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Le défi du samedi

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5 septembre 2020

Le cycle de la vie par bongopinot

 

b


En octobre les grains de blé mis en terre
On attend qu’ils se montrent en hiver
Et au printemps enfin ils grandissent
Puis les épis sortent de leurs graines

Après la floraison et la fécondation
 Déjà juillet-aout commence les moissons
Les batteuses tournent à plein régime
Et voilà que toute la région s’anime

Une grande fête s’organise
On place les gerbes de blé dans les vases
C’est l’ouverture du banquet
Suivi de bruit de talons sur le parquet

Et le lendemain tous admirent le nouveau décor
Partout de jolis ballots d’or
D’où des bouts de paille s’envolent
Et là restent des tiges fixées au sol

Appelées éteule ou chaume
D’une somptueuse couleur vert-jaune
Des champs d’éteule à profusion
En attendant la prochaine saison  

Et tout ce cycle recommence
Dans une lente dance
Le blé c’est tout une histoire
Et il aime redonner l’espoir

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5 septembre 2020

VINCENT VAN GOGH (TOKYO)


Il a levé le menton vers le ciel, a rempli son gobelet de la couleur terre de sienne, s’est essuyé le front et il a commencé à peindre.
Il peint depuis l’âge de huit ans. Il peint pour ne pas boire, il peint pour oublier le visage de sa mère.
Le temps que sa main refroidisse, il pose son bras sur le chevalet il fait chaud.
Le dernier à qui il a tendu sa main manquait de poigne, il y pense en regardant les Éteules flambant sous le soleil d’aout.
Il garde encore cette odeur âcre et acide du corps de Marlene la gosse croisée hier au café.
Maintenant sa main est hésitante, il tremble presque et il ne sait plus si c’est la toile qui lui échappe ou s’il fait l’idiot volontairement devant ce champ coupé.
Il est à un moment de sa vie où la peinture remplit tout son espace., et pourtant personne encore n’a jamais entendu parler de Van Gogh Vincent.
Non presque personne sauf l’aubergiste qui le loge contre quelques toiles jetées dans la cave.

v


Ça peut paraitre bizarre, mais Vincent peint comme il respire, il peint sans réfléchir sans l’urgence de la beauté, il n’a jamais aucun regret quand le tableau est terminé.
Il sait que la prochaine fois son frère est prêt à l’interner, il redoute la déferlante chimique de sa dernière dose de cachets. Il ne veut pas de cette paix narcotique il préfère regarder les éteules dans le champ.
Il voudrait qu’on le laisse tranquille au milieu des corbeaux et des tournesols qu’il s’est promis de peindre demain.
Il se dépêche de dessiner les dernières touches, le soleil descend très vite derrière les collines d’ARLES.
Il vient de sortir une liasse de billets qu’il garde dans le fond de sa poche de son vieux pantalon. Il croit qu’il avait plus que ça.
Des larmes commencent à lui monter aux yeux. Il les a essuyées d’un revers de manche. Il fait basculer dans le creux de son avant-bras le chevalet.
Il se dit qu’une petite promenade ne lui fera pas de mal. Il marche le long de la voie ferrée.
Il lève à nouveau le menton et regarde les corbeaux qui le suivent comme s’ils allaient à son enterrement.
Il ne court pas , il ne court jamais . Il sait que ses toiles seront son linceul. Alors il fait la course avec le temps, il rafle toute la lumière.
Le sang rouge qui coule de son oreille , il ne le voit pas , il n’a jamais peint ce rouge vermillon , aujourd’hui c’est lui qui lui taille le portrait .

5 septembre 2020

La fin des glaneuses (Ilonat)


On chôme sur le chaume
Fauchés comme les blés
De gros ballots sont restés là en sentinelles
Esseulés sur l’éteule plombés par le soleil.

