Il y a un problème encore plus grave, et je pourrai prendre la décision de me barrer.
Mais il n’arrête pas avec son baratin.
Je ne suis pourtant pas une naïve incurable ; ses déclarations d’amour sont la faillite de mon âme d’enfant.
Mensonges et baratins se conjuguent bien avec mélodrame bidon.
Le mieux c’est de boire mon café et de complètement désaouler avant de franchit la porte.
Bon de toute façon et même si ça n’intéresse pas André on ne vit plus d’amour et d’eau fraiche.
De toute façon ma vie sexuelle ne regarde personne et si je n’ai plus d’ami je le jure sous serment j’éviterai les baratineurs.
Je le ferai sortir délicatement de ma vie .
Dès que je me rends compte que c’est le jour de la st valentin et que tout ce baratin autour des amoureux va me crever les tympans je me laisse prendre par la main.
André dévale les escaliers et m’entraine dans sa course.
Je ne suis pourtant pas dans une forme éblouissante mais André persiste et signe /il te faut te changer les idées.
Je loue une ranch rover et on part faire un road movie .
Mais les gorilles ne sont pas autorisés à conduire dis je tout bas ;
Si me répond -t- il au dernier contrôle animalier.
La ville ne pouvant plus financer ses services municipaux on arrive sans encombre sur les routes sinueuses du TEXAS.
Il n’ y a rien de mieux qu’André pour me virer ce baratineur de ma tête .
À tout prendre, autant tout laisser couler en verte logorrhée des magmatiques sentiments des rêveries du bleu au blanc d'alluviales en buissionnières mes foulées martelant la terre (qu'importe d'avant ou d'arrière...) avec, pour métrique sévère mes causeries de Verbe-Allant
À tout perdre, autant jouer ma part sans l'embarrasser d'un buvard misant de plume ou de crayon pour achever tous les brouillons que je cigarde au secret de mes joutes contre la Camarde ! de bluff en pouce, à chaque pli... au bout du conte, il faut engager son Tapi
Alors, oui ! vampirise-moi au bon gré d'une main contenant tes émois... M'en bats la coulpe ! Suis ainsi fait que, sang par cents, ma veine reste souple
Que le professeur Tawhid, spécialiste de la langue arabe, habitât dans les Ardennes et que j’eusse à le rencontrer dans la ville-même où je m'étais marié jadis - et d'où je m'étais tiré vite fait ! - était une drôle de coïncidence. Mais les linguistes et les connaisseurs triés sur le volet, très rares en ce XIXe siècle, du Coran que j'avais entrepris de traduire en français, s'il eut fallut les poursuivre jusque dans leur retraite au bout du monde, dans le plus retiré des trous à rats qui fût, j’y fusse allé !
Pour la fin de ce voyage j'avais pris l'omnibus. Comme nous traversions la hêtraie Bois-en-Val je ne me sentis plus brisé par les chaleurs. Tandis que le cocher maltraitait son cheval je me remémorai les anciennes erreurs que j'avais commise par ici autrefois. J'étais alors un jeune reître, un soldat, et j'avais atterri sur les terres d'ici au gré d'affectations militaires qui me mèneraient plus tard en Algérie et en Crimée, sur le théâtre des opérations ou bien en tant que gestionnaire du maintien de l'ordre.
La Meuse s'étendait au pied du mont Olympe. Là c'était Charleville et là c'était Mézières, ville d'amours tranquilles, de grâces roturières et de folles jeunesses. C'était hier encore, c'était l'été indien et ce jour-là j'avais été attiré par la musique jouée au kiosque près de la gare. Un peu en retrait de la foule, assise sur un banc vert devant une haie de thuyas, une jeune fille solitaire coiffée d’une tiare de cheveux roux me fixait du regard avec l'air de me dire « Si tu me dis oui, je ne dirai pas non ». Cette fille du coin n'était pas une hétaÏre. Plus tard je la surnommerais ainsi :
- Vitalie, ma belle hétaïre ! Toi ma Hittite folie ! Mon petit train de fantaisie !
- Qu'est-ce que ça veut dire, "hétaïre", Frédo ? demanderait-elle.
- Ça signifie « Ma cocotte » en grec ! Viens te faire voir et m’en faire voir ! Viens donc là, ma poulette, qu'on se plume au plume !
J'entends encore son rire séduit. Elle était épatée par toutes mes connaissances.
Ce premier jour je l'avais abordée sans hâte, la jouant détaché, distant, hautain. Je maîtrisais très bien cet art de prendre les façons d’un nobliau, d’un aristo solaire ou d’un disciple zélé du dieu égyptien Râ alors que je n'étais qu'un pauvre hère, fils d’un tailleur du Jura, jeune engagé dans l'armée.
Je lui avais demandé :
- Vous aimez ces airs ?
Pour une raison que je n'ai pas comprise elle avait pouffé de rire.
