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Le défi du samedi
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5 juillet 2014

L'entrepreneur (Epamine)

point ironie

Monsieur Abel PONCTU, à Sion (54), est entrepreneur.

Et comme il est entrepreneur, dès le point du jour, voyez-vous, il entreprend...!

C'est que depuis toujours, l'Abel met un point d'honneur à faire de la belle ouvrage.

Chaque jour, ce sont des p'tites mises au point par-ci, une p'tite vérification de l'appoint des machines par-là, la validation vite-fait, bien-fait des points de repère...

Chez l'Abel, tout doit être au point !

Exigeant et pointilleux sur l'essentiel, il mène les réunions du conseil d'administration sans jamais atteindre le point d'ébullition et ce, grâce à ses pointes d'humour et à son usage coutumier du point d'ironie. Cependant, quand il sent que le point de non retour est imminent, lorsque les points de l'ordre du jour sont bien loin des points diplomatiques, Abel sait mettre les points sur les i ou taper du point poing sur la table.

C'est qu'au sein de son entreprise, lorsqu'Abel entrevoit de belles perspectives, il cherche immédiatement le point de fuite au bout de l'horizon et il le trouve. Il contrecarre alors les éventuels points faibles et prend en compte tous les points de vue de ses associés pour présenter, point par point, son projet.

Homme d'affaires émérite, point de mire de nombre de ses concurrents, il crée régulièrement de nouveaux points de vente aux quatre points cardinaux et ces quelques points de chute supplémentaires arrivent à point nommé.

Il n'a pas vraiment l'impression d'avoir atteint le point culminant de sa carrière, et pourtant, dernièrement, il a accepté l'interview demandé par un magazine (non, pas "Le Point") pour présenter quelques points clés de son parcours.

Il s'est donc rendu au point de rendez-vous avec sa voiture, hélas, aux heures de pointe. A un rond-point, alors qu'il était au point mort, le véhicule qui le suivait l'a percuté. Sa Titine était bien mal en point et elle a eu besoin de quelques points de suture soudure. Par contre, aucun point de côté ni point de compression pour l'Abel.

Avec un peu de retard mais tout à fait au point, il honora son rendez-vous et put présenter sa collection de points: point S (sans stress), point P (vive les BTP), point A (pour alterner), point G (aucune coordonnée GPS), points x et y (pour enquiquiner les lycéens!), un point C tout, point E (pour emballer), point I (pour s'informer), point d'interrogation, point d'exclamation, deux points, points de suspension...

L'Abel PONCTU à Sion est au point!

.

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5 juillet 2014

Céleste est mal barrée ! (Joe Krapov)

(E-specially dedicated to my dear oncle Walrus)

Quand il commençait à se battre avec son oreiller, à constater qu’il s’était mis au lit trop tôt, à décortiquer les phases de son endormissement et ses impressions de rêve éveillé ou pas, elle arrivait pour le soutenir, pour l’abrutir, l’embrouiller, l’embrumer mais elle faisait pis que tout car malgré son homosexualité, elle voyait bien qu’il ne voulait pas se laisser aller dans les bras de Morphée et c’est donc elle qui, hachée de points-virgules, souillée de subjonctifs plus que parfaits mais fortement chargés en miasmes et en chiasmes, étirée jusqu'à plus soif en vue de perturber la compréhension du lecteur éventuel, récupérait les symptômes de l’écrivain asthmatique et se trouvait comme aspirée dans le tourbillon de la douche mémorielle projetée à jet continu sur les parois du souvenir et la nostalgie crasse se détachait par bribes, l’encalminait au point que tout un univers de jeunes filles en fleurs, de barons, de causeurs, d’aristocrates, de salonnards et de gloseurs, avec un art certain de ventiler le snobisme et la pseudo-modernité au sein d’un classicisme verbeux et pédantesque l’envahissait, lui donnait le tournis, lui faisait oublier sa justification première, à savoir la joie de communiquer simplement une idée, une émotion, une douleur, une banalité, un échange de politesses, du genre « Si le nez de Cléopâtre avait été plus long on n'en s'rait pas là !», « Tiens tiens tiens c’est le printemps qui vient !» « Et l’on dit merde en se pinçant les doigts », « Tout va très bien madame la marquise », «Vous permettez que j’déballe mes outils ? Oui mais faites vite qu’on lui a dit» et c’en était au point qu’elle avait des velléités grossières de soulager son maître, son auteur, de lui suggérer les mêmes pratiques physiques que celles qu’il faisait subir à l’intellect patient de ses lecteurs intellectuels et elle riait sous cape en imaginant que le petit Marcel eût pu, plutôt que de perdre son temps à s’agiter les neurones dans le noir, étrangler frénétiquement le borgne, recourir à la veuve Poignet, dessiner dans ses draps fins une carte de France animée sur laquelle le hasard lui eût fait disposer, d’un jet ou de plusieurs, Jouy-en-Josas, Gif-sur-Yvette, Bourg-la-Reine et Tremblay-les-Gonzesses dans un même alignement géographique surréaliste mais elle savait bien que chez ces gens-là, monsieur, ça ne se fait pas et que cet humour de garçon boucher ou de troisième mi-temps de match de rugby qu’elle tenait de son mari chauffeur de taxi, s’il avait eu sur l’insomniaque l’effet d’endormissement béat souhaité, n’eût pas été goûté de la postérité admirative pour qui elle-même, tirant à la ligne, usant de ficelles grosses comme celles qui soutiennent au-dessus de la rue populeuse le funambule somnambule, faisait tout son cirque ce soir, bien qu’elle ne fût qu’une modeste servante dévouée à l’accomplissement de l’œuvre majeur, se fatiguant au bout du compte de ce qu’on pût passer ainsi sa vie à causer, gloser, dégoiser sur un monde si étriqué alors que l’on sortait d’une énorme boucherie, 14-18 qui eût dû logiquement faire agir, réagir et lutter contre le même système qui avait permis cela, et rêvant du moment où, à la phrase alambiquée, tortueuse et finalement très amusante qu’elle était, Marcel, malgré qu’il en ait, consentirait à mettre un terme en posant, à l’issue d’une dernière aspiration d’air frais à la fenêtre ou au terme d’une énième relecture, son stylo et un point final qui lui eût permis à elle-même, pauvre phrase céleste égarée dans un océan de papier prétentieux comme une humble prolétaire ne comptant que pour beurre dans un magma de sept milliards d’individus, de se terminer à sa façon, ou plutôt à celle de Charles Trénet qui chantait que « Les jours de repassage, Dans la maison qui dort, La bonne n'est pas sage Mais on la garde encore : On l'a trouvée hier soir, Derrière la porte de bois, Avec une passoire Se donnant de la joie".

DDS305 Céleste Albaret

Céleste Albaret par Jean Claude Fourneau (1957)

28 juin 2014

Orage de printemps (Fairywen)

 

Orage de printemps.

 

Un éclair blanc et violet zébra soudain le ciel tandis que le roulement du tonnerre faisait taire les chants des oiseaux. Une pluie drue commença à tomber, trempant les deux pique-niqueurs assis au bord du lac. Les deux chatons qui les accompagnaient, un noir et un blanc, poussèrent de concert un “miaou !” indigné et sautèrent dans le panier en osier, dont elle rabattit le couvercle pour les protéger, tandis qu’il saisissait vivement son blouson pour le lui poser sur la tête.

« Viens, cria-t-elle en se relevant, il y a un abri, là-bas ! »

Il attrapa le panier tandis qu’elle lui prenait la main et l’entraînait en courant vers ce qui se révéla être une grotte ouvrant sur le lac. Ils s’y engouffrèrent en riant et se laissèrent tomber sur le sol, haletants. Elle ouvrit le couvercle du panier, et les chatons pointèrent le bout de leur nez. Constatant qu’ils étaient à l’abri de la pluie, ils daignèrent sortir, s’installèrent sur le blouson qu’elle avait posé par terre, se roulèrent en boule et s’endormirent l’un contre l’autre.

« En voilà deux qui ne s’en font pas beaucoup ! rit-il en enlevant son tee-shirt trempé et en le tordant avant de le poser sur un rocher.

-Pourquoi s’en feraient-ils ? Ils sont à l’abri et en sécurité.

