Ont réussi leur expulsion

Nana Fafo ; Vegas sur sarthe ; maryline18 ; Laura ;
Lecrilibriste ; Walrus ; TOKYO ; Kate ; joye ;
Adrienne ; Joe Krapov ; bongopinot ;
Parturiente (TOKYO)
Qu’a fait Ève après cette première nuit ?
Et Adam allait - il comme chaque soir au bar des oliviers.
Est-ce donc bien notre affaire ?
Quand ADAM a chevauché ÈVE et qu’il a oublié ses préservatifs il lui a dit / « ne t’’inquiètes pas , ce n’est pas grave , rien ne va nous arriver .
Ève pensait qu’il était un loser, mais un loser a le droit de raconter des histoires.
Ève riait de tout presque bêtement.
Au paradis c’est comme ça l’insouciance est de mise toutes les heures.
Merde alors cria ADAM si on ne peut plus s’envoyer en l’air tranquillement à qui ça sert qu’on appelle ce jardin l’Eden.
Adam voulait continuer à s’allonger sur le sable, il voulait passer l’éternité sur la plage près de l’océan.
Il se disait chacun à sa façon de vivre de survivre de mourir, ça s’était impossible il était immortel.
Jusqu’au jour ou Ève est arrivée avec un ventre proéminant gonflé comme un ballon d’hélium.
ADAM et ÈVE manquaient de recul pour comprendre que le statut d‘ÈVE venait de changer c’était une parturiente.
Après une demi-douzaine d’amphétamines, Ève était restée éveillée à chercher à comprendre ce qui se passait dans son ventre.
Le paradis était réglé comme un métronome, alors cette grossesse qui s’annonçait rendait ADAM morose.
Ève ressemblait à une nageuse des pays de l’Est avec ces amphétamines.
La première parturiente de l’humanité, sans talon aiguille, sans bas résille, sans perruque sur qui repose toute l’humanité a accouché là au bord de la plage.
Un jour de frimas en janvier.
Mes petits par bongopinot
Ce mot parturiente me fait penser
A la naissance de mes enfants
Une chose que je ne peux oublier
C’était il y a plus de trente ans
Un ventre qui s’arrondit
Neuf mois pour se préparer
Des contractions un jour en di
Et deux heures pour accoucher
Cinq ans d’écart entre chacun
Des marmots bien potelés
Très toniques grâce aux embruns
Et une vie bien chamboulée
Ils sont donc entrés dans ma vie
Et dans mon cœur il faisait soleil
Et c’est parti pour un amour infini
Aux couleurs de l’arc en ciel
Cynique mais pas cinoque ! (Joe Krapov)
Moi je ne suis pas fou ! Même si je suis bien calfeutré chez moi, je ne tiens pas à me faire lyncher par les dames qui fréquentent ces lieux-ci ! C’est pourquoi je m’abstiendrai de répéter ce qu’on m’a dit un jour, à savoir que les douleurs frénétiques liées à une crise de coliques néphrétiques sont plus douloureuses que celles d’un accouchement.
Je dirai donc juste qu’une parturiente morfle, douille, endure, péridure, péricolose et je crains fort qu’un de ces jours notre oncle un poil sadique nous sorte de son dico des jolies choses très inspirantes pour l’écriture confinée comme placenta, ombilic, forceps, épisiotomie et j’oublie le pire car je déteste qu’on cause de médecine quand on va passer à table ou quand on est à table.
Puisque nous ne sommes pas faits sur le modèle d’une lettre à la poste il faut donc en passer par là , dame parturiente, et l’oublier un tant soit peu au fil du temps, la douleur. (Si Dieu avait voulu que vous ne souffrissiez point il vous eut faite en forme de fax et c’eût été moins amusant pour nous de jouer à la bataille navale avec vous).
Mais quelle joie, après la délivrance, de pouvoir claironner à la famille, à la tante Urbi et à l’oncle Orbi, que la descendance est assurée, que la famille s’agrandit et comprend un nouveau membre fort sympathique.
C’est à cet effet qu’on a jugé bon d’inventer le faire-part de naissance.
Questions existentielles (Adrienne)
Les mystères de la vie turlupinent mini-Adrienne depuis un bon moment - au moins huit jours entiers! - et à qui d'autre s'adresser sinon à sa grand-mère?
Elle qui était jeune à une époque où même avoir ses règles était entouré de tabous et d'interdits!
