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Le défi du samedi
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9 juillet 2022

Escalier (TOKYO)

 

Brusquement, j’allume le lampadaire près de mon fauteuil une fois mes yeux adaptés à la lumière vive je sors sur le palier et me penche dans l’escalier.

Il arrive, c’est lui à n’en pas douter il me suivrait au bout du monde. Zut c’est pas lui pourtant cette silhouette me paraissait familière.

D’une certaine façon cette découverte est un grand soulagement. Une fois de plus je suis partagée entre deux émotions paradoxales.

Joie / déception, colère/ préoccupation.

 C’est qui alors qui n’en finit pas de monter ces escaliers ? Le téléphone sonne de l’autre côté du palier je n’ai aucune hésitation c’est sans doute lui . je me jette sur l‘appareil comme une truite sur une mouche.

Ah ma puce tu es chez toi j’appelais juste pour te laisser un message avant de partir.

Ma voix s’éteint , le ton que j’emploie est suffisamment lointain distancié pour aiguiser sa curiosité.  Je ne t’entends plus dit il attend dis je il ya quelqu’un qui monte les escaliers je te rappelle.

Tiens me dis je il s’est arrêté au huitième pour reprendre son souffle je peux voir sa main.

 Ce n’est pas que je suis pressée mais j’aimerai voir son visage.

Sur un coup de tête je décide de dévaler l’escalier pour provoquer une rencontre fortuite avec cet étranger .je rougis devant la connotation sexuelle de l’intention. Je suis tellement nerveuse que je sens le bout de mes seins vibrer .Mais j’ai parfaitement le droit de savoir quel est cet inconnu qui n’en finit pas de monter les escaliers .me voilà nez à nez avec lui la cage d’escalier est suffisamment étroite pour que je scrute son visage. Il a l’air anéanti c’est probablement un professeur d’astronomie qui a perdu son emploi à cause de la crise.

Vous venez observer le ciel c’est ça ?

Oui c’est la seule cage d’escalier qui donne sur la voie lactée.

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21 mai 2022

Coûts de grisous (tiniak)

 

Grisou,
vieux Grigou
qui étouffe nos canaris
tu m'as sauvé d'un panaris,
mais soufflant tout autour de nous !

Ripous,
gare à vous !
car nous n'en avons pas fini
de rassembler nos parti-pris
pour vous voir - enfin ! à genou

Ici, j'ouvre une parenthèse...

"Garez-vous, citoyen abscons.
Montrez donc votre portefeuille...
Sachez que je vous garde à l'oeil;
votre teint m'est par trop marron"

Où allons-nous,
le regard flou,
jouant nos vies de canaris
sur d'aléatoires paris
que nous servent d'obscurs dessous ?

Un bon coup de grisou s'annonce...
Mais quelle en sera la réponse ?
Allons... Debout !!
Indignez-vous...

ti

25 juin 2022

Ma petite Lubie par bongopinot

bongo

 

Une folie ma p’tite lubie

Elle est étrange et passagère

Mais vous l’avouer je n’ose guère

Elle m’appartient ma p’tite lubie

 

Arrivée un matin d’hiver

Sans frapper à me porte

Mais bon qu’importe

Je la garde et je la serre

 

Sur mon petit cœur

Tendre comme du beurre

Elle est là les jours de malheur

Pour m’apporter espoir et lueur

 

Elle est comme ça ma p’tite lubie

Comme une folie un gros caprice

Elle passe et me caresse

Elle m’appartient et je lui souris

 

19 mars 2022

X (TOKYO)

 

 J’étudie dans une école branchée. Pas une école en bois, mais une école qui sent le porche dans l’écurie.

Une boite aux dimensions démesurées qui me prépare à travailler dans une boite pour vampiriser tout ce qui peut l’être.

Les profs arrivent le matin dans un crissement de pneu, la rage au ventre.

Au début je me disais qu’il serait plus prudent et plus sage de rentrer chez moi, mais j’ai opté pour le sauvetage de ma carrière au détriment de l’humanité.

L’intelligence artificielle ne requiert pas de qualités physiques c’est un sport marginal qui me pousse à boire de la bière en grande quantité.

Je suis une joueuse marginale dans un monde où les ruches ne donnent plus de miel.

Le dégout et la dépression qui me guettent sont jugulés tous les samedis par le rituel de la danse de l’oiseau tonnerre

 Là-bas sans transition je côtoie des prolétaires poivrots, des nanas négligées, une populace que je cherche à éviter habituellement.

 Je les entends péter roter, échanger des blagues ringardes, mais au moins ici personne n’aboie.

Quand je danse l’oiseau tonnerre surgit alors dans mon ciel des hamsters, des mulots des campagnols des rats musqués, qui défilent à toute vitesse devant mes yeux.

C’est souvent André qui me ramène à l’école. Là j’ai l’impression d’être dans les bras de King gong, et d’être une petite fille lasse de jouer avec l’intelligence artificielle.

