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Le défi du samedi

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14 mars 2020

Irascrabble (joye)

irascrabble

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14 mars 2020

Ta vierge orante (Laura)

 

Si une vierge orante est ton « âme » de « défunt[1] »,   j’espère que la tienne

Circule entre locomotives et wagons en miniature ou en vrai sur des rails

Qui te mènent dans des paysages où nous sommes passés ensemble

Où tu feras une prière pour moi pour que je maintienne notre cap.

Tu traverses des ponts aussi beaux que ceux de l’Estaque[2].

Tu pars de la gare de Metz que nous admirée l’été dernier.

Tu arrives à la gare du centre du monde pour Dali.

Tu scrutes tous les détails techniques, tu me les expliques.

Il appelle ça des « souvenirs » mais c’est notre vie, nos paysages.

Je les vends mais ils n’en veulent pas ; je redresse ma caténaire

Et je chemine vers toi ma vierge orante ; si je suis en avance

Je t’attendrais dans la salle des pas perdus, sous le panneau des corps en partance.

Ma vierge orante, prie pour moi, pauvre amante en mal de tes caresses.

 

 


[2] L'Estaque sur mon blog

 

14 mars 2020

Oremus! (Adrienne)

 
Mini-Adrienne n'a pas cinq ans, c'est un de ses plus vieux souvenirs. 


Pour une raison qu'elle ignore, elle accompagne son grand-père à la messe dominicale. Elle en est heureuse, impressionnée, flattée. Le grand-père est un homme que l'on craint.

Il est dix heures du matin. C'est la grand-messe. Tout se passe dans une langue étrange que le grand-père semble maîtriser. Mini-Adrienne est subjuguée. Admirative. 
Le prêtre lève les bras et dit "Oremus!". Tout le monde se lève. C'est magique.
 

 

14 mars 2020

Avant que vous ne récamier mon silance déflinitif (Joe Krapov)

DDS 602 Avant que vous ne récamiez mon silence

Collage d'après le tableau de René Magritte, Perspective : Madame Récamier de David, 1951, huile sur toile, 60.5 x 80.5 cm. Acheté en 1997 par le Musée des beaux arts du Canada, Ottawa. © Succession René Magritte / SODRAC (2017)

14 mars 2020

Großes Puzzle (Walrus)


Pour trouver les illustrations du sujet, j'ai fouillé parmi des photos ramenées d'un séjour en Alsace. Leur nom de fichier stipule qu'elles ont été prises à Lautenbach.

Je ne me rappelais même pas avoir mis les pieds dans ce patelin. Il a fallu que je le retrouve sur MAPS, que je localise l'église, que je passe en mode Streetview pour reconnaître les colonnes de son porche d'entrée.

Il faut préciser que pour les églises, mon épouse et moi nous répartissons le boulot : elle visite l'intérieur, je promène le chien autour du bâtiment tandis qu'il geint et essaie à tout prix de la rejoindre.

Lautenbach, ça m'a évoqué une chanson (on n'a pas été impunément boy-scout) :

Elle est issue du folklore alsacien :

Vous aurez, comme moi, remarqué que là, il s'agit de Lauterbach, étonnant puisque Lauterbach se trouve de l'autre côté du Rhin, dans la Forêt Noire au nord-est de Fribourg en Brisgau.

Mais bon, peut-être les Alsaciennes (contrairement à certaines Parisiennes qui préfèrent la rive gauche) allaient-elles guincher rive droite...

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14 mars 2020

Laurent Dorian (Kate)

 

Pour commencer par le commencement (si tant est qu'il y en eût...), au commencement était le Verbe, j'ai toujours aimé collectionner des petits objets, publicitaires ou non, sans grande valeur, notamment des fèves, en plastique blanc ou en porcelaine peinte que l'on trouvait dans les galettes des rois à l'Épiphanie.

0-4 20-3 2

Plus tard, en chinant, j'ai eu l'occasion d'en engranger pas mal, de les étudier, répertorier, notamment à l'aide de ce beau livre.

