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Le défi du samedi
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26 mai 2018

L’Origami (Kate)

 

 Avec votre (aimable) collaboration puisque ce texte ci-dessous s’entend sur la musique de la chanson de Christophe « Les marionnettes ».

Excuse-moi Christophe d’avoir mis d’autres paroles mais cela relève de la tyrannie de l’ « inspiration » (un bien grand mot) et ses lois prennent des chemins qu’il faut parfois expliciter (un tant soit peu)…

Christophe "Les marionnettes" (live officiel) | Archive INA

Moi à Paris

J’ai un restaurant

Sa carte se dépliant

L’Origami 

IMG_2849

Kakemono 

Soupe miso sushi

Tofu bento

Saveurs umami

 

Algues nori

Thon sashimi

Riz au curry

Akinori

Asayoshi

Thé genmaicha

Ou thé matcha…

IMG_2847

Moi à Tokyo

J’ai un restaurant

Sa carte se dépliant

La Tour Eiffel…

 

Moi fabriquer

Poupées kokeshi

Avec du bois de cerisier…

IMG_2838

(collection personnelle)

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9 mars 2019

Un petit tour en Sarthe par bongopinot

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Un petit tour en Sarthe
C’est toujours un plaisir
Un endroit à chérir
Et qui me réconforte

Des puits des fontaines
Une vallée un jardin un parc
Des communes atypiques
À la fois Rurales et urbaines

Le musée du marbre
Les monuments historiques
Un petit pont pittoresque
Une ferme un manoir

Petit bourg ou hameau
Avec un moulin à eau
Four à pain, four à chaux
Circuits à pied, à vélo

Des Lavoirs des calvaires
Des roches calcaires
Des cités de caractère
Patrimoine vernaculaire

Un petit tour en Sarthe
C’est toujours un plaisir
Un bel endroit à chérir
Et qui me réconforte

 

30 mars 2019

Sur notre Yacht par bongopinot

 

 

b


Notre bateau
N’est pas un canot
Et il vogue sur les eaux
Par monts et par vaux

C’est un yacht abandonné
Où nous les enfants délaissés
On se retrouve pour s’amuser
Et on y restera tout l’été

C’est un petit yacht
Oui mais à marée haute
On bondit et on saute
Et on rit et on flotte

Et c’est à tribord
tout d’abord
puis à bâbord
que l’on bat des records

Et le vent dans ses voiles
Frôle joliment les étoiles
Et nos yeux étincellent
Et les vagues ruissellent

Nous sommes partis hier
Nous les petits aventuriers
Tous droit et fier
A la recherche de nos chimères

D’où l’on reviendra peut-être
Car nous sommes nos seuls maîtres
Mais pourquoi vouloir réapparaître
Pour refaire un mauvais chapitre

24 novembre 2018

Regarde l'escargot par bongopinot

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Regarde l’escargot
Il rampe il rampe
Et il a sur son dos
Sa tente car il campe

Un gastéropode
Qui bave qui bave
Qui glisse et rode
Courageux et brave

L’été il attend la pluie
L’hiver il se recroqueville
Gros gris ou petits gris
Au fond de sa coquille

Le printemps et l’automne
Flâne dans un jardinet
L’herbe ou bien les dunes
Pour lui c’est le pied

Regarde l’escargot
Il rampe il rampe
Et il a sur son dos
Sa tente car il campe

12 janvier 2019

Un reporter célèbre par bongopinot

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Avec son imperméable clair   
Il suit sans cesse toutes les pistes
C’est un très grand journaliste
Et en janvier c’est son anniversaire

C’est un reporter célèbre
De nonante printemps
Une houpette dans le vent
Et de nombreuses histoires

 Qui parcourt le monde
Avec son compagnon
Un fox-terrier mignon
Tous deux vagabondent

Des aventures des rencontres
Un capitaine un professeur
Deux policiers gaffeurs
Et une cantatrice qui fait rire

De belles bandes dessinées
Qui ont bercé mon enfance
Qui ont un goût de vacances
Merci Tintin et merci Hergé

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21 novembre 2015

Participation de Fairywen

Salles obscures

 

J’ai connu les places de cinéma à cinq francs (moins d’un euro pour donner une idée aux plus jeunes).

J’ai connu les cinémas avec parterre et balcon, le rideau rouge qui s’ouvrait devant l’écran de toile, les ouvreuses qui vous plaçaient à la lampe de poche si vous arriviez en retard, ces mêmes ouvreuses qui revenaient à l’entracte avec leurs paniers remplis d’esquimaux glacés pendant que le projectionniste changeait la bobine.

J’ai connu les strapontins durs comme de la pierre, mais quand on est jeune et en bande, on s’en fiche.

J’ai connu les soirées où avec cent francs (environ quinze euros), on se faisait ciné-pizza-glace.

J’ai connu les bobines de film qui faisaient des leurs et du coup les projections qui s’interrompaient. Personne ne râlait, tout le monde attendait patiemment.

J’ai connu ma ville avec une douzaine de cinémas là où à présent il y en a moins de cinq en comptant le cinéma X…

 

Maintenant, il y a les complexes géants, les films en 3D – bientôt en hologrammes ? –, les écrans courbes qui ne sont plus en toile.

Mais maintenant, je ne peux plus aller au cinéma toutes les semaines comme avant, lorsque j’étais une étudiante fauchée.

Maintenant le cinéma est un luxe.

Maintenant le cinéma joue sur les effets spéciaux là où avant il jouait sur les dialogues, les scénarios et le jeu des acteurs.

 

Alors oui, je préférais les petites salles obscures d’avant, avec leur parterre, leur balcon, leurs strapontins, leurs ouvreuses, et surtout, avec leur chaleur et leur convivialité.

Défi 377 du samedi 14 novembre 2015

17 octobre 2015

Agenda, cha-cha-cha (par joye)

agenda 1

Je voulais bien écrire de mon bel agenda

Mais sans trop m’attirer des réprimandes, ah…

En cherchant quelques rimes, pas là sur demande, ah,

Surtout si je raconte mon joli agenda !

 ~

Lundi, à dix heures pile, c’est la sarabande, ah,

Où je fais tous mes cours,  c’est ma propagande, ah !

Je réponds aux questions, tout ce qu’on demande, ah !

De retour au bureau,  voilà : mon agenda.

~

À treize heures, encore cours. Moi, je ne glande pas !

À quinze heures je repars, je rentre à mon grand gars !

Préparer le dîner, que j’achalande là

Et alors je m’endors, le soir j’ai le mandat.

~

Le mardi, c’est plus cool, car j’ai mon planning, ah !

Passant le mercredi bien avec ma bande, ah !

Mais mardi soir le cours comme un dividende, ah !

Puis retour dans le noir à mon hinterland ah !

~

 Mercredi rebelote, à ce qu’on prétendra.

Mais jeudi, quartier libre, dont je suis friande, nah !

Et depuis des semaines,  selon mon agenda,

Je bosse pour Clinton, car elle est grande nana !

~

 Vendredi, c’est mon jour, je le recommande, ah !

File comme un zèbre qui court dans la lande, ah !

Au Défi du sam’di pour voir leur commande, ah !

Me trouver dans ce groove parmi tous les grands as.

~

 Guérir le cancer, ah ? Et sauver le panda ?

Et la paix mondiale ? Reste-t-il du temps ? Ha !

Samedi et dimanche ? Tant pis pour l’agenda !

Je fais ce que je veux, sans qu’on me commande. Ah !

agenda 1

24 octobre 2015

Participation de Fairywen

La Bulle XP

 

Lundi matin. 7 h 45, j’arrive au collège. Pour l’instant, tout va bien. La grille est ouverte – normal, c’est l’heure d’arrivée des élèves. Je rentre dans le bâtiment principal et je monte les escaliers pour aller au premier. Jusque-là, tout va toujours bien. Je mets la clé dans la serrure de la porte du CDI, j’ouvre, et là, je rentre dans le Sas.

Le Sas, c’est le couloir qui mène au CDI proprement dit, un lieu de transition qui permet de se préparer à ce qui nous attend de l’autre côté des portes coupe-feu. Il est égayé par les dessins des élèves du club manga. Mon préféré : celui du chat qui regarde derrière la vitre. Tout va bien, je suis encore dans le monde réel.

