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Le défi du samedi
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18 février 2012

Le clochard céleste (Joe Krapov)

- Vous invitez le nombre d'ami(e)s que vous voulez à passer un dimanche midi chez vous. (Attention : plus on est de fous, plus on rit et plus il faut mettre de riz pour accompagner la viande et les fruits de mer de votre paella).

Ils ont obligation d'amener avec eux tout leur stock de cartes routières, même périmées, même dépenaillées. Michelin, IGN ou autres, toutes les cartes sont acceptées sauf la carte bleue : les jeux d'argent sont interdits chez vous comme chez moi. (De toute façon, comme on nous envoie toujours nous faire voir chez les Grecs, chez nous c'est comme chez eux : du fric il n'y en a plus, les banques ont tout piqué).

Après le repas, suivi de café et peut-être pousse-café en option on pousse obligatoirement tous les meubles et on s'assied en rond par terre sur le tapis indien comme dans la chanson « Germaine » de Renaud. (C'est la seule que je connaisse par cœur avec "La chasse aux papillons" de Brassens. Cette considération n'a rien à voir avec le reste mais il faut que vous appreniez à rester zen).

DDS181 haïku jardin zen

Chacun aura marqué ses cartes de ses initiales ou d'un signe distinctif en vue de les récupérer à l'issue du jeu. Elles peuvent toujours servir, même si, comme sur la nôtre, le contournement de Mûr-de-Bretagne par la quatre voies n'y est toujours pas mentionné. (Le Conseil général des Côtes d'Armor semble plus rapide dans l'avancée de ses travaux que les upgraders de chez Michelin. En fait la raison principale de ce bug tient surtout au fait que notre carte de Bretagne date de 1984. Ce serait bien qu'on en rachète une plus récente mais au moins, nous on ne s'engueule pas en voiture comme Jean-Pierre Berthoise et son épouse).

DDS181 haïku vélo

Le jeu commence. Le donneur mélange les cartes, les donne à couper à son voisin de gauche. (Mais non, Roger, pas avec des ciseaux ! Il est con lui, eh !). Puis il en distribue 5 à chacun.

Une main innocente (Kevin ? Jennyfer ? Nicolas ? Jules ? Léonie ? Théo ? Léa ? Aïcha ? Mini-Poune ?), en tout cas quelqu'une qui ne prend pas part au jeu aura choisi auparavant dans le dictionnaire ou sur Wikipédia une des 36000 communes françaises qu'il ou elle suppose inconnue de tous. Le nom de cette minuscule cité est donné en pâture aux participants. Chacun déplie alors ses cartes et cherche à localiser Saint-Georges-de-Gréhaignes ou Condat-sur-Ganaveix sur le territoire français en regardant dans son jeu.

DDS 181 haïku lampadaire

Même si on le trouve assez vite énervant, c'est un jeu qui rend très zen. Il a au moins un avantage. Pendant que vous faites ça personne ne vous rebat les oreilles avec un omniprésident qui va entrer en omnicampagne pour omnipromettre d'omnirompre avec tout ce qu'il n'a pas omnifait pour faire omnipire encore. (Superbe et généreux ce jour, j'ajoute la version de droite de cette phrase pour celles et ceux qui envisagent de le soutenir : "Pendant que vous faites ça personne ne vous rebat les oreilles avec une envie d'être président et de mener campagne pour promettre de rompre avec tout ce qu'a fait notre civilisation supérieure alors qu'on sait très bien qu'ils ou elles n'ont aucune expérience en matière de népotisme, de bling-bling ou de talonnettes, ces malhonnêtes !).

DDS 181 haïku chapelle

- Et qu'est-ce que gagne celui qui triomphe de l'épreuve ?
- Le droit d'inviter à son tour les autres pour un repas chez lui et une autre séance de satori à Paris
- C'est le nom du jeu ?
- Maintenant oui, au départ c'était satori à Mimizan-plage parce que j'en ai eu l'idée en rêve en me réveillant à 6 heures du matin le mardi 14 février 2012. « Satori à Paris », c'est en référence au bouquin de Kérouac. Il y raconte la recherche de ses origines bretonnes. C'est rigolo, parce que vous, je vous ai trouvé « Sur la route » !
- Vous savez, je connais un autre jeu. Je suis le seul à y jouer et c'est aussi un jeu d'exploration de l'espace mais en vrai.
- Vous cherchez quoi, vous, monsieur Augustin ?
- Je cherche un ascenseur qui me ramènerait chez moi.
- Ca n'a pas l'air de vous stresser plus que ça.
- Non, je suis très zen. C'est une épreuve qu'on m'impose, mais j'ai tout mon temps. J'ai l'éternité devant moi.
- Faites-voir la carte que vous avez tirée
- Nord Pas-de-Calais.
- Vous savez, ça me revient à l'instant. Quelque part du côté de Saint-Omer, il y a un ascenseur à péniches. Ce doit être à Arques, si je me souviens bien, là où Yvette Horner possède un magasin de perles de cristal.
- Promis j'irai. Merci encore de votre hospitalité. Vous pouvez me passer un livre pour la nuit ?
- Le livre des haïkus, de Kerouac ?
- Ce sera parfait !

DDS181 haïku lune 2

 P.S. Ce dialogue est bien entendu extrait de "Dieu s'ennuie le dimanche...", roman inachevé autant qu'inachevable.

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11 février 2012

La fée (Célestine)


Le seul déguisement 
Que j'aimerais porter 
Qui m'aille comme un gant
C'est celui d'une fée


Une petite fée
Aux ailes transparentes
giffeeUne petite fée
Espiègle, évanescente


Effleurant chaque chose
De sa baguette d'or
De son  parfum de rose
Du Couchant à l'Aurore
Et de l'Aube au Couchant
Toujours en mouvement


Jetant sur la laideur
Un voile d' ineffable
Tirant sur le malheur
Un trait irrévocable


Le seul déguisement
Que je voudrais porter
Dans ce monde dément
C'est celui d'une fée
Pour inonder d'amour
Et vos nuits, et vos jours.

4 février 2012

This town is not big enough for both of us (Joe Krapov)

Ce Georges Pérec et ses émules, décidément, quels chieurs ce sont !

120129 121Celles et ceux d'entre vous qui me croient Breton se gourent lourdement, se mettent le doigt « in the eye until the knee » si je peux dire (M. Reverso et Mrs Joye me corrigeront si cette tournure est incorrecte). Je ne suis rien qu'un Ch'ti en exil chez les « Breizhou », un immigré presque intégré et je suis très heureux de me trouver ici où je vis et crèche depuis 1997.


Rennes ! Ses spécificités, ses délires, ses monuments, son côté « terriblement stérile » : « Rien n'y prend excepté le feu », dixit un supérieur de prêtres un poil ignifugé qui connut peut-être l'énorme incendie de 1720 et celui du toit surmonté d'emblèmes dorés sous lequel des gugusses en robe( et perruque ?) rendent un minimum de justice encore de nos jours.


