Quelques jours s’étaient à peine écoulés depuis la disparition du régisseur du parc .Toute l’enquête avait conclu à un meurtre et la police scientifique commençait à sonder le parc.
Dépité d’attendre l’élucidation de ce meurtre j’ai mis un fin limier sur l’affaire
Et pan sur le bec de Monsieur l’Inspecteur.
Mon fin limier claironnait à qui voulait l’entendre que la brigade scientifique ne détenait pas les parangons de la vérité .
La piste me paraissait séduisante. Le régisseur du parc c’était volatilisé dans une autre dimension . Une sorte de porte vers un autre univers.
Cette version des faits m’enthousiasmait.
Histoire de mettre les pendules à l’heure, je décidais de convoquer la presse et de faire une déclaration commune.
Certes c’était acrobatique de soutenir sans nuance l’existence d’une troisième porte (il existait deux grandes portes dans le parc ) mais la troisième s’ouvrait vers l’univers intergalactique. Il suffisait de la chercher.
Mais on n’était pas tenu comme la police officielle d’avoir des conclusions ringardes.
Et puis de quoi se mêlait la police en ces temps difficiles.
On avait un meurtre sur les bras et le parc avait été fermé pour cause d’enquête.
Il n’y avait pas de quoi fouetter un chat que de penser que le régisseur même mort ici était en train de s’envoyer en l’air sur une autre planète.
Notre déclaration a la presse devint vite virale.
En convoquant le fameux principe de Paracelse selon lequel, je vous le rappelle « l’effet d’une vérité dépend du niveau d’exposition ‘ ma déclaration eu l’effet d’une bombe humaine.
Des milliers de touristes ont afflué derrière les grilles fermées du parc ?
On faisait figure d’OVNI . Les gens campaient , chantaient aux abords du parc jusqu’au jour où ils firent sauter les scellés pour voir la porte de l’univers .On était comme à Woodstock en 69 sauf que le parc faisait 1hectare .
Notre principale faiblesse dans cette situation mon fin limier et moi c’est de ne pas avoir vu venir la déferlante d’idiots que contient notre planète
J’avais qu’une envie c’était de trouver la porte vers l’univers pour les envoyer Petre ailleurs
L’enquête policière avait volé en éclat ...
Le juge d’instruction s’était déplacé en personne il était fou de rage .
Il criait sur les flics je me suis approché de lui et je ne sais pourquoi j’ai crié
Il n’y a aucune preuve que fumer soit une cause de cancer du poumon. » Alors pourquoi mon mari le régisseur du parc serait mort assassiné par un homme sous prétexte qu’il a disparu.
Pas question que je vous serre la main me dit le juge d’instruction droit dans les yeux.
Que faire de ces mains quand on ne peut les serrer. La tension était palpable.
Je fis alors preuve d’une étrange créativité.
Il semblait que le juge n’était pas au courant que le régisseur s’était volatilisé au cœur de la galaxie. Je lui ai mis mon point dans la gueule afin de l’expédier sur mars cet abruti.
Je passe devant la statue et je continue. C'était notre point de repère, au cas où nous nous perdrions pendant la visite du château. Mais ne nous sommes nous pas déjà perdus depuis si longtemps...Je ne réclamais pourtant pas l'abondance, non, juste... que tu me fasses l'amour dans un grenier...
Venise ce n'est pas faire n'importe quoi avec n'importe qui, non, mais c'est n'importe quand... alors pourquoi pas maintenant !Venise est bien en Italie...?
Je pars rêver le long de la baie "Des contes de fées", écouter les secrets des mers bleues où naviguent des bateaux sans retour, où pleurent des marins sans repos, un coquillage posé sur mon oreille. Les cheveux défaits par le vent frais du large, sur le "Vaporeto", j'irai caresser le soleil de Burano. Parée de ses filets d'or, guirlande scintillante, je me balancerai au gré de la brise tiède qui effleure les dentelles légères, suspendues aux façades colorées de l'île enchanteresse.
Mais à l'aube finissante, tel un rai de lumière cherchant son reflet sur l'onde berçante, je me laisserai tomber dans les eaux troubles de ma mémoire. Lentement, de regret en regret, de palier en palier, de bar en bar, viendra le fond. Bientôt, le clapotis de l'eau sur les barques amarrées, ne sera plus qu'un mouvement sourd faisant danser les algues . Deviendrai-je alors sirène, ou juste un corps, toujours et encore...