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 La dernière conversation avec André me fait rougir. Tu es en pagaille m’a -t-il dit, es-tu certaine de ne rien avoir négligé dans ta vie pauvre analyste.

Tu ressembles à une orchidée perdue dans une fosse septique. De son élégance habituelle il m’a jeté sur le canapé de l’entrée et il s’est barré je ne sais où.

Soudain je revois le sourire de ma mère dessiné à la craie sur le grand tableau noir de ma vie.

Et soudain j’entends ma petite voix de fausset hurler/qu’est-ce que  JE FOUS DANS CETTE PUTAIN D’ECOLE DE MERDE ;

 

16 avril 2022

Vous voyez ce que je veux dire (Jean-Patrick)

C’est l’histoire d’un gars qui n’avait jamais emballé de fille. Je sais, c’est le genre d’histoires que vous connaissez pour en avoir vécu des tas… enfin, vous voyez ce que je veux dire. Celui-là, le gars, il s’appelait Raymond ; si c’est aussi votre cas, vous pourrez garantir que je ne raconte pas d’histoire.

Donc Raymond, on lui conseille de trouver des trucs à raconter aux filles pour les charmer ; on lui dit même que ça marche à tous les coups et qu’après, il aura l’embarras du choix... avec les filles, pas avec les choses à dire. On lui fournit même des mots superbes : mon chou, ma gazelle, mignonne, c’est le top niveau. Un copain (enfin, quand je dis « un copain », vous voyez ce que je veux dire), son copain insiste lourdement : « Faut surtout raconter la même chose à toutes les filles, si elles se connaissent entre elles et que tu changes, elles vont te voir venir. Suffit de connaître un truc et c’est bon ! »

Raymond cherche sur Internet le machin imparable à dire aux filles, mais il ne sait pas lequel choisir : entre les poèmes d’amour, les recettes de cuisine et les histoires des vedettes des séries qui passent à la télé. Il a beau se creuser la tête, elle est toujours aussi vide… enfin, vous voyez ce que je veux dire. Au début, Raymond essaie d’apprendre par cœur un poème d’amour, mais il se mêle les pinceaux entre les vers : mon chou, tu sens la rose ; Rose, sens-tu mon chou ? ou tu sens le chou rose, lui sent plutôt venir les emmerdes.Il se rabat sur les problèmes de Nabilla, mais il se perd aussi : « Entre le père, le petit-ami et la série qu’elle a tournée : ils ont tous des noms à coucher dehors », conclut-il. Il finit par se contenter d’une recette – son copain l’a prévenu : c’est le plus facile et toujours aussi efficace.Raymonda retenu qu’il devait présenter la recette comme sa spécialité à lui, le truc qu’il aime par-dessous tout, le nec plus ultra de sa cuisine de célibataire, qu’il est prêt à la partager avant les nuits d’amour. Et pour bien prouver qu’il ne fait pas de gringue : il la connaît sur le bout des doigts, il s’en lèche les babines rien qu’à la raconter.

Bon, je ne suis pas là pour vous faire du baratin et s’il y a un Raymond dans le groupe, il vous le dira mieux que moi ce qui s’est passé, mais il y a un truc à retenir dans cette histoire : le ‘‘chou à l’ail et au maroilles’’, ce n’est pas le bon plan pour draguer les gonzesses… enfin, vous voyez ce que je veux dire.

Hans

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21 mai 2022

Participation de TOKYO

 

Est-ce que j’ai une chance de devenir un jour richissime ?

Il est un peu tôt pour de telles bêtises.

Il y a une voix dans ma tête plus forte qu’un rêve qui me traite de vieux grigou.

Et dans le miroir ce matin j’ai découvert un autre visage que le mien.

Celui du vieux scrooge de mon enfance.

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D’habitude je fantasme sur Gary Grant mais là le vieux scrooge c’était déprimant.

J’ai trottiné jusqu’à la cuisine pour me servir un jus de tomate. Dans le congélateur un œuf acheté vendredi. je pourrai l’offrir à un enfant pour conjurer le sort de mon miroir.

 Je lui prouverai mon immense générosité et demain mon reflet sera pareil à un cœur ouvert.

Enfin le pari le moins risque serait de briser ce miroir car mes promesses même vagues n’arriveront pas à le convaincre.

 GRIGOU je suis grigou je resterai .
 

