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Le défi du samedi
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22 décembre 2012

Le Baiser de L'Amour (Célestine)

image

Le baiser de l'Amour d'Antonio Canova

 

 

http://www.deezer.com/track/13404862

 

Pour connaître la douceur du baiser de l’Amour, et l’enivrement de ses caresses, il  lui avait fallu  en accepter les morsures. La passion coulait en son sang comme une lave bouillante, et le mezcal et la tequila brûlaient ses artères,  plus fort  qu’un poison violent. Mais qu’importaient les précipices devant le  vertige des hauteurs !

Pour connaître les délices et les orgues des grandes amours au souffle lyrique, elle avait suivi toute sa vie des chemins tortueux ou rectilignes, sans jamais renoncer à ce frisson suprême et le frémissement de ses sens, et cet indéfectible sourire qui illuminait ses traits de l’insolence d’une jeunesse éternelle  lui indiquaient qu’elle ne s’était pas trompée. Jamais.

Elle contemplait la statue et effleurait du bout des doigts le marbre de Carrare, semblant vivant et palpitant comme la gorge d’un pigeon. Et pour elle, en cet instant de toute éternité, où l’amour tapait  dans son cœur comme un balancier aux veines de ses tempes, cependant que résonnait à ses oreilles le credo de la Missa Brevis de Mozart, la parfaite concordance des sons et des formes lui procura une sorte d’orgasmique soupir de bonheur esthétique.

L’alliance de l’humain et du divin lui apparut, dans sa plus impérieuse pureté, réalisée à tout jamais dans cet instant de grâce. Elle devint elle-même œuvre d’art.

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22 décembre 2012

Participation de titisoorts

oeuvre

Je n'ai pas encore reposé ma tête sur une oeuvre d'art, je suis déjà allé au Louvre. A cette époque, je lisais Christian Jacq, j'ai adoré bien sûr, tout sur l'Egypte.

Les scribes, les sarcophages sont pour moi des oeuvres d'arts. Sincèrement je ne m'y connais pas dans l'art. Je pourrais placer dans une conversation des bribes de phrases lorsque je serais entouré de connaisseurs. Genre Katyl ou Map " vous savez combien à été vendue la peinture "cri" de Munch à la galerie Sotheby's à New York, 119,92 de dollars" j'espère que lui au moins il a profité de ses ventes. En même temps je m'en fiche un peu cela viendra ou je resterai devant un  tableau et j'aurai des sentiments qui me remonteront à la surface. Chaque chose en son temps.

Un jour dans les Pyrénées, je me lavais le corps et le cerveau et là coulait une rivière. Il devait faire moins cinq par là le rivage était gelé, il était recouvert de glace.

 Et, sous cette glace l'eau descendait, comme une ombre qui cherchait son chemin. A ce moment là j'ai trouvé que la nature faisait de l'art, une oeuvre d'art, j'ai appris un peu plus tard que je me trompais.

Je me suis dit pourtant, à ce moment là, que j'aimerais bien essayer de reproduire ce phénomène, je ne l'ai pas encore fait. Comme beaucoup de pensées, un jour peut être...Aller au bout de ses rêves,foncer. Je devrais.

Donc je reviens à mes moutons. Je suis tombé sur un article qui parlait de Kant " En droit, on ne devrait appeler art que la production par la liberté .." donc la nature ne serait pas une artiste. Pourtant je suis sûr qu'il doit y avoir des exceptions. Donc pour le défi je vous montre l'oeuvre d'art qui me tient particulièrement à coeur.

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8 décembre 2012

L'orange devenue objet aimé (MAP)

Visite à l’hôpital !

C’est le soir juste en rentrant du travail  par le  train, puis par le bus … Décembre déjà ! Temps glacial …

Tu es là ! Tu m’attends ! C’est l’heure du repas !  Un plateau. Le potage chaud.  Tu manges un peu ! Oui, ce n’est pas la même chose qu’à la maison …  Quelques légumes. Un yaourt. Une orange qui ne te tente pas ! Tu me la donnes. Tu aurais préféré une clémentine. Demain je reviendrai et je t’en apporterai. Et cela te fera plaisir !

Les jours passent. Le soir train, bus … Je viens te voir. Tu dors, tu dors, tu ne sais pas que je suis là près de toi !

…………………………………………………………………………………………………………………………

Une nuit, on m’appelle à 23 H 30 ! Il faut venir vite, vite, vite !!!

………………………………………………………………………………………………………………………….

Je vais rester près de toi pendant plusieurs heures te tenant la main jusqu’au moment du calme plat ........

…………………………………………………………………………………………………………………………..

L’ORANGE. Cette orange que tu m’as donnée ! .............

Cela fait 7 ans …  

Je ne l’ai pas mangée. Elle est toujours là ! Elle ne s’est pas abîmée. Elle est toujours parfumée.

Je la prends de temps en temps dans ma main ! ...................................

Souvenir………………………………………………………………………………………………………..

 

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5 janvier 2013

Participation de Venise

Cette horloge est une hutte pour mon âme qui n’a jamais tout à fait quitté l’enfance.

Cette horloge c’est une mangeoire prés de laquelle je fais une pause de temps en temps quand le temps s’accélère.

TIT TAP, combien il me réjouit ce bruit qui m’arrache à mon sommeil.

Elle est à ce jour deux  fois centenaire et elle s’est mêlée à toutes les conversations de mes ancêtres.