Elle n'a absolument pas envie de faire l'éducation sexuelle d'une gamine qui n'a pas tout à fait cinq ans.
Il est sorti tout seul ! (Nana Fafo)
Pousse pas l'bouchon !
A force d'errer dans les couloirs de l'EHPAD aux allures de labyrinthe, à la recherche de Al Zaillemeurt
Ronchonchon perdait la mesure du temps.
L'esprit de ce lieu demandait à sortir de ses entrailles, comme un alien ayant besoin d'un hôte
pour se reproduire et survivre. Il réclamait régulièrement du sang neuf.
De quoi vous filez des contractions !
Ronchonchon poussait toujours un peu plus loin, essayant de s'extirper de ce plan machiavélique
qu'un architecte bourré de Toulon avait dû concevoir pour perdre les hôtes de ce lieu de vie
et en faire un lieu de mort.
Mortelles déambulations... ce n'était pas son trip à Ronchonchon.
Il allait devoir se sortir les tripes pour s'extraire de là !
Quand au bout ce couloir, il vit une belle lumière vive rayonner... enfin le bout du tunnel.
L'espoir tentait de refaire surface, laissant derrière lui le placenta sanguinolant de ses idées noires.
Il se retrouva dans l'enceinte d'une immense cour arborée,
un parc énorme construit au pied d'une montagne dans laquelle avait été laissé un trou béant.
Ses yeux restaient mi-clos, aveuglés par le contraste de ce choc.
Il poussa un cri de soulagement : "ouhais, enfin sorti !"
C'était comme une renaissance "ou un" ouf de soulagement.
Oui mais... où est Al ? Peut-être était-il parmi ces gens sortis prendre l'air.
Il croisa un homme en fauteuil roulant à qui il aurait aimé poser sa question,
mais cet étrange Monsieur en tenait une couche, il répétait sans discontinuer : Barende Vrouw.
Ronchonchon avait envie de lui dire "accouche mon vieu !"
Quand l'infirmier se précipita pour lui expliquer : "il s'appelle Jean, c'est un néerlandais" ...
Et alors ! se dit Ronchonchon, A part ça, tu n'as rien trouvé de mieux à tenir comme excuse !
Ronchonchon sourit poliment et lui demanda : "Je cherche Al ?"
L'infirmier : "Demandez à Laure Théoux, notre directrice, tenez la voilà qui s'en vient, c'est le garant de notre mémoire."
Une mémoire d'éléphant pensa Ronchonchon !
Ronchonchon s'adressa à Laure : "Bonjour, sauriez-vous où je peux trouver Al Zaillemeurt ?"
Laure : "Chez Pa'"
Ronchonchon était furieux, il se contractait pour expulser son mécontentement :
"Ah non, Poussez, chère Madame, pas le bouchon trop loin ! Je sais que vous en avez 603 au compteur
et que ça ne doit pas être évident de compter vos petits..."
Laure l'interrompit : "Et bien, en fait, Al est allé chez Pa', notre Podologue-Acupuncteur,
c'est pas commun comme métier, et comme il s'appelle Pascal Apel... PA allait de soi !
Les voici partis à rire de ce petit rien.
Et toi, pars-tu riant(e) ?
Belle lecture créative à toutes et à tous
Pour le défi 603 - Parturiente - du défi du samedi
tartine puritaine (joye)
Exclusivement féminin (Kate)
Exclusivement féminin, sera donc ce mini abécédaire fort sélectif des "adjectifs en français n'ayant qu'un genre" (ici le genre "féminin") comme parturiente, ce défi !
Non, Danyèl Waro (qui chante avec Emily Loizeau) n'est pas cajun (adjectif en français n'ayant qu'un genre, ici masculin), il est de La Réunion.
Véro, quelle énergie tu nous donnes !
(photos de l'auteur, mars 2020)
Stop ou encore... (Walrus)
Mon pays a beau avoir été à l'origine de deux grandes écoles de BD (Hergé et sa ligne claire, Franquin et ses idées noires), lors de la parution des premiers hebdomadaires, il a fallu étoffer un peu au moyen de séries de comics américains : Red Ryder, Tarzan, Blondie, Hilaire fils et Cie, etc...