Mon amour, tenteras-tu de me repêcher, pour m'aimer enfin ou me laisseras tu me remplir de cette eau viciée et nauséabonde ? Me laisseras-tu me gonffler de cette mer grise, fatiguée de charrier autant d'amertume... Attendras-tu que les étoiles s'éteignent et noient le chemin du retour ?
La tâche ne sera pas aisée, je sais...et puis quel appât utiliser pour un presque macchabée, un baiser peut-être, enveloppé dans du papier doré ? Je marche à contre courants, au milieu de ces touristes sans tête. J'accélère le pas et je m'entête, je m'éloigne de ta mauvaise foi. Il ne faut pas que je dérape, que la raison me rattrappe. Cette fois je passe le cap... La liberté est au bout de la rue, je l'entends qui m'appelle :
_" Viens ma jouvancelle ! Viens !"
Rêveuse, je m'imprègne des promesses de ce tableau idylique...Capricieuse, je provoque les démons de ce paradis fictif. Je cours et je revois cette photo où j'exultais, sur la plage, petite...Réussirai-je à retrouver ce bonheur enfantin, cette insousciance perdue ? Réussirai-je à laisser là, tous ces malentendus ? Retrouverai-je la puretée, la beauté...? Non ! tu me rattrapes, c'est foutu !
J'ai la tête en feu, je suis ivre de tous ces désirs innassouvis, de toute cette tendresse mise au rebut. Au Diable les mots ! Avec comme seuls bagages, mes défauts, je m'enfuis. J'abandonne ma chrysalide et déploie mes ailes à nouveau. Vois comme je suis belle ! Regarde une dernière fois ces couleurs pastelles qui déchirent leur voile, vois comme le carmin me sied alors que mon coeur propulse son sang rageur jusqu'à mon front perlé de sueur.
Un camionneur s'arrête à ma hauteur :
_"Ciao dove stai andando cosi ? Dovrei prenderti ? Vado a Venezia ! Monte !"
...Venise n'est pas en Italie...c'est où tu vas, c'est où tu veux, c'est l'endroit où tu es heureux...! La, la, la...La, la, la...!
C'est en tout cas ce qu'en dit mon beau-fils toujours à l'affut de la dernière évolution technique, de l'objectif plus lumineux etc, etc.
C'est vrai qu'il y met du sien et du soin : cadrage précis, réglage de la lumière, de la profondeur de champ, j'en passe et de meilleures, à tel point qu'on craint toujours que le coquelicot objet de toute son attention ne soit fané avant la prise de vue...
Bon, je me moque mais il est vrai que par ailleurs, l'auteur de la photo de la semaine (moi-même donc) ne possède pas l'art photographique sur le bout des doigts !
Quand on examine cette photo, l'intention n'est pas évidente : que veut-on nous montrer ?
L'automne ? C'est manifeste : l'arbre du fond a déjà perdu son feuillage, la haie également, les autres pas encore, les bégonias sont toujours en fleurs.
Le bâtiment de l'orangerie ?
Les sièges de sa terrasse ? (ouais, faut bien regarder, mais le diable est dans les détails)
Le projecteur rectangulaire ?
Le réverbère vert ? (si si, devant l'arbre défeuillé)
Les balustres du muret ?
Le gazon encore vert ?
La statue de la demoiselle à la corne d'abondance ? Pomone peut-être ?
Celle de la dame à l'enfant débordant de la précédente dans le fond à droite et qu'un petit déplacement lors du cadrage aurait éliminée ?
Bref, une très mauvaise photo ! On dirait un selfie (egoportrait pour les Français sourcilleux) où on a oublié de se glisser !
Je me demande bien ce que vous allez pouvoir en faire...
Épisode3 : Et pourquoi pas de la quinine et un passe-montagne ?
L’Adrienne s’assit sur le banc. [C’est beau le verbe s’asseoir au passé simple, n’est-ce pas ?]
Elle réfléchit. [Le verbe réfléchir est bien moins beau, hein ? c’est tout à fait le présent au passé simple, et c’est là que les histoires deviennent compliquées]
Bon, elle réfléchissait parce que les Taties flingueuses ne se laissent jamais faire !
Celle-ci sortit son smartfaune. Du coup, elle googla [oké, là, le mot est carrément moche, je vous le conviens] TOKYO.
Malheureusement, Google lui faisait la tête et lui montra un tas de renseignements inutiles sur la capitale japonaise.
Même en scrollant, elle ne trouvait rien d’utile. [oui, un peu comme cet épisode, mais je vous jure que je le fais EXPRÈS]. [Nah !]
D'un coup, elle reçut un texto de djaki, l’assistante canine de Don Walrusleone. [djaki étant son codename flingueuse, tu vois ?]
