Un ange, sorti de mes entrailles... (maryline18)
Je n'étais encore qu'une simple parturiente en proie à la douleur quand d'un cri, tu as fait de moi une mère !
J'ignorais alors que ma force pouvait flancher, que ma patience pouvait avoir des limites, que mon courage ne serait pas surhumain. Tu allais tout m'apprendre des maladies infantiles, des angoisses de ce qu'il aurait pu t'arriver mais aussi des joies de te caliner, de te nourrir, de te laver, de te promener, de t'éduquer...
J'ignorais la douceur et je l'inventais pour te l'offrir.
J'aimais quand la chambre se vidait et que je te chuchotais tout mon amour. la pudeur ne m'empêchait pas de te livrer chaque soir les déclarations que j'avais mises de côté depuis presque neuf mois. Même si tu fermais tes beaux yeux en amandes, tu m'écoutais, et pour me le prouver tu serrais un peu plus mon index dans ta menotte. Parfois le bout de tes doigts blanchîssait .
Tu avais vite trouvé comment te rassasier ! je prolongeais les têtées au risque de voir arriver les crevasses et les recommandation des puéricultrices. C'était tellement bon de sentir ta petite bouche tout contre mon sein et de devenir utile... utile à ton épanouissement.
C'était si facile d'être ta maman, alors...Je savais les berceuses, les postures à adopter pour aider ta digestion, les massages sur ton petit ventre rond pour éloigner les douleurs. Je réussissais à te parler et à faire toutes ces choses comme si tout mon être savait depuis toujours.
Le monde pouvais bien aller tout de travers, tu ne manquerais de rien, j'en faisais le serment ! Tes brassières, toutes lavées au savon de marseille pour t'éviter les allergies étaient bien pliées dans la petite valise et les caches- brassières, offerts par belle maman attendaient, bien repassés, que tu y vomisse le trop plein de laid... vraiment, tout allait pour le mieux .
Tu avais transformé mon monde en paradis, bel ange que tu étais.