Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le défi du samedi

Publicité
Visiteurs
Depuis la création 1 057 660
Derniers commentaires
Archives
19 juin 2010

Je cabanimagirêve‏ (Captaine Lili)

On dirait que ça sentirait le bois. Et qu’il y aurait des coussins comme des nuages, colorés.

On ne pourrait que chuchoter ou rire aux éclats.

On mangerait du chocolat, des fruits exotiques…

On ? Ce ne serait pas une cabane bien grande, parfois on y serait plusieurs, mais pas nombreux non plus. Parfois j’y serais seule. Parfois, en duo amoureux. Ce serait toujours un privilège.

On entendrait le bruit des pages d’un livre, ou celui des mots qui s’écrivent. Peut-être un chant, une conversation feutrée, intime. On se laisserait surprendre.

Il y aurait du thé. Plein de choix de thés. Ou de cafés. Ou de chocolats.

Ce serait comme un nid, un cocon, avant l’envol, après le voyage. Une île, une escale.

Un coin de paradis. Pourquoi attendre d’être mort ?

Serait-ce en hauteur ?

Il y aurait un coin de ciel, quelque part, c’est sûr. Et du feuillage, des fleurs.

Ce serait doux, chaud, frais, vivant.

Ma cabane, elle s’inventerait au fil des saisons…

Publicité
19 juin 2010

Kot (Adrienne)

Le kot (prononcez ‘cotte’) : chambre d’étudiant, aujourd’hui de plus en plus studio, appart ou coloc’, dans une ville universitaire belge.

Het kot/Le kot (prononcez ‘cotte’) : 1.Cabane au fond de tout jardin belge. 2.Appentis à usages divers accolé à toute maison mitoyenne belge.  Parfois au nombre de deux ou trois, voire quatre, et qu’on désigne  alors d’un mot pluriel, koterijen (n’essayez pas de prononcer).

Het kot : (prononcez ‘cotte’) sombre réduit généralement muni d’un verrou extérieur et où on enferme les petites filles de cinq ans qui refusent de manger leur soupe.

19 juin 2010

La cabane du vieux (Poupoune)

Pour autant que je sache, le vieux Jourdin avait toujours été surnommé le vieux Jourdin. Il avait fait vieux très jeune. Je lui avais toujours connu les cheveux gris, la démarche pesante et voutée et le geste lent.

Le vieux Jourdin habitait la maison du marais, qu’on appelait comme ça même si personne n’avait connu le marais avant qu’il soit asséché. Et quand on venait par le chemin des lilas en allant vers chez les Puche, on apercevait derrière la maison du marais du vieux Jourdin ce qu’on appelait la cabane du vieux : une remise en bordure du bois, toute de planches branlantes et disjointes, qu’entourait un vrai mystère.

Personne ne savait trop bien de quoi vivait le vieux Jourdin. C’était un taiseux solitaire qui n’aimait pas le monde et que le monde n’aimait pas. Il ne quittait que rarement sa bicoque, s’affairait à l’abri des regards dans son jardin et traversait parfois son terrain pour gagner sa cabane près du bois et s’y enfermer pendant des heures.

Il ne venait presque jamais au village et quand il s’y aventurait, c’était aux heures où il savait qu’il ne risquait pas de rencontrer trop de monde. Ceux qui croisaient son chemin s’en écartaient prudemment tout en l’observant attentivement et racontaient ensuite pendant des jours ses moindres faits et gestes.

Le vieux Jourdin faisait office de Croquemitaine. Gamine, mes parents me faisaient manger mes brocolis en me menaçant de m’enfermer dans la cabane du vieux si je rechignais. Son nom avait fait trembler des générations d’enfants et sa cabane avait nourri les fantasmes horrifiques des petits et des grands. Au bistrot, les ivrognes inventaient des histoires toutes plus extravagantes les unes que les autres mettant en scène le vieux Jourdin dans sa cabane et leurs épouses en secret se rêvaient amantes aventureuses en son antre.

Mais pour finir, personne ne savait quoi que ce soit du vieux.

 

Quand il est mort, personne ne s’en est aperçu et c’est le facteur d’été, le remplaçant de Gilot, qui a découvert son corps longtemps après en voulant lui apporter son courrier.

Le village entier a fondu sur la maison du marais pour tenter d’y découvrir des bribes de la vie du vieux Jourdin, mais cet homme semblait être une abstraction tant il ne possédait rien de personnel. Pendant que les adultes fouillaient la maison, les enfants, eux, s’étaient agglutinés autour de la cabane. Certains tentaient d’apercevoir quelque chose à l’intérieur par la serrure ou les interstices entre deux planches, mais il y faisait un noir d’encre et on ne distinguait rien. Etant la plus grande du groupe, c’est moi qui ai finalement pris mon courage à deux mains et ouvert la porte grinçante de la cabane mystérieuse. Je n’ai d’abord pas bien compris ce que je voyais, le temps que mes yeux s’accommodent à la pénombre du lieu. Les petits derrière moi trépignaient sans oser passer la porte. La pièce était plus vaste qu’elle ne paraissait de l’extérieur et ses murs étaient entièrement tapissés de photos. J’ai immédiatement imaginé toutes les horreurs dont j’avais déjà entendu parler ici et là au détour des conversations d’adultes : enfants nus, corps mutilés, victimes martyrisées… mais quelque chose clochait. Une petite table sur laquelle était posée une lampe à gaz occupait le centre de la cabane. J’ai allumé la lampe et l’ai approchée des photos, m’attendant à défaillir devant l’horreur, mais incapable de ne pas regarder.