Le comble, c'est qu'aujourd'hui sur le net, je ne parviens pas à mettre le pointeur de ma souris sur le moindre extrait de Hilaire fils et Cie, un truc que Dupuis faisait paraître dans Moustique. Dommage, j'aimais bien cette série où régulièrement le père de famille allait chasser sa déconvenue assis sur le tas de charbon de sa cave et où, tout aussi régulièrement, sa gamine, satisfaite de la tournure des choses, déclarait "Je suis contente que nous l'ayons épousé !".
Je vous parle de ce temps (que les moins de vingt ans etc...) parce que dans ces séries, miroirs de l'american way of life, on rencontrait régulièrement des scènes où un futur papa tournait en rond dans la salle d'attente d'une maternité, fumant cigarette sur cigarette. Ce genre d'image non plus je n'ai pas réussi à en retrouver.
Donc avant de devenir père, j'étais très inquiet, car malgré quelques essais malheureux je n'avais jamais réussi à fumer une cigarette entière, qu'elle soit forte ou légère, avec ou sans filtre, parfumée à l'eucalyptus ou enrobée de maïs. Comment allais-je faire le moment venu pour satisfaire à la norme en vigueur ?
Le problème s'est résolu tout seul : quand mon tour est venu, ô joie, on a inventé l'accouchement participatif ! Il était devenu impensable que l'enfant de salaud qui avait (putativement) mis la parturiente dans cette pénible situation n'assiste pas aux souffrances de sa victime. J'ai connu quelques individus qui ont tourné de l'œil en la circonstance, ce qui n'était pas d'une grande aide dans l'affaire en cours, mais la loi, c'est la loi.
Dans ces années soixante, l'obstétricien de service était un médecin à l'ancienne : il était aussi notre généraliste, était spécialisé dans les maladies tropicales et, si j'en jugeais par le matériel exposé dans une colonne vitrée de son cabinet, vaguement dentiste.
Il était de surcroît d'une éducation raffinée et assortissait ses ordres "Poussez !" d'un "Chère Madame".
J'avais cependant une vue légèrement meilleure que la sienne, car apercevant le cordon ombilical enroulé autour du cou de notre fille, je l'ai battu au sprint pour crier "Stop !".
Pour sa défense, j'avoue que je n'avais pas pris la peine d'ajouter "Madame". Mais bon, nous n'étions pas de la même génération.
Qui m'a dit ? (Laura)
Qui m'a dit
Que comme je n'avais pas accouché
Je ne savais ce qu'était la souffrance?
Qui m'a dit que j'étais une grosse tanche?
Qui m'a fait avaler des poudres infâmes
Pour me faire perdre un os?
Qui m'a dit que j'avais de grosses cuisses?
Qui m'a dit que c'était de ma faute?
Qui m'a dit qu'on ne pouvait pas me recevoir?
Qui m'a dit que tu étais irresponsable
Alors que d'autres sont trafiquant ou schizophrène?
Qui n'a pas voulu voir, entendre ma souffrance?
Qui m'a dit
Que comme je n'avais pas accouché
Je ne savais ce qu'était la souffrance?
Un ange, sorti de mes entrailles... (maryline18)
Je n'étais encore qu'une simple parturiente en proie à la douleur quand d'un cri, tu as fait de moi une mère !
J'ignorais alors que ma force pouvait flancher, que ma patience pouvait avoir des limites, que mon courage ne serait pas surhumain. Tu allais tout m'apprendre des maladies infantiles, des angoisses de ce qu'il aurait pu t'arriver mais aussi des joies de te caliner, de te nourrir, de te laver, de te promener, de t'éduquer...
J'ignorais la douceur et je l'inventais pour te l'offrir.
J'aimais quand la chambre se vidait et que je te chuchotais tout mon amour. la pudeur ne m'empêchait pas de te livrer chaque soir les déclarations que j'avais mises de côté depuis presque neuf mois. Même si tu fermais tes beaux yeux en amandes, tu m'écoutais, et pour me le prouver tu serrais un peu plus mon index dans ta menotte. Parfois le bout de tes doigts blanchîssait .
Tu avais vite trouvé comment te rassasier ! je prolongeais les têtées au risque de voir arriver les crevasses et les recommandation des puéricultrices. C'était tellement bon de sentir ta petite bouche tout contre mon sein et de devenir utile... utile à ton épanouissement.
C'était si facile d'être ta maman, alors...Je savais les berceuses, les postures à adopter pour aider ta digestion, les massages sur ton petit ventre rond pour éloigner les douleurs. Je réussissais à te parler et à faire toutes ces choses comme si tout mon être savait depuis toujours.
