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Le défi du samedi
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4 mars 2017

Le kangourou par bongopinot

444

 


Il vit en Australie
Le petit kangourou
Son pelage si roux
Le rend très joli

Il fait des bonds
En grand marsupial
Son regard amical
Force l’admiration

Il transporte dans sa poche
Sa plus grande richesse
Et il saute sans paresse
Si quelqu’un l’approche

Car son trésor est son petit
Il peut être très féroce
Et tu ne seras pas à la noce
Si tu en veux à son bébé chéri

Si tu vas en Australie
Tu verras les kangourous
Et leur pelage tout roux
Qui les rendent si jolis

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30 janvier 2021

Zut, alors ! (tiniak)

 

Parfaite, la courbure éthérée vire au sang
sur la vague engourdie d’un plus calme océan

Il nous faut patienter un instant; tu vas voir…

Le vent porte un soupir inhumain, d’un autre âge
jusqu’à notre désir d’enchanter un partage

Et ça grouille, vois-tu ? à la crête du soir...

Perdus pour ce moment, les pièges matériels !
(la lune en sait assez, vaquant, sa ronde au ciel)

Oh ! T’as vu ? ça frétille… Ah, oui ! c’est pour bientôt...

Il flotte des parfums de profondeur marine
la tienne, à mon épaule n’est pas moins saline

Là, tu vois ? Ce bouillon approchant le rivage ?

???

Nuées d’autres lointains, allez pleurer ailleurs
il se forme un festin qui nous rendra meilleurs

Oh, non ! le vent grossit en son ventre un orage !

Naïades, revenez ! bénir notre présence
et l’espoir qu’on avait d’enjamber votre danse…

!!!

Zut, alors !
C'était pil'-poil; bah… c’est mort.

mermaid_ring

18 février 2017

Iconoclaste (joye)

portrait de jesusJe ne sais pas trop comment cela commença. Un beau matin, ou, plutôt, un beau midi il y a deux ou trois mois, je me réveillai et je vis ce poster affiché au mur, sans doute une blague d’adieu de mon crétin de coloc qui décampa sans payer sa partie du loyer ni les thunes qu’il me devait. Bon débarras, Justin ! grommelai-je en arrachant le truc affiché au-dessus de mon bureau. Je me soulageai à le froisser vigoureusement avant de le jeter à la corbeille.

portrait de jesusEt puis une semaine plus tard, après une soirée pas mal alcoolisée, même chose, le poster y était. C’était trop bête, me dis-je, si j’avais repéré Justin parmi mes invités à l’improviste, j’aurais cassé sa sale gueule. De nouveau, j’arrachai le poster et le déchirai, faisant des confettis pour Sally, ma femme-de-chambre-que-je-sors-à-l’occasion qui était encore au lit. Elle n’en était pas trop contente, non, mais peut-être parce que je lui dis après de se payer du shampooing anti-pellicules.

Et puis un mois plus tard, je me réveillai et je revis cette sacrée image portrait de jesusde nouveau sur le mur. Cela faisait quelques jours que je n’avais pas revu Sally et au moins une semaine que je me couchai seul, alors, bon, je rêvais ou quoi ? Qui faisait cela ? Le proprio ? Non, ce vioque n’avait pas assez d’énergie pour monter l’escalier, sans parler de venir afficher un truc sur mon mur…

Alors, ce matin-là, j’arrachai l’image, je la mis dans le lavabo et j’y foutis le feu avec mon briquet. Puis je fis couler l’eau jusqu’à ce que le dernier morceau noir disparaisse dans le petit trou.  Cíao, pantin, ricanai-je, avant d’allumer ma Gauloise matutinale. Il me fallut un moment. Je ne sais pas pourquoi mes doigts tremblaient.

portrait de jesusBon, ce que je vais vous dire maintenant serait peut-être un peu plus difficile à comprendre...