En fait de monstruosités, il s’agissait de photos des gens du village. Habillés. Et vivants. Presque quatre générations d’habitants, photographiés pendant tous les événements, petits ou grands, qui avaient rythmé la vie du village depuis… combien de temps ? Quel âge pouvait-il bien avoir, le vieux ? Des tas de gens m’étaient inconnus, j’étais trop jeune, mais j’en reconnaissais que j’avais vus en photo ailleurs : des grands-parents et même quelques arrière-grands-parents. Les miens notamment. Je reconnaissais les lieux également. La fête de l’école l’année juste avant que j’y entre. L’enterrement de la fille Monier qui s’était noyée une semaine avant l’anniversaire de sa mère. La fanfare le jour de la victoire de l’équipe de pétanque au tournoi intercommunal. Le mariage des parents de Pascaline. La fête pour la retraite du père Puche. Des centaines de photos punaisées dans le désordre sur ces murs branlants. Et au sol et sur la table des tas de feuilles noircies d’une écriture fine et élégante.

 

Les adultes ont fini par nous virer de la cabane et ont farfouillé dans les photos et la paperasse. Il s’est avéré que le vieux Jourdin, sous ses airs d’ermite, était un observateur incroyable. Ses liasses de feuilles griffonnées, mieux qu’un journal, étaient un véritable roman, une saga de la vie du village pendant presqu’un siècle. Tout le monde y avait sa place. Pas un minot, pas un alcoolo, pas une mégère ne manquait.

Sous sa plume, nos vies, qui nous semblaient être au mieux d’un ennui mortel, au pire pathétiques, devenaient de véritables contes pleins de tendresse et touchants de simplicité et d’authenticité. Dans ses pages nous étions beaux. Nos histoires étaient jolies. Nous n’étions plus des culs-terreux oubliés et oublieux, mais les véritables symboles d’un mode de vie érigé en art. Le mythe terrifiant de la cabane du vieux était tombé d’un coup : point de cadavre sous les lattes du plancher. Cet homme à qui personne n’avait jamais parlé nous avait tous aimés au point de consacrer tout son temps au récit enchanteur de nos existences. Comme il n’avait aucune famille, c’est la commune qui a hérité de ses biens et il a été décidé en conseil de proposer l’œuvre du vieux Jourdin à un éditeur. Le projet a mobilisé tout le village pendant des semaines et une fois prêt, le précieux manuscrit a été soumis à plusieurs maisons d’édition qui se sont presque battues pour le publier. Autant dire que le contrat signé par la commune a été des plus juteux. Le roman, publié en trois tomes, a rencontré un succès tout-à-fait stupéfiant et les droits ont été vendus à la télévision pour une petite fortune supplémentaire.

Cinq ans après la mort du vieux Jourdin, l’argent engrangé a permis au maire de mener à bien un projet qui lui tenait à cœur : la maison du marais et la cabane du vieux ont enfin pu être rasées pour permettre le passage de l’autoroute et l’aménagement d’un péage, devenu une véritable manne pour la commune.

 

Le vieux Jourdin ne doit même pas pouvoir se retourner dans sa tombe, ensevelie sous les tonnes de béton de la rampe d’accès.

 

19 juin 2010

Cabanes, je vous hais ! (Kate)

"Ma cabane au Canada

Est blottie au fond des bois

On y voit des écureuils

Sur le toit..."

Houps ! Pardon ! Non ! Pitié !

J'ai tout barré ! Je recommence, une, deux !

Tant pis pour les plus de vingt ans (j'optimise !) qui auront cet air, comme moi, depuis samedi, en tête ! J'ai l'humeur chantante pourtant et le thème de la cabane belle, de rêve, d'imagination, etc. ne m'inspire pas, que voulez-vous !

Je n'ai connu que des trains de nuit (et des filles à soldats) d'affreuses petites cabanes façon "remises" à but purement utilitaire et adulte dans de rares petits jardins qui en plus n'étaient pas miens... DSCN9613Enfant, on avait à peine le droit d'y entrer car elles enfermaient des biens précieux : l'arrosoir, les bleus de travail, les bottes en caoutchouc, les graines de salades, les bulbes de glaïeuls, sans oublier les produits pour tuer les affreux doryphores ! On n'aurait pas pensé aller y jouer tant c'était étroit et encombré et d'ailleurs on n'y allait pas souvent et on n'avait pas le droit. D'ailleurs, on n'aurait pu que se ramasser un coup de  bêche, de pelle ou de rateau (là, très dangereux ce dernier !), voire, plus grave, salir sa jupe écossaise, ses socquettes blanches, ses souliers vernis du dimanche...

Voilà ma modeste contribution que j'ai néanmoins hésité à vous transmettre, étant bien consciente que ce défi n'est pas un "divan" (même si officie ici le Docteur Zigmund), ni une tribune pour la lutte des classes (mais sait-on où est passé Groucho Marx ?), encore moins une vallée de larmes (et comme le chantait la petite fille de français moyens, elle aussi : "laisse les gondoles à Venise" !, en clair "let bygones be bygones !" comme dirait Lady Gaga si elle participait à ce défi)...

Pour finir, vous n'échapperez pas à "Une petite cabane" car j'ai vu il y a peu une émission sur cette grande dame blonde brune, vous me le pardonnerez...

Une petite cabane

Au fond de moi

Etouffante petite boîte

Pleine de lois

Une petite cabane

Dans laquelle on n'jouait pas

Seule, je la revois, parfois

Si, mi, fa, ré, sol, do, la...

DSCN9612Voilà, cette cabane révèle un peu de mon enfance sage et de mon adolescence plutôt romantique... moi qui ne suis plus vraiment ni l'une ni l'autre !

