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Le défi du samedi
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22 février 2020

Un huit horizontal par bongopinot

b

 

Dans tes yeux si clairs
Au regard de miel
Dans un bref éclair
J’entrevois le ciel
 
De ta voix chantante
Pure et si profonde
Toujours apaisante
J'entends une ballade
 
On veut croire en demain
On crée une lemniscate
Avec nos mains
Pour une vie délicate
 
Un huit horizontal  
Symbole de l’infini
Devient notre récital
Quand arrive la nuit

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4 janvier 2020

Emplumé toi-même ! (Walrus)


Ben oui, j'ai été moi-même un emplumé !

Et par deux fois !

La première fois c'était dans le mouvement scout où on m'avait totémisé "Merle". La couverture a été fugace parce qu'après est venue la chanson (bien connue ?) :

 
La seconde, c'était lors de mon baptême.

Mais non, il ne m'ont pas collé une paire d'ailes d'ange, même si je les aurais bien méritées, ça, c'était mon épouse :

ange

Non, je parle du baptême qui avait eu lieu lors de mes études à l'Institut Supérieur de Chimie.

Après m'avoir mis la boule à zéro, ces joyeux drilles m'avaient enduit le corps de mélasse (une ressource locale très accessible dans ce pays de sucreries industrielles) et arrosé de plumes de poulet (une autre ressource locale).

Bien sûr ce plumage lui aussi s'est révélé éphémère : il n'a pas résisté  au lavage.

Comment ?

Si j'ai une photo ?

Bien sûr, mais bizarrement, je ne parviens pas à mettre la main dessus. Faudrait que je consulte mon épouse-documentaliste, mais elle a un horaire surchargé...


Addendum à la demande générale

Mon épouse-documentaliste n'ayant pas réussi à la retrouver dans nos innombrables boîtes de photos, j'ai dû l'extraire personnellement de mon journal intime de l'époque.

C'est bien parce que c'est vous !

plume

Vous êtes contents ?

15 février 2020

Le kilt pour les Nuls (Vegas sur sarthe)

kilt[1]


Connu pour sa légendaire pingrerie l'écossais porte le kilt sens dessus dessous c'est à dire sans dessous dessous.
Si le kilt est appelé jupe portefeuille il ne contient guère que quelques bijoux de famille sauf s'il est porté par une femme ce qui est rare.
Il est conçu sans poches afin ne pas avoir à faire l'aumône.
Le kilt est constitué d'un tissu de même nationalité – l'écossais – afin de rendre fous et faire fuir les caméléons car le caméléon a la réputation de se nourrir de cricket (première spécialité écossaise) et de tartan (seconde spécialité écossaise) en laine de mérinos.
Le tartan est une étoffe rare car il arrive que le mérinos mange le caméléon.
Le tartan est une étoffe qui s'apparente au vitrail de par ses carreaux de couleurs mais c'est leur seul point commun.
Le port du kilt nécessite un certain savoir-faire et bien sûr un savoir-défaire. S'y draper prend statistiquement entre un quart d'heure et deux jours, c'est pourquoi certains n'hésitent pas à dormir dedans.

La technique est simple en apparence :
Draper le rectangle de 5 mètres de tissu autour de la taille en vous assurant que les plis sont à l'arrière . Si les plis sont à l'avant, il faut se tourner et recommencer en veillant à ce que la bordure basse du kilt arrive au genou ; si elle arrive aux chevilles, recommencer en montant sur une chaise.

Attacher le kilt en tirant sur la lanière en cuir du tablier droit (qui est donc le tablier de dessous sauf pour les gauchers).
Avec la main gauche sur la hanche droite, attacher la lanière sur le tablier gauche (qui est donc le tablier de devant sinon il faut se retourner et recommencer) sur les boucles à droite qui sont au nombre de deux en commençant par celle du haut sauf s'il n'y en a qu'une …

Le bord frangé du kilt doit se trouver sur la droite (ou la gauche pour les gauchers) et le kilt doit être bien centré. Vérifier le centrage au moyen du repère inscrit sur le tartan au milieu du tablier de devant. Si le repère n'est pas visible c'est qu'il se trouve derrière vous, il faut vous retourner et recommencer au début.

S'il vous reste du temps (le temps est gratuit sauf pour un écossais), complétez par des chaussettes à rubans en fil d'Ecosse, des chaussures basses, une escarcelle qui palliera à l'absence de poches, un gilet et une veste.
On peut terminer le déguisement par un petit couteau glissé dans la chaussette droite (pour les droitiers) et qui servira à découper rapidement tout ce bazar en cas d'urgence …

Conseil pour le laçage des chaussures basses : Quel que soit le type de laçage – haut, de côté ou bas –  terminer par un joli nœud de taille respectable (comme celui caché sous le kilt)

Bon kilt (en écossais : Happy kilt)

15 février 2020

Fils du laurier (Walrus)


Comme tous ses pareils, le foulard reçu à l'occasion de mon Woodbadge est orné sur sa pointe d'un petit rectangle de tartan aux couleurs du clan des Mac Laren (les fils du laurier, comme spécifié dans le titre). C'est à titre d'hommage ou, à la limite, d'inféodation. Initialement tout le foulard était en tartan, mais c'était un brin "expensive" comme ils disent.

w5981

 

Un jour, en voyage à Edinburgh, j'ai pensé (bêtement, je pense toujours bêtement) que je pourrais pousser l'hommage jusqu'à revêtir une tenue complète à ces couleurs.

w5982

 

Mais d'une part, je n'avais pas le temps de me faire tailler un costard sur mesure, la durée de mon séjour étant réduite et, d'autre part, un coup d'œil à la vitrine du premier tailleur venu a fortement calmé mes ardeurs : le moindre truc avoisinait les 2800 G (soit 2940 £, les magasins de luxe et quelques professions libérales utilisaient encore à l'époque la guinée pour fixer leurs prix et honoraires).