Et puis je franchis la Dernière Porte, et là, comme chaque matin, tout bascule.

 

Je suis entrée dans la Bulle XP.

 

Première chose à faire : allumer l’ordinateur de Nina, ma collègue, sinon, je ne peux pas travailler sur le mien. Vu qu’il met toujours trois plombes à s’allumer, j’en profite pour aller fermer nos toilettes. Je m’arme donc de ma cuillère, et hop, en route !

Ah, là, je vois d’ici vos têtes ahuries « une cuillère pour fermer des toilettes ??? ». Ben oui, étant donné qu’on ne peut pas les fermer de l’extérieur et qu’il n’est pas question de les laisser ouvertes pour les élèves – ils ont les leurs à côté –, on les boucle depuis l’extérieur, en faisant tourner le loquet avec le manche de la cuillère. Système D !!

Quand je reviens, c’est bon, l’ordi de Nina est allumé, je peux mettre en route notre logiciel de travail – là aussi, si je ne le fais pas, je ne peux pas travailler depuis le mien. Ensuite, il s’agit de mettre en route le mien… Alors là, c’est plus compliqué, car ça ne marche pas forcément du premier coup – ça ne court pas non plus, ça aurait plutôt tendance à partir à reculons. Il faut un peu ruser avec la bête… Système D, encore… Je vous passe les détails, c’est fastidieux, mais c’est une lutte entre le Monstre de la Machine et moi. Ceci dit, il ne gagne jamais et doit remballer ses dents et ses tentacules quand je lui serre la laisse. Non mais !

 

Lorsque les élèves arrivent, là, ça devient un exercice de virtuose… Et oui, parce que leurs ordis à eux tendent des pièges à l’utilisateur innocent, qui doit pouvoir se dépêtrer pour choisir la bonne imprimante – car l’animal, retors, en propose plusieurs alors qu’une seule existe, puis il faut convaincre la bestiole d’imprimer au bon format. Et là encore, système D, car rien n’est installé sur la chose pour vérifier ledit format – et encore, je ne parle pas du moteur de recherche préhistorique… Je vous jure qu’il a un os dans le nez et un casse-tête, je les ai vus !

Quant aux recherches, avec XP, faut avoir envie de se perdre dans les méandres de la forêt primaire du net…

 

Y a des jours où on se sent l’âme de deux Mac Gyver, Nina et moi…

 

Pas étonnant qu’à force de se battre à coups de machette dans une jungle pareille, on se sente fatiguées, toutes les deux… Parfois on a aussi l’impression que la Vague du Dysfonctionnement Chronique nous noie. Elle surgit là où on ne l’attend pas, sans prévenir, et précède en général l’Avalanche de Problèmes Insolubles.

En vérité je vous le dis, travailler au CDI de notre collège, c’est une lutte de tous les instants, un sacerdoce – oui, oui, il faut avoir la Foi ! –, un défi à l’intelligence humaine et à sa capacité de débrouillardise.

 

Heureusement, on s’entend très bien, toutes les deux. Et chose très importante : notre Tassimo, elle, fonctionne à merveille !

 

À Nina, qui m’a accueillie avec tant de gentillesse dans sa Bulle XP, et aussi parce que c’est plus drôle de désespérer à deux.

Défi 373 du samedi 17 octobre 2015

10 octobre 2015

l'oiseau tombé du nid par bongopinot

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Si vous les voyez

Ne soyez pas étonnés

Il se sont rencontré

Au lendemain d'un vent effréné

 

 Lui, était tombé du nid

Un jeudi dans la matinée

Elle, enfant abandonnée

Sur le chemin de l'oubli

 

 Lui, avait son aile abimé

Et il était affaibli

Elle, avait son cœur brisé

Et était seule dans la vie 

 

 Lui, piaillait sans cesse

Elle entendit de petits cris

S'approcha et s'accroupit

Et elle le prit avec tendresse

 

 Le déposa au creux de sa main

Où tout de suite, il se blottit

Sa douceur et sa chaleur l'envahirent

Pour eux, il était déjà loin le chagrin

 

 Tout deux partis sur les routes

A deux plus fort que jamais

Elle marchait et il chantait

Dans leurs yeux plus de doute

 

4 janvier 2014

Description d'une carte de vœux qui aurait pu voir le jour (Papistache)

J’aurais gribouillé quelques traits à la va-vite, en haut à gauche de mon espace de travail ; une soubrette d’un autre siècle serait venue prendre la pose juste à côté d’un énigmatique profil affublé d’un pif alphabétique du meilleur aloi.

Un rappel, lui aussi venu du fond des âges, dans un cartouche ligné, pour évoquer l’année 2007 où chacune de mes chroniques ridées s’ouvrait d’une numérotation romaine, pour clore la première phrase de mon rébus de vœux.

Un clin d’œil au mot le plus long du monde — élastique, comme chacun sait — pour entamer la seconde moitié du logogriphe ; et, pour ajouter au mystère, quelques cartes d’un jeu de tarot sorti d‘un tiroir pour l‘occasion.

Ensuite, pour parfaire la liaison, et en solidarité avec les riverains de la Vilaine, attentifs à surveiller la montée des eaux, un panonceau circulaire près d’une majuscule enfarinée sans croûte aucune.

Et j’aurais terminé sur la répétition de deux petits cubes aux angles arrondis, puis signé de la contraction affectueuse de mon prénom de tous les jours, celui-là même dont use Épouse-Aux-Rondes-Épaules lorsqu’elle souhaite que je fonde à ses pieds menus.

C’est là la carte que vous auriez trouvée sur le dessus de votre boîte aux lettres — pourquoi toujours redouter qu’elle atterrisse au fond ? — si j’avais pris la peine de répondre à ce premier défi de l’an.

Et si, chiche, je me lançais à moi-même le défi de répondre à ce défi-ci ?

defi de l'an 14

4 janvier 2014

Non mais allô ratoire, quoi ! (Joe Krapov)

- Monsieur Appareil photo numérique et Madame Illumination de Noël sont venus vous présenter leurs vœux. Comme vous n’étiez pas là, ils vous ont laissé, en guise d’étrennes, une peinture de lumière.

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- Monsieur Soleil breton et Madame Humidité bretonne sont venus vous présenter leurs vœux. Comme vous n’étiez pas là, ils vous ont laissé, en guise d’étrennes, un arc-en-ciel.

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- Merci, répond Monsieur Saint-Guirec. Pour 2014, je souhaite que les jeunes filles à marier trouvent leur âme sœur sur Meetic ou ailleurs. J’en ai un peu marre de toutes ces épingles qu’elles viennent me planter dans le pif pour se trouver un mec valable qu’elles largueront au bout de trois ans ! Sans compter la réputation que ça me fait à la longue : Saint-Guirec se pique le nez ! Ou la ruche !

- Bonne alvéole 2014 quand même, Monsieur Saint-Guirec !

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14 décembre 2013

99 dragons : exercices de style. 19, rythme poétique dit "Pacific 238" (Joe Krapov)

DDS 276 Claude Ponti dragon télérama

Là-bas
En Libye
Il y avait un dragon cruel.

Fort las
Des brebis
Il exigea des demoiselles.

Survint
A cheval
Un croisé dénommé Saint-Georges.

En vingt,
Trente mandales,
A la bête il fit rendre gorge.

C’est de-
Puis ce temps
Que dans tous les livres d’enfants

Des preux
Etonnants
Vienn'nt à bout de tous les tourments

Le feu
Et le sang
Ont envahi tous les romans

Même que
Sur l’écran
Des blockbusters sanguinolents

Nous font
Regretter
La philosophie des Lumière

(Auguste
Et Louis
Et non pas Rousseau et Voltaire)

Qui nous
Amusaient
A coups d’ « Arroseur arrosé »

 

14 décembre 2013

vers signification (par joye)

 

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On est tous nés portant le sens du pouls rythmique
Du cœur qui bat son plein bien comme l’océan,
Heurtant fort aux rivages, se montrant bienséant
Pour ce beau monde plein de décadence épique.