Le monde pouvais bien aller tout de travers, tu ne manquerais de rien, j'en faisais le serment ! Tes brassières, toutes lavées au savon de marseille pour t'éviter les allergies étaient bien pliées dans la petite valise et les caches- brassières, offerts par belle maman attendaient, bien repassés, que tu y vomisse le trop plein de laid... vraiment, tout allait pour le mieux .
Tu avais transformé mon monde en paradis, bel ange que tu étais.
La Seguin (Vegas sur sarthe)
«Ça y est, celle du Seguin a mis bas cette nuit, depuis l'temps qu'elle traînait son gros bide dans l'quartier»
«C'est donc elle qui bêlait comme ça dans l'immeuble ? J'me suis demandé c'que c'était que c'bordel à point d'heure ! »
«Ah bon ? Elle a pourtant accouché par voie basse ... »
« À voix basse ? T'en as d'bonnes ! On a mis deux heures à s'rendormir avec la Germaine. Tu sais que c'est pas simple pour la rendormir, enfin non tu peux pas savoir»
« J'te répète que c'était par voie basse. Le véto est pas équipé pour les césariennes»
« Lever tôt. Lever tôt ! Pour sûr, il était cinq heures du mat avec c't'affaire »
« Oh c'est pas tous les quatre matins non plus. Et pis elle était à terme, faut bien qu'la nature fasse son oeuvre»
« Pour sûr qu'elle était à terme ! Neuf mois ! Elle était devenue grincheuse, irritable et j'te parle pas de la taille des mamelles, elle rentrait plus dans l'ascenseur »
« Neuf mois c'est du jamais vu chez les ovins … et qu'est-ce qu'elle foutait dans l'ascenseur ? »
« C'est bien normal dans son état quand on crèche au sixième ! »
« Au sixième ? La chèvre du père Seguin crèche au sixième, maint'nant ? »
«Tu l'appelles la chèvre, toi ? Nous dans l'immeuble on l'appelle la Marie-couche-toi-là»
« Chez moi, tout c'qui a une barbichette, des grands yeux doux et des sabots noirs et luisants ça s'appelle une chèvre »
« J'avais bien remarqué ses loup-bouquetins mais pas sa barbichette. Pourtant j'la croise tous les soirs dans l'ascenseur »
« Tous les soirs dans l'ascenseur ? Alors on doit pas parler de la même chèvre parce que celle du Seguin elle est au pré dès l'aube»
« La Marie-couche-toi-là que j'te parle elle arpente la Grand'rue mais pas avant vingt deux heures »
« Ah ? C'est sûr que c'est pas la même … en tout cas la tienne elle doit pas brouter grand chose dans la Grand'rue »
« Oh que si ! Pour brouter, elle broute de bon coeur, crois-moi … enfin c'est c'qu'on m'a raconté»
« Et elle a pas peur du loup en broutant la nuit ? »
« Le loup, y'a belle heurette qu'il lui fait plus peur ! »
« Ben faudra qu'j'en cause au Seguin qu'a perdu sa Blanquette dans la montagne y'a pas si longtemps. C'est quelle race ta Marikouchtwala
? »
« Euh … c'est un blaze de l'Est, une russkov ou une ukrainienne, enfin c'est pas d'chez nous»
« Pour sûr, c'est pas une corse si elle bosse jusqu'à point d'heure. Alors le biquet, y vont lui donner un nom slave ? »
«Un nom slave … tu veux dire un nom propre. Cette année faut qu'ça commence par un 'R'»
« P't'être Rudolf ou Raspoutine ? »
« C'est pas not' problème »
«T'as raison et pis Raspoutine Seguin, ça ferait bizarre, non ? »
« Ceux du sixième y s'appellent pas Seguin »
« Ah bon ? Alors on parle pas d'la même chose»
Ont-ils courbé la tête ?
Je suis certainement con, mais, pour le titre, j'ai pas trouvé la formule inclusive mêlant "ils" et "elles". Vous voudrez bien excuser mon ignorance.
TOKYO ; Laura ; Lecrilibriste ; Vegas sur sarthe ;
Pascal ; Nana Fafo ; maryline18 ; Kate ; Walrus ;
Adrienne ; JAK ; joye ; bongopinot ; Joe Krapov ;
Orant·e (TOKYO)
Quand la porte du monastère s’est ouverte, j’ai senti un froid glacial me gifler. Il est arrivé avec la politesse débordante des gens d’église.