Rien à glaner !
Peau d’balle et balai d’crin
A peine quelques grains
Pour les corbeaux des jours mauvais

Et pour la poésie champêtre d’autrefois
Les accortes glaneuses penchées sur leurs javelles
Vous pouvez repasser
L’Angélus apaisant ne résonnera plus

Nostalgie nostalgie…
Chromos d’un autre temps
Elle dormait à moitié nue dans la lumière de l’été
Au beau milieu d’un champ de blé
Comme un p’tit coquelicot mesdames
Meules de paille meules de foin
La sieste du faucheur casquette rabattue
La faux posée à ses côtés avec sa pierre à aiguiser
Meules de paille meules de foin
Roulades et fou rires
Et peut être un baiser arraché à la belle
Meules de paille meules de foin
Et Fanfan la Tulipe narguant Tranche Montagne qui éructe
Adieu également les grands repas du dépiquage dans la cour de la ferme
Les tables installées sur des tréteaux, bruyantes et joyeuses
Plus rien de tout cela
John Deere et compagnie ont déjà tout raflé
Le bon grain et l’ivresse

Adieu veaux vaches cochons couvées
Glaneuses et va nu pieds, l’été fut chaud et sec
L’hiver sera morose

5 septembre 2020

Les Moissonneuses (Joe Krapov)

Maintenant que j’ai assez de temps pour pouvoir regarder dans le rétroviseur je m’étonne d’avoir été accompagné, tout le long de mon chemin, par un fabuleux moissonneur.

Moisson 09

C’est une espèce de Canadien errant. Il s’appelle Neil Young et on a absolument le droit, si c’est votre cas, d’être passé à côté de sa voix nasale, de son rock lourd, de ses interminables soli de guitare électrique et de sa production pléthorique. J’en connais beaucoup qui, dans un autre genre, n’ont toujours pas lu Proust, par exemple.

Et justement, on va rire, c’est dans une ville appelée La Madeleine, chez mon copain Jean-Baptiste B. que j’ai entendu pour la première fois «Uncle Neil» et ses premières galettes plus ou moins «country» ou «country-rock».

Le chef d’œuvre du bonhomme dans ces années-là était un album intitulé «Harvest», sorti en 1972. Il y enfonçait des portes ouvertes comme «Un homme a besoin d’une femme» c’est pourquoi je suis comme toi, «Vieil homme», je cherche «un cœur en or» et je ne me paie pas de «mots» avant de faire ma «moisson».

Il remet ça en 1992 avec un album intitulé «Harvest moon». Mais pour illustrer le mot «éteule» – Que reste-t-il après la moisson ? Des éteules et des chansons ! – j’ai choisi de vous traduire-adapter-massacrer une autre chanson de l’album «Rust never sleeps» intitulée "Thrasher" (La moissonneuse).
Sans prétention aucune, comme est le bonhomme qui ne craint pas, depuis le confinement, de se faire filmer en vidéo en train de gratter-chanter-pianoter… dans son poulailler ou sous le porche de son ranch !

 

5 septembre 2020

À tes cheveux couleur d'éteule (Kate)

 

Cheveux couleur d'éteule

Ni entré dans le moule ni dans la meule

Ta chaumière et nos coeurs

Ressemblaient au bonheur

jlc

C'était sans compter

La vie et ses réalités

Nous n'étions plus en stage

Allaient s'accumuler tant d'orages

 

Cheveux longs belle gueule

Blondeur façon éteule

Si ta vie m'avait séduite

La mienne j'avais réduite

 

Si séduisant parleur

Non dénué de profondeur

Ami de la Terre

Antinucléaire

Mais à Nanterre

M'a envahie la colère

Ces fenêtres nuages

M'ont mise en rage

Et dans ce hall

Ai dit adieu

À tes yeux de feu

À tes cheveux couleur d'éteule

Que j'ai laissés à elle seule

 (photo collection personnelle)

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5 septembre 2020

Inexorable (joye)

Le sol fertile se dénuera quand le printemps avide viendra lui voler son manteau de neige.

Le défilé des machines vrombira ; le vert gagnera sa bataille avec le noir.

Après une trop brève jeunesse innocente et fleurie, la maturité fera son labeur sous le soleil et quelques larmes de pluie si le propriétaire est chanceux.

