Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le défi du samedi
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 1 057 671
Derniers commentaires
Archives
6 avril 2013

Participation de KatyL

k1

-« Cette valise contient toute mon enfance dit EVA »

Je me suis toujours demandé pourquoi elle gardait cette valise dans son grenier et surtout ce qu’elle pouvait contenir ?

Elle s’assied et me répond les larmes aux yeux.

Tu vois un soir c’était le 25 novembre la Ste Catherine, ma sœur et moi sommes rentrées de l’école, elle avait préparé nos goûters dit Eva (ce qui était rare) rien pas un mot ! Nous avons mangé cette collation en silence et fait nos devoirs sagement, puis le temps passait….et elle ne rentrait pas !! Notre père s’impatientait en lisant son journal il était 19h et il venait de rentrer de son travail , habitué à la trouver affairée avec nous à cette heure, il nous envoya la chercher dans les magasins pensant qu’elle était partie en courses avec la plus petite ( qui avait 3 ans et demi) et que son sac devait être trop lourd. ( Eva pensait en secret qu’elle était partie pour lui acheter un cadeau pour sa fête , car ce moment avait été oublié par tous, et dans sa petite tête elle ne pouvait que se dire cela, elle devait sans doute lui chercher un cadeau ? )

Elles sont  parties sa sœur et elle, elles ont visité les commerçants du quartier, mais elles sont  rentrées bredouille !! Rien ! Elle n’était nulle part.

Eva eut l’idée d’ouvrir les armoires car depuis des mois et des mois son père et elle se disputait beaucoup et elle avait menacé souvent de partir, Eva avait tout fait pour la retenir jusqu’ici, mais là,  elle avait un doute …et, en ouvrant le placard des manteaux il manquait en effet tous les siens, ses chaussures, ses sacs !! Elle alla dans l’autre armoire et là toutes les affaires personnelles avaient disparu et laissaient la place au vide !! Le malaise s’empara d’Eva elle se sentit vaciller sur ses petites jambes de gamine de 12 ans !! Elle ne devait pas craquer c’était elle l’aînée de cette fratrie de 4 enfants !

Son  père était enragé il avait compris qu’elle était partie avec les deux plus jeunes enfants.

Il chercha dans le bureau un mot qu’il trouva bien en évidence :

« J’ai pris les valises et mes affaires personnelles je ne rentrerai pas, j’ai avec moi Maude et Xavier est en convalescence chez une amie je le récupère en passant, et je pars pour ne plus revenir, je ne peux pas prendre les filles avec moi, garde-les, je donnerai de mes nouvelles plus tard » signé D……………….

Eva s’est écroulée ! Elle hurlait : « quoi elle ne voulait pas d’elle et de sa sœur !! Mais ce père avec qui elle les laissait elle le connaissait à peine, il ne s’occupait de rien et surtout pas de la maison, il ne savait pas faire à manger, il n’avait pas beaucoup de contacts réels avec lui !! IL était responsable du départ de leur mère !  On ne peut pas rester avec lui !! C’est IMPOSSIBLE !!! Elle va revenir nous chercher elle ne peut pas nous jeter ainsi !

Pour sa petite sœur et son frère elle avait l’habitude de s’en occuper, de jouer avec eux de leur raconter des histoires le soir, elle ne voulait pas en être séparée du tout !! Elle était leur seconde mère !! C’était quoi ce cirque ??? Et rien à manger en plus !!

Leur père n’en avait cure ! Il les traîna à la gendarmerie pour porter plainte comme cela se faisait à l’époque contre elle, il la chargea de tous les maux, les gendarmes avisés tentaient de le calmer et dirent : » est-ce que ces gosses ont mangé ? –non » ! Ils allèrent chercher une pomme pour chacune d’elles, elles avaient faim mais les morceaux avaient du mal à passer, elles pleuraient à chaudes larmes serrées l’une contre l’autre, perdues ! Elles rentrèrent dans cette maison sans vie, et commença une longue et lente agonie…. Eva ne savait pas faire cuire un œuf, ni rien, elle dût apprendre pour elle et sa sœur car leur père ne faisait rien et il était encore plus absent qu’auparavant. Eva dût coudre les boutons et cirer les chaussures, s’occuper du chien, du père, du ménage… et faire ses devoirs aussi.

Tous les jours elle pleurait !! Elle avait préparé une valise pour elle et sa sœur la dernière qui était restée dans la maison, et avait mis dedans les choses auxquelles elles tenaient et quelques pauvres vêtements, la valise toujours prête derrière la porte car Eva pensait que sa mère viendrait les chercher en douce un jeudi ou un jour où leur père serait absent mais elle se rendit compte que le mois de décembre était presque fini et qu’elles n’avaient eu AUCUNE nouvelle de leur mère.

Et l’anniversaire d’Eva était passé sans que personne n’y pense !!

Elle avait beaucoup maigri sa sœur aussi, elle ne dormait plus beaucoup, elle pleurait tous les jours ! Tous les jours !

La veille de Noël coup de téléphone à la maison, la tante (sœur de leur mère) demandait si elles voulaient venir chez elle pour le lendemain de Noël de manière à revoir leur mère ? Leur père donna son accord sous conditions, il fallait qu’Eva dise où était sa mère qu’elle cherche la vraie adresse et son père irait la flinguer !!! Rien de moins ! Eva dit oui mais sachant bien qu’elle n’en ferait rien et qu’au contraire elle préviendrait sa mère du danger, elle se disait si je lui dis NON il va refuser la visite.

Elle voulut prendre la valise prête depuis des semaines cachée dans sa chambre derrière la porte, mais leur père s’y refusa, et Eva se dit ! « Tant pis ! Elle nous rachètera tout, on y va comme ça, elle va nous récupérer c’est sûr !! Elle nous aime, elle est notre Dieu notre idole elle sait combien nous l’aimons nous. »

La tante avait négocié âprement les conditions, déposer Eva et sa sœur au pied de l’immeuble, et surtout que le père ne monte pas ! La gendarmerie était prévenue et l’oncle veillait !! Il ne se risqua pas et les laissa avec les consignes répétées !!

Eva eut du mal à embrasser sa mère comme avant quelque chose ne passait pas, elle se précipita sur sa petite sœur et son frère et les serra très fort, les couvrit de baisers, et de questions.

Elle prévint sa mère et sa tante du danger et des consignes du père, le Noël fut triste et sans cadeaux, mais ils étaient à nouveau réunis pour quelques jours ! La tante avait des pyjamas et de quoi vêtir les enfants car il y avait aussi chez eux 4 enfants cousins et cousines de tous les âges…

Eva tenta tous les jours d’expliquer à sa mère qu’il n’était pas possible de les laisser avec lui, qu’il ne faisait rien, qu’il était toujours absent et qu’elles avaient très peu d’argent pour acheter à manger, qu’elles pleuraient tout le temps, qu’elle ne voulaient pas vivre ainsi sans leur mère et sans ses frères et sœurs. Elle dit :

« -maman je t’en supplie prends-nous dans ta valise ! On se fera toutes petites, ne nous laisse pas avec lui, emmène-nous, je t’aiderai pour tout, je sais cuisiner un peu maintenant et tu m’apprendras le reste, on ne demandera pas de jouets et de cadeaux on veut juste être avec toi, ne nous laisse pas »

-«  Je ne sais pas dit leur mère, je n’ai pas de place pour vous, j’attends le jugement et le droit de garder les petits, je pars en Afrique vous le savez !! L’homme avec qui je pars a bien laissé ses deux enfants, on ne peut pas en avoir 6 avec nous vous 4 et ses 2 à lui !! »

-«  Mais dit Eva eux ils ont leur mère eux ! Et ne veulent pas aller avec leur père, je leur en ai parlé (C’était les voisins d’avant) ils ne veulent pas quitter la France, nous si, tu en aurais 4 c’est tout nous 4 !! »

Elle se battit comme une lionne pour rester avec leur mère s’accrochant à son cou, à ses yeux, à ses mains, leur tante en était malade…Mais quelques jours plus tard le père était en bas et venait les chercher, elles repartirent toutes deux le cœur encore plus déchiré…elles retrouvèrent l’appartement funeste celui du malheur ! Et s’accrochèrent à l’espoir du jugement, un juge ne pouvait pas séparer une mère et ses enfants ! Le temps passa, le père échafaudait des plans pour accuser leur mère, pour la salir, il refusait que les gosses aillent en Afrique chez les zoulous disait-il !