2 avril 2022

Monsieur Mousse par bongopinot

bo

Il a une passion pour les bières

Pour leur saveur leur senteur

C'est un véritable connaisseur

Et il en est assez fier

 

On l’appelle Mousse le Zythologue

De la bière blanche à la blonde

En passant par l’ambrée ou la brune

Il les déguste sans faire de vague

 

Il hume d'abord leur parfum

Et regarde leur belle couleur

Ressent alors du bonheur

Tenant sa chope à la main

 

On le voit tous les vendredis

À la brasserie du village

C'est sa semaine qu’il allège

Et enfin ses yeux sourient

 

30 avril 2022

Le spectacle par bongopinot

 

bongo

La troupe du diapason

Musiciens et danseurs

Sont tous à l'unisson

Pour un spectacle d'ampleur

 

Une représentation unique

Préparez vos yeux vos oreilles

Pour ce moment magique

Ces petits vous réveillent

 

Ils ont travaillé l'année entière

Pour vous donner satisfaction

Vous emmènent dans leur univers

Soyez tous dans l'action

 

Ils ont entre dix et douze ans

De petites graines d'artistes

Qui n'ont rien à envier aux grands

Allez c'est parti tous en piste

 

Ce moment fût grandiose

Regardez les yeux des parents

Tout le monde est en symbiose

Promis on remettra ça dans un an

 

2 avril 2022

Zythologue (TOKYO)

 

J’avais renoncé à l’amour inconditionnel.

Aimer sans rien escompter en retour même pas une bière ce n’était pas pour moi.

L’amour n’était pas inépuisable même dans un champ de houblon.

D’ailleurs depuis que j’avais épousé la profession de zythologue l’amour privé  de souffle avait retrouve au fond des caves une puissance infatigable.

Je laissais les humains libres d’aimer, je leurs faisait cadeau des saintes évangiles ma béatitude je la trouvais devant une bière.

Les assoiffés venaient à moi comme les personnes démunies devant jésus et les apôtres.

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Mon royaume je l’ai trouvé dans ce jeu subtil de la fermentation, la décantation, le brassage.

Ainsi ma seule manière d’aimer les autres c’est en contemplant le halo caramélisé de ma dernière bière.

Ainsi quand nous estimons ne pas être assez aimé de quelqu’un je rentre en scène.

En cultivant son houblon me dit mon singe André on cultive l’amour des autres.

J’ai toujours dit qu’André me rappelait Catherine de sienne.

 
 

23 avril 2022

Participation de TOKYO

 

Avec la veine que j’avais quand la colocation a foiré je n’en fus pas surprise.

L’appartement commençait à ressembler à un bidonville de Calcutta tellement il y avait au sol de sacs ,toutes sortes d’objets qu’il collectionnait.

 J’étais pitoyable à subir une telle infamie. J’avançais dans le salon l’air détaché sans faux désir de compromis quand il surgit de derrière le réfrigérateur.

 Il m’est apparu comme un poulet décapité et il me dit/ on se calme ma petite dame, pas la peine de monter aux barricades , alors queje m’étais jure de le faire sortir de cet appartement avant la fin du mois .

Soudain il poussa un cri d’exaspération/ mais bon dieu on vient de se marier tu me traites comme ton colocataire.

Alors à tous instants cet homme pouvait coller sa bouche sur la mienne et pour une durée qui dépendait sans doute de nos noces qui d’après lui étaient récentes.

J’avais qu’une envie c’était faire ma valise et trouver une autre colocation. J’avais aucun scrupule à laisser derrière moi cet époux et le contrat de location.

J’avais du mal à retenir les insanités bloquées dans ma gorge. Prise du syndrome de gilles de la Tourette .il reçut une salve d’insultes mais lui il posa sur mes joues le baiser de vieux maries.

Au diable la colocation demain je pars sur les routes en caravane.

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5 mars 2022

Participation de TOKYO

 

On avait pactisé avec les vampires. C’était une embellie glaciale. Était-ce de bon gout j’en doute.

On voulait éclabousser le monde de notre rage, éventrer la délicatesse des jonquilles, meurtrir le cœur des roses.

On voulait que chacun craigne l ‘espoir, et chasse la lumière.

Ainsi l’obscurité fut. On avait pris à rebours toutes les chansonnettes, et en plein centre on avait dyalisé le monde.

 

Les visages décantés, les peaux décolorées, de pales éclats bleutés, on allait à nos affaires au bal des vampires.

On avait choisi l’exsangue éternité de l’exil. L’essence même de nos désirs tenait dans la platitude des veines jugulaires des cous de jeunes vierges à la haute coiffure.

Dans la folle équipée sauvage des vampires à laquelle j’appartenais j’affichais ma cynique candeur, privilège de toutes les fragilités.

Avec mon arôme sucré du vin doux de madère toutes les nuits m’appartenaient.

Elles s’accrochaient à la grille du grand portail du château de Dracula. La fraicheur de leur teint faisait pâlir la lune et je dessinais du regard les frêles silhouettes exquises.

C’était du sang neuf qui déferlait dans un ciel d’azur.

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Tout devenait possible, on lâchait du lest on trouait la blancheur de leur cou de nos jeunes canines.

Puis le jour reprenait ses droits.il s’invitait sans vergogne alors qu’on lui signifiait qu’il n’était pas à sa place nous insistions jusqu’au déraisonnable.

Dans le crépon fripé de nos visages de pauvre diable et dans la carnation la plus pâle nous fuyons le jour naissant.

De quel secret mépris de soit faut-il avoir à se cacher pour se lancer dans de pareilles arabesques ?