-Nous sommes près de Loch Ness ; qui sait si Nessie n’est pas friand de petits chats pour son déjeuner… ? »

A ces mots, le chaton noir ouvrit un œil pour lui jeter un regard peu amène avant de lui tourner le dos avec ostentation et de se rendormir, le nez dans les pattes.

« Regarde ça ! s’esclaffa-t-il, on dirait que ce petit démon m’a compris…

-C’est peut-être le cas…

-Mais ce n’est qu’un chat…

-Un chat qui est avec nous depuis des mois et qui n’a pas grandi. Ne me dis pas que tu ne l’as pas remarqué… »

Il ne répondit pas, se contentant de caresser d’une main affectueuse les deux petites boules de poils. Bien sûr qu’il l’avait remarqué, mais il avait tenté de se convaincre que c’est parce qu’il s’agissait d’une race de chats de petite taille, et qu’ils gardaient les yeux bleus parce que ça arrive. Pourtant depuis le jour où il avait franchi le seuil de la boutique de magie, il avait assisté à bon nombre de phénomènes étranges, auxquels il avait à chaque fois cherché une explication rationnelle qu’il s’était efforcé de croire.

Mais tout au fond de lui-même, il savait bien qu’il ne faisait que nier l’évidence…

« Ça m’est égal qu’ils ne grandissent pas, fit-il en continuant à les caresser, je les aime comme ça. Et si Nessie s’avise de vouloir les croquer, je lui ferai son affaire. »

Elle éclata de ce rire cristallin qu’il aimait tant et se dirigea vers l’entrée de la grotte avant de se tourner vers lui, les joues roses d’excitation et le regard brillant :

« Tu veux le voir ?

-Voir qui ?

-Nessie, voyons !

-Mais…

-Regarde… »

D’un geste gracieux, elle désigna le lac, et soudain il aperçut le dos rond et le long cou le plus célèbre du monde. Abasourdi, il se leva d’un bond et se précipita au bord de l’eau, insoucieux de la pluie qui continuait à tomber. Un long moment, il observa la fantastique apparition, puis lorsqu’elle disparut sous les eaux sombres du lac, revint dans la grotte à pas lents :

« Alors il existe vraiment… ?

-Qui, Nessie ? Bien sûr qu’il existe. Enfin, si une fée est là pour le faire exister…

-Une… fée ?

-Regarde… »

Elle bougea légèrement les doigts, et des filaments de lumière allèrent frapper les parois de la grotte, qui s’illuminèrent de mille couleurs chatoyantes. Un autre geste, et des étoiles scintillantes se mirent à briller sur le plafond de saphir, tandis qu’une douce chaleur les enveloppait et séchait leurs vêtements trempés.

« Tu vois, murmura-t-elle en souriant, j’ai vraiment un sortilège pour les habits mouillés… »

Il tressaillit lorsqu’elle s’approcha et posa les mains sur son torse nu :

« Et maintenant, tu crois à la magie… ? »

Il regarda autour de lui, dans l’abri de lumière qu’était devenue la modeste grotte au bord du lac, regarda les deux chatons assis sur son blouson et qui… oui, qui lui souriaient, puis la regarda, elle, vit les étoiles dans ses yeux violets, et lui sourit tendrement :

« Oui, oui, j’y crois, et je crois aussi que si tu le veux bien, j’aimerais beaucoup, beaucoup épouser une fée, si elle peut se contenter d’un simple mortel comme moi.

-Oh, mais tu es loin d’être un simple mortel, puisque je t’aime…

-Alors c’est oui ?

-C’est oui.

-Enfin ! miaulèrent deux petites voix, il était temps que tu t’aperçoives que la magie existe ! Tu as été drôlement dur à convaincre, tu sais !

-Ah parce qu’en plus vous parlez, tous les deux ?

-Nous sommes des chatons-fées…

-Des… Après tout, au point où j’en suis… 

-Il ne pleut plus ! On va jouer dehors ! »

Désarçonné par le changement de conversation, il les suivit du regard tandis qu’elle riait doucement :

« Ce sont aussi des chatons tout court…

-Qu’ils prennent leur temps, alors… »

Se retournant, il la prit dans ses bras et posa ses lèvres impatientes sur les siennes, chaudes et accueillantes. Ses mains fines se refermèrent sur son torse puissant tandis qu’il l’emprisonnait entre ses bras, bien décidé à ne jamais laisser s’envoler sa petite fée. Il eut le temps de penser que décidément, il adorait les orages, puis la passion l’emporta et il ne pensa plus qu’à la dévorer de ses baisers.

 

Lorsque les chatons revinrent, ils les trouvèrent endormis sur leurs vêtements, au milieu des lumières à présent tamisées de la grotte magique. D’un geste, ils tissèrent une chaude couverture de lune et d’étoiles pour les recouvrir et se blottirent entre eux en ronronnant, petites boules de tendresse au milieu d’un océan d’amour.

 

Où retrouver une année d'orage.

 

Défi 304 du samedi 21 juin 2014

 

21 juin 2014

Les jeux sont surfaits (par joye)

Defiant BingoDÉFIANT BINGO : Les règles du jeu

 I. La règle de base des jeux de Défiant Bingo

Le succès du Défiant Bingo s'explique sans doute du fait de règles relativement simples :  si vous recevez des commentaires - et vous recevrez des commentaires - le premier participant qui réussit à remplir sa grille des mots retrouvés dans les commentaires remporte la partie.

Lors des soirées, matinées ou bien des journées entières de Défiant Bingo, le "Défiant Bingo joueur" recevra au sort successivement (on espère, au moins) les commentaires, c'est au destinataire alors de les cocher sur son carton.

Dans le Défiant Bingo du samedi, on joue tous avec le même carton.

II. Les différents types de jeux

A. Le coverall (connue aux Zuesses comme « Blackout »  - ze « Oute de Black »)

Le coverall est la forme la plus rare du Défiant Bingo. Il vous faut simplement remplir l'ensemble de votre carton pour remporter la partie. Normalement, il faudrait un minimum de 25 réponses, mais puisque nous sommes en été, vous pourrez cocher le contenu de chaque grille qui figure dans au moins un commentaire de votre texte.

B. Défiant Bingo en fonction de modèles prédéfinis

Certaines parties de Défiant Bingo se jouent sur base de modèles prédéfinis par l'avance. Il peut s'agir par exemple d'une ligne ou colonne à remplir, d'un modèle en forme de  « X » (voire XXX si le contenu du texte est du genre à faire rougir). Le premier joueur qui remplit le modèle prédéfini à l'avance remporte la partie. Puisque nous sommes en été, et parce qu’il peut y avoir des joueurs fainéants, si vous arrivez à cocher au moins une grille (à part l’espace Walrus qui est gracieusement disponible à tout un chacun), il se peut que vous gagniez !  En fait, c’est quasi-sûr. Vous pouvez y parier votre grand-mère. C’est dire !

C. Jeux de Défiant Bingo à 75 ou 90 boules

Ce ne sera guère possible, vu le nombre minoritaire des Défiants masculins

3.  Divers

A.  Tout rouspéteur sera viré du jeu. Mauvais joueurs s’abstenir. Vous savez qui vous êtes.

B.  Voir A.

C.  Voir A et B.

21 juin 2014

Le jeu du Téou (Epamine)

 

jeu_de_paume_bd

Tout le monde connaît ce magnifique tableau de David mais tout le monde se trompe lamentablement sur le sujet représenté et ce, depuis des lustres (pour sûr, c'est encore une idée des Lumières !)

Et dire que tout est arrivé à cause d'un pauvre accent oublié sur une lettre ! Fâcheuse méprise aux conséquences douloureuses...

Le serment du jeu de paume... tu parles! On a fabulé, on a extrapolé, on a brodé la Grande Histoire sur une  banale histoire de jeu car ce que le talentueux peintre a représenté ici n'est rien d'autre que le jeu du Téou. Très en vogue sous l'Ancien Régime et surtout pratiqué durant la période révolutionnaire, ce jeu nécessitait un vaste espace. Aussi jouait-on souvent au Téou dans la salle du jeu de paume à Versailles d'où le nom dérivé de "jeu du paumé".