Forcément, au-delà des porte-bonheur, chaussures, voitures et puis plus ou moins n'importe quoi, le thème de la crèche s'est avéré émergent.

Lorsque qu'en voyant la fève avec le personnage levant les deux bras au ciel il m'est arrivé de dire tout haut :

- "L'orant !"

Plus d'une fois de m'entendre répondre :

-"Laurent ?"

0-1 2

0-2 2

Et de donner l'explication de ce personnage sur lequel on se fait une fausse idée en le prenant pour le "ravi" de la crèche !

Et de ne pas ajouter à la confusion en disant :

-"L'orant d'Orient !"

Ce qui serait resté possible mais trop taquin puisque l'orant est originaire d'Orient, puisque la prière les bras levés est indiquée dans l'Ancien Testament.

Comme le patrimoine archéologique est toujours intéressant et d'autant plus par les temps qui courent quand il est proche, j'avais déjà évoqué un patrimoine local gallo-romain et le défi # 487 m'avait fait découvrir des thuriféraires de voisinage.

Justement, concernant l'orant, il existe aussi dans la crypte de la cathédrale (mais hélas plus accessible à la visite), un sarcophage gallo-romain du IVème siècle figurant l'orant d'Orient que les premiers chrétiens ont eu l'autorisation de représenter.

D'ailleurs, le sarcophage aux arbres du musée d'Arles nous offre un retour en Provence, porte de l'Orient...

Bonus à propos du verbe orer (prier), directement issu du latin "orare" :

"J'aim miex devant les gens orer,

Et affubler ma renardie

Du mantel de papelardie."

(Guillaume de Lorris et Jean de Meung, Le Roman de la Rose, XIIIème siècle, ligne 11715)

J'aime mieux prier devant les gens

Et couvrir ma ruse

Du manteau de la fausse dévotion.

Oui, dans le Roman de la Rose comme dans la vie, la tartufferie est de mise et les voies de la séduction emprunteront bien des chemins... pas toujours des plus catholiques !

photos de l'auteur, mars 2020 - l'explication de la crèche provençale provient du livre suivant :

0 2

 

 

14 mars 2020

Séance de prières ergonomiques ! (Nana Fafo)

Séance d'ergo

cochon au crochet

A l'EHPAD de Sens, Ronchonchon cherchait toujours son copain Al Zaillemeurt.

A ses heures perdues, Al était pieux, peut-être le trouverait-il à la chapelle Doran.

Ronchonchon déambulait dans les couloirs, cet établissement était un vrai labyrinthe !

Au loin, il endendait de la musique, il s'approcha, comme guidé par le chant des sirères.

Il stoppa net devant cette salle où un conglomérat de femmes dévoraient des yeux

un gars aux cheveux roux qui gesticulait comme un oran outang !

Sur un air des Village People, YMCA, le coach beuglait 

- en haut, mains écartées... et tout le monde levait les bras à la vitesse d'un gastéropode

- devant, mains serrées... enchaînait-il

On aurait dit un film qui passait au rallenti, de fanatiques faisant des prières au Dieu de la Jeunesse.

ecureuil au crochet

koala au crochet

La séance terminée, ces petites mamy étaient sur les genoux de s'être dandinées, 

elles remerciaient un certain "Laurent".

Ronchonchon interpella une nonagénaire qui venait de sortir.

 

Ronchonchon : "Bonjour Madame, je cherche la Chapelle, pourriez-vous m'indiquer le chemin ?"

Mamy Jak : "Plus personne ne va là-bas ! notre prochain voyage c'est à Oran !"

Ronchonchon : "Je cherche mon ami Al, généralement il ne se fait pas prier pour s'agenouiller"

Mamy Jak : "Al est gay ?"

Ronchonchon : "Oui, ça lui arrive..."

Mamy Jak : "Oh excusez-moi, il faut que je le raconte à Bony... sinon je vais oublier"

Ronchonchon : "Et pour la Chapelle ?"