***
Ceux qui se pencheraient sur notre histoire plus tard, si cela arrivait, auraient tort de penser que Vitalie, jeune paysanne qui avait hérité d'une ferme dans le hameau de Roche, manquait d'attraits physiques. Sa conquête se fit sans difficulté. Après avoir sacrifié aux rites nécessaires – fiançailles, mariage, lecture du code civil et repas de famille enquillés d'une seule traite, nos têtes s'étaient retrouvés à reposer après l'effort sur les taies d'oreiller voisines d'un lit large dans lequel fut conçu notre premier héritier. Ça n'a pas raté, ce fut un garçon, on l'appela Frédéric qui était également mon prénom.
Évidemment je ne peux pas taire le changement apporté pour le père aussi par la naissance d'un enfant : nous étions désormais deux à téter les seins de Vitalie ! Un jour pour Jupiter la nymphe devient Héra et, ça ne rate pas, le brave Dieu atterré découvre que l'amante est aussi une mère et que gérer une famille ça n’est pas sa tasse de thé (ou de nectar, plutôt) à lui.
Je n'eus pas le temps d’en prendre ombrage et de devenir amer car l'armée, autre nourricière guerrière à la mamelle jamais tarie, m’appela sur une autre aire de jeux : je fus envoyé en Algérie.
Je ne revis plus Vitalie qu’a mes rares permissions. Mon absence prolongée n’irritait pas plus que cela ma solide et patiente épouse. Les feux d'un bel amour couvaient toujours dans l'âtre et ils furent suivis de quatre autres naissances d'enfançons ou d'enfantiaux comme on dit en Suisse. L’un, l’une plutôt, ne survécut pas mais il n'y eut pas d'arrêt pour autant dans notre production de nouveaux êtres en ce siècle de conquêtes et de révolution industrielle et industrieuse.
Et puis aux colonies j’ai rencontré Rita qui fut l’arête dans le bifteck de notre couple. Vitalie se sentit trahie - elle l'était ! -, elle me traita de taré, tira un trait sur nos amours et, comment on dit à Rouen, « On les mit sous le tapis à l’aître Saint-Maclou ». Après la naissance de notre dernière, « Isabelle la Catholique », elle se fit passer pour veuve puis, à ce qu'on m'a dit, serra beaucoup sa haire avec sa discipline. Après le sabre, le goupillon ! Hare Krishna à mort !
Je ne puis la haïr de m'avoir mis dehors. C'est le destin du traître et le destin est traître lui aussi. La suite est un peu tarte : je me suis terré quelques temps avec Rita en Algérie mais comme elle en avait un peu plus dans la théière elle m'a laissé tomber vite fait pour un pêcheur de raies de la ria d’Etel : il s'appelait Modiano et prenait de l'éther si je me rappelle bien. Bizarre pour un Breton !
Puis j’ai fait la Crimée et je me suis mué, la retraite venue, en vieux savant décoré de la Légion d'honneur cherchant quelques rais de lumière sur la langue des Arabes, sur la pensée d’Orient, les autres religions dont, notamment, l’Islam.
Mais ite missa est ! Fin des confidences ! La patache s'arrête, nous voici arrivés sur la place ducale. Le grand cocher bourru maltraiteur de chevaux décharge nos bagages. Cet imbécile me dévisage avec intensité avec l’air de se demander si « hêtre ou ne pas hêtre ? » est la question que se pose certain loup-bûcheron qui sortirait du bois ! Drôle d'accueil, drôle de paroissien !
J'espère que le hasard qui fait si mal le tri parfois ne mettra pas Vitalie sur mon chemin.
Aïe ! Aïe ! Aïe ! Je me sentirais sans doute obligé de lui demander : « Ces enfants que je t'avais faits, que sont-ils donc devenus ? » alors que franchement, maintenant que j'arrive au terme de mon âge, je m'en fous, des enfants Rimbaud-Cuif !
Je sais que tu trouves ça étrange que je t’écrive mais j’aime prendre le temps de te décrire ma
Nouvelle vie sans que tu m'interrompes pour savoir si j’ai assez à manger et quels sont les
Derniers potins de la famille. Tu es si curieuse.
Ma petite Oummi il faut que je t’avoue quelque chose, et c’est également pour cela que je t’écris.
Je t’ai dit que j’allais étudier le droit mais ce n’est pas vrai. Je me suis inscrit en licence de sylviculture
. Je sais ce que tu vas dire, que je me prends pour une paysanne, que je suis devenu folle Je suis
Désolée Oumma
Puisque tu ne daignes plus m’adresser la parole, je continue à t’écrire car je ne peux supporter
D’être fâchée avec toi. J’ai traversée aujourd’hui de géants sequoias. Je m’assois sur les pierres et je les observe.
Est-ce que tu ouvres mes lettres ? L’automne arrive ici par petites touches. Les feuilles des arbres
Alentours se colorent. Je m’habitue petit à petit à ce nouveau référentiel, moi qui adorais les ocres
De notre belle Provence.
Je te parle de leur majesté leur silence et leur secret . il faut vraiment passer toute une nuit en foret pour la comprendre . La lumière voyage vite ici .
Certains individus sont condamnés à ne
jamais sentir le Beau couler dans leurs veines. Ce
N’est en soi pas un problème. Mais leurs
Tendances sont destructrices, et comme dans la
Fable d’Ésope, ce que ces renards ne peuvent
Atteindre, ils dénigrent. Il nous incombe de nous
Battre s’il le faut pour qu’ils n’e n’entachent jamais ce
Qui toujours leur échappera. Le foret en fait partie
... vous me direz que c'est facile pour moi puisque je choisis les sujets.