Voici les règles du jeu du Téou, qui se jouait toujours à huis clos :

  • Le meneur de jeu, appelé le bailli (ou Bailly) montait sur une table avec une liste à la main.
  • Sur cette liste, on avait écrit, au fur et à mesure de leur arrivée, le nom de tous les participants.
  • Un nom choisi au hasard avait été secrètement retiré de la liste avant le début de la partie.
  • Trois candidats, volontaires ou désignés, se plaçaient devant la table (ce sont les trois que l'on voit devant parmi lesquels A.B. Grégoire).
  • Le bailli énonçait, l'un après l'autre, tous les noms inscrits sur la liste en demandant à chaque fois: "T'es où ?"
  • Les participants levaient ou non la main lorsqu'ils entendaient un nom et ce, quelque soit le nom entendu, qu'il s'agisse ou non du leur.
  • Lorsque toute la liste était lue, ce qui prenait des heures, les trois candidats qui en général connaissaient tout le monde, devaient retouver le nom du paumé, le nom de celui qui n'avait pas été appelé et dont le nom avait été retiré de la liste.
  • Ils ne gagnaient rien s'ils retrouvaient le paumé mais ils avaient réussi à ne perdre ni la face, ni la tête. S'ils perdaient la tête et par là-même, la partie, ils devaient verser un louis symbolique.
  • Le paumé, s'il était reconnu, devait lui aussi laisser tomber la tête d'un Louis dans un petit panier.

Beaucoup de joueurs présents dans cette scène ont perdu la tête et en furent fort décapités !

 

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21 juin 2014

Des JEUX dites vous ! (KatyL)

Des JEUX dites vous !

Pour moi ce seront des jeux de MOTS

MOT tard mais aussi mot tôt pourquoi pas ?

Mais je ne m’en fait pas, car vous n’avez aucun MOT bile pour me  déclencher une crise de foie !

Car ce soir j’ai très peu mangé de mots, c’était la MOT dé RATION alors !! 

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Heureusement, car sinon je serais un gros MOT si j’avais joué la gourmande.

Il Faut dire que le jardinier  avait oublié son outil, ce fut MOT dé rato pour les légumes .

On ne peut plus se fier au petit personnel, car il n’est pas très MOT dit « fiable » !

Parfois il m’arrive de faire court lorsque je fais des jeux de mots, mais là non ! Car le MOT est long

Vous dites comme les Normands, oui & non, du coup  le MOT ni tort,  ni raison

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De toute façon je ne prends jamais de note, car le MOT no bloc !

Enfin un mot ça ne pèse pas lourd, car le MOT no gramme !

Et puis un mot ça n’a pas d’habitudes, car le MOT no manie

Parfois le mot fait la manche ! Il est MOT quête …. Et tout le monde le regarde de travers !

Ça l’agace beaucoup ! Du coup le MOT râle !

ka03

Il aime couper les cheveux en 4 c’est le MOT TIF  à discussions de MOTS !

Enfin il en a marre de jouer, il part c’est le MOT valise !

Ce sera le mot de la fin ! 

21 juin 2014

Participation de JAK

defi 303 jeux

 

 

           Chers Défiants,

D’entrée de jeu,  j’annonce que je ne jouerai pas double jeu, mais je  rentrerais dans le jeu sans pourtant me pendre à mon propre jeu.

Quel bonheur qui vient de mettre prescrit, offert par sam’défi,  un jeu d’enfant, pour encore   jouer avec les mots …  Mais  attention, je ne jouerais pas le grand jeu, ni ne risquerais pas de mettre ma réputation en jeu, car c’est par jeu que j’écris ce petit  babillage.

Et par un jeu d’écriture cursive je me fais un jeu d’essayer de  vous séduire encore un peu.

Mais surtout pas ne pensez pas que malgré mes ans je sois vieux jeu, n’essayez pas d’y voir clair et de lire dans mon jeu, car moi-même je n’y vois que du feu.

Et je profite de ce billet pour vous dire que je sens bien que mes articulations prennent du jeu, je me rends compte  que je n’ai plus de jeu, les dés  désirés des idées sont jetés, j ai de la difficulté à jouer avec les mots,  et avec les concepts, tous les samedis pour le défi.

J’ai bien peur que  les jeux soient faits !  et  que je doive m’en retourner dans la cour de l’enfance,  jouer à Jacadi,

Et à vous tous je dis merci,

Merci de ne pas m’avoir « jeutée » tout au long de cette aventure avec vous jouée depuis un an.

 Une jeune-ancêtre de presque 80ans. J@kfrancjeu  

Le jeu n’a d’autre sens que lui-même (R Gallois Les jeux et les hommes Galimard)

14 juin 2014

Rose bonbon (Sebarjo)

 

 

Rose_bonbon

 

Je baigne dans une mer d'un rose bonbon

Où les poissons sont verts aux yeux marrons

Et ont des nageoires jaune fluo

Nageant toujours entre deux eaux

 

Où les anémones sont des coquelicots

Qui s'ouvrent quand brillent la nuit

Les étoiles de mer en compagnie

Des poissons lunes alanguis

Moon fishes à l'anglaise

Tagada je reprends une fraise

 

Car je flotte sur une mer d'un rose bonbon

Où voguent de gigantesques papillons

Aux ailerons d'argent et de nylon

Où les goémons sont des lianes de réglisse

Et les salicornes des sucettes à l'anis

 

 Oui je vole sur la mer d'un rose bonbon

Où les requins ne sont que des bananes

Des roudoudou qui font des ronds

Aux fonds des eaux ultra planes

De mon monde rose bonbon

 

 Je nage dans une mer rose bonbon

Qui fond

Qui fond

Qui fond

...


Et vous pouvez entendre ci-dessous une version hallucinatoire de cette folie "pink sugar"... mais attention ce n'est qu'une esquisse...

alt : Noomiz

 

7 juin 2014

Orage d’été (Fairywen)

 

 

 

L’orage avait éclaté d’un coup, comme ça, sans prévenir, et en à peine quelques secondes, il avait été trempé de la tête aux pieds, irrémédiablement trempé, jusqu’au slip, comme il le constata avec un certain désespoir. La pluie redoublant, il se jeta dans la première boutique venue, refermant avec soulagement la porte sur les éléments déchaînés. Seulement alors il regarda autour de lui… et ferma les yeux d’accablement en constatant qu’il était entré dans une boutique de magie. Il ne manquait plus que ça… En plus de ce temps détestable, voilà qu’il se retrouvait dans une de ces boutiques pour cinglés tenues par d’autres cinglés qui croyaient aux vertus de plantes, de pierres, de potions magiques et dieu sait quoi encore ! Une douce odeur de miel et de lavande régnait dans le petit magasin amoureusement agencé, aux étagères bien rangées, sur lesquelles on pouvait voir des cristaux, des sachets de plantes, des bijoux, des bibelots… Complètement abattu, il hésitait entre se résigner à son sort ou retourner affronter la pluie, le vent et les éclairs lorsque brusquement il s’aperçut qu’une silhouette l’observait avec amusement de derrière le comptoir, la silhouette d’une jeune femme aux longs cheveux noirs et aux yeux violets, vêtue d’un jean délavé et d’un T-shirt rose pâle. Elle le regardait sans rien dire, mais un rire moqueur pétillait dans ses yeux, et sans savoir pourquoi, il se retint de lui lancer les réparties cinglantes qu’il réservait d’ordinaire aux irrationnels dans son genre.

« La pluie…, fit-il sans trop savoir quoi ajouter.

-Je vois ça. »

Elle détaillait ironiquement son jean trempé et son T-shirt qui ressemblait à une serpillère avant essorage et lui collait à la peau. Elle avait tout de suite compris que ce grand costaud n’aurait en temps ordinaire jamais franchi le seuil de sa boutique, et elle trouvait vraiment amusant de le voir s’égoutter pitoyablement devant elle. Provocante, elle reprit :

« J’ai un charme contre les cheveux mouillés. »

Elle le vit nettement se hérisser, préparer une riposte bien sentie… et ouvrir de grands yeux ronds lorsqu’elle lui tendit une serviette éponge.

« Euh…, merci, bafouilla-t-il en la prenant, gêné.

-J’ai aussi un sortilège pour sécher les vêtements trempés, et une potion magique pour réchauffer les personnes gelées. »

Tout en parlant, elle lui avait fait signe de le suivre dans l’arrière-boutique. Déstabilisé, il la suivit, et se retrouva bientôt assis dans un fauteuil, vêtu d’un vieux survêtement appartenant au frère de la jeune femme, une tasse de café brûlante à la main, tandis que ses vêtements tournaient dans le sèche-linge. Il la détailla plus attentivement tandis qu’elle se servait à son tour. Elle respirait la joie de vivre, souriait tout le temps, et visiblement, son look de voyou ne l’impressionnait pas le moins du monde.

