Défi #291
"Comme c'est beau
ce que l'on peut voir comme ça
à travers le sable, à travers le verre
à travers les carreaux"
.............
A vous de continuer à votre façon
"La chanson du vitrier" de Prévert
A tout bientôt à
Ont bien compris le deal
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Walrus ; Fairywen ; tiniak ; Venise ; Vegas sur
sarthe ; Epamine ; EVP ; Prudence Petitpas ;
MAP ; bongopinot ; titisoorts ; JAK ; Joe Krapov ;
1 - Assemblage (titisoorts)
Au début, j'ai commencé plutôt tranquille, il m'arrivait de sourire, bercé par mon berceau. Le temps a fait le reste. Nous portons en nous et sur nous, un sac à dos. Au commencement il y avait nous, et des rouages, des vis que nous ont légué nos parents, le tout, mélangé dans le sac. Le problème c'est que nous n'avons pas de mode d'emploi, alors, tant bien que mal, nous essayons telle vis, tel rouage. Il en suffit d'un qui ne soit pas convenablement positionné, pourtant pour nous, tout a l'air d'aller bien, on ne s'en rend pas bien compte, c'est là que les parents interviennent, et commencent par nous serrer la vis.
Nous pouvons de nous même le deviner, il suffit d'écouter et d'entendre les autres " Hé gars, çà tourne pas rond chez toi..."
Et à partir de ces moments, soit vous démontez et remontez, pour éviter que tout parte de travers, soit, vous continuez votre route, le sac au dos, droit devant, avec encré les mots je suis comme je suis. Vous pouvez avoir, dès la naissance la bonne combinaison, des rouages au bon endroit, sauf qu'il en suffit d'un voilé, pour que la vie soit moins facile. Vous pouvez donner quelques tours de vis pour parfaire le réglage, l'avoir plus fin, et vivre le tournevis à la main dans une continuelle perfection d'imperfection.
Et, lorsque vous en avez plein le dos, plein le dos de les porter, garder votre sang froid, ce ne serait pas bien de péter un boulon. Peut être simplement pourriez vous, changer de direction, changer quelques habitudes, vous verrez le sac s'allégera de lui même. Avec le temps qui passe, la hotte se remplit de rouages, d'expériences de la vie, d'expériences de l'amour, un rouage bien huilé et tout roule comme sur des roulettes. Par manque de fonctionnement certains peuvent se gripper, un grain de sable, un grain d'amour, un grain de folie.
C'est bien, de sans cesse fouiller dans son sac, pour parfaire l'assemblage. Il m'est déjà arrivé dans ma vie, d'imbriquer un rouage du cerveau, plutôt vers le bas ventre, je sais, je ne suis qu'un homme, nul n'est parfait. C'est se mettre des bâtons dans les roues. On ne sait pas, on fait ce qui semble être bien pour nous, déjà pas si mal. En mettre trop n'est pas toujours le mieux, pour se retrouver sur le bord du chemin la cinquième roue de la charrette.
Je sais bien qu'il va falloir du temps pour me connaître, pour savoir à qui je ressemble vraiment que je sois moi, que je me ressemble, que je me reconnaisse. Je sais aussi que le temps m'est imparti, il se peut qu'un jour je réussisse à m'assembler convenablement. On dit bien "qui s'assemble se ressemble".

Maéva (Célestine)

Tu es petite, je suis grande. Tu possèdes les yeux sombres d’une fille d’Espagne, j’ai le regard clair de mes lointains ancêtres des landes de Galway.
Tu n’as pas encore d’enfants, moi j’en ai trois, dont un fils de ton âge. Tu commences ta carrière et j'entrevois au loin le fanion à damier.
Et pourtant, Maéva, qu’est-ce qu’on se ressemble ! Comme je retrouve en toi les fougues et les impatiences de mes débuts ! Comme je sens bouillonner dans tes paroles les mêmes convictions, les mêmes enthousiasmes qui m’animent encore au bout de trente ans. Le même goût du travail bien fait.
Comme j’ai envie de te dire, à l’instar de Gabin dans « un singe en hiver », s’adressant à un Belmondo ténébreux et flamboyant « Tiens, t’es mes vingt ans ! »
Peu à peu, j’ai découvert que nous étions en phase : même humour, même amour de la langue française, même goût des bonnes choses et des plaisirs de la vie. Tu es aimée par tes élèves. Je le vois bien.
