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Le défi du samedi

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24 octobre 2020

Juliette et rodéo (Vegas sur sarthe)


Tu rêvais de l'Asie, enfin de grands espaces
de contrées inconnues et du bush australien
Tu parlais du lasso des gauchos brésiliens
je n'ai pas vu venir tes tours de passe-passe

Tu as voulu jouer Juliette et rodéo
Je t'avais prévenue qu'au début on s'enlace
et qu'aux jours ennuyeux, assombris on s'en lasse
blasés, désabusés, loin de nos idéaux

A trop vouloir gagner, tirant sur la ficelle
la boucle coulissante a tué mes ardeurs
j'avais de ton blabla perdu le décodeur

Tu peux bien remballer tous ces mètres de corde
sur les hommes en troupeau répandre la discorde
je caracole en paix vers d'autres jouvencelles

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17 octobre 2020

Défi #634

 
Vous allez pouvoir vous prendre pour
Zorro

Lasso

6341

 

17 octobre 2020

Se sont penchés sur leur K

17 octobre 2020

Sur le TATAMI... (maryline18)

Toute jeune adolescente, je pratiquais le Judo. Bien qu'un peu empotée dans mon corps qui s'arrondissait de toutes parts, j'appréçiais de me mesurer aux licenciés des deux sexes. Quelle revanche sur la vie, quand je les envoyais au tapis, vêtue de mon kimono et de ma ceinture blanche !

Un jeune homme me saluait fréquemment pour m'inviter à combattre. J'aimais bien sa compagnie. Il m'expliquait des prises et se montrait toujours très prévenant. Un jour qu'il s'approchait, ses amis le raillèrent en lui lançant :

_" Eh ! t'as révisé ton kàmasoùtra ?"

Tout le monde riait mais moi je ne savais pas ce dont il en retournait ! Encore une prise dont j'ignorais tout, me dis-je alors...Une fois dans le vestiaire je tentais d'en savoir plus sur celle-ci puisqu'elle ne pouvait-être qu'amusante...

_" Cathy, qu'est-ce que c'est que le kàmasoùtra ?"

_"le Kàmasoùtra ?! Me dit-elle, à la fois surprise et enjouée...Et bien, euh... c'est un manuel pour mettre le couvert !" Elle eut aussitôt un sourire qui se voulait complice mais qui n'éclaira pas le moins du monde ma lanterne...Au fil des années, j'ai bien sûr découvert un bon nombre de choses qui font rire les adultes.

 

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m18

 

 

Mises en bouche

Assiette de baisers abricotée.

boules campagnardes déglacées au Champagne.

Croustade de cheveux d'ange, sauce aigre douce.

Médaillon surprise sur dentelle fine de Calais.

Bouquet garni de ses confidences sucrées.

Chiffonnade de bétises débridées.

 

Plats de résistance

Caille ficelée sur son lit de verdure.

Rossignol déplumé à... dorer, beurre noisette.

Joues braisées farcies aux châtaignes.

Puit de plaisir, mariné dans son jus.

Pointe d'asperge et sa mayonnaise aux oeufs frais.

Moule géante en papillote sur canapé.

Pincée de fantaisie gratinée.

Langue fraîche et petit cornichon.

Vermicelle de soja sauce épicée.

Endive craquante et son nuage mousseux .

Chicon rustique aux pruneaux charnus.

Pâté de groin retourné façon tarte "t'atteint".

Salade frisée et son lardon fumé.

compotée d'algues brunes accompagnée de son coquillage.

 

Miches rondes, pétries à la main.

Baguettes au levain de différentes longueurs.

 

Desserts

Douceur Drômoise flanquée de ses fruits du pêcher.

Fruits de saison à ceuillir sur pieds.

Chausson feuilleté, revisité : fourrage classique ou à la crème.

Couli de sauce vanillée sur poire fondante.

Surprise du chef en chemise étoilée.

Banane des îles, calibrée et parfumée à la fleur d'oranger.

Crème fouettée artisanale et sa glace, deux boules.

 

Boissons

Lait, ( s'il en reste...)

Eau, sans modération.

Jus de fruits.

Alcool de prunes veillie en fût.

 

17 octobre 2020

Cassandre par bongopinot

b


Dans ton joli kimono blanc
Mon tout petit bébé naissant
Comme j’aimerai vite de connaitre
Cassandre

Tu es arrivée un peu en avance
Faisant de moi une grand-mère quelle chance
Tu es née le premier octobre
Cassandre

Je suis dans le nord tu es dans le sud
Pour une mamy c’est un peu rude
Mais j’irai peut-être te voir en décembre
Cassandre

J’attends ça avec impatience
Dès le début de mes vacances
Car pour toi mon cœur chavire
Cassandre
 
Petit mélange de tes parents
Petit bout que j’aime déjà tant
Je t’envoie tous mes mots tendres
Cassandre

Dans ton petit kimono blanc
Ma chère toute petite enfant
Je viendrai vite à ta rencontre
Cassandre