- Aha ! murmura L’Adrienne. Pas besoin ni d’aller au Nordzee, ni de voir TOKYO [une autre Tatie flingueuse experte qui écrit comme un rêve, fait connu par tous les Défiants samediens fidèles].
Alors, elle rangea ses affaires, vérifiant que sa smartflingue était prête pour la semaine prochaine. Elle l’était.
Si s'en vint, au matin, là, Madame Du Parc (le cul et le tétin aussi fermes que nus) c'est qu'elle avait versé, de longtemps ! sa vertu dans l'un de ces bassins qui plaisent aux monarques - avec le gars Justin
Car, si c'est à la brune qu'on prend l'hiboux, la chouette (pour se parer d'un masque ou d'une autre perruque) l'humidité du soir l'indisposait à nuque tandis que la rosée lui titillait la couette
Hélas, Ô jour funeste ! Point de Justin, à l'aube (il avait ripaillé auprès d'autres julies) et Madame Du Parc de ronger sa lubie en cherchant, ci-devant, sur qui jeter l'opprobre - à défaut de son gant
Et, faisant quelques pas, vit un particulier (mis comme un roturier, mais pas dégueu, en somme) employer son entier à lustrer une pomme comme il se fût agi de l'or d'un bijoutier
"- Madame, je vous prie, accordez-moi le temps de faire se présent à votre doux minois. "- Monsieur, pour quelle affaire auriez-vous quelque voix ? "- Oh, pas celle de plaire ! On me nomme Satan et m'en vient vous quérir. "
Et Madame Du Parc de rire et se railler chipant du familier la pomme de discorde n'aura pas fait semblant, pleine bouche, d'y mordre ! Voilà ce que l'on dit de cette statufiée...
Ce furent des sculpteurs dans l'atelier de David d'Angers Des ouvriers qui travaillèrent pour Auguste Bartholdi Des oubliés de l'Antiquité face à Praxitèle[2] Jusqu'aux collaborateurs des stars des ventes comme Jeff Koons
Ce furent des jardiniers qui travaillaient pour Le Nôtre Les maraichers qui assistaient Jean-Baptiste de la Quintinie Les petits, les sans grade, les tâcherons, les indispensables Qui œuvrèrent avec Gilles Clément sur le Parc André Citroën[3]
Ce furent les maçons, les ébénistes, les sculpteurs de pierre Qui s'échinèrent avec Brunelleschipour le dôme de Florence Les assistants de Palladio qui contribuèrent à la beauté de Venise Les associés des cabinets d'architectes contemporains comme Nouvel[4]
Il y eut aussi les barbouilleurs, les restaurateurs, les peintres de fond Ceux qui ne signent pas les œuvres mais les font comme les maîtres Dont l'histoire a retenu le dos: Rubens n'aurait su livrer ses nombreuses commandes Sans eux; il y eut enfin des femmes comme Artemisia que la renommée finit par rattraper
Du port de commerce évidemment, le port de plaisance, un des plus grands d'Europe, est plus au sud, dans le quartier des Minimes (et donc plutôt sur le Pertuis d'Antioche).
Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que La Pallice, d'où part le pont vers l'île de Ré, se trouve au bord du Pertuis Breton et que c'est du rivage du Pertuis Breton qu'a été prise la photo-sujet de ce samedi.
La preuve :
Cette tablette d'orientation se trouve à proximité de la Cabane du Pertuis... une crêperie ! Nous y avons bien sûr mangé une galette bretonne bien que le lieu soit situé en Aunis (j'adore les Français qui continuent d'utiliser les noms de leurs anciennes provinces disparues en 1790 et d'appeler "La Royale" la marine nationale républicaine (oui, je sais, je l'ai déjà dit)). Remarquez que de la galette bretonne, j'en ai même mangé à Toulouse, alors...
