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Le défi du samedi

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5 juin 2010

Collections (Jaqlin)

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5 juin 2010

Collectionneur et collectionneuse (Kate)

Elle a collectionné les ours en peluche (ce sont de délicieux compagnons un peu taciturnes mais très affectueux), les cartes de téléphones (certaines étaient jolies et quel progrès technique cette puce magique !), les fèves (avant qu'elles ne représentent tout et n'importe quoi et perdent leur charge symbolique), les miniatures de flacons de parfum (avant que ses armoires ne débordent de petits cartons et que ces odeurs ne deviennent incommodantes et qu'elle s'en sépare à tout jamais sans état d'âme)...

Il a collectionné les pointes de flèches (trouvées dans le désert saharien), les minéraux (merveilles de la nature s'il en est), les fossiles (trouvés sur les plages d'Oléron), les premiers livres de lecture (si touchants)...

Elle collectionne les livres de ses auteurs préférés, policiers surtout, en collection de poche souvent, mais pas forcément...

Il collectionne les livres anciens, les éditions originales...

"Tiens, des Super 5 !

- Oui, mais turbo ! Très belles et pas courantes !"IMGP2089

Elle fait plusieurs photos et départ en campagne après un repas dans cette cafétéria.

- Tu photographies quoi ?

- Des iris.

- Ah bon... encore...

La nature est vraiment la reine des collections et la palette des iris est fascinante.

Je verrai ce que ça donne avec le flash en plein soleil...

IMGP2093

 

 

5 juin 2010

La loi de Murphy... (Fafa)

La loi de Murphy...

Par le volet légèrement entre-ouvert, la lente montée d’un déjà chaud soleil printanier augurait d’une journée radieuse et me réveillait doucement.

Etre progressivement tiré des bras de Morphée par la lumière plutôt que brutalement par je ne sais quelle musique débile qui fatalement vous trotte ensuite irrémédiablement dans la tête au fil des heures jusqu’au couché est un des petits plaisirs d’une journée qui commence bien, l’une de ces journées où le pied gauche reste sagement au lit en attendant que le droit tel Armstrong soit le premier à toucher le sol.

J’étais sur le point d’ouvrir les yeux, sentant à travers mes paupières poindre l’heure du levé lorsque j’entendis le petit craquement. Mon vieux radio réveil émet ce signal juste avant que les premiers sons ne sortent de son haut-parleur, à l’instant précis où l’électricité libérée par le relais de l’horloge parcours sa bobine mais avant que la membrane n’ait provoqué la moindre vibration de l’air.

Habituellement, quand j’ai réglé une heure d’alarme -tout est dit dans ce simple mot- je guette cet avertissement et d’un geste vif et précis, fruit de longues années d’entraînement, j’appuis sur le bouton qui la neutralise mais ne m’y attendant pas, je compris en entendant ‘...la cabane au fond du jardin... » qu’il était trop tard pour faire quoi que ce soit, ma chère et tendre, langoureusement étendue à mes côtés, un filet de bave coulant sensuellement à la commissure de ses lèvres, avait sans doute cru bien faire en s’assurant hier soir qu’une panne d’oreiller ne viendrait pas gâcher la journée...

C’est donc avec la mélodie du chanteur à la sarbacane dans la tête que j’enfonçais pour la deuxième fois ma tartine dans le grille pain.

J’aime que la tranche soit bien dorée alors que ma Dulcinée la préfère juste chaude, aussi sommes nous convenus d’un « juste » milieu dans le réglage de l’appareil qui lui assure à la première éjection le moelleux désiré. Pour ma part, il faut que je surveille un peu et déclenche le ressort salvateur deux minutes plus tard pour obtenir le croustillant souhaité.

Deux minutes, pas trois, pas quatre, pas un cycle complet ! Tout à la préparation de mon bol de café fumant et à mes histoires de fond du jardin qui déviaient lentement mais sûrement vers des considérations plus scatologiques au fur et à mesure que le chanteur agenais cédait sa place en tant qu’interprète à l’humoriste mézériati, au grand désespoir de mes neurones, j’en avais oublié le compte à rebours fatidique et c’est bien trop tard que l’odeur tenace de carbonisé me fit comprendre mon erreur...

Le ventre à moitié vide, je me garais sur le parking de l’usine et m’apprêtais à saisir le sac contenant mon repas du midi.

Tous les soirs après le dîner, je collecte les reliefs et autres surplus pour me concocter mon futur déjeuner. Je les mets dans une ou plusieurs boîtes hermétiques afin de les préserver et ne point mélanger les saveurs. Le matin, je glisse les dîtes boîtes dans un sac, sans oublier d’y ajouter un morceau de pain, de fromage, un fruit et une bouteille d’eau.

Je me revois encore prendre le demi litre d’eau dans le réfrigérateur pour qu’elle soit toujours fraîche vers treize heure lorsque je prendrai ma pause et déposer ma besace derrière moi sur le lave linge avant de choisir mes chaussures, je me revois encore passer le seuil sans me retourner après les avoir lacées, je me revois encore ne pas attraper mes provisions avant de sortir...

