Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le défi du samedi
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 1 057 671
Derniers commentaires
Archives
11 juillet 2020

Connaissez-vous La Pallice ?


Bien sûr, Monsieur !

C'est le quartier du port de La Rochelle.

Du port de commerce évidemment, le port de plaisance, un des plus grands d'Europe, est plus au sud, dans le quartier des Minimes (et donc plutôt sur le Pertuis d'Antioche).

Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que La Pallice, d'où part le pont vers l'île de Ré, se trouve au bord du Pertuis Breton et que c'est du rivage du Pertuis Breton qu'a été prise la photo-sujet de ce samedi.

La preuve :

w6193

Cette tablette d'orientation se trouve à proximité de la Cabane du Pertuis... une crêperie ! Nous y avons bien sûr mangé une galette bretonne bien que le lieu soit situé en Aunis (j'adore les Français qui continuent d'utiliser les noms de leurs anciennes provinces disparues en 1790 et d'appeler "La Royale" la marine nationale républicaine (oui, je sais, je l'ai déjà dit)). Remarquez que de la galette bretonne, j'en ai même mangé à Toulouse, alors...

Du même endroit on pouvait donc apercevoir le fameux pont

w6192

 

Ouais, c'est pas très clair mais c'était au coucher du soleil,

w6191

ce qui explique également la couleur roussâtre de la photo de la semaine. Et de toutes les autres que j'ai prises à cette occasion,

Nieul-0272

 

au temps béni où l'on pouvait, en rentrant d'Algarve, encore se faire un petit séjour à Nieul-sur-Mer sans y être confinés.

Publicité
18 décembre 2021

Les petits bouchons (Yvanne)

 

Vous ne devez pas savoir mes amis de plume – mais non, vous ne pouvez pas savoir – Voilà : je suis atteinte d'une maladie incurable. Pas très grave mais hélas chronique. Je suis frappée de champignonnite aiguë. Vous connaissez ? Ce trouble obsessionnel affecte particulièrement – allez savoir pourquoi – la plupart des Corréziens. Quitte à paraître vraiment foldingue j'aime ma maladie. Mieux : je l'adore ! Elle se manifeste par des fourmillements dans les jambes et des rêves, voire même des hallucinations. Ils me hantent quand dans l'air, flotte cette sacrée odeur imposante créée par mon imaginerie mentale olfactive. Celle-ci se met alors à fonctionner à plein régime. Je vous le dis : je les sens, je les devine, les champignons. Bien entendu il faut avant tout se référer aux indices précurseurs : les traces blanches appelées joliment fleurs qui apparaissent sur la terre humide. Elles sont le signe infaillible de l'imminence de la poussée. Et puis il y a la lune. Très important la lune. Mais je ne vais pas m'attarder sur ce sujet au risque de vous ennuyer pour de bon !

Quand tout concorde je me prépare pour partir en chasse. Car il s'agit bien de chasse. Sans fusil évidemment. Les champignons ici ce sont les cèpes. Les autres espèces sont nommées par leur nom. Enfin celles que l'on ramasse et il y en a peu : girolles, coulemelles, trompettes, pieds de mouton, chanterelles et les rares et fameuses oronges. Les cèpes, il faut savoir les débusquer tout comme le gibier. Il est primordial de ne rien oublier  pour la traque : bottes en caoutchouc, couteau, panier ou poche, clayettes quand on espère une bonne récolte et surtout le bâton.
Tout comme j'ai un bâton pour les randonnées, j'utilise un bâton bien spécifique pour chercher les champignons. Il faut qu'il soit solide, les bois étant très souvent vallonnés et ça grimpe...Mon « outil » à toute épreuve est taillé pour cela dans le houx.

A l'approche de « mes coins » - chacun les siens – des démangeaisons cryptogamiques commencent à m'envahir et la fièvre monte. La forêt est dominée par des effluves suaves et prégnants. De très bon augure. Je fonce. L'œil rivé au sol, je cherche. En voilà un dans la mousse puis un peu plus loin, deux autres à peine visibles derrière des branches de châtaigner. Mon bâton m'est bien utile pour écarter les ramures. Je m'accroupis pour les cueillir délicatement et tout en enlevant les brindilles qui s'accrochent j'examine attentivement les alentours.

Mon panier, garni de fougères rousses, se remplit petit à petit. Je ne vois pas le temps passer. Et je ne pense à rien, trop occupée à sonder les environs. Le meilleur moment, quand il se produit, c'est la découverte d'une kyrielle de petits bouchons, têtes brunes serrées les unes contre les autres. Ici on dit avoir trouvé un nid. C'est le graal ! Cela n'arrive pas très souvent mais quand je découvre de tels trésors, un sentiment de pure joie me submerge. Je les prends un par un, doucement et je les respire. Posés avec précaution sur le dessus de ma corbeille d'osier ils ont fière allure.

Hélas, leur vie est courte. On ne peut pas garder les cèpes trop longtemps. Les petits mignons vont finir à la casserole mais ils n'ont pas dit leur dernier mot : ils terminent en beauté en embaumant toute la maison et le voisinage en prime.

y

18 décembre 2021

Une envie d'ailleurs (Clio101)

« S’assurer de reposer chaque objet à sa place. »

« Faire les pièces du premier le matin et celle du rez de chaussée l’après-midi. »

« Utiliser un produit différent pour les toilettes, la salle de bain et la cuisine. »

« Ne jamais utiliser la même éponge pour la salle de bains du rez-de-chaussée et celle du premier étage. »

« S’adresser au majordome uniquement en anglais. »

« Ne pas écouter de musique. »

c01

 Crédits photographiques : magnetme, Pixabay, 24 janvier 2020 (dernière mise à jour : 10 novembre 2020)

 

Et caetera, et caetera, et caetera

Ça faisait quarante minutes que mon interlocuteur me détaillait une kyrielle d’instructions pour faire le ménage dans son appartement. Seule la perspective de faire de lui un nouveau client m’empêchait d’éclater de rire ou de faire transparaître mon ennui. Je m’efforçais donc de garder un air aimable et attentif tout en priant pour que cet entretien s’achève.

Un habitant du seizième arrondissement, propriétaire d’un cinq pièces en duplex, donc deux réservées à sa collection de statuettes en verre provenant de tous les continents. Tiré à quatre épingles dans un costume trois pièces de chez Armani, il se tenait droit sur sa chaise, les mains fermement appuyées sur le bureau, en homme qui a l’habitude d’être écouté et obéi. Il s’adressait à mon agence de services à la personne car un de ses amis lui avait vanté la qualité de mes prestations. Autrement dit : un futur potentiel de développement.

Je prenais donc fidèlement en note toute ses recommandations.

