foulard au cou, la tête basculée en arrière, monsieur Bane faisait l’âne. Ses singeries lui valaient, de la part des enfants qui esquissaient un large sourire, le surnom de monsieur Bane-Ane.

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d’après un dessin de James Hodges

A l’entrée, ou était-ce la sortie de sa maison monsieur Bane hier avait placé un étendard : il était fier car même son nom n’avait ni endroit ni envers !

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Le cas Bane n’est pas isolé. Un jour peut-être couchera-t-on sur le papier l’insolite histoire de MAP et Walrus se souciant de monsieur Bane alité…

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23 février 2013

Les dents de l'amer (Joye)

Henri avait déjà décidé de prendre sa retraite quand le toubib lui dit que sa santé pouvait devenir fragile s’il continuait son boulot, alors il n’hésita pas à suivre les conseils Après tout, cela faisait trois cent soixante-six ans qu’il crachait le feu et il était bien temps que quelqu’un d’autre prenne la relève.

Ses écailles étaient encore verdâtres, sa queue longue et encore féroce, et une fois son boulot terminé, sa santé habituelle et monstrueuse fut vite rétablie. Il aimait bien rester au lit le matin au lieu de pointer dans la forêt pour incendier le chevalier occasionnel qui passait. C’était un point d’honneur chez la brigade, depuis cet acte terroriste du minable crétin qu’on appelait Saint Georges. Henri et ses copains montaient encore la garde, d’une vengeance fière meurtrière pour leur camarade tombé.

Maintenant, le matin, Henri avait le temps de prendre un deuxième café, parcourir Le Monde, faire les sodokus et téléphoner à sa tante Lucille pour prendre de ses nouvelles. L’après-midi, il jouait trois fois par semaine à la pétanque avec ses camarades Restif le Chimère et Ulysse la Licorne.

Récemment, Henri avait même décidé de remplir ses autres heures en faisant du free-lance…quelques barbecues ci et là, des fêtes d’anniversaire des gamins – cela leur changeait des trucs MacDo - et ainsi de suite. Henri aimait se sentir encore utile à la communauté et, en peu de temps, devint très demandé.

Un jour le téléphone sonna et Henri pensait tout de suite que sa tante Lucille avait eu un malaise. Mais la voix féminine à l’autre bout du fil n’était pas celle de sa tante bien-aimée. C’était une autre.

-          Allô, bonjour, Henri Crache-Flammes à l’appareil. Que puis-je pour vous ?

-          C’est vous le dragon ?

-          Lui-même, madame. Je vous écoute.

-          Ici, c’est Gwendolyn de Latour. J’ai un problème, je me demandais si vous pouviez m’aider ?

-          Je crois bien, répondit Henri. Dites-moi ce que vous voulez que je fasse.

-          Il vaudrait mieux que vous veniez voir pour vous-même.

Henri nota rapidement l’adresse et puis chercha son sacoche qui contenait son portable ; son permis d’intermittent ;  un manuel de secours, au cas où ; deux ou trois biscuits pour les chiens - fort utiles s’il fallait en distraire un ou deux, les chiens ne s’entendaient jamais avec les dragons, et les plus idiots se faisaient parfois rôtir devant les yeux de leur maîtresse horrifiée - et quelques pastilles pour la gorge, s’il avait un peu post-feu. Puis il se rendit au 587 rue de la Tour.

Il vit bien devant lui le grand escalier que Gwendolyn lui avait décrit, l’escalier que le gnome du village utilisait chaque nuit pour aller faire le voyeur à la fenêtre de cette demoiselle dans la grande tour. Normalement, Gwendolyn aurait aimé une telle attention masculine, mais le gnome était moche, hideusement poilu, et pas très friqué et Gwendolyn savait bien qu’elle pouvait mieux faire. Voilà pourquoi il fallait qu’Henri détruise l’escalier…afin que quelqu’un d’autre de plus agile et vaillant vienne admirer les atouts de sa jeune cliente.