« Tu y crois vraiment ? lança-t-il brusquement.

-A quoi ?

-A… tout ça. Ce que tu vends. La magie.

-Toi, tu n’y crois pas.

-Pas une seconde !

-C’est important ?

-Quoi ?

-Que j’y crois ou pas. »

Il ne sut quoi répondre. Le silence retomba entre eux. Elle ne s’occupait plus de lui, triant en chantonnant des cartons de fourniture. Lorsque ses habits furent secs et la pluie calmée, il partit sans un mot.

 

Mais le lendemain, il revint :

« Je ne t’ai pas remerciée, hier. 

-Je n’attendais pas de remerciements. Mais tu tombes bien; j’ai reçu des gros colis. Tu m’aides à les déplacer ? »

Il s’exécuta bien volontiers, et resta le temps d’un autre café, se disant que ce n’était qu’une façon de lui rendre la pareille, et qu’ensuite il oublierait toute cette histoire.

Mais le jour suivant le vit à nouveau dans la boutique, et le suivant aussi, et un beau jour, il n’en repartit plus. Il n’est toujours pas complètement convaincu que la magie existe vraiment, ce qui la fait rire, pourtant il a répondu “oui” à la question qu’elle lui a posée le jour où il lui a dit “je t’aime” :

« Tu ne crois pas que l’amour est la plus belle des magies… ? »

 

Défi 301 du samedi 31 mai 2014

14 juin 2014

Aberrations éthyliques (JAK)

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Les rituelles agapes de Noël, bien arrosées sont  terminées, les cadeaux inutiles  distribués  à renfort de remerciement hypocrites, il est maintenant seul, la maison redevenue enfin calme. Il a voulu sauver les apparences devant la famille, mais  aujourd’hui  qu’ils sont tous partis il se relâche.

Il  y a longtemps  qu’il n’est  plus tempéré, et son foie cirrhosé par l’alcool lui rend la monnaie de la pièce : tout se déglingue en lui,  ses pensées deviennent de plus en plus  diffuses, confuses. Inlassablement  il plonge dans des divagations hallucinatoires.

 

Les pieds sur le bureau, la cloppe sur  sa lèvre délavée enfumant  l’atmosphère, il biberonne, sans modération, un verre de Lagavulin 16 ans d’âge à la main.

Son esprit erre dans les volutes de la fumée, se chamboulant en  aberrantes chimères.

Puis il  fixe alors la fenêtre, et prend conscience  que la neige commence à tomber sérieusement.

Les flocons volètent en dessinant de curieux  signaux de détresse. Ces SOS l’entrainent alors dans une sarabande hallucinante de formes mystérieuses il ressent une montée adrénaline, aigüe et dévastatrice.

Soudain, par une lente lévitation il est téléporté dans l’au-delà, l’irrationnel,  son corps flotte léger et souple au dessus de son bureau, il se sent  bien. Une lumière flamboyante  l’interpelle, puis il s’engouffre  avidement dans une sorte de  tunnel vers un scintillement irrésistible,

Il plane au dessus de la vie, de sa vie,   vaporeux, libéré….

Puis il  chute… chute… chute…..

 

Il perçoit de  l’agitation autour de lui, le décor n’est plus le même,  tout est blanc comme la neige qui continue de tomber,  

 

 Une voix familière parvint à ses oreilles :

 

« Dépêchez vous… vite le défibrillateur, il nous fait un coma éthylique »

 

Une  violente secousse le fait réagir,

Il se met à hurler de façon démentielle,  incontrôlable, rien ne peut l’arrêter.

Il veut empêcher que l’on triture son corps.

Il essaie de  crier laissez- moi, mais rien ne sort de sa bouche

 Il est confus, hébété, vaseux à la limite de l’inconscience  mais une idée fixe fait surface : Cette fois ci, juré-promis, il va la commencer sa cure….

 

Si…. là-haut le dernier juge décide de le laisser sortir de ce labyrinthe.

 

 Mais tout compte fait,  après tout,  cette NDE n’est pas si désagréable !

14 juin 2014

Orage d’automne (Fairywen)

 

 

Orage d’automne.

 

Il y avait près d’une année à présent qu’il avait franchi le seuil de la boutique de magie pour n’en plus ressortir. Un an qu’il vivait aux côtés de la jolie jeune femme qui l’avait abrité ce jour d’orage. Il ne croyait toujours pas à la magie, si ce n’était à celle de l’amour, mais il l’acceptait telle qu’elle était, avec ses rires cristallins, sa joie de vivre, sa fantaisie et ses absences mystérieuses, tout comme elle l’acceptait tel qu’il était, lui le voyou de la nuit au passé sombre et tourmenté. Auprès d’elle, il avait trouvé l’apaisement. Auprès de lui, elle avait trouvé le frisson du danger.

Et en ce jour où la tempête menaçait, il s’inquiétait, car elle n’était toujours pas rentrée de l’une de ces promenades dans les bois auxquelles il n’avait jamais voulu l’accompagner, riant quand elle lui disait qu’elle allait voir les fées. N’y tenant plus, il saisit son blouson et sortit sous la pluie qui redoublait. En quelques mètres il fut trempé, mais il s’en moquait. Il n’y avait qu’elle qui comptait, elle pour qui son cœur se serrait d’inquiétude. Il emprunta un sentier au hasard et s’enfonça dans les bois. Du coin de l’œil, il crut voir une petite lueur dorée qui se déplaçait devant lui, une lueur qui sautait de feuille en feuille et d’où perlait un rire joyeux, mais il se persuada qu’il était victime d’une hallucination, que ce n’était sans doute qu’une illusion causée par la foudre et le tonnerre. Pourtant, inconsciemment, il suivit la petite boule de lumière, jusqu’à une trouée au milieu de la forêt.

Il s’immobilisa à la lisière des arbres, stupéfait. Elle était là, au milieu de la clairière épargnée par la tempête, comme si une bulle de calme avait éclos au milieu du chaos environnant. Debout au centre de la bulle, elle tournoyait sur elle-même, les bras écartés, créant des étoiles de lumière dans le sillage de ses doigts.

« Je rêve…, songea-t-il, oui, c’est ça, je rêve… Ou alors j’ai trop bu et j’hallucine… Oui, ça doit être ça, j’ai pris une cuite, je me suis écroulé dans une rue quelque part et j’hallucine sous l’orage… »

Et puis soudain, avertie par le lien qui les unissait, elle se tourna vers lui. L’amour brillait dans ses yeux violets tandis qu’elle lui souriait en s’immobilisant :

« Ne reste pas sous la pluie, viens. J’ai un charme pour sécher les cheveux mouillés et un sortilège pour les vêtements trempés. »

Décidant que puisqu’il hallucinait il ne risquait rien, il entra dans le cercle et alla à sa rencontre. Elle passa les bras autour de son cou et se hissa sur la pointe des pieds pour l’embrasser :

« Alors, tu y crois, maintenant ?

-A quoi ?

-A la magie.

-Je ne suis pas en train de rêver, là ? 

-Oublie la raison, écoute ton cœur. 

-Mon cœur me dit qu’il aime la plus jolie des fées. Mais il ne sait pas s’il est réveillé ou pas.

-Bien sûr que si, il le sait. C’est toi qui refuse d’entendre ce qu’il te dit, mais ça ne m’empêche pas de t’aimer. »

Elle l’embrassa à nouveau, et il s’abandonna à ses caresses. S’il ne s’aperçut pas que ses vêtements avaient miraculeusement séché, ce fut parce qu’il l’allongea sur les feuilles pour l’aimer et que dans ces cas-là, les vêtements n’ont que peu d’importance.

 

Lorsqu’il s’éveilla, bien des heures plus tard, il était seul dans la clairière. La tempête n’était plus qu’un lointain souvenir, ou plutôt, il ne savait plus exactement s’il y avait réellement eu une tempête, s’il était vraiment sorti sous la pluie chercher sa compagne, s’il l’avait vraiment vue créer des étoiles de ses doigts et s’il l’avait vraiment aimée dans une bulle de calme au milieu des éléments déchaînés, ou s’il avait tout simplement pris la cuite de sa vie et avait fini les dieux seuls savaient comment dans les bois.