 Ce sang salé qui court comme un démon mondain
Susurrera, joyeux, aux trochées et ïambes,
Aux spondées et dactyles à nous couper les jambes
Avec leur tempo vif jusqu’à l’arrêt soudain.
 
Les mesures de vie nous bercent et nous chantent
Ô belle allure qui sert à éviter brisure,
Tu rends à la césure l’arrêt de la césure,
Et enfin à la fin, la vie devient saillante.
 
Mais poésie du cœur définit mal mon être,
Car je -- au vers ultime -- n’aurai ni dieu, ni mètre.

~

14 décembre 2013

Le rythme de la vie (Stella NO.)

Aujourd’hui, ça n’est pas une fiction que je vous propose. Je vais vous parler de mon travail, mon vrai travail, celui dont je parle très peu sur le net. Aujourd’hui, je vous confie ma plus grande passion.

Quel rapport avec le thème, me direz-vous ?

Hé bien, voilà : je travaille avec des gens dont le rythme s’est perdu. Ils vivent sans temps et sans espace. Ils ne savent plus quel jour nous sommes ni même l’année. Ils ne savent même plus qu’ils sont vieux alors ils ne comprennent pas les douleurs dues aux rhumatismes. Ils ne comprennent pas que celle qui se prétend leur fille puisse être si vieille alors qu’eux-mêmes se pensent avoir vingt ans.

Je travaille avec des gens dont la communication n’est plus efficiente. Ils ne savent plus ce qu’ils veulent dire et quand ils y parviennent, ce sont les mots qui leur manquent.

La nuit devient le jour, alors il faut s’habiller pour aller chercher les enfants à l’école ou pour aller travailler aux champs.

Les parents deviennent les enfants et leurs enfants deviennent des parents.

Les conjoints disparaissent pour laisser la place à des inconnus.

Ils ont perdu leur rythme de vie, ils ont perdu l’essence même de ce qu’ils étaient.

On les nomme « déments ». Un très vilain mot pour de très vilaines maladies.

Une partie de mon travail concerne ceux dont on vient d’apprendre l’effroyable. Il s’agit alors de les accompagner dans la lente et douloureuse évolution de la pathologie. J’assiste à l’inéluctable dérive des souvenirs en m’employant à tenter de sauvegarder ce qui peut l’être le plus longtemps possible. Parce que si eux perdent le rythme de la vie, moi je l’ai toujours en tête.

Une seconde partie de mon travail se fait auprès de gens dont on dit qu’ils ont des « troubles du comportement » très importants. Ils réagissent à l’angoisse par l’agressivité, la violence ou l’errance. Ils ne peuvent plus rester à leur domicile sans se mettre en danger.

C’est ainsi que quelques uns arrivent dans des services spécialisés fermés par des codes à toutes les portes. Des services en sigle. Le mien c’est « UHR » : Unité d’Hébergement Renforcé. C’est là qu’on met « les pires ». Ils sont tout à fait indépendants physiquement mais ne sont plus du tout autonomes mentalement. Ils ne communiquent plus beaucoup, voire pas du tout. Et quand ils communiquent, on ne comprend pas toujours ce qu’ils disent. Ils frappent, crient, mordent, crachent, déambulent, pleurent, appellent leur maman, nous demandent un taxi pour rentrer chez eux…

Leurs familles, soulagées d’avoir enfin trouvé une solution de répit et d’aide, se disent rassurées de ce que l’on accomplit auprès de leur parent. Elles viennent moins souvent mais profitent de moments privilégiés grâce à ce que nous parvenons à obtenir des malades.

 

Je fais partie de ceux qui pensent que même si il y a des choses qui partent, il y a encore des choses qui restent. Je milite pour la proximité, la tendresse et l’affection. Je forme les soignants à des méthodes qui portent des noms étrangers - comme pour valider le fait que ce soit « In ». Je diffuse et transmets les bonnes pratiques. J’ai l’esprit à l’envers par rapport à ce que disent les textes : je fais des bisous, j’accepte les câlins, je blague, je chante, je ris avec eux. C’est un travail de théâtre mais un théâtre sans artifice. Juste moi et eux.

 

Mardi, j’ai choisi de sortir avec trois de nos malades. Ils n’étaient pas sortis à l’extérieur depuis des mois. Il a fallu leur expliquer maintes fois, les rassurer, leur tenir la main. J’ai emmené avec moi et deux autres accompagnateurs ceux que l’on considère comme « très déambulant » et « agressifs ». Nous avons marché environ un kilomètre en observant l’environnement. J’ai tout nommé, j’ai tout expliqué, j’ai attiré leur attention sur le givre recouvrant une feuille d’hêtre échouée sur le sol et sur l’enfant qui riait en se balançant dans un parc voisin. Puis nous sommes arrivés à destination : une boulangerie qui fait salon de thé. Ils étaient un peu impressionnés, mes camarades déments. Il a encore fallu expliquer, rassurer, tenir la main. Et puis, il y a les convenances sociales qui sont revenus l’espace d’un moment : me remerciant de les inviter dans un si bel endroit, ils ont tenté de faire un choix parmi les pâtisseries proposées. Ils pensaient qu’on était le soir : « peu importe, leur ai-je dit. On profite maintenant et on verra au moment du repas ! ». Ils ont été d’accord avec moi. Mais le choix était compliqué : comment choisir lorsqu’on ne se rappelle plus des options précédentes. Après de longues tergiversations, ils se sont décidés. Ce sera 2 éclairs à la pistache, 1 à la vanille, un thé et 2 cafés bien corsés « parce que là-bas… ». Tiens ! Un souvenir ! Ancien ou récent ? Quelle importance, nous prendrons donc du café bien corsé.

« Quel régal », d’après eux. Oublions la fourchette et l’assiette, dégustons à pleine bouche. L’un suçote la crème comme un enfant. L’autre observe comment nous faisons afin de reproduire nos gestes. Et le troisième mange goulument en se tenant le ventre de l’autre main.

Après la pâtisserie, je leur rappelle qu’ils ont une boisson chaude. Ils avaient oublié, ils me remercient de cette attention. « Quel régal », répète l’un d’entre eux. « C’est pas comme là-bas », renchérit un autre. Tiens, encore ce souvenir. Et la dernière : « c’est la première fois que j’en bois, mes parents ne veulent pas ». Quel âge a-t-elle dans sa tête ?

Et puis, le moment de bien-être se pose. Rassasiés, bien au chaud, observant les gens dans la rue, ils commentent ce qu’ils voient. L’une d’elle nous narre son passé. Elle travaillait sur une péniche et marchait beaucoup. Elle déambulait sans arrêt sur le bateau, jamais elle ne pouvait se poser. Tiens, tiens… elle déambule sans cesse à l’UHR, le trouble du comportement s’explique maintenant.

Ces presque-non-communiquant nous narrent des choses cohérentes et censées. Nous passons un moment délicieux, puis il faut rentrer.

Ils sont contents, « ça fait du bien », disent-ils. Ils ont envie de raconter à leur camarade. Mais quand nous arrivons, ils oublient vite ce qu’ils ont envie de partager : c’est l’heure du goûter. Ils ont faim, ça fait longtemps qu’ils n’ont pas mangé.

 

 

Je les aime profondément, ces gens qui n’ont plus de rythme. Je les aime avec respect, bienveillance et chaleur. Je leur tiens la main quand ils sont angoissés. Je les écoute quand ils parlent et que personne ne les comprend. Je les accompagne lorsqu’ils déambulent sans savoir où ils vont. Je leur montre les gestes qu’ils ont oubliés. Je les rassure quand ils s’aperçoivent qu’ils ne trouvent plus le nom de leurs enfants.

Et même si je sais que ça n’ira pas mieux, même si je sais qu’ils vont partir, je continuerai jusqu’au bout. Car ça vaut vraiment le coup.

ste

21 novembre 2015

Bons baisers de l'Iowa (par joye)

Au service de Sa Mapéstie, je relevai le défi. On ne vit que deux fois, et qui serais-je moi de ne pas y répondre avec mes doigts dorés ? Voyez-vous, ce n’est pas moi, la Dr Non, après tout, et pas ma façon de vivre et laisser, quoi. Je lançai alors cette opération tonnerre, rien que pour vos yeux, ou, au moins les yeux d’or de l’homme que je devais sauver.