Parfois, ça se noiera; parfois, ça brûlera; parfois un orage brutal viendra tout violer.

Le temps, la terre, la nature et le sort feront ce qu'ils peuvent.

La moissonneuse passera, elle fera la quête des graines.

Et l'éteule, ce sera enfin les champs au chaumage.

éteule

5 septembre 2020

Sale Berthe (Yvanne)

 

Le mot « éteule » dans la proposition d'écriture de Walrus m'a interpellée. Je ne connaissais pas ce terme qui désigne, semble-t-il ce que nous appelons ici des balles ou des ballots de foin ou de paille.
Mais peu importe, cette photo affichée par Walrus m'a rappelé une histoire de mon enfance paysanne.

Déjà, dans les années 60, ces balles telles que nous les voyons aujourd'hui dans les champs et les prés n'existaient pas sous leur forme actuelle : impeccablement roulées sans un brin qui dépasse. Non, elles étaient façonnées par la main de l'homme et non par des machines infernales qui « pondent » comme des crottes des énormes masses de chaume ou d'herbe sèche.

Pendant les « grandes vacances » scolaires, j'accompagnais souvent maman au marché à la ville voisine. Nous n'avions pas de moyen de locomotion et empruntions un car qui effectuait un ramassage sur le trajet entre la Haute Corrèze et Tulle. Il était conduit par Géraud – son nom ou son prénom, je n'ai jamais su – un bonhomme toujours assis derrière son volant, qui ne parlait pas, ne se manifestait pas. A croire qu'il ne quittait jamais son siège de conducteur et par là-même son autobus.

Si Géraud restait vissé à son poste sans mot dire, en revanche sa femme ou bien sa sœur (je n'ai jamais su) mais je pense qu'elle était plutôt sa sœur car qui aurait pu supporter une telle mégère,  arpentait le véhicule dans toute sa longueur pendant tout le parcours, fouinant, invectivant les passagers sans se gêner et avec une hargne, une vulgarité impensables.

C'était elle qui, à chaque station, encaissait la somme due. Elle se postait à l'entrée du car, toisait les braves gens qui la saluaient par politesse et auxquels elle ne prenait même pas la peine de répondre. Elle contrôlait le nombre de paniers, de sacs et gratifiait la pauvre paysanne encombrée de tous les noms d'oiseaux si elle jugeait que ses cabas étaient trop nombreux ou trop bruyants. Ils contenaient, en effet, la plupart du temps de la volaille. Elle s'en prenait surtout aux femmes qui « touchaient » les allocations familiales. Comment savait-elle ? Mystère. C'était là l'occasion pour elle de fustiger avec haine et avec des mots d'une grossièreté incroyable les pauvres mamans – dont la mienne – qui baissaient la tête, honteuses. Je lui souhaitais, dans mon for intérieur le plus de mal possible. Inutile de dire que les gens étaient contraints et forcés de prendre ce car puisqu'il n'existait pas d'autre moyen de se déplacer. La Berthe ne se privait pas aussi de mettre la main au pantalon des rares hommes qui voyageaient dans l'autobus. Certains lui rendaient la pareille et elle éclatait alors d'un rire gras tellement détestable.

Comment vous décrire le personnage ? Berthe – c'était son prénom – était une grande femme maigre, toujours vêtue en été d'un antique imperméable trop long qui fut sans doute noir en d'autres temps mais si lustré qu'il était difficile maintenant de lui donner une couleur. Elle avait aux pieds des chaussures en caoutchouc, les mêmes probablement qu'elle portait pour aller aux champs. Une vieille sacoche de cuir délavé barrait sa poitrine ou plutôt son absence de poitrine, lui servant à empocher la recette.

Le plus frappant pour moi était son visage. Elle avait la figure toute couturée – elle était tombée, enfant, sur une bouteille cassée par son père alcoolique, c'est du moins ce que l'on racontait. Dommage qu'elle ne se soit pas coupé sa langue de vipère ! – où brillaient deux petits yeux foncés inquisiteurs. Elle tressait ses cheveux en deux grosses nattes noires se rejoignant sur le haut du front et qu'elle devait huiler. On aurait dit deux serpents visqueux d'où émanait une odeur rance quand elle se penchait devant vous.