Trois heures plus tard, et au trente-sixième essai, Henri avait déjà avalé toutes ses pastilles et deux des biscuits pour les chiens – ayant raté l’heure du thé – mais  il ne pouvait absolument plus essayer de faire fondre le fer de l’escalier. C’était trop résistant. Mais au lieu d’admettre qu’il n’était peut-être plus au niveau – après tout, il avait une réputation à protéger ! – il fouilla dans le manuel pour trouver une solution…Ah oui, le célèbre manœuvre légendaire… le Coup de Mâchoire…il ne l’avait jamais essayé, mais trouva que c’était bien le moment !

-          Et cha, ch’est quand j’ai déchidé de mordre dedans, expliqua ce pauvre Henri à son dentiste le lendemain matin.

 

l'escalier

 

16 février 2013

Participation de Sebarjo

A la tienne, Ben !

 

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Je vous imagine, échoué là par hasard, sur cet îlot ridiculement étroit et désert, après le naufrage de votre navire aérodynamique, lors d'une costa-croisière...

Vous êtes là sur la plage, depuis plusieurs jours déjà. Vous survivez grâce à la substance gélatineuse de fruits monstrueux, parsemant l'ocre magnifique d'un sable fin sur lequel vous vous allongez.

Vous êtes coupés du monde. Vous avez bien votre portable mais, il ne capte plus rien.

Et puis, depuis plusieurs jours déjà, sa batterie est morte.

Aucun message n'est alors possible. Les SMS, les chat, les e-mails, les blogs, Skype, Tweeter, Facebook et autres googoleries, tout ça s'est envolé. Pfffuit !!! Evaporé soudainement ! Rayé d''un grand trait de crayon rageur de la carte du monde.

Et pourtant, vous existez. Vous le sentez mais ne pouvez pas vous empêcher de vous époumonner : Où est l'antenne relais ? La zone wifi ? Vous criez à l'aide ! Oui, vous criez à tue-tête ces mots insensés que personne n'entendra : Mon génome pour une clé 3G !!!

Puis une semaine s'est écoulée. Vous vous la coulez douce, il n'y a rien d'autre à faire. Vous vous êtes assagi. Vous réalisez que c'était vraiment que de la connerie, tous ces réseaux, ces contacts, Cette fiction électronique.

Futilités. Que du vent. Vous avez balancé le Computing clouds par les Windows comme du vulgaire Computing wind...

Le temps passe lentement comme un sablier qui s'écoule tranquillement... Sur cette plage ensoleillée. Vous avez pris un coup de soleil sur le bras gauche ou sur l'omoplate droite. Le bout de votre nez pèle mais vos bras dorent.

C'est alors qu'un matin, comme chaque matin depuis plusieurs semaines déjà, vous vous réveillez au bord de cette plage sous ces palmiers aux fruits globuleux et aux eaux turquoises, en ce paradis dont vous rêviez tant jadis... avant. (Il n'y a pas si longtemps et pourtant cela semble si loin, si vague... Comme un mirage à l'horizon.)

Ce matin donc, soudainement contre toute attente, étrangement contre vos pieds, bute une bouteille vide de tout liquide, ramenée par les vagues qui semblent si lointaines... Comme un mirage horizontal.

Il y a un message à l'intérieur.

Enfin ! Écriiez-vous tout agité par cette anormalité, alors que depuis quelques temps, vous aviez réussi à vous apaiser. Un contact avec le monde !

J'imagine votre joie fiévreuse, votre excitation fébrile... Maladroitement vous saisissez cette bouteille et la brisez contre un rocher poli par les eaux joliment moirées de votre eden.

Au fond de cette bouteille, roulé comme un parchemin, j’imagine votre déception immense, votre détresse infime, votre rire nerveux, au bord de la postitite, lorsque vous découvrez que ce message merveilleux ne contenait que l’une des nombreuses formules spirituelles de Ben...

A votre convenance, ce pourrait être :

 

ceciestunfaux

  ou

 Rien_a_dire_iphone

ou de même

jetourneenrond

ou encore

 etapr_s_a

 ou également

je_nesuispasfou

ou si vous préférez

bientot

ou toujours

Et_pendant_ce_temps_la

ou enfin

le_nouveau_est_arriv_

 

Et si vous n'arrivez pas à choisir dans votre délire ilien, je vous livre le tout qui compose un poème :

 

Ceci est un faux !