120129 026Rennes ! Prenez pitié de moi ! On m'y torture en silence, on obtient de moi que je devienne une espèce de moine bénédictin rongé de chiffres, de listes et de procédures, on m'y trucide sous des tonnes de livres de comptes pour me fournir en retour, en un système de troc presque éternel, le peu de fric que j'utilise pour tortorer, nourrir mon épouse et quelquefois (souvent ? toujours ?) trépider du ciboulot. Oui, c'est ici que je vis et bosse et me meus tel un ongulé de première du désert.

 

Le bus n° 11 m'emmène, que l'on soit lundi, mercredi, jeudi, vendredi vers Cesson-Sévigné. Il tourne toutefois vers senestre et me dépose près du RU, entouré de jeunes gens peu réveillés qui s'en vont étudier toutes sortes de disciplines plus ou moins scientifiques.
 

120128 001Le week-end c'est une musique toute différente. Je me lève moins tôt, j'enfile mes godillots et je descends en ville humer les bonnes odeurs des commerces en extérieur des Lices, remplir de nourritures diverses une gibecière en osier puis je file en toute liberté zyeuter les merveilles et trésors qui m'entourent.

Rennes ! Que vous dire, sinon qu'une rivière coule en son milieu et qu'elle est bien plus jolie que le nom qu'elle porte. « Ouest-torchon » une institution du coin sise rue du pré-Botté pond moult lignes ces temps-ci sur ce sujet rigolo : on projette de doter d'un nom exotique les résidents de notre district : les Breizh-iliens !
 

120129 013Lorsque s'en vient le jour où le Seigneur se repose, je me promène souvent le long des péniches en file indienne qui semblent indiquer, telles les pierres du Petit Poucet sur le sentier du bois, le chemin du centre ville. Comment vous décrire mes coups de cœur, mes tours et détours, mes points de chute ? Que vous dire de cette ville que je chéris si fortement ?
 

111217 A 042Peste soit des Oulipiens, de leur liposuccion kilométrique et de leurs jeux cons-cons ! Mon lexique est restreint d'une voyelle rien moins qu'essentielle et c'est bien ennuyeux de devoir l'éviter ! Peut-être est-il plus simple d'énoncer poétiquement, en peu de sons, tout comme le font les poètes nippons, ces lieux qui me séduisent, ces coins de verdure qui me revigorent, ces étendues cernées de logis où l'on peut voir de jeunes mômes juchés sur des bêtes de bois, (cygne, lion, jument très Disney-Poppinsienne , bidet noir ou gris ou beige que, ni hic ni nunc ni oncques l'on n'entendit hennir ou gémir) ou bien grimpés sur des véhicules divers : gros truck rouge de pompier, zinc dénommé « Petit prince », etc ? (Goûtez-vous comme le périph' coupe le poil ici?)


Je commence donc cet énoncé de lieux "indicibles" de Rennes que l'on peut considérer, si on le désire, comme une suite de devinettes (très géocentrées, indeed forcément, beloved Joye !) :

 

DDS 179 Orphée


Orphée pétrifié :
Hermès enlève Eurydice
Et court vers l'Enfer
 


120129 092Déesse des nuits
Ton chemin cynégétique
Epuise tes chiens
 


DDS 179 Opéra


Un dieu et neuf muses
Se sont perchés sur le toit :
On joue « Othello »



DDS 179 place sainte-anneMère du Seigneur
Reine chérie des Bretons
Ce lieu t'est dédié


(On y vend de vieux bouquins,
Les mômes y tournent en rond)



120129 055


Les rues sont désertes
Doucement le soleil pointe
Le bout de son nez



DDS 179 parmiggiani

Tête découpée,
Victime d'un sculpteur fou
Rue de Coëtquen




120129 017Vénus dénudées,

Coloriées pour, nous dit-on,
Trouver nos voitures

(C'est nous supposer ivrognes :
On ne boit que du jus d'fruit !)


120129 104Volière importée
Edifice un peu chinois
Chez monsieur Bühler



DDS 179 kiosque


Ici, sous le kiosque,
Combien de temps, les scottishs ?
Le biniou s'en fout.


Ce Georges Pérec et ses émules, décidément, quels chieurs ce sont (Sévigné) !

P.S. Le titre de ce texte fait référence à celui d'une chanson des Sparks. (On se venge comme on peut des consignes tordues de son voisin du dessus !). 

4 février 2012

" 1 petite missive juste pour vous" (rsylvie)


Chere mum, cher popou.

ojourdui il fé gris, du coup on doit vous écrire un mot. Nous sommes bien ici. Den le dortoir des filles on est 18. Notre mono est gentille. C’est elle qu’est une des plus belles de toutes. On menge bien, mé c’est trop tot. Mé bon, insi on peut jouer plus longtemps ! Je me suis fé cinq copines. On s’est nommée « les bleuettes». Je trouve que c’est joli.

Hier le chef dit « on visite le coin ». C’est comme une grende ville, sofe qu’elle est plus petite. J’éme bocoup plus notre chez nous. Ici, c’est que des mésons collées, les unes toute les unes ensemble. Je crois que les enfents peuvent nullement courir otour de leur méson tent qu’elles se collent. En plus, elles sont tellement immenses qu’on ne voit plus le ciel. Moi je crois, que c’est ce qui fé que les gens qui vivent ici, ils sont tristes. Et puis, on doit toujours se promener, en réson des voitures qui viennent de rues qui t’entourent de tous les cotés, que t’es obligé de voir des 2 yeux en meme temps. Moi je suis drolement épuisée qu’en je reviens d’en ville.
Gé bien émé visiter le musée de l’océen. Surtout qu’on peut y voir des poissons gros comme des vrés ! Meme qu’une ré toute mince comme une feuille, qu’on peut toucher, elle voulez me fer des giligili sur le nez. Vrément je croyé que c’été mes dernières heures ! quelle frousse on s’est féte toutes les bleuettes.

Bon, je né plus où écrire sur cette feuille, je vous bise bien fort.

rsylvie Votre petite fille chérie

14 janvier 2012

Ce sera mieux hier (Joe Krapov)

1934 Il y a 77 ans et des poussières naissait Georges Moustaki, l’immortel auteur de "Dans mon Hamac", du "Temps de vivre" et de "La philosophie".

1950 Il y a 61 ans et des poussières naissait Martine Aubry, à qui nous devons la réduction du temps de travail hebdomadaire à trente-cinq heures. Cette disposition emmerde tellement les  « peine-à-jouir de la vie qui préfèrent se lever tôt et travailler plus pour gagner plus et avoir une Rolex à cinquante ans» que je ne sais pas si je ne vais pas, rien que pour ça,  voter pour elle aux prochaines élections présidentielles. Ah bon, elle n’est pas candidate ? Zut alors !

1880 Il y a 131 ans et des poussières, un dénommé Paul Lafargue, gendre de M. Karl Marx et voisin de palier de M. le fossoyeur Oukrev, faisait paraître un opuscule intitulé « Le droit à la paresse ». Très étonnamment, c’est-là depuis toujours mon livre de chevet.