 

2 avril 2022

Rondeau sans eau (Jean-Patrick)

 

Quand la soif te soumet à sa rigueur immonde,

Une bière paraît une douce fortune,

Arrivée d’abbaye, du lambic ou Neptune

Qu’elle soit rousse, ambrée, India, brune ou blonde.

 

Du savant médecin, tu bannirais la sonde

Qui infecte ta veine d’une saveur commune.

Quand la soif te soumet à sa rigueur immonde,

Une bière paraît une douce fortune.

 

Un aimable brasseur, dès la prime seconde,

T’offre, secourable, la potion opportune

Et t’extrait des enfers. Heureux et sans rancune,

Tu préfères ses verres avec leur forme ronde,

Quand la soif te soumet à sa rigueur immonde.

 

Mabel Amber
(source : Pixabay - Mabel Amber)

5 mars 2022

Heureusement que j’ai ma femme ! (Jean-Patrick)

 

« Vampire », le mot me disait vaguement quelque chose, mais je n’étais pas très sûr de moi. Par bonheur, mon épouse en connaissait un rayon et a éclairé ma lanterne :

— Le vampire est un mort qui sort la nuit de sa tombe, m’a-t-elle expliqué. C’est donc un être à part entière, à ne pas confondre avec un fantôme qui lui n’est qu’un esprit.

— Oh, c’est tout. Il n’y a pas de quoi en faire tout un fromage !

— Certaines gens ont peur des vampires parce qu’ils viendraient sucer le sang des vivants.

Ma moitié m’a rassuré : je ne me suis pas du tout concerné.

- D’abord, me fit-elle remarquer, tu ne sors jamais la nuit.

D’accord, cette habitude repose sur une simple économie, je refuse de gaspiller l’argent du foyer dans les batteries, les phares ou les ampoules ! Sage précaution. De plus, je suis un bon chrétien, qui ne se sépare jamais du pendentif en forme de croix et de la fiole d’eau bénite, offerte par l’abbé Cassine, notre bon copain. De plus, ma femme m’a encouragé à maintenir mon péché mignon, sans le confesser à l’abbé : parfumer l’eau qu’il me refile avec de l’ail distillé. Et conserver aussi la manie de me promener emmitouflé de la tête aux pieds pour ne pas me laisser mordre et sucer le sang.

Ma gentille moitié au cœur écarlate m’a même félicité pour mon parfum à fragrance de rose, bas de gamme : il dissuade le contact des personnages indésirables. De toutes façons, ces dernières hésitent à se frotter au loup qui ne me quitte jamais, brave animal de compagnie.

Ainsi, je suis tranquille. Ce qui explique mon ignorance à propos des vampires. Heureusement mon épouse qui a du mordant veille sur moi. Et elle sait de quoi elle parle, puisque c’est une stryge.

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26 mars 2022

Je reviens vers vous par bongopinot

bo

 

Un Youyou pour un voyage

Entre les lignes de ma vie

Je me démène et je rame

Eloignant ainsi les soucis

 

Je suis ma bonne étoile

Et le mauvais s’enfuit

Déchirant enfin le voile

Je sors ainsi de la nuit

 

Pour revenir à l’essentiel

Mes espoirs alors retrouvés

Je touche le bleu du ciel

Et m’entoure du vent léger

 

Et je repars à l’aventure

En ouvrant mon écran

Sans même besoin d’armure

Je vous rejoins amis défiants

 

19 février 2022

Thaumaturge (TOKYO)

 
SI je le décide en cet instant de rêverie miraculeuse je pourrai changer l’eau en vin.

Et cette déclaration méditative me rend soudainement nerveuse. Plus d’une fois de part le passé j’ai voulu changer le plomb en or . Un cauchemar zen d’applaudissements aurait alors surgit des profondeurs et  des spécialistes de tous bords se seraient disputé l’authenticité des faits.

Mille deux cents ans après ils se disputeraient encore.

Mais voilà n’est pas thaumaturge qui veut. il fut un temps où cette passion sacrée me tenait au corps ,

 Maintenant les délices de mon existence se résument dans l’écoute d’Opéras italiens.

Mon singe André ne dira pas le contraire, ce Macaque du vieux monde est un mélomane. Il est dingue de glace à la banane, de pains aux raisins, et d’opéras italiens. Un jour il a été pris la main dans le sac il venait de faucher un disque d’Opera du grand verdi pour mon anniversaire.

Les flics ont cru que j’avais dressé mon singe pour faire ce sale coup à ma place. Ces cons voulaient l’euthanasier. Ils l’ont séquestré au zoo de st Tropez. Mon brave André s’est enfui en fauchant au passage toute la bibliothèque d’un milliardaire sur son yacht. A l’heure où je vous écris nous nous berçons de symphonies avec Brigitte Bardot ma meilleur amie.

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15 janvier 2022

Ogre (TOKYO)

 

Ya un problème encore plus grave André mon singe a disparu.

Je sais qu’il adore la pluie et ce soir il pleut. La pluie bénit les naïfs les espiègles

 M’a toujours expliqué André dans son langage de gorille.

