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Le défi du samedi
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17 août 2013

THANATOPRAXIE (joye)

Quand je ne serai plus, ayant vécu ma vie,

Je voudrai que ces chiens me montent bien la garde.

Sur les poignées en noir de mon cercueil garni,

Ils mordront chaque main trop triste ou trop gaillarde.

Et quand les loups d’enfer hurleront à me voir,

Ces deux, lâchant leur proie, iront à ma défense.

Montrant leurs crocs luisants, ils mordront les mollets

De chaque rabat-joie dans les environs denses.

 

C’est bien la moindre chose que la mort me devra :

Un lieu pour le repos qui un jour me viendra.

Quand j’aurai eu mon dû, et tout mené à bien

Je voudrai m'endormir, ô sacré nom d’un chien !

 

defis

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17 août 2013

La porte emmenée dans une plaisante chute ! (JAK)

 

 

 

Défi 259

 

 

 

Oh Sésame ouvre toi ! Oh porte mystérieuse

 

Défendue par des lions aux gueules alarmantes

 

Derrière toi j’imagine mille fées bienveillantes

 

Ou quelques diables dansants, malins et malfaisants

 

Génie, oh toi sésame fonctionne tout comme une clé

 

Pour ouvrir cette porte sur ses gonds vieillissants

 

Découvrant mille choses que je voudrais saisir

 

Foin des incertitudes, que ma curiosité va peut-être subir

 

Vais-je donc m’avancer sans protéger mes yeux ?

 

De l’horreur que taisent tous ces Arcanes prestigieux

 

Secrets, pouvant uniquement être connus

 

Des seuls initiés dont, c’est certain, je ne suis.

 

Ou bien tout grand vais-je les ouvrir, émerveillée

 

Éblouie devant toutes ces fééries devinées

 

Qui présagent bien des choses humaines à creuser

 

Pour une introspection au profond de moi-même

 

Car, porte Mystérieuse qui semble si bien close

 

Ne dissimulerais tu pas mon âme enlisée

 

Dont je n’ai à ce jour connu la profondeur

 

Ange ou Démon je ne le devine pas encore

 

De t’ouvrir vais-je pouvoir enfin apprendre

 

Autres choses que tout être qu’il soit dur ou tendre

 

N’est qu’un pauvre hère sur cette terre de méandres

 

Parmi tant d’autres hères et qui n’ont encore jamais pu

 

Savoir la vérité sur eux, ou seulement voulu ?

 

Oh Porte fermes toi sur toute cette inquiétude !

 

Dans aucun parchemin, ne s’inscrit, de l’humain la finitude,

 

Insinuant le lien entre son extérieur et son intime

 

Des fins fonds ténébreux aux lumières des cimes

 

Et puis…..

 

Un courant d’air coquin m’a vivement réveillée

 

De mes rêves d’inquisiteur de l’âme j’ai vite dégringolé

 

Mon esprit pragmatique a repris, le dessus

 

Et là, dans cette brocante, cette porte vermoulue,

 

Après m’avoir fait rêver, m’a alors convaincue

 

De l’acquérir, pour clore ainsi mon gentil poulailler

 

Afin que nulles poules ne puissent s’en échapper

 

C’est dès lors, qu’avec splendeur l’enclos des poules elle a fermé

 

Permettant alors à tous mes visiteurs à leur tour de rêvasser

 

Devant elle

 

et,

 

Désormais, c’est ainsi que vous la verrez

 

Poule

Nota pour la chute,

 

Sorte de suite à mon

 

 

Défi du 20 juillet 2013

 

(Non préméditée)

 

Mes poules à plumes, les poules à moi. (JAK)

 

jakepistolaire3.blogspot.fr

3 août 2013

Suivez le guide : Devinettes estivales, originales et même parfois bilingues (Joye)

 

 

Pourquoi la ville de Paris est-elle comme un livre drôle ?

Quand on l'ouvre, les tuiles rient.

Paris

Qu'est-ce qui arrive si les tuiles rient ?

L'orange rit aussi.

Paris

Qu'a dit le touriste américain qu'on a retrouvé écrasé devant le resto Jules Verne ?

I fell.Paris

Où courent les cochons dans la ville-lumière ?

Aux champs et lisiers.

Paris

Que chantait le touriste américan le 4 juillet à Paris ?

Orsay, can you see...

Paris

Pourquoi prend-on un taxi à la fin d'une soirée décevante à la Comédie française ?

J'ai Paris, métro, c'est trop.

Paris

Où vivait la Mère Denis ?

Sur l'ile de la citée.

Paris

Que faisait-on pour le touriste malade à Paris ?

On l'opéra.

Le gars niait ?

Non, l'autre.

Paris

Quel monument parisien évoque le plus de souvenirs quand il pleut ?

La Madeleine, mais seulement si l'on est trempé.

Paris

Pourquoi y a-t-il des ossatures qui manquent aux Catacombes ?

Car Lamotte-Piquet.

 

Merci messieurs-dames, ainsi termine notre visite.

Bonne journée et, surtout, n'oubliez pas le guide !

 

15 juin 2013

Observer est mon métier (MAP)

Le métier dont je veux vous parler est celui de Vérificatrice de Paysages autrement dit :

HUBLOTISTE !

Métier qui consiste à vérifier en observant le paysage par le hublot d'un avion que tout est bien à sa place : villes, montagnes, lacs, fleuves, mers et océans ... et raconter, à la demande, ce que l'on voit aux passagers situés au centre de l'avion et donc privés d'horizon (les pauvres !!!)

Voici quelques exemples de vérifications :

 

Vue d'avion Les U

 

 

DSCF7622

 

 

Champs

 

 

Ville

 

 

Evidemment là il est plus difficile d'observer !!!! A chaque métier ses aléas !!!

R A S Nuages

17 août 2013

Passer les trois portes ... ou pas ! (Zigmund)

Il m'était arrivé, il y a bien longtemps de passer cette porte, en invité, pour partager un café.
Pour diverses raisons je n'avais pas souhaité entrer là comme initié.
Déjà mon trop grand penchant pour le désordre...
Mais j'avais remarqué cette sonnette et interrogé mon hôte lequel avait répondu : 
la sonnette ?  oh, simple ornement, elle ne fonctionne plus depuis bien longtemps !