19 juin 2010

Faut pas rêver... (Fafa)

 

Bientôt trente piges que j’me la construis ma p’tite cabane. Avec des potes ont a commencé vers douze, treize ans. On était une p’tite bande de branleurs, on avait pas un rond alors on piquait c’qui nous fallait par ci par là.

 

Vers seize ans quand on a pu s’servir de matos un peu plus costaud et surtout qu’on avait c’qui fallait pour transporter, là on a commencé à s’y mettre sérieusement, ça commençait à avoir d’la gueule not’ histoire.

 

Et pis on s’est mis à traîner avec des gus un peu plus vieux qu’nous, forcément, ados pré-pubères avec les hormones en folies, fallait pas rêver qu’on passe au travers. I’avait deux, trois cons mais i’en avait aussi des sympas qui nous ont donné des coups d’mains, parc’qu’eux, leurs cabanes, ben e’ commençait à être bien avancée déjà.

 

J’me rappelle pas d’tous les blazes mais i’en a un en particulier qui m’a bien aidé. Du coup on est resté super pote et on s’est plus lâché, Fredo qu’i’ s’appelle. On avait les mêmes envies, les mêmes idées pour not’ cabane. Alors on s’est mis à la faire ensemble, inséparables qu’on est dev’nus d’ailleurs en c’moment on y est ensemble dans not’ cabane.

 

Si vous pouviez la voir, un vrai p’tit cocon. Oh elle est pas très grande bien sûr, on fait avec c’qu’on a mais on en est content, on s’y sent bien. Les copains viennent nous r’joindre de temps en temps, c’est cool, on discute, on fait des plans pour améliorer les cabanes, pour avoir des murs plus solides, qu’ce soit plus dur de v’nir nous en faire sortir (même si on a passé l’âge que les vieux viennent nous chercher par la peau du cul pour nous ramener à la maison avec une bonne torgnole en prime en gueulant comme des baleines qu’on veut leur mort, faut dire qu’i’en a déjà pas mal qu’on cassé leur pipe).

 

C’qu’on rêve tous d’avoir c’est la super cabane avec les donjons, les remparts, mais celle-là... Faudrait tenter le Jackpot pour s’la faire, p’t-être un jour, on sait jamais.

 

Les amateurs de cabane, c’est comme qui dirait un club, tout l’monde ‘y rent’ pas, faut avoir fait ses preuves. La mienne commence à êt’ pas mal connue j’dois dire, i’ en a même qui d’mande des tuyaux, ouais !

 

La prochaine fois qu’j’y r’viendrai, j’f’rai c’qui faut pour pouvoir y rester un bon moment. Le seul truc chiant quand on y est, c’est qu’les bigophones ça marche pas terrible, mais bon, i’a pire, i’en a qui on qu’des trous ou des tôles, ‘faut pas qu’on s’plaigne...

Publicité
19 juin 2010

La cabanimaginairêve (Lorraine)

Delphine vit dans le faubourg avec sa maman, deux pièces d’une vieille maison grise. Devant, la rue oblique aux pavés usés ; derrière, un terrain vague sans horizon. Les enfants s’y ébattent après l’école. Delphine y retrouve Hélène ou Martine. A dix ans, on danse à la corde, on joue à la marelle et parfois, avec les garçons, on entame une course à qui arrivera le premier au coin du boulevard.

Mais cette année, les garçons disent non : ils bâtissent une cabane. Des bouts de troncs d’arbre, des branches, des clous, un marteau, des outils prêtée, empruntés ou…dérobés, en ce mois de juillet c’est la fête des gros bras. On tape, on scie, on érige, on commente. Les filles, à l’écart, admirent.

- On en fait une aussi ? demande Hélène qui ne doute de rien.
- On ne saura pas. Eux, ils sont forts.

Delphine se tait ; une cabane, pour elle qui n’a même pas d’appartement ! Elle aimerait pourtant, une cabane qui serait un petit refuge, un coin personnel tout doux, une cabane, oui, mais pas trop petite. Pas trop grande non plus. Les garçons s’encouragent à coups de « Ca va, Jacques ? T’en sors, Emile ? » ; les murs, un peu vacillants, se dressent. Ca discute, ça rouspète. Ca avance.

Le dimanche après-midi, elle est presque seule . A l’aide d’un cailloux, elle trace des lignes dans la terre.

- Qu’est- ce que tu fais ? demande Martine.
- Je joue « maison ».

Et elle continue, affairée. Elle parle toute seule, hésite, trace un angle ici, un long trait là, un corridor, une salle de bain, un salon et des canapés, oui, il en faut, c’est évident. Pour s’asseoir comme une dame, jambes bien croisées, la robe rabattue sur les genoux.

- Tu veux visiter ma maison ? Viens…

Martine la suit ; dans le salon, des fleurs rouges et blanches, un petit bureau et un clavecin. « C’est quoi, un clavecin ? ». « Pour faire de la musique, quand on a suivi des cours ». Delphine ouvre une porte : » ici, vous voyez, Madame, c’est ma chambre. J’ai acheté ce couvre-lit en velours bleu, j’aime tellement le bleu ». « Moi aussi », dit Martine, respectueuse. Les deux fillettes tournent vers l’escalier qui monte à l’étage ; une large baie vitrée ouvre sur le jardin. « Car nous avons un jardin, vous le voyez, Madame ? » « Oui, répond Martine penchée à la croisée. C’est la chambre de ta maman, ici ? ». « La plus grande, tu vois. Moi la petite me suffit »…

L’été passa. Les années passèrent. Delphine se souvient. De la cabane impossible, elle avait fait pendant tout un mois cette maison chaque jour renouvelée. Cette maison qui contenait, elle le sait, tous les rêves interdits , les miroirs ciselés, les abat-jours de taffetas rose, les escaliers cités, les somptueux tapis, l’imaginaire d’une enfant pauvre qui n’attendait rien de la vie…

 

19 juin 2010

Je rêve d'une cabane... (Tata Béa)

J'ai mis le toit
On ne met pas d'abord le toit !
Mais je mets ce que je veux moi :
Un ballon
Un guéridon
Des bonbons
Un édredon

Et puis mon cœur,
Pour attendre le tien.
J'attends jusqu'à demain
Vers quatre heures !
Il y aura des gâteaux
Puis des abricots
Ensuite bien au chaud
On pourra faire dodo

Une cabane avec des rideaux..
Un petit coin à moi
Pour te revoir , toi

Mais on ne fait pas, comme ça
Une cabane dans la rue, là
Allez, ouste.. c'est pas beau !