L’estomac bien trop creux pour envisager de me plonger sans autre préambule dans la consultation de la grosse dizaine de mail arrivé depuis mon départ hier après-midi, je décidais d’aller me chercher une boisson chaude et sucrée.

Il est très rare que j’utilise la machine à café, comme si c’était la seule boisson qu’elle distribue, en fait je n’y vais que lorsque je suis accompagné ou lorsque mon copain David m’appelle vers neuf heure pour me lancer un laconique « Ouais c’est moi, tu descends ? », ce qui dans son patois vendéen signifie à peu de chose prêt « Salut vieille branche, c’est David ! Tu as cinq minutes pour prendre un p’tit noir ? ». Je descends alors avec le badge magnétique qui me sert de porte monnaie et les quelques pièce de dix ou vingt Cents, subrepticement subtilisées dans le portefeuille de mon épouse le matin même pour refaire le plein de ma bourse électronique.

Dix, vingt, trente, cinquante, un Euro, nickel, à trente centime le deux/cinq, ce qui en langage de salle de pause signifie le long/sucré, il me restera de quoi en reprendre un chacun avec David tout à l’heure. J’insérais donc les pièces une par une dans la fente en me concentrant bien sur l’aspect économique de la chose et approchais ensuite la petite clé de plastique noir pour y enregistrer le dépôt, économique vous dis-je, mais alors que le petit écran LCD aurais dû afficher le nouveau solde, il continua de faire défiler son racoleur « Offrez vous un instant de plaisir... ». Cette fichue machine venait d’engloutir mes espoirs sans un mot d’excuse, il ne me restait plus que vingt centimes en mémoire, pas assez ni pour maintenant ni pour plus tard...

Pendant deux bonnes heures je ne cessais de me répéter qu’heureusement le téléphone ne tarderait pas à sonner et que j’entendrai alors la voie bourrue et familière m’inviter à descendre.

Bientôt dix ans que je le connais cet espèce de gros nounours d’une gentillesse sans bornes quand on a la chance qu’il vous compte parmi ces « amis », sinon il vaut mieux se tenir à distance respectueuse de son mètre quatre-vingt dix et de son quintal. Dix ans, l’âge de ma fille. C’est de là que tout est parti d’ailleurs, après sa naissance il a commencé à me donner des produits laitiers que certains clients chez qui il chargeait lui donnaient en plus pour sa consommation personnelle, comme si on pouvait imaginer cette montagne dévorer autre chose qu’une côte de bœuf saignante à souhait à lui tout seul... Elle par contre adorait ces petites montagnes tremblotantes et dégoulinantes de caramel.

Dix ans qu’à de très rares exceptions dont nous prenons soin de nous avertir, nous nous retrouvons vers neuf heures pour un petit quart d’heure de détente. Au bout d’une troisième heure d’attente je ne pus que me résoudre à l’évidence, sans doute envoyé sur une autre tournée à la dernière minute, il ne viendrait pas ce matin et mon estomac allait continuer ses borborygmes...

Cette journée n’allait être qu’une interminable succession de déboires, déconvenues et autres galères, entre mails supprimés au lieu de classés, rendez-vous annulés, urgences en tous genres, fichiers perdus pour cause d’ordinateur planté et autres prise de tête avec des collègues.

En désespoir de cause je décidais de rentrer plus tôt, inutile d’insister quand le sort s’acharne ainsi et cette demie heure d’avance aurait au moins le mérite de m’attirer les bonnes grâces du petit bout qui m’attend studieusement à la maison.

Etonnant comme un changement aussi minime dans un horaire peut changer du tout au tout le déroulement d’un trajet en voiture, là ou les feux sont tous verts d’habitude, là ils passent tous à l’orange à votre arrivée, là où les ronds-points sont généralement déserts, il faut dix bonnes minutes pour seulement s’en approcher et là où les bosquets n’abritent que moineaux et mésanges, ils fleurissent de « pervenches »...

Quand, après m’être soigneusement brossé les crocs et généreusement éclaté le petit, car ceux sont toujours les petits qui trinquent, orteil du pied gauche contre le coin de la commode de la chambre je me couchais enfin, mettant fin ainsi à la longue série de catastrophes en tous genres qui avaient émaillé ma tout aussi longue journée et enfin faisais le vide dans mes pensées pour préparer la venue du marchand de sable, quelques mots se mirent alors à résonner dans ma tête « j’y vais quand j’ai besoin... », la nuit allait être longue...

Le moins que l’on puisse dire c’est que je les ai collectionné aujourd’hui. Ce bon Murphy et sa fameuse loi de l’emmerdement maximum ont décidément toujours raison, même si les statistiques disent le contraire...

5 juin 2010

Défidusamediphilie (Vegas-sur-Sarthe)

Déjà tout gamin j'étais tyrosémiophile sans le savoir mais j'ai dû arrêter parait-il à cause de l'odeur de calendos qui flottait dans ma chambre, alors par dépit j'ai jeté toutes ces étiquettes pour devenir scalaglobuphile au grand désespoir de la concierge de l'immeuble qui se ruinait en boules de rampe d'escalier...

