C'était pas : Ah ça ira, ça ira, ça ira ! qu'elle lançait l'Emmanuelle pour entraîner ses troupes pour aller trier les chiffons dans les décharges du Caire S'acharnant à combattre la misère dans les bidonvilles du Caire Non, c'était toujours Yallah ! Qu'elle lançait à tout le groupe C'était comme le tourbillon d'un dynamisme plein d'entrain qu'elle partageait, qu'elle inculquait que tout le monde connaissait et qui galvanisait les troupes Il disait ce cri : On y va ! Yallah ! Va jusqu'au bout de toi-même ne t'arrête pas, crois en toi ne te décourage pas ton acharnement triomphera Car telle était sa quête se battre contre les drames de la misère de la violence et de la guerre Avec elle, avec son franc-parler à l'aise avec les grands de ce monde on respirait un bol de solidarité Fallait apprendre à connaître les autres les respecter, se battre pour l'égalité pour la liberté et la fraternité ces trois mots qui n'étaient pas pour elle que des mots, mais des actes à accomplir.
Le matin, on nous avait embarqués dans nos GMC, ces camions américains dont on prétendait qu'il était interdit de les laver parce que c'était la boue qui les tenait ensemble (on racontait même que certains avaient fait le débarquement; il est vrai que nous portions sur le bras gauche l'insigne de la brigade Piron).
Nous avons quitté Spich pour nous rendre à Ossendorf, de l'autre côté de Cologne, pour participer à un défilé ou une parade ou une prise d'armes, bref, un machin où il nous fallait marcher au pas en groupe bien structuré etc...
Le RSM (Regiment Sergent Major) que nous appelions l'adjupette (bien qu'il ne portât pas de kilt) nous avait bien fait la leçon sur comment régler nos pas sur la musique : "Boum, c'est gauche !"
Par "Boum !" il entendait le temps fort de la marche jouée par la musique militaire, en l'occurrence "Le régiment de Sambre et Meuse". Ça nous faisait une belle jambe, surtout à Sterpin, un grand dégingandé qui avait bien du mal à distinguer son pied droit de son pied gauche.
Sambre et Meuse, c'était un des départements de nos régions au temps où nous étions Français, approximativement celui de l'actuelle Province de Namur.
Nous avons donc défilé au son de cette marche, célèbre s'il en est. Par bonheur, contrairement à vous, nous avons échappé aux paroles.
Tout ça démarrait sur un vigoureux "En avant, marche !" lancé par l'adjuchose en synchronisation avec la musique (synchro pour lui, nous, ça nous a pris un certain temps pour trouver le bon "Boum !").
À l'époque nous n'avions encore dans nos rangs en dehors des Belges de souche que des descendants d'Italiens, d'Espagnols, de Turcs et de Polonais.
Aujourd'hui, vu le pourcentage des gens d'origine maghrébine dans la population, il crierait peut-être "Yallah, marche !", mais on ne peut pas savoir, y a plus de service militaire...
Je suis immergé dans la lecture de 'Une vie avec les pauvres' de Sœur Emmanuelle quand Germaine déboule dans le salon, trempée jusqu'aux genoux : » Y'a la machine à laver qui fuit ! » Je redescends doucement sur Terre : « Yallah quoi ? » » Y'a la machine à laver qui fuit ! » Encore sous l'emprise de la célèbre chiffonnière et tout imprégné d'humanité et de générosité, je réponds : »Allons-y … en avant » Etonnée de tant de diligence Germaine me suit comme on suivrait le Sauveur jusqu 'à la buanderie transformée en pédiluve. « Y'a la bassine dans le placard à balais » aboie t-elle. Je me surprends à répondre : »En avant … allons-y» Je cherche une wassingue, ce qui reste d'un mémorable Défi du Samedi. Pour une fois Germaine a deviné ma pensée : « Y'a la serpillière dans l'autre placard» Va pour une serpillière, j'acquiesce : »Allons-y … en avant »
Germaine m'observe d'un œil circonspect. À genoux j'adresse une prière à saint Eloi patron des plombiers et une à la mère Denis, ça ne mange pas de pain ... Puis je plonge courageusement derrière la machine, heureusement j'ai encore pied. « Y'a la clef anglaise à côté du lavabo, si ça peut t'aider» me précise Germaine. « Ça peut m'aider, allons-y … en avant » dis-je en saisissant cette clé qui n'a rien d'anglaise sinon qu'elle serre à gauche et pas à droite. Les mains sur les hanches, Germaine m'évalue : »C'est quoi tes Allons-y … en avant ? A quoi tu joues ?»
