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Le défi du samedi
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5 février 2022

Mon robot et moi (TOKYO)

 

Mon robot et moi sommes allés au restaurant.

Mon robot n’aime pas sortir avec moi, il dit que je lui fais honte. Il me dit que chaque fois que j’attaque un plat de côtes de porc on dirait un épaulard qui se glisse dans un banc de saumon.

Il est toujours entrain de me parler de mon niveau de cholestérol. Et par-dessus le marché il me planque mes cigarettes car il compare mes poumons à des nappes de goudron.

 Mais la goutte qui a fait déborder le vase c’est sa remarque sur un ton très ironique/

On pourrait supposer qu’une telle femme, une liseuse professionnelle de tarot accorde un certain intérêt à la diététique. Alors là je me suis dit qu’il allait un peu loin

 Je me suis retournée et je lui ai rétorqué je mange et je fume que cela te convienne ou pas.

Ton obésité m’a-t-il répondu te procure une certaine protection, c’est une enveloppe supplémentaire qui réduit ta vulnérabilité.

il lit  Freud le bougre !!

Laisse-moi au moins avaler en vitesse une portion de pudding au tapioca. On ne trouve plus de pudding au tapioca de grand-mère.

Tu souhaites faire un commentaire dis-je avec mon sourire en regardant mon robot.

 Il se lève et règle l’addition en mâchonnant un cure dent. C’est étrange un robot qui mâchouille un cure dent !!La caissière nous regarde tous les deux.

C’est la dernière version me demande -telle ? oui dis-je il commence à être obsolète.il n’a aucun savoir vivre et il me procure une instabilité émotionnelle trop grande.

Il m’a fusillée du regard et m’a rétorqué achète donc une planche à repasser.

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3 avril 2021

Mon ourson Cajole par bongopinot

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Une simple peluche

Un ourson tout doux

A la fourrure blanche

Que je trainais partout

 

Je n’étais pas bien grande

Mais j’avais mon idole

Mon ourson Cajole

Qui sentait la lavande

 

Il était mon refuge

Mon cher confident

Il calmait mes tourments

En ami de mes songes

 

Il était doux et chaud

Il savait me rassurer

Et aussi m’amuser

Et adoucir mes maux

 

Les années ont passé

Et il est toujours là

Fatigué et las

Mais je vais le bichonner

 

Pour qu’il ait une nouvelle vie

Je vais aussi le recoudre

Pour ma petite Cassandre

Pour qu'il partage ses nuits

 

16 janvier 2021

Xylophone (TOKYO)

 
Ce matin je suis tombée sur une annonce.
« Cherche xylophoniste expérimenté pour quatuor à corde. »
Je détenais le record du xylophone au Kurdistan avec en prime une salve de pantoufles à chaque entracte.
Cela ne m’avait jamais découragée. Certes j’avais une façon peu orthodoxe d’interpréter les grands musiciens de ce monde Je me jetai sur cette annonce et décidai illico de me rendre à l‘audition.

La rencontre avec le quatuor fut fougueuse et me laissa espérer un engagement immédiat.

 

 Le cerveau du quatuor cependant ne paraissait pas convaincu. je n’ai entendu dit-il qu’un boucan infernal vous devriez jouer plus discrètement.
Vous venez toujours jouer pieds nus me dit il surpris.

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Oui dis-je, j’obéis à ce scenario depuis longue date.
Ah bon ? Ce fut sa seule réponse.
Vous devriez murmurer des mantras hindous sur le trottoir au lieu de venir ici .
je rentrai chez moi songeuse.
J’ai dormi douze heures d’affilées. J’avais tout oublié persuadée d’avoir été engagée.
Des momies avaient dû me sucer la cervelle.
Onze heures déjà !! j’ai l’impression d’avoir roupillé depuis février dernier.
Je me rendis à la première du philarmonique de Berlin où le quatuor devait jouer.
Personne n’avait l’air de m’attendre. On ne semblait se soucier de moi.
L’auditorium jouissait d’une parfaite acoustique jusqu’à mon arrivée ;

 

2 janvier 2021

Tu es allé trop loin... Maurice ! (maryline18)

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Tu ne voulais pas me déclarer ton amour sans mise en scène et c'est tout à ton honneur mais là, là...tu es allé trop loin Maurice !

j'avais bien perçu un... je n'sais quoi, disons comme un certain degré d'entêtement dans son œil berbère, mais ne comprenant pas un mot de son dialecte, comment pouvions-nous décliner son invitation sans risquer de le vexer ? Sous l'emprise donc, de ce regard noir qui me fit frissonner malgré les 45° ambiants, je suivais, docile et résignée, le mouvement lent de la balade qui promettait d'être longue, très longue...J'en avais déjà ras le baba d'Ali et de nos 40 malheurs qui se profilaient.

Métamorphosée en larve cramoisie, j'essayai de sauver ma tête (pas encore ma peau) couverte à moitié par la voilette de mon chapeau, rabattue jusqu'au nez. Son effet quadrillé me faisait ressembler à une mosaïque bicolore. La déshydratation en marche rapide, elle, m'anesthésiait progressivement, aussi, c'est dans un état de demi-coma, que j'entendis ricaner le chameau qui me transportait avec nonchalance. Je ne voyais déjà plus qu'une opération du Saint Esprit, susceptible de nous sortir de ce mauvais pas...Je rassemblai des miettes d'optimisme dans le ramasse-idéaux de ma pauvre cervelle et entonnais pour moi-même un "Je vous salut Marie".

Tu voulais me déclarer ta flamme dans un décor de rêve ! Voir Volubilis ! Depuis des semaines, il fallait toujours que tu la ramènes avec tes projets de découverte de la fameuse cité Romaine ! Tous les éléments d'un cauchemar s'articulaient pendant que je laissais glisser mon regard vers ton corps de chiffon désarticulé.