Tes yeux en amandes tes cheveux ébène
Je peux te dire que toi je t’aime
Avec ta petite bouche en cœur
Cassandre

Tu as fait de moi une mamy comblée
Et j’ai hâte de pouvoir te cajoler
Mais bientôt on pourra se rejoindre
Cassandre

Dans ton petit et joli kimono
Ta peau si douce de petit marmot
En pensant à toi j’ai les yeux qui brillent
Ma petite fille

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17 octobre 2020

Le Kamasutra (Pascal)

 

Au milieu de la ruelle, assise sur un tabouret bien trop petit pour ses fesses, entre ses bras et ses jambes, qu’elle agitait dans le désordre, elle ressemblait à une pieuvre échouée sur un rocher, et ne sachant pas s’en décrocher. Aussi, telle une poissonnière vantant sa raie, sur l’étal de la passe, elle haranguait ses potentiels clients ; avec les bancs d’Arpètes qui croisaient dans ses environs, tous frétillants, elle n’avait pas besoin de modifier son message de pécheresse… « Viens, mon petit loup !... Je te montrerai toutes les positions du Kamasutra !... » Ça sentait la sueur animale, le rut de rue borgne, le barbeau en maraude, la fleur d’alcôve aux pétales mille fois effeuillés et qui s’arrête toujours à « Pas du tout ». « Approche… », continuait-elle ; je t’apprendrai l’amour en trois dimensions !... ». Ce genre de représentation, à même la rue, dans l’ambiance sur-alcoolisée et les bousculades, je vous jure qu’il y avait de quoi mal dormir, quand on a à peine seize ans ! Toutes ces images de cinéma de minuit, ça oscillait entre cauchemars et fantasmes, et ça laissait des souvenirs qui ne s’effacent jamais…

« Dis, c’est quoi, le Kamasutra ?... », demandai-je à mon pote de virée… « Un patelin ?... Un pays ?... Une venelle dans la basse ville de Toulon ?... ». Je regardais en l’air comme si la réponse à ma question allait m’être soufflée par le vent. Le linge aux fenêtres dansait avec les courants d’air de la rue ; il y en avait tellement que je me disais qu’ils devaient être tous à poil, dans leurs appartements, le temps qu’il sèche…
« Ben, j’en sais rien… », me dit-il. « Le dernier livre de c… que j’ai lu ne parlait pas de cette contrée… », « C’est peut-être le permis de faire l’Amour, comme pour le permis de conduire ; il y a des épreuves à réussir comme le créneau, le doublement, les clignotants, ou la quatrième, « Et tout se passe sur un parking, dans le périmètre d’un matelas… », dis-je… « Tu crois que c’est une question de levier de vitesse ?... », « À coup sûr, puisque la grimpette avec la dame ne dure jamais plus de dix minutes, habillage et déshabillage compris !... », « Et comment peut-elle tout savoir du Kamasutra, si elle reste toujours collée sur son tabouret ?... », « C’est peut-être une recette de cuisine… »
Les allées et venues étaient comme des marées hautes et des marées basses ; il suffisait qu’une bordée de tafs s’embringue dans la ruelle pour qu’elle déborde tout. Quand elle disparaissait, la pieuvre revenait à la surface et reprenait son souffle en récitant ses phrases clés. Il y avait des types qui discutaient avec la dame comme s’ils savaient tout du Kamasutra...

« Les positions du Kamasutra, à mon avis, c’est comme le « garde-à-vous », le « repos », le « Présentez les armes » et le « Fixe », « C’est peut-être la voie lactée des plaisirs, avec tous les signes du zodiaque !... », « Si le ciel s’y met aussi… », « Il paraît que c’est le septième, avec plein d’étoiles en sus… », « On demandera au second (maître) de la Compagnie… », « T’es pas fou ?!... Ce sont des choses qui ne se demandent pas !... Aussi sec, il va nous envoyer balader sur les roses !... » « Est-ce que ces différentes positions du Kamasutra modifient le prix de la passe ?... », « C’est au kilo ?... », « T’ain, quand on signe l’engagement dans la Marine, ils pourraient nous refiler le bouquin du Kamasutra avec le paquetage ! On aurait l’air moins nigauds, à cette heure !... »

« Après tout, c’est peut-être la grande bible des positions de l’Amour !... », « Alors, c’est mettre le petit Jésus dans la crèche… », « Si tu veux… », « Ce serait comme la liste des belles cabrioles de judo… », « Faut mettre un kimono pour les prises d’Amour ?... », « Et si on garde les chaussettes, ça marche, le Kamasutra ?... », « Le Kamasutra, c’est pour varier les plaisirs, modifier les angles de tir, agrémenter les impressions ; c’est comme les différentes figures d’un feu d’artifice, c’est un spectacle son et lumière, avec différentes couleurs… », « À nous, le gros pétard !... »