19 juin 2010

cab’animalGINArêve (rsylvie)

Petite déjà, Gina rêvait d’une maison bleue

A dossée à la colline,

On y vient à pieds, on ne frappe pas….

Oups on s’égare ! 

Oui c’est ça.... d’une maison dans les nuages, loin des bruits de la ville, loin de la pollution.

Comme un hâvre de paix, où ses nombreux frères et sœurs pourraient venir se reposer. Pas un de ces clapiers des villes, où vous vivez entassés les uns sur les autres, sans le moindre petit coin d’herbe tendre.

Non, une résidence en pin naturel, rien que pour elle. Faite de ce noble matériaux qu’est le bois de nos forêts. Cette cabane, gorgée de sève, nourrie du vent, aux veines harmonieusement tapissée, avec les années serait sa dernière demeure. Celle où se partageraient fous rires et souvenirs d'enfance, autour d’une bonne bouteille de Chamberland et d’un civet encore fumant.

(Par exemple)

allé... bon WEnd au vert à vous aussi

19 juin 2010

Défi #111‏ (Vegas sur sarthe)

Quand Loulou (Gasté) a composé sa cabane je tétais encore ma mère... après bien des années et autant de cabanes j'ai gardé le souvenir de la musique mais j'ai oublié les paroles... alors j'ai mis les miennes

Ma cabane en allumettes
je l'ai faite avec Lisette
ah Bon Dieu qu'elle était chouette
sa risette
Mais on a frotté trop fort
aujourd'hui j'en Soufre encore
dans ma cabane en allumettes

Ma cabane au pilotis
prenait l'eau, de l'eau de pluie
qu'on vidait toute la nuit
sapristi
En guise de serpillières
les jupons de Bérangère
dans ma cabane au clapotis

Ma cabane au safari
résonnait de bien des cris
d'étourneaux et de loris
bain-Marie
On les mangeait en brochettes
à l'abri de ma cachette
dans ma cabane au canari

Ma cabane au radada
J'y emmenais Monika
pour goûter sa langue au chat
tralala
Sa porte n'avait pas de clé
pourtant elle était bouclée
(Alors j'y ai pénétré)
dans ma cabane au radada

Ma cabane au cadenas
J'y reviendrai avec toi
sans Céline ou Monika
ça va d'soi
Le grand Nord est pas pour nous
on rêv'ra du Lavandou
dans ma cabane au caribou

12 juin 2010

Défi #111

Ohé, Ohé ! Bientôt l'été !Projet_Cabane

Qui veut construire une cabane ?

Qui veut rêver d'une cabane ?

Qui veut se souvenir de sa cabane ?

Comment la voyez-vous, sa forme, ses matériaux réels ou inventés ?

Allez, allez, construisez,  imaginez, emmenez nous à la découverte

de votre hâvre de paix , rempli de musique ou de silence, de jeu, de joie,

de complicité, de nature, de rêve ...

Envoyez nous  vos "cabanimaginarêves" à samedidefi@hotmail.fr

Couverture du Livre : "Graines de Cabanes" de Philippe Lechermeier et Eric Puybaret chez Gautier-Languereau.

12 juin 2010

Ont déjà jeté leurs D

12 juin 2010

Défaite de Don Juan (MAP)

D_faite_de_Don_Juan

Elle avait plus d’une tournemaline dans sa dioptase ! Quand elle referma son amphibole, sa cordialite m’enserra la glotte. J’ai aussitôt ressenti une titanite aigüe  qui me fit oublier en un instant la chaude partie d’andalousite qui venait de se feldpasser  entre elle et moi !

La scapolite m'envahit et je tombai sur le coup dans les tobernites.

La vie ! Quelle conicalcite !!!













12 juin 2010

Dites donc dolmen dur et doux (Venise)

venise

12 juin 2010

Dé... Déé... Dééé... Dégrafe ! (Walrus)

willem... Ai-je réussi à articuler alors que ma tronche prenait déjà des reflets d'améthyste.
Mais elle est sourde, ma parole !
Elle a des sablières au fond de ses esgourdes.
Bon dieu, je crois jouer dans un remake des seins de glace.
C’est minéral, la glace ?
Y a à boire et à manger me direz-vous.
À quoi on pense quand même « in articulo mortis ».
Tandis que mille petits diamants brillent sous mes paupières closes et que les rubis des pétéchies constellent la peau de mon visage, je pense à ce crétin de Baudelaire et à sa géante.
T’en foutrai, moi des « à l’ombre de ses seins » .
Y manque pas d’air le salaud, tandis que moi…
Dégrafe, bordel !
J’essaie de crier mais je peux juste penser, j’ai le gosier comme passé à l’émeri.
Et l’autre qui continue à essayer de faire entrer deux Mont Blanc dans de ridicules bonnets E.
Et côté douceur, je te dis pas, y sont en granit ses roberts.
Je vais finir broyé dans une faille et j’suis même pas alpiniste.
Non, pas penser « t’avais qu’à pas grimper si t’es pas alpiniste »
Si j’ris, je meurs ! J’suis pas dans la mélasse, ou le bitume, c’est pareil, ça poisse.
Remarque, si j’ris pas, je meurs aussi.
Alors… mouaaaarf !