                                                  ...
J'ai attendu d'être presque adulte pour me mettre à tirer les sonnettes ; quand j'étais lycéen, je le faisais systématiquement  sur le chemin du stade, pour exprimer ma révolte,et mon désaccord  avec les activités sportives proposées. Le jour où quelqu'un est sorti et m'a engueulé ainsi que mon prof, j'ai stoppé mes nuisances et me suis cru guéri.

300px-Square_and_Compasses_at_Masonic_Memorial_2


Sans doute ne l'ai je pas été complètement, peut être suis je resté un grand ado, quelque peu bancal aujourd'hui.

                                               ...
Bien des années plus tard,  je marchais péniblement en m'appuyant sur ma canne, dans cette  "rue de la sonnette de la Loge". 
En repassant devant la grande porte, je me souvenais  de cette ancienne  incursion du "côté de la lumière". 
J'ai regardé la sonnette, quelques minutes, l'ai prise en photo... j'étais seul dans la rue... le bâtiment semblait inoccupé.
Bref, je n'ai pas résisté longtemps, et  j'ai tiré la langue du lion.... où était le problème puisque ça ne marchait pas ?  je suis sûr que vous auriez fait pareil...
Sauf que ces traîtres avaient réparé la sonnette, et que j'ai bien entendu une sonnerie  retentir à l'intérieur !
Aïe ! 
Pas question de courir,(entraînement insuffisant) ... La seule solution consistait à  continuer ma route le plus dignement possible : qui pourrait imaginer qu'un bourgeois quinquagénaire pourrait tirer les sonnettes ?
Je ne me suis forcé à ne pas me retourner quand la porte s'est ouverte et que j'ai senti dans mon dos le regard scrutateur du "frère servant" cherchant le jeune polisson sans doute responsable de ce forfait.
S'il m'avait appelé, j'aurais répondu froidement et avec aplomb : "le gosse est parti par là...voyons monsieur, vous pensez bien que ce n'est plus de mon âge de tirer les sonnettes ! "
Si un jour je souhaite passer ce type de porte, il faudra que j'avoue mon forfait (et mon mensonge.)   
 Je crois que, comme Papageno,  je ne suis pas prêt tout simplement.

                                                             ...

 

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20 juillet 2013

Querelle de poulailler (Sandrine)

La poule couve

 

Cul-Serré : Ben qu'est-ce que tu couves ma poule ?


Cul-Pincé : Un chien de ma chienne et je te le réserve, ça t'apprendra à caqueter sur mon croupion jusqu'au fin fond de la      basse-cour !

      Conclusion : Réconcilier des œufs brouillés, c'est envisageable mais des poules brouillées, c'est impensable.

      Aparté : Dites, vous ne trouvez pas que c'est un comble pour des poules pondeuses de porter de pareils noms ?

      Réalité : Vous croyez vraiment que je vais avaler l'idée que cette poule a sorti ça de son oviducte et de son cloaque ?

     (Ah, ben, je suis contente ! C'est pas tous les jours que je place quelque part le mot oviducte !)

      Imaginaire : Le poussin de dire à sa petite mère "Dis môman, je crois vraiment que tu as besoin de lunettes !"


    Des bises à l'omelette et à vous aussi ;)

    SandrinOchka

15 juin 2013

Inside (Stella No.)

Sur les deux écrans géants se jouait une scène digne du meilleur mélo :

 

« Ca fait des semaines qu’on fait semblant, Stella. Il est temps de  mettre un terme à cette mascarade.

Nous deux, c’est fini depuis longtemps, il faut qu’on mette les choses au clair. Que toi et moi, on sache où nous en sommes… »

 

L’alarme retentit alors, faisant sursauter les spectateurs.

 

-      Aller, les gars c’est le moment ! Hop hop hop, on s’active !, hurla le chef d’équipe.

 

Comme un ballet très souvent répété, chacun courut vers son poste.

 

-      Equipe 1, titiller moi la glande, faut qu’on ait suffisamment de jus !

Equipe 2, balancer le chlorure de sodium. Et cette fois, n’en mettez pas trop car la dernière fois, elle a eu les yeux irrités plusieurs heures.

Equipe 3, on a encore des protéines à refourguer ? Non ? Merde, ça ne va pas les gars !!! Bon des enzymes alors ? Ok, c’est bien les enzymes, mais je veux des protéines la prochaine fois !

 

Le chef d’équipe s’interrompit, le temps d’assister à la mise en place du mécanisme. Levant les yeux, il constata qu’une brume liquide avait envahi les écrans et que la scène n’en était que difficilement visible.

 

-      Bon ok, c’est parti. On balance la sauce une minute et on avise.

 

« Je comprends, Chéri, je t’assure, mais je ne peux pas m’empêcher de pleurer. Ce qu’on a vécu toi et moi, ça disparait pas comme ça… ».

 

-      On reprend les gars, ouvrez les vannes !, beugla de nouveau le chef.

 

« Stella, moi aussi ça m’attriste mais il faut se rendre à l’évidence. On s’adore tous les deux, mais on ne s’aime pas vraiment. Je ne t’apprends rien, tu le sais. »

 

-      C’est bon, ça se calme. Et dites aux autres d’y aller mollo sur les joues rouges.

Bon sang ! Trop de chlorure de sodium, Bob, fais gaffe !

 

« T’as raison… ça va être difficile mais je sais que tu as raison ».

 

-      Ouf, cette fois, j’ai bien l’impression qu’on va être d’astreinte moins longtemps les gars !

Equipe 4, surtout faites-moi bien le ménage après. Il restait trop de saleté la dernière fois. On a un contrôle qualité bientôt, je ne veux plus aucune trace de médoc !

 

Observant les écrans, il reprit :

 

-      Allez, on en remet un coup et ça devrait être bon.

 

Le chef d’équipe osa enfin relâcher la pression. Tout s’était déroulé sans trop de problème cette fois.

Quel métier éprouvant que celui de faiseur de larmes, quand même !