Alors, oui, ce matin, à mon réveil – et j’avoue que je sors du lit un tantinet plus alerte ces jours-ci – alors, oui, je vis encore l’image au-dessus de ma commode. Je n’étais pas encore sûr de ce que j’allais faire exactement, mais avant de pouvoir y mettre la main, je vous jure que l’image commença à me parler.

Ne me demandez pas ce qu’il dit, passe que moi, je partis en courant, et ce soir, j’ai trop peur de rentrer.

portrait de jesus

20 septembre 2014

Participation de Nhand

LES APARTÉS DE MARIE & MARLÈNE (1)

 

 

Tu sais pas la dernière ?
Dis-moi...
On raconte que Jacques aurait zigouillé Pépite.
Ah bon...
Que vous risquez pas de la retrouver parce qu'il l'aurait égorgée... Pire, vous l'auriez carrément mangée, farcie aux p'tits oignons.
Ah bon...
Moi, j'y crois pas.
Non ?
Bah non, vous êtes quand même pas des mangeurs de chats !
...
Et Mme Guedin, tu sais, la femme du boucher...
Oui ?
Elle fait courir le bruit comme quoi Manon serait pas la fille de son père... De Jacques, quoi. Enfin, tu m'as comprise.
Normal, je m'appelle Marie, donc j'ai fauté avec le Saint-Esprit.
A ce qu'il paraîtrait, selon ses dires bien sûr, la p'tite serait le fruit d'une liaison que tu aurais eue avec Max.
Max Lapereau, le garagiste ?
C'est ça.
Quelle imagination...
C'est un peu gros, quand même !
...
D'ailleurs, en parlant de Manon, on rapporte aussi que vous la battez.
Ah bon...
C'est à cause qu'elle s'est ramenée en cours de piscine avec ces énormes bleus sur le bras et la cuisse, l'autre jour.
Ah oui, sa chute de poney...
Non mais n'importe quoi, les gens !
...
Et puis tu sais que votre 4x4, ça fait jaser hein !
Ah bon...
Pas seulement le 4x4, d'ailleurs... Mais aussi la piscine, la nouvelle salle à manger, le home cinéma, les panneaux solaires, le voyage en Croatie...
Ils ont le droit d'être jaloux.
Tiens-toi bien, la mère Vachard répète à qui veut l'entendre que vous auriez gagné des sous dans des conditions euh...pas très catholiques. Soi-disant que tu te prostituerais en Belgique.
Ah bon...
Oui, et d'après M. Boulet, qui n'en démord pas, Jacques cultiverait du cannabis dans votre cave... Non mais, c'est hallucinant !
Faut bien qu'ils déblatèrent, les pauvres, ça les occupe...
Attends, t'es pas une pute, et Jacques, pas un dealer !
...
Mais comment tu fais ?
Tiens, tu peux me passer mon téléphone s'il te plaît ?... Là, derrière la théière... Mate-moi ce coucher de soleil magnifique... Ça mérite une photo !
...
Merci.
C'est vrai que c'est beau...
Et comment !
Non mais sérieux, Marie, comment tu fais pour rester zen avec tous ces couteaux qu'on te plante dans le dos ?
Facile : j'applique la méthode Pépère 1er de Corrèze. Essaie, tu verras, c'est magique. Tu rentres dans la peau d'une blanche colombe qui plane tellement haut, au-dessus du monde, qu'aucune bave d'aucun vilain crapaud ne peut t'atteindre.
La méthode quoi ?
Euh... Oublie !
...
Entre nous, Marlène, tu as déjà entendu parler d'un certain Président qui s'appellerait...François Hollande, non ?
Ah... D'accord, je vois... C'est pour ça, Pépère 1er...
Tu en connais d'autres, toi ?
Mais pourquoi de Corrèze ?
Bon, euh... T'as terminé ta clope, si on allait rejoindre les hommes à l'intérieur ?

