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Le défi du samedi
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11 août 2012

Les souliers d’EVA (KatyL)

Eva m’a raconté que lorsqu’elle était petite, sa maman est partie loin, loin.........

Comme Eva était l'aînée d’une fratrie de 4 enfants, elle est devenue mère à 11 12 ans de ses deux sœurs et de son petit frère.

Les enfants sont restés avec leur père, qui les avait gardés, plus pour ennuyer leur mère et la faire souffrir, lui faire payer son départ sur un autre continent que par amour pour eux.( le juge ne connaissant pas le pays de résidence de la maman ne voulut pas qu’elle ait un droit de garde sur aucun d’eux !)

Les pères de cette époque ne savaient pas s’occuper des enfants, ni les border, ni leur raconter une histoire, ni leur faire à manger…et encore moins leur acheter des chaussures, et des vêtements, tant et si bien qu’Eva, ses sœurs et son frère portaient les habits des autres, ceux qu’ils voulaient bien leur donner, et qu’Eva reprisait le soir, ou remettait à la taille pour les petits.

Oh ! ils ne leur en donnaient pas des neufs, non des habits déjà bien portés, ou trop petits ou trop grands pour l’autre enfant ( qui lui avait de vrais parents) ils donnaient souvent des  abîmés ou plus du tout à la mode, alors ils  estimaient : 

-« Tiens, si je donnais ces habits à des nécessiteux » !

Même la propre famille d’Eva agissait à l’identique, et pas une seule fois, tantes, grands-mères, ou autre, n’avaient songé à leur en acheter des neufs !

Pour les chaussures c’était pire ! Car personne ne donnait des chaussures, et le père d’Eva ne pensait pas du tout aux  enfants qui allaient à l’école à pied, qui marchaient beaucoup avec la même paire de chaussures !

Aussi la petite Eva demandait à son père :

-« Papa quand pourras –tu nous acheter des chaussures, pour mes sœurs et moi, elles sont trop usées ! »

-« Plus tard, à Noël sans doute ? Je n’ai pas les moyens avec ce que ta mère a laissé comme dettes » (il disait toujours cela même des années après son départ, alors que lui-même allait à son club presque tous les soirs)

Eva repartait contrariée et honteuse, il fallait découper des cartons pour remplacer les semelles usées, alors elle eut l’idée de faire le tour des chaussures au crayon pour ensuite découper dans des cartons, des semelles qu’elle voyait accrochées chez le cordonnier et que son père ne voulait pas acheter ( tout ça à cause de leur mère, qui était partie si loin !)

Katy1

Katy2

 

 

Elle regarda les chaussures des sœurs et du frère et fit à tous de solides semelles.

Et pour que sa petite sœur ne soit pas triste elle alla cueillir dans le jardin quelques fleurs, les mit dans ses chaussures et elle posa les chaussures devant le lit de l’endormie. (Elles vont sentir bon, elle sera contente, plus la semelle de carton que je lui ai faite, elle pourra aller à l’école heureuse se dit-elle)

 Katy3

Pour elle et ses petits frères et sœurs aller plusieurs mois avec les mêmes chaussures aux pieds devenait un souci, les pieds des enfants poussent trop vite !

Et lorsqu’il pleuvait ce qui était le cas en Normandie où habitait Eva, les chaussures prenaient vite l’eau et les cartons se mettaient en bouillie dans la chaussure par les trous.

Quand il ne pleuvait pas, Eva cachait ses pieds sous les chaises de peur que ses camarades de classe ne se moquent d’elle et de ses trous sous ses chaussures.

Elle pensait toujours à ranger ses pieds..

 Katy4

Mais un jour une copine de classe qui elle était le bureau juste derrière Eva, fit tomber un crayon sur le sol, qui atterrit sous la chaussure trouée d’Eva !

Elle dit tout haut en classe !

-« Elle en a des chaussures celle-là toutes trouées, des godasses ! Des vraies godasses ! Je n’ai jamais vu ça ! »

Eva entendit et se mit à rougir de honte, et se mit à pleurer.

Le prof d’histoire qui faisait son cours et qui n’avait pas suivi la conversation ni l’histoire dit :

-« Que se passe-t-il Eva pourquoi pleures-tu ? »

-«J’ai pensé à quelque chose de triste dit-elle sans dénoncer sa camarade de classe qui pouffait derrière elle, car elle avait peur que tout le monde cette fois entende qu’elle avait des godasses pourries et trouées »

-« Écoute ma petite sors un peu prendre l’air et quand cela ira mieux tu pourras revenir, mais dorénavant sache bien que pendant les cours tu ne dois penser  qu’aux cours et laisser tes pensées tristes chez toi ! Est-ce entendu ? »

-« Oui Monsieur »

Eva sortit de la classe morte de honte.

 

Elle se souvient encore des cartons dans ses chaussures car il a fallu quelques années, qu’elle soit devenue une femme et gagne sa vie pour avoir enfin plusieurs paires de chaussures en bon état ! Idem pour la garde-robe.

 

Eva fait attention quand elle donne quelque chose que les affaires soient propres, à la mode, en très bon état, et si elle connaît une personne qui a besoin de quelque chose, si elle le peut, elle lui offre à l’état neuf, mais jamais elle ne voudrait mettre mal-à-l’aise une personne qui souffre, la honte serait pour elle.

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21 juillet 2012

Miroir, gentil miroir!!!‏ (Mamido)

Le miroir de l’impasse de la soif.

Mamido203


C’était la veuve d’un capitaine au long cours, qui passait en mer le plus clair de son temps et ne rentrait chez lui que pour y rêver et y préparer sa prochaine campagne.

Jadis, durant son enfance, son père avait imaginé pour sa fille un tout autre chemin, jonché de roses. Il la rêvait mariée à un homme de bien, influent et riche. Il la voyait vivre avec insouciance, dans le confort cossu d’une magnifique villa, au bord de la mer. Dans le sud de la France, peut-être… En tout cas, dans une région où la chaleur du soleil baignait le paysage à longueur d’année.

Au lieu de cela, elle avait épousé un modeste capitaine de la marine marchande et vivait dans la ruelle obscure d’une petite ville, battue par des vents marins humides et froids les trois-quarts du temps. Elle demeurait dans la modeste maison de pierres grises héritée de son défunt mari, parcourue de courants d’airs glacés qui l’obligeaient à faire du feu été comme hiver. Sans parler des trombes d’eau, giclant sur ses carreaux presque tous les jours. Un vrai déluge !  Elle ne sortait que très rarement, principalement le matin de bonne heure, lorsque la marée était basse et découvrait les rochers. Elle se rendait alors sur la grève pour y dénicher des coquillages.