À part faire les imbéciles et dire des bêtises, on n’était pas plus avancés ; ce Kamasutra qu’elle vantait dans l’éventail de ses talents, c’était comme dans une vitrine de glaces où l’on ne connaissait qu’à peine le début du goût de la vanille ; il nous manquait les coups de langue experts et la connaissance de plein d’autres parfums… « T’en connais, toi, des positions ?... », « Y’a celle du missionnaire, parce que ce soir, on est en mission !... », « T’es con… », « Sérieux… », « Ben non… », « Moi, je connais le soixante-neuf… », « Mais on n’est que deux !... », « T’es con… », « Dis ?... Le Kamasutra, ça marche aussi dans les autres pays ?... », « On va déjà commencer par le nôtre ; pour les escales lointaines, on verra après… »

« C’est fou, ça ! L’Amour, on va le faire des milliers de fois dans notre vie, et on n’a même pas le manuel de fonctionnement !... Pas un poil d’un début d’explication !... », « Ça s’apprend sur le tas… », « Ce doit être le raffinement dans l’art de faire l’Amour, la complicité dans la galipette, l’extase de tous les frissons conjugués à l’unisson… », « T’en sais des choses… », « Ce n’est que de la théorie… », « Devant une bougie, c’est peut-être des ombres chinoises qu’elle reproduit avec son corps contre le mur de sa chambre, et c’est à nous de les deviner… », « Moi, en tout cas, je reconnaîtrais les petites cuillères, le lotus, la levrette !... », « Ouah, ouah !... », « T’es con… »,  « Faut aller demander à la dame, c’est une experte dans l’ouverture de ses compas… », « Chiche ou pas chiche ?... », « On est Apprentis, on est là pour apprendre !… » Un peu gauches, mais déterminés, nous nous approchâmes de la pieuvre au tabouret ; c’était sûr : avec son Kamasoutra, en turlute majeure, elle allait nous aspirer nos… quelques billets…

Kama

 

 

17 octobre 2020

Sale journée pour TOKYO

 
Je serai taquin, si je faisais des blagues, mais comme ce n’est pas le genre de la maison, on va dire les choses sobrement : selon nos informations,

TOKYO n’a jamais habité le japon.

Vous allez voir l’histoire de son pseudo est désopilante.

L’histoire commence un mercredi matin, venise Alias TOKYO commande sur le site Amazon un kimono de la marque le troisième œil.

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Panique à bord le kimono est un vulgaire pyjama.

Venise tombe alors dans l’œil du cyclone et déroule sa pelote de haine.

Le tenancier d’Amazon reçoit en pleine poire le kamasoutra en trois exemplaires. (Façon de parler ).

D’Habitude timorée, Venise franchit alors  la ligne jaune un kamasoutra à la main.

 Les saillies de venise au sujet d’AMAZON et de son kimono feront le tour du japon. Comme une trainée de poudre  la passion de venise pour le kimono enthousiasme le pays du soleil levant  . Les japonais se prennent alors d’affection pour cette européenne et la nomme reine de TOKYO.

Bon vos connaissez la suite je vos fais pas un dessin. Si ?

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17 octobre 2020

c'est le k de le dire (joye)

17 octobre 2020

1, 2, 3, couvre-feu, partez ! (Joe Krapov)

Fermeture des écoles, des bars, des restaurants, des lieux de culture, des salles de sport, des stades.

Port du masque obligatoire.

Gestes (d’Alain) barrières.

Fin des embrassades et du serrage de paluches.

Ausweis ! (la délirante Autorisation Dérogatoire de Déplacement !)

Confinement généralisé avec juste une heure de sortie autorisée par jour.

Déconfinement.

Rebelote.

Couvre-feu !

On le sent bien, la prochaine étape va être l’obligation de garder le kimono lorsqu’on s’adonnera aux joies du kama-soutra !

Moi, à ce sujet, ce que j’attends depuis longtemps, c’est qu’une au moins de mes amies chanteuses se lance dans l’interprétation, même en collectif, je suis toujours prêt à aider, des « Nuits d’une demoiselle » de Colette Renard.

Je crois que je peux attendre longtemps. Toutes des dégonflées ! Preuve qu’il y a encore à débattre, n’en déplaise à l’abbé Attaignant,  du mot et de la chose.

Alors, tant qu’à faire, je m’y colle. Bouchez-vous les oreilles avec la ceinture noire de votre kimono ! Il n’y a pourtant pas là de quoi fouetter un chat comme aurait dit le marquis de Sade que je n’ai pas plus lu que le Kama-soutra ou Cattleya d’la joie Proust !

 

17 octobre 2020

Au K par K (petitmoulin)


Nus les mots
Sans kimono de soie
Ni grand manteau de laine
Sans jupon de dentelle
Ni soutane de bure
Nus les mots
Accordent leur musique
Accordent leurs soupirs
S'agitent dans les plis
De la page froissée
Comme jeunes amants
Au creux du lit défait
Nus les mots
Enflamment l'alphabet
Chevauchent la grammaire
Caressent l'orthographe
D'un singulier pluriel

Nus les mots
Sans kimono de soie
 

17 octobre 2020

Souvenirs embrumés (Walrus)

Quand on pénètre dans notre appartement, on découvre au bout du couloir d'entrée un rayonnage.