Des gouttes de sueur glissaient de ton front vers tes tempes et des cloques apparaîssaient sur ton nez déjà brûlé au deuxième degrés. Tu ne savais plus s'il te fallait ouvrir ou fermer la toile froissée qui te servait encore de chemise. Ton pantalon beige était impreigné de l'odeur forte de la bête à laquelle tu t'accrochais tant bien que mal et qui ne manquait pas de te gratifier de sa bave écoeurante, lors de ses nombreux mouvements d'humeur. Tu avais bénéficié de la monture la plus capricieuse, après moi... Le pan de ma robe, arraché au carré et noué aux quatre coins, couvrait ta calvitie offerte au soleil. Le point de non retour se profilait à son zénit.

Mais qu'avions nous fait pour mériter celà !? Je te dévisageais ébahie...Tu perdais peu à peu de ta superbe, il fallait bien l'avouer...Disparus ton port de tête altier et ce sourire des beaux jours qui m'avait tant séduite.
Mais ces gens n'étaient-ils donc pas humains pour supporter ainsi le poids de leurs vêtements qui ne laissaient entrevoir que leurs yeux sombres ?  Notre caravane hétéroclite cheminait, dans le désert Marocain, en route vers Chebbi où nous devions passer la nuit, comme l'indiquait la brochure...J'allais pouvoir de nouveau m'étendre, la joue sur ton torse, ton souffle dans mes cheveux, j'allais encore me laisser caresser par ta respiration régulière et tiède... me laisser emporter par une douce torpeur aux vagues apaisantes.
Pour l'heure, j'aurais vendu dix années de ma vie future pour une bonne limonade ! Ma langue, privée de salive avait triplé de volume et restait collée sur mon palais desséché.

J'ai su que c'était le début de la fin quand ton chameau s'est affaissé, quand tu t'es vautré dans le sable qui tourbillonnait nerveusement tout autour de nous.  On ne pouvait plus progresser dans la tempête qui brouillait l'horizon et qui effaçait dangereusement les traces de notre passage.

_"ON VA MOURIR !" Te lançais-je alors, dans un sursaut de lucidité teinté de révolte. 

Je ne savais pas encore que tu utiliserais ce fameux couteau suisse que tu emmenais partout pour trancher la gorge du guide et pour lui voler sa gourde, ni que je singerais ton geste  avant même que tu n'ai pu boire son eau.

Mais qu'est-ce qu'il nous est arrivé ?! C'était quand même pas sorcier de m'offrir un verre au bistrot du centre, et de me dire : <  Je t'aime > ! Merde alors !

Avec les mecs, on en arrive toujours à des extrémités hallucinantes !

Merde ! Merde ! Merde ! En plus, j'aime pas les oranges, SORTEZ- moi de là !  


Quoi ? Ah oui, c'est vrai...les bistrots sont fermés...autant pour moi. Saleté de Covid !

 

2 janvier 2021

Non mais, j'hallucine ! (Walrus)

 
Comme dans les sujets du Défi du samedi j'ai utilisé Imbroglio, je n'ai pas pu placer Ipomée. De même à cause du Lasso, n'ai-je pu utiliser Liseron. Aussi ai-je fini par me rabattre sur Volubilis, parce que dans la petite fenêtre enchâssée dans le coin supérieur droit de mon écran était apparue cette photo prise le 19 mai 2002 sur les bords de la Ria Formosa.

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Comme chacun sait, volubilis est un adjectif latin signifiant (entre autres) "qui s'enroule" d'où son emploi en français pour désigner ce joli membre de la famille des convolvulacées : l'ipomée pourpre parfois nommée aussi liseron pourpre (ou bleu).

Marrant, j'habite précisément l'avenue des Liserons, artère où la chienne me promène régulièrement, ce qui me permet de vous assurer qu'on n'y voit jamais le moindre liseron.

J'ai quand même repéré un immeuble qui porte ce nom : "Les Liserons", mais c'est le premier de l'avenue... de la Nivéole ! Où, bien entendu, on ne voit jamais non plus cette sorte de perce-neige.

Toutes les rues de mon quartier sont ainsi affublées de noms botaniques sans le moindre lien avec les quelques plantes qu'on peut y apercevoir. L'œuvre sans doute d'un échevin à l'humeur bucolique, ce qui, pour que ça rime, me file des coliques et m'oblige à vous laisser au seuil d'une divagation qui promettait pourtant d'être intéressante (vous aurez lu comme moi que les graines de la sympathique ipomée ont de sérieuses propriétés hallucinogènes).

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21 novembre 2020

Au premier confinement par bongopinot

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En cette période compliquée
On voit une pléthore de marchandises
Dans les caddies des hypermarchés
De la déraison à la bêtise

Ils stockent le sucre riz pâtes
Et bien sûr le fameux papier-toilettes
Leur appartement devient échoppe
Mais ils sont mieux dans leur tête

Alors pourquoi les en blâmer
Mais quand je suis allée au magasin
Les rayons étaient bien vidés
J’y retournerai un autre demain

Et pour ne pas me prendre la tête
Je suis allée en bas de chez moi
Dans une petite supérette
Une alternative de choix

18 juillet 2020

Venise (maryline18)

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Venise où es-tu...?

Je passe devant la statue et je continue. C'était notre point de repère, au cas où nous nous perdrions pendant la visite du château. Mais ne nous sommes nous pas déjà perdus depuis si longtemps...Je ne réclamais pourtant pas l'abondance, non, juste... que tu me fasses l'amour dans un grenier...

Venise ce n'est pas faire n'importe quoi avec n'importe qui, non, mais c'est n'importe quand... alors pourquoi pas maintenant !Venise est bien en Italie...?