Mamy Jak : "Demandez à Laurent"

 

Toutes les mamies étaient sorties, Laurent était en train de fermer la salle,

Sur la porte était écrit : "Laurent Lamore, ergothérapeute"

Il venait de trouver "La-mort" ! C'était déjà ça !

Il faudrait qu'il dise 2 mots à ces petits papys qui se sont bien moqués de lui dans l'épisode précédent

 

Ronchonchon demanda à Laurent Lamore: "S'il vous plait, savez-vous où je peux trouver Al ?"

Lamore : "Chez Pa'"

Rochonchon : "Ah, merci quand même !" et il continua à errer dans les couloirs à la recherche de Al.

Est-ce que Al était allé orer ?

Préparait-il ce voyage à Oran ?

Ou participait-il lui aussi à une séance de gym spécial papy ?

Mais où donc était-il passé ? 

 

 

Belle lecture créative à toutes et à tous.

Pour le défi 602 "orant" sur "Le défi du Samedi"

14 mars 2020

Orant (Pascal)


Dans le « Défi du Samedi » de cette semaine, voilà proposé un mot que je ne connaissais pas ; c’est vrai qu’au bistrot, on n’emploie pas beaucoup ce genre de vocabulaire ; admettez : il est plutôt difficile à placer dans une conversation avec quelqu’un qui a un coup dans le nez. Pourtant, il y en a qui réclament la tournée, les deux bras au ciel ! D’autres font des signes désespérés pour rameuter la serveuse jusqu’à leur table ! D’autres encore racontent la truite qu’ils ont soulevée de la rivière en écartant les mains d’une façon démesurée ! Sans le savoir, on peut dire qu’ils pratiquent l’orant avec une certaine obédience*, tous ces athées ! Entre nous, je crois plutôt qu’ils sont au rang des grands mécréants…  

Je connaissais un gardien de foot qui pratiquait l’orant avec une certaine adresse. Les carreleurs, aussi, ont une grande constance à la prière, façon orant. Je pense aussi aux raboteurs de parquet, dans la toile de Gustave Caillebotte. Juifs, mahométans, chrétiens, bouddhistes et consorts, les mains jointes, les bras écartés, à genoux, debout, ils sont un peu des sémaphores, quand ils espèrent s’attirer les faveurs de leur autorité divine.
Des genoux usés aux mains tremblantes, du noviciat* au pontificat, langage des gestes, posture, soumission, voire prostration*, l’exigeante profession de foi réclame des années d’expérience…  

Achille Gouttant, quand il descend de sa campagne, avec son authentique parfum tenace de bouc, ses poils gris débordant de tous ses orifices, sa morvelle collée aux manches de son paletot, comme des galons gagnés contre le vent du Nord, et son chien attaché au cou avec une ficelle, si je lui demandais « Tu pratiques l’orant, Gouttant ?... », je crois qu’il le prendrait mal, ce vieux singe…

En fouillant un peu, sur le net, j’ai trouvé des œuvres de Marthe Orant, une artiste peintre nabi, c’est à dire *postimpressionniste d’avant-garde. « La vie n’est que désordre », disait-elle. « Elle a imaginé dans ses toiles les espaces où elle aurait pu vivre heureuse et qui l'attendent à jamais dans la lumière éclatante de ses rêves ». Étienne Sassi. C’est ce que je retiendrai sur l’orant…  

Je laisse à Joe Krapov le soin de s’occuper de Laurent, non…de l’orant ; il nous trouvera bien des orants à toutes les sauces planétaires, et même plus loin. Du liminal* au burlesque, de l’amphigourique* au verset académique, pourvu qu’il ne soit pas… satanique…  



*Des mots que je ne risque pas d’employer au bistrot.