Le juge suivit car à cette époque aller vivre en Afrique était considéré dangereux pour des enfants !! Et les dires du père qui seul avait un avocat firent le reste ! Quelques temps plus tard Eva vit revenir son frère et sa petite sœur et dut cette fois se rendre à l’évidence ils seraient seuls tous les 4 avec ce père ! Et elle devrait  faire la maman, les courses le ménage, les devoirs, la cuisine. /…

k2

La valise ne fut jamais vidée de son contenu, Eva en interdisait l’accès à quiconque farouchement,

 

k3

Elle la traîna avec elle des années et un jour la rangea dans un grenier.

 

 

 

 

 

 

 

 Je compris mieux cette amie, je l’embrassai ……………………………

Publicité
6 avril 2013

Malle de dent (Cavalier)

Valise enchantée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Se faire la malle à la Garenne-Colombes

 

Puisqu'on y est, là, dans les histoires de Disneyland Paris... Appuyez sur la touche étoile de votre répondeur Au départ on voit avec les yeux, et plus tard avec le cœur

Patachon, c’est un magicien - chapeau lapin perlimpinpin -, qui a une grosse valise dans son garage. Une grosse valise jolie qui se fait la malle à trente centimètre du sol quand on l’ouvre. Et même si on ne voit rien entre le fond de la valise et le sol, il y a une grande échelle qui descend loin à l’intérieur. Cette échelle, baignée d’une lumière toute étoilée, c’est l’accès au monde secret de Noisette, la petite fille de Patachon.

Venez-y voir par vous-même…

À fond de malle, tous les animaux, la queue levée, se rangent en demi-cercle autour de Noisette, et ils attendent le signal de leur maîtresse. Des pâtes au fromage, une boîte d’un kilo de pâtée, des croquettes, un pancake avec du chocolat, des légumes et un biscuit. Sur un geste, les chats et le chien un peu mammouth, quoique petit, se précipitent sur les assiettes. Bientôt englouties. Restent les légumes.

Rox, repu, va chercher quelques chats du voisinage. Les regroupe près du lapin nain. Ah ! dit Noisette tes chromosomes de fox-colley s’agitent.

Allez mes enfants, allez toujours, je vais à la chasse avec Rox. Viens mon fox. Peut-être ramènerons-nous Rouky ? Ah, Ah, Ah !

À fond de malle, Noisette ne rit plus. Un tressaillement convulsif secoue ses membres. La foire est là. Les lapins aussi. À pluche, va, Rox, dit-elle. C’est à moi de faire maintenant.

Diable ! Diable ! Murmure-t-elle, ces ballons gigotent fort. Le bruit sec et strident sortant de la carabine rebondit dans la cage en bruit de métal furieux, ne heurtant pourtant aucune des cibles.

Le tôlier rouquin hilare qui zieutait la scène glisse sur une barbe à papa. Il est écroulé ou fait semblant de l’être. Allons donc, dit Noisette, est-ce qu’on meurt pour si peu de chose. Ces plombs sont si petits. Mais lui l’avait trop à l’œil depuis plus d’une semaine.

À fond de malle, Rox ne rentrerait pas bredouille...

 

cav2

The Carousel Waltz

30 mars 2013

Participation de Prudence Petitpas

pru1

Le toit de notre Amour !

 

Et oui, je t’aime, c’est dingue non ? C’est fou de t’aimer encore et encore, j’ai envie de le crier sur les toits, mais le notre est bien trop haut, je n’arrive pas à monter, pourtant j’essaie, le mieux serait peut-être que je passe par la cheminée…

Je m’accroche aux parois, les deux pieds fermement cramponnés sur les briques,  je me hisse de toutes mes forces, les doigts déchirés par les aspérités des murs intérieurs de ce foyer…je m’aide de tout mon corps pour grimper encore plus haut, le ciel me nargue de sa hauteur mais je monte encore et encore, je ne vois toujours pas le bout de cet âtre, le firmament se rapproche pourtant, il ne doit pas être si loin, le toit de notre amour, est-il vraiment  si grand notre Amour, qu’il soit impossible d’en atteindre le toit ?

Et pourtant je monte, je monte toujours, j’ai un peu peur, je n’ose  pas regarder en bas, la tête me tourne, il commence à faire froid dans cette tour infernale, je me sens comme un ramoneur ramoné, comme un sonneur sonné, et je suis la suie qui m’enduit de sa noirceur, mes narines s’en emplissent, je ris d’avance d’imaginer la nouvelle couleur de ma peau et mes yeux tout blancs dans ce visage sale.

 J’arrive enfin au sommet de ce donjon et je manœuvre de mes bras pour me hausser sur le rebord… ouf, je reprends mon souffle, respire l’air de la nuit

qui n’est plus très loin, je vois un bout de lune qui pointe à l’horizon, le soleil, lui, remonte son grand drap noir sur son sommeil, ça y est, je crois qu’il dort presque, il fait tout noir, cette fois, du coup j’ai vraiment peur.

 Je n’ose plus bouger, en bas il y a de toutes petites lumières qui bougent comme des feu-follet, au-dessus de moi, je ne vois rien, je ne suis plus rien dans cette immensité obscure. Je suis seule, je me noie dans une eau froide, je suis dans la mer morte, je désespère de redescendre un jour, pourtant je ne faisais rien de mal, je cherchais juste le toit de notre amour, mais il est si grand notre Amour, que nul ne peut en faire le tour…

Et merveille, j’ai vu loin dans la nuit, sur le toit d’à côté, sortant d’une cheminée,  une silhouette se hisser, des yeux  me regarder, une bouche me parler, un cri appeler mon prénom, un profil avancer doucement, prudemment, d’un toit à l’autre, d’une tuile à l’autre, une main se tendre vers la mienne, puis la happer rapidement.  J’ai alors senti sa chaleur se répandre dans tout mon corps, ce corps engourdi de peur, engourdi de froid et de pleurs, ce corps qui reprenait vie, et j’ai alors reconnu la douceur de ta peau, la chaleur de ta main, la lueur de ton regard, la forme de ta bouche,  tu avais toi aussi suivit un conduit de cheminée qui t’avait conduit tout droit  sur le toit de notre amour.

Nous nous sommes regardés enfin, nous étions les mêmes mais en négatif, nos deux visages couleur ébène se dévisageaient et lorsque tu m’as souri, tes petites dents blanches sont devenues mille étoiles scintillantes… mon fou-rire a remplacé ma peur, nos deux mains se sont liées plus fort et sur le toit de notre amour, assis sur l’encadrement de cette cavité que je venais d’escalader, j’ai su que c’était avec toi, pour la vie… que je voulais cheminer !

 

23 mars 2013

Leçon de vacances. (trainmusical)‏

Maman veut absolument que son fils lise.

Il aime jouer, sortir, lire éventuellement des dessins animés.

Maman insiste pour qu’il lise des histoires classiques, sérieuses, écrit dans un bon français.

Il apprécie mieux courir avec ses copains.

Maman désespère, à tel point qu'elle lui a acheté un livre pour les vacances à la mer qu'il devra dévorer comme leçon.


Il aime sa maman, toutefois se baigner dans la mer l’intéresse plus que de lire coucher sur le sable.

Maman voyant qu’il lit tellement lentement cet ouvrage, décide qu’après le repas de midi il devra chaque jour se rendre dans sa chambre et parcourir un chapitre.

Il se rend dans sa chambre, pour lui les vacances sont ratées. À contrecœur il lit un chapitre, mais saute des pages, ce livre ne le passionne point. Ce n’est même pas un livre d’aventure.

Maman veut s’assurer qu’il lit vraiment. Alors elle lui demande en fin de journée comme devoir qu’il lui raconte ce qu’il a feuilleté ce jour.

Il lui narre à peu près ce qu’il peut exprimer, néanmoins en lui, le dégout prend le dessus. Sales vacances, vivement le retour et la rentrée des classes.