Je pars rêver le long de la baie "Des contes de fées", écouter les secrets des mers bleues où naviguent des bateaux sans retour, où pleurent des marins sans repos, un coquillage posé sur mon oreille. Les cheveux défaits par le vent frais du large, sur le "Vaporeto", j'irai caresser le soleil de Burano. Parée de ses filets d'or, guirlande scintillante, je me balancerai au gré de la brise tiède qui effleure les dentelles légères, suspendues aux façades colorées de l'île enchanteresse.

Mais à l'aube finissante, tel un rai de lumière cherchant son reflet sur l'onde berçante, je me laisserai tomber dans les eaux troubles de ma mémoire. Lentement, de regret en regret, de palier en palier, de bar en bar, viendra le fond. Bientôt, le clapotis de l'eau sur les barques amarrées, ne sera plus qu'un mouvement sourd faisant danser les algues . Deviendrai-je alors sirène, ou juste un corps, toujours et encore...

Mon amour, tenteras-tu de me repêcher, pour m'aimer enfin ou me laisseras tu me remplir de cette eau viciée et nauséabonde ? Me laisseras-tu me gonffler de cette mer grise, fatiguée de charrier autant d'amertume... Attendras-tu que les étoiles s'éteignent et noient le chemin du retour ? 

La tâche ne sera pas aisée, je sais...et puis quel appât utiliser pour un presque macchabée, un baiser peut-être, enveloppé dans du papier doré ? Je marche à contre courants, au milieu de ces touristes sans tête. J'accélère le pas et je m'entête, je m'éloigne de ta mauvaise foi. Il ne faut pas que je dérape, que la raison me rattrappe. Cette fois je passe le cap... La liberté est au bout de la rue, je l'entends qui m'appelle :

_" Viens ma jouvancelle ! Viens !"

Rêveuse, je m'imprègne des promesses de ce tableau idylique...Capricieuse, je provoque les démons de ce paradis fictif. Je cours et je revois cette photo où j'exultais, sur la plage, petite...Réussirai-je à retrouver ce bonheur enfantin, cette insousciance perdue ? Réussirai-je à laisser là, tous ces malentendus ? Retrouverai-je la puretée, la beauté...?  Non ! tu me rattrapes, c'est foutu !

J'ai la tête en feu, je suis ivre de tous ces désirs innassouvis, de toute cette tendresse mise au rebut. Au Diable les mots ! Avec comme seuls bagages, mes défauts, je m'enfuis. J'abandonne ma chrysalide et déploie mes ailes à nouveau. Vois comme je suis belle ! Regarde une dernière fois ces couleurs pastelles qui déchirent leur voile, vois comme le carmin me sied alors que mon coeur propulse son sang rageur jusqu'à mon front perlé de sueur.

Un camionneur s'arrête à ma hauteur :

_"Ciao dove stai andando cosi ? Dovrei prenderti ? Vado a Venezia ! Monte !"

...Venise n'est pas en Italie...c'est où tu vas, c'est où tu veux, c'est l'endroit où tu es heureux...! La, la, la...La, la, la...!

Adieu !

( Merci à Serge Reggiani...)

11 août 2018

Un arbre sur mon chemin par bongopinot

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Un arbre sur mon chemin

Qu’une douce mousse entoure

Délicate comme du velours

Une tendresse dans le matin

 

Il sent les rayons du soleil

La brise légère sur son écorce

Tout cela le renforce

Et tranquillement il s’éveille

 

Il ouvre ses branches à la vie

Il respire par tous ses organes

Et ses feuilles vertes planent

Absorbant la lumière ainsi il se nourrit

 

Quelques oiseaux sur lui se posent

Un écureuil fait de l’exercice

Agrippé solidement à l'écorce

Satisfait et à l’aise

 

Je viens souvent me ressourcer

En cet endroit plein de charme

Loin de la ville et du vacarme

De la pollution et de la foule stressée

 

Cet arbre sur mon chemin

Qu’une douce mousse entoure

Délicate comme du velours

C’est ma tendresse du matin

 

4 juillet 2020

L'homme et ses chiens (bongopinot)

 

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Une photo de famille
Prise dans un coin calme
Un jardin plein de charme
Des clins d’œil qui brillent

Un homme et ses chiens
Ses petits amis pour la vie
Des moments adoucis
D’intervalles de câlins

Une balade dans le parc
Leurs pas sur les pavés
Un banc pour se reposer
Instants magnifiques

Des pelouses bien vertes
Des haies bien alignées
Maitre et toutous en virée
C’est Walrus en chemise sans cravate

24 mars 2018

Sur le fil du rasoir (Nana Fafo)

Sur le fil du rasoir

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Pingouinnot était à mi-chemin entre l’excitation et la frustration.

Il essayait de comprendre, de garder le cap.

 

Son petit trio n’avait aucune piste sérieuse, une piste vide, aucun spectateur,

triste spectacle pour cet équilibriste !

3 cerveaux qui bullent à Bullet Journal pour trouver l’inspiration

car The show must go on…

 

A chaque instant tout peut basculer.

 

Pingouinnot était retourné dans ses pénates,

sur sa banquise, perdu dans ses pensées

l’horizon en point de mire

 

Il sentit une ombre derrière lui…

Serait-ce le fruit de son imagination fertile ou de ses peurs laissées en suspens ?

Suspense …

 

Il ne pût résister, il se retourna, perdit l’équilibre,

comme poussé par cette ombre, sa peur

comme happé par le vide, son imagination

L’appel de l’eau, l’eau glacée.

Il prit une douche froide en comprenant que tout ceci était bien réel.

 

Quelqu’un l’avait poussé…

Il se hissa sur le fil de sa banquise, avec l’agilité d’un funambule qui navigue en eaux troubles.

Troublé.

 

Il ne restait que quelques plumes sur le sol.