Elle passait le reste de son temps dans le salon de sa vieille maison, avec pour seule compagnie, un chat gris, taciturne et sauvage, rebelle aux caresses. Tout en brodant, elle regardait par la fenêtre. Elle avait vue sur le port et pouvait apercevoir les mats des navires qui y étaient ancrés et les voiles gonflées de ceux qui rentraient et sortaient. Avant, du même endroit, elle avait guetté, le cœur rempli d’allégresse, le retour annoncé du capitaine. Maintenant, c’est d’un œil distrait qu’elle suivait au-dessus du va-et-vient des bateaux, le vol criard des goélands.

Mais elle n’aimait rien tant qu’observer les scènes de famille qui se déroulaient sous ses fenêtres. Aujourd’hui, elle surveillait les allées et venues de ses voisins d’en face qui quittaient une masure de briques rouges, toute délabrée. Un départ  définitif si elle en croyait les ballots de linge et de vaisselle que l’homme empilait dans une petite charrette à bras. Pour finir, il y fit grimper sa femme portant, comme un précieux fardeau, un enfant dans une corbeille à linge en osier. Celui-ci était emmitouflé sous plusieurs couches de couverture d’où seul son visage ravissant émergeait.  Il vint à l’esprit de la veuve, alors qu’elle suivait du regard la charrette jusqu’à ce qu’elle disparaisse au coin de la rue, qu’elle n’avait jamais eu d’enfant avec le capitaine et que maintenant il était définitivement trop tard.
Pour éviter de s’enfermer dans des regrets inutiles, elle reporta son attention sur les bruits qui montaient, juste devant chez elle. Elle entendait des litanies de mendiants, au pied de son immeuble. D’un ton geignard, ils réclamaient la charité et, visiblement, les passants semblaient se laisser apitoyer par leurs plaintes.
Amusée, elle pensa que c’était parce qu’ils n’assistaient pas quotidiennement au départ de ceux-ci, à la tombée de la nuit. Ils ne voyaient jamais le paralytique se dresser sur ses deux jambes et partir en marchant, en dansant même, quelquefois, si la journée avait été bonne. Ni le muet interpeler l’aveugle à grands cris pour aller boire en sa compagnie l’argent qu’ils avaient soutiré aux gens durant la journée. Et encore moins celui-ci le suivre, d’un pas décidé, sans lunettes et sans canne. Leur entrée dans l’estaminet faisait luire la vitre de la porte d’un éclair dans l’azur du ciel, créé par le soleil couchant.

C’est d’ailleurs souvent à cette heure de la journée, entre chien et loup, alors qu’elle abandonnait son poste face à la rue désertée, qu’il remontait à la mémoire de la veuve des souvenirs de sa vie d’avant, du temps du capitaine. Elle se remémorait les longues soirées devant la cheminée durant lesquelles, blottie contre son épaule, elle l’écoutait lui raconter ses voyages et lui promettre de l’emmener un jour.
Sans cesse, lui revenait à l’esprit, la dernière journée qu’il avait passé à la maison, avant de retourner en mer. Il ne s’était produit aucun évènement marquant, ce jour-là, sinon que, boudeuse à l’idée de sa longue absence, elle s’était enfermée dans le silence et l’avait laissé partir sans un adieu.
Elle se souvenait que pour tenter de l’amadouer et de la consoler, mais en vain, il avait promis de lui ramener ce grand miroir, à l’entourage doré, dont il lui avait si souvent parlé et qui lui faisait envie. Il avait repéré celui-ci dans une petite boutique de l’impasse de la soif, à Santiago… Elle s’était contentée alors de lui sourire tristement et de soupirer, sans un mot. Il était parti, elle avait couru derrière lui, mais trop tard.

Et il n’était jamais revenu. On n’avait jamais retrouvé trace ni du navire, ni de son équipage, ni de sa cargaison, tous disparus lors du voyage du retour.
Maintenant, pendant ses longues nuits d’insomnie, elle se plaisait à croire que le miroir était intact, au fond de l’eau et qu’il se trouvait, peut-être, quelque sirène pour venir s’y mirer à sa place et, qui sait, tenir compagnie au fantôme du capitaine.


Rive de Gier, le 3 Décembre 2011

4 août 2012

la promesse( Zigmund)

 
 C'était un soir d'orage, Mini Zigmund marchait seul sous le ciel noir (et en broyait un peu aussi) 
Il se souvenait de la promesse faite à son grand père. Avec sa soeur Nanazig et ses deux cousins encore petits, il  avait renouvelé solennellement le serment devant son père et son oncle. 
Mais il était l'ainé, les autres étaient bien trop jeunes pour honorer leur parole.
Mini Zig arriva devant la porte et regarda la serrure. Dans sa main il serrait la clef rouillée pour ne pas trembler.
Il ne pouvait plus reculer...
Il se demanda pourquoi la promesse avait sauté la génération de son père et de son oncle.
Il comprit en voyant la Table :  sur une feuille A4  protégée dans un cadre de verre  il lut les dernières consignes de son grand père écrites au stylo à calligraphie :
                    mon cher petit,
  Tu es l'ainé de mes petits enfants, c'est donc à toi qu'est donnée la Clef . 
 Celle qui conduit à cette Table qui fut, tu le sais,  à la fois  ma raison de vivre et mon désespoir.  Ton père et ton oncle ont promis de ne rien toucher et de transporter la Table telle quelle dans cette pièce.
Seuls "Mémaile "I  II III ... etc (les ordis) ont été gardés à part.
Je sais que tu auras un choc en voyant cet amoncellement de papiers.
Aie le courage que  ni Gabrielle, ni ton père, ni ton oncle, ni moi même n'avons su avoir : BALANCE MOI TOUT  CA AU FEU !
Ne garde rien , ne lis pas, si tu lis, tu es perdu : tu n'auras pas le courage de jeter et tu devras transmettre la clef à tes petits enfants.   
Ta récompense sera cette table,  qui une fois vide  sert aussi à recevoir les amis. 
Vas y ! ne me déçois pas ...
Un petite allumette pour toi un grand ouf pour toute la famille ! 