 

 

LOGO NH-PF

 

Comme vous avez pu le constater, le titre est suivi du chiffre (1), logique, puisque des apartés de Marie & Marlène (personnages totalement fictifs, il va de soi), je projette d'en écrire d'autres par la suite, pas forcément tous les samedis mais suivant mon niveau d'inspiration et le thème proposé. Bien sûr, quand je pressentirai de votre part un début de lassitude, je les rangerai. 

8 mars 2014

Le petit cochon qui n'aimait pas se mouiller les pieds (Fairywen)

 

Assis dans la paille, le petit cochon rose pleurait toutes les larmes de son petit corps rose. Le chat de la ferme qui passait par là s’approcha et lui donna un petit coup de tête affectueux :

« Que t’arrive-t-il, petit cochon ? Pourquoi pleures-tu ?

-Parce que… parce que… parce qu’il n’arrête pas de pleuvoir dehors, hoqueta le petit cochon, tout est mouillé, et moi qui suis si petit, si je sors, je vais être tout mouillé, tout sale, et après, on va dire que les cochons sont sales, et ce n’est même pas vrai ! Je n’aime pas être sale, je n’aime pas être mouillé, mais il pleut tellement que je ne peux pas aller dehors voir mes amis des autres écuries.

-C’est un problème, admit le chat en s’asseyant à côté du petit cochon et en le réconfortant à coups de langue affectueux (c’était vraiment un très gentil chat).

-Toi, le chat, tu peux te déplacer sous les toits, en sautant d’une poutre à l’autre, et éviter de te mouiller, mais moi, je suis un petit cochon, je ne peux pas faire ça. Le poney ne se mouille que les sabots, et la vache et son veau aussi. Le chien saute pour éviter les flaques, les poules et le coq et les canards peuvent voler, mais moi, comment je fais ?

-Arrête de pleurer, nous allons trouver une solution. Je vais chercher les autres animaux pour en parler. »

Le chat s’élança vers les poutres du toit d’un bond gracieux, et, de saut en saut, passa dans toutes les écuries pour réunir les animaux de la ferme. Bientôt, tous se retrouvèrent autour du petit cochon rose, qui se blottit contre le chat pour se réconforter. Les idées ne tardèrent pas à fuser dans tous les sens :

« Il lui faudrait un parapluie !

-N’importe quoi ! Comment veux-tu qu’un cochon tienne un parapluie ?

-Un ciré, alors.

-Les cirés ne sont pas faits pour les petits cochons… »

Et ainsi pendant une bonne heure. Puis soudain le poney s’exclama :

« Je sais ! Il lui faut des bottes. »

Un grand silence suivit cette proposition. Tous les animaux réfléchissaient, réfléchissaient, avant de se dire que c’était la meilleure des idées. Ainsi, le petit cochon pourrait sortir sans se mouiller les pieds et n’aurait pas froid (car quand on a froid aux pieds, on a froid partout, tout le monde le sait).

« Mais comment allons-nous faire pour lui faire des bottes ? »

C’était le veau qui avait lancé la question à la cantonade. Il y eut un nouveau silence, puis le chat se leva et s’étira comme savent le faire les chats : d’abord les pattes avant, puis, l’une après l’autre, les pattes arrière.

« Je vais chercher la petite fille. »

Quelques minutes plus tard, il était de retour avec la petite fille de la ferme, qui écouta gravement le récit des animaux. Comme c’était une petite fille très décidée et qui n’avait pas froid aux yeux, elle retourna à la maison chercher une grande cape imperméable, prit le petit cochon dans ses bras, bien enveloppé avec elle dans la grande cape, sauta sur le dos de son poney et galopa vers le village.

Celui qui fut bien surpris de voir arriver un aussi étrange équipage fut le cordonnier… Mais comme il savait –comme tout un chacun dans le village- que la petite fille parlait aux animaux, il n’hésita pas, et entreprit de prendre les mesures du petit cochon pour lui fabriquer des bottes. C’était un très bon cordonnier, très consciencieux, et quelques heures plus tard, le petit cochon repartit en trottinant à côté du poney, exhibant fièrement ses petites bottes rouges.