Mais moi je ne partage pas ce point de vue. La dernière fois les pluies acides ont brulé sa peau au deuxième degré et mon pauvre André s’est retrouvé aux urgences.

C’est un ogre qui vous a dévore à dit l’urgentiste. Il te faut de l’eau bénite André, lui ai-je dit en fonçant dérober cette eau dans la cathédrale.

Depuis je soupçonne André de prendre régulièrement des bains dans les bénitiers des églises.

A la vue de l’état comateux de notre foi dans ce pays, c’est un miracle qu’un gorille croit encore à la sainte eau de nos chapelles ;

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 J’ai cherché André dans tous les lieux confessionnels, pas une trace de lui.

Le petit poucet a plus de talent que mon gorille pour marquer son chemin. Cet imbécile s’est encore perdu.

Je dois avoir un esprit bien morbide pour penser qu’André est en danger ou qu’il se fasse dévorer à nouveau par un Ogre.

Le téléphone sonne André vient de verser de la térébenthine dans le rectum du curé de notre paroisse.

Je tape térébenthine sur le clavier de mon ordinateur pour comprendre les vertus curatives de ce produit.

Sauf erreur de ma part on est dans la merde.

 

26 décembre 2021

T'en foutrai des anniversaires ! (Walrus)

 

Ne vous mariez jamais en février !

Et si mon conseil vient trop tard, n'allez surtout pas fêter ça quarante ans plus tard au château d'Étoges.

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Et si là aussi c'est trop tard, restez surtout bien dans votre chambre, même s'il y fait un brin frisquet.

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Moi, j'ai obéi au souhait (j'allais dire "au désir", mais je ne voudrais pas créer de confusion regrettable) de mon épouse, je l'ai emmenée sur la Montagne de Reims voir les faux* de Verzy. Pour un coup tordu, c'était un coup tordu !

Faux de Verzy-21

C'est en essayant d'y aller au plus près que j'ai glissé sur le sol verglacé, ça m'a produit comme un court-circuit (touristique) dans le creux des reins. Ma mère, pourtant, me l'avait maintes fois répété : "La curiosité est un vilain défaut !". Mais qui écoute sa mère, je vous le demande...

C'est à partir de là que les choses sont devenues un rien plus pénibles, que ce soit la conduite sur les routes enneigées dans les vignobles la Côte des Blancs, l'excursion au château de... Château-Thierry ! ...

Chateau Thierry-01

... ou les 300km du voyage de retour.

Mais le pire était à venir :

Le lendemain de notre retour, après avoir essayé de calmer le mal de dos en me suspendant aux traverses des dormants de porte, j'ai ressenti un vive douleur crurale (ouah, encore un mot à deux francs cinquante !) que j'ai failli en oublier le mal de dos !

Je me suis donc  résolu à appeler ma médecine favorite (forcément, c'est la seule). Mise au fait de la situation, la femme de l'art m'a donné un ordre étrange (mais non, pas de me déshabiller, nous étions au téléphone !) : "Essayez de monter sur une chaise, Monsieur Walrus !". Vous me connaissez : ce que femme veut...

Et c'est ainsi que je me suis rétamé. "Allez directement aux urgences !" a-t-elle conclu de la situation.

Je me suis donc là aussi exécuté et après les diverses tractations d'usage en cet endroit, je me suis retrouvé dans une chambre face à un interne, noir. C'est pas qu'il avait bu hein ! Je vous fais bêtement le film en Technicolor.

"Mettez-vous debout sur la jambe droite !" m'enjoint-il. Fort de mon expérience antérieure, je lui réponds "Je vais tomber !". "Ne vous en faites pas, je suis là !" me rétorque-t-il. Et c'est ainsi que j'ai pris ma deuxième pelle de la journée.

Les choses se sont alors accélérées : radio immédiate avec une installation mobile, examen des clichés etc... etc...

Le lendemain, on m'a rectifié le disque L3-L4 dont une hernie comprimait le nerf crural. Depuis, j'ai toujours la jambe droite plus faible que l'autre, ce que certains trouvent logique ma situant un peu à gauche.

Je vous le répète : ne vous mariez jamais et surtout pas en février !


 

 

* Fau, c'est un autre nom du hêtre provenant par un parcours sinueux du latin fagus, le hêtre**.

** Mais alors, vous enquerrez-vous fort logiquement, d'où vient donc "Hêtre" ? Facile : c'est ici ! (avouez que c'est presque aussi bien qu'un billet de Kate, non ?)

19 février 2022

Chez Ginette et Simon (maryline18)

"Restaurant à la dérive cherche thaumaturge !"

Bien que les clients aient déserté l'endroit, le patron continue de noter le menu du jour sur l'ardoise.

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Il lui faut bien reconnaître que depuis que Ginette est partie, sa mauvaise humeur les a fait tous fuir. Plus haut, son offre d'emploi, tournée comme un cri au secours reflète son désarroi.

