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Le défi du samedi
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1 mai 2021

Misogyne (TOKYO)

J’ai mon premier rendez-vous professionnel

Avec un magnat du pétrole.

A peine arrivée je descelle un regard libidineux qui pourrait décoller le papier velours de ma vertu.

 Si jamais pendant l’entretien d’embauche il se manque je crie comme un putois.

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 Ça fait un an qu’il me faut des lunettes, alors ce poste il faut que je le décroche.

 Je pense qu’on devrait s’asseoir et parler me dit il tranquillement.

 Dans toute la mesure du possible j’évite son regard

 Mais pas assez pour que celui-ci m’échappe.

Il a une barbe drue de plusieurs jours qui pointille comme du seigle dans les creux de ses joues et de son menton.

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Sa longue chevelure se balance comme la queue d’un étalon arabe sortie d’une écurie après une langoureuse saillie. Il a négligé de changer sa vielle veste de cuir qui semble grasse comme la peau d’un bouc et sa boucle d’oreille en argent sertie d’émeraudes me cligne de l’œil.

Il y a une cadence syncopée dans sa façon de parler , il aligne des chiffres ,des rendements , il parle d’efficacité de vision futuriste.

Puis il se penche sur mon CV. Il me fait l’aumône d’un sourire empreint de pitié Je suis rouge de la tête au pied.

Je suis dans un tel état que je crois que je n’ai pas trop envie de savoir si j’ai à faire à un misogyne ou à un génie du bisness qui se moque de la jeune femme sensible et belle que je suis .

Je me dis ma fille pense à ta paire de lunette et cesse dans ton propre intérêt de chercher à savoir où se loge sa libido et ça dans ton propre intérêt.

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Le problème c’est que ça fait des plombes que je joue avec une trompette bouchée et que là va falloir se faire entendre.

Alors avec l’assurance de celle qui n’est plus une débutante , jouant de la blancheur du signe , l’éblouissant de mon propre reflet , comme un rayon de miel neigeux élaboré par les anges .( Je vous l’accorde à cet instant rien de ma démonstration n’a un lien avec le profil  lié à l’extraction du pétrole ou du  pouvoir )je lui expose une vision futuriste un nouveau filon à exploiter .

 

Soudain je me sens un peu gênée et irritée à l’idée d’emporter ce poste. Il y a surement des gens qui trouvent un réconfort à dégotter un job .

Mais pour moi cette notion est déconcertante, accablante, horrible même.

Soudain il aborde ma future rémunération, je sursaute et il me semble avoir été projetée hors de mes chaussures trempées. Mes mains tremblent et je me demande comment je vais finir mon lait à la vanille sans le renverser.

 La somme est astronomique.je vais pouvoir m’acheter une brouette de paires de lunette.

 Je l’entends dire / qu’en pensez-vous Mademoiselle scott.

Ma première réaction a été de répondre/ comment osez  vous vous approchez de moi  afin de  me soudoyer  avec une telle somme espèce de misogyne.

Il agite deux morceaux de sucre comme si c’étaient des dés.

 Je refuse d’amplifier vos instincts de prédateur, . Une couche de supplémentaire de fraises remonte sur la surface de mes joues.

Je rassemble tout mon courage pour le regarder droit dans les yeux. Ses yeux sont d’un bleu profond son sourire merveilleusement agréable, je perds pieds.

 

 La partie professionnelle terminée, j’ai décidé de rester devant son sourire craquant et nous avons eu un entretien privé mais celui là ne se partage pas.

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10 avril 2021

Une journée de pêche (maryline18)

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Lilouenn admire l'une des toiles de Simon Lucien. c'est un vieil homme portant un jodhpurs. Quand même, ils ne manquaient pas d'élégance, les anciens, prenant fièrement la pause, pense-t-elle... Puis en voilà une autre, une famille en balade sur un petit bateau. Immédiatement, elle repense à la promesse que lui a faite, Jude : Bientôt, il abandonnera son élevage de chevaux quelques jours à son père et ils iront tous les deux pêcher le congre, au large de l'Ile aux Moutons. Cette pensée la ravit. Leur ami Johan est marin pêcheur. Il les prendra sur son chalutier. Ensemble, ils amorceront les lignes de fond, de sardines odorantes et si la chance leur sourit, ils pourront prendre jusqu'à deux cent kilos de poissons ! Plus tard en saison, viendra le tour des soles et des rougets. C'est un passionné, Johan ! Elle aime l'écouter parler de son métier.

La nuit, ils se relaieront, lui et ses hommes, aux commandes du bateau. Just'avant l'aube, tous iront relever les palangres. Trop excités, ils oublieront leur fatigue et riront de tout, comme des enfants en avalant leur café. (Mais attention, les congres sont des prédateurs voraces ! Ils peuvent vous blesser de leur machoire puissante, parfois même après que vous leur ayez ôté les viscères ! Un système de cage fait de planches les retient, une fois pêchés, à la poupe du bateau). Johan et les autres pêcheurs, aguerris, les couteaux bien aiguisés en main, les videront pendant que Jude et Lilouenn les trieront par tailles.

A dix-sept heures, viendra la "criée". Ils finiront fourbus mais heureux d'avoir travaillé ensemble. Jude ferait un bon skipper, lui aussi, Lilouenn en est persuadée ! Et s'ils achetaient un bateau ? Elle le baptiserait : "Le goëland". Ils recruteraient des saisonniers qu'ils embarqueraient pour de si belles aventures. Malmenés par la gîte, par les vents, par les vagues venues se jeter sur le pont les jours de tempêtes, ils se redécouvriraient, plus vivants que jamais ! Ils s'épauleraient en repoussant toujours leurs propres limites !

Quand Lilouenn rêve, c'est toujours en grand, ses pensées prennent tout l'espace. Elle touche des doigts l'horizon.

-" Mademoiselle, ne touchez-pas les toiles s'il vous plaît !"

-" Oh... Pardon Messieurs !"

Le musée va fermer. La jeune femme se dirige vers la sortie mais laisse entre-ouverte la porte de ses songes. Elle reviendra...