Sous sa vêture stricte je pouvais voir le corps d’un jeune quadra qui fait attention à lui, toujours impeccable dans ses T-shirts monochromes ajustés. Au premier abord, ses paroles sont aussi apprêtées et sous contrôle. « Et des mademoiselle bien venue dans notre cloître « .
« Vos parents nous ont confié votre âme en perdition et des patati et des patas ». J’étais habitée par des remous et surtout pas une frénésie rythmique.
On m’avait demandé de noter tous mes rêves le matin. Le créateur devait disait il se brancher directement sur mon cerveau.
Cet amour toxique que les nonnes du couvent entretenaient avec Dieu m’horripilait. J’avais l’impression d’être dans une téléréalité en immersions avec des fous et que tout le monde était complice. J’ai toujours pensé que vivre pleinement nous assurer une espérance de vie plus longue. Du coup j’avais un regard sur eux plein de compassion.
Le seul endroit où il y avait de l’ambiance c’était aux toilettes. Le petit vasistas donnait sur la cuisine où le petit personnel chantait des chansons de cul. Quelle journée de merde disais-je tout haut après leurs sempiternelles prières. La sœur me disait » soit un peu plus positive » alors je répétais quelle belle journée de merde.
Il y avait un autre résident un étudiant en dépression qui ne quittait pas son chapeau rose. On n’allait pas monter au gibet parce qu’‘on était des végétariens survivalistes.
Moins de liberté moins de rêves y a qu’en mathématique que ça fait 1 + criais je pendant le repas. Toutes les têtes se sont dressées. Cet attelage dieu plus les nonnes avaient l’air de moins en moins bien fonctionner ces derniers temps.
Je me suis mise alors à chercher les grains qui pouvaient gripper la machine, mais je fus rattrapée par un évènement des plus mystérieux. L’orante avait disparu dans la nuit. Les échanges informels et fluides entre sœurs s’étaient tendus, tout le monde suspectait tout le monde, la foi en dieu semblait avoir déserté le couvent.
Enfin une sœur a avoué ce matin avoir vendu au marché des capucins l’orante, car le couvent s’appauvrissait.
Vous n’allez pas me croire, mais ce fut l’opportunité de ma vie. Bonnet rose et moi avons redressé les finances du couvent depuis ils croulent sous le pognon. .
Comment ?
Les raves partis !!!

Elle était agenouillée par bongopinot

Elle était agenouillée
Telle une statue d’orant
Des gants pour se protéger
De tous les détergents
Elle faisait le ménage
Avec son fichu sur sa tête
Et son vieux lainage
Et chantait à tue-tête
Dès qu’elle m’apercevait
Le sourire aux lèvres
Doucement elle se levait
Me faisant signe de la suivre
On allait toujours dans sa cuisine
Elle nous préparait un café
On discutait entre cousines
Jusqu’à ce que midi pointe son nez
Alors on se séparait amicalement
Et on se disait à la semaine prochaine
En espérant des jours cléments
Sans trop de coup dur ni de peine
Participation de JAK
O-rante O-désespoir !
« Agenouillez-vous tous les vilains de ce monde
Le sort en est jeté vous serez punis par la colère divine . »
Me disait ma grand-mère âgée de 85 ans , dans ses moments de grande foi.
Et aujourd’hui que je l’ai dépassé en âge, point question de mettre sur les genoux, l’arthrose est passé par là..
mais O-rante ! O désespoir !
Pire que, la colère divine me voici confinée dans mon EHPAD.
Mes petits enfants profitent de l’occasion pour ne plus venir me voir
- la bonne excuse ! -
Les temps ont bien changé.
La colère divine est devenue virus, de survie il n'est dès lors que la seule obsession !
Inclinons-nous, et espérons sous ce ciel chargé d’ozone.
Nous avons maintenant tout notre temps pour surveiller nos rentes.

Un pavé rôti, s'il vous plaît ! (maryline18)

L'orchestre était prêt. Des instruments accordés, plus une note ne venait troubler le silence qui s'insinuait jusque dans les plis du lourd rideau. Oh, ce n'était pas un silence ennuyeux ou gênant, non... ce n'était qu'une simple pause auditive qui décuplait notre impatience.