Et soudain c'est la révélation ! Je découvre que la crosse de vidange est sortie de son logement, aussi suis-je fier de pontifier : »Y'a la crosse qui s'est barrée ! » Germaine semble ahurie : »Y'a une crosse d'évêque dans une machine à laver ? » Fier de mon érudition, je confirme : »Oui … Y'a !! » Perspicace, Germaine conclut : »Y'a qu'à la r'mettre » C'est ce que je vais faire … Allons-y … Yallah ! De là-haut la petite sœur des pauvres doit être fière de moi.
Après le covid 19 le Xiphias est apparu sur les côtes varoises en 2025.
Un virus au dos cambré, à la tête qui se tortille et que l’on contracte uniquement dans le cadre d’une étreinte coïtale suivie d’un chant de cigale.
Tous espèrent la contamination par le Xiphias. On inspecte les armoires, les tiroirs en espérant le croiser.
Tout en dévorant cinq tranches de pain grillé, je me demande quand le Xiphias va frapper . Ma vie est si monotone. Tiens un défilé que fait-on aujourd’hui ce n’est pourtant pas un jour férié ?
On fête la pandémie au Xiphias. Virus qui donnerait l’envie de vivre et d’aimer inconditionnellement dont le coït est sans fin .
Moi qui ne suis pas dans une forme éblouissante je reçois ce virus comme une chance. Ils ne vont quand même pas envoyer la fourrière pour limiter ce virus !!D’ailleurs je sais qu’il a sorti son numéro de charme et qu’il est en train de conquérir la planète.
La romance serait-elle de retour rien que ça ! on entend de tout sur les ondes ce matin .
Ce VIRUS fera de vous des hommes et des femmes enfin comblés. Autour de moi, je recueille en effet des dizaines de témoignages du virus romances ». Fred me raconte, la voix chevrotante, la merveilleuse épopée d’un like sur Instagram qui se transforme en une série de nuits blanches passées sur l’application de visioconférence Zoom à se raconter son enfance : « Comme moi, elle a grandi sans télé, c’est con tu vois, mais y a plein de petits trucs comme ça, qui me font me dire : “Je te jure, il va se passer de grandes choses, je te jure, je crois que je suis amoureux, le virus m’a contaminé par les ondes .” Mais je ne l’ai jamais vue, tu crois que c’est possible ? » Après s’être murmurés, des cochonneries par téléphone, Élodie, ma meilleure amie et son match Tinder font des mots croisés sur une appli dédiée. Maxime, lui, fait livrer du champagne à son crush pour qu’elle le boive dans son bain et réfléchit à toutes les stratégies pour pouvoir la rejoindre malgré les trois kilomètres qui les séparent.
Le monde est devenu fou me dis je du haut de mon balcon planquée comme une huitre sur son rocher dans l’attente de la tempête hormonale .
Je perds le fil des récits, mais tous ont le même point commun : l’enthousiasme, l’excitation. Mes interlocuteurs ressemblent tous à des ados qui cherchent à faire le mur de l’internat pour pouvoir enfin se pécho dans les buissons. Le mouvement artistique surréaliste l’OuLiPo considérait que la liberté n’existait pas hors des contraintes, que seules celles-ci permettaient de renouveler l’imagination. Et si le VIRUS pour les privilégiés avait tout simplement un aspect excitant ? « La limitation dans la possibilité de la jouissance augmente le prix de celle-ci », écrivait déjà Sigmund Freud plus de cent ans avant la pandémie dans Éphémère destinée, texte de 1915.
Nous vivions à Casablanca depuis un moment quand un couple d'amis vint nous voir. L'homme nous dit qu'il allait venir avec nous au marché et nous faire à manger le midi. Il jeta son dévolu sur des tranches d'espadon qui furent bien cuisinées et délicieuses. C'était il y a plus de dix ans mais tout est si clair dans ma tête comme si un film passait là devant moi avec ce marché du MAARIF[1] comme toile de fond d'un paysage avec xiphias. Nous sommes les personnages secondaires de ce film dont tu tiens la vedette, si vivant, toujours que je pourrais te toucher... comme je pourrais savourer cet espadon, sentir les odeurs du marché et écouter les harangues des vendeurs. J'avance ma main et tes fesses s'éloignent; me reste les images figées d'un passé ressuscité.