J'ai voulu savoir combien pourrait bien me coûter cette idée idiote aujourd'hui. J'ai donc consulté le site d'un faiseur honnête actuel en me cantonnant à des fournitures raisonnables :

Kilt 865
Chemise 125
Nœud pap 30
Gilet 180
Veste 505
Sporan (bourse) 250
Chaîne suppot 15
Epingle 30
Poignard 75
Bas 25
Chaussures 175
Lacets 7,5
   
Mise minimum

2282,5

En livres sterlings bien sûr, et je n'ai même pas ajouté un plaid (225 £) et sa broche de fixation (45 £) malgré la classe indéniable que celà ajoute à votre allure.

Enfin, si ça vous tente, je vous donne l'adresse :

18 janvier 2020

Un paysage magnifique par bongopinot

b

 

Sur le sentier des Gabelous

J’ai rencontré un clou

Planté sous mon soulier

Il m’a fait mal au pied

 

Je me suis assise sur un rocher

Pour enlever ce clou rouillé

Puis j’ai repris ma route

Je suis passée sous une voûte

 

Formée par de drôle d’ombres

Sous le frileux soleil de décembre

Et j’ai continué à suivre la piste

Et j’ai croisé quelques cyclistes

 

J’ai suivi sans arrêt mon chemin

Car le ciel devenait vilain

Un brouillard blanchâtre fait d'embruns

Aidait la mer à former son écrin

 

Un paysage merveilleux s’ouvrit à moi

J’ai stoppé malgré la pluie et le froid

Ce moment à classer au registre du sublime

Je l'écris pour que ça ne se perde pas dans l’abîme

 

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18 janvier 2020

F comme fraudeurzak (Adrienne)

Fraudeurzak, vous ne trouverez le mot au dictionnaire d'aucune langue. Il est formé du néerlandais "een zak" (un sac) et de "fraudeur": le sac d'un fraudeur.

Dans la jeunesse de mon arrière-grand-père - il est né en 1878 - on passait nuitamment la frontière française pour frauder du tabac. Il paraît que ce petit commerce était fort lucratif mais que mon arrière-grand-père avait trop peur du gendarme pour s'y adonner.

Dans les annales non-écrites de la famille, on se plaît à répéter sa phrase à l'intention de son épouse, après sa première expérience avec le fraudeurzak:

- Céleste, vraag mij dat nooit meer

Ne me demande plus jamais (de faire) ça!

Il se chuchote que Céleste, celle que sur les photos on voit l'air sévère, si droite et si digne dans sa longue robe noire au col montant, s'est chargée toute seule de la besogne.

Mais bien sûr, nous n'en avons aucune preuve. 

Et chacun sait ce que valent les légendes familiales... comme les autres :-)

ad

Edmond, Céleste et leur fille, ma grand-mère Adrienne, juste avant la guerre de 14

8 février 2020

Joute (TOKYO)


Attends un peu Andy est ce que j’ai bien compris ?
Le prix pour rentrer dans ces terres, c’est d’accepter une joute oratoire avec le grand guerrier ?
Ce paradis de faune endémique ne te sera accessible que si tu acceptes la règle .
.Ecoute mon pote je t’ai versé une somme rondelette pour que tu me montres  la richesse de cette faune . Tu ne m’as jamais parlé de joute oratoire avec ces aborigènes armés jusqu’aux dents.
Et je ne t’ai jamais dit que cela ne serait pas le cas.
Et puis de toute façon on y est, autant continuer.
Et si je refuse cette joute avec ces guerriers dis-je d’un ton arrogant ?
Je te le déconseille vivement si tu tiens à ta vie.
Ecoutes me dit Andy tu fais tout un plat pour pas grand-chose. Je suis désolé de pas avoir tout expliqué avant ,mais c’était à mes yeux un détail si insignifiant qu’il est sorti de mon esprit.
Et après la joute oratoire avec les aborigènes on ira voir cette faune exceptionnelle ?
Oui si tout se passe bien.
Comment ça si tout se passe bien ?
Il nous fallut une journée entière pour arriver dans le village des aborigènes. Là nous furent reçus par trois géants.
Ils semblaient de mauvais poils. Comme j’ai la peur facile l’adage ‘ ne montre jamais ta peur devant un serpent avait fondu comme neige au soleil.
Au début de la joute j’ai du faire de gros efforts de concentration. Mais au fil du temps rassuré par ma petite taille et mon absence d’intention belliqueuse, ma peur s’évanouit et je me sentis parfaitement à l’aise.v
 Ce que j’ignorai c’est que la joute oratoire chez eux consistait à boire des centaines de verres de cognac.
 L’alcool ne fait pas bon ménage avec mon humeur habituellement de nature cordiale .
Je me disais que mon métabolisme éliminait l’alcool à mesure que j’ingurgitais les verres qu’ils me tendaient en riant .
Cette situation aurait dû me mettre la puce à l’oreille et j’aurai dû  être traversé par une question existentielle /qu’est-ce tu fiches ici ?
Puis j’entendis Andy crier /  ne les frappe pas, sur un ton de conférencier monotone,/ calme-toi .
Je te déconseille de lever le ton t’as vu le nombre d’aborigènes qui nous observent ?v2
Un égarement de ta part et on est mort .On a un petit problème me chuchotait  Andy à l’oreille . Tu n’as ni l’assurance ni l’expérience pour te battre avec l’un d’eux.
Lâche ce bâton. A cet instant j’avais besoin de faire un exploit scientifique alors j’improvisais histoire de casser la monotonie de la joute oratoire cognac à volonté.
Andy murmura alors veux-tu que je te ramène le fusil ?v3
Parce que là ils sont très contrariés.
Fichons le camp !!
Andy a été super sur ce coup là en rentrant à Londres il n’a rien raconté à personne c’est franchement un chic type cet Andy .

