Nous voilà tout droit en tôle, sans même
repasser par la case Départ! Pourtant 20000 euros nous auraient bien
arrangé pour acheter ce p'tit hôtel rue d'Paradis... juste un p'tit
hôtel de rien du tout pour épater les voisins. Mais à Pigalle il a
fallu que Charles fasse des siennes avec cette poufiasse qui l'avait
harponné Gare de Lyon ... Môssieur confond aventure et aventure!
A
l'agence y nous z'avaient dit :
Gagnez le Grand Pari ! De
Belleville à la rue de la Paix en passant par Pigalle, vivez une
aventure inoubliable et si la Chance ou la
Communauté vous sourient, devenez propriétaires!
Pour un peu je confondrais Safari et Daktari et du coup Clarence trouverait ça louche. Elle diagnostiquerait de la confusion mentale et de l’Alzheimer précoce. Sans compter que je mélange peut-être avec Hatari, laissant quand même de côté Mata-Hari et les rastafaris dondaine, la Castafiori dondon.
Pour Aloys, ma toubib repassera. Je me souviens très bien d’Isaure Chassériau dans les années 60, de son Agence de Flânerie Amoureuse de Rennes, de son manteau de cuir rouge, de ses robes roses et des deux poignées en forme de baigneuses à l’entrée de sa boutique dans la rue d’Antrain : aujourd’hui encore, elles y sont toujours.
Et de toute façon, ça ne s’appelait ni safari, ni jokari ni panari. Ca s’appelait « Le jeu des animaux ». L’objectif était de constituer un zoo rennais. Voici les règles : - Le jeu se joue à deux ou à deux équipes de deux ou trois personnes. - On détermine à l’avance, sur le plan de sa ville, un parcours dans les rues les plus commerçantes de la cité. - L’équipe 1 se positionne sur le trottoir de gauche, l’équipe 2 sur celui de droite. Chacun a un crayon et un carnet. Chaque fois qu’il aperçoit, dans une vitrine, sur une enseigne, une affiche, la représentation d’un animal, il le note dans son journal de bord et marque un point par animal. - La carpe et le lapin valent deux points, on ne compte pas la demoiselle d’honneur sauf si c’est une morue salement dessalée. Le lièvre et la tortue valent deux points aussi. Le meunier, son fils et l’âne ne comptent que pour un. Dans ce jeu l’homme n’est pas un animal, il compte donc pour beurre, même et surtout s’il est marchand de kouign-amann. - Les animaux vivants que l’on croise en chemin, chat errant, petit chien à sa mémère, gorille, petit cheval dans le mauvais temps, ne comptent pas non plus. - A l’issue du parcours, l’équipe qui a marqué le plus de points à gagné. - Au retour, on change de trottoir et de calepin afin de vérifier que l’équipe adverse n’a pas triché.
J’y joue encore maintenant à ce jeu, tout seul, et j’ai remplacé le carnet et le stylo par un appareil photo numérique. Dans les années 60, il était rare que les enfants possédassent autre chose qu’un Instamatic à eux offert lors de leur première communion (Chez nous, par radinerie, les parents s’étaient hâtés de devenir athées avant l’heure du thé mais les enfants étaient quand même gâtés ! A Noël !). De surcroît le coût des pellicules, du développement, du tirage des photos semblait coûter une fortune alors qu’aujourd’hui le moindre bambin de quatre ans est doté d’un ordinateur, d’un lecteur MP3, d’un APN et d’un téléphone portable qui le branche sur Internet, fait des frites et fournit du ketchup. C’est que le commerce a fait de sacrés progrès. On arrive à faire croire aux jeunes parents que tout est gratuit – roule mon ampoule ! -alors qu’ils continuent de douiller un max !
Ce sur quoi Clarence pourrait vraiment me chercher des poux dans la tête, c’est sur cette Isaure Chassériau ! Il semble, pour la majorité des Rennais, qu’elle soit une parfaite inconnue, voire qu’elle n’ait jamais existé, que son agence soit du pipeau. Même le tableau la représentant au Musée des Beaux-Arts, ma voisine de pavillon, Stella Monétoile qui a emmené là-bas ses marmots en sortie scolaire, ne l’a pas vu.
Il doit bien exister d’autres Rennais que moi que leurs parents ont confiés il y a plus de quarante ans à la dame en rose de la rue d’Antrain. Chez elle ils ont joué au trappeur le jeudi après-midi, capturant des hérissons, des chats qui pêchent, des lions porteurs d’anneaux dans le nez et des tricératops-laveurs, non ? Il faudra que je pose la question sur Copainsdavant. Mon pseudo c’est Davy. Davy Croquette mais il faut créer un compte avec son vrai nom sinon personne ne vous retrouve ou reconnaît, là-bas.
Je me souviens avoir joué aussi chez elle au jeu des girafes. Ca consiste à traverser la ville en relevant tout ce qu’on peut apercevoir de remarquable au 1er étage des immeubles. Evidemment, de nos jours, les gens ne risquent plus d’y jouer, à ce jeu. Ils sont trop occupés à regarder où ils mettent les pieds par terre, histoire de ne pas marcher dans les déjections laissées par les animaux vivants écartés du jeu précédent. Une vengeance, peut-être ?