N’est-ce pas là Poséidon ? Ne voit-on pas ici sa fesse de pacha ou de grand mirmidon, Sa rudesse de patron des antres sous-marins éloignés de Meudon ?
Sa trogne de kermesse, sa tenue d’apparat, les poils de son bedon, Son roulement de caisse, ses airs de paltoquet, nous nous demandons bien Pour quelle nouvelle princesse ce gros patibulaire de la pointe d’Arradon les a sortis et les arbore ?
Est-ce pour la pâle Didon ? Est-ce pour Paméla, danseuse de rigodon ? A-t-il en vue une duchesse, une patineuse, un cordon-bleu ? Espère-t-il quelque chose d’une duègne d’Espagne, tel Don Quchotte allant rêvant de Dulcinée ?
Quelles promesses de largesses aura-t-il faites pour emmener dans son paddock sous l’édredon Une Suissesse à palucher, une fille de Redon qui grenouillait, Une drôlesse pleine de souplesse pas plus rétive à l’abandon Que les filles folles des messes qui paraissent lire Ödön von Horvath Mais feuillettent «Diabolik», innocentes diablesses que ne tourmente rien et surtout pas le passage à confesse pour demander pardon ?
Allons ! Cessons là le trash et les supputations ! Trêve de presse de pavé, de caniveau, de bas-fonds des gorges du Verdon !
Peut-être s’en va-t-il tout simplement à la pêche au xiphias, cette espèce de poisson paré d’une flèche de Cupidon en guise de nasal !
Appeler un marlin espadon : cela ne nous arrivera pas puisque le "xiphias gladius" ("épée" en grec + "épée" en latin), signe bien son nom d'un Z X tel deux fiers fers qui se croisent !
Ce xiphias est bel et bien un espadon : de l'italien "spadone"(grande épée), provenant du grec ancien "spathē", mot ayant d'ailleurs donné le nom d'une arme de nos ancêtres les Gaulois and last (but not least), procuré à la langue de Sir Paul le mot "spade" (la bêche) et bien plus tard, le pique du jeu de cartes !
Au passage, belle expression idiomatique : "to call a spade a spade", oui, c'est souvent plus simple...
Si le premier traducteur français du livre "Le vieil homme et la mer" avait cru comprendre (et donc traduire) que ce gigantesque poisson était un espadon alors que Santiago était bel et bien aux prises avec un marlin... Ne confondons pas !
L'espadon a la peau lisse (sic) car ses écailles sont encastrées et si vous sentez des écailles en forme de ZX V, attention c'est un marlin ! Cependant, si vous hésitez à le caresser, regardez-le d'abord dans les yeux : l'oeil de l'espadon est très grand (oui, pour voir ses proies dans les eaux profondes qu'il fréquente)...
Enfin, "Le secret de la Licorne" et "Le trésor de Rackham le rouge" vous emmèneront très loin dans le temps et l'espace (par les temps qui courent, la belle affaire !) et dans la deuxième partie de ce diptyque on voit comment, en un clin d'oeil d'espadon le capitaine Haddock se laisse séduire par le château de Moulinsart, d'ailleurs bien curieusement traduit en anglais par Marlinspike Hall...
Ça m'est revenu brutalement pendant ma dernière insomnie (momentanée), moi qui d'ordinaire peine à mettre un nom ou un prénom sur un visage pourtant connu.
Du coup, vous êtes inquiets : vous vous demandez ce que peut bien cacher ce nom bizarre. Podbielniak est un monsieur qui travaillait dans l'industrie pétrolière dans les années 3o-40 et qui a mis au point un système d'extraction liquide-liquide, une espèce de centrifugeuse à axe horizontal qui porte toujours son nom aujourd'hui quand il n'est pas abrégé en "POD".
Une petite démo de la chose (que je vous déconseille vivement de regarder sauf si vous êtes maso ou si vous désirez entretenir votre "Basic English") :
Ce que vous vous demandez encore bien plus, c'est ce que cette chose vient diantre faire dans un billet sur les espadons.
Ne quittez pas, j'y viens, lentement mais sûrement.