Yolande salue Simon tous les matins. En lisant son affiche, elle lui demande :

-" Tu cherches quoi Simon ? Un thau...ma...tuuurge ? Qu'est-ce c'est donc que c'te bestiole ? Un oiseau peut-être ?"

" Bonjour Yolande ! Je savais que tu allais me poser cette question et j'espère bien que tous ceux qui passeront devant, feront comme toi ! Un thaumaturge, c'est un magicien."

"Tu nous prépares un spectacle, peut-être ? Je t'imagine bien en clown triste !"

"Non, je ne prépare pas de spectacle mais seul un magicien pourrait m'aider a faire revenir mes clients. Je ne sais plus quoi inventer, si tu savais..."

"Mon pauvre Simon...Ta magicienne est partie et plus rien ne sera comme avant. Lui as-tu dit une seule fois comme tu l'aimais ? Elle est partie à la recherche d'un oiseau au ramage plus flateur...Tes clients venaient plus pour l'entendre chanter que pour manger tes huîtres, allez, tu le sais bien non ?"

"Oui, tu as raison, elle sublimait ma cuisine par sa gaieté, son rire me manque tellement !" 

"Les femmes ne se lassent pas de gentillesses, même si elles font "comme si" ! Allez, il faut que j'y aille ! Passe donc à la maison boire un coup de cidre, Léon sera content de te voir !"

 

19 février 2022

Salade miraculeuse (Jean-Patrick)

 

02-18-Alina KuptsovaQuels souvenirs que ces plats parfumés quand le soleil brille, à table sur la terrasse des grands-parents. Mamy le savait et quand j’arrivais là-bas, en plein cœur de l’été, j’avais droit à ses inventions que je mangeais nulle part ailleurs. J’entendais aussi les discussions qui l’aimantaient à grand-père :

— J’ai ramassé les cornichons avant-hier ; les as-tu mis en bocaux ?

— J’en ai préparé pour l’année entière ! Tu peux donner le reste à la voisine.

— Et les petits oignons ?

— Tu t’imagines peut-être que je les laisse aux poules…

Le potager passait en entier dans les pots de verre que Papy et moi alignions dans la cave.

Les plus beaux échanges chantaient dans la cuisine avant l’heure du repas, grand-mère passait ses commandes et grand-père en assurait la livraison :

— Des radis et des patates, je vais lui faire une purée. Ramènes-en davantage pour ce soir…

Papy trottait dans ses carrés de légumes, la serre et la cave, puis réapparaissait les bras chargés des ingrédients que Mamy transformait dans ses chaudrons magiques. Rien qu’écrire les mots ou les lire à voix haute me mettent l’eau à la bouche : les recettes de grand-mère valaient amplement celles des chefs réputés qui se montrent à la télé en tenue blanche ; le tablier de grand-mère était beaucoup plus modeste, avec ses carreaux et ses rayures ; et j’entends encore le son des casseroles quand elles les attrapaient.

 

Un jour, la peur suintait des fourneaux, la maison tremblait presque. Le menu jouait aux abonnés absents, la maîtresse-queue manquait d’inspiration et son porteur attendait la commande qui ne venait pas :

— Des nouilles froides, proposa-t-il espérant la soulager.

— Une salade de nouilles, hésita-t-elle un moment, avant d’en repousser l’idée : vendredi, avec le thon !

J’étais suspendu à leurs lèvres, mais elles restaient muettes. Soudain Mamy fixa le potager par la fenêtre :

— Tu en as dans le jardin ? demanda-t-elle.

— C’est la pleine période, répondit Papy d’un air convenu.

— Va m’en chercher… des grosses, des belles, des juteuses.

Et grand-père partit à brides abattues, à fond la caisse, à toute allure. Il m’étonnait par l’allure à laquelle il marchait, comme si une guêpe l’avait piqué ou qu’une envie pressante le saisissait. Je n’avais jamais vu grand-père filer de la sorte.

— Papyva rapporter ce qu’il me vaut pour te faire une salade de saison. Tu m’en diras des nouvelles !

Pour moi, Mamy parlait chinois : chacun de ses repas était délicieux, je mangeais toujours du beau et du bon : les yeux et la bouche se régalaient. Que pouvait-elle faire de plus ou de mieux ?

Bien vite grand-père entra dans la cuisine et posa une cagette sur la table, pleine de légumes frais, comme d’habitude ; rien d’exceptionnel !

— Allez, on met la table pendant que Mamy nous prépare une salade mi-ra-cu-leuse.

Je lui demandai ce que signifiait tout ce remue-ménage, je ne comprenais rien à leur manège :

— Ah ! avec ta grand-mère, c’est comme ça. Depuis le temps qu’on est ensemble, on se comprend à demi-mots. Aujourd’hui, elle m’a expédié dans le jardin, en me faisant comprendre que pour sortir de la mouise, la tomate urge !

 

8 janvier 2022

Nomade (TOKYO)

 

Avant de partir j’avais décidé de découper ma photo dans tous les albums photos.