La preuve : j'ai sélectionné le mot de cette semaine parce que, comme chacun sait, au sud-est de la ville où j'habite, il y a la Forêt de Soignes, une hêtraie de 5000 Ha, une des plus grandes forêts périurbaine d'Europe et qui se prolonge jusqu'en ville via le Bois de la Cambre.
Ceux qui me connaissent mieux pourront même révéler que pendant quarante ans, j'ai habité à deux pas du bois du Laerbeek, lui aussi planté de hêtres, même s'il ne fait que 33 hectares.
Facile dans ces conditions de me faire mousser, pas vrai ?
Bien essayé ! Tout faux vous avez !
En fait, initialement, j'avais choisi...
Hétaïre
Vous connaissez certainement ces sortes de courtisanes de luxe de la Grèce antique qui correspondaient un peu aux escort-girls d'aujourd'hui ou aux grandes cocottes de la belle-époque.
J'aurais bien aimé, mais c'est en recherchant des illustrations ad hoc dont voici les plus sages...
... que j'ai été pris d'un doute (très léger, mais enfin...) qui m'a fait me rabattre sur son seul anagramme :
Hêtraie
Vous avez compris ?
Eh bien, maintenant, allez donc vous promener "sub tegmine fagi" comme Tityre. Vous verrez, ce sera très... bucolique !
Je n'oublierai pas les huîtres, moules, bigorneaux et autres fruits de mer que nous dégustions le dimanche dans les restaurants de Saint-Nazaire et des bords de mer aux alentours, avec nos parents quand nous étions enfants.
Bonheur parfait, ambiance en noir et blanc...
Je n'oublierai pas non plus que nous allions chercher à marée basse des couteaux avec nos petits seaux et nos bottes en caoutchouc ou nos sandalettes en plastique : "regarde, là, le petit trou dans le sable, creuse".
Famille heureuse, pour un temps...
Je n'oublierai pas le marché de Saint-Nazaire où mes parents s'étonnaient, déjà du nombre de bistrots et cafés, et surtout des femmes venant seules au comptoir pour commander leur "fillette" (petite bouteille de blanc, muscadet ou gros-plan).
Années 60, émancipation ? Non, ambiance ouvrière d'une ville portuaire presque entièrement détruite pendant la guerre... Mais Adamo chantait qu'elles étaient chouettes, les filles du bord de mer, tsoin, tsoin, et il était entendu et adoré.
Bref ! Arrêtons de dériver et revenons sur le rivage où parfois des amis ou collègues de mon père nous invitaient : la pêche au carrelet, sorte de filet géant au surplomb de la mer avec une petite cabane.
Moments suspendus de convivialité et de plein air... merveilleux !
Donc, qui dit "mollusque" dit "mou" d'après l'étymologie latine. Je vérifie, c'est bien ça "mollis" (mou) mais plus encore mollis nux (noix). Pas que mou, dur aussi.
Bien des années plus tard, "In Dublin's Fair City...", comment ne pas savoir où vont les flots de touristes ? Pas forcément vers Trinity College et le fabuleux livre de Kells, mais plus sûrement vers la statue de Molly Malone, personnage emblématique criant "cockles and mussels" pour vendre sa marchandise dans la rue ! Non, je n'ai plus la photo : entre les pellicules perdues par le photographe de Dùn Laoghaire, les appareils photos volés dans la voiture alors qu'on était au cinéma un dimanche après-midi, et autres raisons... Mais j'ai encore en tête la chanson des Pogues et des Dubliners, "The Irish rover"...
D'Irlande me restent des disques, des cartes de téléphones, des pièces de monnaie, des verres de Guinness (abandonnés sur les trottoirs), des soirées à jouer au snooker, des alternances de pluie et de soleil, des traversées du pays, surtout à l'ouest et au nord...
Tiens, ce morceau de marbre vert du Connemara porte-bonheur, ce ticket de visite
Elle souloit, le dimanche matin, réfléchir au nouveau défi de la semaine, et pourquoi pas, sortir prendre la température, voire prendre une ou deux photos…
Mais quoi, me direz-vous, parler de moi à la troisième personne ? Pour le moins étrange !
- Non, une idée, comme ça !
Mais c'est quoi, ce mot ?
- Souloit ? Oui, il est dit « vieux, vieilli », obsolète, disons-le tout net. Et alors ? C’est, de plus, un verbe défectif…
Il a un défaut ?
- Il ne s’emploit (plus guère, je sais), qu’à la troisième personne du singulier… Ce n'est pas un défaut, c'est son mode d'existence...
Le petit chas ? Il mord, d'accord ? Avec son trou d' soupir ! Ben quoi ? 'Faut bien le dire...
On chante ailleurs, l'âme oratoire. Rien pour douter de Ce Grand-Soir ? Ah bon, pardon. J'étais ailleurs. Tant va la cruche au puits... On cherche. On tergiverse, et puis ? Il ne se passe rien. Rien entre nos mains, hélas. Et notre "...Vie Est Dégueulasse" !