Ce genre de matériel intervient dans le processus de fabrication du peroxyde d'hydrogène (ou plus prosaïquement et en solution diluée : l'eau oxygénée) par la voie des quinones.
Dans les années soixante-dix, mon employeur et Laporte Industries Ltd avaient formé une joint venture destinée à cette production et une première installation avait été construite le long du Tage en amont de Lisbonne, plus précisément à Povoa de Santa Iria.
Pour le soutien au démarrage de cette installation, une équipe mixte avait été constituée, répartie en deux composantes : la principale pour la conduite de l'installation de production, la plus réduite pour le suivi en laboratoire.
Je me suis donc retrouvé au Portugal au labo de l'usine avec un "collègue" de Widness (une ville du coin de Liverpool), le très sympathique Dave "Brandy" Cummerson.
Théoriquement, pour suivre le démarrage, nous devions nous relayer pour assurer chacun douze heures de veille au labo et ne nous rencontrer que lors de l'échange du break 404 à l'hôtel où nous résidions à Lisbonne.
Dans les faits, le démarrage ayant été reporté de jour en jour pendant plus de trois semaines, l'installation se remplissant de "mousse" pire que si on y avait injecté de la Chimay, nous avons passé notre temps ensemble au labo à chronométrer les temps de subsistance de cette mousse sur le liquide navette dans des tas de conditions. Parallèlement, Dave perfectionnait son français et ne consentait à ne parler anglais que pour m'apprendre à imiter l'accent de Liverpool.
Dans ces conditions, nous nous retrouvions le soir à Lisbonne, toutes équipes confondues, au bar de l'hôtel Lutecia pour prendre l'apéro. Ce bar avait une forme tentaculaire (ou étoilée, c'est comme il vous plaira) et projetait des bras ou tentacules en U desservi·e·s par un... barman !
Ce bar était garni de coupelles contenant de petits toasts que vous pouviez garnir de divers ingrédients, le plus recherché étant... o espadarte fumado !
Car si xiphias gladius est le nom scientifique de l'espadon, son appellation portugaise est espadarte !
Ne vous laissez pas abuser on trouve également très couramment au Portugal un machin appelé peixe espada (poisson épée) mais c'est un long poisson plat aux reflets métalliques à peine digne d'entrer dans la caldeirada de peixe, une sorte de bouillabaisse locale.
Bref, l'espadarte fumado de l'hôtel était un vrai délice.
Si bien que le jour où le préposé à notre tentacule réservé nous a annoncé avec ménagement qu'ils étaient en rupture de stock, ça a fait du bruit dans Lisbonne. Notre ami Strasser, le Brésilien de l'équipe, y est même allé d'une tape amicale sur le bar. Avec son gabarit de pilier de rugby, il avait dû se montrer vachement convaincant parce que le lendemain, il y en avait de nouveau de l'espadon fumé !
Pour fêter la libération je conçus une soirée sur le thème « le vieil homme et la mer » fallait trouver quelque chose à faire qui change vraiment l'atmosphère de ces longs mois de quarantaine pour fêter cette réunion Alors je me suis éclatée pour de bon
J'ai fait des masques de poissons avec des nageoires en coton pour invités et la maison y avait des carpes et des xiphias de la rascasse et des gambas à rayures, à pois et à fleurs en un mélange de couleurs qui frayaient en parfait bonheur
Avec des rostres d'espadon j'ai fait des piques à brochettes espadonné calamars et crustacés intercalés de morceaux de courgettes sur feu de bois , ce fut select mélangés à quelques poivrons le tout arrosé d'un fameux rosé Mais l'un d'eux a failli s'étouffer avec une arête oubliée
Pour les enfants à occuper un jeu de pêche à la ligne, que j'ai mis dans une bassine tous ont adoré s'arroser mais ils ont plongé le petit tout habillé dans un bain de minuit il n'avait rien pour se changer ça les a fait bien rigoler mais sa mère est partie vexée sortant son fiston tout mouillé après l'avoir entortillé dans mes serviettes juste achetées avec des décors de marine
Et si vous cherchez une idée si vous vous empêtrez sans trouver sur « défi du samedi », cliquez Avec un seul mot, vous serez tout surpris d'échafauder mille idées à la pelle pour créer un vrai carrousel de mélanges opérationnels