C’est un beau livre de la bibliothèque verte. Cependant, sans généraliser, est-ce que ce style de garçon âgé de treize ans peut vraiment avoir du plaisir de lire «Irène à l’opéra»?

tm

16 mars 2013

La formule magique, enfin (Cavalier)

Au mythe apocalyptique d’une belle endormie, un OVNI au cœur des sciences actuelles

Je voudrais te donner avant que tu ne bailles,
La formule de Dieu, mi-ange mi-démon,
Celle qui fut boudée après Sir Thomas Bayes,
Mais qui s’applique enfin à tout le dominion…

Trois siècles de repos d’avant ses fiançailles
Avec : la Génétique à fins d’Évolutions,
Les clés de la Pensée, entrouvrant des murailles,
Le secret du Vivant, en Matière et Bosons…

La Climatologie au Cosmos en batailles
Sur les Calamités : séisme en prévision.
Mécanique Quantique, après ces retrouvailles,
De l’Idée à l’Objet, la Loi dit : Médiation…

Celle qui a Trois-fois Six symboles sur l’onde,
Raz-de-marée actuels du réseau bayésien,
Six-Cent Soixante Six, vient décrypter le monde,
Et devant ce miracle, on rêve cartésien…

 

 

cav1

La Loi de Bayes au Nombre de la Bête, 666, une relation puissante entre Trois-fois Six symboles mathématiques

 

 

cav2

Graphe de l’explosion du nombre de parutions scientifiques liées à la formule de Bayes

on lira aussi ceci avec un intérêt certain : http://www.itrmanager.com/articles/136321/formule-decrypte-monde.html

 

Publicité
9 mars 2013

Participation de Venise

La solitude qui m’étreignait ne m’avait jamais été indispensable pour écrire.

Cette simple éventualité de diner seule que se soit au restaurant, ou à l’hôtel en ville, ou dans ma chambre me désespérait.

Sauf qu’il était trop tard pour sortir et qu’il avait bien fallu tout ce temps d’écriture pour avancer la pièce de théâtre.

Et dopé par la perspective de me retrouver en compagnie de Proust je décidais de lire, jusqu’à ce que le sommeil s’empare de moi.

Mais comment peux-tu devenir un grand écrivain si tu t’exclus de l’humanité,

Cette voix dans mon demi-sommeil sonna si fort à la porte que je crus distinguer une jeune femme mon livre à la main.

Je suis votre lectrice dit elle et elle plongea sa main dans son sac pour y sortir un deuxième livre dont la couverture m’était familière

Je trépignais dans mon lit car en dehors d’écrire et de lire, je ne savais, pas mener une conversation.

Pourquoi écrire si ce n’est pour transmettre dit elle en se penchant sur mon visage ?

C’est la première fois que je croise quelqu’un qui lit mes pièces m’entendis je dire !!

Vous ne voulez pas savoir ce qu’il se passe dehors pendant que vous écrivez ?

Non je ne sais pas et je ne veux pas savoir !!

En tout cas ce n’est pas demain la veille que les gens vont ouvrir tes livres !!

Et si vous écriviez plutôt un polar ?

Certainement pas !

Ça ne doit pas être drôle d’être condamné à la résidence surveillée ?

Alors comment vous êtes arrivée jusqu’à moi ??

C’est votre inconscient qui m’y à invitée

J’ai sonné et vous avez dit « : entrez «  !!!!

Aung San Suu Kyi

23 février 2013

Participation de Venise

                               Après que l’ange ait rompu la dernière marche,

                               Le ciel ouvert comme une immense bibliothèque

Venise

                               Ignore que l’enfant manœuvre pour grimper.

                               Son chant d’oiseau enivré

                               Et sa gaité assourdissante tressaute dans ce couloir oblique.

                               La porte franchie, l’enfant reçoit de plein fouet

                               Les rayons de soleil.

                               La grâce a ce soir l’allure de ses cheveux qui volent sur son visage.

                               Ce soir, pardonne-moi je n’ai pas envie de vérifier le miracle.

                              

 

9 mars 2013

Participation de Prunelles

HEURTS


 

Absurdités

 

"Mais qui donc a sonné à la porte d'entrée ?

Le son est dissonant, ce doit être un Wagner

- On dirait un jazzé ? … Du sériel ? … Pas très clair ! …

- Vérifie, veux-tu ? Suffit de regarder.

 

- Le son ressemblait à… celui d'une trompette.

- Je vais voir attends-moi… !!!! Devine qui est là ?

C'est un chat malsonnant …    - Non ? - Mais si, viens voir là :

Sa moustache est frisée et son poil en jupette.

 

- Alors il faut l'aider ! Où est le diapason ?

- Il faut la redresser ! C'est une queue d'oison !

- Quelle idée en hiver d'aller jusqu'à Venise ?

 

- Pauvre chat en chagrin !  D'amour, certainement !

- Quel blues il a dit donc ! Vite, au chaud pétillant !

Je vais te redonner de belles vocalises !"

 

Et toutes deux de lui donner un Bain, … doux

Dans la robe du chat, elles trouvèrent un Cœur, … brisé

… le réchauffèrent ;

La larme en coin à ôter, et le séchoir alla bon train ;

La moustache foudroyée par la flèche

fut lissée, le lisseur à portée, dérangé.

La malice paracheva le tout

et la jupe en tulipe disparu, redevenant toison.

Le chat se regarda, une fois bien peigné, bien lustré.

Il essaya un son.

Ce fut une symphonie maladroite classique

qui n'était pas assez déchiffonnée.

Décidément, il était fait pour la modernité.

 

pru1
Céline Messier, illustratrice
http://celinemeisser.blogspot.fr/

 

 

Très noir, très très noir mais pourrait être REEL …, allez savoir …

 

IL S'EST FRACASSE.

IL S'EST REVEILLE.

IL A SURSAUTE.

IL A PANIQUE.

IL S'EST FRACASSE A NOUVEAU.

IL S'EST DESESPERE.

IL A DONC OUBLIE

ET IL S'EST EVADE.

JE SUIS DESESPERE AUSSI, JE L'AIME.

"Mais qui donc a frappé ?

Le réveil en sueur.

Mais quelle heure est-il donc ?

Dans le ventre, la peur.

Me suis-je échappé ?

Au diable les pilleurs

De rêve. L'abandon,

L'errance et les vapeurs

Nauséabondes, seront

Très bientôt dissipées.

… 

Oh ma tête éclatée …

Je crois bien que j'ai vu,

Mais je ne voulais pas,

Mon monstre du Loch Ness.

Et puis je n'ai pas pu …

La folie n'est pas loin,

Je la sens ce matin.

Le fil est si ténu.

Il suffisait d'un pas.

Mais quelle est cette pièce ?

Je ne reconnais rien,

Je ne me souviens pas."

Il alla droit devant

Et il tomba au fond.

Il n'est plus revenu.

Seul son corps est vivant.

Le reste est abandon.

Je l'ai vu ce matin

Étranger devenu

Aux autres et à lui-même,

"Mais tu m'entends ? Je t'aime.

Viens dans notre jardin.

Où as-tu mis ta tête ?

Attends, je t'aide à l'enfiler"

pru2
Aruna Zilys
http://www.com/art.asp?!=A&ID=700

 

"Optimisme-aventure", de salon : … Mais où est donc passé le thé ?

 

Qui a cogné ?

C'est peut-être le vent ? Le vent d'automne ou le vent de printemps ? Peu importe, j'aime les deux. Le premier me prépare aux frimas de l'hiver et le second tonifie mon écorce. Je te laisse choisir…

C'est peut être un pic vert ? Il mettra de la vie dans mon cou. Cela vaut bien une écorchure. Bientôt les oisillons tiendront compagnie aux petits de la pie qui vit déjà ici. Feront-ils bon ménage ? Arrange-toi au mieux avec eux.

Ou c'est peut être un homme ? Mon rêve, s'il doit me travailler, c'est de devenir fond, fond de violon ; pour résonner et t'emmener ballader ( si, si c'est comme cela que je veux l'écrire ici ) . Pas de machine, plutôt tes bras et ta cognée ; c'est beau un homme en plein effort.   

Qu'est-ce que cela peut bien être ?