Cet accoutrement annonçait un désastre à grande échelle.
Comment pouvait-on décemment le jour de son mariage porter un Jodhpurs
Mon sentiment était que la conception que se faisait mon futur époux du bonheur se logeait dans ses fringues.
Alors que moi je pressentais les catastrophes à venir.
Je rêvais d’un mariage romantique, j’avais l’étrange impression d’être au cercle hippique du bois de Vincennes.
Tout de même me dis-je c’est peut-être un cerveau malade.
Présente-t-il un danger pour moi ?
J’aurai pu arriver à la cérémonie avec ma batterie de tests et le diagnostiquer bipolaire.
Quelle sorte de cancrelat au QI affligeant, aux taux de glucides déficients manquant d’assurance, au point d’en être pathétique , se cherchant une épouse pour faire société pourrait s’imaginer qu’un Jodhpurs serait le code secret pour pénétrer la grande famille à laquelle j’appartenais.
Même les costumiers animaliers chez Disney ne mettent pas de BOUBOU, lui susurrai -je à l’oreille devant le parvis de la basilique.
Je voulais m’enfuir ,aller tirer les tarots chez une cartomancienne.
Puis dans le reflet d’un vitrail je me suis vue.
Je portais aussi un Jodhpurs
J’en conclus que la veille on avait abusé de champignons hallucinogènes.
Je rougissais tellement devant Monsieur le curé
Qu’il me fut difficile de répondre oui à la question
Voulez-vous prendre pour époux …….
Je n’étais pas complètement intégrée dans mon nouvel espace mental
J’ai demandé au curé s’il avait une autre question aussi fascinante.
J’avais l’impression que dans l’église les tableaux avaient été accrochés à l’envers.
Je décidais alors de remettre ceux -ci à l’endroit.
J’entendis crier les demoiselles d’honneur
Veux tu être la femme de sa vie ?
Je n’ai pas eu de mal à être d’accord sur ce point.
J’ai sorti mon esprit de la boue et j’ai demandé au curé s’il aimait les Jodhpurs
Tout ça, vous dites-vous, c'est parce que ses petites-filles font de l'équitation !
Eh bien, pas du tout, pas du tout (comme chantait Dutronc) et je ne l'ai pas trouvé non plus (Marcel aurait dit "aussi") sous les pas d'un cheval ce mot biscornu !
Vous pourriez aussi imaginer qu'en digne boy-scout je serais remonté jusque Lord Robert Stephenson Smyth Baden-Powell of Gilwell qui a fait partie de l'armée des Indes et que c'est au Rajasthan que certaines unités de cavalerie ont emprunté les jodhpurs.
Eh bien, pas du tout, pas du tout...
Pour tout vous dire, quand j'ai vu l'image de ces pantalons à la coupe si particulière, la première chose qui me soit venue à l'esprit, c'est la tenue des troupiers du corps expéditionnaire américain (AEF) débarqué en France en 1917 au cri de "Lafayette, nous voilà !"*
Ça m'a toujours tracassé de savoir pourquoi diable des fantassins portaient des jodhpurs, tenue typiquement d'équitation.
* L'attribution de ce cri au Général Pershing ou à son adjoint Stanton lors d'un discours est rien moins que contestée. Mais comme vous êtes patients, je vous montre quand même une petite photo de ces personnages portant eux aussi ces fameux pantalons.
Voilà, vous savez tout maintenant ! (ou presque...)
La seule chose capable de me sortir du lit ce matin c’est ce fifrelin.
Un vrai joueur de flute que je suivrai jusqu’au bout du monde. Il a toujours une solution ammoniaquée pour réveiller les dieux de l’argent et transformer le mien en papier insolvable.
Les riches chose inconcevable et exaspérante dont je fais partie ont un don absolument unique pour attirer ce genre de fifrelin.
J’avais espéré depuis cette rencontre une bonne réduction sur l’impôt pour frais divers engagés dans relation amoureuse douteuse, mais rien n’y a fait. Ma situation financière était comateuse, il y était largement pour quelque chose.
Il fallait songer à construire des douves autour de mon domicile pour que ce magicien aux fibres empathiques ne vienne plus troubler mes neurones vieillissants.
Inventer un tour de passe passe pour le faire disparaitre fut un jeu d’enfant. J’en ai les larmes aux yeux c’est comme si j’avais appris dans la nuit à imprimer des faux billets.
Le hic c’est que la bête, le cave ou le fifrelin ne l’entend pas de cette oeille.il a franchit les douves le bougre !! je l’ai aspergé d’essence de térébenthine. Qu’est ce que je n’étais pas prête à faire pour le séparer de mes économies.
Il arrive parfois qu'une pensée ou un souvenir vous assaille tout à coup et l'on est ébloui par sa fulgurance. Et qu'un mot, un mot tout simple, usuel, ouvre soudain dans votre esprit, dans votre mémoire une porte sur un moment de vie et l'âge aidant, très souvent sur l'enfance. Encaustique. S' y associent, pour moi immédiatement une odeur puis tout juste après, un décor. Ce mot choisi par notre ami Walrus m'a transportée bien des années en arrière, dans les années 50/60.