Table Zigmund

12 octobre 2013

Hey JO (Sebarjo)

 

 

 JO_london

 

Depuis plusieurs décennies – déjà ! - je profite des grands rendez-vous sportifs pour m'y mettre à fond ! Que ce soit Roland-Garros, la Coupe du monde de football, le Vendée Globe, Le tournoi des six nations, l'euro de Basket, le tournoi de pétanque de Québriac ou encore le concours de fléchettes du Celtic à la Guerche-de-Bretagne, je ne rate pas une occasion de me plonger littéralement dans le sport. Et cela explose lors des Jeux Olympiques. De l'or au bronze, j'en vois de toutes les couleurs et j'envoie de tous les coups-leurres. Pendant deux mois, je suis en état de grâce et cela fut particulièrement vrai lors des dernières olympiades qui ont eu lieu à Londres en 2012...

 

 LES JO de LondoN

 

A passer tout l'été devant sa télévision
Sans même quitter le fauteuil de son salon
Car c'est les JO, les JO de London
Car c'est les JO, les JO de London

 
A ce petit jeu, qui sera le plus en forme
Et gravira les marches du podium
Quel sera le meilleur aux JO
C'est Jojo
Le plus fort aux anneaux
C'est Jeannot
Le plus marteau au marteau
C'est Sebarjo
Le plus rapide en papillon
C'est Papy, voyons !

 
C'est les JO, les JO de London
C'est les JO, les JO de London
Du cent mètres au marathon
Du saut à la perche au décathlon
Du kayak à l'aviron
Du tir à l'arc au badminton

 
C'est les JO, les JO de London
C'est les JO, les JO de London
Du judo au cheval d'arçon
Du hockey à l'équitation
De la voile aux jeux de ballon
Du tennis de table au tennis sur gazon
 

C'est les JO, les JO de London
C'est les JO, les JO de London
De la boxe à la natation
Du javelot aux courses de fonds
De la gym au sol au plafond
De la lutte gréco-romaine à l'accordéon on on on...

 
C'est les JO, les JO de London
C'est les JO, les JO de London
C'est les JO, les JO de London...

 

 

alt : Noomiz

 

 

 

4 août 2012

Par le trou de la serrure (Venise)

             Derrière la porte fermée à clef de Pétrarque coule une rivière cristalline. L’œil au creux de la serrure j’ai vu :

                                

Venise205 

 

            Ses cheveux noirs en désordre, il monte les escaliers de cette vieille demeure pour rejoindre Laure, sa muse qui dort près de la cascade.

 

Il est toujours désarçonné quand il pénètre dans ce lieu. Le bras du Seigneur devait être merveilleusement inspiré pour créer un tel paysage se dit Pétrarque

 

Laura est l’incarnation de la beauté ; elle se tient de dos au moment où Pétrarque referme la porte de sa chambre.

Maintenant ils se tiennent tous deux par la main pour plonger au sommet de la cascade.

 

C’est une forêt nomade qui leur offre à chaque fois la chance de rester des enfants.

 

Cette vielle maison de briques, Pétrarque la partage avec une usine à papier

 

Elle a sur sa face ouest un immense moulin à eau qui aspire la cascade qui dévale le vallon.

Le soir ils rentrent tous deux nus pieds sur l’herbe encore chaude

 

La maison semble froncer les sourcils quand ils tardent trop.

On peut avoir une chance insensée longtemps, sans pour autant grandir et du même coup éviter  ainsi de s’encombrer des soucis des grands

 

Pétrarque aime partir dans sa vie réelle à lui celle qui ne rentre en collision avec personne

Il y rejoint les fougères qui se noient dans la rivière et la mousse que préfèrent ses pieds.

 

Laura l’enchante, il a appris à nager avec elle au milieu des flots tumultueux de la cascade.

Les rosiers qui bordent l’eau sont là pour éloigner les curieux qui se seraient introduits par erreur dans sa chambre .

Le soleil comme une fine poudre d’or se fraie un passage entre la densité du feuillage des tilleuls.

 

 Pétrarque embrasse Laure, celle-ci se sert de jasmin pour en faire des boucles d’oreilles, elle a cousu sur le gilet de soie de Pétrarque un coquelicot qui songe à la nuit.

  Il faudra fonder la confrérie du jasmin et habiller toutes les jeunes filles les soirs d’été de la délicate odeur blanche de ces merveilleuses fleurs, filles des anges.

C’est ici la gloire de la jeunesse du printemps qu’on fête.  Au vingt ans de Laure se mêle la jeunesse

De la cascade.

Même maltraitée par l’hiver la cascade irradie de lumière transportée par de fines gouttelettes d’eau que le vent ramène sur le visage de Pétrarque.

 

Pétrarque à choisi de vivre derrière la porte de sa chambre où coule une rivière.

Ce qui est invisible pour tous a une telle densité pour lui que Laure est née de ce paysage

 

Elle est arrivée une nuit alors que la neige était tombée encore fraîche sur le sol

Depuis ils ne se quittent plus.

 

C’est un savant mélange d’écorce d’arbre et de miel des abeilles qui bourdonnent dans leurs oreilles

 

Un violent orage d’été les pousse à se retrancher sur un rocher habité par une libellule.

 

L’insecte a tenté à plusieurs reprises de passer le pas de la porte de la chambre de Pétrarque en vain.

Elle voulait être dédommagée du chagrin causé par Laure et Pétrarque

 

On ne pénètre pas ici sans cadeau en retour, la libellule continuait à battre des ailes comme une prière.

 

Les deux enfants ne prêtaient pas attention à la beauté de l’animal. Ils grelottaient assis sur cette grande paroi.

 

La forêt les enveloppait avec bienveillance.

Devrais-je errer comme une âme perdue toute ma vie dit la libellule ?

Je voudrais vous suivre de l’autre côté de la porte. Qu'y a-t-il là-bas pour que vous vous absentiez longtemps sans moi ?

 

Il te faudrait affronter la mort qui maraude et qui prend souvent d’étranges allures dit Pétrarque

Tu devrais te défaire de tes ailes et ramper comme un ver de terre dit Laura en riant.

En quelques minutes la libellule s’était blottie dans le châle de lin de laure

 

Elle grelottait de peur, un lys pas étranger à la conversation se pencha vers la libellule

Tu ne connais pas le code des hommes, reste ici ils viendront souvent te voir.

Nous aussi nous ne voulons pas partir du paradis, tous les jours nous négocions avec les anges notre passage

 

Laure et Pétrarque, Pétrarque et laure, une simple libellule s’est infiltrée dans le jeu de l’enfance c’est la brèche de l’âge qui vous fait perdre la clef de la porte et regarder au creux de la serrure

Si vous les croisez en remontant la cascade bordée de roses trémières

Prenez quelques galets et griffonnez un poème sur le bord de l’un d’entre eux.