Son vilebrequin et sa boussole avaient disparu.

 

 

28 mars 2020

Quidditch (TOKYO)

 

Chacun son Quidditch. En ce moment avec le confinement, j’ai dû mettre le balai au placard.

Moi pendant le confinement, j’ai déjà épuisé les stocks de coloriages que maman avez imprimés au travail pour les trois prochaines semaines. J’ai terminé  trois fois le puzzle 500 pièces des Aristochats qui devait durer six jours et regardé tous les épisodes de Mouk huit fois de suite. L’heure est donc grave, car il reste encore pfiouuuuu, au moins trois semaines à tenir à la maison, peut-être plus si on en croit les médecins – qu’on préfère croire, de toute façon. C’est donc le moment de me lancer dans un grand projet créatif, car mon balai, maman m’a interdit d’en faire usage ;

Alors j’ai eu une idée faire de la musique

 Avec quelques tendeurs sur une chaise, avec une grosse boîte de conserve coincée entre deux d’entre eux j’ai commencé par faire une contrebasse-chaise. Avec une bassine retournée sur laquelle  j’ai cloué deux manches à balai, sur lesquels  j’ai tendu ensuite une corde reliée au fond de la bassine, et  j’ai fait avec une contrebassine, une harpe à bac. Le plus facile fut   de coller deux pots de yaourt (vides…) en y mettant du gros sel, et hop, des petites percussions pour mes petites mains. Enfin, l’instrument phare dont je suis le plus fier c’est la cuillère. Deux cuillères à soupe en l’occurrence, que j’ai tordu un peu au niveau de la tête. Puis on les joue en opposant leur côté bombé, en les tenant ensemble pour les frapper en alternance entre sa cuisse et sa main libre.

Alors que le niveau de stress atteint son pic,  maman peine à choisir sa cinquième tenue de la journée , elle hésite entre le pyjama du matin et celui du soir .

Mon père m’a dit l’autre soir c’est le couvre-feu ne t’avise pas de sortir avec ton balai tu veux finir dans un sarcophage. Mon père est coutumier des blagues rustiques souvent je n’y comprends rien.

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maintenant je regarde ma paire de Nike .je m’ennuie j‘ai l’impression d’être bloqué dans l’entrée et de ne pas voir le spectacle. Le spectacle est nul dehors a dit maman, tu ne sors pas, tu vas finir comme ces pharaons.

Attendre la fin du confinement ça rend dingue alors j’ai cessé d’attendre j’ai repris mes instruments de musique et j’ai joué à fond la caisse. J’ai entendu mon père dire à ma mère.

Je ne sais pas ce qui est pire / l’entendre jouer de la musique ou l’entendre râler. Je vois que tous deux retiennent leur souffle m’adressent un large sourire, mais au fond je sais qu’ils voudraient m’enfermer dans le placard avec mon balai.

Mes parents ont les yeux fixés sur l’écran de la télévision. On voit défiler des cercueils. Je suis magicien je vais guérir les malades criai-je soudain. Mes parents ont retrouvé leur sourire ils sont convaincus que je vais trouver la potion magique du moins c’est ce que je crois .

 

Ne te prends pas pour Alice aux pays des merveilles fils, ce virus est plus grand que tous les magiciens .je ne bouge pas campé sur mes deux jambes je regarde ma mère dans les yeux. Ne sous-estime pas le sorcier que je suis. Mon père me dit alors / tu comptes attaquer le coronavirus avec une tapette à mouches ?

Voyant que mon père agacé s’emballe, je fais machine arrière. D’un coup de pied je me débarrasse de mes chaussures et me jette fatigué sur le lit atterrissant au milieu de milliers d’acariens.

 

3 mars 2018

Ecrire à Rimbaud. 14, Carrousel (Joe Krapov)

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière 
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

« J’avais rendez-vous, j’avais rendez-vous…
Dis-moi… Après quoi on court ? »

Carrousel 

 

DDS 496 Mary Poppins

Si comme le chantait jadis Nicoletta « ma vie est un manège » et que « ce manège tourne bien », c’est qu’il tourne en rond ! Pas question pour moi de jouer ces temps-ci les Mary Poppins et d’emmener galoper dans la nature les chevaux de bois du carrousel. Pas question de me trouver mêlé à quelque chasse à courre, j’ai trop peur de devenir le gibier dans ce monde où le trafiquant d’armes et le maffioso de tout poil mènent leur manège au grand jour, ont pignon sur rue.

D’ailleurs mon destin est semblable au tien ! Malgré ton désir de fuite tu t’es finalement retrouvé planté à Charleville-Mais-Hier où tu fais désormais office de chapiteau de cirque, où tu trônes en effigie sur la caisse du carrousel local. De mon côté, en tant que musicien épisodique, pas question de décoller, côté tournées ! A part celles qu’on s’envoie aux bars, bien sûr ! Les dates de concerts ne se bousculent pas au portillon du train fantôme. J’irai juste faire un tour à Tours en juin et sinon je suis condamné à enfourcher un renne à Rennes. A preuve l’excellent gag de l’autre jour. 

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- Assieds-toi, j’ai reçu un coup de fil pour toi, me dit Marina B., ma préposée au téléphone fixe quand je suis le mardi au club d’échecs ou à l’atelier d’écriture. Une chorale de quinze personnes s’est montée à la Maison de quartier de Villejean. Elle s’appelle la Ritournelle et elle cherche… un guitariste !

Bon, d’accord ! Il faut savoir que j’ai déjà fait le clown là-bas de 1998 à 2008 à faire chanter « La java bleue » et « la Valse brune » à des dames aux cheveux argentés ! Recommencer ? Alors que je me suis remis à jouer aux échecs le mardi après-midi et que ces dames de « La Ritournelle » ont choisi cet horaire-là pour chanter. Choix cornélien ! Sur quel dada vais-je monter ? Dois-je refaire ce que j’ai déjà fait ?