Un matin de septembre aux couleurs déjà bien présentes de l'automne. Je vais avoir 6 ans dans quelques jours. Je suis réveillée depuis des heures. Ai-je seulement dormi tellement l'impatience me tenaille. Je vais à l'école aujourd'hui. Un événement oui vraiment. J'attends ce moment depuis si longtemps. Un jour nouveau pour une vie nouvelle. D'ailleurs, tout est nouveau, neuf je veux dire : la jolie blouse à carreaux, la veste de lainage tricotée par ma grand-mère pour l'occasion. Et mon sésame : le cartable marron, une richesse, un bien précieux, solide et qui sent bon le cuir. Ce dernier revêt pour moi une importance particulière : il est à moi et à moi seule avec, à l'intérieur le joli plumier en bois verni et son porte-plume. Je n'aurai pas à partager cette petite fortune avec mes frères et sœur plus jeunes comme je dois le faire habituellement pour tout le reste.
Je suis prête et j'attends avec une certaine fébrilité que la cloche sonne. Je tiens mon sac d'une main ferme et de l'autre, le livre de lecture – que je n'ai pas voulu placer dans le cartable - acheté par mon père et avec lequel il m'a appris à lire. Il trouvait sans doute comme moi injuste de faire une rentrée à 6 ans parce que j'étais née en fin d'année. Ce livre m'a attiré quelques ennuis avec la maîtresse car elle avait une autre méthode pour apprendre. Et moi, bien entendu je ne voulais pas m'en séparer. Un premier livre, on ne l'abandonne pas. Le premier que j'ai aimé c'est dire. Pour l'écriture également, cela ne s'est pas passé tout seul et tranquillement. Papa m'avait aussi appris à tracer l'alphabet à sa manière qui n'était pas tout à fait celle de l'institutrice. Notamment pour les « i ». Mais c'est une autre histoire.
Enfin, voici le moment de faire les deux cents mètres qui me séparent de l'école. Papa m'accompagne et me laisse au portail à ma demande. Je suis grande n'est-ce pas et je n'ai plus besoin qu'on me tienne la main. Bien sûr, la cour je la connais déjà. J'y suis entrée plusieurs fois en fin de journée pour apporter à la maîtresse la tarte ou le pâté de viande et pommes de terre que l'on cuit dans notre four familial le jour du pain. Mais je ne connais pas la classe – unique - dont la porte est toujours fermée à cette heure et les épais rideaux tirés. A mon grand regret.
Ce matin, je brûle de découvrir enfin ce mystère : une salle de classe. Cela m'impressionne bien plus que d'affronter la maîtresse et les camarades qui me sont tous familiers. Après quelques bousculades parmi « les grands » la porte s'ouvre enfin et Madame N. nous demande de nous ranger pour pénétrer dans le sanctuaire (pour moi). L'odeur d'encaustique, très prégnante me prend quelque peu à la gorge. Mais je ne la crains pas. Je trouve même que ça embaume comme quand maman nettoie la maison au printemps. Le bureau sur l'estrade et les tables bien rangées ont été récurés et cirés. Tout est en bois et tout brille. Même la bibliothèque tout au fond. Cette dernière recèle des trésors que je n'aurai de cesse d'explorer tout au long de mes années de primaire. Et le grand tableau noir triptyque, les cartes géographiques qui ornent les murs, la mappemonde sur une console... des découvertes que je balaie d'un regard attentif.
Voilà ce que furent mes premiers pas dans la salle de classe de l'école de mon village. Ils sont inoubliables et le parfum de la cire, puissant et évocateur entre pleinement dans ce souvenir. Il en est la quintessence et déclenche en moi chaque fois que je le respire une véritable émotion. En fermant les yeux je revois, l'espace d'un instant fugace, la petite fille curieuse et volontaire qui aborde un monde nouveau pour elle et qu'elle va aimer beaucoup.
Non mais ,si on y pense vraiment, le plus absurde dans cette vie que je tente de vivre ce sont les faux contacts.
Les zones urticantes, avec des bavardages de cinq minutes, persuadés que nous avons des tas d’amis, alors que nos désaccords sont profonds.
Comme au fond nous nous haïssons tous et que la tendresse est la forme de cette haine. La raison de cette haine profonde c’est L’urticaire inhérent aux relations humaines.
Mais il me reste un soupçon de reconnaissance pour les gueux, les lépreux que la vie n’a pas épargnés. Ceux-là je ne veux point leur faire la peau, d’ailleurs ils ont la peau de la consistance d’une tortue.
Du coup je me suis détournée des humains et me suis enfoncée dans la brume où vivent les gorilles.
Oui la vie vous apprend à aimer les animaux, moi j’ai jeté mon dévolu sur les gorilles.
Peut être que j’ai eu tort mais j’ai embarque l’un deux dans mon pays histoire de lui donner un belle vie .