Quand au bout d’une heure il s’en alla, je poussais un soupir de soulagement. Contrairement à mes habitudes je ne me précipitais pas pour mettre mes notes au propre et rechercher dans mes dossiers l’employée la plus convenable pour cette mission. Je me levais, sortis hors de l’agence et m’affalais sur le premier banc venu. Je pris quelques grandes inspirations, me visualisant dans mon île du Morbihan, allongée sur la plage avec un bon polar.

L’ennui causé par cet entretien s’estompa peu à peu mais je ne me pressais pas pour regagner mon poste. D’habitude c’était la partie que je préférais : découvrir mes clients, connaîtres leurs habitudes et leurs petites exigences puis déterminer à partir de là le ou l’employée qui leur correspondrait. C’était cette formule sur-mesure qui m’avait permis de fonder mon agence et d’accroître sa réputation d’excellence. Le bouche-à-oreille avait fait le reste. A présent j’étais connue dans tout Paris, et de simples services de ménage, j’avais pu étendre mon activité au soutien scolaire, à la garde d’enfants et à l’aide à domicile. Ma clientèle ne cessait de croître et si ce contrat avec le riche excentrique fonctionnait je pourrais attirer à moi tout un panel de clients fortunés.

Pourtant je ne parvenais pas à m’en réjouir.

Depuis quelques mois déjà me rendre à l’agence me pesait de plus en plus. Prospecter pour rechercher de nouveaux clients, établir les plannings en fonction de la personnalité de mes employés, les guider au début de la prestation et surveiller l’évolution de leur travail, réfléchir à de nouvelles prestations ne me satisfaisais plus autant qu’avant.  Je me sentais vide, asséchée et cela se répercutait sur mon humeur. Les entretiens hebdommadaires se terminaient souvent par des larmes. Je ne tolérais aucune erreur dans la réalisation des prestations et les contrevenants subissaient un discours sentencieux sur le rôle de l’excellence et de la perfection dans la paix du ménage et de l’hygiène de vie.

J’avais beau avoir gagné un peu en sérénité après ma pause, je m’en pris dès mon retour à mes assistantes à qui je reprochais le désordre quasi permanent sur leur bureau qui nuisait à l’image de l’agence et leur obstination à privilégier l’agenda papier au lieu d’utiliser celui d’Outlook.

 Toute à mon discours je ne perçus pas le coup d’œil de connivence qu’elles se lancèrent.

—   Maintenant, ça suffit, m’interrompit Joanna, une ravissante Polonaise.

Première à répondre à mon annonce, six ans plus tôt, pour un poste de secrétaire, elle m’avait aidée à fonder l’agence et avait assisté avec moi à son développement. Elle me tenait lieu d’adjointe et de confidente.  De caractère franc et direct, elle était la seule à pouvoir me dire ce qu’elle pensait et ne s’en privait pas.

—   Ça ne peut plus durer. Vous terrorisez nos employés qui se demandent à chaque entretien quel reproche vous allez leur faire. Alors ils se mettent la pression, accumulent du stress, font des erreurs, encaissent vos critiques et travaillent de plus en plus mal. Si vous continuez ainsi vous allez perdre vos employés et la boîte. Vous allez donc me faire le plaisir de ficher le camp d’ici, préparer vos valises et vous retirer sur votre île le temps de reprendre vos esprits.

—   Mais…

—   Il n’y a pas de mais. L’agenda est à jour, les plannings sont faits pour deux mois, aucun nouveau client n’est à prévoir. Les notes de votre entretien de ce matin sont sur votre bureau, je les retaperai et trouverai l’employée parfaite. Ce n’est qu’un essai, la signature du contrat pourra attendre votre retour. Prenez des vacances et ne revenez que quand vous aurez un esprit plus bienveillant.

Au regard de Joanna je vis qu’il n’y avait aucun lieu d’insister. Je râlais pour la forme mais intérieurement je jubilais. Je retrouverai mon île et j’y trouverai la paix et une nouvelle étincelle pour mon travail.

Arrivée la veille par le train je pris le premier train du lendemain à Port Blanc.

c02

 Crédits photographiques : ThMilherou, Pixabay, 14 juillet 2005 (dernière mise à jour : 6 avril 2021)

Le soir même j’étais installée dans mon salon, plongée dans un policier. Le feu crépitait dans la cheminée et répandait une douce chaleur ; les flammes entamaient une danse hypnotisante et je goûtais la saveur délicieuse de vacances à durée indéterminée.

Alors que j’étais absorbée par le déroulement de l’enquête je crus entendre un très léger sifflement. J’y prêtais peu d’attention mais les aigus s’amplifièrent peu à peu, comme une bombe qui serait prête à tomber. Le cœur battant et les mains tremblantes, je me précipitais à la fenêtre.

Un trait de lumière aveuglante tomba du ciel avant d’infléchir sa course et de se diriger vers le sud de l’île.

Le phénomène disparut aussi brusquement qu’il était apparu. Nul doute que demain, tous les îlois le commenteront au marché.

Dès demain, songeais-je, j’irai voir dans le sud de l’île si ce rayon a eu des conséquences. 

30 octobre 2021

Un petit bout de vie par bongopinot

bo

Des études très courtes

Toujours au fond de la classe

Des cours que ma mémoire efface

On me disait inadaptée et lente

 

La lecture les dictées en vrai

Étaient pour moi un crève cœur

J'avais beau copier pendant des heures

Des mots des phrases rien ne s’imprimait

 

Et ce n’est qu’à l’âge adulte

Qu’on me parla de dysorthographie

Une forme de dyslexie

Un mot qui enleva mes doutes

 

Je ne suis donc pas si bête

J'arrive à bien comprendre

Je continue à apprendre

Je suis plus libre dans ma tête

 

L'école pour mes enfants

Fut pour moi un nouvel apprentissage

Un moyen de revoir les bases

En jouant en s’encourageant

 

Puis arriva l’ordinateur

Un véritable ami pour moi

Remit de l’ordre dans mes mots de joie

Et d’écrire maintenant je n’ai plus peur

 

Puis j’ai découvert le samedi défi

Ma fille était encore à la maison

Elle corrigeait mes fautes à foison

Puis elle est partie faire sa vie

 

Et j’ai failli arrêter l’écriture

Et Walrus a accepté de corriger mes écrits

Grâce à lui je suis encore parmi vous aujourd’hui

À lire vos billets et mettre des commentaires

 

Même si des fautes passent ici et là

Je suis moins inquiète qu’avant

Je vide mes pensées calmement

Merci à tous pour tous ces moments de gala

 

18 septembre 2021

Mon petit matin par bongopinot

bo

 

Une ritournelle

Un doux refrain

Une musique actuelle

Font battre mes mains

 