24 avril 2021

Laboratoire (TOKYO)

 
Dans le laboratoire le téléphone glougloute, glougloute et reglougloute.

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 A l’autre bout du fil, moi, j’attends que quelqu’un décroche.

Qu’est’ ce que cela signifie, ils ne se sont quand même pas tous tirés du labo ?

C’est sur ils se sont taillés de là à toute vitesse.

Bonzaï ou harakiri ?

Une voix enregistrée caverneuse m’informe que suite à, un incident majeur le laboratoire est fermé.

Je raccroche violemment et me demande si Dieu n’a pas un répondeur pour filtrer ces messages.

 

 Je feuillète frénétiquement les pages jaunes.

 P comme professeur de virologie.

 Dans les pages jaunes la rubrique la plus longue c’est celles des avocats.

 Il ne faut pas négliger cette page on va peut-être en avoir besoin.

Donc on casse un flacon, un virus s’échappe du labo, on provoque une pandémie et on a la planète sur le dos.

 J’essaie d’imaginer dans quelle circonstances l’incident majeur s’est déroulé. Mais je n’ai pas assez d’imagination.

 Accoudée au comptoir du bar j’entends les infos de 22h.

J’enfouis ma tête dans mes mains.je peux presque sentir mes cheveux d’un noir brillant devenir gris.

J’ai le moral d’un marshmallow tombé dans le feu au cours d’un pique-nique.

La planète est foutue dis je à haute voix devant un barman ahuri.

L’humanité va s’aventurer dans des sables mouvants sans personne pour la guider.

De toute évidence une petite bougie d’anniversaire vacille encore au fond de mon cœur.

Sinon pourquoi je me trouve devant le laboratoire mis sous scellé.

 L’armée en barre l’accès. J’étais décidé à obtenir des informations.

Je déteste l’armée Les cocktails que j’ai ingurgités au bar pour adoucir les chocs des infos sont en train de faire leurs effets.

 Qu’est ce qui s’est passé aujourd’hui ma puce dis-je au militaire ?

Détalez d’ici et mettez-vous à l’abri ma petite dame.

Je n’ai pas de cerf-volant je n’irai pas plus vite.

 Je suis génétiquement programmée à affronter cette pandémie laissez moi pénétrer dans le laboratoire.

A la lueur des lampadaires je peux apercevoir le visage amusé du militaire. J’entretiens depuis l’enfance un rapport au risque aussi identique d’un diabétique avec l’insuline ; Alors je reste ici me dis-je.

Vous connaissez la suite. J’espère car moi je ne la connais pas.

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17 avril 2021

Un drôle de carnaval par bongopinot

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Malgré la pandémie
Pré-ados et petits
En costumes fleuris
Se sont réunis

Dans la rue sans nom
Tout près du canal
Pour un concert peu banal
Et avec brio et force

Ils nous offrent un concert de klaxons
Sur leurs vélos ils font tinter les sonnettes
Sur les trottinettes ils appuient sur des trompettes
Comme de vrais champions et championnes

Ils nous dédient un défilé déjanté
Dans un paysage flamboyant
Sous un soleil étincelant
Un carnaval endiablé

Parents et grands-parents
Les surveillent de près
Sachant que le soir ils auront la paix
Ils leurs accordent un flot d’applaudissements

 

20 mars 2021

Mon château en carton par bongopinot

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J'ai pris un carton

Pour faire un château

Avec des tours des donjons

Que j’ai ciselé au couteau

Et pour le pont-levis

Des ficelles et des feuilles

Coupé avec minutie

J'ai aussi collé des gargouilles

Faites en papier maché

Et pour garder mon château

De beaux chevaliers

Portant des drapeaux

 

Et c’est là que mon frère est arrivé

Et d’un simple coup de pied

Il a tout cassé

Et tout écrasé

 

Mon château en carton

N'est plus qu’une ruine

Et mes chevaliers sans nom

Ont mis leurs drapeaux en berne

 

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20 mars 2021

Une goule de gargouille. (maryline18)

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T'es pas jolie à voir avec ta goule de gargouille. Le trop plein s'évacue, tu laisses faire. Vider pour remplir à nouveau. Tu as ouvert la vanne de tes deux doigts. la bouffe infâme s'éjecte par accoups. Le dégoût laissera bientôt sa place au soulagement.
Le vide, tu le provoques mais tu le redoutes aussi car bien qu'il t'apaise, il te terrifie. Bête tapie dans son antre, il se nourrit de tes peurs alors tu négocies : < Trois tranches de cake, une barre de chocolat, deux yaourts et tu me fous la paix, OK !? Espèce de sale chien affamé ! >
...C'est peine perdue, on ne fait pas de pacte avec le "malin". Il t'obligera sous peu, et cela tu ne le sais que trop bien, à ingurgiter en quantités monstrueuses les mets les plus gras, les plus riches, les plus sucrés dont tu disposes, jusqu'à ce que tu le supplies, pliée en deux et gonflée de honte et de culpabilité.
Il veut tout et tout de suite, il te veut, toute à lui pour mieux te détruire. Tu le hais de toutes tes forces. Comment se débarrasser du vide autrement qu'en le remplissant, autrement qu'en l'alimentant ? Parfois tu tentes bien de l'ignorer mais ton répit ne dure pas. Il te tord l'estomac pour te rappeler à lui, te punir, ou alors il  dérobe le sol de dessous tes pieds et tu vacilles.
Un jour tu n'auras plus peur du vide et tu y sauteras. Tu seras belle, légère comme les anges des images pieuses. Un jour feuille d'automne envolée par le vent, un autre, papillon heureux, virevoltant dans les senteurs d'un été, un autre encore, plume gracieuse venue rêver sur le bord d'un encrier...
Mais rien n'est plus triste qu'un encrier silencieux alors, tu iras puiser dans ce qu'il lui reste d'encre pour caresser le papier. Ensemble, vous affronterez le vide de la page blanche. Aussi vrai qu'un et un font deux, la vie deviendra conte. Ne dit-on pas que les bons contes font les bons amis ?  
 