Il est peut-être l'heure ? L'heure de me réveiller ? Il est vrai que je sens que ça monte. Oui, c'est ça, c'est ma sève qui monte. Je vais pouvoir me remplumer de larves et de fourmis. Secoue-moi, secoue-moi il est l'heure.

Enfin je me réveille et merci d'être là, d'être toi. 

Mon bois léger et blanc peut étirer ses bras et frémir son feuillu.

Sycomore est mon nom mais tu le sais déjà.

Il t'enchante, ô toi, n'est-ce pas ?  Tu trembles mon "i" grec et l'ouverture de mes deux "o" se penchant vers le "r" avec tant d'émotion, je le ressens tu sais.

Il te fait voyager : luminophore, messidor, anaphore … Allez, partons ensemble. Le veux-tu ? Partons en mythes et en légendes aussi, viens voir dans mes sillons.

 J'étais mûrier en toi quand tu m'as élagué.

Puis figuier, j'ai nourri ta croissance.  

J'ai grandi en érable un peu faux. Il faut me pardonner : c'est un petit écart qui m'a permis de m'enflammer parfois.

Tu es mûr maintenant. Ô toi que je sommeille en moi, ô toi qui me réveilles, ô toi…

J'ai été, j'ai été… chut, viens ô viens, je te dis à l'oreille …" … ".

Voici le petit résumé de ce qu'il m'a raconté,

en deux paragraphes agrafés ( à compléter ) :

 

 

Petit hommage à Monsieur Ponti

 

 

pru3
Allaitement-Thoutmosis-III--Mekhitarian

 

pru4

 

23 février 2013

George (Célestine)

cél

Dans la cour de Glovenor College, à Hampstead Beach l’on avait installé un escalier à vis qui ne menait nulle part. Sa dernière marche n’était qu’une promesse d’ascension, qui s’arrêtait net avant le grand saut dans le vide.

Le Directeur, Sir Artemus Bradbury,  le considérait sans doute comme une œuvre d’art censée nous instiller le sens de la vie. Une ascension lente qui se termine tragiquement…

Les étudiants n’avaient pas le droit de l’emprunter. Et partant, il ne se passait pas un jour sans que l’un ou l’autre de ces galapiats ne montassent dessus, pour le simple plaisir de transgresser l’interdit. Il fallait entendre le surveillant principal, Nicephore Preston, s’époumoner dans son sifflet pour déloger les contrevenants. Mais il n’avait pas de bons yeux, et avec l’uniforme, tous ces jeunes gens se ressemblaient. Le temps qu’il traversât l’immense pelouse centrale qui ornait le carré entre les bâtiments de conception très militaire, et les fraudeurs s’étaient égaillés sans vergogne, en lui braillant des quolibets.

 

J’étais alors amoureuse de George Chesterfield, un grand de troisième année, d'au moins seize ans, au profil noble et doux et aux boucles rousses. Je rêvais souvent qu ’il m’emmenait en haut de la vis interdite pour me déclarer sa flamme.Ou au moins m'embrasser.

Un soir, vers six heures, alors que le Carré était désert, je traversais l’herbe en flânant, le nez au vent pour capter les effluves du printemps anglais qui tarde à venir, mais qui explose en mille odeurs avec l’éruption des fleurs. Je serrais mes livres contre ma poitrine de quatorze ans, aussi naissante que les narcisses qui étoilaient la pelouse, en nourrissant des pensées confuses et interlopes. 

 

Par une bizarre concomitance du hasard ou du destin, une main vigoureuse se plaqua sur mes yeux et l’autre m’entraîna fermement vers l’escalier. Nous montâmes les marches, et au sommet, je sentis une bouche avide s’emparer de la mienne pour un baiser des plus brûlants (et des moins élisabéthains).

Georges…murmurai-je. Mais en ouvrant les yeux, je m’aperçus que mon ravisseur était…Patrick O’Keneally, un élève de ma promotion qui me poursuivait de ses assiduités et que je fuyais. Je m’apprêtai à le gifler et à me débattre. 

Quand à ce moment-là, à quatre pouces de son visage, je m’aperçus que de petites étoiles d’or brillaient dans ses yeux d’écureuil. Le grain de sa peau ressemblait à ces étonnants fruits que l’on ne trouve que dans le sud de la France et qui s’appellent des brugnons. L'ensemble était plutôt plaisant.

Un charme étrange émanait de sa personne, dont je ne m’étais jamais aperçue auparavant.Un ravisseur ravissant.

Il paraissait embarrassé.

-George ? dit-il en souriant. George, comment dire? George rêverait de monter sur cet escalier et de faire la même chose. Mais je crains de vous dire  que ce ne soit ...avec moi!

 

Je pris ce jour-là, en haut de l'escalier défendu, ma première double leçon de vie.

2 mars 2013

Le Big Bang de l’amour (Prudence Petitpas)

graine de cabane

Il faut dire que   nos grands parents habitaient une maison plutôt inhabituelle dans ce coin reculé de la terre où tout était à l’envers.

 Rien de bien facile pour tous ceux qui ne rêvait point… mais notre jeune âge nous permettait de nous y rendre  aussi souvent que nous le souhaitions. Ainsi lorsque nous allions chez eux, nous nous sentions comme en apesanteur, suspendus dans le temps, et nos yeux d’enfants ne pouvaient que s’émerveiller de passer la petite porte du fond du jardin où demeuraient nos aïeuls.

Mon frère et moi nous aimions bien nous rendre chez eux le temps d’un rêve éveillé et lorsque d’un clin d’œil il m’invitait à courir jusqu’à cette  petite porte, pas plus haute que trois pommes, je ne me faisais pas prier pour le suivre.  Nous avancions fiévreusement jusqu’à  cette  cabane à l’envers  et retrouvions avec joie  Grand Papa et  Grand Maman.  A la porte des arcades, juste avant de passer le ruisseau magique et d’entrer dans ce domaine fantastique,  un oiseau nous demandait le mot de passe, alors nous  lui lancions joyeusement  dans un cri commun « perlimpinpin ».  La magie faisait le reste. Nous nous retrouvions une fois ce ruel traversé et cette porte ouverte, entrain de débarouler   dans les herbes hautes avec l’impression de voler, ébahis par cette légèreté qui nous faisait flotter dans l’air et nous tournait dans tous les sens comme des cosmonautes en route pour le paradis. Nous étions au verso de la terre, la tête en bas, le sol devenait le ciel et tous les arbres plongeaient dans l’immensité du vide échangeant leur racine contre leur cime. Un monde à rebrousse poil, un monde sans dessus dessous nous tendait les bras et nous ravissait, nous courions sur les nuages jusqu’à la maison suspendu dans cette atmosphère qui du coup nous semblait être  la seule chose à l’endroit dans cet univers.

Arrivés sur le perron, de cette petite maison flottante, nous hurlions de rire et appelions grand maman tout excités que nous étions…

Toute petite, un teint de rose,  elle marchait d’un petit pas tranquille, avec accrochée sur son visage ce petit sourire qui grandissait et se rétrécissait mais  jamais ne se figeait. Grâce à  ce sourire comme épinglé sur sa figure,  il se dégageait d’elle une douceur qui n’appelait que les câlins et l’envie de se jeter dans ses bras en passant à peine le seuil de sa petite maison. Les bras accrochés autour de son ventre nous nous régalions d’amour et rivalisions l’un l’autre, pour recevoir de sa part la caresse inoubliable dans nos tignasses blondes.

-          Mes amours, mes chéris, disait-elle tendrement, vous voici enfin, je vous ai préparé un gâteau, venez vite, approchez, il est encore tout chaud… Mon frère et moi, en salivions d’avance, connaissant les talents culinaires de notre fabuleuse grand-maman.

 

Attablé, une serviette à carreaux rouge et blanche autour du cou, nous attendions avec impatience la cérémonie du goûter.  Les narines dilatées par l’odeur de la pâtisserie qui envahissait la pièce, nous n’osions à peine parler et nous contentions de nous lancer des œillades de plaisir. Grand maman s’activait autour de nous, plaçant les assiettes et les couverts sur les sets assortis à nos serviettes. Elle nous coupait une part de cette fameuse tarte renversée dont elle était la reine. La bouche pleine, les papilles ravies, les pommes fondaient sur notre langue, nous nous délections de ces saveurs. Grand maman, fidèle à ses habitudes, assise près de nous, nous regardait amusée de notre plaisir.