 

***********

Ste

29 juin 2013

Amitiés internationales… (Prudence Petitpas)

pru1

-          Courage ma fille, nous sommes bientôt au bout de nos peines, allez, tiens le coup, on arrive au bureau d’enregistrement… lui dit sa mère, alors qu’elles courraient toutes les deux dans les couloirs sans fin de l’aéroport de Schiphol à la recherche de ce foutu bureau. Il faut dire qu’elles venaient de faire douze heures d’avion entre le Honduras et Amsterdam, et que Marie, la plus jeune, avait très mal au ventre depuis qu’elle avait ingurgité le jus d’orange servi par la compagnie aérienne. Elizabeth, la maman, ne savait plus quoi faire pour la remettre sur pied et pas très à l’aise dans les aéroports, paniquait un peu à l’idée de ne pas trouver le bon bureau. Ayant  trois d’heures d’attente lors de cette escale,  elles arrivèrent très en avance sur l’horaire, et Liz, de son petit nom,  sortit du peu d’énergie qu’il lui restait son plus beau sourire à l’hôtesse derrière le comptoir et commença à baragouiner en anglais, tendant son billet et son passeport.

-          Vous n’êtes pas au bon endroit, madame, ici c’est la porte d’embarquement, il faut retourner sur vos pas…

Liz, déconfite, comprenant avec peine ce que disait cette blonde à l’accent incertain, fit une telle tête que l’hôtesse lui attrapa son billet électronique, regarda son passeport et lui dit que vu la distance à parcourir elles pouvaient s’enregistrer ici, et qu’elle les appellerait lors de l’embarquement. 

Liz souffla, et regardant l’air décomposé de sa fille, lui proposa d’aller se rafraichir aux toilettes, tout près d’ici.

Pendant ce temps, son regard circula sur les rangées de fauteuils déjà bien occupés, jusqu’à en repérer deux à côté l’un de l’autre. Elle alla s’assoir, et étendant ses jambes, elle ferma à demi les yeux pour se détendre un peu. Elles étaient parties faire une action humanitaire dans ce dangereux pays qu’est le Honduras et ces quinze jours sur place, bien que riches en rencontres, en découvertes et en émotions, les laissaient éreintées. Elles avaient hâte de rentrer chez elle où leur mari et père les attendait. Marie revint des sanitaires, plus blanche que jamais, chercha sa mère du regard et alla d’une traite se poser vers elle.

-          Vannée, je suis vannée… ça va toi ma p’tite mère ?

-          Oui, tout va bien, vivement la fin de ce voyage… il ne nous reste plus qu’à attendre l’embarquement.
Deux heures plus tard, l’oreille aux aguets, elles entendirent la voix de l’hôtesse annoncé l’embarquement pour Lyon, elles se levèrent alors et s’approchèrent de la porte. D’un geste précis, l’hôtesse leur fit signe de se mettre sur le côté et elles attendirent sagement qu’on leur dise d’y aller, ne comprenant pas vraiment la raison qui les empêchait de suivre le troupeau de touristes qui s’enfonçait dans le couloir pour rejoindre leur avion.  Il ne restait plus que six personnes à attendre, quand l’hôtesse leur expliqua dans un français très relatif, que l’avion avait été surbooké de 6 places, que 3 personnes seulement ne s’étaient pas présentées et que s’étant enregistrées au mauvais endroit, elles ne pouvaient prendre cet avion.
Gros moment de solitude pour la mère et la fille dont les informations arrivaient tout doucement dans leur cerveau et qui commençaient à comprendre qu’elles ne pourraient rentrer chez elle par ce vol. Ils étaient trois dans le même cas, puisque derrière elles un monsieur attendait et leur dit dans un français parfait, avec un accent de Strasbourg, que lui aussi  ne prendrait pas ce vol, et qu’il ne fallait pas qu’elles s’en fassent, tout allait bien se passer.

-          Quelle chance d’être avec un français, souffla-t-elle à sa fille dont la colère avait redonnée quelques couleurs à son teint. On va bien trouver une solution, reprit-elle assez peu sure d’elle mais faisant marcher son éternel optimisme. Elle entendit alors ce même homme parler à l’hôtesse qui s’avançait vers eux dans un pur hollandais et Liz ne put s’empêcher en se tournant vers lui de lui dire dans son plus joli sourire :

-          La providence nous offre un français qui parle apparemment couramment hollandais… quelle chance, c’est plutôt rare !

Et l’homme de rétorquer :

-          Je suis plutôt un hollandais partant couramment français, ce qui est déjà moins rare…enchanté, je me prénomme Herman et l’hôtesse vient de me dire que   la compagnie va nous dédommager de ce changement de programme et que nous allons pouvoir appeler gratuitement le numéro de notre choix pour prévenir quelqu’un et toucher la somme de 250 euros chacun pour combler ce préjudice…

Cette information redonna un peu plus de couleurs à Marie, et fit sourire sa mère qui reprenant de l’énergie fit agir son charme en acceptant la proposition de partager ces quelques heures d’attente avec leur compagnon de fortune.

Ils discutèrent à bâton rompu tout ce laps de temps, firent connaissance en refaisant le monde ou presque et lorsqu’ils s’aperçurent qu’aux prochaines vacances,  Herman et sa femme ne passaient pas loin du domicile de Liz et son mari, ce fut naturellement qu’ils s’échangèrent leur email avec la promesse de se retrouver quelques mois plus tard chez le couple français.

Ce fut le début d’une longue amitié internationale entre un couple français et un couple Hollandais… qui dure encore et encore…  Merci le surbooking…

8 juin 2013

Façon coquine : (Stella No.)

Ste
L'Apollonide - Souvenirs de la maison close

 

"Dans le salon de Madame des Ricochets

Les miroirs sont en grains de rosée pressés

La console est faite d'un bras de lierre

Et le tapis meurt comme les vagues.

 

Dans le salon de Madame des Ricochets

Les gentlemen sirotent un vieux bourbon

Les dames minaudent et séduisent

Tandis qu’un pianiste joue en sourdine une étrange mélopée.

 

Dans le salon de Madame des Ricochets

Un homme saisit une dame par la main

Et l’allonge sur lui, ventre contre ses genoux

Lui soulevant les jupons, il lui assène une fessée.