 

Dorénavant, il pourrait sortir sous la pluie sans craindre de se mouiller les pieds.

Les amis du petit cochon (défi 288 du samedi 1er mars)

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12 octobre 2013

Florent Fouillemerde, chargé de famille (Joe Krapov)

M. Florent Fouillemerde
Agence Fiat Panda

4, rue des Petits champs
35000 RENNES
 
                               M. Ferdinand FLURE
                                                    Agence Dupondet et Dupontet
                                                    120, rue de la Gare
                                                    65125 LES HAUTS DU TOURMALET

 
    Rennes, le 21 janvier 2001


    Mon cher Ferdinand

            Vendredi c'était la cavalcade. Rennes en délires ! Depuis que je vis avec Isabelle, je n'ai plus une minute à moi le soir. En ce moment, en plus, c'est vraiment compliqué. Le correspondant allemand de son fils est là pour quinze jours et il faut essayer de l'occuper, de lui montrer la ville…
 

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Isabelle m'a demandé de les emmener au spectacle. Quelle aventure ! Nous y sommes allés à pied. Il y avait un monde fou qui descendait avec nous la rue en pente douce. Des voitures garées partout, un long cortège pareil à celui des rats du joueur de flûte de Hamlin. Surtout des hommes, de tous les âges, des enfants et des jeunes un peu excités. 

 

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- C'est Mylène Farmer, qu'on va voir ? ai-je demandé. Alexis et Julian ont éclaté de rire. Je n'ai pas vu ce qu'il y avait de drôle dans ma demande. Après le passage à niveau le boulevard fait un coude et, à cause du froid très vif et du léger brouillard, la lumière vive qui apparaît au loin prend des allures fantastiques. On pense à "Rencontres du troisième type". 

        Je ne sais même pas ce qu'on va écouter ce soir. C'est un groupe de rock ? De la musique celtique ? Les deux nigauds que j'accompagne ne font qu'échanger en anglais entre eux. On se demande bien à quoi servent les échanges de correspondants franco-allemands ! Si c'est pour parler dans la langue de Shakespeare !

        On passe dans une haie d'honneur formée de barrières métalliques d'un côté et de camions de marchands de galettes saucisses de l'autre. Mes fringues vont encore puer la merguez et le tabac, j'ai horreur de ça ! A l'entrée, on nous prend la moitié du ticket puis on nous fouille. Le gamin devant moi se fait confisquer sa bouteille d'eau ! Voilà des façons d'inciter le public à aller consommer à la buvette qui sont un peu cavalières !

        Les deux gars m'ont abandonné. Isabelle n'a pas eu trois places côte à côte et surtout elle a eu pitié de moi : elle m'a acheté une place assise alors que, paraît-il, le fin du fin ici c'est d'assister debout, en groupe, avec ses copains, à la manifestation.

        D'ailleurs c'est une manifestation. Je reconnais ce lieu ! Mais c'est vraiment surprenant qu'Alexis ait choisi d'emmener Julian à un meeting politique ! Je sais bien que ce sont les municipales et les cantonales, bientôt, j'ai même lu que Loïck Lebrun , le candidat de l'UDF à Rennes, a tenu récemment une réunion de campagne à la salle de la Cité mais j'ignorais que l'éducation civique tînt une place aussi importante dans la formation des jeunes collégiens.
Peut-être s'agit-il du "grand meeting du métropolitain", à cause du Val !

        Bien que ma place soit numérotée, je n'aperçois pas de rangée 2 ni de place 17. La première rangée de places assises porte le n° 4 et des handicapés en fauteuil roulant occupent le bas de la volée d'escaliers. Mais bon, il reste suffisamment de place pour que je puisse m'asseoir à la place 17 de la rangée 4. Les sièges sont en plastique vert et il y a des flaques d'eau sur le sol. D'où je suis je n'aperçois pas la tribune où l'homme politique va s'installer pour faire son discours. Pas d'estrade non plus pour les membres du bureau politique.