C’est que tu ne connais pas mon bon cœur, mon cher Arthur ! Il sait quand il le veut faire se faire plus sirupeux qu’une musique de limonaire ! Qu’est-ce qu’il ne ferait pas pour aller fredonner « Les Roses blanches » « Mon amant de Saint-Jean » ou « Le Tango corse » ! Mais bon, tel qu’il est, il me plaît ! Moi en général, les gens de mon voisinage, « tels qu’ils sont ils me plont », comme disent Annie Cordy et Renaud Séchan quand ils chantent ensemble.

Donc le mardi suivant je préviens mes potes d’échiquier que je ne pousserai pas le bois avec eux cet après-midi-là. C’est drôle, là où on joue, ça s’appelle « le Diapason » ! La musique me poursuit partout ! Et je me retrouve comme prévu avec des retraitées en goguette dans la salle Mandoline - ça ne s’invente pas non plus ! -. Après un rapide tour de table et une présentation du musicien à deux balles et de sa guitare à douze cordes on entame la répétition dans un désordre digne de la Yougoslavie autogestionnaire de jadis. Chacune y va de sa suggestion et la cheffe du groupe, c’est-à-dire la personne la plus malléable de la bande, accepte de commencer par « la chanson sur la Vilaine qui est si drôle ».

Chouette, me dis-je in petto. Man, tu vas mettre une nouvelle chanson drôle dans ta guitare !

- Vous la connaissez ? me demande-t-elle en me mettant sous le nez une chanson timbrée qui se chante sur l’air de « En passant par la Lorraine ».

- Si je la connais ? Et comment ! C’est moi qui l’ai écrite !

Et voilà comment on se retrouve embauché pour une autre répète le 13 mars et un concert-karaoké à la maison de retraite voisine le 14 !

- C’est pour quand, l’Olympia ?
- Tais-toi et rame, Joe Krapov !
- Mais ce n’est pas un bateau, c’est un avion dans lequel je suis monté !

A part-ça j’ai continué à lire ici et là des bouquins qui parlent de toi.

Rien à redire sur le "Rimbaud le fils" de Pierre Michon. Il est bien écrit, comme du Proust, avec l’avantage que si les phrases sont longues, le bouquin et les chapitres sont courts ! Au bout du conte on n’apprend pas grand-chose de plus.

J’ai laissé tomber les « Quatre saisons à l’hôtel de l’Univers » de Philippe Videlier. Très bien écrit, passionnant même mais c'est en fait un livre-roman-étude historique sur la ville d’Aden. On y narre, au début, quelques horreurs sur ton compte. Que tu envoyas proprement promener ta compagne-concubine-servante abyssine Mariam et surtout que tu empoisonnas un temps les chiens du voisinage qui venaient uriner sur tes sacs de café !

Désolé, mais pour moi tu n’avais pas mérité que l’on te mît au mitard pour cela ! Le café ça doit se boire très fort et ne pas être du pipi de chat. Encore moins de chien. Dans mon Pas-de-Calais natal on appelait la lavasse « chirloute » et le café de ma grand-mère dans lequel la cuillère se tenait droite toute seule tant il était costaud était baptisé « Tortosa ». Si le premier terme est avéré, je n’ai pas trouvé trace du second sur Internet.

Et donc, pour en revenir aux chiens, ce n’était que légitime défense ! Parce qu’il y en a certains, des clebs, dans le genre empoisonneurs d’existence, ils se posent un peu là, non ? Je vais encore me faire des copines avec cette phrase, tiens ! Le fan-club de Jackie Russell , par exemple !

Et enfin, à propos de Charleville et Monthermé, sache que j’ai un mal fou à trouver du temps pour enregistrer « Un clair de lune à Maubeuge » en vue de coller ce morceau sur mes photos de « ma croisière sur la Meuse » ! Peut-être vais-je confier cette ritournelle à la Ritournelle – quand ces dames auront fini de me réclamer du Michel Sardou, du Chimène Badi et du  Florent Pagny - ! Ah la la ! Savoir aimer, c’est dur ! Mais je prêche un convaincu !

En attendant comme elles m’ont un peu massacré « Je ne regrette rien », je n’ai plus aucun scrupule à faire un mauvais sort à « Mon manège à moi » pour aligner mes photos de carrousels !

Dors en paix, camarade Arthur, empereur posthume du pays de Poésie ! Sans le savoir, tu as décroché le pompon et tu continues à jamais, à cause de fous dans mon genre, à faire des tours gratuits dans la nuit pleine de ducasses de l’Internet en folie ! 

11 juillet 2020

La mer par bongopinot

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J’aurais du mal à ne plus aller la voir
Je ne peux rester longtemps loin d’elle
Elle me calme me console me cajole
Je pourrais rester la regarder du matin au soir

Elle m’hypnotise me fascine
Tout près d’elle je me sens bien
Elle m’offre une caresse d’embruns
Parfois si sauvage et tantôt si câline

Le bruit, sa houle majestueuse
L’air iodé la fraîcheur de sa brise salée
Son paysage me remplit de joie de gaieté
Un bien-être m’envahit et me rend heureuse

Sentir le sable tiède l’eau fraîche sous mes pieds
Et attendre la vague et plonger dans cette eau
Retrouver l’énergie, recharger mes batteries illico
Je sais que cet air marin est mon meilleur allié

D’ailleurs j’irai la voir samedi
Pour m’y promener et m’y baigner
Si le temps permet de me tremper
Vu que je vis en Normandie

Ici les températures sont changeantes
Mais rien ne peut m’éloigner d’elle longtemps
Et si, il fait frais je ne resterai qu’un moment
Car son panorama me comble et m’enchante 