Pensif, il retourna à pas lents à la boutique. Elle était là, derrière le comptoir, toujours souriante, ses grands yeux violets à l’éclat mystérieux illuminant son visage aux traits fins. Il voulut lui demander si tout cela avait été un rêve ou si elle savait vraiment fabriquer des étoiles, mais sa raison le retint, et il se contenta de la rejoindre pour poser un baiser sur ses lèvres, jetant au passage un regard peu amène à un client qui la regardait avec un peu trop d’insistance à son goût. Elle répondit à son étreinte avant d’aller encaisser le client soudain pressé de partir après avoir évalué le gabarit du nouveau venu. Ses cheveux volèrent sur ses épaules, et quelque chose en tomba en tourbillonnant. Il se pencha pour le ramasser et se figea subitement.

 

Dans sa main reposait une feuille de chêne dorée par l’automne, une feuille semblable à celles qui leur avaient servi de lit dans la forêt…

 

Où lire le début de l'histoire.

 

 

Défi 302 du samedi 7 juin 2014

 

 

 

 

7 juin 2014

La boutique de la magie par bongopinot

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Je me promène dans les rues encore endormies
La ville va bientôt s'éveiller s'animer
Je passe devant la boutique de la magie
Un homme est là devant la porte et me dit : " entrez, entrez "

La pluie arrive, soudaine, je rentre dans cet endroit sans me faire prier
Il est en tenue de magicien avec un chapeau pointu et une barbe blanche
Il me fait visiter ce lieu impressionnant de beauté
Je le suis dans son univers et je le sens je m'en approche

Je regarde à ma droite il y a de beaux chapeaux
Abracadabra il en sort des lapins des colombes
A ma gauche jeu de cartes, jeu de dés s'envolent par dessus le rideau
Et sur moi arrivent et me frôlent tourbillonnent et retombent.

 

Un guéridon entame un véritable ballet en lévitation
Un stylo passe au travers d'une serviette sans faire de trou
Un foulard tombe à mes pieds je me baisse et là une apparition
Elle est là devant moi elle est belle me sourit je reste à genou

En robe blanche elle ressemble à un ange c'est ma mère
Grande illusion, ce magicien réalise des merveilles
Et elle disparaît le foulard retombe, mon cœur s’accélère
Alors rêve ou réalité? Dans tous les cas il n'a pas son pareil,

Avec ses astuces, ses tours, et son art aux mille manières
Baguette à la main, la magie d'une rencontre, qui surgit d'ailleurs
C'est un Merlin qui nous fait croiser les personnes qui nous sont chers
Tous ceux qui nous manquent et qui dorment dans nos cœurs.

 

Si un jour vous passez devant cette boutique

Vous verrez il y règne une atmosphère apaisante

Et même si vous avez un esprit critique

Vous ne serez pas déçus par ces heures étourdissantes.

 

7 juin 2014

L'Enchanteur Malin (Epamine)

Devant le magasin, elle s'arrête une fois encore. Dans la vitrine, il y a des hauts chapeaux, des boîtes de magie, des foulards multicolores, des accessoires pour faire des tours spectaculaires... Donc, c'est sûr, elle trouvera ici ce qu'elle cherche!

Avec courage, la frêle fillette pousse des deux mains la lourde porte vitrée sur laquelle il y a des inscriptions qu'elle parvient à peine à lire. Elle est toute petite et ne sait pas encore grand chose des écrits des grands.

En entrant, elle fait tinter le carillon qui pend juste au-dessus de la porte. Il n'y a personne dans le magasin. Elle plonge sa menotte dans sa poche pour vérifier de nouveau que ses économies sont bien là. De tout coeur, elle espère qu'elle aura assez d'argent.

Quelques instants plus tard arrive... un magicien ! Enfin, le marchand, déguisé en enchanteur, avec toute la panoplie nécessaire pour se donner des airs de Gandalf, de Merlin et de Panoramix réunis...

Impressionnée par le personnage, la fillette réussit cependant à demander:

"Bonjour Monsieur le Magicien! Je voudrais une baguette de fée, s'il vous plaît!

- Bonjour Mademoiselle! Excellente idée ! Je vais vous montrer ce que j'ai en magasin."

Quelques minutes plus tard, l'Enchanteur revient avec tout un bouquet de jolies baguettes de fée, petites merveilles du "kitch style" : du rose, du bleu pâle, du mauve, des petits coeurs scintillants, des rubans, des perles, des paillettes, des papillons phosphorescents, des strass, de la poudre dorée ou argentée, des dentelles, du velours, du satin, des étoiles qui clignotent...

"Laquelle préfères-tu? demande Gandalf en présentant sa collection à la fillette, comme on présenterait des friandises.

- Aucune. Je ne vous ai pas demandé une fausse baguette pour les petites filles qui jouent à la fée. Moi, je veux une "vraie" baguette de fée.

- Aaaah! Une baguette magique, tu veux dire. Une "vraie" baguette magique! Je n'avais pas compris... Tu as raison, ce n'est pas du tout pareil... Ne bouge pas, je reviens!"

A son retour, il porte une haute pile de jolis coffrets de bois sculpté, de cuir repoussé, de papier gaufré ou embossé, de verre poli...

"Je pense que tu trouveras ce que tu veux là-dedans! Tu vas pouvoir choisir!"

Et sur le comptoir, avec des gestes lents, il ouvre tous les coffrets, dégage précieusement chaque baguette de son écrin de velours, de soie, d'indienne ou de satin et les dépose délicatement une à une, en travers, sur les bords des boîtes.

Au fil de l'inventaire, les yeux de la fillette se remplissent d'étoiles, de paillettes, de papillons, de poudre dorée et argentée... mais aucune de celles qu'elle voit ne lui convient vraiment. Elle est désenchantée, désespérée et désappointée car il ne reste plus qu'une seule boîte à ouvrir.

"Et celle-là? demande l'Enchanteur Malin en ouvrant le dernier coffret.675710 - Copie

Et la magie de la baguette opère alors...

En un instant, la fillette est conquise.

"Oui, Monsieur, c'est celle-là que je veux!

- Tu veux l'essayer?

- Oh! Non, pas du tout! Je ne suis pas une fée, moi! Elle est pour ma maîtresse. Elle nous a dit un jour qu'elle était une fée (je crois qu'elle s'appelle la Fée Esperluette!) et qu'on lui avait volé sa baguette. Alors comme cadeau de fin d'année, je vais lui offrir celle-ci... Elle coûte combien? J'espère que j'aurai assez de sous car elle est très belle et elle doit coûter cher!

- Les fées et les magiciens doivent payer leur baguette mais quand c'est pour en faire cadeau, elles sont gratuites. Je vais te faire un joli paquet."

Le fillette remercie poliment l'Enchanteur, prend délicatement le sachet dans lequel est enfermé le cadeau puis sort du magasin de magie toute impatiente d'être au dernier jour de classe pour offrir à sa fée préférée la plus belle des baguettes magiques.

esperluetteCliquez sur l'illustration et vous verrez l'artiste au travail...

Cette histoire est inspirée d'un fait réel: une de mes très anciennes petites élèves était persuadée que j'étais une fée. Une des plantes de la classe était quasi morte un soir. Le lendemain, elle était splendide: je l'avais juste arrosée mais j'ai eu la  malice de dire que j'étais une fée et que je parlais aux plantes pour les soigner. La petite en a été convaincue longtemps d'autant plus que quelques anecdotes propres au monde de l'école sont survenues et ont renforcé son idée ...  malgré mes démentis!

 

 

 

 

31 mai 2014

99 dragons : exercices de style. 27, Villanelle (Joe Krapov)

Galopez dans le ciel, blancs chevaux des cortèges !
Une rose a mis fin au règne de l’hiver,
Une rose a percé la pierre de la neige !

Nous voici libérés de l’affreux sacrilège,
Du monstre qui sema ici un bel enfer !
Galopez dans le ciel, blancs chevaux des cortèges !

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Répandez la nouvelle en délicieux arpèges !
Notre libérateur nous a sauvés hier :
Une rose a percé la pierre de la neige !

Il s’appelle Saint-Georges et son Dieu le protège.
Dans l’infâme dragon il a planté son fer.
Galopez dans le ciel, blancs chevaux des cortèges !