1623 Il y a 388 ans et des poussières naissait Blaise Pascal qui, à la suite d’un pari stupide, proposa d’inventer la brouette et réussit effectivement à donner le jour à ce véhicule bien pensé. Comme quoi les Auvergnats, qu’ils soient un ou deux ou trois, ce n’est pas si mal que ça ! Mais nous qui écoutons Brassens plutôt que Michel Sardou, nous le savons depuis longtemps déjà (57 ans et des brouettes !).

637 Il y a 1374 ans et des poussières, le roi Dagobert mettait sa culotte à l’envers. A ce jour il reste le plus connu et le plus aimable de ceux qu’on appela les rois fainéants.

486 Il y a 1525 ans et des soupières, ça n’a rien à voir avec le reste, un type eut à se souvenir du vase de Soissons et de Francisque Quinze code Clo-Clovis.

- 30000 Il y a 32000 ans et des poussières, on ne va pas chipoter, un nommé Cro-Magnon faisait la sieste à l’ombre dans une grotte des Eyzies-de-Tayac-Sireuil, Dordogne, code postal 24620 et des poussières. C’est que, voyez-vous, on ne s’embêtait pas à l’âge de pierre : on taillait des silex, ça faisait de la poussière, on dessinait sur les murs des cavernes, ça faisait de la poussière, on faisait des courses au mammouth et le soir on se rassemblait pour écouter les dinosaures et secouer sa poussière. Mais vous, vous n’êtes jamais allés à un concert des Rolling Stones ?

On s’emmerdait encore moins un peu plus tard à l’âge de bronze : on coulait même des jours heureux, paraît-il.

Allez, assez glosé maintenant, musique, hombre !


 

110405_016

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7 janvier 2012

Voeu pieux (Joe Krapov)

- Ce qui serait bien, en 2012, ce serait que j’arrête d'éventiller mes mélampyres aux lophobranches du Défi du samedi. Je crains qu’à la longue je ne finisse par plamotter l’opoponax à tout le monde !

- C’est raté, t’as encore posté !

- Zut ! Je nettoyais ma cannetille et le coup est parti tout seul ! Tant pis, ce sera pour l’année prochaine !

DDS 175 111226 B 068

Bonne et slictueuse borogove 2012 quand même !

31 décembre 2011

Méditations de Peaux-Rouges (Joe Krapov)

DDS174_indiens_1- Hiawatha le petit Indien !

- Petit Caniche, l’ami de Chick Bill et des ineffables Dog Bull et Kid Ordinn de Tibet !

- Moins connus, L’Apache dans Teddy Ted de Lecureux et Forton et Loup Noir de Kline qui dessina auparavant « Davy Crockett contre les hommes-loutres ».

- Dans le Journal de Tintin il y avait Yakari de Derib et aussi la Tribu terrible mais j’ai oublié le nom de l’auteur. 

- Gordon Bess. Il y a aussi Géronimo. Pas l’opération, le chef.

- Aigle noir ? Cochise ? Sitting Bull ? Taureau assis ? Pocahontas ? Oum Pah Pah ?

- "Le dernier des Mohicans" de James Fenimore Cooper.

- C’est quand même relativement maigre à côté de cet héritage-là : Buffalo Bill, Billy the Kid, Wyatt Earp, Jessie James, le général Custer, Tom Mix, Hopalong Cassidy, Pecos Bill, Jerry Spring, le lieutenant Blueberry, les frères Dalton, Calamity Jane, Lucky Luke, Les Tuniques bleues et tous les personnages interprétés par John Wayne et Gary Cooper au cinéma.

- Que du beau monde ! Une belle bande de fripouilles, en fait ! On ne leur avait rien demandé à tous ces chercheurs d’aventure de la vieille Europe. C’était chez nous ici, on vivait tranquilles, de pêche et de chasse.

- C’est bien la preuve : celui qui gagne la guerre réécrit l’histoire à sa sauce. Il réinvente le récit, il le ressasse et le ressert  jusqu’à ce qu’on  en perde le sens.

- Il y a une théorie qui dit que l’homme rouge n’est pas assez entré dans l’histoire mais on a le droit de n’être pas Dakar avec cela.

- On s’en fichait, nous de l’histoire. On vivait des produits de la nature.

- Mais eux, chasse le naturel, il revient au mégalo ! Nous sommes des gens réservés et c’est dur désormais de sortir de notre réserve. Surtout depuis que Freud a décrété que le totem est à bout.

- Freud ? Cet homme-médecine-là n’a jamais réussi à faire tomber la pluie !

- Ou alors notre erreur c’est de n’avoir rien compris au show business. C’est ce que dit l’aphorisme de Zizi Jeanmaire : « La place des plumes n’est certainement pas sur la tête du chef indien. Imaginerait-on un président de la République ayant pour couvre-chef un suppositoire ?

- Dis donc…

- Oui ?

- Le type, là, près du banc. Regarde un peu ce qu’il fait !

DDS174_indiens_2

Le spectacle peut effectivement sembler déroutant. Profitant du fait qu’il n’y a personne dans ce jardin public, Augustin Dieu a posé sa cape, sa canne et son chapeau et il s’est allongé sur le sol de l’allée. Il a posé l’oreille contre le bitume et écouté toute la conversation des deux statues rouges. Cette évocation du paradis perdu et du choc des cultures l’a ému et laissé sans voix. Se voyant découvert, il s’est remis sur pied d’un bond et il lance aux deux emplumés :

- Ne vous inquiétez pas ! Maintenant que le billet vert ne vaut plus rien et que tout est fabriqué en Chine les visages pâles vont rire jaune ! Déjà  le Qatar a racheté le PSG et les œuvres complètes de Paul Féval : Lagardère, Cocardasse et Passepoil.  On peut rire comme des bossus, si on veut, et ça, ça n’a pas de prix !

Le peau-rouge et sa squaw ne mouftent pas. Dieu reprend :

- Dites-moi... Vous ne savez pas où je pourrais me procurer-brochurer un plan de Nancy. Je cherche l’entrée du MAP-monde.

- Fais cent mètre dans cette direction, Créateur, répond la femme. Tu y rencontreras Bison futé, notre cousin. C’est le seul d’entre nous qui a vraiment réussi.

- Il faut dire qu’il n’a pas son pareil, avec ses ruses de Sioux, pour sortir son monde du Fort-Apache des embouteillages. Mais je ne suis pas certain qu’il connaisse l’adresse exacte de Miss MAP.

- J’ai peut-être tort mais je ne suis pas désireux de rencontrer cette divinité. Je veux juste qu’elle me balade dans ses paysages. Il y en aura bien un dans le tas qui sera doté de… Vous savez ce que je cherche puisque vous lisez dans mes pensées.

- C’est drôle… Vous qui avez, comme nous, l’éternité devant vous, on vous sent impatient. Vous savez, ll y a un proverbe Cherokee qui dit : « Quand l’ascenseur est en dérangement, prends l’escalier ! »

- Ce qui signifie, en clair ?

- Si tu n’as pas trouvé le MAP-monde, reviens ici la semaine prochaine. Le paysage aura changé mais le banc sera toujours-là. Assieds-toi correctement pour écouter celles et ceux qui te parleront. Tu risqueras moins d’avoir des ennuis avec tous ceux qui ont une dent contre les prières de rue.

- Et avec les opposants à la Christianophobie.