La mer est tellement belle
Sauvage quelque fois sereine parfois
Au printemps l’été l’automne ou l’hiver même froid
Je vais me ressourcer en regardant cette demoiselle

 

11 janvier 2020

Une balade en Bretagne par bongopinot

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Un petit tour en Bretagne

Je vais suivre une ligne

Pour essayer de dégoter

Quelques paysages singuliers

 

Un petit tour en bateau

Sur les rives de Saint-Malo

Où se dresse ses remparts

Avant d’aller voir Dinard

 

Découvrir la cote d’émeraude

Sauvage mystérieuse qui rode

Une part de far Breton

Que je déguste sur un ponton

 

Et je pars pour Perros-Guirec

Le temps est un peu gris mais sec

Je prends le chemin des douaniers

Je découvre de beaux rochers

 

J’admire la côte de granit rose

Avant de faire une petite pause

Je fais le plein d’iode et de nature

Et termine à Lannion cette aventure

 

Ce petit tour en Bretagne

J’ai suivi une ligne

J’ai réussi à dégoter

Quelques paysages singuliers

 

25 juillet 2020

La petite rainette par bongopinot

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Une petite grenouille verte
 S’est échappée
Elle s’est cachée
Dans les herbes hautes

Elle ne veut pas être mangée
Et se retrouver dans une assiette
Ses petites cuisses toutes en miettes
Alors elle fuit loin du marais

Elle part chercher un coin tranquille
Elle, l’amoureuse des champs
De la rosée et du vent
Elle s’en va droit vers la ville

Là-bas aussi il y a de l’eau
Elle n’a pas peur c’est une rainette
Qui ne veut pas finir en miette
Elle saute, saute avec son sac à dos

Elle a revêtu sa robe grise
Pour se fondre dans le paysage
Elle aime l’aventure et a du courage
Les pots d’échappement lui font la bise

Elle a enfin trouvé refuge
Dans un jardin près d’un étang
Elle est amie avec des poissons marrants
Et sur les nénuphars elle fait de la luge

La petite grenouille verte
Et devenue une belle rainette
Avec ses amis elle fait la fête
Et apprécie toujours les herbes hautes

1 juillet 2023

Excentrique éloge de Saint-Flour (Kate)

Excentrique éloge de Saint Flour

Excellent thème

Épatant même

Étrange quand même

Exactement fait pour mon

Esprit vagabond

Éclectique (ah bon ?)

Épique

Estival

Envie de changer d'air

Et d'aller en Lozère

Et pour ce faire

Envisager la traversée du Cantal

0 2

Élévation

Expédition

Et pause déjeuner

En cette cité

0-3 2

Exotiques tenues

Exposées dans la rue

0-6 2

0-8 2

Extraordinaire numérotation

Évidente superposition

Entre passé et présent

En lien avec ce qui a été

En quête du maintenant

0-1 2

0-2 2

Excentrique vase

Élégante fleur sur sa base

0-5 2

Hasard ?

Galerie d'art !

Été

Escompté

Estivales photos

Êtes-vous là bientôt ?

 

6 mai 2023

Black and Watt (Kate)

Black and Watt

You said captain

I said Watt

You said Black

I said white

Qu'à cela ne tienne

Black Adam

Messieurs Mesdames

Comme son nom claque !

J'étais au courant

J'en avais eu vent

Pour Joule Ampère et Watt

Enfin bon

Ce fut une révolution

Industrielle

Puis culturelle

Michelle

Ma belle

Une déclaration

En chanson

Si de toutes les matières

C'est la ouate

Qu'elle préfère

Pour éclairer la boîte

Et faire pleurer les guitares

Bébé

Il se fait tard

Vive la fée

Electricité

unnamed

Et pour conclure

Un beau coin de verdure

unnamed-2

Un verre

Malté

unnamed

Un air

Qui monte lentement

Sûrement

En ce six mai

Deux mille vingt-trois

Je regarderai

Sûrement

Le couronnement

Du roi

(comme j'avais regardé

son mariage

en grand équipage

un beau jour d'été)

Sur la liste

De la playlist

Je rajoute cet hymne

Et des médimnes

De blé

Pour les quiches

Du buffet

Des plus riches...

(Apollinaire, "La Chanson du mal-aimé"

Hergé, "L'Île noire")

22 avril 2023

Ustensiles à deviner (Joe Krapov)

Ami·e·s cruciverbistes, bonjour.

Pressé par le temps et absent de mon domicile ces derniers jours, je vous livre dix-sept définitions d'objets que l'on pourrait appeler des ustensiles.

Je n'ai pas eu le temps de les disposer dans une grille où leurs lettres se seraient croisées ni de les diviser en horizontalement et verticalement.

La première et la dernière lettre de chaque mot sont indiquées mais l'ordre de la grille ne correspond pas à l'ordre des définitions !

A vous de remplir les cases et de me dire si c'était facile ou pas !

***

1. Pour que la tête à Louis finisse dans le son

2. Ce coupeur de légumes vaut bien un concerto

3. Jean-Christophe Averty en usa pour bébé

4. Fait progresser le mélange huile-vinaigre chez Boris Vian

5. Moins tranchant quand il est second

6. Arme préférée du cavalier au jeu d’échecs

7. Ne vient pas forcément à bout de tout embouteillage

8. Les lettres du boucher

9. La petite ramasse aussi les effondrés d’après nuit de bamboche

10. Tamise les feuilles d’Orient pour le five o’clock

11. Moins il enlève de peau plus il mérite son nom

12. Retient le haut des jours chez Boris Vian

13. Apprécié des bonnes pâtes un peu masochistes

14. Ce goal n’arrête pas les buteurs mais les nouilles

15. Sert la soupe même à ceux qui ont son air ou souffrent d’un strabisme convergent

16. Doux agneaux ! Sont mal aimées de Sandrine Rousseau

17. Pour que les têtes d’œufs se tiennent bien à table

DDS 764 grille de mots à deviner

27 juin 2020

En bas de chez moi par bongopinot

 

b

 