3 avril 2021

Ah, les idoles ! (Walrus)

 
Je me rappelle avoir lu, aux temps lointains de ma jeunesse,  deux bouquins d'Isha Schwaller de Lubicz : "Her-Bak Pois chiche" et "Her-Bak Disciple".

Ils racontent l'histoire d'un petit garçon appelé "Her-Bak", ce qui signifie à la fois "pois chiche" et "face d'Horus".

Repéré par les prêtres, il suit d'abord un chemin de formation passant par un ensemble de métiers divers (il débute comme "porteur de sandales" pour un personnage important), puis un autre d'initiation  puisqu'on le destine à être un prêtre.

Ce qui m'avait frappé, au milieu du récit, c'est qu'on le laisse pour une nuit seul, face à face avec la statue du neter (dieu) auquel le temple est consacré. À force de réflexion, il finit par cracher sur l'idole. Quand il s'en accuse très inquiet le lendemain à son mentor, celui-ci ne crie pas au sacrilège mais le félicite d'avoir compris que l'image du dieu n'est pas le dieu.

Un lointain prédécesseur sans doute de notre Magritte national et de son célèbre "Ceci n'est pas une pipe" !

Personnellement, si j'avais à élire une idole au sein du panthéon égyptien, je voterais sans hésiter pour Bastet, la déesse-chat !

On ne se refait pas : j'adore les femmes et les chats !

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3 avril 2021

Vishnou de visu (maryline18)

 

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Morphée me berçait encore quand le réveil sonna. Mes réflexes, entraînés à prendre les commandes en l'absence d'ordres émanant de mon cerveau (ce dernier, dérivant encore parmi des détritus en tous genres), jetèrent l'objet hurlant au sol. Je m'extirpai à contre coeur de la chaleur des draps, bien que soulagée d'interrompre mon rêve : J'assistais à l'immersion des restes d'une crémation humaine dans le Gange. Je n'aurais pas du visionner cette vidéo avant de m'endormir : "L'Inde : mystification et intoxication, les eaux maudites du Gange"

C'était une belle journée qui s'annonçait, l'aube étirait ses nuées roses, écartant au passage quelques nuages épars déjà traversés de soleil. L'air frais terminait de me réveiller, c'était bon...J'en absorbais de grandes goulées, par le nez et la bouche, comme pour me régénérer. Le printemps venait de débarquer avec ses piaillements, ces envolés de moineaux, ses jonquilles, ses primevères...Il ne manquait que le rire des enfants dans les rues, les écoles.

Je roulais depuis une vingtaine de minutes quand " l'incroyable " se produisit : Alors que deux biches bondirent subitement à ma gauche, cherchant à rejoindre le bois longeant la route, un sanglier leur interdit le passage. Je n'aperçus que sa tête sortant des fourrés, mais quel tête ! Elle était si brune et tellement énorme ! Dans ses yeux, j'y lus en un éclair, une détermination de géant, une force de super héro ! Par sa seule présence, il m'évita l'accident.

Je m'arrêtai quelques mètres plus loin, tremblante, les yeux rivés sur le rétroviseur. La bête avait disparu. Les biches poursuivèrent leur course aérienne. Je fermai les yeux. Des bribes de mon rêve et du fameux reportages se croisaient dans mon esprit troublé. Quelque chose d'important venait de se passer, de ces choses si belles que l'on n'ose tenter de les expliquer avec des mots, de peur de mal les choisir. Je pensai soudain à ces indiens vénérant leurs Dieux, parfois différents. Je me rappelai ces statues faites de pierre où de marbre qui donnaient corps à leurs idoles.

Une pluie fine nettoya mon visage de toute la fatigue collante du passé. Une voix, annoncée par le bruit d'une amulette que l'on secoue, me chuchota : < Tout va vien, tout va bien... >. Quel réconfort dans ces mots simples que j'ai répété à mon tour, comme une prière. La tention se relachait. Ce n'étaient pas des larmes de tristesse qui coulaient, non, c'était curieux. Mes chakras allaient peut-être pouvoir s'ouvrir et me permettre d'envisager l'avenir plus sereinement. Ce sanglier ne pouvait-être que l'un des dix avatars de Vishnou. Oui, ce miracle ne pouvait-être qu'un appel de ce Dieu protecteur faisant partie de la Trinité hindoue : création, protection, renaissance. Il venait me protéger pour m'aider à renaître bientôt. Il venait me réveiller en m'envoyant l'homme sanglier.

Voulait-il que j'aille l'honorer de ma présence, les bras chargés d'offrandes ? Que je me présente à lui, tant démunie qu'il me faudrait accepter de me faire tondre la tête pour revendre ma chevelure afin de poursuivre mon ascension jusqu'au sommet du temple de Tirupati ? forte et fragile, je m'agenouillerai devant lui, aussi démunie qu'une " intouchable " parmi les Dalits.

Et moi, qui avais cru déceler dans ce drôle de rêve de serpents, un sens érotique...

 

13 mars 2021

Affaire non conclue (Yvanne)

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Ma chère cousine.

J'espère que tu n'as pas trop froid dans ton Québec d'adoption. Ici le printemps se manifeste franchement depuis quelques jours et cela met du baume au cœur. Nous tentons d'oublier le plus possible la morosité ambiante, Christelle et moi en faisant de longues promenades dans la campagne.

Cependant je ne t'écris pas, tu le penses bien, pour te parler de la pluie et du beau temps. Venons-en donc aux affaires qui nous occupent.
La tante Geneviève étant décédée en décembre comme tu le sais,  le notaire m'a convoqué dans son étude pour régler la succession de notre parentèle sans enfant. Tu as bien voulu me donner procuration pour régler à ta place cette situation. Je vais te faire un bref résumé des résultats de l'entretien.
Étaient également présents les deux neveux de la tante. Qui n'ont pas daigné m'adresser la parole mais tu les connais...