Et mes pieds volent

Au vent léger

Et glissent sur le sol

Dans mes souliers

 

Les notes bercent

Mes deux oreilles

Et les caresses

Et je m’éveille

 

Je m’étire et me lève

La radio XXL

Me sort de mon rêve

Et je m’en vais à tire d’aile

 

Publicité
11 septembre 2021

L'inconnu dans la maison par bongopinot

bo

Et arrive le professionnel

Des jeux de cartes

Il bat et il coupe

Devant ses belles

 

Il est l’as des as

Et vous met capot

Avec pique ou carreau

Il a la main ou bien il passe

 

On l’appelle le magnifique

Qui annonce la couleur

Avec un atout cœur

Un peu de trèfle ou de pique

 

C'est aussi le cerveau

Il pose une carte sur le tapis

Et il rit puis vous sourit

Jouant un peu le guignolo

 

Au whist il classe ses cartes par valeur

Et il joue bien sûr le solitaire

Suivant joyeux l’itinéraire

D'un enfant gâté mais pas voleur

 

Un homme et son chien

Qui un jour à bout de souffle

Cet homme dit l’incorrigible

S'en est allé un beau matin

 

11 septembre 2021

Participation de Clio101

6802

 

       Auguste de la Marcinière se tenait droit sur son siège, les yeux obstinément baissés sur les cartes posées devant lui. Engoncé dans un costume trop étroit, il n'osait faire un mouvement, craignant d'entendre le tissu craquer.

       Il n’en faudrait pas plus pour donner à cette soirée, déjà suffisamment pénible pour lui, un cachet des plus catastrophiques.

       Il était arrivé chez son oncle dimanche dernier avant de  commencer des études en droit. Son parent, qui ne l’avait pas vu depuis plusieurs années, n’avait pas caché les difficultés qu’aurait un jeune homme sans appui, même issu de la bonne bourgeoisie de Nevers, à se faire un nom à Paris. Cédant à la bonté naturelle de son cœur, l’homme avait néanmoins joué des pieds et des mains pour que son neveu soit invité à la partie de whist que la marquise de C. organisait tous les vendredis. S’il lui plaisait, son avenir était assuré. La protection de la marquise lui ouvrirait toutes les portes. Son désir d’aider au mieux son neveu l’avait poussé à lui prêter le costume de son plus jeune fils. Son vêtement, du moins l’espérait-il, l’empêcherait d’être désigné d’emblée comme originaire de province.

       Il l’avait ensuite accompagné jusqu’à la demeure de la marquise en l’abreuvant de conseils sur les règles de bienséance.

       Ensuite tout avait été de mal en pis.

       De naturel timide et peu sociable, impressionné par les dorures, les tableaux de maîtres et les costumes des invités, Auguste avait commencé par trébucher en entrant dans le salon de réception. Il avait salué la marquise trop bas et n’avait cessé de bafouiller alors qu’il répondait à ses questions, dissuadant tous les autres invités de lui manifester un quelconque intérêt.

       A présent, assis à la table de jeu avec la marquise, sa fille Edith et sa cousine Julie, il contemplait sans les voir les cartes disposées devant lui. Malgré les explications détaillées de la marquise il n’avait rien compris aux règles du whist et n’osait poser une question, de peur d’être davantage pris pour un pauvre petit ignorant. Il se refusait à croiser le regard de ses voisines de jeu, craignant d’y voir leurs airs apitoyés.

       « Quelle misère, songeait la marquise. A-t-on idée d’envoyer à Paris un jeune homme sans le sou et sans appui ? Personne ne le recevra jamais dans son état, aucun étudiant ne voudra le fréquenter. »

       « Je n’ai jamais vu un garçon aussi gauche et aussi emprunté, se disait Julie en le regardant en coin. Son costume n’est pas neuf, il est trop étroit et mal coupé. Il sent le  provincial à plein nez. Il sera la risée des salons. Les filles pleureront de rire quand je leur raconterai cette soirée. »

       « Ce jeune homme est courageux, songeait Edith. Partir seul, loin de ses parents et amis pour gagner la capitale et s’y faire connaître, peu de mes connaissances en seraient capables. Et en plus il est gentil. Qui d’entre nous ne serait pas intimidé en arrivant chez un inconnu, forcé de répondre à un arsenal de questions très personnelles, en sachant qu’elles détermineront si on sera autorisé ou non à revenir ? Qu’importe ce que les autres disent, demain je l’inviterai à prendre le thé avec mon ami Rodolphe et ma chère amie Sophie. Ils sont bien moins guindés que ma mère et ma cousine, il se sentira plus à l’aise et nous pourrons vraiment faire connaissance. »

 

4 septembre 2021

Ô vent, terre !! - tiniak

 

Une - et la seule au ventre !
N’étaient mes Filles-songe

Vain espoir
Et pourtant
Noble histoire
Tenir, le cœur au vent

Tartes crèmes
Au carême
Insidieux et bourgeois
Révoquer cet élan
Encré à bout de foi ?

***


Il était une foire…
Nous en savons l’histoire
Vous en goûtez le songe
Et passerez l’éponge
Non sans prendre, au passage
Tous les plis parfumés
Aux confins de l’armoire
Il étaie ce lent soir…
Ris donc ! Tu sais qui est-ce
Et boutonne ta veste

***


UN mouchoir imbibé de ta dernière humeur

VENT, mène-moi au bout de ma prochaine ardeur

 

TAIRE tout… Pas mon coeur !

***


Avoir ne vaut pas Être
Rire, sans coup férir
Masser ton ombre douce

Oublier l’avenir

Inventer une source

Rire, sans compromettre

Et finir ses devoirs
 

ti

17 juillet 2021

Les Etranges rêves de Marcel P. 4, Virage à gauche (Joe Krapov)

Aldeburgh-141

 Longtemps il s’était tâté. Du bonheur d’être immergé, de nager sur le dos, de faire la planche dans l’eau, les doigts de pieds en éventail, il avait fini par se priver car, entré prudemment dans l’eau froide, il n’avait pu aller plus loin qu’à mi-cuisses tant elle lui avait semblé glacée.

Céleste A. n’avait pas de ces pudeurs ni de ces hésitations. De la plage où il était revenu, à moitié transi, à moitié piteux, il la regardait qui nageait et plongeait comme la plus heureuse des sirènes d’Esther Williams ou le plus valeureux des bébés requins de France Gall (qui étaient donc ces deux dames dont il entendait le nom pour la première fois de sa vie ?) .

- Elle est très bonne, mon bon Marcel ! Tu as eu tort de renoncer. Elle est froide au début mais très agréable quand on est dedans. Le tout c’est de s’y mettre.

- Ou de six mètres cinquante ! plaisanta-t-il avant de ressentir le tremblement de terre.