P.S. Je ne parlerai pas non plus de Kate à Clarence. Kate est sans doute une demoiselle anglaise qui fait partie de mon « harem virtuel ». Elle me suggère de parcourir la ville à la recherche de représentations de signes du zodiaque. J’ai essayé : ça marche aussi ! Kate ne serait-elle pas un pseudonyme qu’Isaure Chassériau utiliserait pour reprendre contact avec nous, ses clients rennais de jadis ? Mystère. Elle connaît plein de choses sur les chansons des années 60, elle sait que dans Danyel Gérard, Danyel s’écrit avec un « y ». Elle n’ignore pas que Minnie est une petite souris ni que la grande Zoa autour du cou porte un boa. Elle a une mémoire d’éléphant !
Je ne parlerai pas de Kate ni de mes autres « fans » à Clarence. Car, non contente d’être ma psy attitrée, Clarence est aussi mon épouse. Et elle est jalouse. Une vraie tigresse !
Lambda Elle : "Grand Safari Urbain", t'as vu ce truc ?
Lambda Il : Ouais, on s'renseigne ?
Aussitôt vu ce propectus dans le présentoir des spectacles, fêtes, brocantes, ateliers d'écritures, rencontres avec des écrivains, aussitôt inscrits auprès de la bibiothécaire.
"Pas difficile. Un safari en ville, vous prenez en photo des animaux, des bêtes, enfin ce que vous pouvez trouver dans le genre. Vous avez deux heures. Vous nous apportez vos photos à seize heures et ensuite on les mettra en ligne. C'est gratuit."
Lamba Elle : Regarde la Deuche !
Lamba Il : C'est le point de départ, je crois qu'on doit la photographier : clic ! Ca y est, première photo, c'est parti !
Première photo de l'étrange véhicule vantant un étrange breuvage à l'étrange slogan, ça en a la couleur, le goût mais ça n'en est pas. De toute façon, ils partent en Safari à pied et le premier animal à quatre pattes a fait l'affaire mais pour arriver à la photographier sans alarmer le Papy, alors là, ça n'a pas été facile ! Il a même fallu ruser plus qu'en Afrique où on doit être embusqué dans une cachette protégée, camouflée et non tourner en rond autour de la bête pour la capturer de justesse, la contournant par l'arrière, au risque d'encourir les foudres du Papy protecteur !
Les vendeurs du marché ayant remballé, restait la plaque de la rue du Marché-au-Poissons, vestige d'autrefois, ça devait être du poisson de rivière, à quatre cents kilomètres de la mer... Pas jeune le magasin non plus, tiens, je ne l'avais jamais remarqué !
- Si on prenait le tram, on verrait des bestioles à Gardenpays ?
- OK, ça roule. On s'arrête là.
- Regarde, un écureuil.
- Ah, cui-là, il va pas nous filer entre les pattes !
Gardenpays : on traverse les plantes, les fleurs (hum, les gardénias !), le rayon décoration, les paillassons, les savons et ron et ron...
- Ca y est ! C'est là !
- Attends, le vendeur est à côté, attends pour photographier, il va nous tomber dessus, le droit à l'image, le droit à la propriété, etc.
- Oups ! Vite, le gars s'en va, recule un peu et vise les fauves !
- C'est bon, partons, y'a une mamie qui nous a vus. Tu lui demandes l'heure et je file tirer le portrait des poissons.
- Super, ouf ! J'ai eu chaud ! On rentre ?
Seize heures, juste à temps pour le retour au point de départ deux heures après, le Grand Safari Urbain gratuit terminé !
Vous
me connaissez : la chasse, c’est ma vie. Mais attention ! La vraie ! Celle qui
protège les espèces et élimine les nuisibles.
Je
suis toujours à la recherche de parties de chasse et de safaris.
Malheureusement, ils ne sont pas tous bien organisés et j’en connais qui en ont
bavé de toutes les couleurs. Quand celui qui rit le dernier a bien fini de
rire, plus personne ne rigole plus, si vous voyez ce que je veux dire. Safari
plus du tout, et là, c’est la goutte d’eau qui met le feu aux poudres.
Alors,
quand Fredo m’a parlé d’une annonce de GSU, je suis allé voir sur place à
l’agence car il est tellement menteur que je ne crois même pas le contraire de
ce qu’il dit. Pour une fois, il avait raison. Il s’agissait d’un Grand Safari Urbain super bien
organisé.Nous étions libres de notre
parcours et ceux qui n’avaient pas d’objectifs précis pouvaient se rendre
jusqu’à des réserves aménagées à leur intention avec le plus grand soin. On
peut dire que c’était une agence qui avait de l’imagination dans les idées.
Vous
pensez si j’ai sauté sur l’occasion. Il m’ôtait une fière chandelle du pied, le
Fredo.