La tante Geneviève, à qui il manquait toujours – apparemment - cinq sous pour faire un franc possédait en fait un joli magot. L'oncle Jules n'ayant pas laissé de directives quant à l'argent du ménage, elle s'était empressée, la garce, de léguer les disponibilités sur les comptes bancaires, les assurances-vie et autres à ses neveux en propre. Encore heureux qu'ils se soient occupés des frais d'obsèques !

La maison et les terrains appartenaient exclusivement à notre oncle. J'ai appris qu’il avait déposé,  peu avant sa mort il y a cinq ans un testament chez le notaire nous faisant héritiers de ses biens, toi et moi. J'ai fait estimer ces derniers et hélas, nous ne ferons pas fortune avec le produit de la vente. Je joins à ma lettre les diverses expertises effectuées. Tu me diras ce que tu comptes faire.

Les neveux m'ont demandé quelques meubles et je n'ai pas refusé. Comme de toute façon ces derniers ne valaient pas tripette, je les ai laissés prendre ce qu'ils voulaient. Je dois dire que ça m'arrangeait plutôt de les voir débarrasser la maison. Ces profiteurs fouinaient partout tu t'en doutes.
Au moment où ils s'apprêtaient à faire main basse sur la petite bibliothèque de l'oncle je m'y suis fermement opposé. Ils n'ont pas osé aller au-delà et sont partis avec leur butin. Grand bien leur fasse !

Je n'ai pas voulu leur laisser emporter la bibliothèque car elle représente beaucoup pour moi. Et si tu n'y vois pas d'inconvénient, je souhaite la garder. J'imagine que tu penses tout de suite à la magnifique collection de tabatières que possédait l'oncle Jules. Tu te rappelles ? Elles occupaient, au grand dam de la tante, toute une étagère dans le fond, à l'abri des regards. C'était un plaisir de Jules de nous les montrer quand nous allions chez eux en visite étant enfants. Les neveux n'en connaissaient sans doute pas l'existence.
J'ai découvert aussi derrière les trésors de l'oncle une jolie ménagère, très complète, en argent massif. Je pense qu'elle devait appartenir à notre grand-mère maternelle.

Comme je sais que tu n'as guère d'appétence pour les objets et les souvenirs et ne pouvant pas imposer à ma femme ces reliques, j'ai décidé de me présenter à l'émission « affaire conclue » sur France 2 dont je t'ai déjà parlé. Et bien figure-toi que ma candidature a été acceptée et je suis donc allé à Paris avec  mes « merveilles ».

Crois-moi, chère cousine, j'ai eu la honte de ma vie. Je me demande vraiment ce qui m'a pris. Bien entendu – et heureusement – je ne suis pas passé à la télévision, l'expert m'ayant fait comprendre que les tabatières et la ménagère ne valaient pas un fifrelin. Les unes sont en corne, métal doré  ou porcelaine sans valeur alors que je les voyais encore avec mes yeux d'enfant admiratif et les croyais en ivoire, en or ou en porcelaine fine.  Quant à la ménagère, elle est tout simplement en métal argenté...très désargenté.

Je ne viens pas, par la présente t'annoncer un héritage fabuleux tu t'en rends compte. J'espère que tu ne te moqueras pas trop de ton cousin toujours aussi incroyablement naïf et que ma mésaventure te fera quand même sourire.

En attendant une réponse de ta part pour régler les affaires en cours, je t'embrasse chère cousine.

                                                                                                     Paul.


Ps : j'ai donné tabatières et ménagère à Emmaüs. Elles feront peut être le bonheur de quelqu'un. Qui sait ?
 

 

30 janvier 2021

Zut ! Et la guerre de Crimée ? (Yvanne)

 

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Moi qui pensais : la semaine prochaine je vais cogiter à partir de « la main de ma sœur dans la culotte d'un zouave » ! Zouave : intéressant ce mot !
Zut alors, c'est  raté. Va falloir trouver autre chose ma fille. Quoique ! Tu l'as déjà placé le zut de Walrus. Alors continué-je ?
Et encore je me félicite que notre Robert Larousse n'ait pas choisi le dernier mot du dico à savoir : zythum. Que voulez-vous inventer avec ce mot là. Surtout quand on déteste la bière.
Alors revenons à nos moutons et à ma sœur et son zouave.
Ma sœur ? Pas grand chose à dire à part quand même qu'elle est un peu culottée d'aller fourrager dans le pantalon d'un soldat. Quelle éducation ! Heureusement ma frangine dispose toujours de ses deux mains – baladeuses ou pas – alors que cette pauvre Maillan cherche encore dans la Seine, près du pont de l'Alma la menotte de la sienne, frangine.

Mais zut alors, je m'égare. Recentrons-nous. Que vais-je trouver à raconter ? Je sèche là. Tant pis ; « ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine...et de faire le zouave... »
Pourtant faire le zouave pour amuser la galerie c'est marrant et ça décoince les zygomatiques. Mais quand lesdits zouaves zélés qui s’exhibent en costume-cravate – je voudrais bien en voir certains avec la culotte bouffante et le bonnet à gland (tiens tiens !) ce serait distrayant -  en prennent un peu trop à leur aise en haut lieu, ça ne fait rire personne. Passons.

Avez-vous entendu parler de cette histoire étonnante d'un autre zouave ? Enfin je ne sais pas si le Sieur Nicolas Godard comme il se nomme lui-même était un zouave mais il me plaît de le croire.
Or donc, la semaine dernière un ouvrier qui effectuait une saignée dans un mur d'une chapelle à Dijon a fait une étrange découverte. Derrière une pierre il a trouvé une lettre datée du 10 août 1856 où l'ouvrier plâtrier Godard rapporte des anecdotes intéressantes sur la vie dans la capitale bourguignonne  à cette époque : « au moment où ces lettres sont écrites, la plus grande misère règne à Dijon ». Il dit qu'il a participé à la guerre de Crimée sur la frégate à vapeur l'Orénoque à l'âge de 18 ans. Peut être portait-il la culotte garance et les guêtres blanches ?
Curieusement il cite un vers de la tragédie de Racine, Athalie : « celui qui met un frein à la fureur des flots sait aussi des méchants arrêter les complots ». Qu'a-t-il voulu exprimer ? Peut être la colère du peuple face à l'autoritarisme de Badinguet ? En tout cas on ne peut qu'admirer la culture  de cet homme qui a voulu laisser une trace de son passage sur Terre. Il paraît que c'était la coutume à cette époque de placer ou cacher des mots sur les chantiers où l'on travaillait.