Les amis chers se sont succédé et toujours cet entêtement des aiguilles avec la fidélité du tictac.

Venise

Elle a empêché par son rythme cardiaque énergique la mort de rentrer ici.

Dans son ventre un grand cornet à double soufflet rivalise avec Dieu lui-même.

Ma patience horlogère je la dois à sa présence dans ce salon où ronflent les années passées.

Elle palpite l’hiver et retient dans son cadran la faible lumière des malles d’osier d’un soleil couchant.

Elle a fait confiance ,elle nous a aimés, et maintenant elle dort comme les anges.

Elle m’a sortie de plusieurs sommeils

On raconte que le jour où elle a pénétré dans la maison dans un gros cartonnage blanc plâtre marbré de bleu mon bisaïeul n’avait que six ans.

C’était comme si le prix Nobel avait franchi le seuil de cette porte.

Elle a paraît-il encanaillé  toute la famille traversée d’une joie toute païenne.

Mon bisaïeul s’est caché à l’intérieur toute une journée certain d’y découvrir un trésor.

Dans le sacre de ses cent ans ma grand-mère s’est adossée sur son flanc pour glisser doucement jusqu’au sol ondit que l’horloge pour elle a fait durer cet instant une journée de plus rien que pour elle.

Quand quelqu’un était hospitalisé en urgence on raconte qu’elle prenait un air grave et plus profond que la bible et que son TIC TAC pleurait dans le couloir.

Ces milliers de minutes vagabondes elle les a égrenées avec tant de générosité

Qu’elle m’a aidée à repousser souvent les graviers de la mélancolie.

J’apprends souvent la mort d’un geai ou d’un moineau en écoutant son battement de balancier . Son petit TIC TAC odorant monte léger comme un parfum d’acacia dans le ciel léger.

Un jour elle s’en ira dans une brocante au milieu de vieux objets qui ont bien travaillé.

22 décembre 2012

Participation de Venise

Il  y a un mystère dans son œuvre, et tout particulièrement dans le jardin des  délices.

Le feu du pinceau de J.BOSCH va flamber dans tous les paysages de son époque.

Jamais aucun peintre n’aura montré la gourmandise, l’ivrognerie, la débauche, le vice, la luxure et dit son regard désabusé sur un monde en proie au mal. Alors que tous sont englués dans leur ordinaire, J.BOSCH  choisit ici l’imagination démentielle.

Il perd toutes les questions sur le monde et réinvente une géométrie de la démesure.

Il faut pour ce tableau chausser ses lunettes pour apercevoir l’œuvre . On ne peut se sentir floué tant le tableau concentre de secrets . Des personnages se baladent  un entonnoir sur la tête. Ici les diables et les fous sont à la fête et prêts à toutes les entourloupes.

Ici le monde est une nuit noire où grouillent les fous .C’est un tableau sans gouvernail qui ne va nulle part.

Mais le rire est partout . Ici le monde est un chariot de foin et chacun en arrache ce qu’il peut en riant ou en fuyant qu’on soit  fou pauvre ou riche.

Bosch

 

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15 décembre 2012

Participation de Mamido

Alphabet perdu. (Mamido)

Mamido

J’ai perdu le A de l’Amour, le B du Bonheur et le C de la Chaleur.
Ils s’en sont allés avec le D de la Douceur, le E de l’Entrain et le F de la Ferveur.

Mais pas pour toujours, non pas pour toujours. J’attends leur retour…

J’ai perdu le G de la Gentillesse, le H de l’Honneur et le I de l’Ivresse.
Ils s’en sont allés avec le J de la Joie, - Je vous avoue que, sur le coup, ça m’a laissé Ko- … et aussi, j’allais oublier, avec le L de la Liberté.

Mais pas pour toujours, non pas pour toujours.  J’attends leur retour…

J’ai perdu le M de la Magie, le N de la Nouveauté et le O de l’Originalité.
Ils s’en sont allés avec le P de la Passion, le Q du Questionnement sans limites et le R des Rêveries éternelles.

Mais pas pour toujours,  non pas pour toujours. J’attends leur retour…

J’ai perdu le S des Souvenirs, le T de la Tendresse et le U de l’Union.
Ils s’en sont allés pour le V d’un long Voyage, dans le W d’un confortable Wagon-lit, avec, à la main,  un verre du X d’un bon et vieux Xeres.

Mais pas pour toujours,  non pas pour toujours. J’attends leur retour…

Finalement ne sont restés que le Y de mes Yeux pour pleurer avec, tout de même le Z d’une Zeste d’espoir….
… Puisque je sais que ce n’est pas pour toujours et que je guette leur retour.

29 décembre 2012

Les temps changent (Célestine)

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C’était plus une sinécure de bosser pour la société FC. & Co. Il y a longtemps, bien longtemps, le fondateur avait monté une p’tite boîte tout ce qu’il y avait de plus familial,  du temps du « rêve américain ».

Une sorte de réussite à la Henry Ford. Un concept bien cool et bien rôdé. Les livraisons se faisaient toujours dans les temps, grâce à une main d’œuvre dévouée et nombreuse, recrutée dans les forêts du grand nord : le fameux Lobby Unique de Traitement et d’Intervention de Noël. La compta se faisait à la main et le véhicule non motorisé  tiré par des ruminants emboisés était la signature de  « l’enseigne au gros bonhomme ». 