Nous
avons passé une excellente journée et, somme toute, une journée très profitable
pour tout le monde. J’avais rameuté tous les potes et nous étions bien une
dizaine de quat-quatre à démarrer rue de la Faisanderie. Après un désopilant
gymkhana sur les trottoirs en essayant d’éviter les poubelles et les personnes
âgées, nous sommes arrivés à notre première réserve.
L’agence
avait laissé le choix. Soit on cherchait à descendre des cons ou des imbéciles
de nos connaissances, soit on faisait des cartons dans les réserves de cons
préparées par l’agence. J’avais d’abord pensé à Paulette. Depuis le temps que
je cherchais à débarrasser l’humanité de cette hyène. Mais c’était trop
difficile de retrouver Paulette dans le temps imparti. C’était comme chercher
une meule de foin dans un champ d’aiguilles. Alors, j’ai opté pour les
réserves. Ainsi, j’espérais descendre le maximum de cons.
Faut
reconnaître que l’agence avait bien fait les choses. La réserve était pleine.
Oh, bien sûr, y avait pas tous les cons. Comme disait feu mon père qui était
portier (le malheureux s’est tué en nettoyant son fusil), si on mettait tous
les cons dans un placard, il n’y aurait plus personne pour fermer les portes.
Malgré tout, il y avait un bel échantillonnage avec tous les gabarits. Il ne
restait plus qu’à se retrousser les bras et à tirer dans le tas.
Vous
auriez vu le carnage. Un régal. Y avait bien des moins cons qui essayaient de
s’échapper mais c’est pas à un vieux renard qu’on apprend à faire la limace.
Et
vous n’allez pas le croire : Paulette était dans la réserve !
Je dépliais la
carte d’état major sous l’arrêt de bus.
- Je te dis qu’on s’est pommés entre
le quai de Churchill et l’avenue Willy Brant.
La saharienne que
je portais était trempée comme une soupe. Ce violent orage nous avait rabattus
sur cette impasse et mon écharpe de coton blanc ressemblait à une serpillère.
Mon ami me
dévisageait comme s’il me voyait pour la première fois. Les plis de son visage
étaient des rigoles qui se jetaient dans ses paupières désespérées.
Il me parlait comme
si j’étais son vieux pote.
- T’en fais pas, on a de quoi tenir
une ou deux bonnes heures avant qu’ils ne lâchent les lions !
- Comment ça les lions ?
- Je te parle de la police.
J’avais du mal doser
le gin-fizz du midi. Il ne savait plus lire une carte et la nuit commençait à
tomber. J’aurai pu m’échapper de ma vie banale en prenant un amant ou partir
par une porte dérobée en planant avec un solex le long d’une falaise. Mais
voilà l’option safari urbain m’avait paru alléchante comme offre.
De toute façon, il
avait raison. Avec deux ou trois lampes de poche, on devrait retrouver l’hôtel.
Et tout ce dont on
ne serait pas sûr, on le jetterait à la poubelle ; les infos bidon, les
horloges qui donnent la mauvaise heure, les panneaux en tout genre qui se
moquent de nous ; bref toutes ces conneries vertueuses dont l’hystérie
contemporaine avait besoin.
On s’en remettra à
la boussole et au soleil, avait dit mon ami. Le problème, c’est qu’il pleuvait
comme vache qui pisse.
A qui profite le
crime, me disais-je en pensant au dépliant de l’agence qui nous avait vendu ce
voyage.
Personnellement,
cette question ne m’intéressait pas. Moi, je voulais simplement poser mes
valises dans l’hôtel de luxe qui s’était évaporé en plein milieu de Manhattan.
Mon compagnon ne
partageait pas cet avis, il ne se contenterait pas d’un voyage boueux.
- Bonsoir, me dit un individu. Vous
ne me posez pas la question ?
- Quelle question ?
- Pourquoi je me suis assis à côté
de vous ?
- Je n’en sais rien.
- Pourquoi et quand les mongols
ont-ils envahi l’Asie ? Cette question est importante à l’étape du jeu.
- Quel jeu ? m’entendis-je
répondre sous cette pluie battante.
L’homme bondit de
joie !
- Mais l’agence ne vous a rien
dit ? Il n y aura pas de billet retour pour les perdants…
Quelque chose s’était
déréglée dans le cours de notre vie. On ne savait pas quand ça avait commencé.
Tu
ne vas jamais deviner ! La semaine dernière ton papa m’a offert un safari
urbain à Charleroi ! Ah, quelle bonne surprise ! Je ne sais pas si tu
es au courant, mais cette ville a récemment été classée première de toute l’Europe
dans un sondage néerlandais ! Tu peux imaginer ma joie que mon Homme m’embarque !
J’adore les excursions. Et elles sont si rares !
Alors,
nous avons mis le réveil pour très tôt samedi, car Papa tenait à partir dès l’aube.
Bien sûr que je me suis levée deux heures avant lui pour assurer le pique-nique
– Papa ne voyage pas sans son jambon-beurre - et puis faire aussi la lessive et le ménage. Tu sais bien que c’est
une erreur de laisser au lendemain ce qu’on doit faire le jour même ! Et
puis, je devais me laver les cheveux, prendre mes gouttes, chauffer l’eau pour
le thé – c’est dingue à quel point c’est facile maintenant que nous avons le
gaz à l’étage, comme Papa l’appelle. Ah,
mais c’est un drôle, ton papa !