-          Grand maman, raconte nous encore comment ta maison s’est retournée ? dit mon frère entre deux bouchées.

-          Mais je vous l’ai déjà raconté cent fois, se fit prié grand maman, mais devant nos sourires béats et ses deux petits enfants près à écouter une cent et unième fois la même histoire, elle sourit et commença :

-          C’était il y a très longtemps, vous n’étiez pas encore nés, j’ai eu la chance de rencontrer un charmant jeune homme qui est devenu ensuite votre grand père. Il était tellement amoureux de moi que je pouvais lui demander n’importe quoi ! et tout en disant cela, grand maman rougit un peu, puis continua, j’avoue que j’en ai un peu abusé… dit elle en prenant un air ravi.

-          C’est quand tu lui as demandé « la lune » répondis-je, raconte nous encore grand maman !

-          Oui, c’est ce jour là que tout a basculé… c’était un jour de printemps,  nous étions si heureux que lorsqu’il me dit :  « pour toi je décrocherai la lune », et bien je l’ai pris au mot, et lui ai demandé de le faire… il fut bien ennuyé au départ et essaya de s’esquiver me proposant mille autres choses à me trouver pour me faire plaisir, mais je me pris au jeu de cette demande et insistait pour que ce soit la lune qu’il décroche pour moi.

Et bien figurez-vous les enfants, nous dit-elle, prenant cet air mystérieux que nous adorions,  alors que nos yeux s’arrondissaient et que  nos oreilles grandes ouvertes attendaient la suite, et bien figurez-vous reprit-elle, que votre grand papa, mon amoureux chéri une nuit a décroché la lune. Il est monté sur une immense échelle et lorsqu’il est arrivé tout en haut de la dernière marche, elle est littéralement tombée sur lui. Il l’a rapporté en descendant les barreaux un par un et lorsqu’il a posé la lune sur le bord du chemin, en touchant la terre, il s’est passé quelques choses d’extraordinaire…

-          « la terre s’est retournée » murmura mon frère… c’est incroyable grand maman, c’est comme un nouveau big bang… on en a parlé à l’école, c’est le jour où la terre s’est formée il y a des millions d’années, le professeur nous a expliqué que c’était l’origine de notre planète et…

-          Et bien tu sembles bien calé mon chéri, répliqua grand maman, pour nous, ce « big bang » dont tu parles était d’un autre ordre, tout s’est retourné, le sol est devenu le ciel et grand papa a du reconstruire notre maison pour la remettre à l’endroit dans cet univers à l’envers…mais l’intérêt de tout ça c’est que votre grand père et moi , nous sommes les plus heureux du monde depuis toutes ces années que nous avons vécu dans notre petite parcelle de terrain retirée du reste de la planète et ça nous a permit de remettre à l’endroit tout ce qui était à l’envers dans notre vie… Grâce à cette magnifique explosion, nous n’avons jamais manqué de rien et l’amour a été pour nous le fil conducteur de notre existence…

-          Comme c’est beau, reprit mon frère, si tout le monde décrochait la lune par amour pour quelqu’un, comme le monde entier serait beau !

-          Et bien c’est  à chacun de suivre ce chemin, en attendant les enfants, il se fait tard, rentrez vite et revenez demain….

Nous partions à regret comme chaque fois que nous quittions ce jardin enchanté et retrouvions nos parents  qui se demandaient chaque fois ce que pouvait bien nous raconter nos grands parents, en voyant nos mines réjouis et nos airs rêveurs.

2 mars 2013

A Trip to the Country (Walrus)

La cambrouse (ou cambrousse) avec sa connotation péjorative et son orthographe double comme l’agent du même nom, m’était apparue comme l’endroit idéal pour mon projet, d’autant que je ne comptais pas entrer dans la grande famille des producteurs industriels.

Avec ces stupéfiants matériaux d’aujourd’hui, dont la fibre de carbone et le Kevlar, j’y avais construit une sorte de pavillon de jardin ultraléger mais ultrarésistant, soigneusement haubané (ou haubanné si cela vous chante, j’adore ces mots à l’épellation incertaine) et j’y avais installé la petite culture que vous devinez aisément, bien à l’abri sous ces dehors anodins, des regards des limiers de l’antidrogue, ces gaillards dont la devise devenue célèbre est, très logiquement, “Quand j’entends le mot culture, je dégaine mon pistolet vaporisateur”.

Un jour que j’étais assis à l’entrée de mon pavillon, jouissant en toute sérénité pour ne pas dire béatitude du fruit de mon industrieuse et verte activité et que tout semblait baigner dans l’huile (oui, je sais, l’huile, c’est un peu concentré pour la pratique du Français moyen, mais je ne suis pas français et en digne représentant de la belgitude surréaliste, je puis plus facilement évoquer face aux pandores l’argument magrittesque : “Ceci n’est pas une pipe”), mon attention fut attirée par un léger tressaillement d’une des tiges de chanvre. J’y concentrai mon regard et, horreur, je vis apparaître, sous mes yeux hébétés, une tête émergeant de l’écorce éclatée. Puis, progressivement, tout le corps de l’animal fit surface.

Oedemeridae

Je pensai que tout comme une hirondelle ne fait pas le printemps, une larve d’œdeméridé ne fait pas le ravage d’une plantation. Grossière erreur ! Se prenant sans doute pour une chenille, ce futur coléoptère aux reflets métalliques se mit à grimper avec vigueur vers les feuilles et commença à les grignoter avec entrain. Au fur et à mesure qu’il les mangeait, il se mettait à grossir, et plus il grossissait, plus il en boulotait. Sa taille qui au moment de son apparition ne dépassait pas quelques millimètres avait largement dépassé celle d’une énorme limace et continuait de  croître et embellir au fil de l’insatiable appétit du monstre.

Avant qu’il ne vienne à bout de ma plantation, je l’expédiai au sol d’un revers de pelle à rempoter. La bestiole se traîna au dehors et se mit à brouter l’herbe, l’appétit et la taille toujours croissants. Fait nouveau, elle faisait maintenant des rots retentissants dont je ne sais s’ils étaient dûs à la satisfaction où à une fermentation des divers végétaux enfournés.

Pour s’attaquer à la végétation et aux feuillages des arbres bordant le terrain, le monstre fit demi-tour et s’empêtra les pseudopodes dans les haubans du pavillon et les arracha du sol.

La méthanisation galopante de tous ces végétaux qu’il continuait d’engloutir finit par le gonfler comme un de ces ballons-saucisses que les observateurs militaires utilisaient lors de la première guerre mondiale, si bien qu’il commença à s’élever dans les airs, entraînant, telle une nacelle, mon joli petit pavillon et son occupant, en l’occurrence moi-même, que l’étrangeté et la rapidité du phénomène avaient cloué sur place.

Le cliché pris quelques instants plus tard par une photographe errant dans ce bled à la recherche de scènes originales à déposer dans sa galerie Flickr ne rend pas justice à l’énormité de la chose puisque la majorité de l’animal est hors cadre et qu’on n’y voit qu’une partie de son abdomen et quelques pseudopodes, toujours reliés à ma pauvre construction.

graine de cabane

Si jamais cette petite curieuse pense à vendre son œuvre à une quelconque gazette locale et qu’un journaleux de province y joint sa prose grandguignolesque, ça va faire un de ces pétards !