C’est alors que le boss de l’époque s’était fait mettre le grappin dessus par une holding internationale, des marchands de rêve vendant une boisson brunâtre légèrement décapante pour les boyaux, et dont la composition n’a jamais été clairement établie…

Depuis, outre que cette omerta économique avait fait stipuler sur les contrats que les représentants de la marque devraient désormais porter du rouge, et non plus le vert sapin qui avait pourtant fait sa réputation, le rêve était devenu un affreux business. Et pour nous, les elfes, chargés depuis toujours de prospecter  pour Father Christmas & Co, afin de préparer les commandes, le taf était devenu infernal. Tout le contraire d’une sinécure, je vous dis !

Les mômes à présent tapaient leur liste sur Word et la scannaient en PDF via Facebook ou Skype. La souris n’avait  plus de dents, la tablette n’était  plus en chocolat. L'application n'était plus une qualité scolaire depuis un bout de temps, mais un truc qu'on achetait sur internet. Et pour mettre du rêve dans les yeux des enfants, il aurait fallu qu’on soit des super héros virtuels et intergalactiques.

Tiens ce jour-là, Maurice et moi (oui, mon collègue s’appelait Maurice, et alors ?) nous étions entrés par la fenêtre d’un petit appart miteux de trois pièces en banlieue parisienne.

Une mioche qui devait faire ses cinq ou six piges se tenait là, assise devant une fausse cheminée kitch et en kit de chez Ikéa, avec bûches électriques du plus bel effet.

« -Salut, qu’elle nous dit. (Même pas étonnée. Même pas peur.)

-Bonjour, c’est quoi ton p’tit blaze ? que j’dis, m’attendant à Sophie ou Isabelle. (j’dois vieillir !)

Et là, par la barbe du patron, Cecil B. Fatherchristmas lui-même,  je veux bien donner tout ce que j’ai si j’ai jamais entendu un discours pareil. Sa drôle de petite voix résignée me résonne encore dans la calebasse.

-J’m’appelle Ashley pour ma mère, mais mon faux papa préfère m’appeler Beverly , rapport à son ancienne copine qui s’appelait Ashley comme moi et à qui il a rectifié la tronche à coup de démonte-pneu, ce qui lui a valu cinq ans de placard. Mon vrai papa est parti faire des courses avec une amie de ma mère,  il y a deux ans mais il est pas revenu, vu qu’il y avait pus d’essence dans la voiture et que de toutes façons il était bourré donc il a perdu son permis, et sûrement aussi le chemin de la maison. Ma mère travaille la nuit et mon beau-père le jour. Enfin c’est c’qu’il dit à ma mère mais comme elle dort, elle voit pas qu’il reste toute la journée à jouer au poker en ligne et  à boire des bières, là il est sorti en acheter justement. Des fois, j’ lui dis, pourquoi tu travailles pas comme maman au Sofitel, à faire tout bien propre dans les chambres ? Il me dit moi mon métier c’est « chômeur spécialité assedic ».

-Que voudrais-tu pour Noël, mon enfant ? demande Maurice de sa voix professionnelle pour recentrer un peu le débat.

-Moi ?  je voudrais une pipe.

-Quoi ? c’est pas un cadeau pour une mouflette, ça !

-Non, mais c’est pour donner à ma mère. Ma mère elle arrête pas de dire  que «  l’autre avec une pipe elle est devenue millionnaire et qu’au moins c’a été la fin de tous ses problèmes » alors… moi je veux une pipe. »

 

Maurice et moi, on s’est regardés tristement abasourdis.

Le boulot d’elfe n’était décidément plus du tout une sinécure…

1 décembre 2012

Participation de Venise

    Je frissonnai à l’idée que ma vie prendrait bientôt la substance
        D’une pâte à crêpe.
Alors les yeux rivés sur le calendrier je me demandais s’il ne valait pas mieux que je me vire de là pour aller sur VENUES, MARS, OU JUPITER.
Mais je n’avais pas d’amants astronomes amateurs dans le quartier quand ça ferait PAN !!!!
Alors sous les cieux comme une pharaonne dans sa tombe je verrai toute ma vie défiler
Je serai au premier rang pour le meilleur et pour le pire.
Progressivement cependant je redescendais dans mon corps noué par l’angoisse à mon grand soulagement.

Seule dans la rue  de fin de monde imminente mes hormones battaient la chamade
Mes prières devenaient folles et les Parques de la grande avenue me laissaient sans réponse.
Pas besoin d’être un primatologue à cet instant ni un enquêteur d’Interpol pour prédire que les macaques de la cinquième avenue étaient en train de vivre leurs dernières secondes.
Notre réalité à tous se rapprochait de plus en plus vite d’une crème tremblotante.
Pourquoi me disais-je n’avons-nous jamais donné un  euro de subventions aux sciences prédictives ?
Ça leur fiche une frousse bleue les Grands mystères de l’univers !!!Et ils sont trop contents de les escamoter !
MAYA MAYA !!! J’entends mon nom au bout de l’avenue quelqu’un crie mon nom.
Mon petit crapaud !! Baragouine André .quel charabia étrange !!
Mon petit chaton en ragout ils arrivent !! ils sont là les extraterrestres !!!