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Dîtes à l’étonné l’étrange sortilège :
Des entrailles glacées, de ce frigo ouvert,
Une rose a percé la pierre de la neige !

Clamez-le haut et fort, plus rien ne nous assiège !
Portez la foi nouvelle aux bornes d’Univers !
Galopez dans le ciel, blancs chevaux des cortèges !
Une rose a percé la pierre de la neige !

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N.B. Les trois photos qui illustrent cette villanelle
ont été prises à Barcelone en avril et mai 2014

31 mai 2014

La fleur jetée (KatyL)

La fleur jetée                                      ka01

Elle était hier encore une fleur en bouton,

Lorsqu’il souleva sa corolle en coton.

L’air était embaumé des effluves de roses,

Des âmes du jardin aux paupières mi-closes.

 

La tempête d’été balaya le parterre,

Pétales arrachés par un vent délétère,

A la terre fut jetée au milieu de l’allée,

Et l’hiver arriva en frimas et gelées.

 

Mais,

 

Une rose a percé la pierre de la neige,

Sa tête hors du sol a trouvé la lumière.

Une rose a percé la pierre de l’hiver,

A traversé le temps s’accrochant à la vie.

Galopez dans le ciel chevaux blancs des cortèges !

Une rose a percé la pierre dans la nuit.

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D’après LUC Bérimont………… et KatyL ………..mai 2014

 

24 mai 2014

Les lignes de la mains (JAK)

D’une main de maitre j’examine les lignes de ma main.

Ce que j’y vois n’a rien d’extraordinaire
C’est la vie dans tous ses émois, ses embarras, ses joies et ses douleurs,

Je n’ai pas envie de changer de mains, ni de faire des pieds et des mains pour être quelqu'un d'autre.
Je suis et resterais petite main, c’est bien là ma condition.

Qu’importe, il me suffit de garder les mains propres, le reste je m’en lave les mains.

de mon destin j'ai pris les clés en mains, Il m’a suffit de mettre la main à la pâte pour diriger ma vie et je compte bien encore en garder les cartes en mains.


Et si souvent mes mains sont froides, je garde toujours le cœur chaud.

Et pour moi -même avec des ongles noircis :)- les plus belles mains sont bien celles-ci

 

 289 les lignes de la main

 

Celles de la confiance

31 mai 2014

la force d’une rose (Fairywen)

 

 

La force d’une rose.

 

Ce récit est la conclusion de deux autres histoires, à lire ici et ici pour les curieux.

 

Le chat noir sauta dans les bras de la jeune fille et se lova contre elle. Là-bas, devant eux, la scène avait changé. Le ciel paisible s’était chargé de noirs et lourds nuages, des êtres de cauchemar avaient surgi du néant et attaquaient la troupe princière, qui reculait vers le château pour s’y enfermer. Les gouttes de sang qui tombaient de la gargouille de pierre étaient devenues filet, puis rigole, puis ruisseau, et tachaient de rouge l’herbe verte. Les assaillants étaient de plus en plus nombreux, leurs crocs acérés déchiraient les chairs, et malgré leur courage, le Prince et ses hommes reculaient, jusqu’à se retrouver acculés tout en haut de la tour, ferraillant désespérément, sachant leur dernière heure venue mais refusant de se rendre sans combattre.

 

La jeune fille serrait le chat contre elle, des larmes coulaient de ses yeux clairs, mais que pouvait-elle faire, seule contre ces êtres, elle qui venait d’un autre monde et qui ne savait rien de celui où elle avait atterri en suivant le chat dans cette étroite ruelle ?

Elle sursauta lorsque le chat sauta de ses bras et se dirigea nonchalamment vers la tour, insoucieux du combat qui y faisait rage, et qui n’épargnerait certainement pas un petit chat.

« Non ! s’écria la jeune fille en s’élançant derrière lui, toi au moins je peux te sauver ! »

Assis au pied de la tour, près d’un buisson de roses, le chat se léchait tranquillement une patte. La jeune fille s’agenouilla et tendit les bras vers lui, mais se faisant, elle se piqua le doigt au rosier, et son sang se mêla à celui qui cascadait toujours de la gargouille de pierre. Etrangement, les vers d’un poème appris longtemps auparavant lui revinrent en tête, et elle les récita à mi-voix :

“Une rose a percé la pierre de la neige

Une rose a percé la pierre de l’hiver

Galopez dans le ciel, chevaux blancs des cortèges

Une rose a percé le pierre de la neige”

Le chat s’étira d’un air satisfait et… sourit. Oui, il sourit, comme un chat sait sourire, et le rosier se mit à grandir, grandir, encerclant la tour, tandis que la neige se mettait à tomber, recouvrant le sang de son linceul immaculé.

 

Au sommet de la tour, les derniers défenseurs étaient tout prêts de succomber. Au premier rang des combats, le Prince défendait les siens, décidé à résister jusqu’à son dernier souffle. Il savait maintenant que son rêve lui avait montré sa fin, et qu’il tomberait comme les autres, sous les crocs et les griffes des monstres qui avaient un jour été des humains.

Mais soudain retentit un hurlement, et l’une des créatures bascula par-dessus les créneaux, puis une autre, et une autre encore, tandis que les branches du rosier les enserraient, enfonçant dans la fourrure rêche leurs épines acérées, entraînant les créatures dans les nuages de neige où ils disparaissaient à la vitesse d’un cheval au galop.

Peu à peu, le Prince et les derniers de ses hommes baissèrent leurs armes. Occupées à lutter contre leurs agresseurs végétaux, les créatures ne leur prêtaient plus attention, et bientôt, ils furent seuls au sommet de la tour, tandis qu’un grand silence suivait le fracas des combats. Son épée à la main, le Prince se pencha par-dessus les remparts.

Il ne vit rien, rien d’autre qu’une petite silhouette près d’un buisson de roses, une petite silhouette qui ramassait une silhouette plus petite encore pour la serrer sur son cœur. Rengainant son arme, il dévala quatre à quatre les escaliers glissant de sang alors que s’évanouissait la neige, emportant avec elle les derniers vestiges de l’horreur. Le Prince ne pensait déjà plus à eux. La jeune fille s’était relevée et ses yeux et son sourire avaient capturé son cœur.

« Tu nous as sauvés, murmura-t-il.

-Je n’ai fait que réciter un poème.

-Tu l’as fait avec ton âme, et tu as libéré la magie qui dormait dans ses pierres. D’où viens-tu ?

-D’un autre monde.

-Y repartiras-tu ? »

Elle plongea son regard dans le sien, et des étoiles se mirent à briller dans ses yeux :

« Souhaiterais-tu que je reste ?

-Plus que tout au monde. 

-Et lui ? fit-elle en désignant le chat.

-Il est le bienvenu.

-C’est lui qui m’a amenée ici.

-Alors il est doublement le bienvenu. »

Le Prince caressa doucement la joue de la jeune femme pour effacer les sillons laissés par les larmes et l’enveloppa du cocon protecteur de ses bras :

« Tu ne pleureras plus jamais, je te le promets, ma jolie princesse d’un autre monde… »

 

Défi 300 du samedi 24 mai 2014

24 mai 2014

Le cœur sur la main (Epamine)

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"Au fait! Je sais lire les lignes de la main... Tiens, donne-moi ta main, tu vas voir!... Wouaouh! Génial ton tatouage dans ta paume. C'est bizarre, je ne l'avais pas encore remarqué.

- Tu le vois?

- Evidemment! 

- Et celui-là? demande-t-il en lui tendant son autre paume.

- Magnifique, également! C'est Maori ?

- Aucune idée! Alors tu vois les dessins dans mes deux mains, vraiment ?

- Ben oui ! ...C'est vrai? Tu ne sais pas ce que tu t'es fait tatouer!

- Je n'ai rien fait tatouer...

- C'est donc toi qui dessines dans tes mains tous ces splendides tortillons, ces palmettes de cachemire, ces pointillés, ces courbes et ces arabesques? Au henné noir?

- Je ne dessine rien. Personne ne dessine rien. Pas plus au henné noir qu'à l'encre de Chine ou au feutre.

- Ben voyons! Tes paumes se remplissent toutes seules d'un fantastique méli-mélo de volutes, de spirales et de lignes et tu n'y es pour rien.