 

Dans le salon de Madame des Ricochets

Certains exultent à regarder l'excitant spectacle

Tandis que d’autres débutent cette antique danse

Corps contre corps, langueur et soupirs, transe érotique.

 

Dans le salon de Madame des Ricochets

L’odeur de l’alcool et du désir excite ces hommes si soignés

Ils ont le contrôle, ils ont le pouvoir, ils ont payé

Ils peuvent choisir de gratifier ou bien de punir.

 

Dans le salon de Madame des Ricochets

Avec violence ou tendresse, les gentlemen prennent leur pied

Et Quand sonne Madame des Ricochets

Le rituel est clair: les gentlemen suivent les prostituées.

 

Dans le salon de Madame des Ricochets

Il ne reste plus personne, les dames assouvissent tous les fantasmes

A l’étage, les soupirs et les cris sont feutrés

Et nul ne doute que les gentlemen obtiennent ce pour quoi ils ont payé."

6 juillet 2013

Défi #254

Chers amis défiants voici revenu le temps des

 "Défis de l'été"

pour juillet et août

autrement dit pendant ces deux mois

une photo vous sera présentée chaque semaine

afin qu'elle vous inspire

à votre guise ...

Voici la première :

Avion Nils Holgerson

Bon envol ...

Vos envois sont attendus à

samedidefi@hotmail.fr

Bon été à vous !

8 juin 2013

Participation de Venise

"Dans le salon de Madame des Ricochets

Les miroirs sont en grains de rosée pressés

La console est faite d'un bras de lierre

Et le tapis meurt comme les vagues.

Mais ce qu’il y avait de plus étrange c’était cette pénombre bleutée dans laquelle toute la maison baignée qui me guinchait avec son œil  de pythonisse

Sur la terrasse jonchée de monnaie d’or d’un frêne qu’un coup de vent aura vite éparpillée je peinais à voir calfeutrée la haut dans la chambre de la vielle tour pentagonale Viviane et sa sœur Morgan La maison me souriait comme dans un sommeil sans rêve.

Le sol de Mica du salon scintillait sous mes yeux, pendant que le brouillard pénétrait par les fenêtres mis closes.

C’est sur la pointe des pieds que je constatais consternée ma découverte.

Une partie du toit s’était effondrée entrainant les plafonds à l’étage

Un vestige de tonnelle et de pergolas avait fini l’étrange mutation organique de la maison

Ve1

Trois pétales de lis ou de glaïeul recouvraient les fesses de Madame des ricochets qui hurlait de rire dans le salon. La théière flottait dans une mer de Chine et son portable captait les derniers messages des cormorans.

Dans l’escalier sous le mur de la mezzanine un grand miroir captait le soleil et illuminait le vestibule du bas.

Une marche après l’autre n’y tenant plus je m’approchais du miroir

Sur un tapis d’aiguille de pin gisait un cœur pris dans la neige.

 

15 juin 2013

Le sourceur –Chasseur d’essences naturelles– (Venise)

Il  avait toujours su que les parfums naturels régissaient le monde .

Et qu’on ne comprenait rien à la vie ,si on vivait dans cette ignorance.

         Car personne ne pouvait se soustraire aux odeurs, à ces molécules vivantes qui fécondaient l’univers.

Tel un savant tout droit sorti de son atelier, où d’authentiques encens fumaillaient dans de vieilles casseroles Jacques dit, le ‘NEZ ‘s’aventurait, sur les cotes méditerranéennes.

Muni de ses petits carnets il notait tout  les accords des genets volatiles qu’il suivait dans leur sillage.

Les accords venaient ensuite par petites touches des romarins accrochés au calcaire.

Les orges des vagues marines léchaient le crépuscule .tandis que jacques reprenait son souffle enrichi par la fragrance des résines des pins

Sous lui ,les toits plats des cabanons des pêcheurs d’où séchaient en se balançant les sardines.

L’huile chaude et le sel des chairs cuites au soleil remontaient de la falaise blanche.

 

Ici la terre de couleur fauve vivait à part comme prise dans une parenthèse d’odeurs sucrées salées. Humant l’air vif et chaud JACQUES semblait acquiescer  Dieu lui-même.

Soudain il s’interrompit et ouvrit son carnet saisi par une odeur inconnue.

L’odeur flottait comme une arche au-dessus de la mer. Il aurait bien aimé allumer un bâtonner d’encens pour purifier l’atmosphère .Il avait peur et cette peur on la reconnaissait sur son visage.

Jacques avait du mal à identifier le goudron des routes. L’index levé il menaça le ciel.

Il n’avait rien contre le progrès, mais cette odeur lui perçait le cœur.

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On raconte encore que JACQUES dit le NEZ  s’est endormi dans la garrigue et que les feuilles de son carnet sont montées par inclination naturelle jusqu’aux narines des puissants.

 

15 juin 2013

Les 5 métiers que j’aurai voulu faire petite fille (KatyL)

Le premier métier : de tous je voulais être enchanteresse, passer mon temps à enchanter les gens, les voir heureux, les voir sourire, et les entendre dire : «  pourvu que notre enchanteresse passe ce jour pour  que je me sente mieux »

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Le deuxième métier : était fabriquer des boites (et des objets) à bisous, genre enveloppes avec envoi des bisous tout frais, boites avec tous les bisous que l’on a entreposés en attendant de les donner, oreiller avec des bisous rêvés imprimés, rubans avec des bisous dans les cheveux….

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Le troisième métier : Enfileuse de colliers de rêves, car les beaux rêves s’en vont aussi vite qu’ils sont arrivés, alors  en les enfilant à un fil d’or, et en les gardant accrochés nous  pourrions aller les rechercher si un cauchemar se profilait et en  accrochant au-dessus de notre lit un rêve gardé nous pourrions le revivre

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Le quatrième métier : Peinteresse de merveilles,en fait je voulais peindre toutes les fleurs et les merveilles du monde pour les offrir aux regards de ceux qui les ignorent ou qui demeurent trop loin ou qui n’ont pas accès au jardin du savoir.