André mon gorille a appris à prier tous les soirs, il fait comme moi, il prie pour que le monde soit meilleur. Mais voilà, hier ça s’est gâté il a ouvert la porte et il est parti. Une crise d’urticaire parait il m’a dit le vétérinaire. A la police quand j’ai voulu porte André disparu on m’a dit c’est d’une importance secondaire. Je me sens stupide d’un coup . Le monde entier est dans un désarroi économique, ma carrière est dans la balance, avec tous mes rêves et ma sécurité et moi je parcours la ville à la recherche d’un gorille. André a été vu à las Vegas avec des lunettes et une perruque Blonde. Puis je m’en fou André fait sa vie. Est-ce une plaisanterie de mauvais gout des parques qui adorent me faire des surprises ? j’espère qu’André ne s’est pas jeté sous un camion toupie rempli de béton. La caissière de super U m’observe d’un drôle d’air. C’est la troisième fois en ce dimanche de Pâques que j’achète des quantités inhabituelles de glace à la banane. Ce n’est pas ses oignons quelle impertinence !!!
André adorait les glaces à la banane on ne sait jamais ça pourrait le faire revenir.
Je me rends compte du poids de cette affirmation, et croyez-moi mes amis, je suis émue et prisonnière de toutes ces images du désordre du monde occasionné par l’activité humaine.
Oui mes amis nous aurions dû rester des singes
A hauteur d’homme le choc est frontal.
Et ce n’est que le début.
J’ai été comme vous émerveillée par la beauté de nos civilisations.
Les Aztèques, les Egyptiens, la Grèce ,les mayas, la Rome antique, la Mésopotamie
Pléthore de civilisations, de propositions civilisatrices, mais toutes ont disparu mes amis.
Le cap des 10 milliards d’individus sera atteinte en 2050. Tous les 12 ans 1 milliards d’hommes et de femmes supplémentaires peuple cette planète.
L’humanité se répand, dégouline consomme sans limite.
N’aurions-nous pas dû rester des singes. ?
L’influence anthropologique est clairement établie et puisque que nous ne sommes pas des singes pourquoi ne point prendre ce problème à bras le corps au lieu de le laisser aux pandémie aux guerres nucléaires ou aux génocides.
La maitrise de notre démographie mondiale est le devoir non pas d’un singe mais d’un homme.
Nous avons pléthore de savoirs, nous sommes une vaste bibliothèque humaine et sur la question de la démographie rien sujet tabou.
La sécurité alimentaire en 2050 ne sera plus assurée. Oui je vous le dis mes amis
Nous aurions dû rester des singes.
Peut on encore longtemps se moquer de notre ami l’ours polaire, ce plus vieux carnivore de la planète?
Fin de l’histoire mes amis nous aurions dû rester des singes, si l’ours disparait. Et il disparaitra et nous avec.
Quand mon mari travaillait à Bouskoura, je faisais de la gym dans un club à Casablanca et les fins d'années, étaient, comme partout particulières: j'ai eu ainsi l'occasion de voir des dames de tous âges et physionomies faire la danse du ventre et ce fut... incroyable... ment beau... sauf quand je m'y mettais... où ce fut... ridicule.
Ma deuxième danse du ventre fut plus pittoresque, à Istanbul, une nuit de Saint-Silvestre: la dame était vêtu comme sur la photo du défi du samedi: beaucoup de strass et tout aussi incroyable, même de près.
Merci au défi du samedi pour ces bons souvenirs qu'il me fait me rappeler et pour m'avoir fait faire des recherches documentaires sur l'ombilic[1] , d'avoir ainsi découvert le sens architectural, littéraire[2] et enfin de par mes goûts encore d'avoir abouti à omphalisme[3], un mot et un sens que je ne connaissais pas(c'est ce qui me fait lever encore après sa mort, d'apprendre des choses chaque jour). C'est un dogme ancien mais Chateaubriand décrit Adam avec un nombril et la majorité des peintres de nu le peint aussi ainsi. Et j'ai eu notamment les plaisir de voir "Adam et Eve" par Lucas Cranach. Merci au défi du samedi.... pour tout.
Un Jacquemart fait de bois Tape tape sur une cloche Toutes les heures avec foi Pas à pas je me rapproche
Et il frappe avec son marteau Avec ardeur le jour et la nuit Qu’il fasse mauvais ou beau Et moi je l’admire sans bruit
Et tout s’arrête il attend son moment Pour nous montrer que le temps passe Pour jouer son concerto époustouflant Et moi de l’écouter jamais je ne me lasse
Et soudain les demis et les quarts Un autre Jacquemart se met à cogner Sans même une seconde de retard Sur sa petite cloche tant aimée
Le jacquemart de la ville s’était brutalement arrêté vers 2h du matin.
Le système s’était mis à partir en cacahouète. Le jacquemart avait pris la place du seul homme blanc en qui les indiens avaient confiance.
On appelait ça le progrès. Toutes les heures n’étaient plus perdues. Les patrons les comptaient minutieusement.
A cette époque le prix du temps perdu n’était pas exorbitant mais l’arrivée du jacquemart dans la ville avait changé la donne
Alors quand l’horloge divine fut en panne ce fut pire qu’un crash boursier.
Nous sommes moralement obligés d’avertir les autorités disaient les uns.