        La disposition de cet endroit est d'ailleurs assez surprenante : il y a des tribunes des quatre côtés d'un grand espace vert et là, justement, pas de scène non plus pour accueillir des musiciens où des danseurs ! Du coup c'est une sono pourrie qui diffuse du Alan Stivell et du EV.

        A huit heures moins deux le speaker nous demande de nous lever et de respecter une minute de silence. Puis, dès que nous nous sommes rassis, une bande de pom pom girls vient au centre des tribunes. C'est très joli. Elles n'ont pas de truc en plume dans le derrière mais cela fait un beau mouvement d'ensemble, un poil désordonné quand même. Ca fait penser à une chorégraphie de Decouflé. Il y a un groupe habillé de rouge, un autre en blanc et bleu, des types en noir aussi avec des drapeaux jaunes. Dans la tribune en face les gens commencent à sautiller sur place, en cadence, en chantant l'air de Kalinka.

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       Zut ! Voilà bien ma chance ! Je vais devoir me farcir une réunion du Parti communiste ! Effectivement, ils se mettent en effet ensuite à scander "Allez les rouges !". J'espère qu'ils ne vont pas en venir aux mains avec le groupe qui est à côté de moi. Ceux-là tapent sur des tambours et agitent un drapeau blanc au centre duquel est dessiné un personnage rigolo : Raymond Barre ! Le plus surprenant est qu'on a doté le plus ronflant des premiers ministres de la France d'une paire de cornes rouges qui lui donne l'air d'un diablotin !  

 

 

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        En face les communistes agitent des drapeaux rouges et des anarchistes se sont joints à eux car on voit aussi des oriflammes noirs. Il y en a même, à damier, où les deux couleurs sont mêlées.
 

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        Les pom pom girls en blanc et bleu, sans doute des gens du MPF de M. de Villiers, et celles en maillot rouge et noir ne font qu'aller et venir d'un bout à l'autre du terrain. Leur chorégraphie s'est affolée : parfois on les voit, tout au bout, tous ensemble à gauche dans le coin, puis ils reviennent vers moi, s'arrêtent et semblent se disputer pour la possession de quelque chose de blanc et noir. Il n'y a que le représentant des écologistes, avec son maillot vert, qui reste à peu près tranquille au même endroit, sauf que de temps en temps il saute en l'air sur place comme les singes qu'on voit au zoo dans leur cage. De l'agitation ? De la gesticulation ? De la provocation ?
 

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        En fait, maintenant que je prête un peu plus d'attention à ce qui se passe devant moi, je m'aperçois que ce ne sont pas des pom pom girls mais... des hommes en short ! Ils sont fous ces Bretons ! Avec le froid qu'il fait, se balader en short les mollets à l'air dans la nuit ! Je sais bien que les Ecossais portent un kilt avec rien dessous, ce n'est pas une raison quand même.

        Puis d'un seul coup d'un seul l'excitation monte chez les militants. Le type qui est derrière moi hurle :

- Rodriguez, enculé ! Pédé ! Sale pédé !

J'ignorais que ce M. Rodriguez se présentât lui aussi aux municipales. Ca n'a pas l'air de plaire à tout le monde en tout cas. J'entends encore :

- Qu'est-ce qu'il vient nous faire chier celui-là ? Enculé ! Ils sont nuls, les arbitres ! Carton ! Carton rouge !

        A côté, la bande de barristes excités s'est mise à chanter Dieu sait quoi sur l'air de "Yellow Submarine" des Beatles : y aurait-il un courant blairiste chez les centristes ? Un type distribue des ballons rouges, on les gonfle mais aucun slogan n'apparaît dessus alors du coup tout le monde s'amuse à les faire claquer.

        Au bout de trois quarts d'heure tout le monde se calme. Un groupuscule (gauchiste ?) vient poser au centre des tribunes un drapeau rond (ils ont des drapeaux ronds, vive la Bretagne...). Sur le drapeau rond, on peut lire "Carte Aurore". Un quart d'heure après, ils viennent l'enlever : ici les lendemains qui chantent ne chantent pas très longtemps.