Quand j'ai eu l'âge de porter des vrais pantalons je suis devenu kravacolluphile puis nœudelerophile mais uniquement les verts à pois rouge et à partir de ce moment j'ai commencé à collectionner les conquêtes féminines mais il n'y a pas de nom pour ça même si ma mère disait gigolo. A force de batifoler dans l'herbe je suis devenu ultratrifoliophile mais sans jamais trouver la quatrième feuille du trèfle alors je me suis tourné vers la tubeulabruphilie mais seulement le Chanel rouge Coco avec le joli tube doré et subitement mes conquêtes sont parties ailleurs!
Peut-être à cause de ma tégestophilie prononcée pour la Corona Extra à 4 degrés 6 et aussi pour un début de sidérophilie qui encombrait ma garçonnière de fers à repasser à essence Coleman de 1930?
De toute façon je n'ai jamais rien compris aux filles... ça porte aussi un nom, ça. 
Alors j'ai tout échangé quand j'ai attrapé ma latrinapapirophilie de papier cul Renova PH humide en pack de 12 et c'est comme ça que j'ai fait la connaissance de Madeleine, une pissadouphile et de ses vases de nuit du XVIIIième... pas du XVIIIième arrondissement puisqu'elle habitait Montcuq comme moi, mais du XVIIIième siècle à l'époque où les gens avaient perdu l'habitude de pisser derrière les tentures. 
Depuis c'est le bonheur total, elle en possède même un modèle double en faïence avec une devise "Unis pour la même cause" du plus bel effet et à l'arrière ce "Rapprochons nos deux cœurs qu’un doux parfum de rose enguirlande de bonheur" qui a scellé nos destins à tout jamais et qui fait que miraculeusement j'ai cessé d'attraper tous ces virus qui empoisonnaient ma vie...
Adieu pétrophilie des galets d'Etretat, préservatophilie de latex XXL et fabophilie de galettes des rois! J'avais poussé le vice jusqu'à collectionner les fèves de la série Boites à camembert (on ne se refait pas).
Encore aujourd'hui je fais de la collectionnite aigüe, en particulier de la Défidusamediphilie mais je vous jure que je me soigne. 

5 juin 2010

La collection de... (Venise)

Je collectionne les non demandes en mariage.

Depuis des lustres. Je vous mens déjà. Je ne collectionne pas les non demandes en mariage, je les immortalise.

Mais pour vous raconter cela, j’ai besoin de temps. C’est toujours difficile de raconter une non demande en mariage. C’est comme un arbre qui resterait toujours un arbre.

Je vous vois déjà en train de m’interrompre, vous êtes adorable. Mais ces non demandes en mariage je les connais par cœur. En fait, toutes ces histoires n’ont jamais décollé parce qu’elles prenaient l’eau dès les premières secondes. J’aimerais pouvoir vous dire que cela n’arrive pas souvent, mais chez moi si.

J’aurai pu déposer plainte pour non engagement mais j’ai préféré y voir une dérobade pour entrer au club des désirs impossibles.

Vous voudriez connaitre la fin de cette histoire de collection, d’autant que je me rends compte que je ne vous ai rien raconté.

En fait voilà l’histoire………

http://www.youtube.com/watch?v=pn-F0NRwPN4&feature=related

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29 mai 2010

Avertissement

Une panne de bougie nous a privés du texte de Jakline.
La situation vient d'être rétablie.
Merci de suivre le guide.

29 mai 2010

Défi #109

Êtes vous COLLECTIONNEUR

(ou bien connaissez-vous des collectionneurs)

Pour ce nouveau défi plongez-nous dans cet univers de passion !

Vrais ou inventés vos récits sont à envoyer à samedidefi@hotmail.fr

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Attention à ne pas devenir complètement timbré !!!

29 mai 2010

Comment écrire sur des bougies qui brûlent ? (Pivoine)‏

J'ai si peu de patience, en ce moment... Je dois réunir tout mon courage...

Pourtant, écrire là-dessus est possible... Il y a peu, mon quartier dans le grand Bruxelles s'est trouvé plongé dans une obscurité absolue.
Dehors, c'était le crépuscule, un crépuscule d'avril, avec des nuages courant dans le ciel rouge orangé violet.
Il y avait encore assez de lueur pour allumer ma première bougie et chercher ma torche électrique.

Ce n'était pas une panne dans l'immeuble, c'était bien une panne de quartier. Le noir complet dans une bonne partie de la commune.