Il contient les quelques bouquins ayant survécu à nos déménagements successifs, essentiellement des ouvrages encyclopédiques, culinaires, touristiques et artistiques.

Parmi ces derniers, datant de cette période où nous courions les musées et les expositions, les catalogues correspondant à nos visites.

Je n'y ai pas retrouvé celui de cette expo présentant une série somptueuse de kimonos et de paravents extraits des collections impériales japonaises.

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Il faut bien dire qu'elle avait été organisée dans les salles du Passage 44 à Bruxelles il y a tellement longtemps que je n'en trouve pas trace sur le Net.

Tellement longtemps aussi qu'à l'époque, nous n'achetions pas encore les catalogues des expos visitées.

Sans doute parce qu'en ces temps-là nous écumions les librairies de la capitale dont nous ramenions déjà à chaque visite des dizaines de bouquins.

Et c'est en visitant ces merveilleux endroits que j'ai découvert la seule édition du Kamasutra qui vaille la peine d'être feuilletée : celle illustrée en 1973 par l'inénarrable Albert :

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Parce que pour le reste, les notices techniques, c'est pourtant un ex Responsable de l'Assurance Qualité qui vous le dit, ça ne remplacera jamais l'exploration personnelle.

17 octobre 2020

No kimono (Kate)

 

Qu'à tant s'attendre finira-t-on par se retrouver

le ton désir l'avouerai-je m'a ensorcelée

Sous quel cerisier dans quel colombier un jour

Traverserons-nous l'espace ténu qui dénouera notre amitié

 

Qui de nous deux dira les

Mots que

No yeux expriment sans que nos lèvres les prononcent

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En balade au bord du lac
On monte sur ton bateau
Sans que la voile claque
Avec un ou deux mots
Tu me fais rire
On plonge sans maillot 
Sans honte ni kimono
Caresses
Émois 
Après tant de mois
Et de stress
Hello William !
(photo de l'auteur, "Le trésor de Rackham le Rouge", Hergé)

 

 

 

17 octobre 2020

Conservatrice ? (Laura)

 

Pour m’installer chez mon futur mari, j’ai apporté d’abord dans un petit « baise en ville[1] » ma brosse à dents et autres « nécessaires » puis j’ai transporté dans de plus grands sacs mes livres d’enfant et d’adolescente que j’ai toujours dans l’appartement où je viens d’emménager. Dans ce sens, je suis conservatrice.

 J’ai encore aussi le kimono que tu m’avais offert quand nous vivions près de Toulouse, il y a dix-neuf ans) et celui que je t’avais offert (il y a plus de vingt ans) et que je mets maintenant pour te garder près de moi.

Je ne prétends pas être une spécialiste du Kāmasūtra mais ma position par rapport à la sexualité est plutôt progressiste, curieuse comme je le suis de presque tout.

Quand mon mari est mort et que j’ai dit que j’allais chercher un appartement plus petit, beaucoup m’ont dit : jette ça et ça.

Ont-ils jeté telle ou telle chose pour me/te/nous faire de la place ?

Etaient-ils là quand nous sommes rentrés du Maroc avec 40 kilos de bagages à deux, que nous n’avions plus rien ?

Je remercie ceux qui ont porté mes meubles (peu), mes vêtements (de moins en moins depuis que j’ai perdu 40 kilos) et mes livres (surtout et autres documentations d’écrivaine documentaliste) mais

Je vais vivre avec mes kimonos, kamasoutra, livres et documentation d’art surtout, conservatrice et progressiste et lorsque je mourrai, vous pourrez tout bruler avec moi sans avoir besoin de les porter encore.

 


[1] https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/baise-en-ville/7544 mot qu’il m’a  appris et que je n’entendrais plus désormais… sauf à l’écrire

17 octobre 2020

Le collier de Vénus (Vegas sur sarthe)