11 janvier 2020

La Demoiselle du phare (maryline18)

m18

 

la légende n'émet aucun doute sur l'endroit où se joua le destin de la demoiselle Nénuphar. Curieux prénom, me direz-vous et moins breton que Nolwenn ou que Naêlle, mais vous allez comprendre...

Le phare du Petit Minois, construit sur une base militaire et donc interdit au public, surplombe la côte du Goulet de Brest et garde ainsi intact tout son mystère. C'est au pied de la tour blanche, ancien sémaphore, se trouvant à l'avant de celui-ci, que débuta l'histoire...

Il y a bien longtemps, alors que des vagues puissantes, gonflées de toute la houle ramassée au large, venaient s'écraser au pied du phare, alors que la fatigue se lisait sur les visages des hommes chargés de surveiller la venue d'improbables ennemis, un évènement étrange se produisit. 

La mer semblait si mauvaise qu'elle aurait découragé toute embarcation de prendre le large. La brume remplissait l'espace délaissé par les eaux furieuses, après chacun de ses assauts. L'atmosphère n'était plus faite que d'une gélatine aqueuse et collante.

Soudain, tous les visages se tournèrent, incrédules, vers le ciel qui s'ouvrit. Il en jaillit, comme le feu sortant de la bouche d'un dragon, une petite boule. Celle-ci, propulsée par une force ne pouvant venir que de la colère des dieux de l'univers tout entier, (enfin, c'est ce qu'ils se dirent alors qu'ils se signèrent tous, croyants ou pas ), bondit au dessus des vagues comme une planche de surf posée sur une puce géante.  Rien ne semblait pouvoir la stopper jamais, pourtant, devant leurs yeux exorbités,  au lieu de s'écraser sur l'une des baies vitrées du sémaphore, elle remonta sur le dos d'une autre vague plus hargneuse qu' une femme délaissée et fonça se blottir dans un espace qui l'attendait, entre deux rochers. Au poste de garde, tous se bousculaient devant les jumelles ! Personne ne voudra les croire quand ils raconteront la déchirure du ciel, les vagues immenses, la boule... Pourtant, quand la relève arriva...

Au pied du sémaphore, la boule d'éponge attira leur regard. Ce n'est que lorsqu'ils furent tout près qu'ils entendirent les bruits aigus ; il pensèrent qu'un oiseau s'y était mis pour se protéger de la tempête, mais leur surprise fut grande quand ils y découvrirent un bébé !

Ils l'emmenèrent pour la réchauffer ( et oui c'était une fille ), dans les cuisines de la base militaire. Chacun redoublait d'ingéniosité pour l'habiller : une manche coupée ferait une couche ; un beau mouchoir, un bavoir; un col roulé, une brassière...Tous voulaient sacrifier un vêtement pour la petite venue, tombée du ciel et de la mer !

Il fallait la nourrir, ses cris ne laissaient aucun doute quand à la faim qui lui creusait l'estomac. Alors que le cuisinier s'affairait à la préparation d'un far, il lui réserva une louche de lait tiède qu'elle têta goulûment au bout de sa poche à crème patissière.

Il fallait la déclarer à la mairie, ils n'allaient certainement pas les croire, dans les bureaux, et pourtant ! Mais comment l'appeler ?

- Naëlle ! Dit l'un .

- Nolwenn ! Dit un autre.

- Nous l'appellerons Nénuphar ! ( trancha le gradé).

- N'est-elle pas arrivée, tout juste née, nue, au pied du phare ?

Sa peau sentait bon la vanille et ses joues étaient ronde comme deux pruneaux.  

La légende prétend qu'elle serait née de l'amour d'une sirène et d'un marin et que les dieux de la mer et du ciel auraient préféré la confier aux humains. Son âme impure était condamnée à essayer de se faire aimer. ce n'est qu'après avoir trouver l'Amour avec un grand "A" qu'elle pourrait replonger dans les eaux profondes pour se refaire une queue de poisson et vivre heureuse au milieu des siens.

