Pour commencer par le commencement (si tant est qu'il y en eût...), au commencement était le Verbe, j'ai toujours aimé collectionner des petits objets, publicitaires ou non, sans grande valeur, notamment des fèves, en plastique blanc ou en porcelaine peinte que l'on trouvait dans les galettes des rois à l'Épiphanie.

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Plus tard, en chinant, j'ai eu l'occasion d'en engranger pas mal, de les étudier, répertorier, notamment à l'aide de ce beau livre.

Forcément, au-delà des porte-bonheur, chaussures, voitures et puis plus ou moins n'importe quoi, le thème de la crèche s'est avéré émergent.

Lorsque qu'en voyant la fève avec le personnage levant les deux bras au ciel il m'est arrivé de dire tout haut :

- "L'orant !"

Plus d'une fois de m'entendre répondre :

-"Laurent ?"

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Et de donner l'explication de ce personnage sur lequel on se fait une fausse idée en le prenant pour le "ravi" de la crèche !

Et de ne pas ajouter à la confusion en disant :

-"L'orant d'Orient !"

Ce qui serait resté possible mais trop taquin puisque l'orant est originaire d'Orient, puisque la prière les bras levés est indiquée dans l'Ancien Testament.

Comme le patrimoine archéologique est toujours intéressant et d'autant plus par les temps qui courent quand il est proche, j'avais déjà évoqué un patrimoine local gallo-romain et le défi # 487 m'avait fait découvrir des thuriféraires de voisinage.

Justement, concernant l'orant, il existe aussi dans la crypte de la cathédrale (mais hélas plus accessible à la visite), un sarcophage gallo-romain du IVème siècle figurant l'orant d'Orient que les premiers chrétiens ont eu l'autorisation de représenter.

D'ailleurs, le sarcophage aux arbres du musée d'Arles nous offre un retour en Provence, porte de l'Orient...

Bonus à propos du verbe orer (prier), directement issu du latin "orare" :

"J'aim miex devant les gens orer,

Et affubler ma renardie

Du mantel de papelardie."

(Guillaume de Lorris et Jean de Meung, Le Roman de la Rose, XIIIème siècle, ligne 11715)

J'aime mieux prier devant les gens

Et couvrir ma ruse

Du manteau de la fausse dévotion.

Oui, dans le Roman de la Rose comme dans la vie, la tartufferie est de mise et les voies de la séduction emprunteront bien des chemins... pas toujours des plus catholiques !

photos de l'auteur, mars 2020 - l'explication de la crèche provençale provient du livre suivant :

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