Je pourrais évoquer aussi le zouave Jacob, célèbre guérisseur de Ménilmontant et bien entendu le encore plus illustre « baromètre » du pont de l'Alma. Mais vous allez penser : zut et flute , ça suffit comme ça. Alors, ce sera tout pour aujourd'hui.

30 janvier 2021

ZUT (TOKYO)

 

ZUT, je suis en retard.

Où se trouve ma petite robe de squaw ?

 

Dans ma malle en osier.
Et ma veste hippie, je ne la porte plus depuis l’été

Dernier.

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 Zut on me dit de changer

 J’ai caressé l’idée puis je l’ai abandonnée

Assise sur les marches de l’escalier, des grosses Marguerittes dans les cheveux

 J’écoute Neil Young, la nuit se remplit d’un lumineux silence

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Zut je n’ai pas de gomme pour effacer ce temps 

 La voix de Neil Young me monte au cœur

 J’ai vingt ans, je sais plus, je sais seulement que je ne me suis jamais perdu.

Zut j’irai dans la vie par bond, le sourire aux lèvres.

 Je ne m’inquiète de rien, j’ai coupé des branches du lilas

zut , où se trouve le vase bleu que maman aimait tant .

 Le lilas et moi n’obéissent à personne, j’ai ouvert la malle en osier

J’y ai pris mes sandales bleues, mon chapeau de paille

Mes joues de biscuits cuites au soleil d’aout s’abritent sous la véranda.

 Zut Neil Young vient de poser sa guitare.

 

30 janvier 2021

Zutiste... ou pas ? (maryline18)

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Provoquant mon exil par un comportement anarchique, je fuyai ma maison en *Etat de siège(1). les insultes se croisaient de toutes parts. Je cherchai une issue de secours.les *remembrances du vieillard idiot(2), laissées derrière moi, je fonçai vers *les soirs d'été(3)aux promesses sans fin... *Aux livres de chevet(4)à l'eau de rose posés sur la petite étagère, j'avais préféré les aventures hilarantes *d'un cocher ivre(5) ! En route vers la capitale, *j'occupais un wagon de troisième(6)classe ; je lisais distraitement, reprenant parfois la même phrase deux fois de suite. La main gauche occupée à replacer *la boucle de cheveux enlevée(7)de mon chignon, j'observais sous cape mon vilain voisin de compartiment. *Le jeune goinfre(8)aux mains sales et à la tignasse mal peignée, boulottais sans relache des biscuits de formes diverses. Je pensai qu'il ne prendrait pas *le balai(9), une fois arrivé en gare,pour enlever toutes les brisures que ses machoires rejetaient au sol. Il me devint subitement antipathique, sans plus de raisons. Il me tardait de retrouver Arthur et Paul. Ils m'avaient priée d'aller les rejoindre à *L'Hôtel des Etrangers(10), aussitôt arrivée à Paris. Rendue somnolente par le roulis du train, la mère du gamin me fit soudainement sursauter.

-" Zut ! Egoïste ! Tu n'as rien laisser pour ton frère !"

Je dévisageai, avec amusement et délectation, la mine bovine de son *angelot maudit(10) qui venait de lui réclamait d'autres bicuits, et ce dernier de lui rétorquer :

- " ZUTISTE !", avant de recevoir une gifle qui lui coupa l'appétit pour le reste du voyage.

 

*1 https://www.poetica.fr/poeme-801/arthur-rimbaud-etat-de-siege/

*2 https://www.poetica.fr/poeme-798/arthur-rimbaud-les-remembrances-du-vieillard-idiot/

*3 https://www.poetica.fr/poeme-802/arthur-rimbaud-les-soirs-ete/

*4 https://www.poetica.fr/poeme-799/arthur-rimbaud-aux-livres-de-chevet/

*5 http://www.mag4.net/Rimbaud/poesies/Conneries2.html

*6 http://www.mag4.net/Rimbaud/poesies/Wagon.html

*7 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109238b/f2.item

*8 https://www.poetica.fr/poeme-800/arthur-rimbaud-jeune-goinfre/

*9 https://www.poetica.fr/poeme-446/arthur-rimbaud-le-balai/

*1O https://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_des_po%C3%A8tes_zutiques

*11 http://www.mag4.net/Rimbaud/poesies/Angelot.html

 

27 février 2021

Un son magique par bongopinot

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A chacun de tes souffles
Comme pour raconter une histoire
Les notes du didgeridoo s’envolent
Viens les écouter viens t’assoir

Ces sons arrivent en maître
Comme un devoir de mémoire
Une empreinte dans le soir
Pour nous, pour nos ancêtres

Cette musique nous ouvre la voix
Telle une lumière dans la nuit
Quand le jour s’enfuit


Même si tu n’as plus d’espoir
Cette lueur dans le brouillard
Sèchera toutes les larmes

20 février 2021

Son chemin de vie par bongopinot

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Il écrit sur un cahier
Son chemin de vie
L’école en dents de scie
Il doit trouver un métier

Il travaille comme jardinier
Puis sur le chalut « le sans peur »
Il est marin pêcheur
Puis il fait les marchés

Il trouve un stage pratique
Pour devenir soudeur
Il aime cette rigueur
La précision il s’applique

Il est embauché à un poste de nuit
Il met du ballast sous les voies ferrées
Il voyage pendant quelques années
Et rongé par l’ennui

Il revient en Normandie
Occasion d’aller à la pêche à pied
Sous le soleil de février
Une passion depuis tout petit

Oreille de mer ou ormeau
Pendant les grandes marrées
Abalone dans le panier
Attention à la montée des eaux

Il note sur son cahier
Les métiers et les années
Pour faire son curriculum vitae
Pour pouvoir retravailler

20 février 2021

Le CV de la revanche (TOKYO)

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1784 / accusé d’insurrection.