- Je sais, ça paraît bizarre mais c'est ça et je n'ai aucune explication. Et ce qui me bouleverse, c'est que tu les vois! Tu es la toute première à part moi à voir ces dessins.

- Tu te moques, là ?

- Non! "

Leurs regards se croisent et elle sait alors qu'il dit vrai. Simplement, elle demande:

"Tes parents?

 - Aucun souvenir! Disparus en mer au large de la Birmanie quand j'étais tout petit ! Mon grand-père s'est occupé de moi mais à sa mort, direction l'orphelinat.

- Ces dessins sont arrivés quand et comment ?

- C'est apparu à la mort de mon grand-père mais avant toi, personne ne m'en a jamais parlé car personne ne les a jamais vus!

- Tu as cherché à savoir ce que ça représente...

- Difficile, ça évolue en permanence!

- Quoi?  Les dessins changent tout le temps ?...

- Oui, rien ne disparaît jamais brusquement mais des lignes, des formes, des cercles, des vagues, des points apparaissent et ce qui existe déjà se tranforme, s'étend, s'allonge, rétrécit, se remplit, se vide...

- Ton grand-père avait des tatouages ?

- Un peu partout sur le corps, sur les épaules, sur les cuisses, sur le torse, dans le dos... Quand je lui en parlais, il disait systématiquement: "C'est ma vie et un jour, tu comprendras!"

Elle regarde de nouveau les deux larges paumes si joliment enluminées qu'elle tient dans ses deux petites mains, les observe avec attention et s'écrie: "Regarde, là! Dans ta main gauche!  Un joli petit coeur !"

Il regarde sa main puis lève les yeux vers elle et dit dans un large sourire:

"Ce matin, il n'y était pas! J'ai compris! C'est ma vie qui se dessine ici et ce petit coeur, c'est toi!"

 

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Dessin trouvé ici 

Histoire inspirée de ça

 

17 mai 2014

Ne me parlez pas de ce triangle, je suis immortel ! (Joe Krapov)

Tout doit disparaître aux Bermudes !

Chopin qui nous pondait nocturnes et préludes,
Don Quichotte et Sancho, leur dissimilitude,
Venise qui moisit dans sa décrépitude,
L’Olympia de Manet, océan de quiétude,
Et Claud’ François qui chante un peu comm’ d’habitude
D’étranges platitudes et va la trouver rude,
La not' bien ampoulée du vol en altitude :
En électricité ? Zéro ! Inaptitude !

Tout doit disparaître aux Bermudes !

De l’horloge parlante, havre d’exactitude
Aux marées d’équinoxe éprises d’amplitude,
Du fumeur opiomane enivré d’hébétude
Au voleur des cités émule de Latude,
De la néologiste en pleine bravitude
Jusqu’au coureur de fond pétri de solitude
Chacun doit le savoir : sous cette latitude
Rien ne subsiste et c’est la seule certitude :

Tout doit disparaître aux Bermudes !

Le procureur peut bien vanter sa rectitude,
L’avocat réclamer de la mansuétude,
L’accusé adopter la plus humble attitude,
Les jurés avouer leur grande incertitude :
Charlot Tanguy a-t-il occis Dame Gertrude ?
L’acquitté dira-t-il son peu de gratitude ?
Si le procès émeut un temps la multitude
On oubliera bientôt toutes ces turpitudes :

Tout doit disparaître aux Bermudes !

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Je puis envisager avec béatitude

D’ouvrir un parapluie en guise d’interlude
Et de lire, abrité, de savantes études
Sur la philosophie et ses vicissitudes ;
La mer viendra troubler ma douce plénitude.
Marée ou Tsunami, c’est avec promptitude
Qu’elle s’en vient noyer mon peu de certitudes
Sur la façon d’atteindre enfin la zénitude :

Tout doit disparaître aux Bermudes !

Nature, peu encline à la sollicitude,
Et la fuite des ans, dans leur similitude,
Nous condamnent toujours à cette servitude
Qu’il faut, du lendemain, avoir quelque inquiétude
Mais j’ai, pour le déni, une énorme aptitude
Et ne me résous pas à cette ingratitude.
Que tout doive périr en mer près des Bermudes
C’est inexactitude et pour moi, je l’élude

En n’allant pas traîner sous cette longitude.

Pour m’envoyer en l’air je me la joue très prude :

Je n’ prends jamais l’avion
Et bannis le triangle, amoureux ou bien non,
De ma conversation !

17 mai 2014

C.Q.F.D. (Epamine)

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Pfff! 

Coquecigrues et billevesées que ces récits sur les dangers de la triangularité bermudesque... -dienne?... -dane ?...  -deuse?...

Le Triangle des Bermudes, c'est juste trois points de grammaire, trois petites notions de vocabulaire, trois lignes de géographie et trois tracés de géométrie. Rien de plus! Ah, si! Un peu de musique!

Posons-nous d'abord trois questions de grammaire:

  1. QUOI ?  pour trouver le complément d'objet direct du verbe éviter
  2. ? pour trouver le complément circonstanciel de lieu du groupe verbal  avoir la trouille
  3. COMMENT ? pour trouver le complément circonstanciel de manière du verbe identifier

Et là, passons au vocabulaire.

Il faut éviter QUOI ?

Si on répond "Le triangle des Bermudes", c'est aussitôt panique à bord, angoisse, pipi culotte et mains qui bloblotent . Ne jamais évoquer la source du stress!

Le COD du verbe éviter peut être:

  1. "les crottes de chien"
  2. "les gens qui puent"
  3. "les heures de pointe".... Vous avez compris l'astuce?

Avoir la trouille OÙ ?

Si on répond "Le triangle des Bermudes", c'est aussitôt pâleur de la face, moiteur des mimines et sueurs froides. Ne jamais parler de ce qui hante!

Le CCL du groupe verbal avoir la trouille peut être:

  1. "dans l'ascenseur"
  2. "au milieu de la foule"
  3. "chez le dentiste"... Si ces phobies sont rédhibitoires pour votre interlocuteur, vous avez toujours la possibilité d'évoquer le Triangle des Bermudas... Il fait toujours sourire, celui-là!

Identifier COMMENT ?

Si on répond "en traçant un triangle", vlan! par association d'idées, les Bermudes arrivent à grands flots. Et on a, en prime, le carré de l'hypothénuse et ce bon vieux Pythagore avec ses tables et son théorème qui viennent plomber l'ambiance sans oublier le petit pi et la quadrature du cercle. Ne jamais parler de ce qui fâche.

Le CCM du verbe identifier peut être:

  1. " en dessinant des arcs-en ciel"
  2. " en faisant un joli cercle avec un compas"
  3. "en traçant les  30° et 40° parallèles de longitude nord

Après la grammaire, le vocabulaire et la géométrie, on peut nuancer le propos géographique en situant négligemment la zone susdite dans les Steppes de l'Asie Centrale (avec écoute musicale de l'oeuvre de Borodine: la musique adoucit les moeurs et celle-là endort!) ou au large de la Laponie (le pays du Père Noël fait toujours rêver!).

 

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Quod erat demonstrandum...

CQFD: si vous avez bien écouté en classe les leçons de géométrie, de géographie et de musique et si vous maîtrisez les COD, COI, COS, CCL, CCM et CCT, le Triangle des Bermudes, ce n'est pas plus effrayant que le bac à sable de la cour de récré et beaucoup moins angoissant à expliquer que le triangle de Sierpiński!

 

17 mai 2014

Le jeu. (Fairywen)

 

 

 

 

« Ca y est, tu as fini, on peut y aller ?

-Non, pas encore, je réfléchis…

-Oh, ce que tu m’énerves, à la fin… ! C’est à chaque fois pareil, tu mets des heures pour remplir cette fichue grille, et après, plus moyen de jouer parce qu’il n’y a plus rien sur le terrain !

-Et si tu la fermais, un peu, que je puisse me concentrer ? »

Silence boudeur, pendant lequel un petit bateau sortit joyeusement du triangle de jeu, suivi de près par un avion de ligne.

 

« Voilà, ça y est, je suis prêt ! Alors…

-Ah non ! Pour la peine, c’est moi qui commence !

-Bon, bon, si ça peut te faire plaisir…

-E3 F3.

-Deux coups dans l’eau.

-Tu es sûr ?