Et
puis à la dernière minute, le pauvre
chou n’a pas pu venir ! Oui, son lumbago ! Encore ! Je
voulais bien l’accompagner chez sa jolie infirmière, Miss Couquie, je crois que
Papa a dit que c’était son nom de famille bien qu’il l’appelle Bettie, mais tu
sais moi et ma pudeur, je n’arrive jamais à tutoyer comme sait faire ton père.
Donc, il devait se baigner, se raser, et le tout pour aller la voir, comme d’habitude,
et puis il a pensé en dépit de ses souffrances de me dire de lui laisser notre
pique-nique afin qu’il se restaure s’il sentait des vertiges après le traitement.
Ton papa n’est rien sinon prudent. Il a même pensé à y
mettre une bonne bouteille de vin, mieux pour reprendre ses forces après l’épreuve.
Ah, cet homme, il pense à tout !
Alors,
oui, j’y suis allée seule. Au début, j’avais un peu peur, oui, je n’aime pas me
promener seule dans les grandes villes, mais j’y suis allée par le train, et je
suis arrivée même avec quelques minutes
d’avance et j’ai pu faire la connaissance de la guide, une madame Oupune. Ah,
une femme ravissante, si espiègle, et quelle mémoire pour les détails !
Ah, cette femme, elle a un futur incroyable devant elle, si elle veut bien devenir
raconteuse ou écrivaine ou même…oh, je ne sais pas ! Tout ce qu’elle
voudrait ! Mais pour le moment, elle est guide et quelle chance pour moi !
Lors
de la visite, nous avons vu la Marchienne au Pont, où madame Oupoune nous a
raconté la vie – ou, plutôt la mort – d’une petite fille, fusillée par un
soldat juste quelques jours avant l’Armistice de 1918 ! On lui a érigé un
monument, figure-toi ! Un monument entier pour une petite fille ! Si
ce n’est pas une vie réussie, je ne sais pas ce que ce serait !
Nous
avons aussi vu l’endroit où la mère de Magritte s’est jetée dans le fleuve
Sambre. Pauvre femme ! On comprend que les peintures de son fils auront pu
l’embarrasser, le pauvre type ne savait même pas dessiner des figures ! Tu
sais qu’une fois il a mis une pomme pour la figure d’un homme ? Ah oui !
Non, je ne plaisante pas, mon chéri, je
ne plaisante pas !
J’ai
beaucoup aimé l’usine abandonnée, mais j’avoue que j’aurais préféré visiter le
Bois du Cazier, là où plus de 200 mineurs de charbon ont été tués dans un
accident – oh ! je sais que madame Oupoune aurait su raconter celle-là,
mais nous nous sommes contentés à étudier les terrils pour découvrir leurs
ressemblances avec des œuvres d’art. Il y avait un jeune Rennais dans le car, d’origine
russe, je crois, qui a tout reconnu. C’était
impressionnant ! Il a repéré le Penseur, la Vénus de Milo – bien que l’autre
soit à Paris, il nous a fait remarquer ! et même l’Obélix d’Astérix, comme
celui qui se trouve aussi à Paris ! Oui ! Quel œil ! Surtout
parce qu’il était en train de jouer au harmonica et chanter des chansons à
propos d’une vieille vedette norvégienne, une Ludivine Allah ? Bouddha ?
Quelque chose, je ne me souviens plus exactement de son nom. C’est dommage, il
m’a dit de la gogoler en rentrant. Je ne sais pas ce que c’est gogoler, mais je
voudrais bien l’essayer, ça a l’air amusant !
Mais
avec tous les préparatifs, j’étais bien fatiguée et je crains de m’être un peu endormie
avant de voir la maison d’un monsieur Du…Du…Dutroux ? Ce nom me dit
quelque chose, ce n’était pas lui qui aimait tant -à mourir, disait-on, je crois - les
enfants ? Quelque chose comme ça ?
Comme
tu vois, cela a été une visite extraordinaire ! Et quand madame Oupoune a dit de ne pas oublier la guide à la
fin du voyage, j’ai ri à haute voix, et je lui ai longtemps serré sa main en
partant. J’aurais bien voulu dire au revoir aussi au jeune monsieur astucieux,
mais il était entouré des femmes – sans doute des stagiaires – et j’avais du
mal à le voir repartir en vélo.
Je
suis rentrée à la maison vers minuit, et j’ai vu que ton adorable papa - pour
ne pas me causer tant de soucis - s’est endormi sur le sofa, encore habillé. Le
pauvre avait encore de ces marques rouges et bizarres au front, c’est toujours
ainsi après des piqûres de Miss Couquie. Mais je sais que demain il sera
requinqué et en super bonne humeur.
Peut-être
l’année prochaine me trouvera-t-il un beau safari campagnard à faire – la prochaine
fois en Hiowa – je crois que c’est tout près de Knokke-le-Zoute, Papa m’a dit qu’il y vit en Hiowa une Knokkhoute,
c’est bien le nom des habitants là-bas, non ? Faudra que j’aille consulter
mon Quid !