Ne négligez rien lors de cette rencontre soyez attentif à tout. Le chant du rossignol, le cou penché d’une aigrette

Et le soleil ...  Griffonnez attrapez le zeste du vent

 

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7 juillet 2012

A la fête foraine (Mamido)

Mamido201


Il y a fort longtemps, à la foire de Chazelle
Qui, si je m’en souviens bien, se déroule à Noël
Elle m’a dit : « Allons-y, prends donc un peu de flouze
Je me suis faite belle, et j’ai quitté ma blouse
Viens mon gentil toutou, sors un peu de ta niche
J’ai peint mes lèvres en rouge et fait mes yeux de biche
Sens-tu la bonne odeur de frites et de saucisses ? »

Elle sait mettre en valeur le bleu de ses iris
Et prononcer les mots pour que mon cœur s’envole.
Elle y met le paquet pour rester mon idole.

« Du temps que tu y es, prends-moi des berlingots ! »

Un gars qui passait là, prend pour lui, le gogo
Les paroles en l’air, le sourire si mignon
Il la suit, il la colle et m’oblige, le con
Pour m’en débarrasser à lui filer un gnon
Alors que, soudain, la neige tombe à gros flocons.



Poème composé à partir des bouts rimés proposés à l’émission « Les papous dans la tête », décembre 2011 : Chazelle/noël, flouze/blouse, niche/biche, iris/saucisse, idole/s’envole, berlingot/gogo, mignon/gnon.
Rajoutés par moi : con/flocon

21 juillet 2012

Le reflet des jours qui passent (KatyL)

Sacré miroir ! Je t’ai choisi grossissant pour me maquiller sans mes lunettes de lecture, mais voici que du coup tu me montres les imperfections, les rides naissantes, les sillons de vie en gros plan !

Ce n’est pas facile sur le coup, mais dès que l’on revient au format « normal »tout parait déjà mieux !

Katy1   Katy2

Je pense à ces belles actrices qui voient leur visage se faner comme les roses, et les contrats s’arrêter, et entendre  les hommes dire sur leur passage : « Mon Dieu comme elle a changé, elle a vieilli !!» et les regards se tourner vers des femmes bien plus jeunes épanouies, fraîches ! Quel supplice pour elles ! Certaines résistent, d’autres font de la chirurgie inesthétique à mes yeux car cela se voit, elles ressemblent toutes avec leurs bouches siliconée à des poupées « Barbie » et finissent par avoir le même visage inexpressif, les yeux tirés derrière les oreilles ! Comme je les plains !

Je me suis fait une raison depuis un moment déjà à ce changement tranquille contre lequel on ne peut rien, aussi j’accentue mes ridules par un sourire plus grand, mon visage qui porte le poids des années, des douleurs et des joies de la vie pétille dans sa maturité et pose sur les autres un indulgent regard.

Je vois le bleu du ciel en toute chose, dans le regard de mes amies, de mes enfants, je sais que tout est éphémère, je vis sans y penser vraiment, j’ai peur de perdre mon temps, le temps reste la chose la plus précieuse, et surtout je ne suis pas malade, alors va pour quelques rides rassurantes !

Katy3   Katy4

Le reflet de la vie dont l’eau est la mère….le reflet du ciel, notre devenir.

 

21 juillet 2012

LE MIROIR DES SORCIERS (Venise)

 

           Debout et vacillant le vieux Jules cherchait son reflet dans le miroir.

Son image, tantôt, se dérobait pour se voiler dans une chevelure cendrée.

D’une apparence cadavérique, le miroir lui tendit une coupe ciselée d’or

Les courbures du miroir le mettaient pour la première fois en contact avec les galaxies les plus lointaines.

Participation de Venise

Par mille flexions, tous les temps vécus et à vivre communiquaient entre eux.

Entre Bételgeuse et Orion, le vieux Jules frémissait d’une nouvelle jeunesse. La toute nouvelle douceur du visage la lumière particulière qui l’éclairait trompait sa mémoire.

Il croyait à nouveau posséder le jour et but à nouveau dans la coupe ciselée d’or.

Dans un silence d’aquarium, je vis soudain la bouche de Jules se tordre et le miroir qui se jouait de son reflet lui révéla brutalement la face oxydée par l’alcool.

De grands oiseaux maladroits se cognaient sur les bordures intérieures du miroir.

Le front contre le miroir Jules crut discerner une silhouette féminine qui s’enfonçait obliquement dans les ténèbres.

Le miroir se mit à rire avant de se réfugier dans un silence total. Jules avait trop voyagé, le miroir ne le reconnaissait plus !

30 juin 2012

Mots en fête (Venise)

   Mots en fêtes.

 

Je me demande ce qui manque à la vie

Des boules et des balles ;

Des balles et des billes bien ordinaires.

Venise200

 

Et des étoiles qui scintillent

Tout peut faire l’affaire des  bulles de champagne et de l’eau qui passe l’attrape.

On te sort de chez toi pour toujours et on danse comme des orphelins

Une fois si j’y crois une fois si je n’y crois pas.

Ce n’est déjà pas si mal, de danser ces pas d’innocence dans des lieux d’interdit

Présumé d’insouciance j’ai le corps du délit.

J’ne dis pas non je ne dis pas oui pour la belle indolence

76898677[1]

 

Pour sauver les apparences pour le reste tampis .

Je suis telle que je suis, je joue ‘ amour à l’envie

Si la vie a un sens c’est la rose à crédit. Si je retiens tout il reste toi.

Sans faire de confidence, je ne dis pas où je ne dis pas qui

Pardonnez mes offenses, on manque d’élégance

Ce soir c’est presque minuit.  J’en ai déjà trop dit.

Tout va à volo YA du remous dans la carlingue

On traverse un jour de fête, une zone de turbulence.

Rien n’est dansé d’avance à chaque instant on se choisit , si je fais le décompte tu m’a donné un os de sèche un caillou blanc venu des fonds des océans .

Je t’ai donné comme présent un jour de fête des sentiments

Si on se laissait pousser les ailes en s’envolant par la fenêtre, et si du vase débordait la goutte si on se mettait à tailler la route.

Et pour qu’enfin le cœur s’épanche, on passait nos vies dans les branches.