1785/ emprisonné pour cinq ans.

1787 / Accusé d’être l’instigateur d’un coup de force pour faire tomber le ROI.

1789/ libéré.

 

1790. / apprenti boulanger.

1792. Boulanger.

1793/ pris en otage par les sans culotte incendie de la boulangerie.

 

1795. Départ de paris pour la province.

1796/ ouvrier dans la savonnerie de Marseille

1797/ Peste à Marseille. .

1797/ employé à la vielle charité comme infirmier stagiaire.

1798 / entrée à l’école de médecine.

1803. interne des hôpitaux Ambroise Pare à paris.

1813 / officier de l’armée de terre médecin des armées.

1816/ médaillé de la bataille de Leipzig.

1820 : Candidat aux élections de la Mairie de Paris.

1821 : Elu Maire de paris.

1823 / publication des mémoires de guerre.

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1824 / Prix Nobel de la paix.

1825 /    Elu sénateur de la seine maritime.

1830/ retraite.

1832 / rencontre honoré Balzac et fonde les éditions ‘du raz de marais.’

1834 / Elu président de la république.

 

 Toute ressemblance avec un personnage existant n’est que pure coïncidence ou pas !

13 février 2021

Participation de TOKYO

 

Je fonçais tombeau ouvert, le ballast explosait sous mes pneus.

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 J’étais dans une mauvaise passe.

 On dit de moi que je ne changerai jamais, que partout où je passe je sème le Waï.

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 Oui j’ai toujours mouillé le maillot ce n’est pas comme tous ce qui font de l’huile derrière leurs fenêtres.

 J’avais quitté tôt ce matin les studios. Hollywood était encore enveloppée dans sa brume

 

 A ce stade A l’est de l’Eden crèverait l’écran à n’en pas douter. J’avais tout donné   pour ce film.

 Mon happening fichait la trouille au metteur en scène, je conduisais comme un dératé le ballast explosait maintenant   sur la route en construction.

 Y avait un malaise palpable dans les rues les gens me regardaient passer .

 Je sais ma conduite frisait la procédure disciplinaire mais j’étais James Dean

 J’avais une colère enfouie. Ce gouffre aspirait mes espoirs c’était mon carburant.

Ce soir je pilotais un bolide qui carburait au whisky.

 Ne valait mieux pas que je pilote un porte avion nucléaire.

Dans les studios j’entendais souvent :il faut l’accompagner désamorcer ses sautes d’humeur.

 

 On me traitait comme un puceau.

 A l’est de je ne sais DE quel EDEN mon destin m’attendait.

Le ballast peut être  ………..

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2 janvier 2021

Volubilis (TOKYO)

 
Un moineau parle/

Laissez courir le volubilis sous votre tonnelle

J’ai de quoi me nourrir et trouver abri ici .

Un rouge gorge parle/

Sa robe de dentelle trompera votre regard je pourrai vous y perdre.

 

Une alouette parle /

 Je chante comme il court je monte comme lui droit au ciel

 Je demande je demande comme lui votre humble attention

 Soyez comme lui, homme arbre, homme fleur, arrachez-vous  aux  mauvais songes

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 Rassemblez vous à la table de merlin

Le volubilis est le premier locataire de la terre.

 Dans la panique de ses fleurs et les milliers de battements d’ailes de son feuillage il donne le ton à nos voix si timides.

 

Il a le visage du pauvre. Dans ses tendres éclats et dans sa douce modestie il vous dépouille de toute arrogance

6 février 2021

ABALONES CHERIES (TOKYO)

 

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Poules mouillées au menu des restos ce matin confinement oblige.

 Du coup j’ai dû renoncer à mes abalones chéris.

 Mon envie d’amour augmente j’ai été testée positive à la courbe du blues.

 En cas d’aggravation des symptômes faites le numéro du site de rencontre

   ‘un de perdu dix de retrouvé .><

 On m’avait promis la fiole aventure.

 Je mène une véritable guerre à la dépression qui vient.

, La demande parait il est trop forte les pécheurs sont en rupture de stocks, faute d’abalones

 Le covid passe les abalones ne repoussent pas .

 Sur le site de rencontre/ nibe .

Aucune offre alléchante

 Des toréador sans haciendas.

Balle au centre je change de site.

 Le site’ la peau des fesses ‘ a été racheté par Bolloré ça pue l’arnaque.

 Je tente ma chance alors sur abalone .com

  Un site canadien bucherons à volonté.

 Les offres sont stupéfiantes

 On dirait un tunnel pavés d’or qui mène jusqu’au Qatar .

 Au-dessus du panier pourtant un certain David H ;

 L’affaire est emballée en dix minutes.

Et voilà in petto que je me dis

 On va nous tester tous deux positifs à l’amour.

Maillots chamarrés et yacht en été, certes sans villa aux Hampton –

 Nous marchons tous les deux sur les bords de la méditerranée

 On a acheté un smic d’abalones on en a jusqu’à la fin du confinement en 2025

 

16 janvier 2021

Xylophone (Yvanne)

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Oh dis Léon.



Dis Léon joue moi-z-en
Ah joue moi-z-en
De quoi ?  De quoi ?
Du  clairon ? Du mirliton ?
Sois pas bête. Joue moi-z-en
Oui mais de quoi ?
Du bariton ? Du balafon ?
Oh non Léon, t'es trop con.
Ah joue moi-z-en...
Ben quoi ? Du violon ?
Mais non mais non
Je veux pas jouer du basson
Moi je veux jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon
Joue moi-z-en, joue moi-z-en
De l'hélicon ? Ah ! De l'hélicon.
Mais non voyons : du xylophone
En bois.

Pardon messieurs Lapointe et Milton
Pour la liberté prise avec vos chansons.