Rien à dire, je tourne en rond.

Et après ça ? Je ne suis pas fou,

Bientôt il n'ybaura plus de place

Sur terre...

Et pendant ce temps là,

Le Nouveau est arrivé !

 

 

Dans tous les cas, je vous conseille de ne pas quitter le plancher

des chevaux

euh ! des vaches !!!

 

 

16 février 2013

"Depuis le temps que ça me pince..." (Joye)

crabOn aura constaté que la dernière bouteille lancée dans la mer a toujours la première position sur la plage ici.

On dira, certes, que la première place sur la plage n’a pas d’importance, mais on peut constater que ceux qui lancent toujours leur bouteille à une heure tardive sont récompensés pour leur retard. Il y a d'autres superbes bouteilles qui arrivent elles aussi sur cette plage… c’est trop dommage qu’elles soient toujours reléguées au fond des dunes.

Alors, voici une idée pour que les premières bouteilles puissent avoir la première place de temps à autre :

Maintenant, Canalplage permet la programmation des bouteilles quant à l’heure de leur parution. La première bouteille reçue peut être donc programmée pour 0h20 ; la deuxième pour 0h19 ; la troisième à 0h18 et ainsi de suite. [NB : Je donne 0h20 parce qu’il n’y a pas très souvent plus de 20 bouteilles sur la plage. Oui, je sais, on ne peut jamais savoir combien de bouteilles seront lancées...]

Comme ça, ceux qui lancent leur bouteille tôt dans la semaine pourraient avoir la récompense de la voir en vedette sur la plage et non pas enterrée loin du littoral sous le sable, les autres bouteilles, et parfois même sur la plage suivante.

Qu’est-ce que vous en pensez ?

Oui, je sais, ce n’est pas ma décision : on prend toujours des risques lorsqu’on lance une bouteille.

Je sais aussi  que c’est vous -  Maître nageur, Walrus, et Maîtresse nageuse, MAP - qui décidez du règlement.  C’est clair que vous êtes déjà plus qu'équitables pour tout le monde – que vous lisez tous les messages avec un secourisme aimable en forme de réponse pour tout un chacun…et pourtant, je crois aussi que « First drowned, first rescued » est la règle sur les plages d’Europe autant qu’ailleurs. Maintenant que Canalplage accepte de planifier l’heure des parutions des bouteilles, ce serait peut-être plus facile de réaliser cela.

Quoi qu’il en soit, merci d’avoir lu ce message,  et j’espère que vous ne me trouvez pas trop ingrate pour tout le mal vous vous donnez pour nous,  les Défiants et pour toutes nos bouteilles pleines de beaux  messages (au contraire, sans doute, de celui-ci).

 

Très amicalement,

Crabby la Grincheuse

crab

 

16 février 2013

Une bouteille à la mer (KatyL)

 

Il faisait si beau, je décidai d’aller à la plage à une heure où personne ne pourrait déranger ma sieste et ma méditation.

Katy 1

 

Je regardai les mouettes s’inviter les unes et les autres à la danse, l’océan qui roulait des airs nonchalants, tranquilles…. et je m’endormis.

 

Katy 2  Mes pieds au chaud sur le sable Comme j’étais bien !

Katy 3

Je rêvais de ce beau jogger que j’avais vu passer torse-nu, j’avais souri à son apparition, il venait vers moi, s’asseyait tout près et me caressait la jambe, ce contact me fit tressaillir, oui il me caressait la jambe !! Alors je me suis réveillée en sursaut. Personne il n’y avait personne, mais un objet était venu se coller contre moi ! Une bouteille ! Je n’en croyais pas mes yeux ! Je la pris dans mes mains et vis qu’elle contenait une lettre !

 

Elle avait échoué là juste sur ma jambe.Je décidai de faire ma cueillette de coquillages pour faire mes colliers et décorations, puis je décidai de rentrer pour ouvrir la bouteille.