Ce n’était pas un séisme à proprement parler, plutôt une inclinaison régulière vers la gauche du paysage. Il avait bien repéré à un certain moment que la ligne d’horizon était plus basse à gauche qu’à droite. Mais cela s’accentuait, de plus en plus fort et de plus en plus vite. L’inclinaison était maintenant à quinze degrés et un courant contre lequel elle tentait de résister emportait Céleste au-delà des bouées blanches.

A trente degrés tout le monde sur la plage se mit à regagner en courant et en criant « Au secours ! » les hôtels, villas et camping de la ville côtière.

A 45°, il se mit à se déplacer vers la gauche en freinant avec ses talons qu’il enfonçait dans le sable car il avait perdu Céleste de vue.

A 60° la mer commença à se vider et les bateaux à se fracasser.

A 90° tout tomba, y compris lui de son lit, trempé jusqu’aux os.

***

Etait-ce un cauchemar tardif ? Un étrange rêve de fin de nuit ? Quand il ouvrit les yeux le soleil éclatait de brillance entre les interstices des volets. Il se leva et constata qu’il y avait une tache humide au milieu des draps.

Il descendit prendre son petit-déjeuner mais Céleste n’était pas dans la cuisine. Il la trouva dans le séjour ; elle était en train de mettre son linge dans une valise et elle avait à côté d’elle une grande épuisette et un ciré jaune.

- Céleste, je suis désolé, mais… J’ai encore fait pipi au lit !

- Je m’en fous, mon petit Marcel ! Tu changeras les draps tout seul ! Aujourd’hui je pars en vacances ! Direction la Bretagne !

- En vacances ?

- Les congés payés, mon petit monsieur ! Un cadeau du Front populaire !

Il ne comprenait rien du tout à ce qu’elle racontait et puis il se souvint qu’elle lui avait fait le même coup dans le cauchemar de la nuit précédente où il s’était trouvé projeté loin devant lui, en 1954.

- Mais alors, se dit-il, je suis encore en train de rêver ?

Il ouvrit les yeux. La nuit était noire de chez Michel Noir, le lit était sec de chez Miossec.

Jamais il ne passa une aussi bonne nuit que cette nuit-là !

15 janvier 2022

La fin d'un ogre. (maryline18)

 

m18

 

Jouer avec la faim d'un ogre

est difficile, voire impossible ;

ergo, je m'en vais goûter

à l'an vert et vous attendre...

 

(En oeu(f),

suivi d'un air, de peu,

étouffant sous le fagot

d'un trop proche "f(eu)",

je déboule, tout de go !)*

 

Me voilà au pays des elfes,

Surtout ne lachez pas ma main

car à mes oreilles pointues

Arrive le son des gargouillis

de l'estomac vide de l'ogre...

Avançez à reculons, oui,

Vos pas dans les miens et courons !

Enfuyons-nous loin du glouton !

 

*(Un ogre à l'envers)

5 juin 2021

Rebelle (TOKYO)

 

J’étais allée à un concert mèche au vent, avide de retrouver après ce confinement, les joies des concerts debout.

Le confinement avait été particulièrement éprouvant. Dix ans sans sortie, sans ciné sans musique.

 Les inoxydables Indochine avait pris un sacré coup de vieux.

 Sur l’échelle du pire la génération rebelle courbait plutôt l’échine face à l’affront du temps.

Je me demandais si je pourrai rester debout plusieurs heures. La question paraissait saugrenue étant donné que je suis là pour participer à un concert debout, mais en vrai je me suis aperçu samedi que j’ai perdu cette habitude après dix années et demie bien trop sédentaire.

L’époque L’Aventurier et Trois nuits par semaine semble si loin. D’ailleurs, tout le monde est hyper sérieux avec son masque dans la salle et ce sera le cas pendant tout le concert. L’esprit rebelle s’est volatilisé.

 Alors que le mien semble trier les molécules dans l’air comme les vielles dames qui achètent des tomates.

Quoi qu’il n’en soit personne n’aura mon esprit rebelle me dis- je tout bas.

Les générations qui ont subi la désinsectisation de masse ressemblent  à un cafard holographe.

 Ma rébellion ne m’apportera sans doute aucun dividende, mais à mes yeux ce sont des bons du trésor.

 Est-ce que  j’ai une tête à me plaindre qu’un beau coucher de soleil n’est pas d’avenir ou une Etoile filante ne rapporte rien ?

 Pourquoi mon esprit rebelle devrait mener quelque part ?

 D’ailleurs être rebelle ne garantit pas un avenir assuré,

 Mais peu d’attitudes offrent un aussi grand intérêt. J’ai décide de me rebaptiser grippe de hong Kong, histoire de rajouter du bordel à ce grand n’importe quoi. Si ça c’est pas la signature d’un esprit rebelle !!!!

v1

22 mai 2021

Du goût et des goûts, l’œuvre… au noir (tiniak)

 

On s’était déjà résignés à bouffer le Marcel. Mais bon. Sans trop se forcer, vu comment il nous lâchait des méga caisses à dégoûter une porcherie, le Marcel ! Et des caisses comme celles-là, dans un sous-marin en perdition au fond des Caraïbes, ça vous vaut tous les Zyklon B de la Seconde. Ah, ça ! Il s’y entendait le Marcel en prouts…

Après, il y avait eu l’Emile. Mais bon. Si ça se trouve, il aurait fini par nous la refiler, sa saleté de maladie, avant que d’hypothétiques secours viennent nous délivrer de là. Bon. On les a tout de même boulottés, l’Emile et son zona.

Si ma mémoire est bonne, ce fut le tour de Boris, ensuite. Le clairon. On aimait bien ses jeux de mots à la con. Mais bon. Bonne viande, Boris. Bonne viande.

Après, ben il ne resta plus que nous trois. Les autres carnes étant confinées dans le compartiment contaminé.

Rien n’avait été décidé quand vous êtes arrivés, en fait. On n’était plus trop pressés de se bouffer, en fait. On se laissait crever, tout doux.

Alors, quand vous m’avez ranimé, moi aussi ça m’a surpris de voir Albert (le petit Albert qu’amuse toujours la galerie, d’habitude), à genoux, les mains dans le ventre du commandant, les yeux exorbités et répétant avec un air de dégoût plutôt prononcé, hein ?


Répétant : “J’aime Pacha… J’aime Pacha… J’aime Pacha !”

titan

11 février 2023

Des Cafougnettes ! (Joe Krapov)

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais… il m’arrive, une fois par semaine à peu près, de tenir le rôle d’animateur d’atelier d’écriture.