14 mars 2020

Chez Laurent (Vegas sur sarthe)


Dégoûté de n'avoir rien trouvé j'ai poussé la porte de cette échoppe qui ne m'avait pourtant rien fait ; l'enseigne indiquait tout simplement Chez Laurent.
Ça faisait bien cinq jours que je cherchais des orants pour ce fichu Défi du Samedi !

« Bonjour, vous n'auriez pas des orants par hasard ? »
Le type s'est agenouillé les mains jointes et j'ai failli repartir; ou ce gars était mime ou bien il était fou …
« J'dois en avoir quelques uns là-dessous » a t-il dit en ouvrant un tiroir aussi bas que poussiéreux.
Il avait dit ça avec un accent maghrébin ou berbère alors j'ai demandé : « Vous êtes d'où ? »
« Je suis des hauts d'Oran » a t-il répondu en se relevant fièrement « vous connaissez ? »
Je ne connaissais pas et il n'y avait pas lieu d'en être fier alors j'ai juste répondu : « C'est donc ça le relent dans votre échoppe ? »
«Un relent ? » a t-il dit «ça doit être à cause de ces vieilleries que je garde mais je ne suis pas fâché d'avoir un client, Monsieur comment ?»
« Monsieur Laurent » ai-je répondu sans réfléchir.
« Ah … vous aussi » a t-il remarqué.

Le premier orant qu'il m'a montré était un orant dévot qu'il appelait « Le dévorant » car selon la légende inscrite dessous il dévorait du beurre de missel.
Pas sûr qu'ils apprécieraient la vanne au Défi du Samedi.
« Vous avez autre chose ? »ai-je demandé.
Il a sorti un orant très différent, éthéré, un orant du genre oxygéné. «Celui-ci on l'appelle le Décolle-orant » a t-il dit fièrement.
Je trouvai qu'il n'y avait pas lieu d'en être fier.
« Autre chose ? »ai-je insisté.
Il en a sorti deux autres … un orant inculte qu'il appelait « L'ignorant » aux antipodes du suivant, un orant éduqué qu'il appelait « L'édulcorant ».
Je n'était pas très emballé et puis il y avait ce relent qui ne donnait pas envie de relever ce Défi.

« Attendez » s'est-il exclamé en raclant le fond du tiroir «il me reste ce vieil orant voûté – façon chapelle sixtine ou seventeen – comme s'il souffrait de rachialgie dorsale et qu'on appelle le Mal au dorant»
« Mal o do rant » ai-je ânonné à la limite de l'évanouissement.

Il me confia que pour le soulager on l'avait perfusé et rebaptisé « Le perforant ».
Le perfuseur était parait-il un orant rebouteux qu'on appelait « Le revigorant ».

Comme j'hésitais entre tous ces orants il me supplia en m'implorant de prendre le lot.
« C'est une bonne affaire » gémit-il « et puis ça débarrasse »
 « Vous prenez la carte bleue ? » ai-je demandé sans conviction.
« Je prends tout » répondit-il ravi et il ajouta avec un petit rire «j'accepte même les cheik-reste-orant ».
Ils allaient se marrer au Défi du Samedi en apprenant que j'avais réglé ces machins avec des vieux tickets de la Sodexo !
 
Comme je repoussais la porte de cette échoppe qui ne m'avait pourtant rien fait, le type me rattrapa : »Prenez ça aussi, ça me fait plaisir ».
« Qu'est-ce que c'est ? » dis-je en prenant l'objet.
Le type avait l'air possédé : « C'est une statuette de vierge Orante, un authentique vestige de l'Acropole d'Athènes qui chante l'Ave Maria quand on la retourne »
Je retournai la statuette en plastique d'un joli vert fluo et je pus lire son épigraphe « Made in Taïwan ».
Ça s'est mis à nasiller : « Ave Maria … Oh mother hear a suppliant child »
Ça ne chantait même pas en latin. J'ai pris mes jambes à mon cou.
Voilà

14 mars 2020

L'orante (Lecrilibriste)