Je
mets ci-joint l’annonce du safari si tu veux bien te risquer à une aventure, tu
tiens tellement de ton papa en cet aspect.
Elle n’a l’air de rien Elle est si petite Elle est si discrète. Petit nid au fond du jardin.
On peut passer tout près sans la remarquer Mais…
Si on prend le temps de s’arrêter Si on prend le temps de la regarder. Elle sait charmer, elle sait séduire et envoûter.
Cabane de bric-à-brac, d’objets mis au rebut. Elle sait faire oublier en douceur, petit à petit, le monde qui l’entoure. Elle devient une réserve de petits bonheurs, d’images à garder secrètement.
Petite lucarne sur un univers de plaisirs minuscules.
Le titre est une private joke pour Adrienne (mais Google vous en dira plus si vous en avez la curiosité).
En juillet 2008, mes petites-filles étaient en vacance avec une de leurs copines chez leurs autres grands-parents dans les Côtes d'Armor.
Comme elles se sentaient un peu à l'étroit dans leur chambre surchauffée, elles ont demandé à leur père de leur construire une "cabane" au fond du terrain entourant la maison.
Leur père, compagnon couvreur, leur a construit une sorte de hutte à toit de chaume, une paillote en quelque sorte. L'armature est en noisetier, les murs sont garnis de fougères et le toit... je l'ai déjà dit.
Ma fille pensait n'avoir à subir qu'une nuit l'inquiétude de voir les trois gamines dormir dans une cabane ouverte à tous vents, au bout d'un terrain entourant une maison construite au milieu de nulle part ou presque. Elle en a été pour ses frais, après y avoir goûté une nuit, les filles n'ont plus voulu dormir ailleurs.
Quand j'ai débarqué fin août, c'est la première chose qu'elles m'ont fait voir.
Le plus magique de tout, quand j'ai pénétré dans la chose, c'était ce parfum de foin et de fougère qui régnait à l'intérieur. Je me suis retrouvé instantanément plongé dans mon enfance, quand, apprentis louveteaux, nous construisions des "tanières" en ficelle et fougères dans les bois de Petite-Chapelle.
Sauf que celle-ci, ça fait deux ans qu'elle résiste sans faillir au climat breton.
-Tu la verrais comment toi ta cabane Isa ? -Avec des fenêtres toutes colorées !
- Et toi Juju ! - Bof, j’en sais rien ! - Si, allez, trouve quelque chose ! - Bon, euh, moi j’aime bien quand y’a des dessins sur les murs :
- Tu vois, tu as trouvé quelque chose ! A toi Marco ! - Hi,hi,hi !!! J’peux dire c’que j’veux ? - Ben oui, on s’amuse, quoi ! Moi, j’voudrais qu’y ait une boîte aux lettres pour le Père Noël !
- Bonne idée, oui, c’est marrant ça ! - Et on adopterait un p’tit lutin qui se cacherait dans tous les coins et qu’on s’amuserait à chercher ! - Oui Charlotte ! Youhou ! Super idée !
- Moi j’amènerais mon bateau pour décorer la cheminée :
- Titi tu n’as rien dit, allez vas-y ! - Ben ch’sais pas moi ! ………… Ah, si, j’mettrais plein de p'tites lumières en couleurs qui bougeraient tout l'temps !
- Les enfants, c’est l’heure de rentrer !!! - Ah zut alors, bon, on continuera demain hein !!!! - Oui, c’est trop bien !!! Salut ! - Salut ! Salut ! - A demain ! - Bisous ! - ……… C’est quoi Marco une cabane ? - Ben, c’est comme une maison, mais en plus petit et pas aussi solide ! - Comme la niche de Toutoubadié alors ? - Oh, …… à peu près oui ...........si tu veux !!!!
Ma cabane est faite en cristal et accrochée dans un arbre plus que centenaire.....
Elle reflète les feuilles et couleurs des alentours. Au printemps je suis rose, je suis blanche et verte pastel, les fleurs des alentours qui naissent me donnent des ailes , des sensations de jeunesse, je revis , ma cabane sort de l'hiver , le gel qui la recouvrait se fond en myriades d'étoiles de gouttes d'eau ...je parcours la nature , je cueille toutes sortes de fleurs , je sème les pétales en tapis sous mes pieds, je dors dessus les fleurs ainsi répandues ...mes rêves sont peuplés de couleurs....
L'été elle est verte , mais d'un vert jaune en passant par le vert de vessie, verte pomme , verte sapin aussi, car je suis entourée par différentes espèces d'arbres ...elle sent le fruit d'été qui se cueille en tendant la main depuis ma cabane.. elle sent la mure, la fraise des bois....je vais faire un tour et je rapporte les fruits trouvés que je déguste seule suspendue à mon arbre...