Cela apporte beaucoup de plaisir et de surprises mais le jour où j’ai demandé à mes écrivantes de raconter Noël en n’utilisant que des mots féminins - et donc sans parler de barbecue ! - je me suis aperçu que je m’adressais en fait, depuis toutes ces années, au fan-club de Sandrine Rousseau ! 

C’est pourquoi je tiens à signaler que le texte ci-dessous n’est pas de mon cru. Il émane d’un certain Patrick Modianeau. A lui d’assumer les risques qu’il prend !

« Tant de temps a passé que tout devient confus, que tout est confondu. Quelle femme ai-je attendue dans ce café, confiant, sachant que je n’aurais droit qu’à des confidences ?

Peut-être n’étais-je alors qu’un fou, confit en dévotion devant ces corps fragiles, incapable surtout de trouver la combinaison du coffre-fort ?

Quand je songe à ces carrefours impossibles, à ces cafouillages des sens, à ces amourachages cafardeux, à cette vie sans confort que je menais alors, j’hallucine rétrospectivement.

J’ai poussé tout ce capharnaüm dans les confins. J’ai jeté le bébé avec le couffin et le lolo du bambin, effacé ces dégoulinures de déconfiture. Je ne suis pas pour autant devenu un champion de kung-fu : je fuis tous les conflits.

En vérité, j’ai peu changé. J’ai juste camouflé, derrière un savoir-faire les choses à la légère, les questions délétères qu’on pose à ses confrères sur le sens de tout ça. Sauf que, pour des raisons qui ne regardent que moi, il m’est difficile de croire à la confraternité des individus de sexe masculin !

Parfois, sous l’effet de la chaleur torride le goudron du parking fond. Même Neil Young qui confond Elvis Presley et Johnny Rotten ne sait plus qui le King fut. Vous-même, êtes vous capable de citer le nom d’un champion de ping-pong français ? Celui de l’actrice qui joue dans King-Kong, frêle ? Que pourriez-vous dire du Sturm und Drang, du Nürburgring et des Nibelungen, du trekking finlandais ou de la circonférence de Hong-Kong la fière ?

Et voilà bien pourquoi votre barbecue flambe ! Et voilà bien pourquoi votre fille est muette ! Voilà pourquoi, Madame, votre mari fréquente autant les femmes et kiffe plus que tout votre DonQuichottisme ! 

Le monde a peut-être besoin de Sancho Pança comme celui-là. Ou, si ce n’est pas ça, c’est qui karatéka, c’est qui qu’a raté quoi ?

***

De fait, si j’avais participé pour ma part à cet atelier d’écriture-ci avec un texte sur le kung-fu, j’aurais simplement écrit :

« Les arts martiaux plient l’ami ! »

Houba !

DDS 754001 Marsupilami kung fu achevé (réduit)

28 janvier 2023

La preuve par 2023 (Kate)

La preuve par 2023

Vous traiterez, bon an mal an, en quelques lignes illustrées, ces deux questions dans l'ordre qui vous plaira.

A) Est-il rationnel de poser un lapin sur l'eau en 2023 ?

B) Qu'est-ce que l'irrationnel en 2023 ?

...

Nous chercherons d'abord à savoir ce qui est rationnel en ce début d'année 2023 pour tenter de répondre aux deux questions du sujet.

Afin de faire fonctionner au mieux notre cerveau, nous n'oublierons pas de nous promener à pied (à cheval, en voiture...) conformément aux préceptes de la medecine chinoise animés des meilleures intentions.

Une bonne hygiène de vie étant basée sur la marche et une saine alimentation, la pizza n'en faisant peut-être pas forcément partie. Marchons donc, en campagne et aussi en ville.

Divagations mises à part, que penser du changement de nom de cette pizzeria ?

unnamed-3

Longtemps dénommée "Pizza Cosy", oui, "cosy" et non "cosi`" (avec l'accent grave sur le i, comme il se doit, cf. "Cosi`fan tutte"...). Eh bien, c'est depuis peu "Trois.Quatorze pizza" !

Est-il rationnel d'appeler son commerce d'un nombre irrationnel alors que jusque-là les noms les plus fréquents de ces établissements évoquent Venise ici ou , Naples, l'opéra, des monuments historiques ou une institution (depuis 1968), et Speed Rabbit définitivement fermé (ça serait devenu "Speed'zza" !), peut-être trop rapide ou trop lapin ou pas assez pizza ?... Ou trop de pizza tue la pizza ?... Ou faut-il changer de nom en changeant de propriétaire, plus simplement ?...

unnamed-2

Donc, plutôt que de passer devant cette enseigne en voiture, prenons le temps de s'arrêter. Et là, au-delà du nom, on découvre dans la forme ronde un dessin plutôt hermétique a priori. Mais qu'est-ce ? Un coeur, un triangle, des jambes... Mr Pi ?

unnamed-1

Décryptons, enfin zoomons. Il serait donc question-là de Monsieur Pi (sic), ayant perdu la tête (ou c'est un coeur ?) dont le corps munis de bras et de jambes semble être un carton triangulaire ? Pas un carton à chaussures, tout de même ! Mais où sont-ils allés chercher tout ça ? Enseigne adressée aux apprentis mathématiciens ? Est-ce bien rationnel ?...

Mais si Pi, lettre grecque, c'est 3,14 (pour arrondir, ah ! ah !) et que le mot pizza commence par "pi", pourquoi cette redondance : "3,14 pizza" alors que "3,14 zza" aurait suffi ? Est-ce totalement irrationnel ?

C'était sans compter qu'une enseigne se doit d'être compréhensible immédiatement (ou presque) à tous et qu'ici le mot "pizza" en entier se devait de figurer : c'est chose faite ! J'avais trouvé plus drôle l'allusion à la Tour penchée mais c'était déjà pris !

Pour conclure, la première des deux questions : "Est-il rationnel de poser un lapin sur l'eau ?", disons oui pour entrer dans la vogue cette année générale autour du nouvel an chinois 2023 (commencé le 22 janvier) et très souvent dénommé cette année, "nouvel an lunaire"... Il serait rationnel de poser un lapin sur l'eau, on essaiera.

Par contre, mettre en scène la passation de l'année du Tigre à l'année du Lapin en organisant une rencontre ne semble pas des plus rationnelles...

unnamed

Chez la firme qui commercialise des briques, c'est le nouvel an lunaire.