Hélas, à part des promesses en l'air de marins de passage, jamais elle ne trouva l'Amour qui aurait pu lui permettre de retrouver sa mère. Une nuit de pleine lune, on raconte qu'elle plongea du pont d'un bateau et se noya.

Certain soir, la complainte d'une sirène se fait entendre des heures durant. Elle pleure son enfant et son bien aimé.  Ces nuits là, tous entendent la sirène à brume qui l'accompagne tristement et certains même, aperçoivent une jeune femme drapée d'un voile clair virevolter au dessus des flots.

 

11 janvier 2020

Pruneaux pressants inconvenants (JAK)


Ma mémé aimait déguster les pruneaux crus ou cuits.

Avec ses mains arthrosiques elle nous confectionnait

de faramineux FARS.


C’était alors l’occasion pour elle 
D’ânonner très rapidement pour nous amuser :
« Pruneaux cuits-pruneaux crus » 
Cela la faisait bredouiller et rire comme
Des sacs de billes, nous les petits galopins.

 

 

Mon pépé, un poilu en avait 3 dans son omoplate.

 En hiver il souffrait de rhumatismes à cause de ceux-ci.

 On n’avait jamais pu les extraire.

 

Mon oncle, leur fils aîné les faisait tremper la nuit

  Pour ses besoins digestifs,

Il les engloutissait au petit matin, en trois coups de cuillère à pot

 

♫Et moi et moi♫

 

J’aime la prune d’Ente.

Et ne suis guère prudente pour en manger,

À jeun, jusqu’à satiété.

Et alors j’entre en farandole pour me rendre aux vatères.

Ce doit être une question d’hérédité.

j

Nota ma mémé♥ réussissait mieux ses Fars que moi mes aquarelles. ☺

Talent de cuisinière oblige

 

29 février 2020

Mimosas (TOKYO)

 

Sous chaque pierre soulevée j’ai trouvé une branche de mimosas.

 Loin de s’élancer vers le ciel elle attendait ce geste  d’une telle gaité comme des soleils à retardement .

J’ai alors secoué ces branches qui se sont répandues comme une pluie d’or autour de moi

Le bourdonnement du monde ne peut entrer où le mimosa a poussé.

v

 Ne faisons pas les malins   tout doit encore nous étonner, la branche de mimosas ramassée la veille au soir servira au carnaval des enfants.

Nous lancerons ces boulles d’or sur le cortège . En dix secondes en suivant le carnaval des enfants j’ai fait une promenade de dix siècles de vie.

 Pas un siècle m’a déplu je suffoque encore de ces rires, et de cette joie qui se répandaient dans les rues.

 Je pourrai me promener la nuit une branche de mimosas à la main , et comme un râteau céleste je peigne les heures du cadran à ma guise.

C’est alors que le feu de mes vingt ans relance avec panache ce que je croyais à jamais perdu.

v2

 Même un garçon d’écurie remarquerait que je marche sur la pointe des fleurs, telle une brindille prise par le gel qu’un vent coquin réchauffe

 j‘ai cassé les carreaux de ma chambre .je suis assise maintenant dans une corbeille d’ ‘air portée par le vent marin  ma robe couleur mimosas se soulève à chaque bourrasque pour laisser entrevoir mes jambes .

 Du bleu du ciel passe au travers de mes longues jambes et pour qui les regarde part un sourire fiévreux au bord des lèvres

.La branche de mimosas ressemble à ses secondes qui nous échappe à  tous , c’est aussi notre antidote car cette branche sait nous enchainer à sa grâce craintive .

v3

25 janvier 2020

Le samedi-défi par bongopinot

 

b

 

Et hop là déjà la fin de semaine

J’ai mon billet à préparer

Les textes des défiants à commenter

Je vais oublier un peu mes peines

 

Je vais être étonnée parfois

Et rire aux éclats souvent

Être émue de temps en temps

Je ne manquerai pas ce moment de joie

 

On plante quelques graines

On reçoit des sourires des fleurs

Que l’on garde au fond de son cœur

Pour huit journées sereines

 

Les défiants viennent de tous horizon

Avec l’envie de partager

De donner d’échanger

Et cela dure depuis des saisons

 

Et moi j’attends le vendredi

Avec une réelle impatience

Et hop là en cadence

J’envoie ma copie avant minuit

 

25 janvier 2020

Sous la terre comme au ciel...(maryline18)

 

m18

N'y a t-il d'autre alternative

Que le paradis ou l'enfer ?

Tangue mon âme à la dérive,

Naufragée entre ciel et terre.

Entre deux sublimes éclaircies

Rapplique toujours Lucifer.

Mon Dieu faut-il que je vous prie ?

Répondez-moi dans un éclair !

Que votre volonté soit faite.

La peur de l'orage envolée,

Hop là, je me hisserai au faîte

Du marronnier pour vous parler.

Enfermée dans ma pénitence,

Je peux tout supporter : le mal

Les moqueries, l'indifférence,

Jusqu'à la peine capitale.

Je voudrais juste un peu de paix

Un jour, un mois ou une année.

Ne plus penser, rêver jamais

Ne plus souffrir, ne plus aimer.