Dans le silence de l'église romane
seule, elle prie, l'orante,
agenouilllée comme une moniale
Elle lit les psaumes pour parler à son Dieu
parce qu'ils ont de jolis mots
parce qu'ils sont poétiques
parce qu'ils parlent d'esperance et de beauté
parce qu'elle a envie de les chanter
pour illuminer sa vie de tous les jours
s'acccrocher à l'Inaccessible Etoile ...
Sur des prés d'herbe fraîche, Il me fait reposer
Là, dans le calme, elle repose
Elle ne cherche pas de réponse
à qui est Dieu, à quel sens a la vie
Soumise, paisible, elle accepte ce qui vient
Sans questions, elle accepte son destin
Ou peut-être
l'a-t-elle déjà compris ?
où prie-t-elle pour qu'intensément, il change ?
Non ! Pas avec un livre de prière
elle est trop soumise pour cela
aux mots qui sont écrits,
qu'elle répète comme un mantra

Je préfère la foi de Don Camillo
qui parle à son Dieu comme à un ami
avec les mots que sa mère lui a appris
Il le met dans tous les coups de sa vie
Il lui échappe en douce
quand il fait des bêtises
que sa bonne conscience réprouve
Mais rien à faire, Il est là
de la vérité, II est son étincelle
qui l'attend chaque fois au virage
le fait réfléchir, changer, se bagarrer
se relier aux autres et les aimer
avec la foi du charbonnier
mais pas celle que chante Brassens
celle que je pense être la vraie !
Quant à moi
je concluerais bien comme dans « le mécréant »
« La foi viendra d'ell'même ou ell' ne viendra pas »

7 mars 2020

Défi #602


On va pas finir sur les genoux ?

Orant·e

 

Lautenbach

 

7 mars 2020

Sont tombés sous le sens

7 mars 2020

Non-sens (TOKYO)


La langue française a inventé un certains nombres d’expressions qui méritent d’être relevées.
‘NON SENS ‘par exemple, est une expression qui n’y est pour rien dans mes états d’âme, mais ma quête de sens sans fin m’empêche de regarder les cerfs batifoler dans la bruyère sous ma fenêtre.
Dire les choses autrement pourrait même m’aider. Nous sommes « crevés ». Comme un pneu, un ballon, une bouée percée, qui voit s’échapper ce qui lui permettait de conserver sa forme.
 La recherche de sens m’épuise. L’objet lui-même finit par se retrouver à plat, comme démasqué dans sa prétention à être. Alors nous sommes « vidés », « épuisés » : il ne reste plus rien, les stocks sont à sec, les ressources taries, tout a été dépensé. Comme la Terre quand l’être humain aura tout exploité.
 Un vrai non-sens, la déperdition de sens.
Mais avant nous perdu quelque chose quand nous sommes en présence d’un non-sens. Avons-nous même vraiment perdu quelque chose quand nous sommes devant un non-sens ?
 Quand j’étais enfant mes parents me » disaient ne ment pas mon petit doigt me dira tout de toutes les façons. «
Un mantra familial comme celui -ci v

  n’est-ce pas un non-sens. Le mensonge c’est le début de l’intimité. Ce non-sens mantra à deux balles a modifié longtemps l’état de ma conscience.
Et ALEXA elle n’a pas de grandes oreilles ? c’est le petit doigt de mes parents mais à grande échelle, le cheval de Troie de ma vie privée. La machine à cafter par excellence. Alexa est dans ma chambre elle capte tout des mes ébats avec mes amants.v2

 
Pauvre Alexa dire qu’il y a encore dix ans j’aurai rougi jusqu’aux oreilles. Le non-sens c’est que je m’en fou et quelquefois j’en rajoute.
Je crie pour lui laisser croire que mes nuits sont torrides alors que je n’ai pas vu l’ombre d’une licorne depuis des lustres, ça lui apprendra à cafter .

v3



7 mars 2020

Le non-sens par bongopinot

b

 

Le non-sens est un jeu de société

Qui nous met tous de bonne humeur

A l’automne au printemps l’hiver ou l’été

On y joue pendant des heures

 