-Oui, j’en suis sûr ! Tu ne vas pas recommencer à discutailler chaque coup, quand même ? »

 

Le paquebot de croisière s’éloigna paisiblement du triangle de jeu pendant que ses passagers se dirigeaient vers les salles à manger en bavardant.

 

« Bon, à moi, cette fois… A4 B4.

-Touché…

-Ah ah ! Je rejoue… »

 

Les lumières de l’avion se mirent à clignoter tandis que le pilote et le co-pilote tentaient frénétiquement de trouver l’origine de la panne.

 

« Voyons, voyons… C4 !

-Coulé (ton renfrogné). »

 

La tour de contrôle n’y comprenait plus rien. L’instant d’avant, l’avion était sur leur écran radar. L’instant d’après, il n’y était plus. Qu’est-ce qui s’était encore passé dans ce fichu coin d’océan ?

 

« Le repas est prêt, les garçons ! Vous finirez votre partie plus tard.

-Ca tombe bien, je meurs de faim ! Tiens, je vais aller nous choisir un bon petit cru d’ambroisie pour l’accompagner. Et n’en profite pas pour changer la place des pions, toi !

-Comme si c’était mon habitude… Tu es vexant, Apollon !

-Mon cher Harès, je te connais comme si tu étais mon frère, et pour gagner une bataille, tu es prêt à tout.

-N’importe quoi !

-Artémis, tu ne veux pas le surveiller pendant que je vais à la cave ?

-Volontiers. Je n’oublie pas que tu as déplacé un chalutier exprès pour que je le rate, la dernière fois ! »

Le Dieu de la Guerre leva les yeux aux cieux de l’Olympe mais ne répondit pas. Ses frères et sœurs n’avaient pas tout à fait tort ; il lui arrivait de… disons… arranger la disposition des bateaux et avions traversant le Triangle des Bermudes pour gagner une bataille.

 

N’empêche, même en jouant selon les règles, il était bien drôle, ce jeu de bataille navale inventé par les humains…

 

Défi 298 du samedi 10 mai 2014

17 mai 2014

Tes oignons ! (par joye)

Samuel_L_Clemens_(Mark_Twain),_by_Frank_Millet,_1877Lors de son séjour aux Bermudes en 1877, Mark Twain s’extasia : «  L’oignon est la fierté des Bermudes. C’est son bijou. Un natif qui souhaite louer un défunt s’exclame ‘C’était un oignon !’ Celui qui envoie son fils à l’école le commande : ‘Sois un oignon !’ »

Aux Bermudes, on commença à cultiver l’oignon vers 1616. En 1847, ses voisins aux US importèrent pour la première fois ces oignons "doux et succulents".

Tout de suite, les oignons deviennent l’exportation la plus importante des Bermudes qui eut le sobriquet ‘Le Champ d’oignons’. Malheureusement, la Guerre de 14 et les tarifs imposés après la guerre ralentirent largement l’exportation, et, puisque on n'avait pas encore inventé les marques déposées, on commença à cultiver des oignons dits « bermudiens » au Texas. Le chemin de fer aida les Texans à exporter rapidement et massivement leur produit, et donc, les Bermudiens ne pouvaient plus les concurrencer. Pour ajouter l’insulte à l’injustice,  les Texans établirent une ville agricole et la baptisèrent ‘Bermuda, Texas’.

En dépit de tous leurs efforts, le tourisme - et non pas la couture du short à longueur bizarre comme on voudrait croire - dut remplacer l’oignon comme le pilier économique de l’archipel.

Toutefois, et jusqu’aujourd’hui, dans la langue des Bermudiens, le mot « oignon » reste une métaphore pour “perfection”, à comparer avec l’expression en langue française « aux petits oignons ».

Alors, toi qui voulais savoir ce qui se passa au triangle des Bermudes ?

Eh ben, tes oignons !

Bermuda onions

Source : "Rise and Fall of the Bermuda Onion", Bern News, 24 janvier 2012.

10 mai 2014

l’année d’une feuille (Fairywen)

 

Petit bourgeon au printemps

Caché sous les fleurs qui dansent dans le vent

Puis pousse d’un tendre vert

Qui sort timidement

De son berceau d’hiver

Et grandit fièrement

Pour nourrir l’arbre-mère.

 

Chaleur d’été,

Journées ensoleillées,

Jolie feuille épanouie

Qui protège les fruits

Du vent, de la pluie,

Et fait grandir l’arbre de vie.

 

Nuages gris,

Vent qui forcit,

Vert de la feuille qui pâlit,

Révélant le rouge et l’or,

L’orange qui ressort,

Et le brun qui tout unit.

Coup de vent,

Feuille qui descend,

Se pose sur la terre

Au pied de l’arbre-mère.

 

Neige en flocons

Recouvre la terre,

Linceul d’un blanc profond

Pour une petite feuille

A la vie éphémère

Une jolie petite feuille

Qui retourne à la terre.

 

Défi 297 du samedi 3 mai 2014

3 mai 2014

Mélomane sans les notes….. ♪♫ (JAK)

Mélomane sans les notes…..    ♪♫

 

Oh ! Jean Philippe Rameau j’aime lorsque tu  ‘claveçones’

Quand tu m’emmènes en cortège endiablé de chaconne

Je danse et rêve  dans ce moment, moi midinette

D’être  dans la robe de  Marie Antoinette

ja01

Mais cet instant nostalgique, avidement bu

S’anéantit aussitôt quand radio s’est tue.

 

Alors

Je songe un instant,  que si je t’avais connu,

Du haut de ton archet, avec dédain,  tu m’aurais mesurée,

Moi simple soubrette qui rinçait de l’orchestre le parquet

 

Mais foin de toute  morosité,  la chose en est certaine

Ta musique m’enchante et m’enlève, moi vaine linotte

Tant pis  que  je n’en puisse savoir lire les notes……♪♫

3 mai 2014

C'era una volta il West (Epamine)

1972.

Le beau moustachu barbu porte son pantalon pattes d'eph et ses mocassins à gros talons. La belle aux yeux verts a enfilé sa jolie petite robe courte et ses sandalettes à semelles épaisses et talons vertigineux.

Ce soir, tout beaux, ils vont au cinéma, tous les deux. Les filles sont grandettes et elles feront dînette - elles aiment bien ça les deux p'tiotes, quand les parents s'offrent une soirée: elles peuvent regarder la télé et le samedi, y'a Maritie et Gilbert Carpentier! Stromae n'est même pas né!

...

Comme si c'était hier, je revois mes parents le lendemain de cette sortie : ils étaient heureux!  Ce matin-là, dans leurs yeux, j'ai vu des étoiles de Noël, des paillettes d'anniversaire, des arcs-en-ciel de lumière et des perles de pluie sucrée... Et ce furent des Oh!, des Aaaah!, des notes sifflotées, des passages racontés, des émotions partagées...

Quelques jours plus tard, sur notre tourne-disque moderne (Si, si, il était moderne: il possédait la petite manette qui permettait de relever le bras sans risquer de rayer le disque!!!), tournait inlassablement cette musique qui donne le frisson (enfin, à moi, c'est ce qu'elle fait!) 

Soeurette et moi avons enregistré chacune des notes de cette mélodie (comme de tant d'autres, d'ailleurs!) car tous les moments passés en famille (à quatre, donc!) dans notre petit appartement, en voiture ou ailleurs, furent forcément vécus en musique. Nous avons grandi sous la baguette des plus grands et nous avons été bercées par les plus belles voix... En trente-trois ou en quarante-cinq tours, chefs d'orchestre et divas n'ont cessé de tourbillonner, de tournicoter et de sillonner dans le salon...

P1070657Mais nos hits du Top 50, c'est quand on lui demande, encore aujourd'hui, d'aller chercher son bel étui... Sans parler de liturgie, il y a comme un petit cérémonial dès qu'apparaît la jolie boîte. Il l'ouvre avec solennité, en sort le brillant Hohner 64 Chromonica "Professional" Wood Case qu'il réchauffe toujours du même geste caressant, l'enveloppe instantanément de ses deux mains expertes et commence à jouer...

 

Mon homme à l'harmonica, ce n'est pas Charles Bronson. Mon maestro à moi, c'est mon papa... Dans une prochaine vie, il le faut, mais dans très très longtemps j'espère, il deviendra le grand chef d'orchestre, le maestro qu'il a toujours voulu être...

 

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