16 janvier 2021

Au cœur de la forêt (Vanina)


Il était une fois une fillette attirée par une étrange mélodie frappée, tout droit venue du bois derrière sa maison.
« Derrière chez moi, savez-vous quoi qu’y a, derrière chez moi... » fredonnait-elle, souriante, en approchant de la forêt. C’est alors qu’elle croisa un vieil homme qui semblait lui aussi suivre ces sons mélodieux.
« - Bonjour Monsieur, savez-vous  d’où vient cette musique ?
- Oui, répondit-il dans un murmure, c’est une conversation de satyres.
- Mais les satyres n’existent pas, ils font partie de la mythologie !
- Je vais te raconter une histoire, Petite, continua le vieil homme en s’enfonçant dans la forêt. Les satyres, les sylvains, peu importe le nom qu’on leur donne, ne sont pas visibles à l’homme. L’humanité et la déité communiquent mal... »
En prononçant cette phrase l’homme eut un soupir, comme un regret. Puis il reprit :
« Revenons à nos satyres. Ceux dont je te parle sont rares, ces satyres des bois, font partie d’une famille bien particulière, aphone, muette à jamais... »
La fillette l’interrompit :
- Puisqu’ils n’existent pas, il ne peuvent pas être rares ! »
Le vieil homme fit la sourde oreille et poursuivit :
« Ne pouvant parler, mais avides de dialoguer, de communiquer, ils inventèrent une sorte d’alphabet en tapant, à l’origine, sur le tronc des arbres environnants. Les troncs sonnés sont devenus sonnets par la poésie qui s’en dégage.
Près de la ville, le plus doué fabriquait sa musique, il tapait sur des bambous et était numéro un. »
La petite fille s’étonna de cette assertion, ne comprenant pas bien l’allusion. Le vieil homme continuait de raconter. Dans la forêt que le déclin du soleil ombrageait, la fillette allait bon train. « Le langage évoluant les satyres finirent par taper directement sur leurs ramures, car le satyre, dont je te parle, a un corps d’homme mais des jambes de cerf et des bois sur la tête. Jamais aucun homme n’en a vu ou n’en verra. Mi-dieu, ils ne sont pas vu des hommes, mais mi-homme, ils ne sont pas entendu des dieux. Ainsi, faute de pouvoir les voir, il arrive aux hommes de les entendre, comme ce soir... D’ailleurs, on les appelle les satyres des bois, ou sylvains, mais le nom grec de ces faunes aphones, musiciens, est xylofaune... »

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N’y tenant plus la petite fille interrompit le vieil homme. « Si personne ne les a vu, comment savez-vous à quoi ils ressemblent ? » s’étonne l’enfant en se retournant vers le vieillard qu’elle avait devancé et perdu de vue. Mais il n’était plus là, l’enfant était seule. La voix du vieil homme se fit entendre une dernière fois comme un écho : « Le xylofaune, xylophone... » Les doux sons martelés cessèrent progressivement.
Rentrée chez elle, l’enfant réalisa un dessin qu’elle titra : Le xylofaune. Ceci fit bien rire ses ignorants parents !

23 janvier 2021

Quand YOYO rime avec *YOLO (maryline18)

(* You Only Live Once = On n'a qu'une vie)

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Tu te dis que tu n'as plus l'âge de jouer, ni au chevalier ni au yoyo, et pourtant, quand les bruits se taisent, quand le soleil se cache derrière la colline, doucement tu redeviens ce petit garçon rêveur qui ne t'a jamais quitté.

Pourtant, la réussite pose devant toi ses cartes. Tu saisis le jeu d'une main gauche (bien que côté coeur) et tu déposes tes convictions au centre de la table, de ta main droite (tellement droite) peu importe... Ce soir tu refuses d'être sous sa coupe. Tu coupes.

Cette fois, tu pourras maîtriser la partie, te servir de ton expérience, déjouer les ruses ; oui, cette fois tu sauras tirer ton épingle du jeu. Tu lutteras, riche de toutes tes bonnes résolutions, de toutes tes déductions.

Curieusement, à chaque donne, la Dame de coeur t'observe avec une tête de gagnante. Tu caches tes points. Tu es presque sûr qu'elle bluffe...mais la prudence est de mise, et si elle devenait un atout !?

Elle veut être de la partie la belle, elle ne lache rien. Elle glisse, dessus, dessous, te défit, ce n'est pourtant pas une manille découverte...Provoquante ou muette, que cache t-elle sous son décor fait de chemins croisés et de lignes brisées ?

Mais non, elle ne te livre pas bataille, elle cherche juste ton estime et monte au front combattre les tricheurs, dénoncer la maldonne. Peu importe que tu l'ignores ou que tu la manipules. Elle joue carte sur table. A chaque relance, rebelote, son coeur ne bat que plus fort.

Infatigable, sur le fil de tes pensées, elle grimpe, se hisse jusqu'à effleurer ta main. Suspendue, la voilà maintenant attachée à ta verve. Par quel tour de passe-passe, as-tu transformé cette Dame de coeur en petite boule réceptive...en yoyo ?

21 novembre 2020

Sapins écolos (Yvanne)

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- Il y aura pléthore de sapins pour Noêl. Des vrais. Ceux des sapinières. C'est le ministre de l'agriculture qui l'a dit. Mais moi je n'irai pas à Bordeaux. Tant pis. Tant mieux. Qu'est-ce qu'il croit Monsieur le Maire de Bordeaux ? Que je suis dépité parce que je ne vais pas, comme mes aînés des Noëls précédents, trôner sur la place Pey-Berland de sa belle ville ? Que nenni, cher Monsieur. Vous m'évitez un voyage inconfortable de 300 kilomètres sur une remorque de camion. Et vous n'imaginez pas comme cela me fait chaud au cœur de passer les fêtes  de fin d'année dans ma Corrèze natale. Oui, cher Monsieur, puisque vous m'avez écarté d'un « je ne veux pas d'un arbre mort » sous prétexte de la jouer écolo – ça m'amuse -  je vous répondrais que des fins comme la mienne, tous les arbres de la Terre en souhaiteraient une semblable. Tout d'abord, pourquoi dîtes-vous que je suis un cadavre ? En avez-vous vu souvent des macchabées aussi fringants que moi ? Vous allez me regretter vous et vos administrés foi de sapin.