La crucifixion de notre seigneur ne peut pas être un jour comme les autres.
Comment rassembler les pèlerins si nous n’avons plus d’heure disaient les autres.
Le bon temps ne faisait que commencer pourtant.
Je savais quelque chose que les autres ne savaient pas.
Le temps nous appartenait. Tout le monde se mettait à faire la girouette. On savait plus par quelle porte du temps il nous fallait regarder. Les abrutis, les fauchés et les anxieux étaient aux anges.
On avait tous perdu l’esprit. Il me restait bien un carnet de rendez vous mais sans le jaquemart impossible d’en honorer un seul. On devenait tous des couche-tard faute d’être des lève-tôt.
Tous les étudiant s’entrainaient à se lever tôt, aux alentours de cinq heures c’est-à-dire au chant du coq pour arriver à l’université 3 heures approximativement après.
Il fut un temps où tout le monde avait une passion pour la ponctualité. Alors que mon être tout entier baignait dans une sérénité bouddhique.
Ma bonne fée croisa mon chemin et me dit façon Segala si tu n’as pas une Rolex au poignet tu vas rater ta vie.
C’était comme si j’avais piqué un fard. Munie de ce bracelet scintillant, horloge miniature scintillante, ni en parchemin ni en papyrus que diable. Cette rolex comme l’avait nommée ma divine fée semblait être entourée d’une aura.
Toutes les quatre secondes la montre me bipait.
J’ai un pressentiment me dit-elle.
Tu vas rencontrer dans exactement une heure l’homme de ta vie.
Tiens-toi prête.
Mais enfin ce n’est pas possible je suis encore en pyjama ; je vais Peter une durite si tu m’annonces des choses comme ça.
Mon scooter est en pièces détachées excuse-moi je ne peux pas croiser quelqu’un en ce moment je reste au lit.
Le temps qu’on le connaisse ou pas ne fait rien à l’affaire quand on n’est pas prête on n’est pas prête.
Comme l'autre vendredi j'avais l'air pensif devant mon ordinateur, mon épouse m'a demandé ce qui me tarabustait.
"Je cherche un mot bien senti qui débute par un j" lui avais-je répondu.
"Jacquemart"* me suggéra-t-elle alors. Et voilà pourquoi, selon la tradition, votre fille est muette et moi non coupable.
Le plus proche représentant connu de moi de ce genre de mécanique (si l'on veut bien oublier le défilé de petits personnages animés de la façade de la Bibilothèque Nationale de Belgique au Mont des Arts dans ma bonne ville) c'est celui accroché à la tour de la collégiale Sainte Gertrude de Nivelles en Brabant Wallon.
Il s'appelle, comme par hasard, "Jean de Nivelles" (Djan d'Nivèle en jactance locale, souvent réduit à un amical "Djan-Djan").
Curieux du lien pouvant bien unir les deux personnages (Cadet Rousselle et Jean de Nivelles donc), j'ai décidé, à l'instar de Kate** de creuser un peu la question...
Et vous savez quoi ? On en apprend de belles en creusant !
Ce Jean de Nivelles n'est autre que Jean III de Montmorency déshérité par son père pour avoir refusé de soutenir le roi de France (Louis XI) dans sa lutte contre le duc de Bourgogne (Charles le Téméraire) et qui, suite à cela, avait dû se réfugier dans son fief de Nevele hérité de sa mère.
Nevele, c'est un patelin flamand à l'ouest de Gand. Les Français ont déformé ce nom en Nivelle d'où, par erreur, Jean de Nivelles.
Pour corser les affaires, si l'on imagine bien qu'un seigneur de cette époque avait forcément des chiens et que les paroles de la chanson laissent penser que parmi ceux-ci il y en avait un qui se tirait quand on l'appelait, c'est faux!
Le chien en question, c'est Jean lui-même dont le refus de guerroyer pour Louis XI a fait chanter par les Français "Ce chien de Jean de Nivelle qui s'enfuit quand on l'appelle !"
Je me demande combien d'Aclots (c'est le nom des Nivellois) savent que leur Djan-Djan n'a rien à voir avec leur patelin, eux qui chantent :
vive Djan-Djan, vive Djan-Djan c’èst l’pus vî ome dè Nivèle vive Djan-Djan, vive Djan-Djan c’èst l’pu vî d’nos-abitants
C'est fou ce qu'on peut se tromper !
* En réalité, je l'ai appris plus tard, en bonne régente ménagère, elle pensait au style de tissage Jacquard. Pourquoi a-t-elle dit jacqemart ? Peut-être par association avec braquemart, bien que ce genre d'alliance soit plutôt le genre de Vegas que le sien, mais les circonvolutions de l'esprit féminin me sont impénétrables...
** C'est la seule astuce que j'aie trouvée pour introduire dans ce billet Kate à qui j'avais promis mon avis sur le bouquin de John Le Carré qu'elle mentionnait la semaine dernière. C'est la première fois que je lis cet auteur. Son "Retour de Service" est très agréable à lire, plus en tout cas que "Les Furtifs" d'Alain Damasio dont j'avais entendu parler à la radio. Faudra que j'arrête de charger tout et n'importe quoi sur cette liseuse...