14 décembre 2019

Habillez-vous de sourires par bongopinot

 

b

 

 

Situé sur la place du village

Un ballodrome est improvisé

Des rectangles y sont tracés

Chaque équipe à son maquillage

 

Ces deux groupes vont s’affronter 

Pour le meilleur et pour le rire

Pour un moment de pur délire

C’est parti la balle est lancée

 

Avec ce jeu de gagne terrain

Un délicieux moment collectif

Pour des sourires communicatifs

 

Les spectateurs café à la main

Encouragent en vrais supporters

Tous de véritables collaborateurs



14 décembre 2019

Quinze et une chasse (Walrus)


Dans ma jeunesse (et jusque dans les années soixante) on en voyait partout chez nous des ballodromes. La balle pelote était un jeu très répandu: on pouvait difficilement parcourir quelques kilomètres sans avoir à traverser le tracé d'un de ces terrains étranges.

Le premier dont je me souvienne se trouvait en face de notre maison de la rue Bois Monceu à Montignies-sur-Sambre. Il était tracé entre cette dernière et la chaussée de Charleroi dans la rue de la Corderie. Aujourd'hui, il n'en subsiste pas trace :

w5891

Ce qui m'avait surpris un jour, c'est de voir mon père assis à l'envers sur une chaise de bistro participer à l'arbitrage du jeu. Il semble qu'il ait été de coutume de réquisitionner des spectateurs pour aider à l'arbitrage. Dans la région de Charleroi on appelait ça des "asperts" (dérivé d'expert, j'imagine). Faut dire que le vocabulaire était spécial par exemple dans l'appellation des joueurs liée à leur position sur le terrain : livreur, passi, grand et petit mitan, foncier. Quant aux règles, ne m'en parlez pas : je comprenais plus ou moins le comptage des points directs, mais la gestion des "chasses" reste un grand mystère pour moi.

Quand j'étais à l'Athénée, le jeu était encore fort en vogue et un des "pions" de l'établissement organisait des jeux avec quelques grands élèves. Comme il ne pouvait pas envahir toute la cour pour y dessiner un ballodrome, il avait imaginé un jeu au fronton (un peu comme pour la pelote basque) qui requérait moins d'espace.

Quand j'ai commencé à travailler au centre de recherche de Neder-over-Heembeek, les ouvriers de l'atelier de mécanique avaient encore une équipe.

Parfois, de joyeux drilles organisaient des rencontres où les joueurs étaient assis sur des chaises pliantes, un verre  de bière à portée de main.

Aujourd'hui, ce sport étonnant est tombé en grande désuétude, il ne reste que quelques équipes, on doit même faire appel à des étrangers : dans le championnat de Belgique il y a une équipe de.. Maubeuge !

28 décembre 2019

Les mots par bongopinot

b

 

La poésie est essentielle

Les mots sont une force

Et lorsqu’on les amorce

Ils sortent en ribambelles

 

De temps à autre ils deviennent glacials

Ils peuvent aussi nous réchauffer

On peut les chanter ou les susurrer

Parfois ils surgissent en dynamite verbal

 

Même quand la solitude sonne à la porte

Ils restent nos amis de toujours

Pleins de tendresse et d’humour

Ils sont de doux compagnons de route

 

Ils vont et viennent on les saisit

On les perd on les rattrape

On les transmet en héritage

Pour former de bien beaux récits

 

28 décembre 2019

Trois notes de musique, (maryline18)

m18

- Que peut-il naître de trois notes de musique ?

Le début d'une valse, un matin d'exaltation,  quand l'espoir offre un instant de grâce à la résignation. Mes mains maladroites s'appliquent si bien que ces trois notes en deviennent belles et entraînent de douces pensées qui viennent s'enrouler et tourner, tourner, tourner jusqu'à former une mélodie. 

- Que peut-il naître de trois notes de musique ?

Un toubillon d'amour dans ma tête toute chamboulée, une explosion d'envies tellement réprimées... , tout, sauf un appel sourd qui rebondirait en ondes douloureuses sur les parois de mon coeur.

- Que faire de ce doux moment de félicité ? Ecrire les notes pour retenir la beauté du rêve ? Non surtout pas, la beauté est toujours éphémère, comme un rayon de soleil qui s'invite un jour de grisaille. La grâce est si fragile. Surtout ne rien tenter, ne rien prévoir, ne rien présumer, ne rien espérer.

La réalité se chargera bien assez vite de me faire redescendre sur terre. C'est bien dommage, je suis si bien, en lévitation, au dessus de toutes les évidences... La réalité, le bâton de dynamite dont chacun allume sa propre mèche, et pour être sûr que d'autres n'échappent pas à sa condamnation, il arrive qu'on se charge d'allumer celle d'un proche. Combien de fois n' a-t-on pas entendu ce : -"Retombe sur terre !"ou ce : " Sois raisonnable, c'est la vie !"  La réalité fait voler en éclats tous les plus beaux rêves, pour ne laisser  retomber qu'une myriade de manques à comptabiliser.

 

11 janvier 2020

PIQUER UN FARD (TOKYO)

v

 

J’ai toujours su que je ne servais à rien. Cela ne m’empêche pas de faire une fixette sur ma jeunesse qui fout le camp.