En automne je suis de toutes les couleurs, du fauve , au rouge en passant par le vermillon, le jaune intense,le marron,quelques verts encore, je surprends l'écureuil qui apporte ses noisettes et le choucas qui emporte les noix, mais il m'en reste assez pour passer l'hiver et faire mes provisions..je tapissent le fond de ma cabane de feuilles pour ne pas avoir froid... et j'attends l'hiver.
l'hiver je suis devenue cristal transparent, cristaux de neige, et dentelles recouvrent ma cabane et lui donne un aspect féérique , magique, elle étincelle à Noël , quelques branches de mon sapin voisin et je suis à la fête, mes provisions d'été et d'automne à déguster....
J'ai fais cette magie-cabane en cristal pour voir tout ce qui se passe autour de moi dans la nature, pour quelle soit le reflet de la nature .... les fils de soie des araignées rivalisent en beauté autour de ma cabane et sont des guirlandes d'amour qu'elles tissent autour de moi, reflets de la lune le soir .reflets du soleil en journée... j'ai chaud car la lumière pénètre à l'intérieur ....
Je suis une minuscule petite fille de la nature, et je suis habitée aussi par la lumière qui arrive jusque mon cœur. je ne suis pas seule , je n'ai pas peur .......rien ne peut m'arriver je suis dans ma bulle .
La maison était vide ou presque. Nous venions
d’arriver dans
cet appartement tout neuf, situé dans une banlieue inconnue .
Nous n’avions que nos
valises et ne possédions aucun meuble. Des amis nous avaient prêté les
quelques
meubles indispensables : un lit pour mon frère et moi, un autre pour mes
parents, une table des chaises et une armoire moche en
bois léger.
Le seulluxe rescapé
était un grand poste radio à lampes,ultra moderne à l’époque, c’était le
seul
trésor qui avait suivi notre exil et égayait nos soirées.
Nous étions petits,
l’armoire
très grande trônait vide dans le salon.
Mon frère et moi avons immédiatement investi
l’armoirepour en faire notre cabane-terrain de
jeux.Nos
rires et nos cris résonnaient bizarrement dans le salon si vide.
Nos parents pas joueurs du tout ont
assez vite récupéré « notre »
armoire pour y entreposernos
affaires et nous avons perdu notre seule
cabane.
Je ne me souviens pas avoir construit de cabane,
même pas
lors de mon passage chez les scouts.
Par contre, tous les ans, je pars camper du côté
des vignes
de Jasnières pour des rencontres de taijiquan et bien qu’ayant horreur
du camping , je n’imagine pas dormir ailleurs que
sous ma tente avec autour tous mes amisvenus des quatre coins de l’Europe.On discute beaucoup on dort
peu ; de toutes façons votre dos vous signale vite que ce genre de jeu
n'est plus de votre âge et vos vertèbres se rappellent à votre bon
souvenir. Le matin on m'entend clamer sur tous les tons ma haine du
camping. Comme j’ai souci de mon confort, ma
tente cabane a huit places même si j’y dors seul : passé un certain âge,
se contorsioner dans une micro tente pour s’habiller ne me tente pas
vraiment,
et pour pouvoir tenir debout , huit places c’était la seule solution.
Ceci permet
d’inviter les amis à se réfugier en cas de pluie autour
d’un café ou d’une bouteille de
Jasnières.
Conclusion côté
cabanes, j’ai bien séché, maiscôté
alcools (modérato) ou remontants
(licites de préférence) il y aura ce qu’il faut dans ma cabane
provisoire grand
luxe.
- Tu sors par la petite porte derrière, tu te diriges en haut du talus et tu trouveras la cabane construite par mon aïeul.
- Au fond du jardin ?
- Non en haut du talus j'ai dit. Tu admireras le toit que j'ai refait moi-même l'année dernière.
- Il est où le haut du talus ?
- Euh pardon, je confonds, c'est en bas du talus. Je suis fier de cette cabane, et la lumière fonctionne à l'électricité solaire. Tu verras, les panneaux sont au-dessus de l'entrée, je les ai installés il y a deux mois.
Une heure plus tard :
- Tu as trouvé ?
- Oui...
- Et bien tu en as mis du temps, je me faisais du souci.
- J'ai trouvé facilement, mais m...
- Ah oui, j'avais oublié de te dire que les masques contre les mauvaises odeurs sont dans les bidons à l'extérieur et l'échelle sous le toit, c'est pour descendre afin de déboucher au cas où... Je te montre sur cette photo : http://i48.tinypic.com/2wbs1oy.jpg
Un jour mes parents décidèrent de
retourner vivre en ville. Il fallait, pour mon bien, m'éloigner de
la cabane de mon enfance.
Mon père l'avait construite sur la
première branche d'un chêne majestueux près de la maison. J'y
accédais par une petite échelle. Faite de quelques planches, le
soleil de midi la transperçait de part en part. J'aimais y
retrouver, dans une étincelante nuée d'anges virevoltants, mes
trésors d'enfant.
Le plus précieux d'entre tous était
Ambroise, un gosse de mon âge. Dans ma douce solitude d'enfant
(j'étais fils unique) il était mon seul ami et confident. Il était
le frère que mes parents ne pourraient plus jamais m'offrir. A vrai
dire, moi seul le voyait.