Allez sort de la vase,  avançons d’une case

Remuons un peu la cendre

Ya plus de raison d’attendre.

Si on mettait Paris sur la carte

Si  si on s’mettait à tailler la route !!!!

Attaches moi les talons bon dieu que ça change du train-train ordinaire !!

Faut qu’ça balance !!!!

Sur le plancher des vaches les cuillères se consolent

Mais qui c’est qui  qui fait la noce et qui boit comme un trou !!!

Qui qui c’est qui qu’à la migraine ?

Qui c’est qui qui salit partout !!!!!!

23 juin 2012

Rose, effet Mère ! (MAP)

 

La rose et l'escargot

Se promenant dans la campagne une petite fille rencontre un escargot !  Curieuse, elle lui pose une question qui lui tient à coeur :

-         Bonjour petit escargot ! Comment s’appelle ta Maman ?

-         Bonjour petite fille ! Ma Maman s’appelle Rose !

-         Comme c’est joli !

-         Oui, regarde, elle est là tout près de moi !

-         Mais …..

-         Quoi ?

-         C’est une rose !

-         C’est bien ce que je t’ai dit !

-         Mais ce n’est pas possible !

-         Pourquoi ?

-         Eh bien … euh … vous ne vous ressemblez pas !

-         Ça ne veut rien dire !

-         Mais une rose et un escargot ! Voyons !!!

-         C’est tout vu !

-         Comment cela ?

-         Quand j'étais tout petit, elle était là et personne d’autre ! Elle m’a doucement  bercé dans ses pétales quand elle a vu que j’étais tout seul en ce monde ! On est toujours restés ensemble ! Si c’est pas une Maman ça !

- Oh oui, bien sûr … je comprends ! Comme elle est belle ta Maman !

Quand j'étais tout petit

 

 

 

23 juin 2012

Escargot mon ami la lune et l’enfant. (Venise)

Venise199

L’homme : : sais tu que tu es ma plus belle vignette de l’enfance ?
Tu es ce minuscule personnage qui marche sur une ligne discontinue, et plus d’une fois tu m’as consolé sans le savoir.

L’escargot : je me dis souvent que je suis soucieux comme un somnambule fuyant la lumière qui m’accable. J’avance de mon pas sur l’herbe tendre parce que je ne sais pas voir l’ombre de moi-même.

L’homme : je suis allé poser mon pas sur la lune

L’escargot : Sur ce collier de perles bleues ?

L’homme : oui et j’entendais le grognement de la terre.

L’escargot : et moi entre les arbres ,entre les ruisseaux je continue ma marche sous la pluie fine. J’ai labouré le ciel en ligne droite et je peux te dire qu’en mai c’est la fête des œillets dont la fleur éclate sur le côté.

Je sais aussi que les lauriers palmes tachent les becs des merles en automne.

Mais toi tu as les cheveux gris à présent

L’homme : c’est à cause de ce voyage sur la lune .je n’ai pas su conserver mon visage je suis maintenant une vielle écorce recousue qui revient d’un grand voyage

L’escargot : ton destin –t’-a t il sourit là-haut ?

L’homme : je suis au désespoir de ne pas t’avoir ramené une étoile, une étoile de chair et d’encre.

Toi qui séjournes sous ce ciel noir et qui arpentes ce territoire sans aurore.

L’escargot : je me suis simplement ancré dans la terre, je ne suis qu’une bête il n’ s’agissait pour moi que de marcher entre la nuit les bourrasques et la neige.

L’homme : peut-être qu’on pourrait vivre malgré tout !!

L’escargot regarde les framboises !!

16 juin 2012

Participation de Venise

O

            Que serait l’homme sans l’ O!!!

    Un parapluie dans un vestibule, sous une rangée d’imperméables ! Sous ce

O !que lui donne tant de fois l’occasion de gémir sur sa vie qu’il est pourtant seul  à mener.

O

L’O. donne un sujet à la conversation qui n’en avait pas un .

On connait des hommes qui se soignent en prononçant des r Öts bien ronds.

Le point de référence de notre langue frileuse c’est la diversité de la musicalité de l’!!

Mais s’il fait zéro, on jette du sel aux trottoirs et on s’écharpe en surveillant les cols du fémur !

Un jour nous avons une histoire de chasse d’ O

On sait que le bonheur d’une famille se trouve suspendu à la chaînette des cabinets !!

            J’aurai souhaité pour finir inventer un acronyme comme dans ‘il vient de décrocher un CDD.’           

Je suis allée à la conférence OOO (organisation ornithologique Oregon  )

14 juillet 2012

Réflexion autour de l’épicerie (Mamido)

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Ce Noël dernier, Louis, notre petit-fils avait commandé une épicerie. Nous l’avions fait venir spécialement du grand Nord via un magasin d’un de ces pays froids aux vastes forêts où l’on vend des meubles en pin à monter soi-même.

Papy Christian s’est collé au montage le soir du 23. Ayant une grande expérience de ce style de meubles et vu la taille de celui-ci, il pensait n’en avoir que pour une heure à tout casser. Comme d’habitude, alors que celle-ci s’achevait, il m’appela à la rescousse afin de l’aider à comprendre le plan de montage et à repérer les différents éléments de la petite épicerie. Nous y avons passé l’heure suivante. Il a fallu encore deux bonnes heures pour assembler le corps du meuble et une cinquième pour monter les portes et les tiroirs… Finalement, à deux heures du matin, nous contemplions notre œuvre enfin achevée. Echevelés, courbatus, suants, énervés et épuisés par une engueulade telle que nous n’en avions pas eu depuis bien longtemps (peut-être bien depuis le jour du dernier montage d’un meuble de ce style dans la chambre d’étudiante de la mère de p’tit Louis, oui peut-être bien)…
Mais très fiers de nous et du résultat finalement.
Le lendemain, le Père Noël a fait sa livraison à domicile et P’tit Louis joué à l’épicier toute la journée devant le cercle de famille extasié et attendri.

P’tit Louis adore jouer à l’épicier et si le meuble offert ne lui est pas toujours indispensable, l’autre jour, c’est la planche de la balançoire qui lui servait de comptoir, la participation active d’un client lui est nécessaire. C’est souvent moi qui m’y colle, avec un plaisir non dissimulé. Mes trente années de carrière en maternelle et sept autres en tant que rééducatrice dans l’éducation nationale passées à m’amuser très sérieusement avec les enfants n’ont pas réussi à tarir le plaisir que j’éprouve à jouer avec eux. Elles montrent également combien j’accorde de l’importance à ces jeux.
Mon mari dit que je cautionne ainsi le fait que je n’ai jamais perdu mon âme d’enfant. Il n’a pas complètement tort.