J'adore les bougies. Je les collectionne: bougies d'anniversaire, torsadées, argentées, longue durée rouge et or; bougie énorme peinte et gravée par une amie artiste; (celle-là, je ne l'allumerai jamais!); bougies d'Amnesty International; bougies en forme de framboises dans des feuilles - parce que naguère, on me surnommait aussi Framboise, bref, j'avais de quoi illuminer mon appartement. Finalement, huit ou neuf bougies brûlaient sur la table du salon, sur le secrétaire, dans la chambre- bureau, à la cuisine. Il ne faudrait pas que j'oublie d'éteindre le tout, quand la panne serait finie, car j'ai gardé de mon enfance anxieuse dans une vieille maison une vraie phobie des incendies. La lumière était jolie, ça oui. Mais l'atmosphère était étrange - il n'y avait plus aucun bruit non plus, puisque l'ordinateur avait cessé de ronronner, le téléphone était mort, et le frigo, à l'arrêt. Plus de musique, plus de télé... Le creux des bougies absorbait silencieusement les premières gouttes de cire fondue. Et je pensais à toutes les horloges, micro-ondes, réveil dans ma chambre, que j'allais devoir remettre à l'heure - après.

Je ne faisais plus rien. Je me suis assise dans mon canapé, et j'ai décidé d'attendre. Et je me suis mise à rêver. Autour de deux idées: comment les peintres de jadis ont-ils fait pour poursuivre leur travail dans les conditions d'inconfort qui étaient les leurs: ni chauffage central, ni électricité, ni ascenseurs, aucune des facilités dont on bénéficie aujourd'hui. En été, cela va - les journées sont longues, bien que parfois grises et pluvieuses, mais en hiver et pendant les longs changements de saison?

Et même pour l'écriture. Ecrire à la lueur d'une bougie? Et encore ! Nous avons des bougies de bonne qualité !  Mais que valait la chandelle, combien de sous fallait-il pour se fournir en éclairage, au XVIIIème, au XVIIème?  J'imaginais Balzac, à côté de sa cafetière nocturne, (je la voyais en émail bleu), mais écrivant peut-être à l'aide d'une lampe déjà plus évoluée qu'un simple chandelier. Et j'imaginais les vastes coins d'ombre dans les maisons - comme dans un tableau fantastique.

Et c'est vrai que l'atmosphère était lourde. En plus de la panne d'électricité - des sirènes de pompier et de police, dans les rues avoisinantes, - il faisait trop froid pour que j'ouvre les fenêtres afin de dissiper l'odeur et la fumée. Mais finalement, deux heures après, la panne était réparée. La chaussée la plus proche et le quartier jusqu'à l'église de A*** était de nouveau illuminé - je voyais les néons rouges et bleus du garage et marchand de pneus, un peu plus loin. Puis, ça a été à notre tour.

J'ai éteint mes bougies progressivement (j'avais un peu peur que la panne ne recommence), mais décidément, tout fonctionnait.

Quand j'ai éteint la dernière bougie, les marteaux ont commencé à résonner dans ma tête - sous la tempe gauche - ou droite, je ne sais plus. L'odeur de cire fondue et de fumée me soulevait le coeur... Le lendemain, ce ne serait plus jour de panne, mais jour de lit, car assurément, j'aurais la migraine...

29 mai 2010

Je n'ai vu (Jakline)

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Lueurs

 

Petit bonhomme de cire, bien droit sur son unique pied, il est là, il m’éclaire, il vacille au moindre souffle d’air mais il m’éclaire…  Sa robe de cire, stricte et froide d’abord, s’orne peu à peu de broderies et de festons qui s’écoulent puis se figent en volutes ou arabesques parfois longues et minces, parfois courtes et obèses. Sa flamme qui danse projette sur le mur des ombres fantasques , souriantes ou grimaçantes. Quand on a l’impression qu’elle s’épuise, s’essouffle et va bientôt mourir ; tout à coup, la plus légère brise lui redonne vie et la voilà qui s’étire, se relève et, tel un mourant qui s’accroche à une dernière lueur d’espoir, elle laisse s’échapper un nouveau bouillonnement de dentelles qui recouvre le corps du petit bonhomme un peu plus encore…

 

Enfin, lorsque, à bout de souffle et de résistance, les derniers vestiges du petit corps de cire s’étalent en un magma informe et fumant, on sent partir avec lui les rêves qui ne se disent pas…

Jaqlin

29 mai 2010

Flamme de femme (Captaine Lili)

L’allumette a craqué. La bougie, trônant sur un tout petit pot de miel retourné, au fond plein de peinture sèche, s’est éclairée.

A l’orée de mon sommeil, flamme, tu ondoies comme un étendard.

Emmène-moi jusqu’à lui qui m’enchaleure !

Je l’aime, tu comprends ?

Est-ce mon ombre qui a tremblé ? Je t’ai entendue répondre « lui aussi ».

Tu dessinais une fleur sur le tapis.

J’ai regardé ta danse, elle calligraphiait mon amour. Silencieusement.

Tu ne t’es pas éternisée. Les bougies d’anniversaire, ça ne dure pas. Devenue langue bleue, tu es restée un peu ainsi, caressante, puis soudain il n’y avait plus qu’un tison rouge minuscule, qui s’est éteint aussi.

A l’orée de mon sommeil, flamme, j’écris ces quelques mots. Je rêve qu’il les entend. Et que dans sa nuit, mon marchand de sable chevauche avec cet étendard. Flamme de femme.

Une allumette a suffi. La bougie a poursuivi sa flamme au fond de mon cœur de miel, de verre et de poussières teintées.