Un lapin bleu est bien posé là, fiché dans le sol, pas posé sur l'eau mais comme il est bleu c'est donc un lapin d'eau pour 2023. CQFD !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

21 janvier 2023

Les rivières gardent la parole (Cavalier)

Source: Externe

Ton épaule qui surgit de la brume
Le linge blanc qui crisse sur ta peau
Comme un coton abandonné

Tu m'hurluberlues

Les lettres s’évasent
Et s’envolent vers toi
Elles courent sur tes yeux
Encore humides

Immobile, le temps s’équilibre
Balançant tes lignes posées
Ton regard s’y appuie interrogateur
Sous le mur blanc des questions sans réponses

Tu m'hurluberlues

Le plateau du temps à l’étale
L’écrit raconte le jour et la nuit
L’homme et le monde
Si grand

Les rivières gardent la parole
Elles coulent encore sur ton sommeil
Sans pareil
Du temps passé
Du temps à venir

Tu lis …

Et tu hurles sans bruit à toutes mes berlues

7 janvier 2023

Farandole de voeux 2023 (Kate)

Farandole de voeux 2023

Ferveur ou frivolité

Amour ou affection

Rêve ou réalité

Amitié ou abandon

Nature ou nervure

Défi ou déconfiture

Obligeance ou obole

Lumière ou lucidité

Evolution ou émotion

0-1

0-2

(Dimanche matin de janvier

Premier jour de l'année

Inspiration au détour d'un café

Mais panne de papier

Vite un griffonnage

Sur un emballage

Deux mille vingt-trois

Ma foi

Déjà

J'y crois pas)

Double farandole de voeux

À tous souhaitons le mieux

Farandole de souvenirs

Farandole d'avenir

Double farandole

C'est l'espérance folle...

 

Bonne année 1973 2023 !

 

17 décembre 2022

"Littérature art martial" (Kate)

"Littérature art martial"

De colloque

En colloque

De New York

À Vladivostok

De Bangkok

À Pétaouchnok

Toujours les mêmes

Style chic ou choc

Bohême

Ou plutôt crocs

En veste crême

Dreadlocks

Stupéfiantes

Multiples breloques

Étincelantes

Se promènent

Se démènent

S'envolent

Survolent

Les déserts

Prennent l'air

S'aiment

Se désaiment

Sont d'accord

En désaccord

C'est le choc

Ou pas

De qui on se moque

Pourquoi pas

Les colloques

À Bali

C'est amok

À Tahiti

C'est du toc

Dans les starting blocks

On décolle

Du paddock

On raffole

Les birkenstocks

S'affolent

Un pas de rock

Un rail de coke

Des caisses

De Lesparre

Médoc

Tombé le costard

Viré les santiags

Perdu les médocs

On encaisse

Les coups

Le jet lag

Qui rend fou

Une vioque

Un vieux schnock

Tout est équivoque

Dans cette époque

Ce énième colloque

Où on suffoque

 

Pour les cadors

Des facs

Une vie en or

Une vie en vrac

Jeunes encore

Papys warriors

De Chambord

À Andorre

De Maurice

À Wallis

De Toronto

À Orlando

Entre frac

Et cognac

De Cadillac

En kayak

De "foule sentimentale"

À "colloque sentimental"

Pour un petit tour

Au petit jour

La vie est toujours

Tellement banale

"Littérature art martial"

unnamed

Une quête du Graal

En forme de râle

Tu parles !

 

 

 

10 décembre 2022

Septante ! (Kate)

Septante !

0

- Scrabble !

- Hein ?

- E N D E A N S : endéans, septante points !

- Quoi ?

- Le mot fait dix points, mot compte double ça fait vingt et scrabble cinquante : septante points !

Je me réveille en sursaut. Quel est ce mot ? Que veut-il dire ? Où sommes-nous ?

Un rêve, ouf ! Belgique, partie de Scrabble extraordinaire entre Lady M. et Sir W. imaginée à propos du mot "zinneke", proposé lors du défi du samedi de fin mai 2022. Si j'étais parvenue (assez facilement) à collecter quantité de belgicismes, réussi (péniblement) à les placer sur un plateau de Scrabble, le reste, c'est-à-dire leurs enchaînements et les photos, n'avait pas été du gâteau (sinon de la tarte !) et j'y avais passé des heures jours pour que ça fonctionnne... plus ou moins. Oui, plus ou moins car je n'avais alors pas pu placer le fumeux fameux mot "endéans".

Alors "belgicisme" revient en force cette semaine...

Comme le mot "zinneke" m'évoquait "manneke" (forcément !) "endéans" est mis à l'honneur, c'est (enfin) son heure !

Reprenons l'exemple du dictionnaire de l'Académie : "Je viendrai vous voir endéans huit jours" signifiant "Je viendrai vous voir dans les huit jours" qui reprend le mot "dans" bien galvaudé !

unnamed

("Grammaire italienne", Librio, M. Guézenec et A. Mazire)

Si tant est que ce mot soit (encore) vraiment utilisé en Belgique, il m'évoque le mot "entro" courant en italien. Elettra dirait : "entro otto giorni". Je m'égare ? 

Je laisse de côté les poissons séchés (qui m'évoquent toutes les variétés possibles qu'on trouve dans les pays nordiques... et ailleurs), et rebondis sur le mot "belgicisme", probablement inventé par des Français. Chissà ? Qui sait ? Je connaissais depuis longtemps le mot "gallicisme" plutôt négatif pour les professeurs de langues : "gallicisme !" ou "gall !" écrit en rouge dans la marge, tournure bien trop française... Et je n'oublie pas les "anglicismes" difficile à comprendre et encore plus à acquérir, évidemment !

Donc, "belgicisme", en veux-tu (plus de deux) ? En voilà !

Sans remonter à l'époque romaine et à "Astérix chez les Belges" (réjouissant album), ni évoquer l'époque où il y avait "du Brussels dans l'air" ici

 

ou là,

ni même le récent brol d'Angèle, écoutons ce que dit Hergé.

unnamed-4

(Tintin au pays des Soviets)

Mais que dit Tintin ?

unnamed-5

(Le Crabe aux pinces d'or)

Et les Dupondt ?

unnamed-2

unnamed-3

(Le Sceptre d'Ottokar)

Que disent les paysans syldaves ?

unnamed-6

Que lit Nestor ?

"Les pensées" de Pascal ! Hein ? Dessin jamais paru dans un album ? Quel clin d'oeil réjouissant !

Mais que dit Hergé en donnant à Tintin le monde comme terrain de jeu, d'investigation, de sport ?

- Que la barrrière de la langue n'en est pas une ?

- Qu'en syldave, on comprend "klebcz" et surtout on reconnaît "gendarmaskaïa" ?... Et qu'il est donc plus que temps de s'enfuir... ou de faire face !

Que pense Nestor ?

- Comment peut-on être Syldave ?...

 

12 novembre 2022

Nom d'un chien ! (Kate)

Nom d'un chien !

- Cochon ?

- Non, Xipho !

unnamed

- Chiffon ?

- Non, il s'appelle Xipho.

- Ah oui, comme le poisson... Et celui-ci ?

unnamed-2

- Laine.