C'est une fois ma mère morte, que je me décidai à voyager. Ma connaissance de la Géographie était on ne peut plus vague, aussi, après avoir consulté quelques pages électroniques, je m'envolai, un peu au hasard, pour Israël. Paris / Tel-Aviv, en vol direct, je me laissai séduire... C'était parti pour un dépaysement assuré.
J'étais à deux doigts de pardonner à ma "chère" mère mon expulsion de la maison familiale, trente-huit ans plus tôt ! Ma part d'héritage en poche, j'allais enfin pouvoir prendre le large, sortir la tête de l'eau, bref, troquer mes rames contre une paire d'ailes ! Eh oui, j'allais m'offrir les plus chouettes vacances de toute ma vie !
Un taxi m'emmenait à l'aéroport, comme dans les films... Dans l'avion, je sympathisai avec Cléo, euh...Chloé, une belle trentenaire, une jambe dans le plâtre, que je surnommai d'emblée : Cléopâtre. Esthéticienne et laborantine occasionnelle pour les produits " Tambouille et Compagnie": Les cosmétiques comestibles. C'est un tout nouveau concept, m'expliqua-t-elle, enthousiaste : toutes nos crèmes, toutes nos émulsions doivent impérativement pouvoir être consommées et ne présenter aucun danger pour l'organisme et donc pour la peau ! De fil en aiguille, une complicité se créa et elle me raconta sa vie et ses déboires avec Marc Antoine. C'est alors que sa voix dérailla et monta d'un octave...
_" Je veux mourir ! Je vais me noyer dans la Mer Morte !
_"Avec un plâtre ? qu'elle idée !" Répondis-je quelque peu affolée...(C'était bien ma veine : tomber sur une suicidaire !) La bouche tremblante et l'oeil humide, elle poursuivit :
_"Accompagne moi pour mon tout dernier voyage ! " J'ai menti à mon Patron, je lui ai promis que je prélèverais des échantillons de boues dans cette saleté de Mer pour qu'il me paie le voyage !
Un peu décontenancée, j'improvisai : "Ecoute, fait moi confiance, laisse moi une chance de te faire changer d'avis, de te convaincre que la vie peut être belle, s'il te plait... Je ne vais pas te laisser seule à ruminer une tristesse pareille ! Je ne te quitte plus ! Si au bout de nôtre séjour, tu ne changes pas d'avis, je t'aiderai, je te le promets mais je vais tout tenter pour trouver une meilleure issue à nos vacances si... particulières !"
Je ne sais pas si elle a accepté à cause de la sincérité que contenait le timbre de ma voix ou pour que le curieux à sa droite cesse de tendre son oreille velue, ou encore, pour que j'accepte de pousser son fauteuil roulant, mais elle acquiesca avec un beau sourire, qui me donna envie de chanter sur le champ, "La Reine des Neiges" ! (Allez savoir pourquoi !)
_" Libérééééééééée ! Délivrééééééééée ! "
l'indiscret Monsieur écrasa promptement et tout hurlant, ses deux feuilles de choux de ses deux mains ! Il faillit avoir les tympans perforés ! J'explosai alors dans un fou rire communicatif. Chloé essuya des larmes de joie et de chagrin mêlées. De nouveau sur le sol, nous nous installâmes dans la suite de l'hôtel, réservée par son patron, plus que confortable. Le lendemain, je n'eus pas envie de comparer le taux en sel de ses larmes avec celui de cette Mer Morte, qui dit en passant avait tout d'un lac sans vie, d'après mes recherches : ni faune, ni flore...Je n'avais encore jamais imaginé une mer si immobile et si vide. Je me disais que sa minéralisation exceptionnelle rendrait difficile la concrétisation du funeste désir de ma collocataire...Je pourrais toujours lui expliquer la poussée d'Archimède, en dernier secours, si elle veut bien l'entendre...!
Donc, le lendemain, toutes deux, sublimement vêtues, telles des "Esméralda" mais en plus magnifiques encore, nous passâmes sous " La porte des fleurs" de Jérusalem, au creux de la vieille ville. Les yeux agrandis d'émerveillement, comme elle était belle "ma douce Cléopâtre" ! Il n'était plus question de vilain garçon ni de lamentations. Toutefois, par sécurité, je déposai en cachette, un peu plus tard, une requête griffonnée sur un vieux bout de papier dans une des fentes de ce fameux mur...Pour lui changer les idées, j'oubliai volontairement la visite du cimetière du Mont des Oliviers, mais aussi la "Via Dolorosa" et le temple où repose la Vierge Marie...
Jérusalem, si on veut éviter de parler de la mort, c'est compliqué ! Nous sommes donc parties, elle, protestant contre mon obstination à emprunter des chemins plein de rebondissements pavés, et moi, pestant en poussant son fauteuil récalcitrant, se perdre dans le dédale des ruelles du vieux Souk. On s'acheta toutes deux des babouches et c'est devant l'échoppe des bijoux qu'on fit la connaissance du beau Youcef...J'aperçus une éteincelle dans le regard de ma protégée qui me laissa présager le meilleur comme le pire...