Crèmes de beauté en tout genre, lifting, botox j’avais tout tenté. J’aurai pu me tourner vers Jésus notre sauveur en criant Jésus est super, il a raison pour tout et tout le temps et le reste du monde ne sert à rien. Mais de cela je n’étais pas convaincue. Cette allégeance enfantine à laquelle je me refusais n’effaçait en rien le grand n’importe quoi de ma vie.

En déployant des couches successives de maquillage, en teignant, colorant mes cheveux, je restais en équilibre à la jonction de deux mondes qui ne voulaient pas se regarder en face .J’’avais en moi une sorte  de modernité hip-hop  qui m’invitait à aller au bout de mes délires .

 Je passais mon temps à télécharger des messages subliminaux d’autres galaxies et j’avalais des pilules orange pour ralentir le vieillissement de mes cellules. J’avais l’air d’un junky qui déambulait dans les rues de New York le soir au clair de lune.

Il y avait quelque chose de brut dans ce désir de saisir le temps à la gorge et de lui faire rendre l’âme.  Ainsi du matin au soir je jouais au ping-pong avec mon reflet dans ma glace . Tantôt le compteur annonçait 25 ans, puis certains soirs une alarme me sortait du lit Attention vous vieillissiez dangereusement votre compteur affiche 75 ans  vous êtes au bord  de l’anévrisme .

 Je ne m’encombrais pas de la pureté de mon âme. Qui s’en souciait d’ailleurs. Mais un après-midi  à l’heure où tout le monde déguste un Far breton il y eut un point culminant au bord de l’horizon de ma vie une carte maitresse qui a brouillé mon destin. Il ressemblait  à un vilain petit canard comme tiré du lit  avec sa veste  râpée.

 He mon cœur ne t’emballe pas disait Brel. Mon cœur me dit-il en s’approchant de moi je voudrai pas te faire piquer un fard  me dit il mais tu bats tous les records  de longévité ma douce . On va te décerner la Légion d’honneur.

 Si tu veux jouer au petit jeu de la distribution de breloques lui rétorquais ,je pourrai  faire en sorte que ton ombre te quitte un jour espèce de petit con et quand je t’aurai fracturé la rétine  tu n’auras  plus rien à regarder . Je vois comme un livre ouvert dans ta vie dit-il sans se démonter au fait bonne année bébé, ne fais pas la boudeuse,

Nous avons tous besoin de temps me dit il en souriant toi comme moi pour aimer. Ce fut ce qui déclencha dans mon cœur une tempête niveau 9 Ouragans internautiques. Le mot banni, interdit venait d’être prononcé ‘ on a tous besoin d’amour et pas de far breton . Il y avait même des répliques du séisme dans mes reins.

 Parfois il ne faut rien dire et laisser le silence s’occuper des choses et là le silence fut à la hauteur. Il me prit par la taille mon maquillage a fondu illico j’avais l’impression d’être une moule collée à son bouchot. La poupée de cire avait fait place à la femme mure, sans artifice l’amour m’embellissait et je l’avais oublié.

 Ne pique pas un FAR me dit-il. Le simple fait de me remémorer cette conversation me fait rougir. j’ai l’impression d’être l’heureuse élue. C’était enfin la fin du grand mensonge .ET DEPUIS

v2

4 janvier 2020

Une plume pour l'écrivain (bongopinot)

b

 

Une plume d’oiseau

Tombe sur un parchemin

Et devient plume d’écrivain

Et danse en une ronde des mots

 

Des mots qui s’envolent

Dans le ciel emplumé

Dessinant des lettres dorées

Dévalant sur une feuille folle

 

Folle d’une écriture ronde

Comme des ballons de couleurs

Tombant en arc-en-ciel de cœur

Pendant que l’orage gronde

 

Gronde et s’installe la brume

Croisant un éclair de lumière

Illuminant le beau chêne vert

Un bel oiseau perd une plume

 

Une plume d’oiseau

Tombe sur un parchemin

Et devient plume d’écrivain

Et danse en une ronde de mots

 

21 décembre 2019

Une cathédrale par bongopinot

b

 

Dans une cathédrale

Au milieu de la nef

le trône de l’évêque

Appelé aussi cathèdre

 

Une chaise à haut dossier

Toute de bois vêtue

Et toute ciselée

Mais personne dessus

 

Monseigneur n’est pas là

Il prépare sûrement Noël

Près des siens et du ciel

 

Il reviendra peut-être 

Nous porter des présents

Ce serait bien charmant 



16 novembre 2019

XXXXXXXL (TOKYO)


S’il existe une expression un peu curieuse    ’ né   sous X ’ passe en tête du classement.

Elle exclut la naissance sous Y, sous Z ou sous un pont.

Je trouve cette expression aussi saugrenue et illogique car il semble qu’il faille connaitre sur le bout des doigts la physique quantique.

Un peu comme né sous X à la puissance 2 équation génétiquement introuvable.

Il faut Un X pour naitre au monde grand Dieu ?

Des enfants descendraient ils des fruits de mer oubliés dans les écumes au point de ne mériter que l’avant dernière lettre de notre alphabet ?

Je voudrai qu’on naisse tous sous X sans la pince mon seigneur sur le crâne.