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Le cinquième métier : faiseuse d’étoiles,car les nuits noires sont trop tristes et dangereuses, les nuits étoilées sont toujours un bonheur quel que soit l’endroit de la terre où on les aperçoit, j’en mettrais des millions partout, plus besoin de laisser des lumières sur terre la nuit, les étoiles éclaireraient le monde.

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J’espère vous avoir enchanté ce soir, je vous envoie à tous des boites remplies de bisous collectionnés parmi les meilleurs pour vous,  j’accroche sur les murs de votre vie les tableaux de merveilles de fleurs  avec l’esprit d’ouvrir encore vos regards déjà ébahis à la beauté du jardin fleuri de la terre, et,  j’enfile vos colliers de rêves les plus beaux depuis votre naissance pour les suspendre au-dessus de vos chères têtes, afin de peupler vos nuits étoilées.

29 juin 2013

Safari (Venise)

Il avait brandi une carte de visite chamarrée, qui le présentait comme le spécialiste du safari de Buffles d’Afrique, aventure pittoresque à des tarifs compétitifs. Il était même venu à me raconter les joies du safari.

Il me proposait donc ,de m’emmener dans des régions où nul autre blanc n’était jamais allé.

Dans la lueur de la brume du petit matin, le guide m’attendait sur sa moto.

            On va voyager là-dessus protestai- je ?

            Bien sûr dit-il.

C’est à quelle distance ?

Dans six à sept cents kilomètres

J’imaginais mon quintal de chair grasse flasque et dépourvue de muscle filait à cent cinquante kilomètre-heure sur la route.

Non refusais – je fermement.

On peut prendre ta voiture si tu veux.

Et nous nous retrouvâmes à foncer plein sud dans la brousse.

Après des heures de route que je ne comptais plus.  Un troupeau d’une douzaine de buffles broutait tranquillement dans les hautes herbes.

Ve1

Un buffle mâle nous attendait, la tête haute les naseaux dilatés, ses énormes cornes se découpant sur la brume qui montait de la rivière. Il me fusillait du regard.

Ve2

J’avais un couteau de table plutôt élégant dans le tiroir à couvert, mais le couteau n’était pas à portée de main.

Le poids du véhicule devait être équivalent à celui du buffle.

J’ai compris plus tard que dans la nature rien ne frappe plus vite qu’un bluffe contrarié

Le mouvement est si rapide qu’il est impossible de l’observer.

Au même moment j’entendis mon guide me chuchoter : si tu ne fais pas de geste brusque, il ne chargera pas.

Ça va le rendre malade et de mauvais poil et il n’y a rien de plus dangereux qu’un buffle de mauvais poil croyez moi. !!

La redoutable tête s’approcha de mon bras sur le côté gauche.

Je n’eus même pas besoin de réfléchir

Il souleva le véhicule avec ses deux cornes

Espèce de connard gueulai-je en direction du guide.

Continue d’accélérer   tu va voir tu vas y arriver répondît-il  atterré.

Nous étions dans une impasse .impossible de tout lâcher et de partir en courant.

Je me serais évanouie si  l’idée de m’évanouir dans une masse de buffle avait été plus attrayante

Bien sûr dit mon guide tu es dans un état de terreur avancée.

Ce qui rend tous ces buffles très mécontents !!

Bon je ne voudrai pas te froisser, mais dans ton état de panique actuel tu présentes un sacré danger pour moi dit le guide.

Au retour le véhicule défoncé, le guide me dit, de son plus beau sourire ne t’inquiète pas je ne dirai rien à personne.

J’eus envie de sauter du véhicule en marche, mais où aller ?

Car voyez vous je connais la brousse maintenant. Les buffles sont indéniablement des créatures intéressantes dans leur habitat à condition que cet habitat soit à des milliers de kilomètres du mien !!

Ve3

8 juin 2013

Trahie (Célestine)

Cé

 

"Dans le salon de Madame des Ricochets

Les miroirs sont en grains de rosée pressés

La console est faite d'un bras de lierre

Et le tapis meurt comme les vagues.

 

Ses mains de  roses fanées

Tremblent devant ces beaux miroirs

Et une larme de vieil organdi

Dévale ses joues de papier froissée

 

Monsieur des Ricochets serait parti

Pour une jeune estaminette

Au nom soyeux de Rodogune

Le ciel s’est déchiré soudain

 

Ah! madame au salon se meurt

Des habitudes de septembre

Quand les tapis aux fenêtres tombent

Comme des étendards flétris

 

Et dans le miroir son visage

Où les larmes ont creusé des lacs

Et des sillages de blé noir

La console a un goût de cendre

 

22 juin 2013

Ah, non, je ne travaille pas du chapeau, je travaille de la valise ! (Sandrine)

Déroulement des opérations : Je remplis une valise de laines cardées colorées... J'y ajoute, un carré de mousse, des aiguilles à feutrer, une pincée d'imaginaire, une dose de savoir faire, un soupçon de patience...

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Je ferme. HOP, HOP, LA... Je pars au bout du jardin... ABRACADABRA, j'ouvre et voilà :

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Une mignotille (mignonne et gentille) sirène d'eau douce et un poisson à barbillons lui mangeant dans la main

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C'est magique, non ? :)

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1 juin 2013

marais pas jean‏ (titisoorts)