12 juin 2010

Défi 110 (rsylvie)

   

petite pause récréative pour les élèves stagiaires
du laboratoire "sam'diDEFI",
pendant que le docteur es.physica Rsylvie
démontrera ci-dessous,
l'esprit des œuvres du dessinateur Willem (Bernhard Willem Holtrop)

 

« Denise, du doigté !"

afin de vous exposer ci-après le défi de ce jour,

observons les péridotites fertiles où l’amante semble s’amuser de sa proie

"Des roches, ma mère, rien à craindre ! "  

Sont les derniers mots de Félix, fort occupé
à se dégager de l’opulente poitrine de sa partenaire. Qui,

quelques minutes plus tard, lors d'un prélude informatique avec notre fameux dessinateur en recherche d'inspiration numérique, découvrait que la complexité de constituants simples réagissait aux étranges lois de la chimie moléculaire .
"Bernard, Am0ur... je crois avoir compris ce qui régit les rapports au monde minéral.... je cristallographie
"

   

   

12 juin 2010

Diégo dégoûté du déduit découvre duplicité Disneyenne distraisante (Joe Krapov)

Il faisait une chaleur d’enfer par-dessus Los Angeles. La ville était quasiment endormie en cet après-midi du 22 juin 1806. Consuela avait retiré sa large crinoïde et lui son calcite. Ils s'étaient mis nus au lit.

Il tirait la langue. Leur aventurine adultérine durait depuis quelques mois maintenant. Si lui était libre comme l’air, elle était l’épouse d’un militaire. Non pas d’un Feldspathmaréchal car il y avait peu de Teutons dans la région mais d’un simple sergent espagnol, Maurizio Demetrio Lopez-G.

Elle s’était endlichitée de Diego dès qu’elle l’avait aperçu à sa descente du train, de retour d’Espagne. Elle lui était tombée dessus comme une météorite ardente, avait joué de son regard d’opale, de son œil de tigre. C’était une grosse tourmaline et lui, quelque peu sidérite, emporté par cet ouragan, s’était retrouvé tlès lépidolite, chevauché en amazonite par ce volcan. Elle avait découvert ses bournonites, sa kornérupine qui tirait un peu dans les coins et elle l’avait, par jeu, baptisée Stilbite bien qu’il ne fut pas Zircon VI. Bref, tout comme Elsagite Tréolite et son Aragonite, tout chrysocollait magnifiquement entre Diego et Consuela.

Simplement, ils n’étaient pas du même bord politique et il avait jugé bon, ce jour-là, de faire juste une mise au point avec sa Jackie Quartz.

- Ce gouvernement de Monastorio, c’est plus que je n’en puis supporter. Il opprime les Indiens comme les paysans et il taxe les citoyens d’une manière éhontée. Je ne sais pas ce qui me retient…
- Voyons, Diego, tu as par trop la tête près du bonnet ! Tu es toujours prêt à t’emballer. Est-ce que tu es sûr que tu n’en fais pas un peu héliotrope par moments .
- Enfin, ma Pierre de Lune, ce tyran s’emplit les poches sur le dos de tous et nous devrions laisser sévir cette espèce de sodalite sans broncher ? Non ! Bien malachite ne profite jamais ! Il faut que ce proverbe trouve sa concrétisation dans la réalité d’ici peu !
- Je trouve qu’en matière de politique, tu kunzites toujours un peu trop ! Tu as trop de choses dans le cabochon. Veux-tu que nous remettions le couvert ?
- Non, tu es bien gentille, ma Rose des sables, mais il fait trop chaud. On l’a déjà fait cinq fois ! J’ai la biotite en calcédoine !
- Allonge-toi ! Ferme les yeux ! Je vais les couvrir pour que la lumière n’abime pas tes superbes azurites, mon bandit muscovite !

DDS110_Willem


Par jeu, elle dégrafa à nouveau son soutien-gorge et lui posa les bonnets sur les yeux. Diego se laissa aller. Il avait mal au ventre. Etait-ce parce qu’elle lui avait resservi deux fois du chili con carne avant leurs ébats ? Etait-ce de s’être excité contre elle puis contre cet imbécile de gouverneur de la Californie espagnole ? Toujours est-il qu’il faillit aller au renard.

Finalement, il se mit à somnoler et eut des visons étranges : un peuple d’esclaves muets défilait devant l’alcade avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Non au préservatifs oraux ! ». D’extraordinaires machines munies de deux roues et d’une longue trompe de tamanoir s’agitaient dans tous les sens et avalaient de la poussière. Puis il y eut une tempête, un éclair, un cheval au galop…

Il sursauta et se réveilla. Une idée géniale venait de surgir hors de la nuit. Tous ces éléments s’étaient mélangés. Il se rhabilla, embrassa sa maîtresse et partit sans rien lui dire de son projet fou. Simplement, par bonté d’âme envers elle, il se promit que le justicier masqué qu’il allait devenir ne truciderait jamais le sergent Garcia.

m_kil_konsergent_garciam_kil_kon

12 juin 2010

Distraction dommageable (Papistache)

 Paula Reine n'avait jamais eu de bonheur avec ses amants.

Elle les perdait tous de la même façon : un beau matin, ils cassaient leur pipe, s'en allaient au champ d‘naviots, et là-bas les vers les mangeaient. Ni ses caresses, ni la peur du marbre du tombeau, rien ne les retenait. C'était, paraît-il, des amants incontrôlables, voulant à tout prix en finir avec l’existence et le sel de la vie.