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-J’attendais une explication supplémentaire qui ne venait pas
-C’est tout ce que tu as à dire !!
-Allez mon petit chaton au beurre !! Arrête de m’appeler comme ça
-On en fait notre temps disent ils.
-La science n’a jamais validé l’expression faire son temps !!!
-Ils ont dit que nous allions redevenir des fruits de mer !!
-Non d’un chien c’est la fin !!
-Les extra terrestres ont dit qu’après le troisième cri du coq …….
- Ma puce je comprends que cette nouvelle te brise le cœur, mais il ne faut pas désespérer je crois bien qu’on peut encore mettre au point une stratégie qui fasse de cette calamité une joie.
Les nouveaux arrivants envahissaient la ville, la vie ressemblait soudain à une gelée de fruits !!!!
Je cherchai mon portable cherchant le numéro de police secours
Le 21 ne répondait plus j’étais pourtant persuadée que je pourrai filer à l’anglaise
Rien ne m’avait préparée à un tel spectacle
Les extra-terrestres jouaient aux 421 en s’enfonçant des feuilles eucalyptus dans le postérieur
Ces sortes d’hybrides au rabais mi-homme mi-salade verte ressemblaient à des lampes à souder. Je m’approchais de l’un deux façons geisha prenant garde de bien dissimuler ma bombe lacrymogène derrière mon dos lorsque je me mis à capter leur odeur
Ou un arôme plutôt quelque chose comme du sucre roussi du caramel ou plutôt une macédoine de fruits en conserve ;
Je me surpris à leur dire : »chacun à ses petits soucis !!Alors je leur fis mon sourire de mollusque pour devancer la prédiction quand j’entendis le troisième le champ du coq .
Le 21 décembre 2012 le chant de la terre connu sa fin Mille neuf cent espèces ont disparues de la terre. Sauf une les fruits de mer !!

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17 novembre 2012

« La vie, mode d’emploi. »* ( Mamido)

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Y en a pas de mode d’emploi pour ça. Sa vie, on la gère comme on veut, et surtout comme on peut, ballottés par des évènements qu’on ne peut pas prévoir…

Malgré tout, y a des petits rusés qui s’en fabriquent un mode d’emploi. Certains appellent ça discipline de vie, d’autres hygiène de vie. Et, ils ont tellement du mal à le suivre et à l’appliquer au quotidien leur fichu mode d’emploi qu’ils voudraient bien que vous l’imposer à vous aussi, histoire d’être moins seuls.

Pas de sel, pas de sucre, pas de soda, pas de vin, bientôt plus de « Nutella », pas de lait sauf pour les bébés… et encore, pas n’importe comment. Pas de cigarettes, pas de beurre ni de crème, pas trop de viande, beaucoup de légumes. Du sport, la ceinture de sécurité, la vitesse réduite. Interdit d’être trop gros, défendu d’être trop maigre. Allaiter, c’est bien. Le plus tard possible, c’est encore mieux. Vous y perdez votre emploi, c’est parfait, ça fera de la place pour les hommes ! Bref, j’en passe et des meilleures…

Et surtout pas réfléchir, consommer et obéir. Même si ce qu’on vous prône aujourd’hui se révèle être exactement l’inverse de ce qu’on vous affirmait hier.

Pour moi, le mode d’emploi de la vie, ça serait plutôt réfléchir, s’interroger, être curieux, se cultiver, s’intéresser aux autres, avoir des projets et se donner moyen de les réaliser…**

Mais chacun fait comme il sent. De mode d’emploi, y en a pas !

 

*Je pense que vous avez reconnu le titre, emprunté au roman de Georges Pérec !

** Pour ceux qui aimeraient suivre mon mode d’emploi :
http://www.villagillet.net/portail/mode-demploi/actualites/

 

3 novembre 2012

Participation de Venise

J’éclatais de rire et pinçai le nez de mon petit garçon.

Te souviens–tu maman de Monsieur Engleport ?

Oui bien sûr mon chéri !!

Appréciais– tu  ses visites ?

Oui ! Ho ! oui sentant que cette question en cachait une autre.

Et toi mon chéri les appréciais-tu aussi ?

C’est un excellent homme, je crois !

Tu n’étais pas fâché que je passe du temps avec Monsieur Engleport ?

Mais bien sûr que non, je ne souhaite que ton bonheur maman !

Et toi maman es tu heureuse ?

Que veux-tu dire ?

He bien depuis qu’il a disparu en mer …….

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Je levai les yeux avec angoisse craignant qu’il ne franchisse quelque limite tacite.

Ce silence est d’or maman dit il en s’éloignant dans le jardin.

Avec une lenteur tortueuse l’été coulait à sa fin je me glissai dans le vieux manteau doré de l’automne, j’ai allumé la lampe torche en regardant la mer.

 

6 octobre 2012

Dans le brouillard (KatyL)

J’étais bien, j’avais la vie devant moi, j’avais fait des études et tout devait me sourire.

Mais un matin de brouillard ils sont venus, et tout a basculé.

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J’ai dû voiler mon regard et tout est devenu noir…..

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 Jamais plus je ne verrai le jour et le soleil, les sourires, et les livres pareillement, tant que ce voile obscurcira ma vue, je resterai dans le brouillard le plus absolu.

22 septembre 2012

La fille de Mme S. (Mamido)

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"Vous ne me reconnaissez pas ?" demandai-je.