Il y a bien longtemps pour Noël j'avais offert à Germaine un superbe kimono en viscose de La Redoute et j'avais hâte de découvrir mon cadeau en retour.
« On a fait tous les deux dans l'exotisme » me dit-elle ravie en poussant devant moi une brouette !
« C'est exotique une brouette ? » demandai-je « on n'a même pas de jardin »
« C'est une brouette que j'ai fait venir de Gang Bangkok »
« Gang Bangkok ? Ça existe, ça ? »
«C'est en Thaïlande, pardi … c'est une authentique brouette thaïlandaise. C'est très tendance »
Je n'ai pas voulu contrarier sa tendance, la brouette est toujours à la cave depuis ce jour.
Donc pour le Noël suivant je lui ai offert un nouveau kimono – en quelque sorte une seconde chance – puis à  chaque année qui a suivi et à chaque fois elle m'offrait ces fameux cadeaux tendance auxquels je ne comprenais rien.
Fort heureusement la plupart étaient plus discrets que la brouette comme une cravate de notaire couleur vieux rose, un nœud coulant sans doute pour me pendre, un collier de Vénus ayant appartenu à Vénus en personne,
 un gaufrier « pour des instants complices » comme le stipulait la notice, un lotus à cultiver « en tailleur » ?? ou encore un palanquin pour les sportifs.
Puis il y eut un ventilateur, une balançoire et même un petit pont qualifié d'acrobatique !
Il y eut aussi un flipper et un moulin à vent, puis un  marteau piqueur qu'elle eut bien du mal à monter dans notre cinquième étage et qui ne piqua jamais rien.
J'offrais toujours mes kimonos, ainsi vint un poirier qu'on baptisa tout bonnement Williams puis une tortue que Germaine appela tout bonnement Rocco et qui s'échappa dans l'année en sautant du cinquième !
Enfin je reçus en cadeau une chaise magique dont la magie m'échappe encore puisqu'elle ne me sert qu'à y poser mon pyjama.
Après une bonne vingtaine de kimonos de tailles différentes car Germaine avait pris du poids avec l'âge, je cherchais toujours le lien qui la guidait dans ses choix hétéroclites quand elle m'offrit un clebs, un clébard du genre lévrier.
Furieux j'explosai : »Tu crois pas que j'vais descendre faire pisser ce lévrier tous les soirs ? »
« C'est pas un lévrier » rétorqua Germaine et elle ajouta d'un air malicieux pour ne pas dire lubrique « c'est une levrette »
Je réalisais que si j'avais été plus perspicace, j'aurais compris son message et j'aurais évité la corvée de pipi du corniaud.
Finalement la levrette a trouvé sa place, on l'a appelée Vénus – rapport au fameux collier – et elle dort sur notre lit.
Plus curieux que furieux, je me suis renseigné sur ce fameux collier de Vénus qui est en fait une position sexuelle acrobatique.
Il eut été si simple qu'elle m'affranchisse dès le départ.
Je vous résume l'affaire brièvement car c'est déjà assez compliqué comme ça sans devoir entrer dans le vif du sujet : Germaine essaie de se tenir sur une main au bord du lit, le dos parallèle au sol et ses jambes contre mon buste ; je prends ses chevilles pour les enrouler autour de mon cou.
Voilà, c'est tout … à moins qu'il manque une page à l'article.
Ça me tient chaud l'hiver et ça fait bien marrer la chienne ...

17 octobre 2020

Kimonos et kakizomes (Lecrilibriste)


Le Japon était de la fête
ce jour là à la bibliothèque
des kimonos on s'était vétues
on avait fait des yuzus
pour occuper les méninges
créé un stand de haïkus
pour les enfants du maquillage
un atelier de dragons pas sages
et des malles remplies de mangas
Des livres japonais,  
des estampes, jardins zen et bonsaï
et autres curieuses trouvailles
de cette culture si raffinée

Mais le clou de la journée
restait la présence de deux geishas
coiffées en chignon « shimada »
magnifiques, en kimonos d'apparat
joliment fleuris, ceinturés de obis
et chaussées de geta en bois
qui enseignaient l'art du katakana
à qui voulait bien s'aventurer
à écrire sa maxime de vie
avec un pinceau japonais
sur de précieux kakizomes
La journée fit un tabac
les clients affluaient auprès les geishas
et la queue n'en finissait pas
Chacun partant tout fier avec son kakizome
laborieusement tracé

Et avant de plier bagages
la bibliothèque eut la grande fierté
d'avoir l'ambassadeur japonais
qui fit un détour sans ambages
pour nous saluer et nous remercier

10 octobre 2020

Défi#633

 
Innovons !

Aujourd'hui, au risque d'obérer l'avenir
(les mots en K sont peu nombreux)
((mais il reste encore Kuṇḍalinī))

Un petit QCM :

Kimono

et/ou

Kāmasūtra

Bien sûr que vous pouvez,
Nagisa Ōshima l'a bien fait

6331

Moi, en bon bras cassé,
je me contenterai du kimono,
faut pas rêver...

10 octobre 2020

Se sont tapé la cloche

10 octobre 2020

Les automates par bongopinot

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Un Jacquemart fait de bois
Tape tape sur une cloche
Toutes les heures avec foi
Pas à pas je me rapproche

Et il frappe avec son marteau
Avec ardeur le jour et la nuit
Qu’il fasse mauvais ou beau
Et moi je l’admire sans bruit

Et tout s’arrête il attend son moment
Pour nous montrer que le temps passe
 Pour jouer son concerto époustouflant
Et moi de l’écouter jamais je ne me lasse

Et soudain les demis et les quarts
Un autre Jacquemart se met à cogner
Sans même une seconde de retard
Sur sa petite cloche tant aimée

10 octobre 2020

Le Bonhomme Jacquemart (Pascal)