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29 mai 2010

Petite flamme (MAP)

Petite flamme dans la nuit de ma chambre ...  là où j'ai posé ma bougie, tu éclaires les photos épinglées au mur. Flamme fragile, réveillant mes souvenirs d'enfant, brefs moments du passé, inscrits en moi à jamais. Et je vagabonde en ce temps retrouvé :

Ici je m'apprête à lancer des pétales de roses disposées dans une jolie corbeille décorée de dentelle qu'un ruban relie à mon cou ... ce devait être au mois de Mai, le mois de Marie ... Là, me voilà toute fière de « faire du vélo » dans les rues du village de mes grands-parents, faisant amie-ami avec le si gentil toutou des voisins, et surtout merveille des merveilles : doux et chaud souvenir de ce jour où l'on m'a permis de prendre un jeune agneau dans mes bras. Je l'ai serré tout contre moi, ses longues et fines pattes reposaient sur mon bras ! Je sens encore son petit cœur battre contre le mien !

Flammettes

Et plus haut sur le mur ............ Oh, je ne vois plus très bien ...........

FFFFFF

FFFFLLL

FFFFLLLAAA

FFFLLLAA MM EEE

La flamme s'amenuise : Ffffffff, Ffffffff …. Elle va, elle cille, elle vacille ...

Où va la flamme quand elle s'éteint ?

Où va la FLAMME  ?

                   FLAMME ..........

                               FL'ÂME !!!

                                                                        FF FF ff ff ff ff fffff fffff fffff

29 mai 2010

Le fugitif (Venise)

29 mai 2010

La flamme va bientôt s'éteindre (Pierreline)

Elle a brûlé près de 86 ans, elle a eu des éclats et des étincelles qui en ont brulé plus d'un autour d'elle, elle n'a pas toujours été mesurée. Elle a souvent fait preuve d'une certaine intolérance et de pas mal d'orgueil, elle a brûlé droit pour des principes qui manquaient de souplesse, et a eu à faire avec pas mal de vents contraires aussi. Mais elle a tenu bon, et maintenant elle jette ses derniers feux.

Les derniers vacillements de la flamme sont pathétiques, il lui en faut de l'humilité pour accepter de livrer un corps usé et sans force à des mains étrangères ou proches qui vont la lever, la laver, la nourrir, la transporter, la soigner. Et tout cela se fait dans la douleur, chaque mouvement arrache un gémissement, et chaque fois la petite flamme met un peu plus de temps à se remettre à briller, et chaque fois son éclat est un peu plus terne.

Hier, elle a demandé si c'était vraiment indispensable tout ça, si on devait à chaque fois réinsuffler l'oxygène nécessaire à la combustion de la petite flamme ... 

Non, ce n'est pas indispensable, c'est pour cela que je suis venue passer quelques (derniers...) jours auprès d'elle, pour m'assurer que lorsqu'elle dira ça suffit, j'arrête, elle sera entendue, et que tout sera fait pour cela reste le plus confortable et digne possible.

La flamme va bientôt s'éteindre.

29 mai 2010

La taille N°0 est recommandée pour les bougies réalisées en paraffine/stéarine d'un diamètre maximum de 1.5 cm (Papistache)

J’ai réuni les conditions.
J’allume la bougie et j’éteins la lampe.
Deux secondes et j’y vois comme en plein jour. On s’éclairait à la bougie autrefois. C’était donc cela.
Le mur, les cadres, la porte,  le bureau, mes crayons...
Une étincelle jaillit à la base de la flamme. Petit éclair qui fuse vers la gauche.

Je le craignais, l’observation anesthésie mon imagination.

La mèche de coton est torsadée, je vois les fibres s’enrouler.
Une image remonte de mon passé. Mon livres de sciences naturelles. Un cerneau de noix est dévoré par une flamme jaune. Expérience destinée à mettre en évidence la présence d’un corps gras. Je n’ai pas tenté la manipulation, j’ai fait confiance. Parvient-on aisément à enflammer un cerneau de noix ? Se promettre d’essayer.

Mon souffle sur la flamme l’agite, les ombres dansent.
La flamme est aussi haute que la bougie.
La bougie raccourcit et la flamme reste toujours à la même taille.
La mèche dépasse de la flamme, elle ne tombe pas en cendres... ELLE TOURNE.
La mèche tourne dans le sens des aiguilles d’une montre. Je ne regarde plus qu’elle. Lentement, elle tourne.

Une rotation autour de la bougie représente une minute de vie gagnée. Trois tours. A observer la bougie, ce soir, j’ai gagné trois minutes d’espérance de vie. Quel âne ! Si j’avais sacrifié à la tradition, lors de tous mes précédents anniversaires, j’effaçais Mathusalem des tablettes.
La mèche est démesurément longue, noire et grise, elle se replie, se courbe, s‘affaisse... ELLE FAIT UN NŒUD ! La mèche fait un nœud qui se serre, se serre... ELLE ÉTRANGLE LA FLAMME !