Je ne pouvais m'empêcher de la lorgner avec insistance, subjuguée. Maman me recommandait alors à voix basse d'arrêter de regarder ainsi « la sale Berthe  » - c'est ainsi qu'elle la nommait, allusion à « sale bête » – afin d'éviter des remontrances carabinées.

Mais où sont les éteules de Walrus dans tout cela me direz-vous ? Nous y arrivons.

Rien n'arrêtait la bonne femme. Quand elle avait une envie pressante, quel que soit l'endroit sur la route, elle haranguait le chauffeur en occitan : ô Géraud, planta-te, ai envije de pissar. Le bonhomme se hâtait alors de trouver un dégagement pour se garer. Comme il n'y avait pas beaucoup de circulation à l'époque, c'était assez facile.
Ce jour-là, le père Géraud stoppa son véhicule le long d'un champ fraîchement moissonné. Les javelles de blé avaient été érigées en meules pour les protéger d'un éventuel orage ou tout simplement pour qu'elles sèchent mieux.

La Berthe se précipita, suivie par quelques ménagères. J'étais assise au fond du car d'où j'avais une vue imprenable sur tout le champ. J'assistai alors à un spectacle qui me réjouit fortement. La vieille bique se campa derrière le premier amas de paille venu, écarta les jambes sans se baisser – d'où l'absence certaine de culotte – et urina un long moment. Puis, stupéfaction, ouvrit son imperméable et s'essuya l'entre-cuisse avec son tablier.

Que se passa-t-il alors ? La meule s'écroula tout à coup sur la Berthe, la faisant tomber et l'ensevelissant. Je me demande si quelqu'un ou quelqu'une, posté derrière n'avait pas poussé le tas de paille pour qu'il s'effondre ainsi. Toujours est-il que la mégère hurlait si fort qu'on aurait cru à un égorgement. Personne ne se hâtait pour la sortir de là. Elle finit par émerger, aidée par deux âmes charitables.

Elle remonta prestement dans le car en soufflant comme un bœuf, les nattes défaites, la figure rouge, couverte de brins de chaume et chose surprenante, s'assit aux côtés de son Géraud, elle qui, habituellement, passait son temps à circuler dans le véhicule à l'affût de la moindre chose lui déplaisant. Elle en profitait alors pour distiller sa méchanceté.
Miracle ! Ce jour-là, elle n'ouvrit plus sa bouche fielleuse jusqu'au terme du trajet. Inutile de préciser que des sourires moqueurs furent échangés dans son dos. Pour ma part, je jubilais et par la suite, elle ne m'impressionna plus : je l'imaginais dans ses mauvaises postures et cela suffisait pour que je la regarde d'un autre œil que je ne pouvais empêcher d'être ironique.

 

 

5 septembre 2020

L'art des éteules (Laura)

 
L’art des éteules
Pour tout vous dire, lorsque j’ai vu le nouveau défi de samedi, j’ai pensé à un des béguins de Cannelle, la citadine qui a fait souffrir les garçons amoureux d’elle dont ce fils d’agriculteur qui a voulu la coucher dans le foin[1], chanson qui m’a inspiré un poème[2].
Quand je me suis remise au défi, j’ai pensé aux meules de Van Gogh, de Monet et Millet dans le désordre chronologique mais ordre dans lequel j’ai pensé à leurs tableaux d’éteules.
Van Gogh parce j’ai suivi sa trace à Amsterdam[3], Auvers[4], St Rémy[5].
Monet parce que j’ai vu ses paysages à Giverny[6] entre autres.
Millet parce que Barbizon[7].
Les trois parce que j’ai lu des livres à leur sujet, vu des films, des tableaux, des expos, des musées, leurs maisons, leurs tombes.
Les trois à cause de l’art des éteules et l’art… de rien, des paysages que nous avons parcouru ensemble… et que je contemple maintenant seule et qui me tient, même difficilement, debout, de ce 2 e étage où j’ai déménagé et d’où je peux voir …  la ville dans son étendue aux éteules … peut-être plus loin.