Dans ma rue
En bas de chez moi
Il y a un droguiste barbu
Avec un sourire narquois

Et à côté une fleuriste
En tablier à fleurs
Aux yeux tristes
Entourés de couleurs

Un peu plus haut
Un ébéniste aux cheveux long
Portant toujours un chapeau
Avec dans sa vitrine un violon

A droite un caviste
Qui adore plaisanter
Il se prénomme Baptiste
 Et passe ses journées à chanter

A gauche un chauffagiste
Qui anime cette rue
Car il est aussi humoriste
A ses heures perdues

Et lorsqu’il y a la fête
Des parapluies fleurissent dans le ciel
Et très vite la bonne humeur nous guette
Dans notre belle rue Mademoiselle


Voilà ce qu’il y a en bas de chez moi
Mais ce n’est pas tous bien sur
Il y a aussi beaucoup de joie
Des amitiés qui se créent au fur et à mesure


14 janvier 2023

Une Élégie pour Pélagie (Joe Krapov)

DDS 750 Galipaux 1

- En fîmes nous, des galipettes !

- Même, nous cassâmes des lattes au lit !

- Quels pliages ! Quels origamis !

- Et quelle gaieté dans nos ébats !

- On était agiles ! On en faisait partout !

- Agités du bocage !

- Sur la plage !

- Sauf si elle était en galets !

- On n’avait pas de galette !

- On se pelait ! On se gelait ! Mais on restait d’humeur égale !

- T’étais ma petite marguerite ! Je t’enlevais les pétales !

- Tu m’as gâtée ! Epatée ! Toujours pliée de rire, avec toi !

- Je ne suis pas du genre qui glapit mais notre palette de couleurs n’est plus aussi étendue !

- C’est vrai. Palette de douleurs, tu devrais dire. C’est une pitié, de prendre de l’âge ! On pâlit, on pâtit, on prend la pâtée au palet, on tombe dans tous les pièges, plus rien ne nous égaie !

- On a toujours un pet de travers, on s’alite pour un rien ! On a des pétages de plombs dignes d’un gilet jaune dès qu’on entend le mot « élite » !

- Arrête de ronchonner, c’est l’heure qu’on descende nos deux étages. Le taxi vient d’arriver en bas. Allez, mets ta gapette et ton manteau, Papi. Et ne t’étale pas dans l’escalier ! Va pas te casser une patte ! Même si ça te ferait une bonne excuse pour ne pas aller jusqu’au funérarium !

- Quelle plaie, les funérailles ! Je déteste ça ! Ça lui faisait quel âge à Tatie Pélagie ?

- 98 ans ! Mais elle était bien tapée, l’ancienne prof d’éducation physique et sportive !

- Elles sont encore plus loin que nous dans le passé, ses galipettes à elle ! Elle est rendue à la dernière étape !

- Elle qui était plus souvent pagée qu’à son tour, à se tortiller dans son lit comme si elle avait attrapé la gale, elle ne bougera plus maintenant !

- Où est-ce qu’on disperse ses cendres ?

- Derrière le gymnase !

roulez jeunesse

19 novembre 2022

Arrêts sur images (Kate)

Arrêts sur images

Youpi ?

Moi je n'aime pas tous ces cris

Ces absences de soucis

Ces vertiges infinis

Ces sauts inouïs

Sauter de joie ?

Mais pourquoi pas

L'espace d'un claquement de doigt

Que l'objectif ne saisira pas

Enfin peut-être parfois...

Fragilité du bonheur

Ma joie est intérieure

0

J'ai sept ans

Âge tendre

0-1

J'ai quatorze ans

J'aimerais que la terre s'arrête pour descendre

Mais elle continue de nous surprendre

Retour en arrière

0-2

Musique et stylo à bille

Le photographe c'est un père

Celui qui capte l'image d'une fille

Arrêts sur images

Sur cette enfant sage

Ma joie demeure ici

Plus profonde qu'un "Youpi !"

 

13 juin 2020

Le vieil homme par bongopinot

 

b

 

Tes bésicles sur le nez
Ton mégot au coin de la bouche
Tu t’asseyais sur une souche
Pour écrire dans ton carnet

Puis tu parcourais les chemins
Avec sur tes épaules une étole
Ta canne martelant le sol
Sur un rythme clopant-clopin

Tu vivais en harmonie avec la nature
Tu appréciais l’écouter la regarder
Admirer ces paysages tant aimés
Que tu reproduisais en peinture

Tu ne parlais jamais beaucoup
Mais tu m’écrivais de belles lettres
Toujours sur du papier neutre
Avec des mots tendres et si doux

J’adorais venir en vacance chez toi
Pour t’offrir mon sourire immense
Et passer des moments vrais et intenses
Emplis de bonheur et de joie

Cet homme était mon grand-père
Comme j’ai une pensée pour lui
Je vous le présente aujourd’hui
En quelques mots en un éclair

 

5 septembre 2020

Inexorable (joye)

Le sol fertile se dénuera quand le printemps avide viendra lui voler son manteau de neige.

Le défilé des machines vrombira ; le vert gagnera sa bataille avec le noir.

Après une trop brève jeunesse innocente et fleurie, la maturité fera son labeur sous le soleil et quelques larmes de pluie si le propriétaire est chanceux.

Parfois, ça se noiera; parfois, ça brûlera; parfois un orage brutal viendra tout violer.

Le temps, la terre, la nature et le sort feront ce qu'ils peuvent.

La moissonneuse passera, elle fera la quête des graines.