On raconte à partir d'une situation donnée,

Un récit  en seulement une minute

 On y glisse un mot à faire trouver

On mène les joueurs en bateau on discute

 

Ce mot secret ils doivent le dénicher

On raconte des histoires farfelues

 On prend confiance on travaille sa créativité

C’est parfait pour les langues bien pendues

 

Des histoires sérieuses ou drôles

Les participants s’en donnent à cœur joie

Un jeu d’acteur dans un rôle

De bons moments à chaque fois

 

Venu tout droit de Belgique

Le non-sens à chez-nous toute sa place

Car ici on aime les mots acrobatiques

Pour un samedi de connivence

 

7 mars 2020

Non-sens (Laura)

 

Non -sens?
Toi mort.
J'ai cru que c'était une blague,
Mais c'en est une à la manière
De Baudelaire
Qui fait la gueule[1]
En costume noir ou de la rue de la Lanterne
Où s'est pendu Nerval[2].
Non-sens:
Moi sans toi.
Certains s'étonnent
D'autres pensent
Que tu en as eu marre
De moi: peut-être...
Non-sens: le monde
Sans toi qui t'intéresse-
Ait à tout , même
A moi: non-sens, tout le monde
Sans toi, si sociable
Non-sens: je reste
Dans ce monde
Qui m'intéresse
Avec tout ce monde
Moi, si misanthrope
Tu étais le seul
Qui m'importe-
Ait vraiment, mon équilibre
Ma boussole
Non-sens: que ce soit qui parte
Moi, si timide
Toi, en confiance
Toi les pieds sur terre
Qui déploie ses ailes
Alors que ton albatros poète[3]
Est empêtré dans ses pattes
NON- SENS

 


 

 

 

 

7 mars 2020

Décidément ça n'a pas de sens (Nana Fafo)

AL01-Les pas de sens

Ronchonchon avait décidé d'aller voir ce vieux Al, 

il parait qu'il tournait en rond et qu'il perdait un peu la tête.

Ronchonchon voulait lui suggérer de tourner en carré

ça lui éviterait d'avoir le tournis et ça lui remettrait les idées en place.

 

Il s'est présenté à Les Pas de Sens, un établissement très particulier,

spécialisé dans le recherche de traces mnésiques.

Dans le hall, il n'y avait pas grand monde.

Ronchonchon s'adressa à 2 papy qui attendaient

 

Ronchonchon : Vous connaissez ce vieux Al ?

Papy Wal : Al Pacino ?

Papy Jo : Al Ibaba ?

Ronchonchon : Non, Al Zaillemeurt

Papy Wal : Ah oui, le gars de meurtre et moiselle, ouhais je vois qui sait...

Ronchonchon : Vous pouvez me dire où je peux le trouver ?

Papy Wal : Où je peux le trouver... (il rit) ben chez pa'

Papy Jo : (il rit aussi) ouhais, chez pa'

Ronchonchon : Ah... vous savez pas... à qui je peux  m'adresser alors ?

Papy Wal : à Laure

Ronchonchon : Alors quoi ?

Papy Wal : à Laure Théou

Ronchonchon : Et elle est où ?

Papy Wal : pareil, chez pa'

Ronchonchon : Vous ne savez pas grand chose... mais, savez-vous ce que vous faites ici ?

Papy Wal : on attend Lamore

Ronchonchon : Et bien c'est gai !

Les 2 résidents entre eux :

Papy Wal : tu crois qu'il est gay ?

Papy Jo : Non, je l'ai vu donné l'brancard à Laure, j'crois que c'est ce qu'ils disent les jeunes.

Ronchonchon : Il y a des jeunes ici ?

Papy Wal : oui, Lamore

Ronchonchon : Heu... vous trouvez que la mort est jeune ?

Papy Wal : évidemment ! l'autre jour on l'a vu sauter et frétiller de chambre en chambre en emportant 3 de nos amis, ça a été épique !