La brave Paula Reine qui ne comprenait rien au caractère de ses amants était affligée. Elle disait :

- C'est fini ; les hommes s'ennuient chez moi, je n'en garderai pas un.

Cependant, elle ne se découragea pas, et, après avoir perdu six amants de la même manière, elle en séduisit un septième ; seulement, cette fois, elle eut soin de le prendre tout jeune, pour qu'il s'habituât à demeurer chez elle.

Ah ! Gringoire, qu'il était joli le petit soupirant de Paula Reine  ! qu'il était joli avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses cheveux noirs et luisants, ses souliers zébrés et ses longues moustaches brunes qui lui ourlaient la lèvre ! C'était presque aussi charmant que le cabri d'Esméralda, tu te rappelles, Gringoire ? - et puis, docile, caressant, se laissant traire sans bouger, avec l’art de prendre son pied en gémissant à peine. Un amour de petit sigisbée.

Paula Reine avait dans son mas un lit clos tendu d'aubépines brodées. C'est là qu'elle mit le nouveau pensionnaire.

Elle l'attacha à son pieu, au plus bel endroit du divan, en ayant soin de lui laisser beaucoup de corde, et de temps en temps, elle venait voir s’il était bien. Le soupirant se trouvait très heureux et la broutait de si bon cœur que Paula Reine était ravie.

- Enfin, pensait la brave femme, en voilà un qui ne s'ennuiera pas chez moi !

Paula Reine se trompait, son amant rendit l‘âme. Il repose sous le schiste.

Adieu, Gringoire !

L'histoire que tu as entendue n'est pas un conte de mon invention. Si jamais tu viens entre Maures et Esterel nos ménagers te parleront souvent du « petigo tourteraoú de Paúlà Arènaú , que fue estrangolado para la neui entréo lou soutiféo de sua doulcinéa y sua gargameléou, porque la  Paúlà Arènaú estabada particoulièramenta esdistraitéa quondá se habia esprisso lou piè suia ».

Tu m'entends bien, Gringoire.

Hommage à Paul Arène


12 juin 2010

Dodue Didon drague drôlement Doudou, dis donc... (Zigmund)

Dodue Didon drague drôlement Doudou, dis donc...

54010889_m_2_

Depuis quelque temps,  Didon  Stilbite  tourne autour du géologue bien connu  Doudou Coquimbite ; elle lui a proposé une rencontre amicale autour d'une Margarite.

De fil en aiguille,  la conversation a glissé sur l'équitation.

Sur le dessin, nous voyons Didon qui montre à Doudou comment elle utilisa son soutien gorge pour guider son chameau en plein désert.alors qu'elle était partie à la recherche de roses des sables.

et hop...eïte !  Dans quelques instants,  elle pourra récupérer le diamant que Doudou a volé à Poupoune

moralité : bien malachite ne profite jamais

bibliographie : la grande encyclopédie des minéraux 5rudolpf Dud'a et Lubos Rejl  ( Gründ 1989)

12 juin 2010

Un Diamant brut... (Fafa)

Les crocs acérés et laiteux s’étaient enfoncés sans un effort dans la peau d’opaline, glissant entre les côtes juste en dessous du sein gauche avant de perforer le poumon et de transpercer le cœur.

La fibrillation n’avait duré que quelques secondes avant l’asystolie mais cela avait suffit à répandre une grande quantité de liquide chaud et visqueux sur les draps de soie brillante comme le mica.

Le sang coagulé formait comme une sorte de Druse dans la plaie béante. La bête, comme enivrée  par l’odeur du sang contemplait fascinée, comme en transe, sa victime inerte alors que des spasmes de plaisir sauvage l’assaillaient encore.

J’avais fait la connaissance de Desdre deux jours plus tôt. Stein nous avait présenté au cours de la soirée de vernissage de mon exposition. J’étais arrivé la veille par le train. Mon contact sur place m’attendait debout au milieu du hall de la gare de Dresde avec une petite pancarte en travers de la poitrine sur laquelle on pouvait lire « Green Diamond », nom de mon travail en référence à la forêt primitive équatoriale.

Arrivé à sa hauteur, armé de mon sourire le plus avenant et la main tendue je m’étais présenté.

-         Philippe Couartse, enchanté !
-         Oh bonjour Monsieur Quartz, je m’appelle Stein Hart, c’est un plaisir, j’aime beaucoup ce que vous faîtes !

Il paraissait sincère et cela confirmait ma première impression issue de nos quelques conversations téléphoniques. Stein m’avait alors conduit jusqu’à mon hôtel pour y déposer mon sac de voyage et prendre les clés de ma chambre avant de me conduire jusqu’à la galerie.

Légèrement en sous-sol, la vaste pièce était éclairée par une large vitrine qui courait tout le long de la rue, les murs étaient uniformément blancs et mats comme du talc et le parquet entièrement cérusé. Toutes mes photos étaient accrochées aux murs ou sur des cloisons mobiles, immaculées elles aussi. Le résultat était du plus bel effet, tout de simplicité et de pureté, le contrepoint parfait de mes sujets.

-         C’est parfait Stein.
-         Ravi que cela vous plaise Monsieur Quartz.
-         Cessez donc de me donner du Môsieur sans arrêt Stein, appelez-moi Philippe !

L’inauguration était le lendemain et l’agencement me convenait tout à fait, inutile donc de s’attarder plus. Je suggérais à Stein de me faire découvrir sa ville si aucune autre obligation ne l’attendait. Il me déclara alors d’un air malicieux qui confinait à la perversité qu’il était célibataire et me promit que je ne serai pas déçu de ma soirée.