J’ai compris le mystère de la bougie... le bourreau de la lumière se cache en son sein ; la mèche, corde assassine, agent double et retorse porte la flamme et la garrotte à son extrême fin. Ce ne sont pas trois minutes de vie que j’ai gagnées, ce sont trois années qui me seront retranchées de mon capital.


Funestes chronomètres sur le gâteau d’anniversaire, mes enfants, j’ai bien raison de ne pas vouloir vous laisser les poser sur mes choux à la crème. Abrégez de qui vous voulez la vie d’autant d’années que de révolutions de cotonnades boudinées mais ne me souhaitez pas l’anniversaire de ma naissance. VOUS N’AUREZ PAS MON HÉRITAGE. NE COMPTEZ PAS MES JOURS. JE NE VEUX PAS PARTIR. PLANTEZ DES CANDÉLABRES DE MARBRE OU DES CAROTTES GLACIÈRES TRI-MILLÉNAIRES SUR MA TOMBE PÂTISSIÈRE ET OUBLIEZ QUE JE VOUS AI, UN JOUR, APPRIS À FROTTER DEUX SILEX.

JE N’AI JAMAIS INVENTÉ LE FEU, VOUS N’AVEZ RIEN APPRIS. OUBLIEZ QUE LA TERRE TOURNE. REDEVENEZ DES BÊTES. VOUS ÊTES DES BÊTES. VOUS N’ARTICULEZ PLUS. VOUS GRATTEZ LA TERRE DE VOS ONGLES NOIRS
. GRRRRAAAARRRRG !

29 mai 2010

Vous avez dit bougie (Zigmund)

33Une coupelle remplie de sable gris et une petite bougie dorée. Me voilà enfermé dans mon bureau plongé dans le noir ;  j’ai éteint la radio et débranché la lumière de l’aquarium : au lit et  plus vite que ça, les poissons !

M…c’est malin d’avoir posé la coupelle et les allumettes n’importe où, avec le désordre qui règne sur mon bureau, surtout en fin de consultation… A tâtons, je retrouve le « nécessaire à consigne », je plante la bougie dans le sable, et je craque une allumette morte (m…)puis une vraie,(enfin ! ) et me cale face à la flamme(« monte flamme légère, feu de camps si chaud si bon, dans la plaine ou la clairière monte encore et monte donc…. » -vieux souvenir de mes années de scout).

Fatigue… grosse fatigue … z’auront ma peau, les malades !

 L’espace d’ une minute, je fermerais bien les yeux, plutôt que de fixer cette flamme….mais, c’est sûr dans moins d’une minute, je vais m’endormir et faudra pas compter sur les poissons pour me réveiller…

Bougie, consigne, écrire ou dormir il faut choisir.

 Décrire la flamme qui vacille… Il y a peu, j’aurais passé l’index dans la flamme pour le retirer juste avant la brûlure, suis-je déjà trop vieux pour m’amuser ?

Je pourrais aussi, de mon plein gré, être enfermé dans un réduit, cette bougie éclairant un crâne et d’obscurs symboles, et là, (las ! ) j’écrirais mon testament philosophique avant de renaître à la lumière …mais non...

La bougie s’éteint progressivement  : image de la cécité progressive du glaucome, ou tout simplement image de fin de vie.

La bougie n'est plus qu'un ridicule petit point sur mon appareil photo…

Et puis plus rien …

 

PS : c’est moi qui déprime ou c’est la consigne qu’est pas gaie ?   (et moi qui rame …)

29 mai 2010

brûlot (Poupoune)

J’ai brûlé une première bougie en me disant que ça me ferait sûrement penser à l’amour qui a consumé mon cœur jusqu’à n’en laisser plus que des cendres. Ça n’a pas marché, j’ai seulement pensé que ça mettait drôlement longtemps à se consumer, une bougie.

J’ai essayé avec une deuxième, dont un peu de paraffine m’est tombé sur le doigt. Alors j’ai pensé que c’était étonnant que ça ne m’ait pas fait mal et j’ai joué avec les gouttelettes qui coulaient le long de la bougie jusqu’à me brûler. A partir de là, j’ai essentiellement pensé « putain de merde mais quelle conne ». Approximativement.

A la troisième bougie, je me suis souvenue de la question de ma fille deux jours plus tôt, qui me demandait pourquoi il y avait du bleu dans les flammes. J’ai pensé que je n’en savais foutre rien, mais que j’aurais pu lui répondre un truc bête comme « parce que ce sont les fleurs bleues qui brûlent d’amour ».

En allumant la quatrième bougie, j’ai pensé qu’il fallait absolument que je reste bien concentrée sur cette flamme et rien d’autre, pour que ça fasse naître de belles pensées. En la regardant brûler, j’ai pensé qu’il fallait absolument que je reste bien concentrée sur cette flamme et rien d’autre, pour que ça fasse naître de belles pensées.

Je ne vous ferai pas l’énoncé complet des pensées qui m’ont traversé l’esprit pendant la combustion des bougies 5 à 9, sachez simplement que la plus con était « tiens, mon frigo respire comme un ogre » et la plus profonde… non, oublions la plus profonde. Autant que vous puissiez croire que je suis effectivement capable de profondeur.