 

carte_aurore

 

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        Cela fait une heure et demie que je suis là, le cul complètement gelé, à attendre que deux adolescents boutonneux aient fini de prendre leur pied dans un meeting politique absolument nul. Au moment où les pom pom girls commencent un court strip-tease pour en fait échanger leur maillots, le speaker reprend la parole, tout le monde se lève et quitte les lieux. Je ne comprends rien du tout à ce cirque. Il n'a pas pu venir, Edmond Hervé, ou quoi ? Il a eu un empêchement ? C'est le premier meeting politique que je vois où l'orateur ne vient pas et où les gens repartent chez eux calmement, contents, sans avoir entendu autre chose que du Alan Stivell ni vu rien d'autre que des types en short en train de se courir après ! De deux choses l'une : ou bien les Rennais sont trop intelligents pour moi, ou bien je m'étais fourvoyé dans une drôle de gay-pride !

- Sehr schön !" a commenté Julian. Je ne sais pas ce que vont penser les parents du correspondant allemand mais Isabelle et Alexis me doivent des explications. Toutes ces voitures qui nous ont doublés au retour, en faisant hurler leurs klaxons, et les gens dedans qui hurlaient par la fenêtre ouverte "On a gagné ! On a gagné !" ça m'a rappelé le 10 mai 1981 à Paris. Mais comment ont-ils fait pour gagner puisque les élections n'ont pas encore eu lieu ?

    Amitiés à madame Lapsi.

Evidemment, il ne s'agissait pas d'un meeting politique. Si vous n'avez pas encore deviné ce dont il s'agissait, retournez le moniteur de votre ordinateur afin d'avoir la solution inscrite ci-dessous

billet_rennes_guingamp

 
   

27 novembre 2010

Cocorico forever, people ! / par François-Régis Mutin (Joe Krapov)

Voilà qui va sans doute désespérer plus d’une femme au foyer, refroidir plus d’un metteur de main au panier, émouvoir plus d’une lectrice de Voici :  Eva Longoria et Tony Parker ont décidé de divorcer.

J’ai moi-même beaucoup de peine à retenir mes larmes devant tant d’incompréhension et de méconnaissance de la mentalité masculine française de la part de l’American actress. Hé quoi ! Madame Longoria ne connaît donc rien aux feux de l’amour ? Elle ne sait pas que le mâle français est polygame par nature et que l’exemple nous vient d’en haut ? C’est bien la peine d’avoir tourné dans « Carlita’s secret » et d’être venue se faire marier en France par Bertrand Delanoë !

Faut-il parfaire la culture de cette dame en lui parlant d’Agnès Sorel, la plus belle fille au pair de Loches, la première maîtresse d’un roi de France à avoir été enterrée dans une église ? Ne sait-elle donc rien de la pyrénéenne et insatiable marquise de Pompe-Adour, du bien-aimé Louis XV, des sept femmes de Barbe-Bleue, des six femmes d’Heny VIII (?), de Blanche-Neige à qui il fallait sept nains alors que les chanteuses italiennes à voix faiblichonne se contentent d’un seul ?

Certes la France est la fille aînée de l’Eglise, le chanoine de Latran baise, entre autres, l’anneau papal mais au moins, par ici, on ne met pas le préservatif à l’index ! Et pour ce con d’homme - je reviens à Tony l’truand -, si la chair est faible, c’est par tradition : depuis Heni IV on met la poule de luxe au menu du potlatch dominical. On sait chez nous rendre hommage aux agace-pissette d’un soir, fût-il de match bien arrosé. Il n’y a pas que le président des adorateurs de la pasta pour aimer faire bonga bonga avec la lapine Duracell, vois-tu !