 Cela faisait longtemps que je ne me sentais pas à ma place ici.

J’ai toujours été un cheval dans une course truquée mais la s’en était trop.

Mais je n’abandonne pas , le nomadisme me conduira jusqu’à la ligne d’arrivée.

Et je me débrouillerai toute seule.

Depuis ma vie est dingue, je ne suis quand même pas sur cette terre pour uniquement payer mes traitres.

 Le nomadisme me va comme un gant.je suis entrain de me transformer complètement.

 Sans domicile fixe, je me suis approprié un charriot de carrefour et j’y ai mis toute ma fortune.

J’ai un sacré pouvoir sur les automobilistes surtout quand je traverse hors des passages cloutes.

Dire que je voulais être ingénieur quelle bourde !!Je laisse aux imbéciles les mauvais choix.

Je me sens essentielle à l’intrigue du monde. Je sais maintenant qu’on peut déjouer le destin, l’autorité, le mensonge du progrès, de croître ou crever.

Je veux faire triompher le rire sur le dogme.je sais que vous me prenez pour une snob, amis croyez-moi j’en ai fini avec ça .

D’ailleurs venez me retrouver quand je cherche les toilettes alors que tous les accès sont interdits aux nomades.

 C’est un moment créatif qui demande beaucoup d’habileté je méconnaissais mes ressources en stratégies.

La seule chose que je regrette dans cette vie de bohème c’est ma robe de mariée mexicaine, avec plusieurs couches de dentelles et plusieurs épaisseurs de fanfreluches. Et ces rangées de boutons de nacre et ces rubans de couleurs vives.je ferme les yeux les mains rives au chariot de carrefour je rêve à ma robe de mariée.

En raison de ce satané rêve j’ai abandonné ma vie de nomade j’ai rendu le chariot à carrefour. Bon les conséquences ont vite été désastreuses mais ça c’est une autre histoire.

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12 février 2022

Le Combat oublié du Titan anonyme - tiniak

 

à Joe Krapov,

Sa guerre avait pris fin à la mort de l'étoile
Elle aura tant duré qu'y ont passé des siècles
Ses débuts, contenus sous autant de couvercles
s'égaillent désormais en d'innombrables voiles

C'est à présent qu'il faudrait lui donner un nom
Lui, le dernier géant à s'être battu pour
quand des cris surhumains massacraient l'alentour
dans un règne d'oubli, de haine et d'abandon

Histrioniques orgues parcourant les astres
des forces sans pitié répandaient leurs nuisances
en dépit des raisons qui fondent l'existence
comme des sentiments, des rêves enthousiastes...

Il vint, parmi les siens, garants de l'univers
combattre ces fléaux de sinistre extraction
Anonymes, sans gloire, ils tombèrent au front
un à un, qui de l'air, du feu, de l'eau, la terre

Bien que faits de pur grès, au quartz immémoriel
ses pairs ont tous péri dans les âpres combats
Tant le fiel ennemi savourait leurs trépas
chaque ordre disparut à l'exception d'un seul

Boule-Feu s'assembla en un soleil, ailleurs
où l'Onde s'empara d'un proche satellite
que l'Ether protégea de son souffle, à sa suite
quand l'ultime combat revenait au Veilleur

Onde se prit alors, à l'abri de ce ciel
de lancer à nouveau la chaîne du Vivant

L'Ether s'étourdissait en de multiples vents
courant les océans, les plaines, les montagnes

Et le feu du soleil ordonna ce cheptel...

Tous avaient oublié le dernier combattant
(la vie était si douce en cet endroit des mondes)
Or, la fin de l'étoile et de sa Bête Immonde
survint dans les confins où naquirent les Temps

Hors ça ! Il fallut bien qu'il vienne et se raconte
le titan victorieux, après des millénaires...
Reconnaissant les siens, il plongea vers la Terre
où il fendit les airs... et se noya dans l'onde
Pauvre pierre sans nom, sur la terre oublieuse

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crédit photo : ©Joe Krapov

8 janvier 2022

On the road again (Walrus)

 
Un beau jour, lassé du camping sous tente dont les montages et démontages sont de solides freins aux déplacements, j'ai proposé à mon épouse de nous équiper d'une caravane.

Les enfants ne venaient plus en vacances avec nous, nous allions pouvoir parcourir l'Europe et vivre des septembres nomades ! (Oui, moi, l'été, le soleil et la mer : rien à cirer !)

Nous avons donc acheté un petit modèle pas plus large que la voiture, ce qui nous permettrait de passer partout. Pour ne pas sacrifier la robustesse nous avons opté pour un truc comme seuls les Allemands peuvent en produire : chassis en acier et tout et tout !

La première année, question de ne pas nous précipiter, nous nous sommes installés à Chimay et avons exploré à fond tous les alentours, principalement la Thiérache, ses églises fortifiées, sa boulette d'Avesnes et ses tartes au Maroilles avec bol(s) de Poiré.