C’est vrai que j’adore jouer avec les enfants, mais surtout j’adore les regarder jouer et se construire en jouant. La créativité et l’imagination des situations qu’ils inventent, l’imitation et l’assimilation des codes sociaux, le développement du langage, l’utilisation intuitive des mathématiques… Tout ça m’a toujours épatée…
Les enfants remarquent tout de suite l’intérêt que je porte à leur investissement dans le jeu… Du coup ils adorent me prendre comme partenaire. P’tit Louis n’échappe pas à la règle. Il me manipule, m’instrumentalise : « Mamie fait ci…, mamie fait ça…, maintenant tu serais… » Et je fais et je suis, puis je deviens… Quelquefois, je me révolte ou je fais semblant de ne pas comprendre pour voir comment il va réagir. Il ne faut tout de même pas que je lui facilite trop la vie !!! Et le jeu rebondit, P’tit Louis s’adapte à la situation nouvelle, résolvant ou détournant le problème que j’ai créé.

Ces moments partagés avec mon p’tit loup sont pour moi la source d’un bonheur irremplaçable et précieux.
J’ose espérer que, jour après jour, ils s’inscrivent dans son souvenir et que, dans quelques années, lorsque je ne serai plus là, il s’en souviendra et les chérira à son tour.

 

23 juin 2012

La complainte de l’escargot Berlingot (Lilou)

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Nous étions vingt ou trente
Escargots dans  une bande
Notre coquille  sur le dos
A la mode des
Vous m’entendez ?
Notre coquille sur le dos
A la mode des sans chapeaux

Notre première sortie
Que nous fîmes dans not’ vie
C’est d’aller grignoter
Et dévorer
Vous m’entendez
C’est d’aller grignoter
Le jardin du curé

Berlingot oh oh oh
Berlingot oh oh oh

J’entrai  dans une plate bande
Mon dieu qu’elle était grande
J’y trouvais cent salades
Je bavais bien
Vous m’entendez ?
J’y trouvais cent salades
Je bavais bien dessus

J’entrai dedans une autre
Mon dieu qu’elle était haute
des herbes et des dahlias
J’en mangeai trois
Vous m’entendez
Des herbes et des dahlias
J’en mangeai trois cabas

Berlingot oh oh oh
Berlingot oh oh oh

Ces messieurs du jardin
Avec leur braies de lin
Et leur discours badins
M’eurent bientôt
Vous m’entendez ?
Et leur discours badins
M’eurent bientôt jugé.

Avec des phéromones
Éparpillées par tonne
Ils me firent avaler
Des petits grains
Vous m’entendez ?
Ils me firent avaler
Des grains empoisonnés.

De loin sur ma plate-bande
Je regardai la lande
J’y vis mes compagnons
Rétamés  
Vous m’entendez ?
J’y vis mes compagnons
Rétamés tout du long

Compagnons de misère
Plaignons- nous à nos pères
Nous ne sommes pas méchants
Mais seulement
Vous m’entendez ?
Nous ne sommes pas méchants
Mais simplement gourmands.

 

12 mai 2012

Sur la terrasse abandonnée… (Mamido)

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C’est la fin de l’été
Sur la terrasse abandonnée
Les herbes folles ont poussé
Quelques pétales échappés
D’une rose fanée
Jonchent le sol.
Avant de prendre leur envol
Pour des cieux plus sereins
Les hirondelles sur le fil
Forment la gamme sans fin
D’un doux chant aux accords subtils :
Celui de la fin de l’été
De la terrasse abandonnée
Où la rose a jeté en corolle
Sa jupe sur les herbes folles…

26 mai 2012

Participation de Venise

 

 Galets

                        Professeur ici sous ce galet !!!

            Vous pouvez y aller la batterie est raccordée.je mets les écouteurs.

            Allez y j’enfonce la sonde dans le sable. Est ce que je suis à la bonne distance professeur ?

            Oui oui vous y êtes j’entends la mer. Écoutez professeur.

            Le professeur coiffé de son casque en aluminium d’où partaient de longues spirales était  absorbé par les bruits qui parvenaient à son oreille.

Une suite de syllabes s’interposa au milieu de craquements puis des mots de formèrent.

« Je dois bien l’avouer je suis souvent allée dans des contrées inconnues » disait la mer  en s’adressant aux galets.

« Mais nous nous n’allons jamais nulle part » répondaient les galets.

« « L’anarchie et le vacarme des mes vagues me précédent partout. »

« Et nous nous entendons seulement le clapotis qui chantonne allégrement au rythme de vos courants. »

Réduisez un peu le volume, criait le professeur, filtrez les aigus !!

De nouvelles syllabes, puis des mots accompagnaient les oscillations du sonoscope.

Le sonographe enregistrait la voix nasillarde des galets  

Allez raconte nous des histoires criaient–ils en cœur.

Pressez vous disait elle le danger est imminent ils vous faut partir.

L’assistante ne quittait pas des yeux les écrans enregistreurs

Les écouteurs transmettaient aux deux savants des mots parfaitement audibles entrecoupés de craquements

Des phrases courtes frappèrent le tympan des expérimentateurs.

Vous serez un court instant sur une zone tiède, mais avant de vous enfuir avertissez les hommes. Disait la mer.

Attention criaient les galets nous sommes aveuglés !!

Des touristes ont étalé leur serviette sur la plage et recouvrent de leur pied les galets.

Le professeur a éteint le sonographe Il sait que désormais il n’y aura plus

d’émissions.Portrait galets

7 avril 2012

Pour un simple regard (Walrus)

Ne pas regarder... surtout ne pas regarder !
Voir d’accord, mais surtout ne pas regarder.
Sinon, vous savez ce qu’il advient.

Aussi ce matin  fixais-je obstinément mes pieds : tant que je ne regarde que moi, je le reste.

Je progressais mécaniquement, évitant de trop prendre conscience de ce monde qui m’entourait... et c’est là que je l’ai pris en pleine tronche.

Sous le choc, j’ai reculé de quelques pas et je l’ai vu :

Réverbère

Et non seulement je l’ai vu, mais son aspect inhabituel m’a fait... le regarder !

Bah, j’aurais pu plus mal tomber.

D’ailleurs, je n’étais pas tombé, j’avais simplement vacillé sous le choc.