Du même endroit on pouvait donc apercevoir le fameux pont
Ouais, c'est pas très clair mais c'était au coucher du soleil,
ce qui explique également la couleur roussâtre de la photo de la semaine. Et de toutes les autres que j'ai prises à cette occasion,
J’aurais du mal à ne plus aller la voir Je ne peux rester longtemps loin d’elle Elle me calme me console me cajole Je pourrais rester la regarder du matin au soir
Elle m’hypnotise me fascine Tout près d’elle je me sens bien Elle m’offre une caresse d’embruns Parfois si sauvage et tantôt si câline
Le bruit, sa houle majestueuse L’air iodé la fraîcheur de sa brise salée Son paysage me remplit de joie de gaieté Un bien-être m’envahit et me rend heureuse
Sentir le sable tiède l’eau fraîche sous mes pieds Et attendre la vague et plonger dans cette eau Retrouver l’énergie, recharger mes batteries illico Je sais que cet air marin est mon meilleur allié
D’ailleurs j’irai la voir samedi Pour m’y promener et m’y baigner Si le temps permet de me tremper Vu que je vis en Normandie
Ici les températures sont changeantes Mais rien ne peut m’éloigner d’elle longtemps Et si, il fait frais je ne resterai qu’un moment Car son panorama me comble et m’enchante
La mer est tellement belle Sauvage quelque fois sereine parfois Au printemps l’été l’automne ou l’hiver même froid Je vais me ressourcer en regardant cette demoiselle
C'est une fois ma mère morte, que je me décidai à voyager. Ma connaissance de la Géographie était on ne peut plus vague, aussi, après avoir consulté quelques pages électroniques, je m'envolai, un peu au hasard, pour Israël. Paris / Tel-Aviv, en vol direct, je me laissai séduire... C'était parti pour un dépaysement assuré.
J'étais à deux doigts de pardonner à ma "chère" mère mon expulsion de la maison familiale, trente-huit ans plus tôt ! Ma part d'héritage en poche, j'allais enfin pouvoir prendre le large, sortir la tête de l'eau, bref, troquer mes rames contre une paire d'ailes ! Eh oui, j'allais m'offrir les plus chouettes vacances de toute ma vie !
Un taxi m'emmenait à l'aéroport, comme dans les films... Dans l'avion, je sympathisai avec Cléo, euh...Chloé, une belle trentenaire, une jambe dans le plâtre, que je surnommai d'emblée : Cléopâtre. Esthéticienne et laborantine occasionnelle pour les produits " Tambouille et Compagnie": Les cosmétiques comestibles. C'est un tout nouveau concept, m'expliqua-t-elle, enthousiaste : toutes nos crèmes, toutes nos émulsions doivent impérativement pouvoir être consommées et ne présenter aucun danger pour l'organisme et donc pour la peau ! De fil en aiguille, une complicité se créa et elle me raconta sa vie et ses déboires avec Marc Antoine. C'est alors que sa voix dérailla et monta d'un octave...
_" Je veux mourir ! Je vais me noyer dans la Mer Morte !
_"Avec un plâtre ? qu'elle idée !" Répondis-je quelque peu affolée...(C'était bien ma veine : tomber sur une suicidaire !) La bouche tremblante et l'oeil humide, elle poursuivit :
_"Accompagne moi pour mon tout dernier voyage ! " J'ai menti à mon Patron, je lui ai promis que je prélèverais des échantillons de boues dans cette saleté de Mer pour qu'il me paie le voyage !
Un peu décontenancée, j'improvisai : "Ecoute, fait moi confiance, laisse moi une chance de te faire changer d'avis, de te convaincre que la vie peut être belle, s'il te plait... Je ne vais pas te laisser seule à ruminer une tristesse pareille ! Je ne te quitte plus ! Si au bout de nôtre séjour, tu ne changes pas d'avis, je t'aiderai, je te le promets mais je vais tout tenter pour trouver une meilleure issue à nos vacances si... particulières !"
Je ne sais pas si elle a accepté à cause de la sincérité que contenait le timbre de ma voix ou pour que le curieux à sa droite cesse de tendre son oreille velue, ou encore, pour que j'accepte de pousser son fauteuil roulant, mais elle acquiesca avec un beau sourire, qui me donna envie de chanter sur le champ, "La Reine des Neiges" ! (Allez savoir pourquoi !)
_" Libérééééééééée ! Délivrééééééééée ! "
l'indiscret Monsieur écrasa promptement et tout hurlant, ses deux feuilles de choux de ses deux mains ! Il faillit avoir les tympans perforés ! J'explosai alors dans un fou rire communicatif. Chloé essuya des larmes de joie et de chagrin mêlées. De nouveau sur le sol, nous nous installâmes dans la suite de l'hôtel, réservée par son patron, plus que confortable. Le lendemain, je n'eus pas envie de comparer le taux en sel de ses larmes avec celui de cette Mer Morte, qui dit en passant avait tout d'un lac sans vie, d'après mes recherches : ni faune, ni flore...Je n'avais encore jamais imaginé une mer si immobile et si vide. Je me disais que sa minéralisation exceptionnelle rendrait difficile la concrétisation du funeste désir de ma collocataire...Je pourrais toujours lui expliquer la poussée d'Archimède, en dernier secours, si elle veut bien l'entendre...!