A la dixième, j’ai pensé que j’avais un sacré stock de bougies. Il faut dire qu’outre les « restes » traditionnels de l’anniversaire pas rond qui ne tombe pas sur un multiple de nombre de bougies dans une boîte, j’avais également un paquet neuf de bougies « princesses », acheté sans doute en trop lors des dernières festivités pour ma descendance. J’ai pensé aussi qu’il faudrait donc que j’en rachète pour son prochain anniversaire.

L’atmosphère commençait à devenir un peu étouffante. La fumée s’élevait, en volutes que je devinais élégantes à la faible lueur de mes bougies, mais mes pensées toujours pas.

J’ai fini par tricher en allumant deux bougies à la fois et j’ai essentiellement passé le temps qu’elles ont mis à fondre à me demander laquelle s’éteindrait la première. Mon incapacité absolue et très inattendue à me sentir inspirée par ces saloperies de flammes a commencé à me miner un peu.

Pour finir, il ne m’est venu aucune pensée digne de vous être donnée à lire ce soir. Aussi ai-je décidé, puisque je n’ai plus de bougies, mais qu’il me reste des allumettes, de m’immoler par le feu et d’essayer de vous envoyer mes pensées de l’au-delà.

Si ça marche, la prochaine fois, brûlez un cierge.

29 mai 2010

Pyjamade (Joye)

Tout le monde était d’accord : c’était chez Roxanne qu’on avait les meilleurs sleepovers.

Elle vivait en ville, sa maison était grande, et sa maman prévoyait toujours tout plein de gourmandises de leur épicerie au centre-ville. Oui, la vie était bonne pour celles qui se retrouvaient sur la liste d’invitées à passer la nuit chez elle !

Bien sûr que le comble de chaque soirée - à part les visites insolites des garçons qui souhaitent voir les filles en pyjama -  était vers minuit, lorsqu’on éteignait la lumière, et l'on allumait la bougie qui se retrouvait au milieu du cercle pour faire une séance de spiritualisme.

La bougie jouait toujours à perfection son rôle, vacillant une fois si la réponse était non et deux fois pour oui, lorsqu'on lui adressait en murmurant « Dis-nous, ô Bougie, notre copine, toi qui ne mens jamais ... ».

Des filles comme Jessica et Paulette posaient toujours les questions de cœur…si Nicolas aimait vraiment Greta…non…si Jessica allait épouser Willy…oui

Pour ces questions, la bougie répondait pour la plupart comme l'on souhaitait. Elle faisait rarement pleurer et souvent éclater de rire.

 

Mais c’était Andrée la meilleure interrogatrice, surtout parce qu’elle se fichait pas mal des petites escapades amoureuses de ses copines. Andrée croyait aux sorcières et à la magie noire, aux démons et aux monstres. Alors, ses questions étaient les plus fascinantes, concernant la vie, la mort, les crimes macabres, les secrets des squelettes oubliés dans quelques placards familiers.

- Dis-nous, ô Bougie, notre copine, toi qui ne mens jamais…

On se taisait devant les questions posées par Andrée. On retenait le souffle jusqu’à ce que le danger soit passé, car impossible de prévoir exactement qui finirait en larmes suite à des insinuations un peu trop personnelles.

La bougie, elle, servait toujours de complice consentante. D’après elle, c’était absolument vrai qu’on avait tué une fille au lycée il y a quelques années ; que son corps se trouvait encore au sous-sol du vieux bâtiment ; que la nuit, après que tout le monde était parti, on pouvait l’entendre pleurer ; que si l’on éteignait la lumière dans la salle des douches et l’on fixait le miroir, elle apparaîtrait…

Oui… Oui… Oui…

Quelques petits cris de peur, quelques rires nerveux, et, souvent un ou deux petits soupirs imperceptibles de soulagement, étaient toujours la récompense pour l’art d’Andrée et sa bougie omnisciente.

Danielle figurait rarement sur la liste des invitées, et jamais sur celles de Roxanne. Tout le monde savait qu’elle concurrençait Jessica pour les prix académiques, et qu’elle avait carrément volé le petit ami à Roxanne, la garce ! et aussi qu'elle s’était violemment disputée avec Andrée une nuit après une séance particulièrement cruelle pour une de ses profs favorites. Alors, depuis, et tout naturellement, la bougie disait à chaque séance  chez Roxanne que Danielle tomberait enceinte et qu’elle n’aurait jamais son bac, qu’elle finirait dans un asile, qu’elle commettrait des crimes macabres contre les professeurs populaires…

Jusqu’au soir où, vers minuit, quelqu’un sonna à porte chez Roxanne. Rigolant, quelques filles allèrent à la porte pour taquiner une dernière bande de garçons curieux.

C'était Danielle.

Elle entra sans invitation et s’installa devant la bougie, sans saluer les autres communiantes dans le cercle de séance.

Et c’était elle qui posa la toute dernière question qu’on poserait à la bougie :
- Dis-nous, ô Bougie, notre copine, toi qui ne mens jamais…Andrée, n’est-elle pas la nénette la plus pathétique du lycée ? Y en a marre de sa haine ! Elle ferait mieux d’aller se pendre, n'est-ce pas ?