Katy 4Katy 4 b

 

Fébrile je cherchai un moyen pour ouvrir le bouchon qui résistait gonflé par l’eau de mer, mais à force d’obstination je parvins à extraire le papier qui lui était demeuré intact..

Je pus lire :

 

Je jette cette bouteille à la mer pour laisser un passage de ma courte vie, nous sommes en juillet 1750 et le bateau sur lequel je naviguais avec ma famille a fait naufrage sur un coin de terre perdue, nous avons à peine de quoi survivre et avons très peu sauvé de choses du bateau, je suis malade et je n’en ai plus pour longtemps à vivre sans soin, je n’aurai rien connu de l’amour, à part ce que mes frêles années en ont supposé, je suis une jeune-fille de bonne famille, Française, j’ai 18 ans ! Je vais mourir. Si un jour quelqu’un trouve cette bouteille, sachez que je suis blonde, mince, jolie, gaie comme un pinson, j’adore la musique et la peinture, la poésie, les discussions, la nature et mes contemporains…j’aurais aimé l’amour j’en suis sûre.

(Ami) amie lointaine qui trouverez mon message gardez le précieusement car il contient mon âme légère, un bout de dentelle de ma robe…et cette envie de vivre si forte.

Sachez qu’il ne faut jamais laisser passer le temps et le perdre, car c’est la chose la plus précieuse que nous possédons, le temps de vie bien inégal pour certains.

(Inconnu) inconnue, qui lirez mon message VIVEZ cette vie pour moi, comme si vous me portiez en vous juste à un petit endroit sur le coeur.

Je me nomme Katy-Rose de La Palettière

Katy 5

 

Le soir je suis retournée sur la plage et j’ai regardé l’horizon en pensant à Katy-Rose et tous les points en commun que j’avais avec elle, les cheveux, le portrait, les envies, les rêves…

Je sais que ce message m’était destiné.

KatyL

 

5 janvier 2013

Une vie de - bâton de - chaise (Joe Krapov)

Aujourd’hui, j’ai passé une bonne nuit. Le petit cabinet que l’on m’a octroyé dans l’aile gauche du château est décoré d’estampes représentant des scènes de chasse. La fenêtre donne sur la cour et le doux clapotis de l’eau dans les bassins a bercé mon sommeil de sa musique régulière.

Mais le soleil est arrivé et il va falloir que j’aille au travail. Ou plutôt qu’on m’emmène au travail. On n’a pas encore l’habitude par ici d’équiper tout un chacun de roulettes. Le skateboard et le patin en ligne attendront quelques siècles encore.

On me prend donc par les bras et l’on m’emporte avec aisance car je suis assez légère vers le lieu de spectacle où je vais faire mon office. Ma participation au show est à vrai dire assez minime car je suis du genre statique.

C’est l’autre emperlousé qui fait tout avec le petit Chose et les deux orphelines. A peine a-t-il paru que l’on se presse autour de lui, qu’on s’empresse de savoir s’il a bien dormi, si les bijoux de la famille sont toujours bien conservés, s’il va bien.

Ca, pour aller, il va. Il y a même des jours où il va tellement bien que j’ai envie de crier pouce. Et quand il ne va pas, ce sont ses coaches qui crient "pouce" mais avec deux esses. A la fin du spectacle tout le monde l’applaudit. Il n’y a pas de cérémonie de remise des prix. Ma participation au show me vaut une médaille de bronze mais j’aimerais bien qu’on me la remette avec un peu plus de respect.

Je ne demande pas la Lune, quand même ! Je l’ai déjà. Simplement, comme Diogène en son tonneau, je rêve que les plus grands s’ôtent de mon soleil. Vouloir s’élever, dans la vie, vouloir aspirer à la pureté des cîmes, à la grandeur des pins des Landes plutôt qu'à celle des rupins de Versailles, ça n’est pas un crime d'alèse-Majesté ? Si ? Le quotidien est parfois si ennuyeux et trivial pour les magistrates du siège ! La poule au pot tous les dimanches, ça c’est un programme qui m’aurait plu, bien davantage que ce « les tas, c’est moi » auquel je suis condamnée, percée jusques au fond du cœur d’une atteinte imprévue aussi bien que mortellement pestilentielle.