 

5 septembre 2020

La moisson (maryline18)


Ancien agriculteur, il m'interrogea, l'oeil pétillant :
_"Ils ont moissonné par chez vous ?"
Quel n'a pas été mon embarras...Il aurait été inutile que je questionne ma mémoire visuelle de plus longues minutes, l'invraissemblable me sautait aux yeux : Je ne le savais pas.
je venais de longer des kilomètres de champs pour arriver jusqu'à son domicile et je n'avais rien remarqué. J'avais roulé ce jour là ( et les autres) comme un automate et je ne pouvais rien décrire de tous ce que je n'avais donc pas vu.
Comment une pareille chose était-elle possible ?
Les secondes s'éternisaient...Il avait des anecdotes à me raconter et je l'obligeai à attendre ma réponse, comme étant elle même, le feu vert à son récit. En mode "feu rouge", immobile, mon visage s'empourprait tandis qu' il battait le sol du pied droit. Le moteur du tracteur bougonnait d'impatience... A la croisée de nos vie, il était prêt pour une promenade à travers les chemins boueux... ou brumeux de son passé mais je tardais à enfiler mes bottes !
Un froncement de sourcils et un léger mouvement du menton me décidèrent à lui avouer, toute penaude :
_"Je n'sais pas !" Pour un peu, j'aurais fait des noeuds avec mon mouchoir...
Il me dévisagea, interloqué et insista :
_"la moisson ! les blés ! vous savez c'que c'est que moissonner !?"
Mais bien sûr que je savais ! Bien sûr que je connaissais ce verbe, mais comme un mot dans une histoire, dans un texte, un livre, un terme presque abstrait donc, puisqu'il n'était pas rattaché à mes préoccupations journalières...
_"Vous n'avez pas vu les moissonneuses ?"
Il me dévisagea une dernière fois comme une curieuse petite bête venue de la ville et partit à rire gaiement.
Maintenant quand je passe devant un champ de blé, je sais s'il a été moissonné parce que je le regarde en pensant à lui, même s'il n'y reste que l'éteule.
Je vois encore son rire bruyant lui secouer le ventre ! Je l'aimais bien.

5 septembre 2020

Labourage et déchaumage (Vegas sur sarthe)


« Dis-donc Marcel, ça s'rait pas toi qu'a passé la moiss-batt dans l'champ d'la Fernande ce tantôt ? »
« On peut dire ça comme ça »
« Déconne pas. J'te parle du boulot, pas de la gaudriole »
« Ouais c'est moi, pourquoi ? »
« T'aurais t'y pas oublié de régler la hauteur de la barre de coupe ? »
« Euh … j'ai fait comme d'hab et ça avait l'air de lui plaire»
« Tu rigoles ou quoi ? Joue moins à la courte paille avec la Fernande et occupe toi sérieusement d'la mécanique ! »
«Qu'est-ce que tu lui reproches à mon réglage de barre de coupe ? »
« Va voir la hauteur de l'éteule dans son champ, tu vas comprendre »
« Moi j'aime quand c'est bien ras »
« Marcel, tu veux bien être sérieux cinq minutes ? »
« Qu'est-ce que ça peut foutre que l'éteule soit haute ou basse ? C'est que d'l'éteule. Ça sert à rien l'éteule»
« Dis-donc Marcel, qui c'est qui va s'faire chier demain pour le déchaumage ? »
« J'vais te dire c'que j'en pense du déchaumage … le déchaumage c'est fait pour les technocrates de l'agriculture, c'est pas pour nous »
« Technocrates ou pas, c'est moi qui déchaume demain, alors si l'éteule est trop haute comment je vais faire avec les advantices ? »
« Avec les quoi ? »
« Les advantices Marcel, les mauvaises herbes »
« Tu peux pas parler français ? On gagnerait du temps»
« En attendant on va s'payer une minéralisation excessive de l'azote »
« Hein ? »
« Laisse tomber Marcel … heureusement qu'y a la pédofaune »
« Euh … c'est quoi un pédophone ? Un téléphone pour lopette ? »
« La pédofaune c'est la faune du sol...  les acariens, les tardigrades, les rotifères »
« Hein ? Y'a tous ces trucs étrangers sous nos sabots ? »
« Ouais, y'a pas qu'les vers de terre, Marcel »
«Vain diou! Ça a bien changé. De mon temps on labourait par dessus l'éteule sans s'occuper si y'avait du monde en dessous. Et d'où ça vient tout ça ?  Ça doit venir des migrants»
« Laisse les migrants tranquilles, Marcel. Regarde la Fernande, tu sais d'où qu'elle vient ? »
« Euh … on s'en fout du moment qu'je sais où elle va, non ? »
«Fais quand même gaffe Marcel. Sors couvert ! »
« T'inquiète. Je respecte les consignes, je mets mon masque »
« Et les gestes barrière, Marcel ? »
« Tu sais, moi la barrière, j'la saute aussi !! »