Je m’en souviens bien, c’était la veille d’une grosse tempête de neige, et le célèbre sieur Walrus, l’homme aux yeux d’or, jouait au casino Royale. On essayait de lui voler son flingue, et c’était à moi de le sauver. Non, jouer n’est pas tuer et tuer n’est pas jouer, mais le monde ne suffit pas et il fallait que cet espion qui m’aimait continue comme l’homme au pistolet d’or, à tout prix.

Arrivée au casino, je volai l’uniforme d’une serveuse de cocktails, et  je repérai mon héros en train de se disputer avec un croupier. Oui, je vis Walrus, mais quelque chose n’allait pas -- je croyais voir son spectre.

Je lui offris alors un martini, secoué, pas mélangé.  Il le prit et le but d’un trait. Alors, je le frappai avec mon plateau. Il tomba comme une bûche. Mon pied sur sa gorge, je le menaçai :

- Si tu meurs aujourd’hui ou si tu meurs un autre jour, cela m’est égal, mais dis tout de suite ce que tu as fait avec le vrai Walrus !

- Gaaaaaaaaaaaurbmeurmbeurgaaaaaaaaaah, bredouilla-t-il, alors j’enlevai mon pied de sa pomme d’Adam.

- Parle, espèce de con ! lui criai-je. J’ai un permis de tuer si tu ne dis pas tout de suite où se trouve Walrus…

Accordé un petit quantum of solace, comme disons nous les anglophones, le malfrat à mes pieds avoua tout. Je l’égorgeai alors avec le rasoir caché dans mon talon haut. Après tout, même chez les criminels, on ne vit que deux fois.

- Demain, on ne meurt jamais, hein ? ricanai-je en faisant mes au revoir au cadavre.

***

Un peu plus tard ce soir-là, je me retrouvai dans le jet de Walrus au retour à Bruxelles. Mon héros et son pistolet d’or étaient un peu chiffonnés, mais intacts. J’avais même réussi à sauver son chien adoré qu’il appelait Octopoussi, pour rigoler.

- Allez, ma’am Moonraker, me dit Walrus, caressant le toutou sur ses genoux, comment sus-tu que ce n’était pas moi au casino ?

- Je sus parce que toi, tu ne bois que la bonne bière belge, mon ami, et parfois un petit whiskey écossais. Quand l’autre but le martini, je savais que c’était un imposteur !

- Autrement dit, répondit Walrus, en souriant, ce cocktail-là, était dangereusement vôtre ! Ah, ah, les diamants sont éternels ! Et moi, ligoté et caché derrière la grosse roue de roulette, t'ai-je bien entendu dire 'Watch this skyfall' ?

- Eh non, sieur Walrus, en l'achevant, je crois que j'ai dit "Watch this guy fall!"

bons baisers de l'Iowa

21 décembre 2013

Mon grand-père Gilbert L cet aviateur de 14-18 (KatyL)

Il a tout fait dans son « coucou » de la 1ere guerre mondiale, le chemin des dames et  Verdun ../….

 Il a combattu avec bravoure et il est rentré au bercail avec maintes décorations et quelques cicatrices. Mais il a fait 7 enfants à ma grand-mère (dont mon père) il a travaillé à Boulogne-Billancourt avec Louis Renault sur l’ile ST Louis, il a été chef de département un très haut grade…. Et il a fini comme  « inventeur » aux nombreux brevets qui lui ont couté cher,  sur le moteur à 4 temps qui polluait moins et ne devait pas consommer autant d’essence (j’en avais déjà parlé) , trop en avance sur son temps !!

k2Il a survolé le temps, pendant la deuxième guerre, Il était chargé d’âmes….

Ensuite, Il a connu la gloire dans la Mayenne avec ses inventions et les articles de journaux.

k3

Et puis un jour, longtemps après tout cela il était bien âgé, je l’ai emmené à Boos en Normandie sans rien lui dire et je lui ai fait la surprise (à son anniversaire) de lui payer un autre baptême de l’air avec l’aviation actuelle  …..Il était tout ému, il a beaucoup parlé avec le pilote de la guerre, des avions, et dans ses yeux j’ai vu des étincelles d’amour pour moi que je n’ai jamais oublié.

Depuis je ne peux voir des vieux avions sans penser avec fierté à lui, je sens bien qu’il continue de survoler le ciel pour qu’aucun gros nuage ne vienne obscurcir ma vie.

Salut mon cher grand-père Gilbert L

Ta petite-fille KatyL

5 novembre 2011

Sortir par la fenêtre : déménagement anagrammatique (Joe Krapov)

On peut sortir par la fenêtre :

Pénélope et sa tapisserie représentant une star du porno sur les nerfs,
La Ferrari d’Alain Prost,
Le pape carrossé par Pininfarina,
Un palefrenier polisson du Tarn émule du garde forestier de Lady Shatterley,
Des Florentines affriolantes,
Un entrepreneur frontalier réaliste,
Des prolétaires parisiens,
Un interprète persan que les flonflons rendent triste,
Un pirate fainéant dont tous les ripatons sentent la tartiflette,
Un pistolero fanfaron qui vit de rapines et ne se nourrit que de pâtisseries orientales
Et des nèfles ;

L’astronef du père Noël,
Un aristo protestant du Finistère, amateur de tartines, de tortillas et de pralines,
Un préfet fillonniste qui peint de piètres pastels et file des triple A aux lapins en retard qui sprintent vers leur terrier,
Le trône de Napoléon et le strapontin de Tintin, reporter folioté « tarte »,
Un pétrolier félon,
Une spirale infernale (ni Elf, ni Fina, ni Total ?),
Un répertoire de ténor léger voire même lénifiant,
Un salopiot florissant,
Trois petits paréos pour étoiles filantes,
Un tsar, un terroriste, un refuznik de priorité, un prêtre sans frontières qui porte des tatanes et de la polenta aux gens dans le besoin
Et des nèfles ;

Un parasite  parano pas rasé,
Un entrepôt de portraits en pied d’enfants parfois attentionnés, bien intentionnés mais plus souvent hélas sans trésorerie réelle,
Sept apôtres d’arrière-plan souffrant d’isolement relatif et de plan-plan relationnel,
Une prisonnière sereine qui planifie des attentats tapés contre un tripot sans portail,
Un parterre de pensées envahi de liseron à pétales de couleur opale,
Une tonne de « Sapristi », trois kilos de « Tonnerre »,
Un pitre Lorrain portant un fanion du club de foot de Lens (les sang et or),
Un pianoforte ayant résisté à trente crash-tests,
Un entrepôt de lettrines lapones peintes sur les parois de rennes littéraires,
Un partisan du moindre effort
Et des nèfles

Un ailier blond platine,
Un pèlerin à éperons sur un étalon profane suivi du parrain de mon frère sur son âne préféré,
Une portière de 4L,
Un serpent pistonné,
Un félin sans prostate,
Un torrent de paresse pour terriens trépanés,
Des refrains en renfort pour les salariés postés sur le perron patronal mais dépourvus du moindre filon de parentalité terrestre,
Un raton folâtreur en pantalon de nuages,
Une nef de transport pour pots de rillettes de flétan,
Et des nèfles.

Tout le reste sortant par la porte.

Finition.

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Photo prise à Belle-Île

19 mars 2011

Adieux d'un radié = irradié radieux ? (Joe Krapov)

« L’œil de Caïn est dans la tombe et te regarde !».

N’en déplaise au père Hugo et même aux Péruviens depuis que « Le Pérou n’est plus ce qu’il n’était », le chef du Purgatoire s’appelle Le Cahain. Professeur H. Le Cahain, c’est écrit sur sa blouse. La tombe quant à elle ressemble bien plus à un hôpital tchèque ou à une centrale nucléaire désaffectée qu’à un tombeau de pharaon. Ou alors, à un asile psychiatrique.