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Le mot barque, c'est en lisant le défi du samedi que j'ai eu comme un retour en arrière, comme une gêne. Alors j'ai voulu en savoir plus. Je ressentais à ce mot, comme un calme, une phrase qui me disait " calmos on n'a tout notre temps, prends une barque, allonge toi dessus et laisse toi flotter au grès du courant, laisse toi bercer par le tangage, laisse toi aller, laisses toi." Je me revois, rame en main en bout de barque, devant moi, ma dulcinée, nous voguions vers nous, notre navire fendais les lentilles tandis que les branches d'un saule s'inclinaient et balayaient la conche éblouie par le coucher de soleil. Les conches, les rigoles, l'aeve, les mojhètes, si le vent buffe si vous attrapez accident, c'est que vous n' êtes non loin de l'endroit ou je suis né. Le patois du mairais poitevin. Des mots que j'avais oublié, enfouis sous des couches de moment, vie trépidante et parfois chiante, pour s'extraire ici, et maintenant, au bout de mon stylo. "vas cri de l'aeve" vas chercher de l'eau, des phrases qui me reviennent, des images qui me font arriver l'eau à la bouche. Des plats et des plats d'escargots à la persillade préparé par ma mère, des plats d'anguilles et je faisais honneur. Les anguilles que nous pêchions mon père et moi, des moments ou concentrer, moi, le gamin, les yeux fixés sur mon bouchon qui dansait, sautait grace aux taquineries des gardons et des brèmes.Les mojettes du marais, le préfou, une baguette passée au four avec à l'intérieur du beurre aillé, à l'apéro, un délice. Goûts, souvenirs, amour, enfance, espoir, vie, comprendre, apprendre, liberté, envol, armée, tout se mélange. A dix huit ans, j'ai pris mon paquetage et j'ai quitté tout cela, j'ai suivi les courants qui m'ont amené là sur le bout de mon stylo. Après bien des morts, de vie, d'amours, d'évolution, de révolutions, de compréhensions, de connaissances de reconnaissances,  J'ai comme quitté le navire de mon enfance pour conduire ma propre barque. J'ai une imag, au moment ou j'écris ses mots, moi, sur la terrasse à Coulon au milieu du marais attablé et heureux. J'ai aussi une série que j'avais oublié une série qui s'est filmé chez moi, qui s'appelait" graine d'ortie". Je me souviens que je m'identifiais à ce petit garçon, on se ressemblait et j'aimais ses jeux espiègles, sa liberté. Il se faisait la malle du cathé et disait tout en courant dans les prés" c'est mieux de courir dans le marais après les vaches que le cathé, c'est plus marrant non ?" Tu parles, nous gamins, des paroles insidieuses qui sans bruit s'installaient en moi, et qui ont nourri mon existence. Les balades en barque avec les copains à taquiner les touristes en leurs demandant la route à prendre, dans une rigole unidirectionnelle, le plan à l'envers. Je me souviens aussi, pour épater, nous remuions le fond des conches avec la rame, le méthane remontait à la surface, nous enflammions le dessus de l'eau grâce à un briquet, nous étions les magiciens du marais. Je me souviens et je deviens mélancolique, les souvenirs passent dans ma tête, les images défilent, avant de m'endormir j'en volerais quelques unes pour mieux les détailler et mieux les ressentir émotionnellement.C'est peut être un peu bateau mais c'est ma barque.

 

1 juin 2013

Participation de Venise

L’arbre est le frère de la rivière.

Ou son bon voisin, le grand se penche sur le fleuve et lui fournit l’ombre qui lui manque.

Dés fois l’arbre se penche vers la berge et lui envoie un oiseau pour lui tenir compagnie

Aucune rivière ne met la main sur l’arbre, aucune rivière ne refuse la barque d’écorce

Je ne pense à rien comme si j’étais un midi insouciant.

Je rame avec l’impatience de l’abeille, je rame et me dispense de savoir où me conduit le courant.

Je regarde vers le haut les yeux à demi- clos, je vois un soleil au zénith et un figuier long comme un minaret qui ne tient compagnie à personne.

La barque coule légèrement comme si elle était l’invitée de la rivière avec une joie orpheline

D’une enfant qui cherche les clefs de sa maison.

Je suis le seigneur de cette rivière, dans l’argenté de son vert ascétique j’ai trouvé ma couronne d’épine et de jasmin.

Chaque rivière a sa colline comme l’alphabet ses lettres, chaque rivière sa langueur

Ici l’éternité salue mon passage, et comme une femme qui se dévêt lentement dans l’imaginaire de l’amant je suis la feuille de l’arbre, le vent dans les vieux tilleuls, la truite dans

la l’aune.

Ici au cœur de cette éternité familière et insouciante je devine la langue des nuages.

 

Louée soit la légèreté louée soit elle !!!

 

Ve1

1 juin 2013

Participation de Prudence Petitpas

pru1Tu m’embarques dans ta barque depuis plusieurs années, mais il semblerait que le voyage se termine. Faut-il encore ramer quand la berge est à côté ? Faut-il encore essayer de s’évaporer dans la brume quand le temps est clair et le ciel dégagé ? Envie simplement d’accoster, envie tout simplement de changer l’allure de la promenade, de passer à l’allure portante et de me laisser vivre avec ce que le quotidien me donne. Tu m’as embarqué et j’ai tant aimé naviguer à tes côtés, j’ai tant aimé tenir la barre de nos amours et naviguer à vue par tous les temps. Nous avons traversé des tempêtes, dérivé sur des plages de sables mouvants en s’aidant mutuellement, en laissant nos âmes fusionnées et s’enhardir pour sortir de ces moments de déserts arides qui jalonnaient notre vie. La promenade est finie, je descends de l’embarcation pour remonter sur le ponton. La plate-forme tangue encore un peu, mais je garde l’équilibre. Tu cries, tu chantes à tue tête pour me ramener en arrière, pour m’accrocher encore un peu au voyage hors de la terre. Tu hurles, tu tempêtes, ta raison est à l’envers, tu veux encore un tour dans cette barque où nous étions si bien, où nous avons sans fin refait le tour du monde, rêver une autre vie, danser une autre ronde. Mais je remonte sur le plancher, je prends le virage sur un terrain ferme, attentive, à l’écoute de ce que me propose cette nouvelle vie. Mes larmes se volatilisent dans la nuit, mon chagrin se dissout doucement. Je m’enfuis de ta vie… La promenade s’arrête ici…

25 mai 2013

D’un message à l’autre… (Prudence Petitpas)

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Un pauvre petit message attend sagement qu’on le lise, mais personne ne s’y risque, personne ne prend le temps de l’ouvrir et de s’atteler à le détailler… personne ne pense à venir voir s’il existe, s’il s’est matérialisé par des mots depuis qu’il est né dans les pensées d’un être humain. Du coup, ce petit message s’ennuie de ne pas être lu, de ne pouvoir donner tout ce qui fait son essence, de ne pas pouvoir s’adonner au plaisir de sentir sur lui le regard de celui à qui il est adressé, de ne pas voir sourire le lecteur au fil de ces quelques lignes, sourire que ce petit message voudrait tant voir s’agrandir et devenir énigmatique,  et pourquoi pas mystérieux et  rappellerait à cet anagnoste qu’au fond de ses yeux brille encore cette lueur, cette petite lumière d’amour même si ce liseur met cette loupiotte bien souvent en veilleuse. Ce petit message voudrait lancer en écho sa toute petite voix pour dire qu’il voudrait seulement que ce futur lecteur pense à regarder ses messages et qu’ainsi il puisse découvrir tous ces petits mots tout doux qui l’attendent et s’excitent, se chagrinent de ne pas être découverts .