- Pourquoi ? Qu’est-ce qu’elle a encore fait, Christiane ?

Laquelle ?


 DDS_174_christianophobie

17 décembre 2011

Cookies (Zigmund)

 

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  10. locataire habitant gite immonde quai Branly cherche petite chambrette à Pigalle.
  11. 2012 échangerais nain exité  (à talonnettes) contre nain porte quoi (blonde aryenne s'abstenir)

--

merci à

wikipedia

sabine60 centerblog


17 décembre 2011

Petites annonces pas postoliques mais presque (Joe Krapov)

A VENDRE :

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Contacter M. Aillagon, le château 78000 VERSAILLES
 

- Trône ayant trop fait la foire.
S’adresser à M. Silvio Bunga-Bunga  2, place de l’Eglise79100 SAINTE-VERGE
 

- Nain de jardin devenu germanophile au fil du temps.
Ecrire à Mme Blanche Neige chez sa maman au Cap Nègre 83980 LE LAVANDOU
 

- Pomme de douche historique subtilisée dans la suite 2806 de l’hôtel Sofitel à New-York.
Faire offre à M. Fantomas, sage thaïlandais, hôtel Sofitel de BANGKOK

 

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S’adresser à M. Deibler, 12 rue du Petit matin blême à 35150 CORPS NUDS ou téléphoner aux heures de bourreau au 06 99 99 99 99
 

- Lot exceptionnel d’objets destinés à lutter contre la bêtise proverbiale des proverbes. Se compose de :
1 emplâtre pour jambe de bois ;
2 boîtes d’épinards pour masque de fer ;
Trois pansements prophylactiques pour plaie d’argent ;
Un truc en plumes pour alléger les années de plomb ;
Une cruche incassable pour aller souvent à l’eau ;
Une bouée de sauvetage fluorescente et un manuel de natation pour chien accusé de la rage ;
En vente à la pharmacie Lopez place Edouard Condom, 02400 GLAND

- Meublez votre maison et votre conversation à bas prix grâce à notre catalogue de mobilier rare :
Porte ouverte déjà enfoncée ;
Fenêtre de tir pour fusée Ariane ;
Cheminée grande largeur pour que le père Noël dépose plus de cadeaux ;
Vaisselle incassable pour scènes de ménage de jeunes couples et couteaux de marque « Ravaillac » pour scènes de ménages de vieux couples. Ces couteaux sont fabriqués à Thiers où l’on se moque du tiers comme du quart du quart de Brie comme du brie de Meaux et même du bris dû aux mots ;
Pour les familles pauvres, la maison ajoute la table de multiplication des pains.
Notre magasin, « L’Arlequincaillerie », est situé 32, rue Félix Lévitan à 49150 BOUZILLE

 

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- Cause crise économique, céderais gratuitement à couple hétéro ou homosexuel en mal d’adoption sept charmants bambins dont un petit dernier très déluré.
Ecrire à M. et  Mme Poucet, 12 rue Marcellin Caillou 35250 SAINT-SULPICE-LA-FORET

 

ON RECHERCHE :

- Bandit manchot achèterait bras artificiel pour pouvoir à nouveau brandir deux pistolets et crier « Haut les mains ! ».
S’adresser à  Mme Martingale, caisse du Casino, 73 rue de la Roulette russe 51130 BERGERES-LES-VERTUS

 - On recherche, dans l’intérêt des familles : Ornicar ; La septième compagnie ; Suzan désespérément ; Le diamant vert ; Les pantoufles de Jean Constantin ; Les amants de Fréhel ; Les tuyaux et la grande échelle pour éteindre l’incendie à Rio ; Les années folles de l’ex fan des sixties
Ecrire à M. Guy Lecorne, 23 rue Montéton 47250 COCUMONT

 

VIDE GRENIER VIRTUEL : 

Logiciel servant à multiplier par 3 les triples A dégradés par des agence de notation de deuxième classe donc mal notées ;

Chéchia ayant appartenu au B de Tunis ;

Machine à transformer les C, utile aux rugbymen intimidés par l’AAK ;

D truqués ;

Poêle magique pour réussir l’omelette sans casser d’E ;

Pendule tournesolaire servant à localiser le point G de la Castafiore ;

Nécessaire de réparation des coups dans l’L ;

Boîte à bisous destinée à chantourner ceux qui sont visés par la Tyrolienne de la N ;

Coussin lâcheur de P ;

Canapé de marque Cossard permettant de ne pas se casser le Q ;

Bouteille d’oxygène Sanplaisir pour ne pas manquer d’R ;

Edition princeps du « Loup des steppes » d’Hermann SE ;

Pluie bretonne pour pourrir les T de ceux qui n’ont pas les moyens de se payer des séances d’UV ;

Méthode oulipienne pour écrire sans Z des lipogrammes en W ;

Logiciel de notation des films X consacrés à la copulation entre eux de celles et ceux qui vont se faire voir chez les chromosomes Y ;

Texte court de Joe Krapov permettant d’aggraver son K,  si c’est encore possible : « Ca, c’est fait ! ».

 DDS172 Brad Pitt

10 décembre 2011

Au hasard (Rose)

CSC_8454

Au hasard, je suis tombée sur cette photo. La voir me met du baume au coeur ! Je ne me trouve pas très jolie mais en soit est-ce que la vie est très jolie ?

 Sourire aux lèvres, yeux plissés, pommettes remontées. Cette photo si bien cachée dans son dossier caché pour ne pas trop que je me rappelle. Que je me rappelle tous ces bons moments. Bon moments qui ne sont pas les seules que j'ai connu! D'autres gens partagent ma vie, d'autres moments m'ont permis de plisser les yeux, remonter mes pommettes, montrer mes dents. Oui, tout a changé mais tout va tellement mieux ! Je commence à voir qu'il y a autre chose sur Terre que la nostalgie des moments perdus. Je commence à comprendre ce que c'est que de tourner la page, d'avancer en acceptant le passé. 

Me rappeler le passé et me lancer dans l'avenir voilà ce qu'elle me fait. Au hasard, je pense à cet été ensemble, ces fous rires. Au hasard, je me vois après cet été à rire, encore, avec mes amis.

Voilà je ne t'ai pas attendu pour rire et je n'ai pas arrété de rire après toi ! Que j'ai été stupide de croire cela avant aujourd'hui !

Voilà j'ai compris que je peux exister sans toi. J'ai compris que j'étais moi.

10 décembre 2011

La voix du ciel (Zigmund)

Après un long voyage en train, nous arrivons à Xi'An en Chine.

Il fait nuit, la gare est sinistre.

Comme  souvent,  les choses sont compliquées.

L'hôtel où nous a conduit le chauffeur de taxi n'est pas celui que nous avions réservé par téléphone,  il est sinistre et miteux.

Trois membres du groupe se dévouent pour aller voir à quoi ressemblent les chambres, les autres restent affalés épuisés sur les bagages. La description des chambres n'est pas encourageante.

Devons nous rester dormir dans ce bouge ? ou  repartir dans la nuit à la recherche d'un autre hôtel ?