Plein de candeur je parlais ouvertement
d'Ambroise à papa et maman. Si cela inquiétait mon père, ma mère
semblait l'accepter plus volontier, quand bien même, je le comprend
aujourd'hui, ce devait lui crever le coeur de pitié à mon endroit
et de culpabilité.
De plus en plus je me réfugiais dans
la cabane. Aux heures les plus chaudes, assis ou couché dans les
rais de lumière, je passais des heures à côté de la petite
fenêtre d'où m'apparaissait Ambroise. Je lui racontait ma vie et
lui me suggérait quantité de nouvelles aventures : le goût
sucré des fleurs de trèfle, l'art de tresser un chapeau de paille,
ou bien la science du braconnage et de la pose d'un collet...
Ma mère faillit piquer une crise de
nerfs lorsqu'un soir elle me surprit tenant dans mes petites mains un
ortolan tout sanguinolent. Mon père, furieux, hurla qu'il allait
retirer l'échelle de la cabane. Mes larmes n'apaisèrent en rien sa
colère. Mon coeur se serrait alors qu'il m'aboyait qu'Ambroise
n'existait que dans ma tête, qu'il me fallait l'oublier et me faire
de vrais amis.
Je me souviens avoir pleuré toutes les
larmes de mon corps. Quand mes parents vinrent me trouver pour tenter
de me consoler, je les vis si tristes que je me décidai enfin à
leur avouer la triste histoire qu'Ambroise me ressassait à longueur
de journée. Il était le fruit des amours adultères d'un juge et de
sa gouvernante. Lorsque Ambroise fut pris à voler une miche de pain
au marché, son père qui l'avait abandonné, las d'attendre l'oeuvre
de la faim ou de la maladie, le fit pendre à un chêne, celui là
même ou trônait ma chère cabane. C'était il y a des siècles.
Voilà pourquoi il m'apparaissait toujours par la petite fenêtre,
son triste visage vaporeux se balançant lentement dans la chaleur du
soir.
Ils m’ont collé en cabane. Je n’avais rien fait pourtant, à part posséder les mêmes initiales que Jérôme Kerviel. Peut-être que je fais le singe trop souvent aussi ? C'est possible. Remarquez, je ne me plains pas.
Ils m’ont fourré en cabane et condamné aux travaux forcés. Ca doit s’appeler de la double peine mais je m’en acquitte avec joie. Ils m’ont demandé de faire des tripatouillages avec plus d’un million d’euros pour acheter des trucs virtuels. En échange, ils me payent à la fin du mois. Pourquoi voulez-vous que je me plaigne ?
A part les barreaux aux fenêtres, ma cabane n’a rien de déplaisant. Moquette au sol, photos de Venise et d’Iowa aux murs, ordinateur dernier cri, fauteuil ergonomique, les toilettes hors de la cellule, une cuisine collective au bout du couloir et je suis même libre d’aller et venir à ma guise dans la prison pour, par exemple, me tailler une bavette avec mes co-détenu(e)s. Pourquoi voudriez-vous que je me plaigne ?
La porte de l’établissement pénitentiaire est toujours ouverte. Le midi j’ai droit à une heure de promenade. Il y a un restaurant à proximité, fréquenté par des jeunes gens qui suivent des cours aux environs pour devenir un jour prisonniers eux-mêmes. Ils et elles s’entraînent de manière sérieuse : ils ont tous des téléphones cellulaires ! Le matin, dans le panier à salade qui nous mène à nos centres de détention, ils ont déjà le regard morne, la tête dans le cul et l’air triste de tous ceux qui acceptent que "Métro" devienne la seule lecture autorisée par l’administration. Car notre privation de liberté ne dure que le temps d’une journée. Le soir chacun rentre chez soi et vit comme il l’entend. Vous avez bien remarqué que je ne me plains pas, j’espère !
Et d’ailleurs, depuis mercredi, je jubile ! Le directeur de la prison, M. Eric W., vient de nous annoncer qu’il nous octroyait deux années de remise de peine !
Comment, ça, « Joe Krapov ne comprend pas tout » ? Mais si ! On nous en a remis pour deux ans, de la peine d’enfermement ! Soi disant parce que toutes ces prisons, ces ministères, musées, bibliothèques, hôpitaux, services publics, ça coûte trop cher à l’Etat. Tout le monde va vivre plus longtemps et de toute façon, le gouvernement n’est pas d’accord pour qu’Eric raque.
Bon, je ne me plains pas, c’est un fait, mais je ne comprends rien à leurs discours. Il faut travailler plus pour gagner moins ? Ce n’est pas un problème ! Par contre si on interdit aux vieux de sortir de cabane, ça fera d'autant plus de temps à attendre pour que les jeunes puissent y entrer. De toute façon, moi qui y suis déjà, j’ai vingt ans, vingt et un bientôt et j’ai prévu de vivre 327 ans 35 alors, vous pensez, deux ans de plus dans ma cabane paradisiaque, c’est rien ! Comment ils feraient d’ailleurs sans moi pour expliquer les 28 000 euros d’économie qu’on a faites cette année ? Monsieur Hajtyla a déjà oublié que, là où son cheval passe, la gabegie trépasse et ne repousse pas ! Kerviel perd cinq milliards, nous on gagne 28 000 euros et M. Hajtyla n'est pas content quand même ! Cet homme est encore plus drôle que moi !