La femme me lança un regard scrutateur ; elle avait entrouvert la porte d'entrée. Je m'approchai et montai la marche devant la maison.

"Non, je ne vous reconnais pas."

-"Je suis la fille de Mme S..."

« - La fille de Mme S… ?! »
Son visage où s’inscrivait jusque là une expression de méfiance et de rejet s’éclaira soudain. Sa main qui avait déjà amorcé le geste de me refermer la porte au nez ouvrit celle-ci à deux battants.

« - Mme S…, bien sûr que je me rappelle. Sa fille, une jolie petite gamine aux longues nattes brunes et aux doux yeux rêveurs… C’est vous ?! » dit-elle en hésitant.
Je vis son regard plonger dans le mien, scruter mon visage puis s’attarder, dubitatif, sur mes courts cheveux teints dans un  roux flamboyant. Une expression étrange, presque affectueuse, adoucit ses traits.

« - Oui, je reconnais ces yeux. Et ce sourire, c’est celui de votre mère… Entrez, entrez… »
Je la suivis dans un long couloir qu’éclairait une petite fenêtre en vitrail laissant passer une lumière chatoyante où le rouge dominait. Le bruit de nos pas était étouffé par d’épais tapis et le passage rétréci par des étagères croulant sous les livres empilés en dépit du bon sens.
Il régnait là une odeur de poussière très caractéristique et reconnaissable entre mille à ceux qui ont fréquenté comme moi, les vieilles bibliothèques.

Elle me fit entrer dans un petit salon qui ne dépareillait nullement avec le couloir que nous venions de traverser. Partout, des livres, des revues. Sur les étagères qui recouvraient les murs de la pièce, bien sûr mais aussi, en pile, partout par terre, sur et sous les chaises, les guéridons. Seul était épargné un fauteuil près de la fenêtre. Et encore… Sur le siège attendait un roman en cours de lecture si j’en croyais le marque-page qui en dépassait. De là où je me trouvais, j’en distinguais le titre « Les lisières ».

Mme M. avait suivi mon regard. Elle s’empara du livre et s’installant dans le fauteuil, elle m’expliqua :
« - Travailler dans le monde de l’édition depuis plus de trente ans procure de petits avantages. On m’envoie toutes les dernières parutions. Enfin les plus prometteuses, comme celle-ci.
Elle me désigna un siège, lui aussi recouvert de bouquins.
« -Faites-vous de la place et asseyez-vous. Comment va votre mère ? Voilà une éternité que je n’en ai pas eue de nouvelles. »
« - Mon père est décédé il y a six mois et elle se sent un peu seule dans sa grande maison. Mais, à part cela, elle va bien, merci.»
« - Je suis désolée pour votre père. Je l’ai peu connu mais d’après ce qu’en disait votre mère, c’était un homme bien… Mais que me vaut l’honneur de votre visite ? » demanda-elle brutalement.
Un peu désarçonné par le brusque changement de ton, je m’expliquai :
« - C’est maman qui m’envoie à vous. C’est amusant que tout à l’heure, à mon arrivée,  vous ayez parlé de mon regard, de mon sourire et de ma ressemblance avec elle. Voyez-vous je ne suis pas vraiment sa fille. Elle m’a adoptée. Ce qui m’étonne plus encore c’est que, d’après ce qu’elle m’avait laissé entendre, vous étiez au courant. Elle m’envoie à vous pour que vous m’en disiez d’avantage sur ma véritable mère. »

Le silence s’installa, lourd d’interrogation et d’attente. Mm M. ne bougeait plus, enfoncée dans son fauteuil, elle avait mis le visage dans ses mains. J’attendais qu’elle me réponde, pleine d’impatience et d’espoir. Quand elle releva la tête, je pus distinguer son visage défait.
« - Quand j’ai parlé d’une ressemblance tout à l’heure, je n’évoquais pas Mme S., mais bien votre mère biologique. Mes propos étaient volontairement ambigus. Je ne savais pas si vous étiez au courant pour l’adoption… »
Elle s’interrompit, se leva et se dirigea vers une étagère d’où elle préleva une photographie que je n’avais pas vue en entrant. Elle me la tendit. Je reconnus tout de suite, parmi un groupe de jeunes filles, ma mère, Elisabeth S. Elle avait une vingtaine d’année. Un autre visage attira mon attention. Avec stupéfaction, je découvris la ressemblance avec moi-même. L’ovale du visage, les traits, le regard, le sourire, jusqu’à la coupe ultracourte que j’arborais actuellement. La jeune fille était brune, ce qui, en passant, était ma vraie couleur.

« - Qui est-ce ? » demandai-je d’une voix éraillée à Mme M., en désignant la jeune femme qui me ressemblait tant.
« - Vous l’avez déjà deviné, il me semble, non ? »
« - Ma véritable mère, je ne suis pas sotte tout de même. Mais qui est-elle, vous la connaissez ? »
Mme M. ne me répondait pas. Elle me regardait. Dans son visage, je distinguais de l’incertitude, de l’inquiétude, de la culpabilité… Je plongeai mon regard dans la profondeur de ses yeux bruns. Quand elle esquissa un sourire timide, ma bouche s’arrondit de stupéfaction.
Et soudain, je compris…

« - Quel métier désirez-vous faire plus tard ? » me demanda-elle, de façon incongrue.
Et malgré moi, alors que bien d’autres questions se bousculaient à mes lèvres, je répondis :
« - Je veux être écrivain… »

6 octobre 2012

Participation de Venise

Le brouillard était fort heureusement tombé brutalement.