Donc, le lendemain, toutes deux, sublimement vêtues, telles des "Esméralda" mais en plus magnifiques encore, nous passâmes sous " La porte des fleurs" de Jérusalem, au creux de la vieille ville. Les yeux agrandis d'émerveillement, comme elle était belle "ma douce Cléopâtre" ! Il n'était plus question de vilain garçon ni de lamentations. Toutefois, par sécurité, je déposai en cachette, un peu plus tard, une requête griffonnée sur un vieux bout de papier dans une des fentes de ce fameux mur...Pour lui changer les idées, j'oubliai volontairement la visite du cimetière du Mont des Oliviers, mais aussi la "Via Dolorosa" et le temple où repose la Vierge Marie...
Jérusalem, si on veut éviter de parler de la mort, c'est compliqué ! Nous sommes donc parties, elle, protestant contre mon obstination à emprunter des chemins plein de rebondissements pavés, et moi, pestant en poussant son fauteuil récalcitrant, se perdre dans le dédale des ruelles du vieux Souk. On s'acheta toutes deux des babouches et c'est devant l'échoppe des bijoux qu'on fit la connaissance du beau Youcef...J'aperçus une éteincelle dans le regard de ma protégée qui me laissa présager le meilleur comme le pire...
Du fond de l'horizon, le soleil couchant teinte la mer de sombre, d'ombre et de rose moire fripée, brillante et miroitante pailletée d'éclats de diamants senteurs preignantes d'algues iodées La septième vague arrive, la voilà je la reconnais à sa force et à son écume les goélands s'en donnent à cœur joie raillant infatigables, perchés au haut des toits avant de s'élancer pour plonger avec les mouettes, à toute volée
Je savoure cet instant bonheur instant de sérénité instant de contemplation parenthèse enchantée parcelle d'infini somptueuse qui s'offre à vous royalement
Don Walrusleone s’apprêta à partir, mais sans passer quoi que ce soit à L’Adrienne.
- Mais, attendez [NB : on tutoyera la mort dans cette histoire, non pas les morses] !
- Oui ? Faites vite, Demoiselle, j’ai des courses à faire !
- Mes ordres ?
- Ah, vos ordres !
- Oui, mes ordres…
- Ouah ! fit l’une des toutous, elle avait faim et puis elle était sûre qu’elle allait louper l'excellent goûter que madame Walrusleone préparait à la maison.
- Ouah bis ! fit l’autre. [NB : l’autre chien, pas la Tatie flingueuse qui attendait ses ordres].
- Eh ben, dit le grand mafioso belgican, tenez.
Et Don Walrusleone mit dans la main de L’Adrienne, linguiste extraordinaire et guet-à-penser sans pareil, une photo. Celle-ci [NB : L’Adrienne, pas la photo] la regarda.
- Et ?
- Et quoi ? grommela le Chef, car lui aussi commençait à penser qu’il allait louper son goûter.
- Et je fais quoi avec ?
- Vous allez la voir.
- Allez voir la mer ? La femme ?
- Oui, fit Walrusleone, déjà en train de quitter le parc.
- Mais quelle mer ? Quelle femme ? Ou les retrouverai-je ? cria-t-elle.
Walrusleone se retourna, fatigué et l’estomac dans les talons.
- Vous n’y reconnaissez pas la Nordzee ?
- Nordzee ? Le vrai nom de Marion Cotillard est Marion Nordzee ?
- Noooooooooon ! dit-il d’un ton brusque. La Mer du Nord ! Pas l'Amère d'Honor ! Je pensais que vous parliez 6.000 langues ! Et puis d’ailleurs, la femme, là-dessus, c’est elle aussi une flingueuse !
L’Adrienne connut une envie féroce de sortir sa flingue, mais se retint.
- Comment vouliez-vous que je reconnaisse le visage sur la photo ?? Est-ce bien la flingueuse TOKYO ?
- Voilà, dit-il. Mais vous me décevez là, pour la première fois de tout jamais.
- Pourquoi ça ? demanda L’Adrienne, regrettant encore sa flingue.
- Passe que…
- Oui ?
- Passe que…elle est des vôtres...une Tatie flingueuse, ça ose tout.
- Oui, et ?
- …et c’est même à ça qu’on les reconnaît !
Sur ce, le mafioso affamé et affairé repartit avec ses deux cleb’s aux clop’s garde-du-corps, et L’Adrienne, Tatie flingueuse quatre étoiles dans le Guide Flinguelin, savait [NB : au contraire de moi] ce qu’elle devait faire la semaine prochaine…