100321_058Je viens de regagner ma cellule, escorté par deux jeunes infirmières très gentilles. Des bombes sexuelles, en fait ! Je me sens tout péteux. J’ai vraiment l’air d’un con avec mon disque dur externe à la main, ses fils qui pendouillent, sa prise USB que je ne peux brancher nulle part. Il n’y a pas de prises de courant par ici, pas d’ordinateurs. Ce qu’on a fait avant, quand on était vivant,  ne les intéresse pas et ils inscrivent toutes mes réponses à leurs damnées questions sur des copies papier perforées. Bombardé, je suis, à chaque séance.

D’ailleurs, ceci expliquant sans doute cela, les psychologues féminines qui entourent K1 sont plutôt Knon elles aussi. Ah mon salaud ! Il ne doit pas s’emmerder lui, avec la doctoresse Trépas et la thérapeute Lefaucheux. Surtout qu’il est le seul gars ici pour tout ce régiment de filles en manque d’infos sur les mortels qui ont glissé.

Mon petit doigt me dit que Dieu leur a proposé le même marché qu’à moi-même, au K1 qui avait un penchant pour la belle et à l’Abel qui n’aimait pas les câlins et leur préférait la bouteille : « Préférez-vous un monde sans femmes mais où l’alcool coule à flots ou un monde sans alcool où la parole des femmes coule à flots ? ».

Mon petit doigt me dit que c’est une question piège. Mais j’ai bien l’impression que toutes leurs questions sont ainsi. Depuis que je suis ici, des parties de mon corps ont disparu : sexe, anus, gros orteil et j’ai découvert que toute ma sagesse – si j’en eus un jour ! – est allée se loger dans mon auriculaire ! Demain je foutrai les autres doigts à l’index et je le laisserai répondre à ma place à leur batterie de questions stupides du genre :

Préférez-vous passer une semaine avec Daniela Lumbr aux eaux ou deux avec Irène Nemir au ski ?

Combien font Adriana Sixfoissept maintenant qu’ils sont séparés ?

Préférez-vous le menu ou la carte ? La carte ou le territoire ? La poire ou le fromage ? La chèvre ou le chou ? L’enfer ou la damnation ? Placid ou Muzo ? Poirot ou Vinaigrette ?

Quel esquimau escamote les gelati Motta et que fait Monica couverte d’ecchymoses à Formose ? Qui mérite des calottes dans la glace d’hier?

Est-ce que Marcel Duchamp est un marchand d'Ussel ? Si Mme Butterfly rit jaune est-ce que Lulu rit noir ? Si E raie K est ce que la carie bout ?

Qui a écrit « Banquise, si mon village a quelques traits d’un vœu pieux, dites vous « cabotinage, patenôtres et puis adieu » ?

Au château de Chantilly préférez-vous les anges du plafond, les statues du parc ou la crème sur la glace ?

Avez vous déjà dirigé une chorale ? Faites voir vos mains !

Etes-vous plutôt cœur ou culotte ?

Préférez-vous l’artilleur de Metz au grenadier de Flandres ? Combien le cordonnier Pamphile peut-il tirer de haïku de la place Stanislas à Nancy si son alène est mauvaise ?

Si vous dites que « kayak » est un palindrome combien de femmes de lettres allez-vous émouvoir ?

Sachant qu’il n’y a pas d’aurore boréale à Madrid et qu’un train plein de dynamos a déraillé à Kiev, calculez la durée du film d’Eric Rohmer « Ma nuit chez l’esquimaude ». Vous vous inspirerez dans votre réponse du poème de Jean Tardieu :
« Pourquoi qu’a dit rin qu’a fait rin qu’a pense à rin ? Par(d)i pascalien à dire, à penser ni fait à faire ! »

Combien sommes-nous à subir ces interrogatoires absurdes autant que déstressants ? Passons-nous tous devant le même jury ? Nous pose-t-on à tous les mêmes questions ? Dans le même ordre ?

On ne dort plus ici, on ne mange plus, on ne boit plus, on ne pisse plus mais ce n’est pas invivable pour autant ! Dans cette cellule toute blanche tapissée d’alvéoles caoutchouteuses il n’y a rien à faire, rien à lire, rien à écouter ni entendre. Pas de miroir pour se voir et, à considérer mes jambes de coton qui flottent au-dessus du plancher, je me dis que je dois avoir une mine de papier mâché. C’est hyper-reposant au total. Je m’attendais à pire :


DDS141« Longtemps je me suis douché de couleurs,
Longtemps je me suis couché de douleur
Devant le malheur de partir
Et pourtant il s’avère que l’aventure est bonne.
Rien ne sert de mourir
S’il faut se faire tartir dans son coin
Mais s’il y a le home-cinéma
Sur la loggia
On y réfléchit à deux fois !"

Car je peux aussi aller sur la loggia, là où il y a l’écran géant ou la fenêtre. Derrière la vitre ou sur la toile on voit des images apaisantes. Le héros des films est un magicien flegmatique. Il flotte les pieds nus dans des paysages blancs. Il entre dans des isbas, sert à boire à des Inuits, se promène à Bruxelles ou dans des carnavals en compagnie d’une rousse maigrichonne et d’une négresse plantureuse.

Quand je l’ai assez regardé je retourne dans la pièce aux murs de trampoline faire des cabrioles en chantant cette vieille chose d’Higelin : « Je suis mort, qui qui dit mieux ?»

16 janvier 2010

Le quatuor d'Alex Zampieri (Joe Krapov)

bouton_lion_et_moutonCe matin-là, l’homme de pouvoir était encore venu nous chercher des poux dans la tête.
Ce matin là, je m’étais mis en tête de changer de peau-sition.
Ce matin-là j’avais décidé de rendre mon tablier. Il fallait absolument que quelque chose changeât par ici !
Ce matin-là le vieux était encore venu les sermonner à coups de « Fais pas ci, fais pas ça !».

bouton_DieuCette fois-ci encore, il revenait à la charge à propos de notre nudité
Cette fois-ci encore le vieillard cacochyme qui ne se déplaçait qu’en compagnie des anges était venu jouer la charge de la brigade légère.
Cette fois-ci je devais faire quelque chose. Cet univers de stérilité et de débilité allait coûter cher à ma notation annuelle. Je sentais déjà se pointer l’accusation de gestion à la légère.
Cette-fois-ci encore il leur reprochait de ne pas consacrer assez d’énergie au temps de l’amour.

bouton_slipCe n’était pas faute d’avoir fait des efforts mais allez vous faire un slip, vous, avec des feuilles de platane !
Ce n’était pas supportable d’entendre ce vieux sabot chaque jour dégoiser contre les tourtereaux. Bon, OK, leur ménage c’était peut-être un peu la fête du slip.
Ce n’était pas juste que cet univers-là m’ait été attribué. Passe encore que le mouton et le lion n’aient pas lu La Fontaine, on ne pouvait pas exiger des animaux qu’ils fussent gros lecteurs et affables de surcroît, que le cheval n’ait pas de sabots et ne veuille pas tirer la charrue…
Ce n’était pas très sympa d’appeler Eve « l’hôtesse de l’air » sous prétexte qu’elle en brassait beaucoup.