Détroussée par des brigands j’errai à demi-nue dans cet épais brouillard

Évitant ainsi les quolibets des passants.

Délestée du haut du bas et des chaussettes et du chapeau

  Je tentais de me débrouiller au mieux.

Mais je ne me plaignais pas, la vie était belle et ma force de travail intacte !!!

Ce n’est qu’au petit matin que je suis parvenue à  m’extirper de ce Fogg Londonien.

Venise214

Dans ce brouillard je promenais ma tête sur mes épaules quand j’aperçus d’autres épaules des vestons d’employés de bureau avec une tête dessus, des portemanteaux.

Qu’on distinguait à peine.

L’air était vif et piquant, à travers ses nappes de brume dormantes le soleil pointait

Comme de jeunes sains sous son pull -over ses rayons.

Je cachais les miens sous les paumes de mes mains.

À l’approche du petit matin je me suis éclipsé  telle la virgule dans une tragédie sur le point de manquer l’ultime respiration avant la catastrophe de ma nudité dévoilée .L e vent se vilain vent qui me tourmente  encore m’a chassée

Du paradis et m’a poussée jusqu’au poste de police.

Vos papiers m’ont-ils dit ???????

 

22 septembre 2012

Participation de Venise

"Vous ne me reconnaissez pas ?" demandai-je.

La femme me lança un regard scrutateur ; elle avait entrouvert la porte d'entrée. Je m'approchai et montai la marche devant la maison.

"Non, je ne vous reconnais pas."

-"Je suis la fille de Mme S..."

 

 

 

En vérité je me sentais Mal, j’avais envie de me cacher sous terre.

 Elle prit brusquement la clef de la porte et s’éclipsa en fronçant les sourcils.

 Notre guerre n’était donc pas finie. J’étais toujours suspectée de toutes sortes de maquignonnages.

 Mais j’étais obstinée à ma façon même si je ne savais plus à quoi m’en tenir.

 Elle revint en haussant le ton : pourquoi devrais-je vous croire ?

 Ha ! bon je bluffe à propos de quoi exactement ? dis-je

 Mais je ne savais pas bien ce qui était en jeu entre moi et elle , mais je sentais la pièce basculer.

 Un courant d’air froid soufflait dans le hall.

 En joignant le geste à la parole, elle écarta les mains pour situer dans l’espace où je devais me trouver.

 Mais je m’entendis crier "je ne suis pas morte !!!"

 Je voyais qu’elle  s’efforçait d’assimiler ce que je venais de lui dire.

 Tu sais très bien que tu peux vivre dans une gigantesque simulation informatique sans t’en apercevoir !!

 Quoi je serais à tes yeux un  hologramme ?

Venise212

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Pourtant dit-elle toutes les probabilités vont dans ce sens.

 Mais je suis l’original !!

 Peut être, mais les probabilités sont faibles je ne parierais pas !!

 Alors je serais en retard d’un métro, je serais un petit être simulé, comme un avatar qui croit qu’il est vivant ?

 Tu peux me parler de ton monde si tu veux !!

 Tout cependant autour de moi, chaque objet tangible de la simulation dans laquelle j’étais embringuée s’opposait à l’idée que c’était une simulation ;

 Mais rassure-toi il ne te débranchera que le jour  tu seras complètement usée dit-elle en souriant.

 Je serais à la merci d’un bug informatique ?

 Mais en disant : ils je suppose que tu parles de Dieu ?

 Je fus surprise de m’entendre dire ce mot !!

 Contente-toi de les appeler les simulateurs !!

 Là-dessus elle me lança une œillade

  Fin de la conférence dit  elle et elle me claqua la porte au visage

 Enfin ce qu’il en restait d’après elle !!!

 

               

 

13 octobre 2012

Participation de Célestine

Symétrie

 

Je n'aime pas la symétrie.
Mais, direz-vous, quand tu contemples dans une glace ton corps parfait,
C'est la symétrie qui triomphe!
Mouais...A bien regarder, la Nature, comme si elle avait eu la prescience de mon aversion
pour cette navrante régularité géométrique, pour cette ennuyeuse platitude des formes sans fantaisie,
suivant un axe trop rectiligne,
s'est amusée à parsemer tout mon corps de petites ingéniosités dissonantes...
Pour me faire plaisir.
Un petit grain de beauté par-ci, une tâche de naissance par là...
deux oreilles pas tout à fait identiques .
Un sein plus haut que l'autre...et caetera et caetera
Je n'aime pas la symétrie.
Comme Verlaine je préfère l'impair.
J'ai trois enfants,
Je n'ai qu'un chat,
J'offre toujours cinq ou neuf roses
Je trouve Versailles déprimant.
Pas une fenêtre à gauche
qui ne trouve sa consœur à droite...
Pas un arbuste en pot, et pas une statue.
Je lui préfère Chenonceau, le château clin d’œil,
qui se mire,
d'un pur bonheur dissymétrique, dans les eaux lisses de la Loire
enamourée d'arbres et de ciel.
Je n'aime pas la symétrie.
Chaque jour,
à
13:31
à
14:41
à
15:51
j'ai des palpitations et un léger vertige
m'oblige
à détourner les yeux de cette digitale
et obsédante pendule...
A
11:11
je défaille
Je n'aime pas la symétrie.
Je n'aurais jamais appelé
ma fille
hannah
ou mon fils
bob
je ne vivrais pour rien au monde à
Laval
à
Cazac
ou bien à
Noyon
Je n'aime pas la symétrie

Mais que vois-je?
00:00
C'est l'heure!
LOL

Célestine

22 septembre 2012

Loch'n S (Walrus)

"Vous ne me reconnaissez pas ?" demandai-je.