5 septembre 2020

Intermède (Lecrilibriste)


Comme on m' opère ce lundi
d'une vésicule rebelle
sous le shoot de l'anesthésie
et pour me faire la belle
j'irai boultiner dans les éteules
du défi du samedi
avec les faisans,les perdrix
les lièvres et lapins de garenne
courant libres dans les épis

29 août 2020

Défi #627

 

Éteule

Quoi ?
C'est la saison, non ?

6271

29 août 2020

Ont poussé la porte (ou pas...)


Une image empruntée à une autre amoureuse des portes
et autres boîtes aux lettres : Brigou

6262

Laura ; Lecrilibriste ; maryline18 ; Vegas sur sarthe ;

Walrus ; Lilou ; Kate ; Adrienne ; bongopinot ; joye ;

 

29 août 2020

Mais bien sûr, nom d'une pipe ! (Walrus)

 

w626

 

29 août 2020

Ma madeleine de Proust par bongopinot

b



Dans la rue des poètes
Une ruelle très étroite
Un petit passage vouté
Mène à une porte en noyer

En haut en son milieu un heurtoir
Et de belles charnières noires
Mes souvenirs d’un coup me reviennent
Des tas de choses par centaine

Je pousse doucement la porte
Il m’arrive une émotion forte
Mélange de tristesse et de joie
Rien n’a changé mais eux ne sont plus là

Eux se sont mes grands-parents
Partis il y a bien longtemps
Mais leur demeure leur survit
Racheté par mon neveu Charly

Je suis là en pèlerinage
Avant qu’il emménage
Je monte le petit escalier
Jusqu’à un petit atelier

Où mon grand-père travaillait
Pendant que grand-mère tricotait
Au fond de la pièce au plafond une trappe
Je monte sur une table recouverte d’une nappe

Je me hisse dans cet endroit
Je me retrouve sous le toit
Il m’arrive une odeur de poussières
Je tâtonne et trouve la lumière

Je suis dans la caverne d’Ali baba
Je me souviens de nos fêtes nos nouba
En fouillant je retrouve des trésors
Des tas d’objets collectors

Des photos de nous enfants
Une collection de déguisements
Une malle pleine de livres
Des souvenirs qui enivrent

Je redescends après quelques heures
Avec le sourire avec entrain et ardeur
Bientôt ici s’écrira d’autres histoires
Et je referme la porte sur ma mémoire
 

 

29 août 2020

Heurtoirs et autres curiosités (Laura)

 

Dans combien de balades nous ai-je entraînés à la recherche des traboules de St Etienne, des heurtoirs de Lyon? les lieux de Baudelaire à Paris, les traces de Loti à Istanbul, les oeuvres d'art à Venise, les beffrois dans le nord  etc.?
Comme ma curiosité est insatiable, il me reste beaucoup de chasses aux trésors à faire; j'aime aussi me balader au hasard, sans rien chercher, juste le plaisir de marcher en ville et de trouver des choses qu'on n'a pas imaginé voir.