Ce petit message aimerait tant que tu sois leur inventeur, qu’il devienne ainsi ton trésor et qu’il t’appartienne entièrement à toi le lecteur de son cœur. Oui, en fait tu pourrais être l’inventeur de ce cœur non artificiel qui bat dans les messages, qui bat parfois doucement, parfois trop vite selon les humeurs, selon le rythme de cette vie que vivent les messages, selon l’entourage qui soit les paralyse, soit les cajole. Toi tu pourrais être l’inventeur de ce cœur de message et lui apprendre encore tout plein de choses, le faire grandir et rajouter des mots d’amour à sa missive, le faire aimer encore, le faire chanter très fort… tu pourrais être celui qui l’apprivoise et dont il ne pourrait plus se passer. Inventeur de cœur de message deviendrait ton métier, et du coup, tu n’aurais plus besoin de parcourir le monde à la recherche d’un cœur perdu, à la recherche du temps qui passe, à la recherche de l’arche de l’amour puisque tu l’aurais trouvé dans ce pauvre petit message et cette richesse serait dans ce cœur dont tu serais le découvreur, le bel inventeur, le bien faiseur puisque ce cœur finirait par s’épanouir jusqu’à devenir ton cœur…

Et lorsque tu aurais fini de lire cette missive, tu écrirais à ton tour un message d’amour qui viendrait frapper à la porte d’un autre cœur et noterait sur son ordinateur : vous avez un nouveau message !

4 mai 2013

L’avenir du futur (Cavalier)

Autoportrait dénommé La clairvoyance René Magritte

 

Au fruit mûr l’oiseau s’envole. Le peintre ne sait plus qui a prédit l’avenir sur la nappe de la table. Et voilà enfin que les prophètes se sont assis sur des chaises cadenassées. Et le peintre recharge son pinceau à la palette des diseurs de futurs. (Qu’on leur donne la pulpe du fruit !) L’image s’étale sur la toile, bardée de fragment de coquilles

                 et de plumes autours…

 

Allez ! Qu’il est donc imprévisible cet avenir en devenir, à venir de la graine, jolie marguerite ! Il nous a souvent induits en erreur dans de telles peintures : Dictateurs en puissance, aux sombres sommets !

 

Il nous a fait souvent s’ouvrir la graine du petit d’homme. Babillant, souriant. Tel Hitler, qui était sur la
route, comme la source en son lit, comme la première parole qui survient, comme la plume qui perce et qui gerce sous la peau ; et le futur sera toujours bien plus vaste

                qu’une toile peinte en blanc !

 

Et toujours bien plus beau, il ne sera pas…

 

 

Cavalier , le 29 avril 2013, pour Le Défi Du Samedi.

 

PS : N’y voyez ici dessein, trop (quoique… :), prenez-y seulement, simplement, quelques images…

11 mai 2013

Participation de Venise

La diva remplissait la scène de sa divine fraicheur.

Elle avait chanté comme jamais et son public

Aimé lui répondait en mélomane fortuné

Après  les ovations d’un public déchainé elle prit un taxi.

À la gare du nord après quelques pas, prise d’inspiration contraire, elle se précipita

Ve1

Dans un café mal éclairé sous l’œil du Barman accoudé au zinc.

Elle avala une boisson forte et s’enfuit.

Elle savait bien que la vie n’est pas un roman et qu’il manque au jour une solide inclinaison dramatique .Son existence  manquait de sujet d’histoire .Il lui restait les songes.

Son visage soudain sans éclat se perdit dans des miroirs ternis.

Elle avait l’intégrité d’une flamme  à la merci d’un moindre courant d’air, elle brûlait dans l’instant pur oxygène de l’âme ou du désir.

Elle préparait la flûte enchantée le jour et tapinait à Soho la nuit .

 

27 avril 2013

En haut des marches (Célestine)

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©Jean-Jacques Sempé

 

Sur ses petits chemins transversaux, bien loin des routes nationales, elle rêvait toujours d' escapades au ciel turquoise et aux nuages orange, aux aiguilles de pins cembros, des aiguilles douces crissant sous les pieds sans blesser les orteils. Elle mettrait sa petite robe d'étoiles et ses espadrilles de satin bleu. Elle ne demanderait rien d'autre que de sentir des gouttes de rosée au coin de ses yeux, de suivre des chemins de soleil tortueux au bord des falaises noires, d'enfouir ses narines dans l'odeur du foin coupé. Le décor tremblerait dans la chaleur de mai.
   Elle désirait goûter la vie comme on trempe ses doigts gourmands dans la confiture de mûre.Comme on se glisse voluptueusement dans l'espace indicible entre les heures et les minutes. Elle rêvait de sentir ainsi vibrer celui qui l'enlèverait, un prince, un bûcheron, un troubadour, un Cyrano, un chevalier des champs de blé ou de luzerne, quand elle s'accrocherait, en fermant les yeux, avec un petit rire de souris blanche, comme à un rocher, à son corps tendu vers l'espace. Blottie sur le porte-bagage de la douceur de vivre, elle arrondirait les bras en parenthèses. Juste un instant d'éternité. Leurs mains se chercheraient. Leurs doigts se chercheraient. Le vent chuchoterait à leurs cheveux.
   Les astres et les fleurs se troubleraient de tant de bonheur. 
Ils trouveraient un escalier herbeux et sauvage, et le coeur palpitant tout en haut des marches, il l'embrasserait et l'éblouissement de ce baiser unique ferait pâlir les nébuleuses et les éclipses de lune.