La femme me lança un regard scrutateur ; elle avait entrouvert la porte d'entrée. Je m'approchai et montai la marche devant la maison.

"Non, je ne vous reconnais pas."

-"Je suis la fille de Mme S..."

 

 " J'ai du mal à vous croire !" dit-elle.

Je portais pourtant un kilt.

C'est la barbe qui a dû me trahir...

 

Walrus212_2

 

 

 

15 septembre 2012

Participation de Célestine

CélestinePetit Inventaire improbable des métiers à inventer en temps de crise... 

 

Diskjoker : animateur musical pourvu d'un nez rouge et d'une face de carême, et possédant, en outre, et ce qui n'est pas négligeable, un avantage incontestable dans les parties de gin-rami, dû à un don certain de se faire passer quelqu'un d'autre.

 

Hurologue : médecin animalier, spécialisé dans les affections oto-rhino-laryngologiques, et notamment le coryza, des sangliers et autres bêtes à groin.

 

Commicerf : fonctionnaire des eaux et forêts reconverti dans la protection du gros gibier par empathie, depuis que sa femme est partie avec le garde-chasse, lui laissant en cadeau une impossibilité chronique de passer sous les portes de dimensions normales. Contre les prédateurs, notamment ceux coiffés d'une casquette, d'une tenue de camouflage vert militaire et porteur d'un fusil, il ne peut pas grand chose, car il ne possède qu'un simple pied de biche pour se défendre.

 

Jardiniais : responsable de l'entretien des plates-bandes d'un château n'ayant pas la lumière à tous les étages...

 

Pro-fesseur : professionnel de la correction à main nue pour jeunes filles en pleurs ayant mérité  sur leur rotondité le châtiment d'une claque vengeresse.

 

Apothi-Caire : pharmacienne ayant quitté, après une congestion pulmonaire sévère,  les ennuyeuses et froides brumes du nord pour aller établir définitivement son officine au soleil de l' Égypte.

 

Ecrit-vaine : amatrice de jeux de mots foireux qui, bien qu'aimant beaucoup participer à la crème des défis d'écritures (n'ayons pas peur des mots), n'a pas trouvé une minute dans la semaine pour se pencher sur le sujet, rédigeant vite-fait mal-fait quelques improbables définitions une demi-heure avant la clôture dudit défi. Elle ne se fait donc aucune illusion sur elle-même, étant donné la haute teneur littéraire habituelle des participants audit défi, et ne peut compter que sur l'indulgence de ses lecteurs...

 

1 septembre 2012

Participation de Venise

Je le veux

Tu le veux

Je le veux autant que tu le veux.

Ce feu, qui brûle en nous

Ne me quitte jamais.

Dans ma maison que j’aime

Un feu de bois pour faire l’amour 

 

Venise 209

          

Je t’aime toi qui a du mal à vieillir.

Et puis, mais ce n’est pas demain.

Qu’il s’éteindra avec les bûches qui attendent.

Ma braise du matin, mon amour du soir.

Moi j’ai le temps, mon âme sœur j’ai pris le temps

Ma belle du jour et je perdrai toutes les secondes  pour

Te chercher dans chaque flamme.

Mais il se fait tard, on saura bien se reconnaitre

Et dans les cendres du couchant, on renaîtra mon bel amour.

               

8 septembre 2012

Vacances (Venise)

J’étais sur l’île de Vivera qui avait la forme d’une feuille de laurier flottant sur la mer Adriatique. Le soleil frappait fort.

Mon dieu donne moi aujourd'hui de quoi manger.

Je regardais fixement le bout de l’hameçon. Je mangeais ainsi des petits bouts de calamars tout droit sortis d’une mer d’huile.

C’est vrai qu’en ouvrant grand les yeux sous l’eau le spectacle était garanti.

Mais depuis le naufrage du bateau de croisière, j’ ne pouvais plus méditer.

J’avais échoué ici un collier de coquillage autour du cou. Voilà ce qui restait de mon dernier tour de piste. Vacances aux iles marquise. Alors depuis j’improvise, tous les matins je me mets sur mon trente-et-un, me passe un fil dentaire de bananier, m’épile sous les bras, en vue de la visite inopinée d’un hélico qui viendrait à mon secour.

Mais je vois que je fais le poireau depuis plus de deux semaines dans ce territoire interdit. J’ai franchi les premiers obstacles pour ma survie, mais mon humeur ondoyante me pousse au second naufrage celui de désespérer.

 

Venise210

 

J’envoie donc cette bouteille à la mer vers un défiant qui viendrait me ramener sur le rivage je sais mes vacances ont foiré.

18 août 2012

Sur le vieux pont (MAP)

Un chat, là-bas

sur le vieux pont

s’était endormi tout en rond.