- Eh oh arrête  le Grand !  Ben oui, tu es vexé toi qui te prends pour le roi de la forêt ! Bien sûr que tu aurais aimé voir du pays et montrer ta belle prestance aux Bordelais. Mais l'édile n'a pas voulu de toi. Tu te souviens de la vieille histoire des vins bordelais vendus dans le Nord de la France et en Belgique par des Corréziens ? Qui avaient osé, il y a plus d'un siècle,  l'appellation « Meymac-près-Bordeaux » sur les étiquettes ? Et ça a marché : nos compatriotes étaient très malins et forts en affaires. Tu vois, à mon avis,  ils n'ont pas encore digéré, les Bordelais. Ils n'ont pas digéré et il fallait que ça se paie un jour. Que veux-tu : tu en fais les frais. Dommage pour toi !

- Tais-toi nabot ! Toi et tes copains de la même espèce,  vous allez finir arrachés, ensachés, entassés, mêlés...pour arriver tout fripés, tout fatigués, tout laids sur les marchés. Ensuite, après votre petite période de gloire, vous serez desséchés, jetés, brûlés, compostés...Vous n'avez pas un sort enviable, ça non mes pauvres gringalets.
- Tu me fais rire !  Ton destin serait-il meilleur que le nôtre, vaniteux ? Toi aussi tu vas mourir.
- Ah mais non ! Je te parie 10 pommes de pin que je vivrai des années encore. Sais-tu que le magistrat qui m'accueille dans sa commune de Malemort fera de mon bois des bancs pour agrémenter les lieux de promenade ? Je m'en réjouis d' avance.
- Taratata ! Cause toujours. Tu te voyais déjà étalant tes branches alourdies de guirlandes enluminées et d'étoiles à ton sommet devant la Mairie de Bordeaux. Je dois en convenir : tu as fière allure avec tes 20 mètres de hauteur et tu aurais fait sensation. Ils ne savent pas ce qu'ils perdent. Ah, bah ! Noël sans nous, ce n'est pas vraiment Noël.
- Mais oui. Ce n'est pas un spectacle éphémère qui va remplacer les traditions. Nous sommes magiques. Moi plus que vous évidemment.
- Tu recommences ? Qui va embaumer les salons ?  Qui va enchanter les marmots tout fiers de nous parer pour la grande fête ? Qui va abriter les petits souliers ? Qui va observer d'un regard attendri les  enfants heureux de déballer leurs cadeaux posés à notre pied ? Certainement pas toi.
- Tu as raison. On ne va se disputer. Mais je t'assure que j'en ai gros sur la patate quand on dit de nous que nous faisons entorse à l'écologie. Qu'ils continuent donc, ces imbéciles à importer leurs sapins en plastique de Chine. C'est certainement mieux – croient-ils - pour l'environnement et la santé des enfants. Après tout, cela nous permettra de vivre longtemps dans nos forêts alors que nous sommes bien obligés actuellement de faire contre mauvaise fortune bon cœur.

- Le Maire écologiste de Bordeaux a refusé le sapin corrézien prévu cette année pour les fêtes de Noël en le taxant d'arbre mort. Non mais oh !
- L'histoire des vins bordelais portant le label « Meymac-près-Bordeaux » vendus par des Corréziens à partir de 1860 est vraie. Meymac est une petite cité du nord de la Corrèze.  Sont-ils coquins ces Corréziens !

19 décembre 2020

Le trottin[1] dans le paysage du dix-neuvième siècle (Laura)

 

En voyant ce trottin, j'ai pensé qu'il avait été peint  Jean Béraud(et je l'ai vérifié) qui peignit notamment ce type de personnages  de la mode au dix-neuvième siècle[2].De la mode au dandy au moderne, j'arrive forcément à Baudelaire, précurseur des impressionnistes qui s'attacha aux paysages urbains et autres motifs de la vie contemporaine dont la mode que le poète pratiqua en dandy. Baudelaire s'intéressa à Constantin Guys[3], artiste  injustement méconnu qui représenta entre autres les grisettes[4], cousines des trottins.

 

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28 novembre 2020

Couac (Yvanne)

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Couac.


- Tu fais quoi  ?
- Quoi ?
- Tu fais quoi ?
- Une jambe de bois.
- N'importe quoi !
- Tu me crois pas ?
- Quoique...avec toi...
- Je fais une jambe de bois.
- Pourquoi ?
- Tu veux dire pour qui ?
- A quoi bon.
- Pour ma belle-mère.
- Tu racontes dieu sait quoi.
- Si je te le dis...
- Ta belle-mère avec une jambe de bois ?
- Ça sert à quoi que je t'explique ?
- Quoi qu'il en soit, ça me laisse coi.
- Ben quoi ! J'ai pas le droit ?
- De quoi ?
- De faire une jambe de bois.
- En tout cas, c'est pas droit.
- Oh, ça va, avec ton air narquois.
- Ma foi, c'est pourtant de guingois.
- Je ne sais plus quoi te dire.
- Alors, tais-roi.
- Ou quoi ?
- Explique-moi.
- C'est pour son homme debout.
- Quoi ?

21 novembre 2020

S'il te plaît Thor ! (Lecrilibriste)

128105504[1]


S'il te plaît Thor
le plus puissant des guerroyeurs
vogue sur notre monde en berne
Et lance ton marteau Mjöllnir
qui commande à la foudre et l'éclair
pour brûler avec le feu du ciel
le chaos qui broie notre monde

Que Sif, ta femme aux cheveux d'or
ranime le feu de l'athanor
pour enflammer les météores
qui tomberont comme pléthore
sur les butors et les retors
qui se veulent conquistadors
pour dominer leur nouveau  monde

S'il te plaît Thor
toi le tenor, toi le major
Sois le brillant toréador
qui détruira ce carnivore
 qui dévore à travers et à tort
et insuffle un nouvel essor
pour que naisse un monde meilleur

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