Nous serions radieux nous ne serions plus ces autistes qui comme des poulets n’arrivent pas à traverser la route

Oui je veux naitre sous X descendant de La planète ORION.

X cet inconnu qui me fait sans histoire, qui laisse ma mémoire aussi vierge que Marie.

C’est comme prendre un TAXI sans destination vous voyez le schisme culturel !!

b

Oui je sais j’aurai des détracteurs, je les entends déjà /mais quoi comment la filiation, la PMA ce n’est pas fait pour les chiens !!!

Né sous X leur dirai-je c’est se débarrasser des patronymes et remettre à la mode l’horloge et ses aiguilles singulières.

Je suis né un 25 juillet à 16h 45 minutes et 4 secondes entre la rue Vaugirard et le boulevard Michelet un jour de pluie.

Rimbaud avait déjà embarqué pour L’AFRIQUE, Picasso était déjà dans sa période bleue Piaf venait de perdre Cerdan

Voilà ce qui serait écrit sur mon livret de famille et BASTA !!

Bon des cactus résistent et montent la garde je reviendrai vous convaincre une autre fois. Jamais je ne me plierai à l’idée qu’un enfant naisse seul sous X.

16 novembre 2019

Un reflet dans les vagues, (maryline18)

m18

 

L'espoir, l'étoile fragile d'un bonheur incertain

Ce matin s'est dissout, me laissant sans voix.

Dans la brume opaque, s'efface le chemin,

Qui aurait pu lentement m'amener à toi.

Les rimes flatteuses perdent pieds, brutalement se noient,

Se diluent, se taisent, emportés par les vagues d'un chagrin,

Où l'azur se disloque, disparaît, aspiré, par l'abîme du désarroi,

Bouche béante dont aucun mets, jamais ne calmera la faim...

Aucune musique aussi douce soit-elle,

Ne m'apportera le réconfort rêvé de tes bras.

Prostrée, j'écoute pleurer le violoncelle ;

Sur mon paradis perdu, je trace une croix.

Toi mon amour, mon "x", mon délicieux inconnu

Restons unis par nos âmes, ignorons le temps ;

Formons ce bel oiseau double , jamais aperçu,

Ce reflet parfait, dans nos chimères... soyons amants.

 

7 décembre 2019

Anamnèse (TOKYO)

 
Trois psychiatres prenaient des notes.

 Mon cas était parait- il pire qu’un casse-tête chinois

Docteur j’ai l’impression d’avoir été absorbée par une huitre.

 Vous fréquentez la mer à marée basse me demanda celui de droite qui se tenait près de la fenêtre.

J’avais parié une centaine d’actions de Microsoft et je m’étais ruinée.

Le choc indicible m’avait conduit jusque dans cet hôpital.

Une vielle salamandre sommeille au fond de mon âme docteur

Et que vous dit -elle   me demanda le psychiatre dont la blouse vert fluo commençait à me piquer les yeux.

Ces trois là avaient une allure de chamanes et l’hôpital celui d’une vielle cabane d’indienne.

J’ai des désirs oubliés qui remontent dans mes fissures docteur.

 Je voudrai que vous me parliez argent.

Les trois chamanes étaient en train de rassembler leurs notes.  On aurait dit qu’ils s’étaient mis à l’abri du mauvais temps sous un pont d’autoroute.

Trois Anamnèses   différentes mettaient en évidence toute l’ambiguïté d’un diagnostic.

L’un deux s’approcha de moi avec des poches sous les yeux pareil à un marin noyé.

Vous prenez des opiacés interdits lui dis je en le repoussant. Il y a de la présence d’acide dans les goutelles qui perlent à votre front .

Il fit de gestes amples comme ces magiciens vieillissants perclus d’arthrite.

Je criais/ ne m’approchez plus ou je vous mets de la térébenthine dans le rectum .

C’est là que je me suis souvenu que j’avais des mollets d’acier et que je pouvais franchir les douves du château sans mollir.

 Je voulais simplement une villa en Toscane et me retirer au Bahamas. Et c’est là que mon unique cheveu gris s’est détaché et tomba en voltigeant sur le parquet ciré.

J’avais tout perdu alors encore un cheveu s’en était trop.

On aurait dit une mèche de spaghetti de méduse.

Putain de fumeur d’hasch ne vous approchez pas de moi. Ma sidération devant la chute du cheveux était la même que devant les  cours de la bourse une heure avant le crash boursier

C’est là que je suis arrivée à capter des interférences cosmiques.

En un moment je suis même arrivée à capter une transmission audible.

 Je voyais bien dans les yeux de mes trois cosmonautes que j’étais entrain de m’égarer au frontière du réel .

C’est là que je vis Judas Iscariote étendu sous la véranda. Et pour une raison encore inconnue j’ai vu mes trois disciples éclataient de rire.

On aurait dit trois cinglés mais d’un côté valait mieux tard que jamais ce fou rire réenchanta l’hôpital. Ce sont les serviettes de toilettes sur leurs têtes qui m’ont parues bizarres.

v

 

28 décembre 2019

DYNAMITES (TOKYO)

 
Je tentais de me remettre de mes émotions, pour cela ne pas tomber à terre. Je ne pouvais rien faire d’autre que m’arrimer à la rambarde qui menait à la piste d’atterrissage des avions.