Ronchonchon : ça ne vous rend pas triste que la mort fasse cela ?

Papy Wal : Triste, mais quelle idée ! Quand Lamore passe c'est toujours gai, c'est pour cela qu'on l'attend, on se demande toujours à qui ce sera le tour.

 

Ronchonchon commençait à perdre le sens de la réalité au contact de ces petits vieux.

Il devait retrouver Al au plus vite, pour le sortir de là, avant que la mort l'emporte.

Sur la table de l'accueil, un livre était posé : "601 non-sens".

Ronchonchon sourit, ici, "si, c'en est un, non-sens !"

 

Belle lecture créative à toutes et à tous.

 

AL01-601 non sens

7 mars 2020

à juste titre (joye)

un non-sens

7 mars 2020

Le jeu des non-sens : On joue ? (maryline18)

 

Crêpes sans enfants.

Oiseaux sans Pierre Perret.

Carreaux sans buée.

Escalier sans rampe, ( descente trop risquée).

Lit sans calins.

Jeu sans rires.

Amour sans baisers.

Conte sans fée.

Ecrivain sans histoires.

Femme sans larmes.

Rêves sans espoir.

Journées sans sourires.

Vacances sans soleil.

Horizon sans arc-en-ciel.

Grand-père sans blagues.

Grand-mère sans gâteaux.

Expérience sans entraînement.

Recommencement sans renoncement.

Adultes sans bêtises.

Ivresse sans lâcher-prise.

Nuit sans sommeil.

Travail sans fatigue.

Samedi sans défi.

...à vous !

 

 

7 mars 2020

Non-sens ? (Walrus)


La vie, peut-être ?

(Voilà ce que c'est quand on se pose trop de questions !)

 

7 mars 2020

Poste d’entretien (Pascal)


Je me souviens quand on rentrait de plusieurs jours de mer ; battu par les vagues, blanchi par le sel des embruns, le bateau, s’il ne pissait pas encore la rouille, il était piqué de rougissures éparses ; des prémices orangées suintaient contre les cloisons et des flaques rousses séchaient un peu partout sur les ponts.
Ce qui pouvait passer pour de la négligence aux yeux des béotiens critiques, c’était pour moi la preuve du mauvais temps traversé. Ces marques de rouillure, c’étaient nos médailles personnelles, des batailles de chaque seconde, gagnées contre les éléments ; c’était comme un fait de gloire qu’on n’avait pas besoin de raconter, puisque cela se voyait jusque dans la mature. Sur la Méditerranée, le Mistral, le Golfe du Lion, l’hiver, le vent d’Est, il y avait les ingrédients pour former des grandes tempêtes ; alors, les quatre, ensemble cela devenait homérique…

Pourtant, en mer, quand le temps le permettait, on devait assumer la propreté du navire. En matinée ou en début d’après-midi, entre le poste d’entretien, signifié dans les haut-parleurs au tiers de corvée, et notre présence sur notre lieu d’assignation, il y avait toujours un temps où l’on râlait, où l’on faisait semblant de ne pas avoir entendu, où l’on cherchait un prétexte pour éviter cette ennuyeuse besogne.
Pleins d’autorité, les gradés venaient nous chercher jusque dans nos bannettes. On avait mal dormi, mal mangé, on venait de le quitter ou on allait prendre le quart dans un moment ; pour notre peu d’entrain à aller peinturlurer, on avait plein d’arguments justificateurs qu’ils réfutaient avec l’habitude du vieux singe à qui on n’apprend pas à passer la deuxième couche.
Bouchons gras du fond des ténèbres, à moitié éblouis par la luminosité, la gueule des mauvais jours en façade, les mains dans les poches, on quittait le poste en traînant la savate et en rejoignant celui qui nous était affecté…  