Je continue seule comme  il y a quelques semaines à Sète: le street art et autres galeries, les ponts etc.

avant déménager
j'en ai fait 11 en 25 avec mon mari
et seule avec des gens qui ont proposé leur aide
et le reproche déjà à cause de mon disque du dos mort
et de mes mains affaiblies par l"opération

 

 

29 août 2020

Don Walrusleone et les Taties flingueuses IX (joye)

L’histoire jusqu’ici ici et maintenant…la stunningue conclusion…

Épisode 9 :  J’ai toujours rêvé d’être une Flingueuse

Trois ans plus tard… [bah oui, hein, vous pensiez qu’il n’y aurait pas de pauses publicitaires dans cette saga déjà longue de huit épisodes ?  Non ? Vraiment ? ]

Don Walrusleone promenait son joli toutou dans un parc [dont je supprime le nom afin que ledit lieu ne devienne envahi par des hordes de ses fans].

-          Eh oui, ma toutoute, on les a bien eues, n’est-ce pas ?  murmura-t-il à sa compagne.

-          Yip !  répondit la petite.

-          Et pourtant, on a bien rigolé, non ?

-          Ouah ! Ouah ! Ouah ! dit-elle.

En ce moment-là, le Flinguecoptère atterit devant eux, et six nénettes superbes sortirent [oui, c’était un GRAND flinguecoptère, et je mets sortirent parce que débarquèrent me paraît trop bizarre au passé simple…non, je ne sais pas pourquoi].

-          Depuis le temps le temps qu’on vous cherche !  cria la première.

-          Ouais ! ! grommela la deuxième.

-          T’as pas honte ? demanda la troisième.

-          Ouais ! T’as pas honte ?  demanda la quatrième [qui aimait le recyclage].

-          Don Walrusleone ! dit la cinquième. On est là pour y mettre fin !

-          Out ! Out ! Damned Spot ! dit Kate, qui venait de faire encore un malheur sur scène à Londres.

-          Je ne m’appelle pas Spot ! gémit le toutou, blessé au vif.

[Les lecteur·e·s astucieux·ses y auront remarqué non seulement mon emploi expert de l’écriture  inclusive, mais aussi le manque des noms pour ne pas faire des jalouses…okay, oui, mais vous auriez quand même reconnu Kate tout de suite]

Or, Don Walrusleone n’était pas stupide [comme ses collègues du labo pourraient vous l’attester]. Il savait que c’était le moment de la GRF [Grande Rétribution Flingueuse]. Il savait qu’il devait enfin payer son jeu qui faisait que les Flingueuses repartissent dans une grande saga d’été sans savoir où il était, sans savoir s’il était mort ou en vie, et surtout sans avoir flingué une seule personne dans toute la stupide saga !

Les défiant [eh oui, c’était un samedi, après tout] du regard, Don Walrusleone prit sa place devant la grande porte du jardin, refusant gaillardement le bandeau et la dernière cigarette [après tout, fumer tue].

Les Taties flingueuses levaient leurs flingues afin de faire l’horrible bye-bye [amis de Souchon, bonjour] et…

la porte

 À ne pas suivre !!!

29 août 2020

Adrienne en vacances

 
Mini-Adrienne ne comprend pas l'intérêt que trouvent ses parents à visiter des ruines et des villages délabrés, chaque fois qu'ils sont en vacances en France.
- Encore un château cassé! soupire-t-elle en voyant la destination suivante vers laquelle se rend son père d'un pas allègre, le Michelin vert sous le bras.
Sa mère est toujours un peu à la traîne, à force de s'extasier sur les vieilles portes, les décorations en fer forgé, les pierres sculptées.
- Tu as vu cette porte? Magnifique! Du chêne massif! Et ce heurtoir? Splendide!
Oui, oui, dit le père, qui a appris à ne pas la contrarier.
Et mini-Adrienne continue de s'interroger sur ce qu'il y a de si beau à une porte à laquelle manquent des morceaux, surtout vers le bas, ou pourquoi ce heurtoir est si formidable, alors que visiblement son usage a bien abimé le panneau de bois.
Mais c'est une éducation comme celle-là qui fait qu'aujourd'hui, elle aime les vieilles pierres et ne manque jamais de remarquer une porte en chêne massif ou un heurtoir, surtout s'ils sont délabrés ;-)