Cette première expérience nous a permis de constater qu'une petite caravane, c'est bien, mais un brin exigu ce qui vous oblige à transformer chaque soir votre coin à manger en lit et vice-versa le matin. Nous lui avons donc adjoint un auvent/tente latéral·e (mouarf).

Et, comme le serpent qui se mord la queue, nous nous sommes retrouvés avec l'incovénient typique des tentes : le montage et le démontage.

C'est pour cette raison que, pendant une vingtaine d'années, nous nous sommes installés sous le même pommier d'un camping de Sankt-Vith et avons exploré l'Eifel. Et si vous dégotez dans cette merveilleuse région un burg que nous n'ayons pas vu, je vous y paie un séjour de deux semaines !

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13 novembre 2021

Mon fourre-tout par bongopinot

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Je l’appelle mon fourre-tout

C'est mon merveilleux bloc-notes

Un désordre de mots un peu fous

Qui me passent ici et là par la tête

 

J'inscris des phrases

Des mots entendus

Qu'ils soient gris ou roses

Pensée sage ou parole inattendue

 

Et au gré de mes envies

Je sors de petits écrits

Sur des bouts de vie

Pour le samedi défi

 

Je le feuillette de temps en temps

Pour y mettre un peu d’ordre

Je souligne l’important

Pour surtout ne rien perdre

 

29 janvier 2022

Les reclus volontaires - tiniak

 

(à l'ami qui se reconnaîtra)


Réclusion volontaire...
Il me semble, à présent, que la lumière est forte
au-delà de la porte où patiente l'hiver
Assis sur ma colère, il faudrait que j'en sorte
mais je croupis aux fers d'un tas de lettres mortes

Encore un air de cure à fondre un Baudelaire
et l'attaque est massive !
Les yeux dans la solive et le grin à l'envers
retenant ma salive au bord du prochain vers
je m'en procure un autre, au divin élixir

C'est la curée, pour sûr !
La tournée du Par Don...
Quelqu'un parlant ma langue (avec le dos au mur)
a rangé sa voiture auprès du guéridon
où me suis résigné à prendre un Aqua-Bon

Lui, va prendre une prune à tant boire de quetsche !
mais nous sommes raccords, sur le mode revêche
Alors, il fait bon vivre et railler ce beau monde
quand un regard ami déclasse brune ou blonde
au fût des mis-en-bière

Une prune à London, ça vaut combien à Stras' ?
Le délire est lancé - un palet sur la place !
Un duo de froggies devant Trafalgar Square
n'en a plus rien à s'couer des Bobbies à visière
et font rimer "doot-doot"
avec "La Marischen, un rabiot de choucroute !"

Sur ce banc, délacés, lâches du pantalon
on n'en a pas fini... : "Ils ont des chapeaux ronds,
mais portent le paaaagneuh !
Ils ont des chapeaux ronds, mais portent cal'çon !"
(l'était pêchue, la quetsche !)

bobby-helmet

Y a d'la zik sous le casque !

15 janvier 2022

O comme ogre (Adrienne)

a

 

Voilà un mot qui a occupé l’esprit de l’Adrienne toute la semaine. Et pourquoi ? Parce qu’il n’existe pas en néerlandais !

Vous allez dire : « mais quelle drôle d’idée ! » ou « est-ce donc si important de pouvoir le traduire ? »

Et bien oui : s’il n’existe pas en néerlandais, il devient une sorte de mystère. Une énigme à résoudre. Pourquoi cette absence ?

En néerlandais, on connaît les géants. On les connaît dans toutes les cultures sur terre. Rappelez-vous, ils sont aussi dans la bible :

« Les géants étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils de Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu'elles leur eurent donné des enfants: ce sont ces héros qui furent fameux dans les temps anciens. » Genèse 6:4

Ils sont dans toutes les littératures, dans toutes les mythologies. Parfois ils mangent de la chair humaine, mais pas toujours. C’est même plutôt rare.

En Flandre, le plus connu est Druoon Antigoon, qui exigeait son impôt sur tout passage de l’Escaut, à Anvers. Il est attesté dans le folklore local depuis le moyen âge.

Dès le 14e siècle, de nombreuses villes flamandes ont leur géant qu’elles promènent aux fêtes, kermesses et autres processions. On les promène d’ailleurs encore aujourd’hui, il s’agit souvent de héros ou de braves géants débonnaires, comme dans la ville de l’Adrienne, où ils représentent le principal corps de métier – le tisserand – et ils ont femme et enfant : Madame est fileuse, fillette est couturière.

Tout ça, donc, nous mène très loin de l’ogre.

Le plus méchant, l’Anversois Druoon Antigoon, se contentait de couper la main de ceux qui ne lui payaient pas leur droit de passage. Raison pour laquelle, comme dans David et Goliath, quand il a été vaincu par plus petit que lui – un dénommé Brabo – il a eu à son tour la main coupée.

***

photo: la tête de Druoon Antigoon réalisée par Pieter Coecke van Aelst en 1534/1535 pour l'Ommegang annuel anversois.

 

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