Au début du XVème siècle, comme beaucoup d’autres villes, Romans voulut se doter d’une horloge publique. Naturellement, en la rehaussant de plusieurs mètres, on choisit la tour de la forteresse pour cette implantation.
On allait enfin pouvoir lire l’heure à chacun des moments de la journée. Romans allait vivre au rythme des heures entreprenantes, pendant cet emploi du temps de tic-tac. Simplement, en tournant la tête vers le cadran, on saurait à la minute près quelle heure il serait. Les gamins allaient apprendre l’heure en les comptant et les anciens les occuperaient en justifiant leurs habitudes. « Il est et un quart ! », « C’est l’heure du bain ! », « Il est la demie ! », « C’est l’heure de l’apéro ! », « C’est midi ! », « Bon appétit ! », « Tu peux sortir ton pain du four !... », « J’attends moins le quart !... », « Mais ce n’est pas l’horloge qui vient de sonner ?... », « Je suis en retard !... » Notre ville allait vivre sous le joug de l’exactitude du Temps. Nous allions entrer dans un emploi du temps aux séquences journalières implacables.
Réfractaires, les ouvriers regarderaient le cadran de l’horloge jusqu’à la dernière seconde pour reculer l’échéance du boulot et les patrons râleraient en les attendant devant leurs usines. On allait comparer les angélus du voisinage avec celui de la tour. Religieux et laïques allaient s’affronter par cloches interposées et on se demanderait qui est en avance et qui est en retard. Plus tard, les culs-bénits régleraient leurs montres à gousset à l’appel de l’église, les païens et les parpaillots, leurs tocantes, à l’heure de l’horloge publique.
Bien sûr, les vieux n’en voulaient pas de cette invention du diable ! Ils continueraient de regarder le soleil, sa chaleur, ses inclinaisons, ses effets d’éclairage, ses courses d’ombres, en fuyant cette modernité tapageuse ! Les ressorts, les contrepoids, les balanciers et autres pignons baladeurs, mais ce n’était que machine infernale !... Tous les cadrans solaires de la ville en prendraient un sérieux coup dans l’aile…

La ville partit chercher un metteur au point à la précision suisse ! Tu parles, ce n’est pas donné, les experts en horlogerie, surtout s’ils sont helvètes ! L’heure des hommes a un coût ; heures, minutes et secondes, c’est or, argent et bronze.
Originaire de Fribourg, le Pierre Cudrifin, le fameux metteur au point de chez tic-tac, il réclamait ses six cents florins d’or pour réaliser son œuvre ! Mieux aurait valu lui acheter quelques fromages des alpages, du chocolat de ses vaches bleues ou même des edelweiss par bottes de douze ! Six cents florins d’or ?!... Une vraie fortune !... De quoi nourrir cent familles de tanneurs des bords de la Martinette pendant mille ans !

Bref, le pognon, on ne l’avait pas. Nous, on voulait l’heure mais on n’avait pas l’or. On pouvait le payer en godasses, en pognes, en ravioles, en tommes mais, lui, il voulait du sonnant et du trébuchant. Les suisses, c’est toute une confrérie d’horlogers et de banquiers ! Même poliment, si vous leur demandez l’heure, ils vous répondent en donnant leurs numéros de compte chez UBS !
Après des tergiversations qui durèrent jusqu’à point d’heure, pas con, le neutre intéressé, il reprit ses billes et son automate brinquebalant aux savants pilonnages temporels. Et puis, il n’avait qu’à aller se faire voir, lui et son batteur d’opérette ! On saurait se débrouiller sans ses aiguilles de tricoteur du Temps !

Mine de rien, à Romans, on était dans la merde et encore incultes du Temps qui passe. Les gosses ne savaient toujours pas compter, les vieux se moquaient et les ouvriers arrivaient en retard à l’usine… Seules, les cloches des églises avaient des tintements allègres, enjoués, heureux, moqueurs…
C’était bien beau, tout ça, mais maintenant, qui allait s’occuper de marteler les heures ?... Nous, les fiers romanais, notre jugeote est à plusieurs étages, à plusieurs embouts, c’est notre couteau suisse !  On phosphora pendant des conseils municipaux et très vite l’idée jaillit. On ferait une petite annonce, un avis de recrutement… Devant la mairie, sur tous les platanes des places et les murs de la cité, on put voir affiché cette singulière offre d’emploi :

« La ville de Romans cherche un solide marteleur de cloche, sachant compter jusqu’à douze et insensible au vertige. Emploi sous abri, travail de nuit, bonne robustesse et sobriété exigées. Le marteau est fourni par la ville, temps libre entre les heures, les demies et les quarts. Tenue correcte exigée. Prévoir un bel habit, un costume d’époque propre et pimpant, justifiant le siècle d’appartenance. Exonéré de la taille et de la gabelle, levers et couchers de soleil assurés, il devra s’acquitter de son office du Temps avec une grande énergie et une ponctualité irréprochable. »

Bien sûr, il en vint des campagnes et des vallées, de tout le canton et des collines ; tous voulaient se taper la cloche avec ses avantages… Marteleurs mélomanes, ferronniers, bûcherons, du tempo à l’enclume jusqu’à la cognée, ils avaient tous postulé. Il fallait élaguer…
L’un ne savait pas compter, on ne pouvait pas compter sur l’autre, le tournis de celui-ci, la peur de la solitude de l’autre, et comment payerait-on les heures supplémentaires du changement d’heure légale, à quel âge sonnerait la retraite, est-ce qu’on avait droit au litron de pinard aux heures les plus froides de l’hiver, est-ce qu’un cache-nez réglementaire était prévu à la dotation vestimentaire, les terribles nuits de vent du Nord ?
Avec un automate, on n’aurait pas eu toutes ces questions d’ordre syndical à régler ! Un peu de graisse, de peinture, des bons contrepoids et le tour était joué, s’écrièrent les consuls en place !...