Certes, ma bonne Eva, on peut croire au prince charmant et aux princes consorts mais ça, c’est juste assez bon pour les roturières d’Angleterre. Nous on a les madame Steinheil qui rentrent dans l’histoire par l’escalier de service quand le président n’a plus sa connaissance, sais-tu ? Du coup, ce n’est pas pour dire mais je me sens empli de compassion pour ce basketteur millionnaire – j’aurai vraiment tout fait dans ma vie ! -. Pour une amourette qui passait par-là, il perdit la tête et puis le voilà, et alors quoi ?

La faute est dans ton camp, Miss Corpus Christi ! Comment peux-tu tout ignorer de l’œuvre de Gérard Cailleux, arbitre de la Fédération Internationale de Codification des Ruptures ? Il y a une faute impardonnable de ta part et le penalty est plus que mérité : on ne quitte jamais un homme lors d’une période où il n’y a aucune compétition sportive d’envergure mondiale en cours ! Ca fait trop mal, sinon !

Que faut-il pour que tu comprennes ton erreur, Eva ? Que le juge de touche Joe Krapov te chante ce point du règlement ? Eh bien soit, tu l’auras voulu ! Il te la chante la goualante à Gégé, l’affreux Joe-Joe. Prends-en de la graine pour la prochaine fois où tu épouseras un sportif français !

« Quitte-moi pendant la coupe du monde » / Gérard Cailleux ;
interprétée par Joe Krapov
.

060706_239

P.S. C’est quand même de drôles de cocos, ces gens-là ! Le dénommé Tony Parker, il est né en Belgique ! Ca fait penser du coup à la chanson de Sttellla : « On n’a rien de moins que les Américains ! On aurait même plus en comptant qu’on est moins ! » C’est vrai que même la femme de notre Président, par exemple, a une plus grosse, euh une plus grande collection de conquêtes masculines que cette Eva qui pérore loin de Péronne !

22 janvier 2011

Une rupture de taille X Ixelles (Joe Krapov)

Ma chère Isabelle

Il m’a tiré dessus, ce con ! Avec une vraie balle d’un vrai revolver ! Tu parles d’un impair ! Il n’est pas près de me revoir ! Heureusement il n’a touché que mon poignet gauche. Ca a beaucoup saigné mais le médecin a dit que ça restait superficiel. Il n’empêche, pour l’instant le bandage est très voyant.

Je t’écris du train qui me ramène de Bruxelles à Paris. Je joins à cette lettre une carte postale représentant l’étang d’Ixelles. De Paris, je gagnerai Marseille.

101227_011Quand je pense que tout cela est parti d’une minuscule et ridicule tradition d’hospitalité belge, j’en rigolerais presque. Je sais bien qu’il y avait de l’eau dans le gaz entre Paulo et moi et c’est d’ailleurs pour nous rabibocher un peu que je l’avais rejoint ici. Mais dans la chambre de l’hôtel Blanc, ça a recommencé. Sur la table près du lit, il y avait une petite pochette verte. Paulo s’est jeté dessus, l’a ouverte et il est entré aussitôt dans une de ces phases de méditation mystique dont j’ai foncièrement horreur. Bien sûr il a encore sorti son cahier et il a commencé à noter ses réflexions autour du truc.

Ce n’est pas pour débiner mais moi, quand je viens dans une ville étrangère, ça n’est pas pour jouer au poète inspiré par deux carrés de chocolat et qui du coup, n’entend plus sortir de sa chambre avant d’avoir pondu une romance entière là-dessus. J’avais fait le voyage en train, je crevais la dalle et j’avais envie d’aller faire un tour dans les petites rues qui entourent la grand’place. Je lui ai proposé de venir avec moi mais Môssieu Paul a préféré rester là à taquiner sa muse.

101227_012Dans l’auberge où j’ai déjeuné, je me suis levé un charmant minet. Nous avons vite sympathisé, nous sommes allés chez lui et je lui ai fait son affaire bien comme il faut. Ensuite il m’a fait visiter la ville, charmante au demeurant, et sur la fin de l’après-midi je suis allé retrouver Paulo à l’hôtel. Il avait écrit une espèce de valse hésitation autour du gingembre et de la lavande, des choses, qui, je l’espère, ma chère sœur, ne te froisseront pas. Cela me semble relever, d’ailleurs, si pas du jésuitisme, au moins du plus pur catholicisme et Dieu sait si Paul et toi avez en commun d’être très friands de cela !