Mais bon, je l'avais regardé...

Dans ma peau d’acier de réverbère, je me sentais comme un preux chevalier en armure.
Inébranlable.
La force tranquille (j’ai pas déjà entendu ça quelque part ?)
Tel un phare face à l’océan, solidement enraciné dans le sol, la tête dressée vers le ciel.
Prêt, à la nuit tombante, à remplacer le soleil.
Un peu comme cette statue de Bartholdi : la liberté éclairant le monde.
Ah ! Toiser, dominer de toute ma hauteur ces créatures à la démarche incertaine et s’écartant prudemment de moi, saisis d’une crainte respectueuse : les hommes.
Quel exaltation !
J’en avais des bouffées d’orgueil.
Ma puissance me faisait tourner la tête...

C’est alors que j’ai vu s’approcher ce chien...

9 juin 2012

Tout est contraste, tout est nuance (KatyL)

 

 

Photo 11) Comme ces deux petites filles en lumière alors qu’elles sont dans le noir.

 

(Extrait du tableau.)

 

Photo 22) (le tableau en entier, d’après Emile FRIANT)

 

La maman serre le pain, la grande semble accablée car elle a dû travailler dur toute la journée à l’usine, et la petite serre fort contre elle le bout de lard qui servira au repas du soir, tout est sombre autour d’elles, il n’y a pas encore d’électricité, les rues du village sont noires, mais dans le lointain l’usine, la sidérurgie elle, tourne à plein pot et envoie sa fumée âcre, le reflet des hauts fourneaux suffit à les éclairer tant le contraste est IMMENSE …..

 

Quel contraste avec le gâchis de nos sociétés de consommation, ces magasins remplis et qui jettent des fruits et légumes, de la viande tous les jours pour faire un plus beau rayon que la grande surface du coin ! Tout part à la poubelle la plupart du temps ! Quel contraste la vie de ces enfants et ceux d’aujourd’hui, malgré tout j’entends souvent dire : « j’aimerai retourner vivre en arrière ! »

 

Alors comme il s’agissait de contraste dans le sujet, j’ai de suite pensé à faire celui entre nos vies et celles de nos arrières grand-mères.

 

Sans doute la vie n’est pas facile aujourd’hui pour certains en comparaison à d’autres, mais il y a des associations, de la nourriture, des vêtements, l’électricité, des machines à laver, des magasins divers remplis, les enfants vont à l’école de la république ouverte à tous, gratuite, dans de bonnes conditions, ne sont plus obligés de pousser des berlines de charbon, de descendre à la mine..

 

Les mères ont des allocations, des aides de rentrée scolaire, des droits pour les familles, des hôpitaux et suivis pour elles et leurs enfants.

 

Alors quel contraste NON entre ces deux mondes ! Et j’entends dire : « la vie est de pire en pire »??

NON ! C’est cette société consumériste qui rend les gens malheureux, car ils ne savent plus se contenter, ne savent plus voir leur chance, ne savent plus espérer et se battre pour réussir dans leur environnement, avec les produits de leur terroir, être solidaire avec leur famille, leurs voisins, leurs amis..

VOUDRIEZ –VOUS vraiment la vie de cette famille peinte par Friant et par moi ?

 

Alors nuançons nos propos, et sachons voir ce qu’il y a de bon de positif, et posons un éclairage nouveau sur notre vie, les reflets seront plus chatoyants.

 

Savez-vous que les femmes de cette époque n’avaient aucun accès à la culture

 

Ouvrir un livre était IMPOSSIBLE ! Aucune famille à la campagne n’en possédait, pourquoi faire ? Mettre des mauvaises idées dans la tête des filles !

 

Photo 3Katy L ( tableau d’après Bastien-Lepage, le ramassage des pommes-de-terre) refait avec les nuances subtiles de mon regard.

9 juin 2012

Au rythme de mes pas… (Mamido)

mamido197


Ombre, lumière,
Ombre, lumière,
Au rythme de mes pas,
Jusqu’à la porte, là-bas…

Ombre, lumière,
Ombre, lumière,
Lentement,
Je prends mon temps,
Mes pas me portent
Jusqu’à la porte
Du potager, là-bas.

Entre chaque prière,
J’abandonne mes frères
Pour travailler la terre.
Je suis le jardinier
De la communauté.

Ombre, lumière,
Ombre, lumière,
Lentement,
Je prends mon temps.
Je savoure chaque instant
De cette traversée.
Je ne suis pas pressé
D’aller piocher, bêcher, biner
Ce grand lopin de terre
Qui nourrira les frères
De ma communauté.

Ombre, lumière,
Ombre, lumière,
Au rythme de mes pas,
Jusqu’à la porte, là-bas…

9 juin 2012

« Extrait de la Correspondance de Monet à Venise. » (Venise)

Bref je me sers du blanc d’argent, du jaune cadmium, du vermillon, de la garance foncée, du bleu cobalt, du vert émeraude et c’est tout.

Rien ne m’avait préparée à la peinture, chère amie, et pourtant j’ai le sentiment de rester le dernier survivant.

J’espère vois tu que ma peinture tiendra sa craquelure, car je voudrai tant arriver à décliner l’ombre et la lumière d’une aile de papillon

Je barbouille du matin au soir, j’emporte avec moi ma boite de couleurs pleines de flots bleus et vertes pour capturer le vert foncé de l’herbe, le vert clair de l’étang, le jaune sable, et le bleu du ciel.

Tu sais je travaille d’arrache-pied pour me faire connaitre.

Entre le modèle que j’ai sous les yeux et celui que j’ai dans la tête, tu supposes toi qui me connais les couches successives qui tiendront de condensations des ombres et des lumières

Surtout ne peint jamais dans un salon !!

C’est là ma tranquille détermination. Non je n irai pas à Venise pas tout de suite en tout cas.

A Giverny je sais ce que je dois à la peinture.

Il y a ici de la lumière partout comme on n’en voit en songe .cette lumière est immense capable d’abriter une infinité de bleus d’ombre. Il faut que tu viennes jusqu’ici.

Il y a des bleus agressifs remuant comme la mer. Mon œil ce soir se prépare à capturer l’énigme des nymphéas.

Partout, crois-moi la couleur allège le cœur. Le soir venu si tu voyais ces bleus royaux pareil a  des palais de Parthes  .mon œuvre sera comme les statures akkadiennes plus claires que l’émail de la poterie des seldjoukide plus douces que les mosquées séfévides.