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Sans compter qu’il aurait pu y penser avant à inventer le petit bateau ou le Wonderbra !
Sans compter qu’il s’en passait de drôles dans leur bosquet une fois que le vioque s’était esquivé sur son bateau flottant.
Sans compter que La Fontaine, c’est un autre monde parallèle qui en a hérité. Une drôle de planète, là aussi !
Sans compter qu’Adam ne semblait pas être le responsable, le gentleman-cambrioleur, tout juste un effet l’Arsène !


bouton_AdamPendant qu’il y était, à régenter la vérole du bas-monde, il aurait pu apprendre à Eve à me tricoter un Marcel si ça le gênait tant de voir mon nombril !
Pendant qu’il s’éloignait, Marcel, avec son cortège d’anges, j’ai écouté un peu ce que le sar Pèle-Adam racontait à sa croqueuse de pommes.
Pendant qu’il en était encore temps, je devais contacter le syndicat. J’ai allumé l’ordinateur.
Pendant qu’il se faisait engueuler à cause de son slip mini mini mini, j’ai fouillé dans ma mémoire.


bouton_troncJe n’ai pas pu m’empêcher de lui dire son fait en retour.
Je n’ai pas pu tout entendre parce qu’il y avait du retour d’écho dans les baffles.
Je n’ai pas pu m’empêcher tout d’abord d’aller lire « L’Echo du Divin ». C’est là que je suis tombé sur l’offre de stage « Prendre son temps » :
Je n’ai pas pu trouver tout de suite la façon de procéder. J’ai tout lu, tout vu, tout bu mais j’ai un mal fou à organiser les connaissances que j’ai gardées en mémoire.


bouton_Zampieri_2- D’abord, si tu veux pas qu’on se balade à poil, le barbu, ce serait bien que tu baisses le thermostat !
D’abord ça s’est mis à siffler puis j’ai carrément le ciboulot qui est parti en balade.
«  D’abord donner une formation philosophique de base ; aider à s’interroger sur sa propre pratique ; favoriser l’attention au présent »
D’abord, j’ai farfouillé à toute berzingue parmi mes feuilles.


bouton2_angesIl faut dire les choses comme caleçon : la boule de feu qui nous tourne autour dans le ciel, sur le coup de midi, elle nous chauffe tellement la bedaine qu’on est obligés de se foutre à loilpé, ma bergère et moi !
Il faut dire que de temps en temps j’ai ce feu en moi, cette fièvre qui me pousse à m’isoler du monde qui m’entoure.
- Il faut dire les choses plus clairement, Bon Dieu ! » éructai-je devant ce gros foutage de gueule du monde.
- Il faut dire qu’ils seraient tous un peu perdus sans moi dans le petit jardin !


bouton_paysageEt moi non plus je n’aime pas que les animaux et les gens qui passent dans le patelin lui voient la canicule !
Et moi, je dois le dire, j’aime assez ce que j’entends au-dessus de mon crâne !
- Et moi je te demande de te calmer ! » intervint l’Ordi. Mets-toi bien dans le crâne que tu représentes un type de divinité trop colérique pour l’Organisation. Lis le programme et tais-toi ! »
Et moi et moi et moi je ne peux pas noter les trucs dont je dois me souvenir sur une nappe de restaurant !

bouton__ve_2Bonjour l’ingratitude !  qu’il a fait comme ça. Je me casse le tronc pendant sept siècles de long pour vous mitonner un paradis aux petits oignons et voilà ce que vous me retournez comme image ! Des voleurs de pommes mal nippés qui font rien qu’à se promener à poil sans jamais rien glander ! Vous ne pourriez pas travailler plus pour gagner plus, rien qu’un peu, une fois ?
Bonjour le trip ! Cette musique c’est un peu le Paradis ! Dommage que je ne puisse la partager ni avec le mouton, ni avec le lion, ni avec Adam. Sans parler du cheval qui n’a même pas le téléphone sous la queue !
Bonjour le programme : « Analyse philosophique de la différence entre temps et durée ; réflexion sur le sens d’expressions communes comme « perdre son temps, prendre son temps, gagner du temps ». Redécouvrir les trois instances du temps : passé (mémoire), présent (attention), futur (attente) ; Lecture de quelques textes philosophiques sur le temps (Augustin, Plotin, Bergson). » Et ça avait lieu sur l’île de Bailleron, un endroit que je ne connaissais pas . Et ce stage durait… deux siècles ?
Bonjour le mode d’emploi ! Mais le plus difficile est fait : la pomme s’est décrochée.

bouton_vous_l__bas_2Eve, je l’ai bien senti en entendant ça, a failli lui balancer son trognon de pomme à la tête. Elle n’aime pas qu’on se moque de son léger accent de Belge d’honneur !
Eve m’écoute parfois mais cette fille me semble un peu demeurée, toujours à bouffer des pommes et à me regarder d’un air bête comme si on n’avait jamais fait connaissance au pied de l’arbre. Déshespéride-errante, la fille !
Eve et Adam, ça leur laissait suffisamment de temps pour accomplir un maximum de conneries ! Mais vraiment, tout leur cirque de la piscine, le midi, ça me bouffait vraiment !
Eve l’a reçue sur la tête. Elle l’a ramassée et l’a balancée avec force à la tête du vieux qui l’a reçue en pleine poire, la pomme.

Je ne savais plus quoi répondre alors j’ai éclaté de rire, trouvant que sa haine de nous deux était ridicule. Le pauvre vieux à voix d’hélicon s’est cassé. Il fallait le comprendre aussi. Dans cet univers-ci, qu’il avait bien raté, du reste, Eve n’avait pas plus de sexe qu’une poupée Barbie ! D’ailleurs, personne n’en avait et surtout pas les trois anges sans corps au-dessus de sa tête ! Va t’en croire, croître et multiplier avec ça, toi !
Je ne savais plus quoi lui dire, l’autre jour, alors je lui ai posé la question de manière un peu abrupte et peut-être ai-je été ridicule :
- Eve, toi qui es promise à un grand destin, toi qui sais t’occuper des petits de l’homme et des animaux blessés, peux-tu me dire pour qui sont ces sifflements qui serpentent dans ma tête ? ».

Je ne savais plus si je devais l’accepter ce stage ou aller poser une demande de mutation auprès du syndicat. Finalement, comme il y avait un an de délai avant la date limite de dépôt des candidatures, je suis retourné dans mon atelier pour y réfléchir en travaillant à mon projet de Kärcher pour nettoyer les cochonneries des deux autres dans le quartier de la piscine.
Je ne savais plus pourquoi j’avais été planté là. Avec tout ce temps, j’avais oublié. Mais bon, ça y est, Eve a compris. Il est cinq heures, le pari pascalien s’éveille, pas dans le meme sens à vrai dire que celui de Blaise de Clermont. C’est du tronc qu’est parti l’ordre de faire tomber la pomme de la discorde. Le plus difficile reste à faire. Je ne sais ce qu’en retiendra l’histoire mais le fond de l’air est frais désormais : le vieux est parti plus fâché que jamais, le gentleman-cabrioleur et l’hôtesse de l’air viennent de découvrir la liberté grâce à ma pomme !

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9 mai 2009

Le bar de l’Univers et les oiseaux de nuit (Joe Krapov)

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- C’était pendant l’horreur d’une indicible nuit

Et je me faisais chier dans un néant profond.

Il fallait à tout prix sortir de cet ennui :

A force de ramer, j’allais toucher le fond.

 

Faut vous dire, où j’étais, au début, y’avait rien,

Un no man’s land complet, que nib’, un grand trou noir.

J’étais dans mon plumard avec mon acarien

Qui m’a dit : « Fais què’qu’chos’ ! Boug’ toi un peu, gros lard ! »

 

« Ne pense pas, petit, que je suis avachi »

Répondis-je au ciron écrasé sous mon poids.

« Avant de me lancer, sais-tu, je réfléchis !

Construire un univers, je n’sais pas si tu vois,

 

C’est pas rien comm’ boulot ! ». J’ai rassemblé les planches,

Fait l’électricité, les vitres et le comptoir,

Le désir d’oublier, la soif et la pitanche

Et surtout j’ai conçu un extérieur bien noir.

 

Lorsque la ville dort mon bar, tout seul, scintille.

Mais ça manquait d’allure. En effet j’étais seul.

Alors j’ai inventé Leserpent, un’ vétille :

Un client à chapeau qui fait toujours la gueule !

 

On joue bien aux échecs, lui et moi, quelquefois

Mais ça nous prend des plombes et je n’suis pas patient.

Mais bon, ce soir, Champagne et mêm’ caviar, ma foi !

Je n’vous ai pas loupés ! Crénom c’que j’suis content !

 

Eve, ta robe rouge, on ne voit qu’elle ici !

Et toi, quelle élégance, Adam ! J’en suis jaloux !

Vous allez me peupler le monde que voici !

Faites-nous des petits, l’Avenir est à vous ! »

 

***

 

Quand le bar dût fermer, les trois clients sortirent.