- Glaive ?

- Non, Laine.

- Ah oui, comme le mouton... Et vous en avez encore un autre ?

unnamed-1

- Poupée.

- Épée ?

- Non, poupée, comme le jouet.

- Et les cascadeurs, dans la voiture ?

unnamed-3

- Des cascadeuses : Fleurette et Canopée.

- Fleuret et canne-épée ?

- Très drôle, Monsieur...

- Rapp, Pierre.

- Vous êtes escrimeur ?

- Quelques rudiments, j'ai pris des cours quand j'étais jeune... Je suis vétérinaire.

- Enchantée ! Lamour, Sabrina.

- Vous êtes parente avec Jeff ?

- Mon oncle. Il est en vacances, je m'occupe de ses chiens cette semaine.

- Nom d'un chien !

- Plutôt cinq !

- Sabrina, je vous offre un café, juste en face des Puces ? La terrasse est abritée, il commence à pleuvoir.

- Volontiers, Pierre !

- Ils font aussi bar à toutous...

5 novembre 2022

Quand on lit trop de po-lards (Joe Krapov)

Il se passe de drôles de choses, ces derniers temps, dans les musées. L’écoterrorisme est en net progrès. Mais cette histoire-ci dépasse les bornes.

La marquise entra à 16h 45. On commençait à fatiguer dans le commissariat. On avait sans doute besoin d’insolite, d’inattendu pour clôturer une journée qui ressemblait terriblement à la précédente dans sa banalité-morosité. Et là on était servi.

A tout casser, elle mesurait quatre-vingt dix centimètres de haut mais était agréablement proportionnée. Une déesse en miniature. Elle avait une robe rose très longue et portait une coiffe moyen-âgeuse ornée de longs rubans blancs. « Genre double hennin, beaux monts, la meuf ! » aurait dit Katarelmek qui mélangeait toujours vocables scientifiques et formules en langage des cités dans ses phrases d’une brièveté antiproustienne concis-ro-dérable. Par-dessus tout ça elle – la marquise, pas la phrase, quoique - dégageait une odeur peu habituelle. Elle sentait le cramé. Le roussi. Le feu de forêt.

41DdiFx4MbL

- Que puis-je pour vous, chère Madame ? Montaliban, je suis. Commissaire.

- Je viens déposer une plainte.

- Oui. Contre qui ? Qu’est-ce qui vous arrive ? Vous avez rétréci au lavage ?

- Je porte plainte pour violences conjugales.

- D’accord, je prends le formulaire idoine et je suis à vous. Votre nom ?

- Marquise Anne de Mamerloye.

- Vous portez plainte contre le marquis ?

- Non je porte plainte contre mon beau-frère, Wolfram Adegang Zamotus von Blaubart.

- Que vous a-t-il fait ?

- A moi, rien. A ses sept épouses beaucoup. Il les a assassinées. Et je ne sais pas ce qu’est devenue ma sœur, sa huitième épouse, qu’il essayait d’égorger. Quand je suis descendue de la tour où je guettais l’arrivée des secours, le château était en flammes et le feu se propageait aux écuries. Je crois que sa pauvre jument est morte.

- Vous avez appelé le vétérinaire ? Un médecin ? Police-secours ? Les pompiers ?

- Ils étaient déjà là. Ce sont eux qui m’ont tendu la grande échelle pour que je sorte du tableau.

- Le tableau ? Mais où est-ce que ça se passait tout ça, Madame Marmerloye ?

- Au Musée des Beaux-Arts de Rennes !

- Bon j’envoie une équipe là-bas. Où est-ce que je peux vous joindre ? Vous êtes hébergée chez une amie ?

- Chez le capitaine des pompiers, Monsieur Ronchonchon. Il habite 7, square de Provence à Rennes Villejean. Très gentil, ce monsieur.

- Dès que j’ai du nouveau, je passe vous avertir.

La marquise sortit à cinq heures. Je décrochai mon téléphone et appelai le musée.

- Dites-moi, vous avez un sinistre chez vous ?

- Pas plus que chez les autres. On a tous plus ou moins nos défauts et pas plus de raisons que les autres d’être joyeux ou déprimés.

- Non je parle d’un incendie.

- Pas que je sache !

- Et vous avez encore une fille habillée en rose qui a quitté son tableau ?

- Toujours ce délire à propos d’Isaure Chassériau ? Vous allez nous lâcher, bientôt, avec ces conneries ? Qui vous êtes d’abord ?

- Montaliban, je suis. Commissaire de police. Une disparition à signaler, vous avez ?

- Tout est normal, commissaire, sauf que vous parlez comme un Brestois, présentement. Tout va très bien madame la marquise ! Personne n’est venu balancer du talc sur les fesses du nouveau-né de de La Tour ! A part qu’on a perdu la clé de la réserve et qu’on a mis un serrurier dessus, tout était normal aujourd’hui.

- Une clé, vous dites ? Disparue ? La clé d’un grand placard ? D’une salle condamnée ?

- Pas disparue. Fondue, carbonisée. Retrouvée au pied de la porte sous forme d’un morceau de charbon. Du wolfram, qu’a dit M. le conservateur. Une lumière, lui, bien qu’il soit tout mince. On l’appelle Filament parce que son vrai nom c’est Philippe-Armand Tung-Sten !

- Il est encore là votre serrurier ? Qu’est-ce qu’il fait ?

-Ben.. il crochette ! Vous voulez que je vous le passe, le capitaine ?

- Le capitaine Crochette ?

- Non, le capitaine des pompiers, c’est lui le serrurier. Il n’arrête tellement pas de râler contre cette porte qu’on l’a surnommé Ronchonchon !

DDS 740 camion-pompier-rouge-grand-ech

L’étau se resserrait ! L’énigme allait être résolue ! Ca devait être encore un coup de l’ARVOR, l’Association des Rigolos de Villejean et de l’Ouest de Rennes ! Sauf que j’arrivais au début de la page 3, qu’il était 21 h 09 et que j’avais promis à l’oncle W. de faire court pour pouvoir envoyer ma contribution dans des délais corrects.

Bah ! Avec un peu de chance on trouverait l’explication de cet imbroglio chez Nana Fafo !

4 juillet 2020

Comme une promesse (TOKYO)

 

Notre époque à un grand nom / WALRUS

 Mais ne vous détrompez pas il s’agit d’un hologramme .

les Rolling Stones, Elton John, Cher, Billy Joel et Paul McCartney ont comme lui plus de 70ans.

Walrus est  un grand vétéran du circuit du defi samedi .

La nostalgie paye la preuve cette photo elle est d’ailleurs moins risquée que la nouveauté !!!!

Il monte sur scène tous les samedis et c’est le jackpot car à  chaque fois ça marche .