On prenait des avances de respirations pour mieux retenir encore notre souffle aux premiers coups d'archets. Certains se raclaient la gorge tandis que des yeux réprobateurs les fixaient déjà. On avait attendu longtemps cette soirée, on avait économisé, on avait rêvé de longs mois et on était assis, cranant un peu, sur les sièges de velour. On se retournait, s'observait du coin de l'oeil...Parfois un petit sourire bref de satisfaction, rempli de connivence s'échangeait avec un voisin de fauteuil. On reconnaissait, tacitement, avoir la même vaine.
J'avais arborer mon tailleur bon chic, bon genre ; celui que j'avais mis au mariage de ta soeur, qui vieillit de dix ans, (le tailleur...et ta soeur aussi). Déjà dix ans...Il faisait trop chaud et on était trop serré, enfin trop proche les uns des autres. Je me sentais un soupçon dérangée dans ma bulle de protection, mon espace vital, ça me rendait nerveuse. J'essayais de ne pas me frotter les yeux ; je les avais maquillés pour l'occasion...peut-être trop d'ailleurs mais peu importait puisque la salle allait bientôt être plongée dans une semi-obscurité. Je remarquai une silhouette qui ne m'était pas inconnue trois rangées devant. Mais oui, c'était la pharmacienne ! Elle semblait aussi à l'aise que d'habitude, bien coiffée, maquillée juste comme il faut...J'ai toujours admiré ces beautés classiques, à l'aise dans toutes situations, partout...J'avais hâte que ça commence. Je savais alors que tous ces détails deviendraient insinifiants, que la musique les balayerait et qu'un sourire béat me mangerait bientôt le visage.
Soudain, des éclats de voix brisèrent l'ambiance feutrée de la salle. Une rumeur de mécontentement s'éleva aussitôt. Que se passait-il ? Nous attendions depuis trois heures maintenant ce lever de rideau...
Luciano ne voulait pas chanter.
Etait-il malade ? Avait-il des exigences difficiles à satisfaire ? Avait-il réclamer un sol de verre ? des murs de pierres ? Une fontaine au milieu de l'estrade pour se rafraîchir si une extinction de voix venait à le menacer ? Tous ses caprices, nous les lui pardonnions tous, par avance, de toutes façons.
Deux jours d'attente...déjà deux jours ! La pharmacienne avait le teint barbouillé et le bas filé (à la jambe gauche, je l'avais remarqué en allant aux toilettes). Elle accusait la fatigue mais tenait bon, moi aussi. On avait payé et on ne lacherait rien. Les hommes jouaient encore un peu les protecteurs. Mon voisin m'avait apporté un gobelet d'eau. Il était charmant. Sa femme l'avait fusillé du regard. Je jubilais.
Troisième jour, des figurines pieuses avaient été jetées dans la salle. La garde rapprochée du grand ténor tentait de le convaincre de chanter mais il s'y refusait et répétait toujours les même mots, gesticulant, levant les bras au ciel et s'essuyant le visage de son mouchoir, le front rouge de colère sans parvenir à se faire comprendre.
Quatrième jour : Nous avions tous très faim . Seul Luciano Vaparotti avait pu se restaurer mais aucun son mélodieux ne remplissait encore le théâtre. On était tous à bout ! On se serait mis à genoux si cette prosternation burlesque aurait pu le faire chanter. Certains s'étaient déchaussés pour dormir plus à leur aise, ça sentait les pieds et la transpiration de partout. Tu m'avais lâchement abandonnée pour un pavé rôti, sauce au poivre à la brasserie des trois pigeons. Rempant dans les allées, pour passer inaperçue, des femmes se partageaient des bonbons retrouvés au fond des sacs à main avec des mines de conspiratrices. L'heure n'était plus au paraître mais à la débrouillardise . Un petit homme nous surprenant, voulu rallier notre camp et secoua alors le cabas de sa femme, du balcon. Un vaporisateur fut projeté sur la scène.
Aussitôt, un rire explosa, suivi de la voix chantante tant attendue du maestro :" Ah, Alléluia ! magnifica ! d-é-o-d--o-r-a-n-t-e ! d-é-o-d-orante !
Eh oui le chanteur ne supportait pas d'avoir les aisselles moites !
Pour se faire pardonner il fit livrer des plateaux repas à tous et chanta, chanta, chanta..." Ave, ave Mariiaaa !..."Il était capricieux et exigent mais avait un grand coeur !
(Toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existée ne peut-être qu'involontaire).
Bon allez...Je n'y résiste pas...