Le mien était sur le spardeck, entre les deux cheminées. Il y avait toujours une ou deux moques de peinture grisaille avec des pinceaux à moitié secs, qui ressortaient comme par ensorcellement, de je ne sais quel réduit. À bord, du gris coque au gris souris, on n’avait pas cinquante nuances de gris.
Ce poste d’entretien, c’était vraiment une pénible corvée ; on n’y mettait pas beaucoup de zèle. On piquait mollement la rouille, on passait un coup de pinceau, ici ou là. « Peinture sur merde égale propreté », « Tu salues tout ce qui bouge et tu peins tout ce qui ne bouge pas », c’était nos exagérations habituelles.
Heureusement, il y avait toujours un peu de roulis pour transformer la tâche en jeu. On essayait de ne pas marcher sur ce qu’on venait de peindre, ni de s’appuyer contre une paroi fraîchement barbouillée ; on s’arrangeait toujours pour mettre un peu de badigeon sur une rampe, là où le second pourrait éventuellement se tenir en cas de balancement de mer perturbateur ; mais, celle-là, il la connaissait aussi…

Les ronflements des cheminées, les vibrations sous nos pieds, l’odeur de la peinture mélangée à celle du soufre des fumées, et l’infini en toile de fond, c’était notre punition.
Nous, les zombis des compartiments, les rats de cales, les serpillières à mazout, mal rasés, mal lavés, mal réveillés, le teint blafard, on avait les yeux qui pleuraient, des frissons de froid, la mouchure au nez et des bâillements de sommeil en retard. Les empreintes huileuses de nos godasses tannées laissaient leur marque sur le pont en jouant les glissades.
« Rentrez vos chemisettes dans le pantalon !... » avait beau gueuler le second, garde-chiourme, comme s’il avait honte de nous ; on faisait semblant de ne pas l’entendre…  

En tout cas, on prenait l’air. Dès qu’il avait le dos tourné, on allait contre le bastingage et on tirait la clope, en scrutant le paysage. Il n’y avait rien à voir et tout à admirer, en même temps ; les vagues revenantes, le sillage qu’on distinguait par moments, la blancheur de l’écume, les nuages s’accrochant dans les superstructures, les mouettes suiveuses, les confins abscons, cela devenait nos habitudes extraordinaires…

De jour comme de nuit, confronté entre l’abîme et l’espace, sans cesse bousculé par les vagues, telle une minuscule tache de gris dans l’immensité du tableau, cet escorteur d’escadre, c’était un non-sens, une gageure permanente ; c’était une forme d’obstination forcenée, tous nos ricochets continuels sur la grande bleue. Du branle-bas au masquage des feux, en passant par les relèves de quart et les exercices, le petit monde clos du navire se pliait aux ordres des haut-parleurs, comme pour garder l’équilibre entre l’immensité envoûtante et son hypothétique utilité de bateau de guerre.   
Nos perpétuelles circonvolutions brouillaient les bleus qu’on croyait avoir définitivement enregistrés sur notre palette sensationnelle ; mine d’argent à ciel ouvert, des paillettes de sel rebelles veinaient le pont sous l’effet d’un coup de lumière ; l’or du soleil offrait aux décors un luxe d’apparat auquel nous n’étions pas habitués…  

Si l’insidieuse relation entre la mer et le bateau est la maladie de la rouille, nous, soûls de grand air, pris par des desseins d’embellissements, on cachait l’intruse insoumise sous nos épaisses couches de peinture.
Aux changements de cap, aux soufflements des cheminées, il n’était pas rare de recevoir un paquet d’embruns sous la forme d’un furieux foisonnement de flocons froids ; aussitôt, ils constellaient notre travail, et notre gris souris se tachait de pièces blanches, et notre déception s’en allait râler contre la passerelle, et l’absurdité de la corvée accentuait son ampleur. Mais on savait pourquoi, demain, au poste d’entretien, tout frissonnants de froid, on reviendrait sur le spardeck, armés de nos grimaces, de nos pinceaux et d’un pot de barbouille ; c’était pour peindre encore notre bateau dans le tableau de la mer…   

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