 Infiniment. 

27 avril 2013

En haut de l’escalier (Cavalier)

 

 Quelques fleurs séchées

 

Dans la maison ancienne en haut de l’escalier,

Sauge, hibiscus en fleur, marjolaine et mélisse,

Chantent le four à pain à l’ombre du grenier,

Du moulin à café vers le geste qui glisse…

 

Mélusine, merveille, au brouillard de la mer,

Voilà que des ruisseaux, de l’herbe et des prairies,

Tu fécondes l’encens au sortir de l’hiver :

Cannelle sur copal, muscade en féeries…

 

Fleure tous ces parfums du profond des vallées,

Aux forêts des oiseaux, au creux du Yeun Elez,

Aux détours des chemins, des routes étoilées…

 

Exhale dans mon cœur l’inflorescente Breizh,

Sur le puits disparu du chêne centenaire,

La douceur de l’Izel, sur le bois et la pierre…

 

 

La maison Cornec

                             

 

 

On consultera avec un intérêt certain :

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Yeun_Elez

http://fr.wiktionary.org/wiki/Breizh-Izel

http://ecomusee-monts-arree.fr/la-maison-cornec-2/

 

Et voilà comment une petite promenade dominicale, et la rencontre d’une faiseuse d’encens jolie, jeune mélusine bretonnante tournant son moulin à café odorant, en haut d’un escalier de pierres, peuvent donner un petit poème…

20 avril 2013

Les éléphants vont à la foire… (Prudence Petitpas)

 

pru1La petite famille est dans la voiture depuis moins d’une heure… papa roule vite, les enfants se plaignent d’avoir mal au cœur, maman ne cesse de se retourner dans la crainte d’en voir un régurgiter ce déjeuner, elle se maudit de ne pas avoir donner du solide ce matin, un bon fromage blanc avec quelques céréales aurait mieux valu que ce bol de lait qui pourrait bien déborder pendant la route. Mais quand on est une maman, on ne peut pas penser à tout ! Les enfants commencent à pleurer, ils en ont déjà marre de la route, la phrase rengaine arrive déjà en tête du hit parade des formules fétiches des enfants :
   -    Maman c’est quand qu’on arrive ?
   -    Dans un quart d’heure, vingt minutes, répond maman !
C’est la réponse automatique à cette phrase que les enfants posent inlassablement tout au long du chemin et qui reçoit depuis plusieurs années la même réponse… mais là, les enfants n’ont pas d’humour, les virages leur ont enlevé toute envie de sourire à cette petite phrase qui d’habitude donne lieu à des tas de petites histoires rigolotes… les enfants commencent vraiment à en avoir marre, ils veulent rentrer chez eux et ne tiennent plus du tout à aller voir leurs grands parents qui tout à l’heure, à l’évocation de ce moment à passer chez eux, leur était si chers…
   -    Ils habitent trop loin nos grands parents, finissent-ils par lâcher !
Alors maman doit trouver très rapidement une idée pour calmer ses chérubins, surtout que papa commence à s’énerver et menace de s’arrêter distribuer quelques fessées pour faire taire ces râleurs en herbe…
Et d’un coup, maman se met à chanter, elle entonne la chanson qui fait rire, celle que les enfants adorent, et ne ménageant pas son ardeur à chanter fort elle commence :
Les éléphants vont à la foire


Mais que vont-ils y voir ?
Un gai babouin
Qui dans l’air du matin
Peignait ses cheveux de lin.
Le singe tomba du banc
Sur la trompe de l’éléphant
L’éléphant fit atchoum
Et se mit à genoux
Mais qu’advint-il du singe ????


Et les enfants en cœur, se mettent à reprendre en canon cette chanson en criant à tue tête :
   -    du singe, du singe, du singe, du singe, du singe…
Sans s’arrêter pendant que maman recommence le refrain…
   -    Les éléphants vont à la foire….. Mais que vont-ils y voir….
Et du coup l’habitacle de la voiture devient un lieu de concert non stop, avec trois petits bouts qui oublient que leur ventre gargouille, que la route est longue, que les grands parents habitent loin et chantent de tout leur cœur….
   -    Du singe, du singe, du singe, du singe….
Papa ne dit rien, il soupir un peu, espérant que ce capharnaüm va s’arrêter enfin, mais il connait bien sa femme pour savoir qu’elle en a d’autres dans sa besace… d’ailleurs la voilà qui entame :
   -    Un éléphant se balançait sur une assiette de faïence,
        Comme ce jeu l’amusait, avec un autre il recommence…
Et les enfants de reprendre alors :
   -    deux éléphants se balançaient sur une assiette de faïence…
        Comme ce jeu les amusait avec un autre ils recommencent…
L’ambiance est à la joie, à la chanson, à celui qui chantera le plus fort… papa se concentre sur la conduite, il a un peu ralentit l’allure… il regrette fortement de ne pas être sourd aujourd’hui … il envoie quelques grimaces  crispés à maman, qui elle lui renvoie des sourires  francs et se prend au jeu des chansons…
   -    Une autre maman, crient les enfants…  pas de problème, elle en connait plein…
   -    Un éléphant se balançait sur une toile… toile…toile… d’araignée…
Et sur chaque chanson rebondit la suivante … en parlant d’araignée, maman continue en chantant celle tant aimée des petites têtes blondes…
   -    Le pape est mort…


Un autre pape est appelé à régner…
Araignée ? Quel drôle de nom,
Pourquoi pas libellule ou papillon,
Ce serait plus mignon…


Les enfants s’éclatent et maman aussi… toutes les chansons de son enfance lui revient en trombe
   -    En voilà encore une, lance-t-elle joyeusement


Ah l’escargot…
Quelle drôle de p’tite bête…
C’est rigolo ce qu’il a sur sa tête…
J’ai vu, j’ai vu
Le p’tit trou son derrière
J’ai vu, j’ai vu
Le p’tit trou de son … OOOOOOOOOOhhhhhhh


Les enfants sont hilares et du coup le temps passe à toutes vitesses…
Seul papa connait un vrai moment de solitude et maudit ses parents d’habiter si loin !
 

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Le défi du samedi
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