Un groupe d'employés de l'hôtel, plus le chauffeur de taxi, suivent de près notre discussion, la discrêtion n'est pas une vertu chinoise, nous sommes l'attraction de la soirée...

Nous votons démocratiquement (mais à main levée) Rester ? partir ?

Mais nous sommes un nombre pair et le résultat est à 50/50...

Ne reste  plus que le pile ou face : c'est à notre interprète que revient l'honneur de lancer la pièce de monnaie.

(ici,  il y a surtout des billets et pour le pile ou face c'est  beaucoup moins facile !) 

Quand la pièce retombe, à nos 6 paires d'yeux, se joignent celles des curieux chinois.

Eux aussi sont intéressés au résultat (on reste !) et commentent le résultat en rigolant.

L'interprète traduit : chez eux pour pile ou face ils disent "écouter la voix qui vient du ciel"

Alors je demande : et comment ils font eux ?

Pareil répondent ils ...

(et finalement cet hôtel était plutôt sympa...)

Shanghai-mus-e-et-maquette--3-

 

Quinze ans plus tard,un autre voyage,  avec mon fils, nous faisons la queue pour visiter le musée de Shanghai.

Nous sommes deux "longs nez" (européens) accablés par la chaleur, noyés dans une foule de Chinois bruyants.

Un jeune Chinois engage la conversation avec nous dans un anglais convenable.

Il nous raconte qu'il vient de Wuhu, que la France est un pays "very romantic" et qu'il a une amie française qui s'apelle Elise.

Je sursaute...avant mon voyage j'ai échangé quelques mails avec une blogueuse nommée Élise qui vit et travaille à Wuhu.

Je lui avais promis d'essayer d'aller lui rendre visite mais devant la difficulté des voyages en train, j'avais renoncé.

A tout hasard je lui donne le nom de mon Élise...c'est bien  la même Élise !!!

Le garçon  lui a alors téléphoné , et j'ai pu parler à Elise qui était aussi soufflée que moi de cette rencontre étonnante !

J'avais rêvé ce voyage à Shanghai depuis dix ans  pour voir une éclipse solaire totale.

20090722-clipse--6-

Le jour J fut le seul jour gris et orageux que j'ai vu  en Chine, rendant mon éclipse invisible, et,  de plus, comme le célèbre Bund était en travaux , nous sommes les rares européens à avoir visté Shanghai sans voir le Bund...(comme si des chinois visitaient Paris sans voir les Champs Elysées).

Les voies du ciel son impénétrables...* 

*et les hasards dinent à l'huile

 

10 décembre 2011

Défi #172

A la suite du facétieux Pierre DAC

ce nouveau défi a pour thème "Les petites annonces"

(plutôt déjantées... bien sûr, mais aussi poétiques, littéraires ....)

un exemple signé Pierre DAC : "Armée du Salut recherche un individu louche pour servir la soupe populaire."

ou bien encore : "On demande des personnes sachant compter

 jusqu'à dix pour vérifier des doigts dans une fabrique de gants."

A vous de jouer ... avec moultes trouvailles  !

Nous accueillerons vos annonces à :

samedidefi@hotmail.fr

10 décembre 2011

Douze haïkus de dadais jamais n'aboliront le hasard (Joe Krapov)


123

MATHS… ERNELLES

1,2, 3… Le « Un »

Ravi d’être le premier

Appris par les mômes.

  

 

Caf__SlamSLAM AU CAFE DES CHAMPS LIBRES

Devant le micro

Balancer publiquement

Ses krapoveries

 


quenouille

FAUSSE NOTE

En filant la laine

Ecouter le troubadour

Qui part en quenouille

 

schroeder

REALISME DE SCHROEDER

Ce qui n’a pas lieu

Autrement qu’en un doux rêve :

Rencontrer Beethoven.


 

archimedeUN HOMME A PRINCIPES

L’idée de génie

Lui advint dans sa baignoire

Archimède alors !


 

pragueARRETE TON CHAR

68 à Prague :

Violation de domicile

Quelque peu abrupte


 

100110_002SANS PATCH NI AVERTISSEMENT SUR LE PAQUET

Cheminée d’usine

Très bien désintoxiquée

Ne fumera plus


 

090521_1031NURSERY RHYME ?

L’Eglise à Jersey

Est faite en pâte d’amande :

Sweet Lady Tartine ?


 

S_gol_neLE DESIR D’AVENIR DE SEGOLENE

Elue au perchoir

Tu verras la gauche à droite

Et la droite à gauche


 

Dom_JuanAUTRE FIN DE DOM JUAN

Frustration ultime :

Intouchables infirmières.

Hospitalisé !


 

philippulusLE FOU DE L’ETOILE MYSTERIEUSE

Cet obscurantiste

Vous n’êtes pas sans savoir

Qu’il faut l’ignorer

 

 

bruce_willisNECESSITE DU GRADE DANS LE FILM D’ACTION AMERICAIN

Pour sauver le monde

Il faut s’appeler au moins

« Chef de brousse Willis »

 

P.S. Voici quelle a été la règle d’écriture de cette semaine :

- Lancer une première fois trois dés et faire le total des points pour savoir le nombre de haïkus que l’on devra écrire. Ici, douze.

- Prendre le livre que vous lisez en ce moment : « A bout de course » de Richard Stark

- Relancer une fois les trois dés et faire le total des points : 7. Se rendre à la page 7 du livre et prendre un mot dans la première phrase. Ici : UN

- Relancer deux fois les trois dés et faire le total des points de ces deux lancers : Ici 9. Se rendre à la page 9 et prendre un mot dans la première phrase. Ici : micro

- Relancer trois fois, etc.

Ecrire douze haïkus dans lesquels les mots tirés apparaîtront. En l’occurrence ici : un – micro – partir – lieu – idée – violation – usine – Jersey – gauche – hospitalisé – ignorer – Willis


3 décembre 2011

Deux chansons de Neil Young traduites-trahies-adaptées (Joe Krapov)

DDS170 Love is a rose

 

L'AMOUR EST UNE ROSE 

1
L’amour est une rose. Attention si tu la cueilles :
Son doux parfum enivre et, cachée parmi ses feuilles,
Une poignée d’épines écorche tes doigts fragiles.
L’amour est un oiseau rebelle et volatile.

Allons, viens, nous allons rêver ensemble
De construire un âge d’or
Allons, viens, nous allons marcher ensemble
Et prendre le meilleur du temps

2
Emmène moi au bal, tournons cette vieille danse
Rends-moi léger jusqu’au bout de la nuit
Cueille, recueille moi acceptons cette évidence
Au matin bien souvent la rose s’épanouit

[Solo]

3

Love is a rose but you better not pick it
It only grows when it's on the vine.
A handful of thorns and you'll know you've missed it
You lose your love when you say the word "mine".

I wanna see what's never been seen,
I wanna live that age old dream.
Come on, girl, we can go together
Let's take the best right now,
Take the best right now.