Et puis, aujourd’hui, je t’ai vu pleurer, déstabilisée par un de ces malandrins de l’administration, un de ces ronds-de-cuir pisse-vinaigre qui se croient autorisés à démonter les jeunes collègues en leur imposant leur point de vue étriqué de « bureaugrattes » et en les décourageant du haut de leur fausse autorité.
Mais que savent-ils du plaisir, du bonheur d’enseigner ? Ne t’inquiète pas : leurs pinaillages de psychopathes flexionnels sont peanuts. Ce n’est que l’écume de leur bave devant ton talent naturel. Moi je sais que tu ne te décourageras pas. Que tu seras une institutrice exceptionnelle. Une de celles qu’un enfant n’oublie jamais.
Aujourd’hui, j’ai compris que dans mon école, tu étais, malgré les apparences, celle qui me ressemble le plus.
Chronique de la snob (JAK)
Ce matin j’étais en retard à mon rendez vous chez Tond2atifs, le salon tendance de mon quartier : on n’y rattrape chaque jour les coupes de clientes désespérées.
Dédaigneusement, Marco, le créateur en chef me toisa d’un regard sombre de mépris : je n’étais pas une habituée des lieux, et ma coupe justement laissait à désirer. Chez lui, il faut faire chic d’emblée si vous franchissez son seuil.
Le snobisme règne dans ce quartier BCBG. Je me demande d’ailleurs pourquoi je m’y balade si souvent... Il faudra que j’en parle à mon Psy.
Je m’installais sur un fauteuil design très confortable.
Les ciseaux de Marco s’exerçaient sur la tête de Miss Mijaurée, tout de rouge vêtue, qui marivaudait d’aise sous les badineries qu’il lui susurrait à l’oreille. Un coup de peigne par ci- un peu de laque par là, il édifiait un parfait chignon de chipie.
Un jeune dandy entra, attirant tous les regards : c’était l’ami de notre Miss Mijaurée, homme à tout faire, il ramenait le petit chien de Madame, cabotin et aboyant pour se faire remarquer.
Le toutou s’était rendu, lui aussi chez son figaro attitré. .

Je n’en revenais pas il était copie conforme avec sa patronne !
-Alors là me suis-je-dis, quel mimétisme : tel chien telle maitresse !
J’enchainais, ricaneuse, la remarque :
-Pas étonnant : Qui s’assemble se ressemble,
Mais à tout bien considérer, je bannis aussitôt cette pensée, car au fond, que faisais-je moi-même dans ce salon, si non m’agréger avec les « ceusses » qui certainement me ressemblaient.
Mon psy le lendemain me rassura : nous les humains nous éprouvons ce besoin de nous confronter aux mêmes genres, cherchant des affinités de caractère, ses similitudes de coutumes, de mode, de passion…, copiant, singeant…
Mais, pourquoi, paradoxalement les contraires également nous attirent comme l’aimant.
Le hic c’est de s’accepter d’être tel, et de pouvoir en rire à gorge déployée, et bienheureux celui qui a trouvé le juste milieu entre ces deux contradictions
Elle et Lui (Fairywen)
Elle et Lui.
Ils n’avaient rien en commun. Rien du tout, vraiment.
D’abord, leur sexe. Elle. Lui. Une différence qui avait déjà entraîné des générations d’incompréhension.
Ensuite, l’espèce. Elle, mi-femme, mi-panthère. Lui, cent pour cent humain.
Et puis, leur métier. Elle, l’Ombre, la tueuse à gages la plus célèbre de tout l’Univers, l’assassin insaisissable que tous les chasseurs de prime et tous les policiers de toutes les Galaxies rêvaient d’attraper. Lui, le Chasseur, représentant de l’ordre, le meilleur toutes catégories confondues, celui dont le nom faisait trembler les criminels les plus endurcis.
Elle et Lui, irréductibles ennemis engagés dans une lutte sans fin. Elle et Lui, chacun à un bout du spectre de la Loi.
Elle et Lui, qui s’étaient aimés toute une nuit après avoir échappé de peu à la mort, sur une planète perdue où ils avaient échoué par hasard.
Lui qui avait eu le redoutable privilège de caresser la femme et la panthère, Elle qui avait dansé avec la mort pour sauver son pire ennemi.