Il s’est pris de passion pour l’écriture et jusqu’à la dernière goutte d’encre dans l’encrier nous le suivrons .

 

v

15 février 2020

Kilt (TOKYO)

 

il faut l’avouer,

 En tant que spectateur, c’est toujours amusant de voir un homme en kilt. Ce qui est sûr c’est au moins en kilt l’homme n’a pas  le charisme d’un commissaire aux comptes de PME. Faut-il pour autant que je préfère Villani, avec ses pin’s d’araignée et sa lavallière. ???

C’est sur que pour le passage aux frontièrex la palpation est plus aisée.

Je vois bien mon homme en kilt avec la douanière/ vous n’avez rien à déclarer ? C’est que là fendre l’armure trouve tout son sens.

Pour ma part j’établirai un tirage au sort façon gilet jaune pour le port du kilt obligatoire.

Parce qu’au-delà des clivages et des dogmes le kilt ne rassemble -t-il pas plus qu’un débat écologique avec Donald TRUMP ?

Parce que moi il faut me voir en mode groupies  quand on parle de kilt pour homme.

Je prône qu’un homme libre et indépendant c’est un homme en kilt . Bon vous pensez à /‘ il est libre max /je vous prie de suivre .

Il ne vous faut pas j’espère un décodeur de stratégie pour comprendre que liberté et kilt se conjuguent au futur .

Moi j’aime bien que notre futur soit un peu foutraque et léger

Les femmes en shots les hommes en kilt

Derrière mon assurance et mes bons mots auxquels je ne sais pas toujours résister, je le reconnais

 S e cachent mes doutes.  Un monde où les hommes ne portent plus la culotte serait-il plus instable ?

Vous voulez quoi au juste ? un jeu Sim city : il prend la gare de l’Est, hop, il la met en banlieue et il construit un parc de trente hectares à la place des rails.

 He ben non aujourd’hui le débat c’est le kilt. Et j’ai décidé d’y mettre tout mon cœur.

Mais anticipons, car après les afters kilts  il y aura quoi ?

 Et là je sais plein de chose que je ne peux vous dire.

v

1 février 2020

Un drôle de temps par bongopinot

 

b

 

Une lumière éblouissante

Suivie d’un coup de tonnerre

le ciel est en colère

Arrive une pluie battante

 

Je suis à l’abri sous un porche

Admirant ces illuminations

Je ressens de la fascination

Devant ce spectacle si proche

 

Ces éclairs en rafales

Et ces vents violents

Avec un froid pénétrant

Est de moins en moins amicale

 

La rue devient sombre

Les arbres dénudés dansent

J’affronte cette puissance

Dans cette tempête de désordre

 

Je vais retrouver mon appartement

Je regarderai l’orage par ma fenêtre

En écrivant sur mon papier à lettre

Quelques mots sur ce drôle de temps

 

1 février 2020

Les désillusions... (maryline18)

 

m18

Tout le monde dormait encore quand je suis descendue. J'essayais de raisonner mon coeur qui s'emballait mais c'était peine perdue. Et si mon rêve se réalisait, et si les autres se trompaient, et s'il suffisait d'y croire...

J'avais laissé les illuminations du sapin branchées, hier, exprès, pour lui montrer le chemin. J'ai le coeur gros et les yeux plein de larmes. Il n'y a toujours rien à son pied. Maman avait raison. Seuls des épines comblent le sol terne.

J'ai dix ans, j'ai cent ans...Il faut oublier toutes mes histoires à dormir debout, ne plus croire au Père Noël ni aux princesses ni aux princes charmants. Tout-à-l'heure je rejoindrai la cours des grands et je leur dirai... Oh et puis non, s'ils se moquaient je ne réussirais plus à contenir mon désespoir...

J'ai dix ans, j'ai cent ans...Comment continuer sans la magie qui me portait ? Je n'ai plus rien, ma chambre est vide. J'ai jeté mes jouets cassés, fait de la place dans mes armoires, mes tiroirs, pour tous recommencer, pour réinventer de nouvelles histoires. J'ai grandis, j'ai vieillis, j'aime plus mes jeux, ma vie, ma maman...

 

18 janvier 2020

Gabelou (TOKYO)

 

La Reine ne doit pas être absente crie le grand chancelier. La parole de la reine doit circuler dans tout le royaume et ces mignons serviteurs doivent s’en faire ‘écho.

Mais voilà la Reine est loin, très loin de ses sujets il faut s’y faire. Et le chancelier a coupé les robinets de toute la cour austérité oblige.

La reine s’est claquemurée dans son château. La substantifique moelle du chancelier carbure au gabelou. Foin de la misère crasse du peuple, foin des guerres qui décimaient l’armée du royaume, foin du gabelou qui entamait les petites vies minables des sujets de la reine. Les vrais problèmes du pays sont ici entre la chambre de la reine et celle du chancelier. Sur un parchemin posé sur un coussin de velours cramoisi le nouveau gabelou celui qui sera le énième crachat à la gueule du peuple et qui va lui couter sa tête, mais ça elle l’ignore encore attends qu’elle y appose son sceau.

 Les tranchages de tête se font légion. On ne compte plus les seigneurs qui se refusent à verser le gabelou, pendant que d’autres préfèrent lécher la nuque de la reine plutôt qu’y perdre la leur.

Willy Shakespeare en son Hamlet, « Never alone did the King sigh, but with a general groan » : « Un roi soupire-t-il, c’est tout un peuple aussitôt qui gémit. Oui la reine soupire, l’état de ruine de ses finances la rend morose.

Elle voudrait se faire la belle, se tirer d’ici. Mais on ne quitte pas la firme comme ça !!!. Parce qu’il s’agit bien d’une usine à têtes couronnées.

Dans le grand couloir qui mène aux appartements de a reine rien que là 20 tableaux de feu son père, feu son arrière-grand-père . C’est qu’elle commence à peser cette couronne. En bien observant la tétanie des maxillaires de la reine on sent que le nouveau gabelou ne va rien changer.

Elle sait que si elle s’envole vers d’autres cieux elle va se prendre une volée de bois vert de toute la royauté. La reine va devoir casser son CODEVI et son plan d’Épargne il n’y a pas d’autres solutions pour sauver le royaume de sa ruine. Mais ne soyons pas bassement terre à terre avec de sordides histoires d’argent quand cette affaire relève, comme tout ce qui touche aux REINES – bibis de la reine incluse –, de l’impalpable, de l’immatériel. Avec la petite touche de ridicule qui va avec. Une reine en cavale serait d’un ridicule !!!Le gabelou et la reine sont dans un bateau…

v

 

Publicité
Newsletter
Publicité
Le défi du samedi
Publicité