Le seul truc qui me chagrine dans ma cabane, c’est le poster de Peter Spier. Ce type qui emmène tous ses copains sur un grand bateau avant que ne tombe le déluge, cette dernière image où il referme la porte sur un univers qu’on imagine absurde pour partir à l’aventure vers des pays inconnus, ça me rappelle par trop une autre cabane dans laquelle j’ai vécu quatre jours il n’y a pas longtemps. C’était à Belle-Île, dans le Morbihan.
Ce n’est pas pour me plaindre de ma cabane au rez-de-jardin – Mlle Ronchonchon prétend que nos cellules sont dans une cave – mais j’étais quand même mieux là-bas au camping de l’Océan !
N.B. Toutes les photos sont cliquables pour être agrandies.
La coutume familiale voulait que chaque été je passe un mois à la
campagne chez ma grand mère. Elle habitait une petite maison à l’écart d’un
minuscule village perdu dans un repli du massif central. Elle était enveloppée
de silence que seuls troublaient le chant du coq et le grincement de la
bicyclette du facteur.
Il y avait au fond du jardin une cabane en bois d’aspect tout à fait
ordinaire. Elle ressemblait à s’y méprendre à ces cabanons où il était d’usage
de satisfaire les besoins de la nature avant l’invention de la chasse d’eau.
Peu de gens s’en approchaient car, si elle avait perdu sa fonction
première, du moins le supposait-on étant donné l’énorme cadenas vert qui en
interdisait l’accès, il n’en émanait pas moins, été comme hiver, une forte
odeur rappelantplus l’épandage
fertilisateur que l’élevage des canards vécés.
Une nuit d’insomnie et de canicule, j’aperçus un halo de lumière
semblant venir du cabanon, mais lorsque je m’y rendis il ne restait plus que
cette terrible odeur qui me fit rebrousser chemin.
N’y tenant plus, malgré une opiniâtre constipation , je décidai de
percer ce mystère et surveillai les allées et venues de grand mère afin de
savoir où elle cachait la clé du cadenas vert. Il me paraissait en effet
impossible de pénétrer à l’intérieur du cabanon sans ce précieux accessoire.
Après deux semaines de vaine surveillance, je décidai de lui demander,
sur un ton désinvolte et désintéressé pour ne pas éveiller ses soupçons, où se
trouvait la clé du cabanon.
Grand mère me répondit qu’on ne l’avait jamais retrouvé et que le
cabanon n’avait jamais été ouvert depuis le départ de grand père sur le front
russe.
Les faits étaient largement antérieurs à ma naissance. Du coup, ma
curiosité se mit à déborder comme une casserole de lait oubliée sur le feu.
Comment était-il possible que le cabanon n’ait jamais été ouvert depuis le
départ de grand père ?Personne ne
s’intéressait donc à ce qu’il pouvait contenir ?Il n’était pas surprenant, dans ces
conditions, que les herbes qui l’entouraient soient complètement folles. Folles
de curiosité, à n’en pas douter.
Retenant ma respiration durant d’interminables secondes, je me mis à
rôder autour de cette cabane et la fixais longuement en espérant que cela
suffise pour en percer le secret.
La toiture était faite d’une plaque de tôle ondulée. Je constatai avec
stupeur qu’elle laissait filtrer une lumière intérieure. Une lumière aux
reflets changeants. Je ressentis des frissons le long de l’épine dorsale et des
picotements sur la nuque.
Je tambourinai sur la porte en demandant courageusement s’il y avait
quelqu’un. Le cadenas vert qui n’était que rouillé et non verrouillé tomba sur
le sol. Je tirai sur la poignée qui me resta dans la main. Les WC étaient
fermés de l’intérieur.
Terrorisé, je couru jusqu’à la maison et c’est généralement à ce stade
de mon récit que leslecteurs me font
passer pour fou.
Lorsque je racontai à grand mère ce qui m’était arrivé, elle partit
d’un énorme rire démoniaque et il sortit de ses yeux et de sa bouche une
lumière phosphorescente qui lançait ses rayons mortels au travers de la pièce.
En même temps, et cela ne peut pas s’inventer, les lettres H et A de son rire
sortaient de sa bouche et venaient se fracasser sur le sol dans un bruit
d’enfer...
Je courus à travers la pièce pour éviter les rayons qui sortaient de
ses yeux et brisaient tout sur leur passage comme des rayons laser. Je sortis
et retournai au cabanon pour fuir cette mamie apocalyptique qui me poursuivait
en semant autour d’elle les H et les A de ses HA ! HA ! HA ! HA !HA !
Son regard coupa en deux la porte du cabanon plus rapidement qu’une
scie circulaire et je basculai à l’intérieur de cette cabane qui n’avait pas de
plancher.
Ma chute fut brutale. Je me relevai péniblement pour stopper la
sonnerie du réveil.