Elle et Lui, que tout opposait, qui toujours se retrouvaient, se défiaient, se poursuivaient, s’esquivaient. Lui qui ne pensait qu’à Elle durant ses longues nuits de traque solitaire, Elle qui ne pensait qu’à Lui lorsqu’elle campait sous les étoiles.
Elle et Lui, sauvages, indomptables, redoutables, Ombres de la Nuit, Chasseurs des Ténèbres…
Elle et Lui, si différents, vraiment… ?
Au fil des mois, l'Ombre et le Chasseur sont devenus des personnages récurrents dans mes historiettes. On peut retrouver les liens vers leurs aventures sur cette page et des photos dans cet album.
Participation de Prudence Petitpas
Jumelles comme deux âmes
Qui se comprennent sans mal
Jumelles comme deux sœurs
Qui s’aiment de tout cœur…
Jumeaux comme deux cœurs
Qui s’enlacent sans peur
Jumeaux comme deux êtres
Qui jamais ne regrettent
De vivre l’un dans l’autre
De s’aimer l’un et l’autre…
Jumelés dès leurs jeunes âges
Deux âmes dans les nuages
S’envolent de leur cage
Se cherchent sans relâche…
Jusque dans les entrailles
De cette terre sauvage
Où la vie les a cueillies
Où la nuit les a saisies…
Deux âmes dans ce paysage
S’accordent de leur partage
Se volent leurs sourires
S’envolent pour mourir
Là-haut dans les nuages
Où l’amour n’a pas d’âge
Et dans ce ciel sauvage
Elles ne seront plus jamais sages…

FCI et RTT (Vegas sur sarthe)
Une marmite sarthoise (Joe Krapov etc.)
Rendez-vous (MAP)
Qui s’assemble se ressemble (EVP)
Ah le mesquin, le piteux adage,
Qu’ai-je besoin encore à mon âge,
Qu’on me tende un miroir à mon image.
Ce n’est pas la vanité qui m’encourage.
En vieillissant devient-on sage ?
Non, au vrai je préfère l’incongru, le farfelu,
J’aime que l’autre me soit inconnu,
Une découverte, comme impromptue,
Rien qui soit à moi-même, archiconnu.
Dussé-je jouer les ingénues.
Bénie soit l’altérité, vive la différence,
Qui secoue nos petites intelligences,
Les soumettant aux incidences
Des us et coutumes qui balancent.
Me surprendre est élégance.
Le presque pareil est certes rassurant,
Mais les clones pas très intéressants,
Tel ou telle peut être bien dérangeant,
Je m’améliore en le comprenant.
A tout le moins, en essayant.
Très peu pour moi, la grégarisation,
Je goûte bien mieux la dérision,
Me méfie des foules à l’unisson,
Cultive mon côté polisson
Voire même un peu con-con !!
Legs au futur (Epamine)
J'ai bien plus de 40 ans. Je suis grise en permanence (pas ronde comme une queue de pelle, non, mais bien grise!). Je suis plutôt large, voire très large, aussi large que haute, en fait. Je suis plate comme une limande. J'ai le corps couvert de pustules (quatre au cm²: si ça, c'est pas la peste bubonique*!), la tête au carré (au cube, si c'est en 3D!) et les traits taillés à coups de serpe. Je joue beaucoup mais je ne fixe pas longtemps ce que je gagne et je suis si discrète qu'on finit toujours par m'oublier sitôt que l'on a fini de se servir de moi.
Mais je m'en moque car je sais que toujours, à chaque fois, on reviendra vers moi malgré ma grise mine et mon air pas-tubulaire !
C'est que, voyez vous, je suis un bien familial, un p'tit bien. Je fais partie de cette collection hétéroclite de trucs dérisoires dont on hérite et qu'on laisse cependant avec émotion à ceux qui nous suivent, en espérant qu'ils ne s'en sépareront jamais. J'appartiens au petit patrimoine de tant de familles au monde que je devrais bien être dans le livre des records...
Peut-être même que je fais partie de votre vie et que vous me mettrez précautionneusement dans un carton lors de votre prochain déménagement...
Voyons voir...