 

 

DDS170_Heart_of_gold_copie


UN CŒUR EN OR

1

A vouloir vivre
Vouloir aimer
Je me suis fait mineur pour trouver un cœur d’or

 J’ai tant à dire,
A exprimer
Voilà pourquoi je cherche un cœur en or
Avant d’être vieux 

2
De Nantes à Marseille
Par monts et merveilles
J’ai sillonné les mers pour trouver un cœur d’or

Du fond de mon âme
Je cherche la femme
Qui pourra m’offrir un cœur en or
Mais je me fais vieux

3
I want to live,
I want to give
I've been a miner for a heart of gold.

It's these expressions I never give
That keep me searching for a heart of gold
And I'm getting old.

4
I've been to Hollywood
I've been to Redwood
I crossed the ocean for a heart of gold

I've been in my mind, it's such a fine line
That keeps me searching for a heart of gold
And I'm getting old.

 

3 décembre 2011

Une rose et puis voilà ... (MAP)

Doucement il a frappé

à la porte de ton coeur

Toute émue, tu as ouvert :

une rose te donna

Roseli, rosela

Rosissant tu l'acceptas

DSCF7080

De sa voix il te charma

si douce ... Tu l'embrassas

dans ses bras tu te lovas

Une rose et puis voilà

Roseli, rosela

Qui donc aurait cru cela !

DSCF7080

Maintenant sur les chemins

vous marchez main dans la main

admirant à chaque pas

la nature en ses éclats

Roseli, rosela

des lilas aux nymphéas

19 novembre 2011

Comment se centon après un naufrage ? (Joe Krapov)

Nous étions deux, nous étions trois, nous étions trois marins de Groix. Il y avait parmi nous John Kanak, ex-capitaine de Saint-Malo qui f’sait la pêche au cachalot. Il a trois filles qui font la peau, la première à Valparaiso, la deuxième à Rio d'Janeiro, la troisième à San Francisco. Le deuxième d’entre nous s'appelait Jean Quemeneur. C'était le fils d'une demi-sœur à la fameuse madame Lareur, la grande Hortense, celle qui tenait un caboulot "Aux gars d’ Dinard et Saint-Malo" en face la caserne du dépôt à Recouvrance. Et moi bien sûr qui ai été gabier sur « La Fringante » : je m’appelle Jean-François Denantes.

Etait-ce chez Ti Beudeff, était-ce ailleurs ? J’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien. Toujours est-il que c’est dans une taverne qu’on s’était fait enrôler par un bosco qui nous avait saoulés.

Quittant ses genêts et ses landes, quand le breton se fait marin pour aller aux pêches d'Islande, voici quel est le gai refrain que le pauvre gars fredonne tout bas : « Faut sept jours pour faire une semaine, les s’maines, les mois font les années et la vie est toujours la même, je deviens fou rien qu’d’y penser. »

Un jour le temps se fit très gros sur les flots de la mer d’Iroise. Le vent qui souffle de partout accorde son biniou. La mer a dû boire un coup d'trop, elle qui ne boit que de l'eau ! Elle saute à tort et à travers, la chemise à l'envers.

Pour l’occasion Long John Silver a pris le commandement des marins. Et vogue la galère ! Tiens bon, oh matelot ! Adieu la bamboche et les filles au sang chaud ! Le vieux qui nous mène à du vice plein la peau : il dresse les bordées à coup de barre de guindeaux sur la route de San-Francisco. Serre les voiles ! Tout le monde en haut ! Pique la baleine, joli baleinier !

Mesdames et messieurs, prenez vos mouchoirs, versez quelques larmes. C'est une triste histoire, le mariage secret  de la mer et du vent ! Et le navire roule et tangue,  et se jette sur les brisants de l'île d'Ouessant. Ah ! Matelots, sur le voilier, voilà le moment de prier car on entend les mâts qui craquent sous les lames qui nous attaquent.

Or ça ! C’était pourtant un fameux trois mâts, fin comme un oiseau hissé haut que la « Marie-Joseph » ! La grand-vergue est en ivoire, les poulies en diamant, la grand-voile est en dentelle,
le mât d’origamisaine en satin blanc. Les cordages du navire sont de fils d'or et d'argent et la coque est en bois rouge, travaillée fort proprement. Amis il faut rendre hommage aux voiliers, aux charpentiers qui ont fait d’la belle ouvrage ! Buvons la tasse à leur santé !

Car voilà que maintenant y’a cinq marins sur la mer loin de leurs amitiés ! Quand y r’viendront à terre, Jef, nous les ferons danser. Mais pour l’instant, brassons bien partout carré ! Tout au fond de la mer les poissons sont assis et le bébé requin a très bon appétit ! Et vire, et vire donc façon Laure Manaudou mon gars sinon t’auras pas d’vin dans ta gamelle. Et vire, et vire donc façon Alain Bernard mon gars sinon t’auras pas d’vin dans ton bidon.

J’ai quand même eu la force, avant de sombrer, de brailler :

Du rhum, des femmes et d'la bière nom de dieu ! Un accordéon pour valser tant qu'on veut ! Du rhum, des femmes c'est ça qui rend heureux ! Que l'diable nous emporte on n'a pas trouvé mieux !

Adieu chers camarades, adieu, faut se quitter. L’tonnerre de Brest est tombé, pas du bon côté.
Tout s'est écroulé ! Dans c'qui reste de Recouvrance n'logerait pas un Sarko ! Et Fanny ma connaissance est morte dans son bistrot

***

A c't'heure je suis retraité, maître timonier, aux Ponts et Chaussées. J' n' ai plus rien en survivance sinon que dans mon sac de matelot j’ai mis tout c’que j’avais de plus beau. J’y ai mis l’harmonica qu’j’avais acheté à Malaga. Quand je vais faire flotter mes bateaux de papier, que je souffle dans mon « ruine-babines » mes chansons d’autrefois en suivant le ruisseau, sa musique me rend philosophe et je me dis en repensant à ce naufrage d’autrefois : « Encore heureux qu'il ait fait beau et qu'la Marie Joseph soit un beau bateau ! ».


 

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19 novembre 2011

Y'avait ... (MAP)

Y’avait un bateau bleu

tout petit, tout léger

en papier plié

qui aimait  s’arrimer

près de la  cheminée

sur mon toit haut perché !

 Bateau 2

Tout joli, tout fragile

il n’osait se lancer

dans la vie maritime

Allait-il y sombrer ?

Pourrait-il y voguer ?

La vie c’est pas facile !

 Bateau 2

Un oiseau de passage

hirondelle d’été

lui tint un beau langage

lui décrivant la mer

ses vagues, ses marées

aux reflets irisés.

 Bateau 2

Et la pluie s’en mêla

lui parla des sirènes

des trésors engloutis

des galets si polis

qui roulent sur les plages !!!

Le voilà qui tangua !

 Bateau 2

On n’y voyait plus goutte

il se laissa glisser

sur le rideau de pluie

qui l’entraîna tout près

de la pente-cascade

qu’il dévala sans cri !

 Bateau 2

Y’avait un bateau bleu

tout léger, tout fragile

-adieu mon tout joli-

qui acceptait enfin

-son ancre étant levée-

de vivre en liberté !

Bateau 2


19 novembre 2011

Le bateau de papier (Venise)

Je n’ai encore rien vu du monde.

Tu comprends mon vieux !!

Venise168

Je vais au-devant des parfums.