Et l'éteule, ce sera enfin les champs au chaumage.

éteule

6 juin 2020

Soleil Mer et Canotier par bongopinot

b


Mardi dernier
Par une journée ensoleillée
Il nous vint une envie d’évasion
Qui nous fit quitter la maison

Et l’espace d’une heure
Enfin prendre un bain de mer
Moment de détente absolue
Loin du bruit et de la cohue

Avant l’arrivée des vacanciers
Sur nos têtes nos canotiers
Donne une saveur d’avant l’été
Dans cette liberté retrouvée

Oubliant un peu nos problèmes
On reprend nos vies de bohème
Après ce difficile confinement
Retrouver un peu nos vies d’avant

Et on se fait la promesse
Dans un moment d’allégresse
De refaire ça très vite
Loin de la foule qui s’agite

7 mars 2020

Personne disait rien (Joe Krapov)

J’ai entendu leurs voix dans la cuisine. J’étais dans une petite rue à l’arrière de l’auberge et la porte était ouverte pour laisser s’échapper dans la ruelle les vapeurs de cuisson, les fumées et les fumets.

Je n’avais rien mangé depuis trois jours et je n’avais pas un liard sur moi. J’ai frappé à la porte ouverte.

- Qu’est-ce que tu veux, étranger ? a demandé le vieux barbu au front dégarni. Nous sommes en plein taf, c’est les cuisines ici. L’entrée de l’établissement est de l’autre côté si tu veux consommer.

- N’y a-t-il pas parmi vous un dénommé Rampo ?

- Oui, c’est moi, a répondu celui des trois qui portait une kippa sur le sommet du crâne.

- On m’a parlé de ta force exceptionnelle au jeu de 421. Je suis moi-même joueur d’un assez bon niveau. Accepterais-tu que je t’affronte sur le tapis vert ?

- Te mesurer à moi ? Qui t’a rendu si vain, toi qu’on n’a jamais vu au cabaret du coin ?

- Je n’ai pas grand-chose à miser mais si par hasard je gagnais, je veux bien être payé avec cette poulette rôtie, là, sur la table. Si je perds je ferai toute la vaisselle de votre restaurant cet après-midi et ce soir.

C’était un très bon stratagème. Je les connaissais tous et je savais que le gars Rampo ne résisterait pas à un pareil défi.

- On n’a pas de piste ni de tapis mais si on pousse au bord de la table la corbeille de fruits, la poule et les morceaux de pain on a une petite place pour lancer les dés. Les voilà. A toi l’honneur.

- Pas de gobelet, non plus ?

- Et puis quoi encore ? Monsieur a peur d’attraper le Covid 19 ? On a les mains propres, ici ! C’est pas le Majestic mais le Gasthaus est de bonne tenue, les cuisiniers ont de l’hygiène et les dés ne servent qu’à nous !

J’ai souri, j’ai tourné les dés dans le creux de mes deux mains jointes, j’ai soufflé sur mes doigts et j’ai sorti mon premier 421.

DDS 601 carava01

 - La chance du débutant ! a commenté le barbu en noir.

Rampo a lancé les dés à son tour et il a fait rampeau. C’est-à-dire qu’il a sorti lui aussi un 421.

J’ai recommencé la même gestuelle et sorti mon deuxième 421. Cette fois-ci lui a fait nénette, c’est-à-dire 2+2+1, c’est-à-dire le plus petit score qu’on puisse obtenir à ce jeu. J’ai hérité d’un premier paquet de jetons en pain azyme.

Ca a été à son tour de jouer. Il a sorti trois as d’entrée de jeu. J’ai refait 421 et gagné la première manche.

***

En deux manches, c’était plié. Je m’apprêtais à mettre la poulette rôtie dans mon panier et à leur serrer la main pour prendre congé.

- Pas de ça, Lisette ! a dit Rampo. Nous on a les mains propres mais toi on ne sait pas d’où tu viens ! Et avant de te barrer, explique-nous. Il y a un truc ?

- Oui, il y a un truc, ai-je répondu. Je suis Dieu descendu sur la Terre !

- Arrête tes conneries ! Ou alors donne-nous d’autres preuves de tes grands pouvoirs !

- Vous ne me croyez pas ? Regardez cette volaille : je vais lui rendre la vie !

Sous le regard ébahi et batyscapholé des trois commandants cuistots, j’ai balancé ma main ouverte au-dessus du plat comme si je lançais à nouveau les dés magiques.

La poule s’est remplumée, a ouvert un œil, étonné d’être couchée sur le dos dans la cuisine d’une maison bourgeoise.

- C’est bon, le métèque ! Casse-toi, avec ta poule ! Tu nous as fait perdre assez de temps comme ça. On a du boulot, nous !

J’ai fait un grand sourire, j’ai ramassé mon lot et je suis sorti dans la ruelle.

***

Une fois que je suis arrivé sur la place du village je me suis assis au soleil sur la margelle de la fontaine. J’ai fermé les paupières et j’ai savouré la douceur du jour. C’était l’heure de la sieste, il n’y avait plus un bruit, personne ne disait rien.

Puis je me suis frappé le front et j’ai crié :

- Quel con ! J’en ai encore trop fait, comme d’habitude et ce failli trophée, si je veux le déguster, il va falloir que je le tue, que je le plume et que je le fasse cuire alors qu’il était tout prêt à consommer tout à l’heure !

A l’intérieur de mon cabas la poule qui m’avait entendu me plaindre a gloussé de rire. Je l’ai extirpée du panier et je l’ai prise entre mes mains. Je l’ai serrée précieusement.


P.S. Cet épisode a également fait l'objet d’un collage de Jean-Emile Rabatjoie (Musée Iconoclaste Rennais, Série Les chiens aboient, Le Caravage passe) reproduit ici :

DDS 601 caravage04cene

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