Si vous avez chez vous un petit de 1, un petit de 2, un de 3, un de 4, une barre de 5 ou de 6, un long de 8 ou un plat de 10, il y a de fortes chances que, moi, la grosse grise, je fasse partie de votre patrimoine... Tout comme eux tous, d'ailleurs, si nombreux à se ressembler, toutes générations, couleurs, tailles et origines confondues.
Ils se ressemblent tellement, tous ces petits, malgré leurs différences ! Et moi, leur Terre-mère, leur DS-monde originelle et universelle, la grande plaque legotech(to)nique de l'ère première, celle qui a traversé les âges et les continents, je les regarde, depuis des décennies, s'assembler dans de sages pavages, de délirants échafaudages, de grands palais lunaires ou des fusées interstellaires. Puis ils se désassemblent dans une folle farandole de couleurs, dans un chatoyant mélange de formes et de transparences, dans une joyeuse sarabande de bonshommes et de roues, pour s'assembler de nouveau, l'instant d'après, dans des pyramides invraisemblables et des créatures imaginaires.
Moi, la vieille grande plaque grise et sage, je le sais : qui se ressemble s'assemble! A condition bien sûr, de voir les ressemblances parce que si l'on ne regarde que les différences...
Finalement, c'est un peu comme les humains...
Ci-dessous, à regarder pour sourire!
* j'ai la peste légonique !
m
Participation de Venise
Vous avez royalement foiré dans vos choix !!
Dit-elle en balançant sa longue chevelure tout en s’éloignant
D’une démarche incertaine comme un animal qui a reçu une fléchette anesthésiante dans la cuisse.
J’irai jusqu’au fin fond de la galaxie pour le trouver pour vous servir Madame.
Alors repérez bien la cible
Et si je vous ramenez plutôt une vache ?
C’est stupide !! Les vaches n’ont aucun intérêt à mes yeux
Oubliez les vaches et grimpez au haricot magique pour le retrouver.
Bien je passe à l’offensive et je vais tweeter son portait robot sur internet
Elle rejette à nouveau en arrière ses cheveux d’un coup de tête qui virent aux gris à grande vitesse
Au cours de sa vie pas même la tentation de st Antoine de Jérôme Bosch ne l’avait pas mise dans cet état.
Mais ce portrait punaisé dans sa salle de bain qu’un inconnu lui avait envoyé en guise
De préliminaire à une rencontre avait aiguisé sa curiosité.
Je suis ton double, ton clone, avait écrit au dos de la photo
Nous serons comme deux salamandres.
À PAREILLE, DEUX FORTUNES (tiniak)
Nul à nulle autre pareille
en son plus simple appareil
eu égard à son régal
ne trouva meilleure égale
Ornementalement point
le délicieux embonpoint
qu'il nous plaira d'aboucher
- ainsi, chacun sa goulée !
Universatilement
cantilènes se mêlant
d'être l'Un vain, l'Autre tous
d'eux deux en un, faisons Noûs
S'il se peut que se rassemble
- ce dont nous somme l'ensemble,
notre extrémité comme Une
honorons cette fortune :
Mes marrons dans ses noisettes
Mirouettes ! Mirouettes !
Sa main dans la mienne qui fond
- un joyeux Armaggedon !Elle entre où je vais sortir
(dans l'ombre de son bouquet)
mène mon cœur à l'arrêt
feutre au front, ourle un soupir… en jouer !
Manger les débris du ciel
que j'ai rhabillé pour elle
aux couleurs de nos maisons
flanquées de fleuve et de jonc
Et - pour ne pas trop en dire,
quand tout s'endort à nos pieds
délassés nos galibiers
déforestons nos désirs entiers
Solidaires alias
miroitant nos silhouettes
marrons frits dans ses noisettes
similaire face à face en fête
On dit ça, et puis... (Walrus)
Dès que j'ai lu le sujet proposé par MAP, une chanson m'est venue à l'esprit, parce que comme Guy Marchand, moi je suis tango tango, j'en fais toujours un peu trop, et surtout, mes souvenirs sont marqués au coin de l'âge (avancé comme un fromage).
Et ne me faites pas remarquer que c'est Marcel qui chante, je le sais !
Défi #290
Sont sortis du tunnel
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MAP ; bongopinot ; Epamine ; Joe Krapov ; joye ;
Sergio ; Prudence Petitpas ; Célestine ;






