9 mars 2013

Qui ose me déranger ? (Prudence Petitpas)

On a sonné

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque la sonnette retentit soudainement, je tressaillis, mon corps alangui se  déplia d’une petite sieste au soleil. Qui pouvait bien oser me déranger dans un moment pareil ? Les mains en casquette devant mes prunelles, j’essayai d’apercevoir le vaurien qui contrariait mon programme, mais je savais bien que le mur d’enceinte du jardin ne me laisserait pas même voir son crâne. Je finis donc par accepter de léviter de ce bain de soleil et la position verticale me rappela  le désordre qui régnait sur ma petite personne : non seulement mes cheveux en bataille prouvaient mon laisser aller du moment, mais ma petite robe était bien  froissée et son quadrillage vichy  ressemblait  plus à des vagues qu’à des petits carreaux bien sages.  
Le carillon sonna à nouveau, mais que me voulait ce malfrat, il allait bien falloir que j’aille lui ouvrir, une main noyée dans mes cheveux, je remettais de l’ordre dans cette  bataille d’épis, pendant que l’autre nerveusement passait  et repassait  sur le chiffon qui me tenait lieu d’habit… je criai alors « j’arrive, j’arrive… » Et avançais dans l’allée prête à houspiller l’empoisonneur de l’après midi douceur que j’avais prévue. Je répétais tout en marchant nonchalamment  « j’arrive, j’arrive » ! Il ne fallait pas qu’en plus il s’impatiente ce brigand. Enfin devant la grille  je me retrouvai la main sur la poignée, en train d’entrouvrir la lourde porte de l’entrée.  Passant la tête pour voir  qui osait m’importuner de la sorte, Je clignais des yeux, faisant face au soleil qui m’obligeait à  voir,  dans un flou artistique, la silhouette plantée devant moi.  Un murmure me parvint de cet homme d’un âge incertain :

-          Prudence Petitpas ?

-          Oui, c’est pourquoi ?, répondis je un peu hargneuse, alors que petit à petit mes yeux s’habituaient à la vision plus nette et qu’il me semblait reconnaître un fantôme surgissant du passé.

Nous restions tous les deux bouches bées, nous dévisageant, n’osant interrompre le charme de cette rencontre impensable. Il fallut bien sortir de notre torpeur, et c’est en reconnaissant son sourire enjôleur que je l’embrassai sur les deux joues et laissai petit à petit mes esprits revenir doucement à moi.

-          Que fais-tu là ? je ne te savais pas dans le coin, je ne suis pas très présentable, mais entre !

Et joignant le geste à la parole, j’ouvris en grand la porte afin de faire entrer dans mon jardin l’homme qui avait vingt ans plus tôt bouleversé ma vie.  Allait-il par son intrusion envahir à nouveau mon présent et refleurir un peu mon jardin secret qui ces derniers temps, était plutôt en friche… ?

Je pense qu’à cet instant je n’en évaluais pas le risque mais je sais  depuis, que je ne regrette pas d’avoir pour mon verger caché, le meilleur des jardiniers….  

 

2 mars 2013

Participation de Flo

graine de cabane

 « Déboussolés par le machin magnétique » comme soufflés, engloutis et aspirés dans le creux de ce dessin. Drôle de sensation que cette énième nuit des temps qui renverse l’ordre des choses. Comme si les pieds marchaient sur la tête, et non la tête sur leurs pieds parce que la planète aurait cessé de tourner. Pourtant nous y sommes et droit dedans. Quel navrant constat !

Figées, statiques, amarrées dans le vide, les cabanes ne se plantent plus. Elles s’accrochent à l’écorce du passé qui les faisait autrefois rêver. L’apocalypse vient de se passer. Certes, il existe encore quelques graines fertiles ; mais pour combien de temps ? L’érosion terrestre les laisse tomber. Et, le voleur de papillons préfère les récupérer plutôt que de les voir se perdre dans le vide ou l’infini. Il préfère se nourrir de ces pépites avec le souvenir d’antan comme de celui de ces superbes pêches. Mais, en aucun cas, il ne veut laisser la chance ou la place à l’autre, celle par exemple, de laisser la volatilité imaginer une possible et donc hypothétique fécondité sur d’éventuelles contrées moins arides et sèches. Aujourd’hui, appâté par seulement lui-même, il s’accapare tout. Il ne voit même pas que sa maison est creuse et qu’il ne plante rien. A force de prendre les portions qui pourraient être destinées à d’autres éventualités, il n’envisage pas la gravité de ce qu’il fait et encore moins, le virement de son état gravitationnel. Sa maison va craquer sous le poids de son avidité. Les ficèles ne résisteront pas. Le néant, l’invisible et la solitude sont beaucoup trop lourds. Les amarres de sables l’engloutiront. Tout comme ce silence désertique qui s’engouffre dans le sombre de son cabanon. Il ne connaît pas encore le temps par grand froid. Manches courtes et casquette ne suffiront pas à le protéger de cette navrante misère humaine parce que tout est détérioration et dégradation. Rien n’est amélioration, espérance et imagination. Il n’y a pas de solution parce que la place est prise et que la coquille est vide. Or, seule une rotation permettrait à ces graines de se replanter.

 

23 février 2013

La capricieuse tombe de l’escalier (KatyL)

Elle était très belle et très occupée d’elle-même.

Elle avait deux amoureux avec qui elle jouait à faire la belle, deux  soupirants sous son balcon, qui lui déclamaient des poèmes et qui espéraient avec cet escalier de jardin qui menait droit à sa chambre, un soir de pouvoir y entrer.

k1

Le bas de cet escalier était barré par une chainette, et la belle leur disait tour à tour, vous monterez lorsque j’aurai reçu les plus beaux cadeaux qui soient, en fleurs poésies et billets doux, en cadeaux et bijoux….et nos deux prétendants ne savaient plus quoi faire pour elle et pour arriver jusque son lit !

Un soir excédé l’un d’eux proposa à son rival de boire un verre et ils décidèrent ensemble de démonter la nuit cet escalier. Ce qu’ils firent, le déplaçant jusque dans un terrain vague.

Le lendemain matin la belle croyant trouver ses cadeaux, tomba sur un balcon vide et, son escalier avait disparu !!!! Elle n’en croyait pas ses yeux !! les deux hommes cachés dans le jardin et devenus des amis,  riaient à perdre haleine..

Notre belle resta vexée, mais elle comprit la leçon que les deux amoureux lui avaient donnée.

Elle se remit au chant et s’entrainait à la danse de salon, elle était devenue modeste et  ne faisait plus « marcher » les garçons.

k2

 Le chef d’orchestre la remarqua, et lui fit la cour assidument, mais elle restait de marbre comme figée en haut d’un escalier, il voulait à tout prix que cette femme si belle et si modeste, si sage et réservée, fut sienne.

k3

Il décida de l’inviter chez lui un soir. Elle accepta.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il la fit monter par un escalier de rêve, le haut était garni de fleurs, il débouchait sur une pièce où le beau chef d’orchestre avait pris soin de mettre une table divine et raffinée, et comble de l’enchantement avait fait venir pour elle tout l’orchestre.

 k4

Elle comprit ses erreurs, sa vanité, eut honte de son passé et comprit que seule la modestie, la sincérité, et l’intérêt envers autrui pouvait la conduire à cet escalier du bonheur.

 k5

 Elle était tombée de l’escalier de la prétention

Et elle montait l’escalier de l’espoir.

 
 

k6

23 février 2013

Esprit d'escalier (Anémone)

temple soleil 001


Ce n'est hélas que la semaine prochaine
que, grâce à l'aide de vos commentaires,
je pourrai sans doute vous dire le pourquoi
de mon obsession
des échelles, échelons
et autres degrés à monter,
(qui mènent toujours quelque part,
même quand ils n'en ont pas l'air).
Eh oui: j'ai l'esprit d'escalier!
Je suis sûre d'ailleurs que la clé de ce mystère 
est inscrite elle aussi dans mon ADN.
 

an2

2 février 2013

Racket (MAP)

Je l’aimais bien cette bague que tu m’avais offerte  et voilà qu’en voulant la remettre à l’endroit car elle avait tendance à se retourner … PLOFFF … elle est tombée, lors de ma randonnée en raquettes dans les Vosges !!!

La neige était épaisse à cet endroit !

J’ai bien vu le trou que la bague avait fait en tombant mais je ne fus pas la seule à le voir !

Oh la rapidité avec laquelle je fus « rackettée » !!!

Je n’en suis pas encore tout à fait remise !!!

Tu aurais vu le tableau !!!

.

.

.

.

.

.

.

Monet - La pie

J'ai comme qui dirait été "pie et geai"

mais il n'y avait que la pie ce jour-là !

 

23 février 2013

Participation de Prunelles

Oh !!! Un escalier !

Escargot déployé !

Je VEUX l'habiter sur le champ !