C’est un revenant de mer, peut-être un ancien galérien, un marin d’antipodes, ou un bateleur sur l’Isère, qui a saisi l’opportunité. Il avait décroché la timbale ; il avait l’allant de celui qui veut le job. Au garde-à-vous, dans son uniforme de belle prestance, il passa toutes les épreuves du questionnaire avec succès. Il savait compter, il était patient, il était ponctuel, taciturne mais efficace. Sur l’heure, il fut mis à l’essai et, donc, le fameux 2 mars 1429, il prenait ses fonctions…  

L’altitude, la solitude, le blizzard, la bise, les bizets, le brouillard, n’avaient pas d’incidence sur ses capacités à proclamer les heures du jour et de la nuit. Je crois qu’il appréciait la tranquillité de l’ermitage, loin de la cacophonie et des troubles des hommes.

D’en bas, on pouvait voir son air un peu ravi, un peu halluciné, ses yeux dans le hasard, les moustaches aux quatre vents. Sous son chapeau officiel, il martelait la cloche avec zèle. Il mettait tellement d’ardeur à l’ouvrage qu’il était en avance sur tous les clochers des églises environnantes ! Il était le Jacques Bonhomme supportant les corvées de l’heure sans jamais se plaindre. En bas, les badauds se moquaient en regardant ses couleurs de perroquet !...

« Hé Bonhomme ?!... Qu’est-ce que tu fous là-haut ?... Tu comptes les étoiles ?... » « Tu sors ce soir ?... » « T’as rendez-vous avec la lune ?... » « Baisse la tête, t’auras l’air d’un sonneur !... » « Hé, frère Jacques, c’est l’heure de sonner les mâtines !... » « Là-dessus, tu vois Montmartre ?... »
Il ne descendait jamais de son perchoir ; il vivait de l’air du temps. Au printemps, il capturait les effluves des premières fleurs ; en été, son uniforme doré était l’attraction de l’horloge publique. L’automne le distrayait avec les feuillages des platanes aux tons roux et chamarrés courant sur les trottoirs. Il y avait même des feuilles étourdies de valse qui venaient le rejoindre dans sa guérite de carillonneur. Sa célérité à la tâche n’avait d’égale que sa ponctualité coutumière. Il faisait foi. « Il est quatre heures !... » « T’es sûr ?... » « C’est le Bonhomme Jacquemart qui l’a dit !... » « Ha, ben alors… » L’hiver, il retardait un peu les heures de l’après-midi pour que les enfants jouent plus longtemps avec la neige des places.

Un jour d’orage, il fut frappé par la foudre avec une telle violence qu’on crut qu’il avait déserté la cime de son clocher. Après la dissipation de l’épaisse fumée de l’explosion, il était toujours là, encore plus resplendissant ! Son uniforme étincelait de mille brasillements multicolores ! Il était fringant comme un Volontaire de la première heure ! Personne n’aurait pu le déloger de son office de marteleur ! Le Ciel l’avait… canonisé, la ville l’avait adopté. Immortel, il était devenu l’habile statue musicienne, le chantre des heures romanaises, l’Ami qu’on vient visiter en premier au retour d’un lointain voyage. Avec lui, le Temps prenait de la valeur…

Pourtant, un jour, il perdit la tête. On dit que c’est à cause d’une révolution, d’une de ces fantaisies humaines qui consistent à raccourcir la bille de tous ceux qui ne sont pas dans le rang. Moi, je crois plutôt que c’est à cause d’une belle, trop bien cachée derrière son ombrelle. Sur sa figure, roulant sur le sol, on voyait sa moustache frisée comme s’il l’avait tressée, entre ses doigts passionnés, pendant un languissement d’altitude. Avec quelques sermons laïques et des discours de calotin, on lui remit la tête sur les épaules avec les fastes dus à sa hauteur et une grue bien utile.

A l’époque, il était revenu à la charge, le petit suisse ! Il réclamait son dû !... « Oui, moi, j’ai fait tout le boulot ou quoi ! J’en suis de mon porte-monnaie ou quoi ! Vous n’avez pas le droit ou quoi ! Je vais porter cette affaire devant les tribunaux ou quoi !... »
Il regimbait, le Fribourg’s man ! *Il montait les tours !... Nos consuls ont objecté, quant au prix exorbitant de son automate, vu qu’on avait dépêché le nôtre sous le campanile.
Ils ont refait leurs comptes de florins ; additions pour l’un, soustractions pour les autres. Enfin, ils sont tombés d’accord sur cinq cents florins plus un octroi sur les vins et les denrées.