 

Sous le soleil

ce beau rouquin

moi, je l’avais pris pour un pain

-une couronne bien dorée

toute gonflée de pâte fine

et tigrée de blanche farine-

 

En m’approchant

je m’étonnai

car la couronne ronronnait …

  

Chat roux, chat doux

j’ai deviné :

tu es le chat du boulanger !

 

Chat-Couronne

 * * *

25 août 2012

Livre en vol (MAP)

Quand le livre passa au-dessus de sa tête

couverture-ailes déployées

il ouvrit son para-lettres !

Bien lui en a pris

car l’écrivain-humoriste put ainsi reconstituer facilement

ce message d'encouragement :

 -après avoir remis un peu d’ordre entre voyelles et consonnes- 

 

Para-Lettres

 .

.

.

.

« Continue à faire l’épître !!! »

 

25 août 2012

La force du livre (Venise)

Le livre prend soin de nous.

Le passé, le présent, le futur de nos récits s’y logent

Et cette fécondité nous ouvre la voie à la multitude des chemins.

Vous ne serez pas étonnés que nous jouions avec beaucoup de plaisir d’ailleurs

Avec les mots ,les lettres les voyelles et les consonnes.

Le livre est un arbre dont les racines et le tronc ont pour nom Joyce, Dérida  ,Freud, Le clézio, Lévinas , Héraclite, et bien d’autres ;

Nous avons tous eu un livre premier qui nous a  guéris de tous les maux de l’enfance.

Et c’est à l'ombre des mots fleuris de ce livre que notre mémoire donne des ailes à l’espoir,enseigne l’accueil, l’ouverture l’attente et le vide.le. Venise208

Notre monde est trop encombré, le livre vient empêcher cet encombrement et du même coup sous le sceau de l’interdit de vieillir Le livre nous garde en joie.

Cette écorce intérieure, cette moelle de papyrus a pris rendez-vous avec vous pour bouleverser la donne .Là réside la force du livre ;

18 août 2012

Le pain (Venise)

Quand reviendra le temps

Où l'on partageait le Pain comme autrefois

Sur le sommet de la Terre, où le voyage a commencé !

Quand réveillés d’un long sommeil

Nous jetterons à nouveau la mie à tous les oiseaux de la Terre !

Faut-il cent colombes blanches près du gué de la rivière pour festoyer ensemble et fendre le pain du matin ?

Comment chasser les douces vengeances des plumes blanches des anges

Ne sont-ils pas comptables de nos moissons ?

Sommes-nous aussi têtus que le scarabée ?

Pour choisir de ne pas ouvrir la porte

Et manger ton cœur plutôt que couper ton pain avec l’ami qui vient ?

Ne vois-tu pas que ton sang est noir comme la nuit.

J’ai parié sur ton songe, quand la nuit tu dors nu.

Le seul moment où tu vis à l’envers.

Et où comme un aiguillon je viens t’empêcher de nicher dans la lune.

Quand reviendra le Temps où l'on repartagera le pain.

Comme autrefois ……. Venise208

 

11 août 2012

Participation d'Adrienne

 78037189[1]

Nous l’avions trouvé grâce à une amie de ma mère qui l’appelait saint Antoine sous prétexte qu’il en avait une effigie sur sa cheminée. Il habitait notre rue et pourtant jamais nous n’avions soupçonné qu’il y avait là, derrière ces petites fenêtres voilées de blanc, l’échoppe d’un cordonnier.

Dès qu’on poussait la porte, l’odeur de vieux cuir et de pieds nous prenait. Par terre, toutes les chaussures étaient alignées dans un ordre connu de lui seul, sans distinction visible pour nous entre les réparées et celles à réparer. Jamais il ne devait chercher, il repérait avant nous celles que nous lui avions apportées trois jours plus tôt.

Trois jours, c’est tout ce qu’il lui fallait pour remettre à neuf, coller, clouer, cirer, lustrer. Il nous les rendait comme neuves pour seulement trois francs six sous. Quand j’ai voulu recoller moi-même un bout de semelle, j’ai payé plus cher le petit tube de colle que si j’avais confié le tout à saint Antoine. Mais il venait de fermer sa boutique pour toujours.

Je le regrette encore aujourd’hui : pour la qualité de son travail, pour son infinie gentillesse et pour sa sagesse. Un jour que je poussais sa porte avec la troisième paire de chaussures à ressemeler en trois semaines, je lui ai dit en riant:

- Hé oui, c’est encore moi ! Mon mari use vraiment beaucoup ses chaussures !

- Ce serait bien pire, m’a-t-il répondu, s’il ne les usait plus.

28 juillet 2012

La ronde du petit vélo (MAP)

Quand j’étais petite fille j’ai eu un vélo tout rose.

Je l’aimais tant mon p’tit vélo que  ne voulais point m’en séparer, alors je me souviens très bien avoir fait un vœu :

« Qu’il grandisse en même temps que moi ! »

Eh bien voilà ! 

Vélo rose

Nous en avons fait des tours et des tours  ensemble !

Et maintenant qu’il prend de l’âge je lui ai offert une place dans un manège ! Et il continue à en faire des tours et des tours ...  rondement menés, sans trop se fatiguer ! La musique qui accompagne son voyage est une jolie valse  chantée qui lui tourne dans la tête et répète : « Quand j’étais petite fille j’ai eu un vélo tout rose, je l’aimais tant mon p’tit vélo que je ne voulais point m’en séparer … »

Le petit vélo

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