J’attaque demain dès l'aube les ocres sable et le vert doux et poussiéreux du feuillage.

Avec la nuit qui vient la mienne assurément je n’ai plus de temps à perdre l’ombre va bien gagner sur la lumière.

Alors mes nymphéas chanteront sous mes yeux malades.

 

Ton ami Monet. À venise.

Venise197

26 mai 2012

la légende de la mer (Mamido)

MER

Ecoutez l’histoire de Jéjé, ce tout petit enfant

Qui, un jour, grimpa sur la digue et défia l’océan.

 

Jéjé avait cinq ans et n’était pas plus grand qu’un petit bout de zan…

Ce jour-là, la mer, en colère, tenait en respect tous ceux qui l’approchaient.

Elle se ruait sur les rochers, se fracassant contre eux comme pour les briser.

Ça faisait un moment que plus personne n’osait même la regarder…

Comme ça la rendait fière ! Toute en gerbes d’écumes, elle se faisait mousser.

 

Et voilà que Jéjé, sans peur, s’est avancé.

Ce tout petit bout d’homme, sur la digue, s’est campé.

En attendant ses cris ravis, la mer s’est fâchée,

De ses plus hautes vagues, elle l’a submergé,

Puis elle l’a secoué comme un jeune prunier.

Pensant l’avoir vaincu, elle s’est retirée

Pour découvrir l’enfant trempé, tenant encore debout

Les bras levés au ciel et riant comme un fou.

26 mai 2012

Enfants, sortez vos râteaux (MAP)

 Copie de DSCF7220

Les galets -comme dragées-

se répandent sur la plage

Enfants sortez vos râteaux

vos pelles, vos petits seaux !

Faites-en de hauts remparts

ornez-en tous les créneaux

de vos sablonneux châteaux !

Et puis écoutez la mer,

-le chuchotement des vagues-

au creux d’un beau coquillage !

C’est une jolie berceuse

qu’elle vous chantonnera

ou alors quelque légende

qu’elle vous racontera !

………………….

« Il était une sirène

qui attirait les gars laids

par son charme et sa beauté

son corps souple comme une algue !

Dans son filet les piégeait

et chacun elle embrassait

pour ensuite les rejeter

sur le sable de la plage

mais transformés en galets."

……………………….

Enfants, sortez vos râteaux

vos pelles, vos petits seaux

Les galets -comme dragées-

se répandent sur la plage  …

 DSCF7113

* * *

Et voici la version mise en musique et chantée par Joe Krapov :

Grand merci à lui !

http://www.onmvoice.com/play.php?a=93372

28 avril 2012

L’an 2016 en pays de Sarkozy. Ou l’autodafé permanent (Venise)

Je vous ai tout de suite dit que ce livre ne vaut pas la peine qu’on se dispute.

Le spécialiste des questions concernant l’atteinte à l’ordre moral : »ce livre regorge de messages immoraux et vulgaires’. »

Vous voyez des procès d’intention partout !

Ne voyez vous pas que ce livre est truffé de problèmes

C’est alors moi l’écrivaine comme si par une nuit sombre et neigeuse j’avais pénétré dans un cul-de-sac. ?

Et que je m’étais cogné la tête contre un mur.

Quel roman d’amour réussi connaissez-vous sans que le héros ne se console en buvant un petit coup dis je en sortant de mes gonds.

 

He bien Madame votre livre sera édité si votre héros boit un café un verre de lait ou un jus d’orange !!

Votre livre doit traiter de la délicatesse de l’âme humaine, pas de ces turpitudes.

Le mot vin dis je en avalant ma salive a été inventé il y a des siècles et je ne comprends pas que mon personnage ne puisse pas boire un verre de vin.

Dans votre livre quand vous écrivez « brulante amertume’ le  croire que votre héroïne boit de la vodka achetée au marché noir !!

 

Et tous ces jurons vous aimez ça !!!

Extrait du livre remanié :

Je bois pour oublier (phrase raturée et remaniée) vu le passé des personnages mis sous écoute ils vont organiser leur rencontre et leur vie de telle sorte qu’elles seront indécodables pour le spécialiste à l’atteinte à l’ordre moral !!

Mais je doute que mon livre passe    l’épreuve de la censure ils iront toujours planter leur regard accusateur sur moi et dire que j’incite la jeunesse à la délinquance

Venise191

Vous encouragez vos lecteurs à rayer des voitures de gens innocents !!J’entends encore leur voix

Je vous conseille de travailler soigneusement votre roman non seulement sur ces petits détails, mais aussi sur ces défauts majeurs ;

Je m’éloigne les yeux pleins de larmes.oui je suis une idiote assez idiote pour écrire des romans d’amour et de fureur. Mais j’aime cette idiotie !!

 

21 avril 2012

Avec des "si"... (Mamido)

Mamido190

Avec des « si », on peut refaire le monde
Avec des « si », on peut refaire sa vie
Pour qu’elle corresponde
A toutes nos envies.

Mais voilà, on a beau mettre des « si »
Il est souvent trop tard
Nos décisions d’hier, on ne peut les ravoir
On voit son existence ternie d’une voile gris.

Alors, à quoi servent les regrets
Puisqu’on ne peut rien changer ?
Assumons nos erreurs, continuons à avancer
Tout cela en tirant les leçons du passé.

A cette condition, les « si » se rendent utiles
Et viennent élargir le champ de nos possibles!

21 avril 2012

Participation de Venise

 

SI j’étais motivée pour faire quelque chose, je commencerais par ne rien faire.

Si j’étais devant un hibou qui refuse de s’envoler, je crois que j’aurai des idées mal placées.

Si j’avais trouvé un jour mon prof d’anglais séduisant, pour sûr je lui aurais donné rendez-vous à Trafalgar Square.

 Tableau

SI j’avais pu garder au moins deux amies dans ma vie, je pourrais continuer à faire de la corde à sauter.

Si j’avais eu une batte de base-ball à portée de main au moment de l’accident le constat à l’amiable ne se serait pas imposé d’emblée !!

Si ma grande mère s’échappe de la maison de retraite, je suis sure de la retrouver devant ma porte où elle me dirait pourquoi as-tu mis si longtemps.

Si j’avais une opinion à défendre avec passion, je choisirais un combat auquel je suis parfaitement indifférente.

Si je devais jouer avec un enfant à un jeu de société toute la journée je choisirais l’option « passer sous les chutes du Niagara dans un tonneau. »

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Le défi du samedi
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