Voilà, vous connaissez l’histoire légendaire de notre Bonhomme Jacquemart ; celui qui nous assure ses coups de marteleur avec un grand courage et une régularité de métronome consciencieux. Ressentez-vous ces vibrations quand il s’active à nous donner l’heure ? De l’échine jusqu’aux talons, il me court toujours quelques frissons d’empathie médiévale quand je lui rends visite pendant ses heures de grande astreinte.

Des armées défilent au pas des fanfares, des danseurs gambillent aux rengaines des flonflons, des mélomanes s’extasient aux œuvres des grands orchestres. Lui, sur sa partition, et avec une seule note accordée et répétée au Temps, on sait la sortie de l’école, la pause cigarette, le bus de dix-sept heures, l’ouverture de telle devanture, la rentrée du lycée, le claquement des volets de celui-ci, la sortie du chien de celui-là, et tous ces petits détails de la vie romanaise qui cadencent l’ordinaire. Mesdames, ne lui faites pas tourner la tête ; il serait bien capable d’encore… la mettre à vos pieds…  

jacquemart-bonhomme



10 octobre 2020

Cette fois-ci, c'est pas de ma faute (Walrus)

 
Enfin, pas totalement...

Comme l'autre vendredi j'avais l'air pensif devant mon ordinateur,  mon épouse m'a demandé ce qui me tarabustait.

"Je cherche un mot bien senti qui débute par un j" lui avais-je répondu.

"Jacquemart"* me suggéra-t-elle alors. Et voilà pourquoi, selon la tradition, votre fille est muette et moi non coupable.

Le plus proche représentant connu de moi de ce genre de mécanique (si l'on veut bien oublier le défilé de petits personnages animés de la façade de la Bibilothèque Nationale de Belgique au Mont des Arts dans ma bonne ville) c'est celui accroché à la tour de la collégiale Sainte Gertrude de Nivelles en Brabant Wallon.

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Il s'appelle, comme par hasard, "Jean de Nivelles" (Djan d'Nivèle en jactance locale, souvent réduit à un amical "Djan-Djan").

Et moi, Jean de Nivelles, ça m'évoque immédiatement le sixième couplet de la chanson "Cadet Rousselle" où le chien du dit Jean s'enfuit quand on l'appelle.

Curieux du lien pouvant bien unir les deux personnages (Cadet Rousselle et Jean de Nivelles donc), j'ai décidé, à l'instar de Kate** de creuser un peu la question...

Et vous savez quoi ? On en apprend de belles en creusant !

Ce Jean de Nivelles n'est autre que Jean III de Montmorency déshérité par son père pour avoir refusé de soutenir le roi de France (Louis XI) dans sa lutte contre le duc de Bourgogne (Charles le Téméraire) et qui, suite à cela, avait dû se réfugier dans son fief de Nevele hérité de sa mère.

Nevele, c'est un patelin flamand à l'ouest de Gand. Les Français ont déformé ce nom en Nivelle d'où, par erreur, Jean de Nivelles.

Pour corser les affaires, si l'on imagine bien qu'un seigneur de cette époque avait forcément des chiens et que les paroles de la chanson laissent penser que parmi ceux-ci il y en avait un qui se tirait quand on l'appelait, c'est faux!

Le chien en question, c'est Jean lui-même dont le refus de guerroyer pour Louis XI a fait chanter par les Français "Ce chien de Jean de Nivelle qui s'enfuit quand on l'appelle !"

Je me demande combien d'Aclots (c'est le nom des Nivellois) savent que leur Djan-Djan n'a rien à voir avec leur patelin, eux qui chantent :

vive Djan-Djan, vive Djan-Djan
c’èst l’pus vî ome dè Nivèle
vive Djan-Djan, vive Djan-Djan
c’èst l’pu vî d’nos-abitants

 C'est fou ce qu'on peut se tromper !

 

 

* En réalité, je l'ai appris plus tard, en bonne régente ménagère, elle pensait au style de tissage Jacquard. Pourquoi a-t-elle dit jacqemart ? Peut-être par association avec braquemart, bien que ce genre d'alliance soit plutôt le genre de Vegas que le sien, mais les circonvolutions de l'esprit féminin me sont impénétrables...

** C'est la seule astuce que j'aie trouvée pour introduire dans ce billet Kate à qui j'avais promis mon avis sur le bouquin de John Le Carré qu'elle mentionnait la semaine dernière. C'est la première fois que je lis cet auteur. Son "Retour de Service" est très agréable à lire, plus en tout cas que "Les Furtifs" d'Alain Damasio dont j'avais entendu parler à la radio. Faudra que j'arrête de charger tout et n'importe quoi sur cette liseuse...

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