 

29 août 2020

L'été est un défi (Kate)

 

 

"La jeunesse qui se borne au logis a toujours l'esprit borné."

Shakespeare, Les deux gentilshommes de Vérone

 

Voyagez

Regardez, apprenez

"Si jeunesse savait...

Si vieillesse pouvait !"

Comme dit l'adage

Plutôt sage

 

Explorez

Rencontrez, ouvrez

Les portes

Qu'elles vous transportent

Loin de votre moi

Et de votre petit chez soi

La vie est un passage

Pas si sage

 

Qu'elle soit ouverte ou fermée

Qu'elle soit étroite

Qu'elle soit en bois sculptée

Ou se déboîte

Poussez-la

Vous ne le regretterez pas

 

"Tout est bien qui finit bien."

Shakespeare, Tout est bien qui finit bien

29 août 2020

Derrière la porte (Lilou)


Qu’y a t- il derrière cette lourde porte en bois plein, derrière le heurtoir en cuivre sculpté ?
Comme Trenet regardait l’intérieur d’une noix, jetons un œil, mais si mais si, il y a bien un petit tout petit trou dans cette porte blindée…

Alors qu’y a t- il a l’intérieur ?
Des ruines, rien que des ruines moyenâgeuses ; regardez-bien, si, là, sur le côté, des troubadours avec leur lyre nous chantent des nouvelles des autres pays, au milieu des animaux de bassecour qui caquètent, cacardent et glougloutent. Plus loin, un cracheur de feu accompagne jongleurs et acrobates qui distraient les convives assis autour d’une table bien garnie. Et puis plus loin Magdelon assise sur son lavoir, attend son amoureux.
Vous ne me croyez pas alors que peux – t –il bien y avoir ?
Un château renaissance, avec des beaux messieurs et de belles dames en habits de soie brillant et froufroutant, des jeunes damoiseaux se livrant à quelques joutes, leur chevaux éclaboussant de poussière des spectateurs en liesse, et puis Magdelon tout au bout de la piste de sable tremble pour son amoureux…

Vous ne me croyez toujours pas ? Alors
Un parc arboré avec des espèces rares, des plantes médicinales, des moines grassouillets qui fabriquent une liqueur dont la recette est très très secrète. Quelques badauds qui se laissent prendre au jeu de la vente bio et qui respirent les herbes parfumées. Ou bien, une flore si luxuriante qui abrite une faune variée ; des écureuils dansent avec les biches tandis que les mésanges zinzinulent. Oh mais non, des ours ou des loups planqués derrière les buissons touffus ! Ou encore pelouse bien tondue ou fourrés en fouillis dans les lesquels Magdelon et son amoureux roulent roulent roulent…

Non ce n’est pas possible, encore sceptique ?   Alors écoutez !
De la musique, le piano de Chopin, le violon de Paganini, un concerto de Brahms, un salon éclairé par mille lumières et George Sand et Musset qui devisent et lisent des vers aux invités.

Non plus, alors je ne peux plus rien,
Tous ces cris et rires d’enfants, qui dansent comme dans un tableau de Bruegel en ronde autour ce vieux chêne scarifié des initiales de Magdelon et son amoureux. Les bons et les mauvais souvenirs se mêlent puis se diluent dans cet espace imaginaire ;

Mais oui c’est cela, vous y êtes, la vieille voiture dite la Rosalie, garée devant le perron… Magdelon en tablier blanc vous accueille avec le sourire.

Et demain ?  oui demain que verrons-nous derrière cette porte ?...

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