Leserpent s’en alla griller une cibiche

Sous un vieux réverbère. Adam, plein de traczir,

Regarda dans les yeux clignotants sa Bibiche.

 

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- Croître et multiplier, d’accord, mais comment faire ?

Je ne vous connais ni des lèvres ni des dents ! »


dds_59_02_Eve

 

- C’est pas grav’mon Adam ! T’as la cote, et d’enfer !

Il suffit de me faire un peu de rentr’dedans !

 

Faut qu’on se trouve un page où s’envoyer en l’air,

Un petit « hom’ sweet hom ‘ » dit-ell’ d’un ton flatteur.

Nous aurons des enfants, l’écol’, le RER,

TF1, un 4x4 et un congélateur ! ».

 

Adam la regarda, l’air un peu consterné.

- L’autre type au comptoir était un peu moins gore !

Excuse-moi, poupée, je m’sens pas concerné

Par tes projets popotes ! Alors… Adios, Amor ! »

 

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Leserpent l’attendait en face du troquet.

Le juk’box entonnait l’air de « Brok’back Mountain ».

- J’ai bien vu que tu n’étais pas un paltoquet.

Ce monde est fait pour nous. Tant pis pour la cheftain !

 

Dans un autre univers ce sera autrement !

Quand l’Acarien les pousse à inventer le monde

Qu’Ils fassent blanc ou noir, c’est toujours très dément

Mais ce scénario-ci… il n’est pas trop immonde ! »

 

***

 

Aujourd’hui, on oublie ce qu’on doit au passé,

Les leçons de Nature et les devoirs au Père.

Les bistrots sont immenses ; ils ont tous l’air glacé

De celui-ci que fit le peintre Edward Hopper.

 

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Je me souviens encore de la gueul’ du patron

Qui avait inventé cet univers odieux.

Je me demande, quand j’ai bu quelques litrons :

« Se pourrait-il qu’un acarien pût être Dieu ? ».

 

Ces discours, après tout, ce ne sont que des vers

Et je ne suis pas philosophe de renom.

Quelquefois j’entre encore au bar de l’Univers.

J’aime à y boire et y entendre des canons !

 

N.B. Le canon s’écoute ici : http://www.onmvoice.com/play/5475

11 avril 2009

Abécédaire de la soif (Joe Krapov)

Anisette : A la Sainte-Anisette, le méridional fait risette. A la sainte Anicroche, il remet ses mains dans ses poches et part en sifflotant vers le bar le plus proche.

 

Apéro : à l’ère du rap et de la re-pop, certains préfèrent encore l’âpre apéro à l’opéra. Tant pis pour eux, si, Parsifal achevé, il ne leur reste plus que des coques de pistaches et des apéwalkyricubs ratatinés.

 

Bière : Breuvage bien souvent belge. Bien des buveurs commencent par elle et finissent en elle.

 

Bistouille : Bienvenue chez les Ch’tis où l’on vous sert le café arrosé d’un verre d’eau de vie de genièvre, le tout étant nommé ainsi : bistouille. L’abus de bistouille vous amène à dire des carabistouilles.

 

Boit-sans-soif : Injure émise par un marin alcoolique à petite contenance ou par un dromadaire amoureux d’une Schtroumpfette (voir plus bas à « chameau).

 

Carafon : Les carabins qui boivent le fond des carafons s’en prennent des carabinées et s’en vont, caramels, caracoler du caraco dans le fond du jardin, près de la caravane, là où sont les cab.. commodités.

 

Chameau : Pour se prémunir de la soif, le chameau et le dromadaire emmènent avec eux une grosse réserve d’eau. Ils posent par-dessus un targui tout de bleu vêtu. Le targui est un peu l’animal de compagnie des dromadaires et des chameaux. Celui des touaregs qui porte un bonnet rouge s’appelle le grand Schtroumpf. Celle qui vient d’Europe et ressemble à Rimbaud s’appelle Isabelle Eberhardt. Au printemps, les porteurs de bosses organisent entre eux des concours de contenance. Celui qui a la plus grosse gagne. Arguant de leurs victoires passées à ce genre de concours, les vieux chameaux font croire aux jeunes femelles chamelles qu’ils ont de la bouteille. Ils glosent dans le creux de leur oreille et promettent de leur faire profiter de leur longue expérience. Méfiez-vous, les Schtroumpfettes ! La longue expérience du grand Schtroumpf n’est peut-être qu’un serpentin traînant de papier recyclé qui fait tout ce qu’on veut sauf des étincelles.

 

Champagne : Champagne pour tout le monde, caviar pour les autres, y compris pour ceux qui sont tombés du ciel à travers les nuages !

 

Danaïdes : Parce qu’elles ont zigouillé leurs horribles boit-sans-soif de cousins, les sœurs Danaïdes ont été condamnées à avoir le foie dévoré perpétuellement par un vautour de Vichy. On se mélange peut-être un peu les pédales avec les Grecs et les Latins mais c’est une histoire du même tonneau si je ne m’abuse, docteur.

 

Désert : « Que de sable ! Que de sable ! » aurait dit le maréchal MacMahon. Il aurait dit aussi : « C’est vous le bédouin ? Continuez !». Le désert est le lieu par excellence où se produisent les mirages, parfois même en rafale. C’est pour cette raison que le mot « désert » commence par un D comme Dassaut.

 

Evian : Passe moi l’éponge ! Evian ! Fais moi gouzy !

 

Fontaine : Il ne faut jamais dire « Fontaine je ne boirai pas deux tonneaux ».

 

Gazeuse (eau) : Il vaut mieux qu’il y ait du gaz dans l’eau que de l’eau dans le gaz.

 

Kronenbourg : Petite cité d’Alsace où les troupes du duc d’Aumale prirent le parti, en 1664, de ne se livrer à aucune bataille contre qui que ce fût (de bière). Au contraire, les troupes avant-gardistes se mirent à la cueillette des olives afin d’agrémenter la cérémonie de l’apéro (voir ce mot). En souvenir de ce 1er bataillon de militaires pacifico-écologistes, il fut permis, par dérogation, de ne plus mettre un « m » devant le bourg de Kronenbourg (alors que, faut-il le rappeler, « embrouillamini » s’écrit ainsi).

 

Mac Mahon : Le maréchal aurait aussi déclaré : « Le délirium tremens est une maladie terrible. Ou on en meurt, ou on en reste idiot. Et je sais de quoi je parle, je l'ai eu ».

 

Mousse : Si tu ne veux pas t’en faire, bois en une, petit matelot !

 

Pépie : Les moineaux qui ont la pépie se fabriquent un jour de liesse d’une flaque de Pepsi.

 

Pschitt : Boisson présidentielle (1995-2007) permettant d’éliminer bien des soucis.

 

Vichy : Il y a ceux qui sont pour la prise de la pastille et ceux qui, n’en ayant cure, préfèrent suivre un régime soutenu. Après tout, si ça les botte ! Il y a des gens comme ça qui aiment bien être occupés. Qu’on n’ait pas évacué tous les miasmes reste quand même préoccupant.

 

Vodka : Vodka, nié Voda !

 

Walrus : Successeur élu et non encore détrôné, pour notre plus grand bonheur, de sa Majesté le roi Gambrinus.

 

Whisky : Va le porter au juge blond qui fume : personnellement je n’en bois pas . C’est une boisson à gogos.

 

Zubrowka : Il faut remercier la Pologne pour au moins trois merveilles qui se sont bien exportées : Janeczka, la musique de Frédéric Chopin et la vodka Zubrowka (prononcer joubrouvka) avec son herbe de bison qui trempe au milieu de la bouteille. Encore un doigt pour Joe Krapov ! Non, pas l’auriculaire, le majeur !

 

Zébu : Le cri de cet animal qui ressemble quelque peu au dromadaire est le zépussoiffement. Le zébu zépussoiffe.