La bougie vacilla une fois.

Et puis une deuxième.

29 mai 2010

Dimanche soir 22 mai (Adrienne)

Dimanche soir 22 mai (Adrienne)

Un petit bout de bougie bleue, trois centimètres de minuscule chandelle torsadée qui restent de précédents anniversaires. La seule différence, c’est que cette fois-ci on ne la piquerait pas dans la petite fleur à pointe puis dans un gâteau.

Ce qu’il aimait, c’était qu’elle lui fasse une tarte à la crème d’amandes. Parfois il soufflait si fort que des gouttelettes de cire se retrouvaient sur le gâteau.

Combien de temps a-t-elle pour laisser vagabonder ses pensées ? Combien de minutes de sa vie ? De ce précieux temps qui coule et s’écoule et ne revient pas.

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Justement, en ce dimanche soir, c’est son anniversaire. Elle a été un peu fêtée, c’est vrai, elle n’a pas à se plaindre. Des amis ont pensé à elle. Elle a eu des cartes, des mails, des fleurs, des chocolats. Même l’ex-homme-de-sa-vie se manifeste ces jours-là.

Mais dans cinq jours il y aura un autre anniversaire, infiniment plus triste. La vie, la mort. Panta rhei.

La mèche de la minuscule bougie est tout à coup très longue et la voilà qui se consume à un rythme d’enfer. Oh serait-ce prémonitoire…

Le temps s'en va, le temps s'en va ma Dame,
Las ! le temps non, mais nous nous en allons,
Et tôt serons étendus sous la lame

+++

Non, ça ne me vaut rien de regarder se consumer un petit bout de bougie d’anniversaire en ce soir de mon anniversaire.

29 mai 2010

Allume un cierge ! Chanson écolo-baba-cool. (Joe Krapov)

1
Au lieu de ruminer dans le noir,
Essaie donc un peu de voir
Si quelque chose devant vaut qu’on se batte !

Par-delà les éclats du temps, chacun promène avec soi
Une flamme intérieure qui lui est propre.

A chaque pas que nous posons tout peut prendre un autre sens.
Pour sortir de la caverne allume un cierge !

2

Lorsque l’aube viendra sur nous,
Nous saurons que devenir ;
L'ancien monde s'effacera en musique.

Dans la rosace des âges, sur la route de l’Histoire,
Ce que nous choisissons ce jour fera Demain.

A chaque pas que nous faisons tout peut prendre un autre sens.
Pour sortir de la caverne allume un cierge !

3
Au lieu de ruminer dans le noir
Allumez une bougie !
Quelque chose devant nous s’appelle l’Espoir :

Sa lueur tremblante nous dit
Que notre moment est venu
Et que nous avons en charge la planète.

Allume un briquet dans le soir
Pour que d'autres puissent voir,
Le chemin le plus humain vers Demain

Instrumental

Allume un flambeau dans le vent
Pour que d'autres aillent de l’avant !
Allume un grand ciel d’azur pour le Futur !

(libre adaptation de la chanson de Neil Young « Light a candle »
qu’on peut écouter ici et voir )


29 mai 2010

Tricheuse (TataBéa)

Moi je vais vous dire je pense à rien.. bon d'accord j'ai triché parce que j'ai pas de bougie et que la semaine dernière c'était l'anniversaire de mon grand mais on avait mis des trucs qui font des étincelles ! J'allais pas, en plus, aller chercher des bougies quand il fait jour, soleil et chaud ! Faut pas abuser les défieurs du samedi !

Si j'avais eu une bougie, chandelle ou cierge ( fais comme tu veux !) J'aurais, je le sais, fait comme d'habitude : trempé mon doigt dans la cire chaude, soufflé dessus pour faire refroidir et puis retiré délicatement pour voir mes empreintes digitales en creux.. Vous n'avez jamais fait ça vous ? Moi c'est depuis toujours, dans les églises et les chapelles où me trainaient mes mère, grand'mères, et tantes. À la procession du « mois de Marie » (le mois de mai ndlr) où on me faisait défiler en robe bleue et voile blanc chantant des « Ave Maria ».

Tatab_a

Dès que mon chaperon avait les yeux baissés en contrition ou levés en adoration, je prélevais une goutte de cire sur mon index, pour l'en retirer au moment exact où elle était assez dure pour avoir fixé mon identité et assez molle pour ne pas se fendiller.

Je me rends compte qu'au lieu de m'unir au peuple de Dieu, à la sainte famille et à l'Église catholique je me préoccupais de ma petite identité personnelle, je refermais les voiles de ma mantille, j'introspectais plutôt que de m'élever dans la grandeur de Notre Seigneur..

Petite flamme vacillante, soufflée par les vents matériels de la société individualiste; mon âme a fondu dans le feu des passions terrestres, s'est tordue dans des bras chauds et charnels, mais il me reste, au bout des doigts, la douce coque de cire gardienne d'une inimitable identité.

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Le défi du samedi
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