Après un dîner de spécialités saxoises où les liquides le disputèrent au solide avec succès, mon compagnon de débauche m’emmena de bars en brasseries et de pubs en tavernes jusqu’au fameux Dresden Green, le haut lieu des nuits de la cité.

Les tentures de velours, les sofas profonds et moelleux, les petites lampes aux abat-jour de jade, la musique cap verdienne, tout n’était que calme et volupté dans cette cave transformée en club privé. Après avoir vidé une nouvelle bouteille d’un excellent Cognac, nous décidâmes qu’il était plus que temps de rentrer si nous ne voulions pas transformer la journée à venir en fiasco.

C’est alors que je la vis, elle venait de déposer son manteau au vestiaire et se dirigeait vers une niche où se trouvaient déjà réunis quelques noctambules notoires et passablement éméchés.

Son corps enserré dans un long fourreau noir qui en soulignait toute la générosité n’était que sensualité, sa chevelure d’onyx brillant caressait ses épaules nues et lorsque son regard d’émeraude croisa le mien je sentis un frisson me parcourir la colonne vertébrale.

-         Qui est-ce ? demandais-je aussitôt à Stein.
-         Elle est belle n’est-ce pas ? Elle s’appelle Desdre. Je te la présenterai demain, je l’ai invité, mais gare à toi, elle est dangereuse à plus d’un titre, c’est une Mante qui n’a rien de religieuse...

La nuit fut courte et mon sommeil agité, je rêvais de mantidae dévorant la tête de son malheureux époux.

La journée passa très vite avec les derniers préparatifs, il faut dire que je ne m’étais pas levé de bonne heure, pestant contre l’imbécile qui jouait du marteau piqueur dans mon crâne, ratant coup sur coup le petit déjeuner puis le déjeuner au profit de quelques Aspirines et de la pénombre. Vers vingt heures les premiers visiteurs arrivèrent et le bal des serrages de mains commença, tantôt celle d’un politique local venu montrer sa fibre « écolo », tantôt celle d’un petit snobinard venu démontrer son ignorance et encore celle d’un critique venu étaler son inculture.

Je désespérais que tout cela se termine. Mes photos rencontraient un franc succès, cet étalage d’immondices, de plage polluées, de silice transformée en verre par la chaleur du feu nucléaire d’une centrale hors d’âge sur ces murs virginaux, tout cela était dans l’air du temps et on se les arracherait bien sûr mais toutes mes pensées étaient tendues vers Elle.

Quand enfin Elle arriva, un silence de cathédrale avait figé toute l’assemblée, à peine troublé par le tintement cristallin de quelques glaçons contre le Bohème. Elle portait une robe lapis-lazuli largement fendue sur le devant qui avait dévoilé à chaque marche, la blancheur de porcelaine de ses cuisses.

Après un rapide tour, elle se dirigea vers Stein et moi.

-         Desdre, je te présente Philippe, l’auteur de ces clichés. Philippe, je te présente Desdre.
-         Ravi de faire votre connaissance.
-         Desdre est italienne.
-         Ah ! Et d’où exactement si ce n’est pas indiscret ?
-         Cela n’a rien d’indiscret, d’un petit village au pied du mont Cristallo dans les Dolomites, ravie également.

Sa voix, sa silhouette, tout en elle me faisait penser à Gina Lollobrigida dans Fanfan la Tulipe. Je sentais mon cœur battre jusque dans mes tempes, mon visage s’empourprer et mon esprit s’affoler. Elle me prit alors la main pour me guider vers ce shoot qui représentait un bûcher en noir et blanc et que j’avais intitulé « Pile à combustible ».

-         Je trouve celle-ci originale, elle n’est pas laide comme les autres, j’ai une cheminée chez moi, voudriez-vous la voir ?
-         Avec plaisir !

Je savais pertinemment  qu’il ne s’agissait que d’un prétexte pour m’inviter chez elle et je n’avais pas pu cacher mon excitation au travers de ces deux mots.

Nous nous éclipsâmes rapidement, non sans une dernière mise en garde de Stein.

-         Méfies toi Philippe, elle a le cœur aussi dur et froid qu’un Diamant, c’est une panthère et elle a les griffes pointues comme les cristaux qu’elle collectionne ! On dit même des choses sur elle, certains de ses amants de passage auraient disparu sans plus d’explications...
-         Occupes-toi bien de nos derniers invités Stein, je te fais confiance. Merci.

Desdre habitait un grand et luxueux duplex dans le centre de Dresde, la cheminée trônait au beau milieu du salon et sa chambre occupait toute la mezzanine. Durant deux jours nous ne quittâmes quasiment pas l’étage, à peine allions-nous chercher un peu à manger dans la cuisine et rajouter quelques bûches.

Elle me raconta son enfance et comment, avec son père, elle allait « cueillir » tous ces fragments de roches qui emplissaient son intérieur aujourd’hui mais qu’à l’époque ils allaient vendre sur le marché de Cortina d’Ampezzo à d’opulents touristes « ...pleins d’fric ! » venus skier ou gravir le majestueux Cristallo et qui n’avaient pas besoin de travailler, un peu comme moi d’ailleurs se moqua-t-elle. Elle détestait ces vieux libidineux qui se foutaient de ses trésors et ne s’intéressaient qu’à sa plastique parfaite. Elle me raconta les mains baladeuses qui lui donnaient envie de vomir mais qu’elle supportait pour qu’ils finissent enfin par donner les quelques pièces dont la famille avait tant besoin. Elle me raconta comment son père lui apprenait les nœuds pour bien s’assurer lors de leurs quêtes. Elle m’expliqua comment elle avait décidé de reprendre à « ...ce gros porc de bourgeois... » i Denti del Diavolo, une magnifique pièce de quartz d’une pureté rare qui ornait sa table de nuit parce que d’après elle « ...il ne la méritait pas. »

-         Une Duretée de 10 sur l’échelle de Mohs et il s’en serait fait un vulgaire presse papier, même pas en rêve crevure ! Tout en parlant elle me montrait les différentes combinaisons de boucles et de passants qui faisaient un nœud solide. – Tu as déjà fait ça attaché ?
-         Non pas jusqu’à maintenant. Et il n’a pas fait d’histoire pour te la rendre ? Pourtant il l’avait payé.
-         Il a pas eu l’choix. Elle venait de terminer le deuxième Bachmann qui m’entravait les poignets.