En tant qu'andré(e ?), c'est mon vrai nom,

je ne niche pas très loin d'Hermaphrodite

alors je peux prétendre …

Mais …

J'ai deux pieds et des ailes aux chevilles,

des mains au bout des bras pour me hisser là-haut,

un cerveau déployé au sommet ; ça sert à calculer les rapports distance/énergie/mettre en œuvre/en partant du début / vitesse échelonnée aussi, à ne pas oublier,

ET ma maternité comblée.

 

pru1

 

***

 

Petit gastéropode accroché au chapeau,

lové là, tout au fond,

réglé au millimètre près, d'une myopie douteuse,

je vous salue.

Je sais que vous attendez la moindre épine

pour argenter baveux et lent mon passé douloureux.

 

pru2

 

***

 

Je vous déclare MA symétrie triomphante !

Bien que pas encore assez dissidente à mon goût.

Et je vous remercie au passage : aurais-je pu construire

si vous n'existiez pas ?

pru3

 

  ***

 

Mais pour l'heure,

Je ne vais pas rester collée au sol à ramper :

Le sommet de l'hélice touS en cœur,

JE VOLE en contre-pied.

 

pru4

Œuvre de Gene Schiavone

http://www.geneschiavone.com/gallery/v/Principal-Dancers/

 

***

 

Cet escalier de fer (même si d'ordinaire je préfère ceux de pierre et de bois pas toujours de secours) tombe bien ses étoffes : il donne sur l'azur.

Il est constitué de FER pour le défi,

n'est pas à redescendre ET puis

D'ailleurs, il attendait MA porte.

Me voilà.

 

***

 

PS : c'est la coquille qui fait la différence, elle permet le voyage. Mais je n'ai rien contre les énormes limaces orange vif ou noir brillant que j'admirais les jours de pluie, sous ma cape de bure, certains jeudis, jadis. Elles déclenchaient le merveilleux, chez moi, avec leur bouclier aventurier et leur robe à rayures monochromes.

 

pru5

 

 

***

 

PIECE JOINTE pour illustrer mon galimatias, voici UN bel exemple de magnifique ENVOL, à déguster bien calé sur fauteuil :

http://www.youtube.com/watch?v=lIpVQRI73SI

l'un des produits finis (voir les autres, si goûts différents des miens) :

http://www.youtube.com/watch?v=thim1wiBCtI

Je suis tombée dessus alors que cherchais les escargots célèbres de "Microcosmos", qui s'aiment. Et alors … Oh !! Un envol d'escalier déployé !

 

2 février 2013

Le voleur de bicyclette. (Mamido)

Au voleur

 

                  

C’est l’été. La canicule. La fin de l’après-midi voit la chaleur baisser d’intensité jusqu’à en devenir presque supportable. Tout au long de la journée elle a chauffé à blanc les murs de pierre de la vieille maison et les dalles de la terrasse et c’est tout juste si on commence à pouvoir y poser les pieds.

 

On autorise enfin les garçons à sortir. On les a maintenu enfermé à grand’ peine toute la journée dans la grande salle maintenue fraîche grâce aux volets fermés.

 

Les petits apprécient de pouvoir gambader dehors. Ils retrouvent leurs tricycles avec lesquels ils n’ont pas pu jouer de la journée. Celui d’Alexandre, dix-huit mois est tout simple avec juste une petite remorque à l’arrière. Celui de son cousin Louis, de cinq mois son cadet est plus sophistiqué : des flots de rubans au guidon, une sonnette deux tons et à l’arrière un petit coffre qui ferme avec un couvercle et où l’on peut transporter ses trésors les plus chers.

 

Alexandre envie le tricycle de Louis mais celui-ci ne lui permet pas de s’en servir. Il pousse des cris déchirants qui alertent toute la famille et montre même les dents dès qu’Alexandre fait mine de s’en approcher. A treize mois, on n’est guère prêteur !

 

Alors Alexandre ruse… Il s’empare du doudou chéri de Louis et l’emmène avec lui. Louis abandonne aussitôt le tricycle. Doudou est bien plus précieux. Alexandre jette Doudou loin, au fond du jardin. Et pendant que Louis court, court, éperdu à la recherche de son ami perdu, Alexandre s’empare de son vélo. Il jubile de son astuce. Son visage rayonne de satisfaction du tour qu’il vient de jouer à Louis.

 

Lorsque Louis va se plaindre, Alexandre déclare aux parents médusés : «  Mais Louis veut plus vélo, Louis veut Doudou !... »

 

Alexandre est un fieffé coquin.

19 janvier 2013

Participation de Célestine

Pour 2013,

que vous souhaiter de plus agréable

qu ’une année très belle

et très fertile

en amitié

en musique

en poésie

en littérature

bref en défis de toutes sortes.

Je vous propose pour fêter ça,

je vous offre une très belle histoire de

Monsieur Georges Brassens

 

Brassens

 

Accompagné par moi-même

 

Célestine

 

 (Ce sera sans doute la première et la dernière fois que je serai en duo avec mon idole…)

La princesse ( mmmmhh …)

et le croque-notes (tra la la)

avec dans les principaux rôles

le croquenote : Georges Brassens (scrogneugneu !)  

la princesse : Célestine (hello !)

***

 


Jadis, au lieu du jardin que voici, (ohhh !)
C'était la zone et tout ce qui s'ensuit,
 (bigre !)
Des masures, des taudis insolites,
 (berk !)
Des ruines pas romaines pour un sou.
 (pfff !)
Quant à la faune habitant là-dessous
 (beurk !)
C'était la fine fleur, c'était l'élite. (bof! …)

La fine fleur, l'élite du pavé. (mazette !)
Des besogneux, des gueux, des réprouvés,
 (oh la la !)
Des mendiants rivalisant de tares,
 (tsss !)
Des chevaux de retour, des propr’ à rien,
(tudjuuu !)

Ainsi qu'un croque-note, un musicien, (tra la la)
Une épave accrochée à sa guitare.(gling gling)

Adoptée par ce beau monde attendri, (ohhh!)
Une petite fée avait fleuri
 (tromignon !)
Au milieu de toute cette bassesse.
 (blurp !)
Comme on l'avait trouvé près du ruisseau,
 (glou glou)
Abandonnée en un somptueux berceau,
 (wouaou !)
A tout hasard on l'appelait "princesse". (mmmmhh …)

Or, un soir, Dieu du ciel, protégez nous! (alleluïa !)
La voila qui monte sur les genoux
 (hop !)
Du croque-note et doucement soupire,
 (aaahhhh !)
En rougissant quand même un petit peu:
 (rhôôô !)
"C'est toi que j'aime et, si tu veux, tu peux
 (si si !)
M'embrasser sur la bouche et même pire ..."(mmmmhh !)

"Tout beau, princesse arrête un peu ton tir, (stop !)
J'ai pas tellement l'étoffe du satyre.
 (nanméo !)
Tu as treize ans, j'en ai trente qui sonnent,
 (ding dong !)
Grosse différence et je ne suis pas chaud
 (bof !)
Pour tâter d'la paille humide du cachot ... (brrr !)
 
Mais, croque-notes, j'dirai rien à personne ..."(steuplé !)

"N'insiste pas, fit-il d'un ton railleur, (nan !)
D'abord, tu n'es pas mon genre, et d'ailleurs
 (hihi !)
Mon cœur est déjà pris par une grande ..."
 (héhé !)
Alors princesse est partie en courant,
 (tagada tagada)
Alors princesse est partie en pleurant,
 (bouh hou !)
Chagrine qu'on ait boudé son offrande. (snif !)

Y'a pas eu détournement de mineure, (hélas !)
Le croque-note au matin, de bonne heure,
 (tic tac drrrrring !)
A l'anglaise a filé dans la charrette
 (clip clop clip clop !)
Des chiffonniers en grattant sa guitare.
 (gling gling)
Passant par là quelques vingt ans plus tard,
 (pfiouu ! déjà !)
Il a le sentiment qu'il le regrette.
 (snif !)