Mon mari était là soi-disant en voyage d’affaires. A son bras une cruche en talons hauts.  Ce charmeur de serpent était bel et bien un enfoiré. J’avais dans le nez une étrange odeur, un mélange de moquette et de gorgonzola .je pouvais voir sa ridicule raie de côté et deviner son ton doucereux. Il était en train de déclencher une crise inédite dans mes neurones et mon système hormonal s’emballait.

J’étais la reine des connes et ma couronne commençait à peser. Je dévalais les escaliers et un hurlement aigu me pénétra à cet instant l’oreille gauche.

Quelqu’un criait. Elle va tout faire sauter, elle a un pain de dynamite à la main .  « De quoi elle s’occupe celle-là » fut ma première pensée.

Bon c’est vrai on était très proche d’un scénario catastrophe, le dernier stade de la haine. Quand soudain je sentis une morsure à mon oreille. Quelqu’un venait de plonger ses dents dans le lobe délicat de mon oreille de princesse.  Ce flic avait autant de chance de m’immobiliser que de trouver Elvis sur Mars ou de se voir réincarné en olive.

Le gaillard était tout ébouriffé. J’ai juste eu le temps de le traiter de sale gosse et de lui assener des coups de bâton de dynamite sur son crane d’œuf. On dit que la vidéo des deux gifles que je lui ai mises est devenue virale depuis. Un flic, ça pèse au moins 80kg. Je vous mets au défi d’avancer un pain de dynamite à la main alors qu’il s’accrochait au lobe de mon oreille.v

Sur fond d’horloge qui égrène les minutes les passagers de l’aéroport étaient suspendus à la scène.

 Pour eux le pire c’était l’incertitude. Mon époux et sa cruche devaient avoir été frappés d’un décalage horaire ils s’éloignaient inexorablement vers la piste d'envol sans avoir rien vu de la scène. J’enrageais.

Les gens s’interpellaient, ils parlaient par-dessus ma tête. On aurait dit qu’ils échangeaient des nouvelles comme des voisins par-dessus un muret. Puis ce fut la déflagration.  La baie vitrée qui donnait sur la piste vola en éclat. Le destin m’avait choisie, il avait frappé à ma porte . Mon mari était étendu sur le sol sa cruche séchait maintenant au soleil. Tout était parti en cacahouète. « J’avais une tension insoluble, monsieur le juge. » . J’arborais au tribunal un e T-shirt flamboyant   MARIAGE MON CUL. Je sautillais à la barre j’enchainais les directs et les crochets et le proc commençait à être agacé. Vous ne regrettez pas votre geste Madame. Vous savez que vous faites des émules sur les réseaux sociaux. On compte depuis des incidents de ce genre dans les restaurants et même à la sortie de l’église. La préfecture vient de légiférer sur la vente de bâtons de dynamite. Pour ceux qui n’auraient pas suivi, le magazine Times a versé une somme considérable pour avoir les clichés du mari et de la scène d’adultère et du lancement des bâtons de dynamites. Cette scène culte à fait le tour du monde. Tremblez coureurs de jupons les femmes arrivent !!

 

30 novembre 2019

Tout évolue (Walrus)


Transformer un sujet en zombie a toujours été très délicat, même pour un bokor haïtien.

C'est qu'il faut maîtriser le dosage de la tétrodotoxine, le temps d'ensevelissement, l'administration d'atropine et je ne parle pas de l'hypnotique qu'il faut sélectionner soigneusement et administrer au bon moment en quantité idoine, faute de quoi, votre mort le sera vraiment !

Aujourd'hui, la recette est beaucoup plus simple : suffit de lui filer un smartphone et vous obtenez un parfait smombie !

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21 décembre 2019

Le cathèdre (TOKYO)

 

On avait retrouvé sous les gravats un homme assis sur cette cathèdre.

Sous des tonnes de béton il était là assis, il souriait.

La centrale nucléaire dans son souffle avait tout emporté de la ville sauf lui.

Sa voix était enrouée comme prise par des tonnes d’encre

Jamais aucun homme n’avait porté ce visage radieux malgré que son souffle soit rabattu par le souffle de la centrale.

Il disait s’appeler François j’étais la seule à le croire.

v

 François d’Assise était là devant moi et il murmurait de belles choses à mon oreille.

Il est ici et impose par son sourire le silence aux fous aux puissants et même à Dieu qui parle trop fort.

Je le suis maintenant il marche dans un paysage irradié par la centrale.

Nous sommes des mies de pain dans la grande galaxie, des grains de farine sur le chemisier de l’univers.

 Ça je l’ai appris de lui, comme j’ai appris à cogner sur tous les matins du monde pour que l’alouette nous revienne.
Sans elle que le monde est triste.
J’ignorai combien le chant de l’alouette m’était aussi essentiel que la lumière.

Ce matin la cathèdre était recouverte d’oiseux locataires du monde dont on avait été expulsés par le souffle de la centrale.

J’ai appris que le monde n’était pas rien que pour nous ça vous tombe sur la nuque dessus comme du plomb cette compréhension-là.

Ce qui est fatigant depuis c’est de pouvoir le dire de le faire entendre avant qu’on ne veuille plus de nous chez nous

 

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