DDS 227 Louis XIV

 

22 décembre 2012

Lettre à Monsieur le Directeur du Musée du Louvre à Lens (Joe Krapov)

Cher Monsieur

 

DDS 225 Bertin par Ingres

Mon épouse et moi-même avons été très déçus par la visite de votre institution. Nous avons trouvé que « le portrait de Monsieur Bertin, mineur silicosé » par Jean-Dominique Ingres manquait un peu trop de vraisemblance. On voit là un bourgeois quelque peu enveloppé, à la limite de l’apoplexie d’avoir trop mangé de carbonade flamande, et c’est peint avec un style très réaliste sauf que ce monsieur a plus une tête de professeur en retraite que de prolétaire à l’article de la mort. Mais bon, je vous l’accorde, Germinal est loin derrière nous, tous les puits de mine ont fermé et des anciennes "gueules noires" ne restent que les veuves. Mettons aussi à part le fait que monsieur Ingres était tellement miraud que toute sa vie il a cru qu’il jouait du violon alors qu’il faisait de la peinture. Comme Beethoven mais dans l’autre sens.

Ce qui nous a vraiment déçus, c’est ce qui n’était pas là, et donc, essentiellement, la Vénus de Milo à qui nous vouons une passion sans bornes, un amour superbe et généreux. Voyez-vous, nous avions beaucoup à offrir à cette brave dame. Elle s’est élevée jusqu’à la célébrité à la force du poignet, elle n’a jamais ménagé ses efforts pour satisfaire tout le monde bien qu’elle n’eût pas quatre bras et elle a fait tant et si bien des pieds et des mains qu’elle est devenue l’attraction n°1, avec Madame la Joconde, bien sûr, de votre antenne parisienne.

 

DDS 225 Venus_de_Milo_Louvre_Ma399

Mon épouse et moi sommes de fervents admirateurs de cette top-model des temps antiques et pas en toc. Nous avions eu l’idée, en remerciement de votre implantation dans notre région, en plus des dix euros que je joins à ce courrier pour vos oeuvres, d’essayer de réparer les outrages des ans. En effet, en tant qu’anciens commerçants de la place d’Hénin-Liétard, nous tenions le magasin de vêtements « Au mineur-campeur ». A la retraite bien sûr, nous avons fermé boutique mais nous avons conservé une partie de notre stock et notamment les mannequins que nous exposions dans la vitrine. Je pense que dans toute cette équipe de bras cassés nous aurions pu trouver quelques membres encore actifs pour rendre à la Vénus son intégrité corporelle. La pauvre a bien mérité elle aussi une petite séance de chirurgie esthétique et ici, dans le Nord, comme on a dans le cœur le soleil qu’on n’a pas dehors, on était prêts à vous céder gratuitement ces rallonges.

Si notre proposition vous intéresse, vous pouvez passer chez nous à l’heure du café dimanche prochain. On passera la wassingue exprès, on vous offrira la bistouille pour discuter de cela et aussi des œuvres picturales d’Isidore Ducasse que notre voisin, M. Pivoine, ancien tenancier de manèges, pense avoir dé(mar)gottées à la dernière braderie de Lille.

 Nous habitons toujours au-dessus de notre magasin, place Fernand Darchicourt (comme les bras de la Vénus !) au n° 3 à Hénin-Beaumont. Dans l’attente de votre visite, nous vous souhaitons, cher Monsieur le Directeur, bonne installation en pays minier et bienvenue chez les Ch’tis.

                                     Louis et Marie-Anne Grosquinquin

N.B. Si ce type de courrier vous plaît, chères et chers Défiant(e)s, je vous recommande la lecture de « Moi et la reine d’Angleterre » de Patrice Minet qui a consacré tout un livre à sa correspondance rigolote avec des personnalités diverses et variées.

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