Excuse –moi, mais déjà je ne t’écoute plus.

Je ne parviens pas à m’intéresser à tes bruits de gouttières

N’essaye pas d’entraver ma route.

Cette fois-ci je déploie mes voiles je pars.

Je ne me vois pas vivre dans un monde qui me réduirait à une malheureuse feuille de papier

Sur un bureau bien rangé.

Depuis dans ma tête ont surgi des images de bonheurs, de paix intense, ces jours où j’arriverai devant le grand océan 

La force de ce rêve me propulse sur le grand canal

Cette frénésie infatigable, cette joie de vivre et de bouger si soudaine qui me va si bien.

Ne t’inquiète pas c’est un jeu d’enfant pour moi.

             Je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose me dit tout à coup en prenant le large

Que je vais être heureux, que la vie m’a à la bonne.

Que je vais glisser sur les épaules du vent comme on glisse sur une mer d’huile.

Il n’y a pas de doute, c’est le vrai départ.

Tu recevras bientôt une carte postale de mes escales.

Souhaite-moi bonne chance.

               

 

2 avril 2011

La pêche (Berthoise)

Spécial Test: c'est quoi ton ontologie?

Carpe

Nature morte à la carpe, Abraham Van Beyeren, XVIIe siècle  

 

Je ne veux pas aller à la pêche. Ni à la pêche à la baleine, ni à la pêche aux moules et encore moins à la pêche au coup. Qu'est-ce qu'on s'emmerde à la pêche au coup. On doit rester sans bouger, sans parler. Je ne veux pas y aller. Tu auras beau dire que la panoplie me va comme un gant. Je transpire dans les bottes en caoutchouc et après j'ai les pieds qui puent. En plus, tu veux qu'on se lève tôt, et on va encore se cailler les miches dès potron-minet. Alors, il faut que tu te le mettes dans la caboche une bonne fois pour toutes, je n'irai pas me geler les arpions au bord de la rivière à pas d'heure. Je n'irai pas m'esquinter les quinquets à lorgner sur un bouchon pour attraper un malheureux poiscaille imbouffable, plein d'arêtes et qui en plus ne m'a rien fait. Vas'y, toi, à la pêche. Moi, j'ai mieux à faire. Faire la grasse matinée, pour une fois, ça devrait me plaire. Avoir le grand lit rien que pour moi et bouger les jambes autant que je veux sans te déranger. Vas'y toi, à la pêche puisque ça te plaît. Je te promets qu'à ton retour, j'extasierai sur ta bourriche. Je te jure que si tu es bredouille, je ne me moquerai pas. Je ne veux pas aller à la pêche, vas'y sans moi.

 

 

 

Un grand merci à Jacques Prévert, Boby Lapointe , Georges Brassens et bien sûr Abraham Van Beyeren du 17ème siècle.









17 septembre 2011

Le sens de l’orientation (Adrienne)

Ilias a le sens de l’orientation.

Après deux années dans le général, il est allé suivre une formation sportive. Maintenant il a décidé de venir en professionnelle. Electricité.
- Pourquoi l’électricité ? je lui demande.
Il hausse les épaules. Faut bien faire quelque chose, en attendant d’avoir dix-huit ans et le droit d’être vautré dans un fauteuil toute la journée, comme son frère.

Marie a le sens de l’orientation.

Elle a fait deux ans de technique puis une formation de mode. Aujourd’hui elle s’est inscrite en informatique. Mais elle n’aime pas travailler à l’ordinateur.
- Tu es tout de même un peu motivée ? je lui demande.
Elle prend son air le plus bougon et dit avec hargne en regardant sa mère :
- Je veux faire de la photographie mais il paraît que ça coûte trop cher.

Driss a le sens de l’orientation.

Il a fait du latin. Des maths. Des sciences. Il est revenu au latin. Il est revenu aux maths. 
- Tu es satisfait de ton parcours ?  je lui demande.
Alors il se lance dans des explications très compliquées d’où il ressort que la seule chose qui l’intéresse, c’est la philosophie.
Mais il n’a toujours pas de cours de philosophie.

Voilà ce que c’est que de voyager sans boussole sur la mer immense du savoir !

                                                                        Hi,hi,hi !

Vagues

17 septembre 2011

Histoire vraie (MAP)

 

Une fois passé le moulin, le sentier montait assez rapidement à travers la forêt, nous décidâmes de nous y engager pour découvrir cette nouvelle promenade ! Il était 11H du matin. Dans la voiture, garée au bord de la petite rivière, nous avions laissé notre casse-croûte, pour ne pas nous encombrer, en pensant revenir vers 13H …

…………………………………………………………………………………

Le sentier nous menait,  nous emmenait … A chaque tournant nous avions le désir de pousser plus loin, plus haut … tout à la joie des découvertes  que la nature nous offrait !

C’est ainsi que nous débouchâmes dans un grand pré inondé de soleil !

Ce fut un instant merveilleux, ce bain de lumière dans ce paisible endroit après avoir quitté les frais ombrages de la forêt !

Le sentier, en herbe maintenant, continuait, nous invitant à le suivre …

L’heure passait mais nous n’écoutions que notre curiosité !

Une ferme s’annonçait, puis une autre … nous étions arrivés dans un charmant petit village, certes assez désert,  mais c’est ainsi que nous nous rendîmes compte qu’il était presque 13H et que les habitants devaient encore être à table !

La faim commençait à se faire sentir mais nous avions envie de faire le tour du village, maintenant qu’on était là !

Après un petit moment nous rencontrâmes un villageois à qui nous demandâmes s’il y avait un autre chemin que celui que nous avions emprunté, pour redescendre vers le Moulin.

« Mais oui ! » répondit ce dernier « Prenez par la droite jusqu'au  Cimetière, le chemin commence à la Croixdu Tilleul, il vous mènera droit au Moulin  et c’est encore plus court  que par là d’où vous venez ! » 

Tout contents à la fois de découvrir un nouvel itinéraire mais aussi de pouvoir  bien vite nous restaurer, c’est avec un regain d’entrain que nous commençâmes la descente ! 

Bien vite nous nous aperçûmes que le dit chemin était moins praticable que le précédent  et à un certain moment il y eut deux voies possibles sans aucune indication !!! Laquelle choisir !!! Nous étions pour l’heure plus que fatigués et nos estomacs réclamaient fortement pitance … Il me restait en poche un morceau de sucre que nous nous partageâmes, l’idée ne fut pas très bonne car après cela la soif nous assaillit, sans aucun remède possible !!!

Le truc de la mousse sur le tronc des arbres pour s'orienter nous revint en mémoire mais les arbres les plus proches  étaient complètement gainés de vert ....

Nous nous assîmes sur  des bûches toute vermoulues ! Le silence devint pesant ! C’est à ce moment

qu’ ELLES firent leur apparition !

 Deux biches, fines et gracieuses ! Elles s’arrêtèrent en nous voyant ! Ce fut un instant magique !!! Une rencontre presque irréelle ! Tout à coup elles reprirent leur course en se dirigeant vers le sentier de gauche ! Cela nous décida à emprunter nous-mêmes ce chemin, comme si  tout naturellement ces beaux animaux devenaient nos guides !