Mon excitation, mêlée d’une sensation indéfinissable, quasi animale, était à son comble lorsque ses reins reprirent leur rythme saccadé. Quelque chose avait changé en moi, ou en elle, ses yeux, plus la même couleur, que m’avait dit Stein sur ses yeux ? Mon esprit refusait toute sollicitation, une vague lente montait en moi jusqu’à me submerger...

-         On raconte que parfois ses yeux abandonnent le vert émeraude pour celui des eaux sombres des lacs des Dolomites et qu’alors mieux vaut garder ses distances.

Je tournais la tête pour éviter son regard et chasser cette pensée, i Denti del Diavolo n’était plus sur le chevet. La vague finit de me submerger, à travers la douleur libératrice je vis ses yeux rubis.

Liste des mots en rapport avec le monde minéral commençant par la lettre D :

Desdre : prénom qui signifie diamant.
Diamant.
Diamond.
Duretée : sert à qualifier les minéraux (sur l’échelle de Mohs de 1 à 10).
Druse : formation de cristaux qui remplissent une fissure longiligne dans la roche.
Dolomites : famille de minéraux et accessoirement massif alpin.

12 juin 2010

Désolée du désordre, donc ! (Kate)

- Pierre, on m'appelle Pierre, m'avait-il dit, souriant, en m'offrant une coupe au bar. Et vous, mademoiselle ?

- Diamant, mais on m'appelle Diam, c'est plus court !

Droit au but, un début tout bête et tout téléphoné, comme tant d'autres... et si mes charmes extrêmement utiles pour ma profession libérale répertoriée parmi les plus anciennes à la Chambre (des Métiers) faisaient prospérer mon bas de laine et croître l'envie de mes consoeurs Jacky (Quartz) et Gypse (Iking), le gars, par ailleurs assez jeune, emmanché d'un long cou et fort quelconque, semblait plein aux as et avait payé toutes les tournées rubis sur l'ongle, enfin...

- Vous travaillez dans quoi, Pierre ? (rot de ma part mais super discret, la deuxième bouteille de champ' passant plutôt mal, ce soir...)

- Les affaires, les pierres...

- Précieuses ?

- Oui, aussi précieuses que vous, Diam, et j'ai une collection unique.

- Vous me la montrerez ?

- Bien sûr, Diam, si tu es gentille...

- Oh, Minet, (rot retenu, là in extremis, mais ce champagne devait donc être du plus mauvais tonneau, ah, la taulière, putain, la vache !), minaudai-je, juste pour la forme, le scénario étant aussi clair que du cristal de roche, enfin...

- Je suis descendu à l'hôtel, à deux pas d'ici, deux rues plus bas.

- Je te suis, je connais, c'est l'Oeil du Tigre.

Dans l'ascenseur, il ne m'abreuve que de diaphorite, diaboléite, dimorphite et autre dundesite (il avait pas mal bu, lui aussi) et ma tête tournait en boucle comme mon ordi quand il n'en peut plus et avec tous ces noms barbares, je craignais le bug, enfin...

Et ma collection de pierres par-ci, ma collection de pierres par-là... Curieusement, je commençais à me demander s'il n'était pas plutôt fils de géologue ou vaguement étudiant en géologie ou quelque chose comme ça mais il était un peu tard pour reculer et ce n'était pas trop mon genre, enfin... Sa collection, j'avais, allez savoir pourquoi, un peu moins envie de la voir et je me sentais de plus en plus vaseuse, mes calculs, sans doute, vieux démons, me relançaient... Mais je n'allais pas reculer quand même !

Cependant, il faut reconnaître qu'il avait lâché pas mal d'argent au Club d'Ambre et les collègues envieuses en ces temps de crise m'avaient discrètement regardée partir, enfin...

- Diam, un verre ?

- Oui, merci. Ta collection ?

- Ma collection, tu vas la voir bientôt mais sois un peu patiente, tu l'apprécieras d'autant plus...

Trois heures du mat', quand même, si c'est pas être patiente, ça ! Or, en plus des nausées, envie de dormir, de relever ma messagerie et de réinitialiser mon disque dur, le tout plus ou moins en désordre ! J'ai donc été gentille et patiente et patati et patata, et un gin fizz et un coca light, tout ça plus ou moins dans le désordre aussi, M'sieur l'Commissaire...

- Et la collection, vous l'avez vue, Mademoiselle ?

- Oui, oui, la "collection de pierre", tout ça sans "s" et sans majuscule non plus, à n'y rien comprendre, pas mon jour de veine, enfin...

J'étais tombée sur un mytho qui s'était plus ou moins joué de moi et, ce que je ne supporte absolument pas, ayant été pour ma part et sans me vanter, championne d'orthographe en 1987, c'est d'avoir rencontré quelqu'un qui, en lieu et place de la collection de pierres (ou de Pierre) tant escomptée, m'a présenté ceci !

IMGP2143

Alors, légitime défense et désolée du désordre, donc !

 

Publicité
Newsletter
Publicité
Le défi du samedi
Publicité