26 janvier 2013

Bonne ou mauvaise grâce? (Adrienne)

82956424_p[1]

- Aglaé, arrête, enlève ton bras de là, tu me casses le cou!
Euphrosyne, passe-moi ma serviette, que je me sèche. Fait froid, ici ! Dépêche-toi !
Aglaé, arrête, je te dis ! et puis tu me défais mon chignon, tu m ‘énerves à la fin !
Euphrosyne, ma serviette ! Tu le fais exprès de lambiner, ou quoi ?

Mais qu’est-ce que vous avez toutes les deux ce matin ?

- Thalie s’est encore levée du pied gauche, chuchote Aglaé en souriant doucement.
- Bah, tu la connais, fait Euphrosyne en levant les yeux au ciel d’un air faussement excédé. Elle est toujours comme ça quand elle est amoureuse sourireadri1  

2 février 2013

Lettre ouverte à mon voleur (Célestine)

Cher voleur,


Hier soir, en sortant du restaurant végétarien-zen où une amie m'avait gentiment conviée, je n'ai plus trouvé mon vélo.

Je ne peux te décrire les sentiments confus qui m'ont agitée en cette brève minute où il a fallu que je me rende à l'évidence.

Incrédulité, refus, incompréhension, colère, révolte, dépit, acceptation,  résignation, relativisation...Toute la palette.

La soirée avait pourtant fort bien commencé, le cadre était idyllique, et j'avais décidé de m'y rendre à bicyclette afin de profiter de la douceur du soir et de contribuer modestement à la protection de la couche atmosphérique en ne rajoutant pas de céodeux inutile...

Repas léger, bulles de connivence, on se raconte nos vie, on échange, à la lueur des lampions qui donnent un joli teint et un air un peu mystérieux. On parle d'enfants, de yoga, de boulot, de lectures,  d'avenir. On est bien. L'air est tout empreint de ce bien-être.

 Et là, paf! coup de théâtre, coup de grisou. Là, sur la digestion, me faire ça! Plus de vélo, un sentiment de grand vide et le poteau auquel je l'avais attaché, pourtant solidement, qui semble me dire d'un air penaud "Je n'ai rien pu faire, tout est allé si vite..."

J'espère au moins que tu vas bien le traiter. J'ose penser que tu en avais vraiment besoin pour te déplacer. Que tu es un adepte de l'écologie, et que j'ai fait un heureux.

 Parce que si tu l'as volé pour le revendre, je te préviens, tu n'en tireras rien, c'est un biclou qui ne vaut plus un clou.

Si je le retrouve au hasard d'un "marché du vélo d'occasion" ou d'un vide-grenier, je le reconnaîtrai entre mille. Il clignotera de tous ses feux et me dira: "Reprends-moi!" Moi seule connais ses blessures secrètes.

Tu ne pourras rien faire pour m'en empêcher. Tu ne sais pas de quoi je suis capable pour un ami.

Tu ne sais pas l'amitié profonde que j'avais pour mon vélo.


Avec lui, j'aimais sentir le vent voleter dans mes cheveux, j'aimais sentir mon corps bouger, mes jambes dorer, ma robe se soulever un peu,  la griserie des chemins de noisettes où  il aimait m'emporter. Lui et moi, on s'entendait à merveille.

C'était bien plus qu'un tas de ferraille. C'était un art de vivre.

Je ne te salue pas.

_vélo

9 février 2013

Histoire disparue‏ (Cavalier)

histoire à chercher

Je suis

La vie tissée au cordeau
Au travers des pays sages
En rage
Au couteau gainé et pris dans les rochers
À la brise qu’emportent  les cigognes
Borgnes

Voilà, je suis

Au miroir sans tain
À la traversée sans bris de glace

Comme un lac empli de foules étranges
Comme une terre tassée de mille nuées ardentes

Je suis le chemin

Du soir au matin, je crie à la nuit
Et je patauge dans les rêves circulaires des mortels
Des monstres du mensonge
Aux images muettes qui hurlent à mes oreilles

Qui me font perdre le souffle de mes jours
 Et m'étouffent chaque nuit…


26 janvier 2013

Les trois Grâces (Venise)

On aurait dit qu’elles avaient pris la pose de ces comédiennes de Roman photo comme le faisait un temps le cinéma muet.

Mais elles perdirent vite de leurs rigidités gagnèrent en cordialité dés qu’elles me virent dans l’allée.

Ho Venise toi ici !!Nous voulons disputer un match de football dans le parc ce soir

Pourrais-tu arbitrer ?

Nous ne nous sommes pas adonnées à des sports de plein air depuis des décennies.

Notre silhouette en souffre !!

Elles chuchotèrent : »nous allons dilapider nos quatre saisons si nous continuons dans notre sédentarité partout autour de nous on bouge on court « .

A notre tour ce soir !!je ne me donnai pas la peine de rectifier pressentant que pour elles j’appartenais au Nouveau Monde. L’une d’elles dit à sa voisine : »je n’ai pas bougé ce bras depuis plus de trois mois » .

Venise

Allez Venise lance-nous le ballon !!Elles continuaient à parler tout bas toutes deux de profil et la troisième de dos riant en chœur de ce rire en éclat qu’on doit trouver dans les tombes des jeunes filles. Elles étaient un peu ivres, on le devinait à la façon dont elles inclinaient brusquement la tête en arrière, jetant sur les passants des regards de louves

tout cela ressemblait à un étrange phénomène atmosphérique elles se mirent à se partager le ballon et je vis leurs corps ruisselaient de sueur. La lune s’était endormie au pied de son moulin dont les ailes tournaient avec un bruissement de soie .

Le lendemain le parc avait été entièrement piétiné. je fus la seule à entendre leur soupir.

 

29 décembre 2012

Le secret des fées (MAP)

 

Assise au coin du feu elle chantonnait doucement en admirant les étincelles qui jaillissaient des bûches enflammées ! Bien souvent elle avait rêvé de voir apparaître des fées comme dans les contes que sa Maman lui lisait le soir avant de s'endormir.

Ce soir de Noël elle fut exaucée ... mais « CHUT !» laissons cette aimable fillette à son charmant dialogue avec ses amies, invisibles à nos yeux d'adultes incrédules !

Surtout ne pas la déranger en ce moment de grâce ! Les rêves sont de nature fragile tissés de précieuses et fines étoffes, un souffle pourrait les effacer  !

 

DSCF4071

Seule une âme pure

a pu découvrir un jour

le secret des fées.

29 décembre 2012

Participation de Venise

Je suis morte en 1425  Venise

            C’est en m’enfonçant dans les ténèbres que j’ai croisé les visages aimés.

            C’est avec les elfes sur leurs ailes éclatantes de lumière que mon âme timide blanche comme cire est revenue dans ce monde où j’improvise un soleil,un cœur, un geste d’amitié.

Je glisse des poèmes, un été sur un banc peint par notre peintre Katyl.

Farouche et silencieuse je me joue des récits de Poupoune qui s’entête à réveiller nos vérités.

Surtout je me cache derrière un éventail pour dissimuler mes fous rires causés par la verve de JO.

Je goûte comme un elfe un vin de jeunesse quand je lis Vegas.

On dit qu’à la naissance quelque chose nous est donné Map la possède c’est une fleur qui ne fane jamais.

R sylvie ignore qu’elle est une apparition dans ce vaste monde gris pendant qu’Anémone range dans une boîte tous les elfes qui l’ont déçue.

Éprouvant la faiblesse de ce monde titisoorst a découvert la force de l’écriture 

Porphyre quant à elle se sert toujours du soleil ébouriffé des pissenlits pour se faire des boucles d’oreille en irradiant son écriture d’une langue qui sait dire l’amour et l’amitié.

Walrus comme un ange de la conversation qui aurait glissé une fève dans une guêtre traîne comme un fantôme son épée à la main

pendant que flo se referme comme une perle dans une huître pour garder sa dignité !!

Célestine a l'âme de ses enfants qui ne peuvent rester en place si on veut y croire il faut lire ses textes comme on regarde des moineaux virevoltant dans un buisson merci

Le soir quand tous les défiants dorment, on n'entend que l’avare tic tac de la montre de tracy c  qui sourit en nous bénissant.

Ici nous faisons tous un travail inversé dans cette diablerie d’atelier où prennent forme nos angéliques créations.

 

Publicité
Newsletter
Publicité
Le défi du samedi
Publicité