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3 février 2024

Ma marotte (Yvanne)

 

Une addiction ? Non. Je ne vois pas en ce qui me concerne. C'est vrai j'ai fumé des cigarettes pendant une bonne vingtaine d'années. Avec un peu de mal quand même, j'ai arrêté. Je ne bois pas. Enfin très raisonnablement. Je ne me drogue pas non plus. Les écrans ? Bof ! Juste ce qu'il faut c'est à dire pour faire des recherches, écrire, gérer mes photos. Pas du tout accro à « face de bouc «  ni à aucun autre réseau social. Le téléphone ? Toujours au fond de mon sac. Je réponds si je le déniche à temps ou bien je rappelle mon correspondant plus tard.

Alors Yvanne si tu n'es pas addict à quoi que ce soit – oh que c'est bien ma chère ! - que vas-tu trouver à dire aux défiants du samedi ? C'est ce que je me suis demandé. Et j'ai trouvé . Ma petite manie, car il s'agit plutôt de cela, n'a rien de dangereux ni de répréhensible. Voilà : je ramasse des cailloux. J'ai toujours fait ça. On dit que ce sont les enfants qui les accumulent. Comme le Petit Poucet. Je n'ai donc pas grandi. Mais qui n'a pas gardé en lui une part d'enfance ? Si vous ne comprenez pas alors jetez moi la première pierre.

Je ne peux pas m'empêcher de ramener de mes balades, de mes visites, de mes voyages , du minéral. Je suis attirée par les formes, les couleurs, l'originalité. Chez moi il y en a partout. Dans la maison : surtout au sous sol. Dans la cour et le jardin : à divers endroits où ils ne risquent pas de gêner mon époux. Parce que si je trouve que se remplir les poches, le sac à dos chaque fois que je me déplace c'est juste une fantaisie sans gravité – mais qui me fait plaisir - mon mari, lui, pense tout autrement et me gratifie d'un regard qui en dit long quand il me voit vider mes trésors. D'ailleurs il me menace régulièrement de creuser un trou et d'enterrer tout ça. Horreur !

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Vous ne trouvez pas que ce serait dommage de rendre ces belles trouvailles – et ce n'est qu'une petite partie de ma collection – à la terre ? Moi si.

 

18 novembre 2023

La parenthèse (Joe Krapov)

Il est vraiment dommage que je ne sois pas ici pour raconter ma vie !

Parce qu’aujourd’hui, j’aurais pu ouvrir une parenthèse dans mon récit pour vous relater l’épisode de notre parenthèse.

D 93 11 16 Pénichette à Sablé

Notre parenthèse à nous est constituée des années que nous avons passées à Samfou-les-Boules, une localité du Sud de la Sarthe, un petit royaume (la Sabolie !) tout à fait à part dans notre grande République française. Dans notre trajet d’Est en Ouest, de Paris à Rennes, ce séjour a duré de janvier 1985 à août 1997.

Une parenthèse de douze ans quand même, donc conséquente. Dans ce jardin extraordinaire qu’est le département n° 72, j’ai mené la vie de château et, soit dit entre parenthèses, j’ai planté deux petites graines qui ont bien poussé depuis et sont toujours chères à mon coeur, même si je n’en parle pas souvent et pour ainsi dire jamais par ici.

C’est ça, la vie privée, ça ne regarde que nous. Par contre je n’ai aucun scrupule à vous conter ma vie de château, d’autant plus que je viens de décider cette semaine de mettre mon blog entre parenthèses et de m’en servir pour partager « les Trésors de papier » que j’ai empruntés à la Bibliothèque nationale.

Cet établissement possédait (possède toujours mais plus pour longtemps), dans cette ville de Samfou-les-Boules, un « hôpital pour livres » où l’on envoie les documents en péril des collections parisiennes afin qu’ils y soient photographiés, chimiquement traités, thermocollés puis reliés ou mis sous pochette de papier permanent. Mon travail s’inscrivait dans cette chaîne de traitement. Cela a eu pour effet que j’ai vu passer pendant tout ce temps des documents pour le moins inattendus : le fonds 8° Y2 de littérature romanesque du XIXe siècle avec les premiers ouvrages de la Bibliothèque rose, « Télémaque » de Fénelon qui semble avoir eu à l’époque le même succès que "Harry Potter" de nos jours, la palanquée de prénoms de Madame Gyp (Sibylle-Gabrielle-Marie-Antoinette de Riquetti de Mirabeau, comtesse de Martel de Janville), les œuvres complètes du chanoine Schmid (totalement oubliées depuis leur parution !), la totalité des ouvrages publiés en Indochine de 1922 à 1954, le fonds Ln27 consacré aux pamphlets divers et variés parus avant et pendant la Révolution française, des cartes géographiques, des affiches électorales…

Tangram à 29 pièces réduit

Tout ce travail de sauvegarde et de microfilmage a été récupéré plus tard sur la plate-forme en ligne Gallica mais je n’y ai pas retrouvé l’ouvrage « Cach dung khai tri ban » de M. Nguyen Ba Xuong paru en 1933 dont j’avais photocopié (ce n’est pas bien du tout, je l’avoue), pour usage personnel ou plutôt pour mémoire, deux pages très intéressantes. On trouve là en effet le plan d’un jeu de tangram à 29 pièces que je me fais fort de reconstituer en cartonnette ce week-end pour occuper le temps libre dont je dispose désormais (mais en quantité plus que réduite) à imaginer de nouvelles formes graphiques (les puzzles de mille pièce avec « que du ciel » ne me suffisent plus!).

Comment ? J’ai déjà rempli une page ? Alors je vais arrêter là (je ne suis pas ici pour raconter ma vie !) et vous faire cadeau de deux objets relatifs à la Belgique : une carte ancienne du royaume et une publicité surréaliste et magrittéenne avant l’heure (c’est le cas de le dire !).

Léo Belgicus (ensemble) réduit

Publicité Pipe-chronomètre recadrée

P.S. Merci à l’oncle Walrus de ne pas nous proposer « Quoc ngu » la semaine prochaine, je viens de donner dans le genre aujourd’hui et je n’ai pas envie de recopier les accents à la main ( comme je l'ai fait pendant deux ans ! Je ne l’ai pas fait, du reste sur le titre mentionné dans ce texte !).

6 mai 2023

Participation de TOKYO

 

Addiction cherche son smartphone elle l’avait pourtant bien caché hier soir. Ça n’avait pas l’air de lui réussir sa déconnexion numérique. Tous ses amis passent leur vie sur les réseaux sociaux. ADDICTION se ressent comme vide sans substance. Plus rien ne devient drôle sans médium. Une journée pourrie sans connexion reste une sacrée journée pourrie.

Je commence à regretter ma dépendance et ne vois à cet instant aucun bénéfice. Les autres sont pétillants et vibrants de toutes ces interactions.je vais quand même pas passer de la 3 D au film en noir et blanc. La force morale ça va deux petites minutes mais être devant son ordinateur éteint ça tient du cauchemar.

Mais il faisait comment avant les gens sans internet. L’addiction au watt ça n’existait pas ou peu !

Je me suis dit qu’il fallait que je m’occupe autrement. J’ai fait la cuisine mais je n’ai jamais réussi à m’y mettre. J’avais le même cerveau qu’à quinze ans. J’étais heureuse d’avoir rien posté sur Instagram.

Je mettais un terme à des rencontres virtuelles qui avaient été hors de prix en termes de temps.
Je ne voulais plus écrire pour les renseignements généraux, la Cia le monde entier.

v1

Addiction sentait la marionnette en elle protestait. Ses tentatives d’autogestion avaient avorté à chaque fois et elle sentait son énergie capturait par la bête immonde.

Elle s’enfuit dehors loin des villes câblées. Aujourd’hui addiction se cache si vous la croisez dites-lui que personne ne la cherche.

 

29 octobre 2022

Un jardin extraordinaire par bongopinot

bongo

 

Une pente de gazon

Met en valeur un édifice

Ou une belle bâtisse

Et je regarde l’horizon

 

Ce magnifique jardin

Et au loin un château

Dans ce paysage si beau

Vertige du vertugadin

 

Un parc entouré d’arbres

Où se détache ce monument

Pour un merveilleux moment

Un paradis sur la terre

 

Un jardin à la Française

Où se baladent mes yeux

Dans le ciel bleu et le soleil de feu

Qui doucement m’apaise

 

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Le défi du samedi
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