Deux biches

C’est ainsi que nous rejoignîmes facilement notre voiture et qu’enfin nous pûmes prendre un repas

tardif (vers 16 H ) et bien mérité ! Et il fut apprécié, croyez-le bien !!!

 

   

15 octobre 2011

P comme proverbe (Adrienne)

 

 « L’ennui naquit un jour de l’uniformité », se dit Léo, instituteur à la retraite.

Alors il sortit ses couleurs et ses pinceaux, sa scie sauteuse et deux ou trois vestiges de jouets, puis passa un bel après-midi d’automne à faire de cette vilaine boite grisâtre imposée par la Poste un tabernacle digne de recevoir son courrier.

 Stagecoach

Le soir, satisfait de l’œuvre accomplie, il se repassa une vieille cassette avec John Wayne …

 

http://www.youtube.com/watch?v=MskUuuxncAo

 

8 octobre 2011

Défi 162 (Mamido)

Mamido162

Transmission de pensée ? Intuition ? Préscience ?...

 

  • Quand les pensées de ma fille ont cheminé avec les miennes et qu’on prononce ensemble les mêmes mots, au même moment ?
  • Quand je me dis qu’il y a longtemps que je ne n’ai pas appelé ma mère et qu’à ce moment-là, le téléphone sonne dans mes mains et c’est elle, au bout du fil ?
  • Quand je pense toute la journée à une amie, que je n’ai pas vu depuis longtemps et que je la rencontre, au coin de la rue ?
  • Quand je vais ouvrir la porte d’entrée sans raison particulière et qu’il y a derrière quelqu’un qui s’apprête à sonner ?
  • Quand, dans ma vie d’avant où j’étais instit’, je me disais tout d’un coup : « Tiens, il y a longtemps que tu n’as pas été inspectée ! » et que soudain, l’inspecteur se matérialisait à la porte de ma classe ?


J’ai dit ma fille, ma mère, une amie mais ça peut être aussi mon fils, mon mari, mon frère, ma belle-sœur, des amis ou relations… les situations sont elles-mêmes interchangeables : ma fille au téléphone, ma mère derrière la porte, des propos identiques prononcés avec mon mari…


12 novembre 2011

Participation de Trainmusical

La gare c’est ma vie. (trainmusical)

 

Ce n’est pas la gare de Lyon à Paris, ni celle de Bruxelles-Midi oula Hauptbahnofà Zurich ; c’est une petite gare sur une ligne secondaire. Cependant il y a régulièrement du mouvement avec les marchandises et les passagers, parfois avec pleins de bagages.

 

Bureau du chef de gare 

 

Mon travail est varié. Je vends les billets et abonnements. J’organise le chargement des wagons. Je dirige les manœuvres, je change les aiguillages de directions, je détèle ou accroche les wagons. Quand tout est prêt, je donne le départ du train, une fois que je me suis assuré que la voie est libre jusqu’à la prochaine gare. Ben oui, sinon ça peut faire BOUUM!

 

En semaine, je rencontre les travailleurs qui vont à leur travail, des collégiens, apprentis ou étudiants se rendant vers leur école spécifique. Souvent les mêmes visages, les mêmes groupes se racontant leur soirée ou weekend précédent. Dans la journée, d’autres voyageurs, les retraités, des mamans avec leurs enfants partant se promener ou en visite. Qu’il est sympathique de constater le sourire des enfants, les clients de demain, quand le train entre en gare. Le mercredi et le samedi, jour de marché, grande ambiance, surtout le matin. Le dimanche, c’est plus calme, cependant des habitants du bourg qui partent pour des randonnées dominicales, ou bien je reçois les visiteurs d'autres lieux. J'aime les renseigner à leur descente de voiture pour les aider à trouver leur chemin dans la localité ou leur faire découvrir la beauté des alentours.

 

Les trains de marchandises, c’est surtout les jours ouvrables: réception de matières manufacturées d’ailleurs, recueillies par des habitants ou envoi de produits agricoles locaux apportés par les gens de la terre.

 

Que ce soit avec moi ou avec mes prédécesseurs, que d’animations depuis cent ans, que de monde ont déjà foulé cet endroit ferroviaire. Le plaisir de sortir de mon bureau pour saluer les voyageurs et les collègues cheminots des convois passant. Oui, avec mes deux collaborateurs, la gare c’est ma vie.

 

Seulement voilà, je suis triste car cette gare n’est plus desservie, l’administration ayant subitement décidé de supprimer la ligne et de le remplacer par un service d’autocars et de camions. Malgré l’opposition des habitants de la vallée, les autorités politiques ne lèvent même pas le petit doigt pour sauver ce chemin de fer si pittoresque, si utile. Aujourd’hui c’est mort et moi je travaille pour la fin de mes jours dans un bureau au centre d’une ville à quelques dizaines de kilomètres de ma commune.

 

Comble de l’histoire pour un ancien chef de gare, je me déplace avec ma voiture privée, car les horaires des autocars ne sont même pas adaptés à mes besoins.

 

Pourtant, la gare restera ma vie.

 FERMé

5 novembre 2011

La petite Rosine (Joye)

port-isaac-paintingPort Isaac par W. Atherton-Cathcart

 

La petite Rosine

Celle qui faisait si bonne mine

Avait des amies mesquines

Dans le port.

Elle, la perle fine,

Parmi toutes les voisines

Elle était bien la dauphine

De ce port.

 Mais son bien-être

Prit un grand sale coup,

Quand une lettre

Arriva au-dessous

D’la porte du jeune et joli prêtre

De ce port.

http://www.ueet.nasa.gov/StudentSite/images/history/seagull.gif

« Monsieur le curé,

La Rosine s’est égarée

Il faudra vite la sauver

De son sort !

Faut aller prier

Pour cette fille et ses péchés

Dans la nuit noir, et tous cachés,

Pendant qu’on dort ! »

 Le jeune prêtre

Entendant l’appel

Des péchés à commettre

Par la petite belle --

Fallait pas se soumettre

Au grand malheur champêtre

De ce port !

http://www.ueet.nasa.gov/StudentSite/images/history/seagull.gif

Quelles nouvelles pénibles !

Alors le jeune prit sa Bible

Et s’en alla chez la cible

De ce port.

Mais il était faillible

Et vraiment bien trop sensible

À la beauté impossible

De ce port !

 Et  le jeune prêtre

Était tout prêt

À la remettre

Sur le bon sentier

En oubliant peut-être

La Parole de son Maître…

À ce port !

 http://www.ueet.nasa.gov/StudentSite/images/history/seagull.gif

Le lendemain toutes les copines

De la pauvre petite Rosine

Attendaient, toutes malignes,

Faire du sport !

Mais la petite Rosine

Était quand même bien coquine :

Elle tomba sur une combine...

Ô heureux sort !

 Ce qui se passa

Je ne peux vous le dire

Mais je suis sûre

Que vous croirez le pire…

En oubliant peut-être

Que c’est bien par la fenêtre

Que l’on sort !

http://www.ueet.nasa.gov/StudentSite/images/history/seagull.gif

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