« Que faire devant un tel dilemme
Laisser choisir celui qu’on aime ?
S’il choisit la lavande et la tranquillité
Saurez-vous faire croix sur la lubricité
Et remettre à plus tard l’appel de Volupté ?

Si, malgré la blancheur étrange de la chambre
Il choisit la luxure, opte pour le gingembre,
Serez-vous en état d’honorer promptement
Son vil désir d’accouplement ?

S’il mange l’un, vous laissant l’autre,
Comment se mettre au diapason ?
Les chocolats du bon apôtre
Mettent le diable en la maison !

La solution la plus cruelle,
Mais la plus juste en vérité
Serait de mettre à la poubelle
Ce cadeau qui génère tant de perplexité

Ou, solution la plus gourmande,
De les avaler tous les deux.
Tant pis si l’on nous réprimande
Quand nous passerons devant Dieu,
Ce n’est pas là un crime odieux
Que d’aimer le gingembre et aussi la lavande !"

101227_013


- Il y a trois trucs qui ne vont pas ! » ai-je dit à Paul
- Ah bon ? Et quoi donc, Tutur ?
- D’une ce ne sont pas des chocolats, ce sont des préservatifs. Et de deux la position des pieds ne correspond pas réellement à nos pratiques. Et de trois, tu n’as pas préféré l’impair !

C’est à ce moment-là qu’il m’a tiré dessus. Il est fou ! Un vrai pédé, ce type ! Il a failli me faire deux trous rouges au côté droit ! Je crois que ce coup-là m’a dégoûté à jamais de la littérature et des littérateurs ! J’en ai assez soupé de ces ambitions-là ! De Marseille je gagnerai l’Afrique, on peut y faire du commerce de manière bien plus lucrative. Je crois de toute façon que je n’étais pas vraiment doué pour la poésie et que, après toutes les souillures de ces dernières années, ça n’aurait pas plu à maman que je laisse notre nom dans l’histoire littéraire.

Quant aux sanglots longs et monotones de Paulo au violon, aussi vrai que je m’appelle Rimbaud, ça me fait une belle jambe, désormais !

Je t’embrasse, chère sœur !

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L'étang d'Ixelles en 1873 (Daguerréotype d'Isaure Chassériau)

16 décembre 2023

Participation de TOKYO

 

 J’habitais au cœur de la pierre. Là s’élevait un univers totalement olympien : flancs abrupts, brume

Épaisse, arrête de montagne, vol d'aigle royal, vent froid en plein mois d'août. Mon refuge troglodyte, point culminant de la montagne, le col, passage obligé pour descendre vers la ville.

Des panneaux du code de la route alertaient sur les risques de neige. La route de montagne sillonnait en lacets resserrés et cadencés, et redescendaient abruptement. L'horizon se dégageait au-delà du ciel. Le vertige était prodigieux avec pour seul retenu de minces parapets.

Cette escapade en altitude ressemblait à une remontée dans le temps et un passage vers une

Autre saison de l'année. J’ai toujours le souffle coupé de sombrer dans ce paysage sacré avec une peur étrange d'être absorbée par les forces de la nature.

La roche est ici fortement présente, elle recouvre le sol et les murs contre la paroi de la montagne.

Le hall articule les espaces qui s'étagent en cascade pour épouser la pente. La fraîcheur qui émane de ce

Lieu contraste avec la chaleur suffocante du dehors. Point de clef ici.

 J’ignore si cette description sur le site AIRBNB suffira pour attirer le chaland ?

Si vous avez une proposition elle est bien venue /oups j’ai oublié le tarif. . ?

 

Séjour méditatif / le prix est celui d’une orange.

Séjour fuite en avant / le tarif sera celui d’une sépulture en terre.

 Séjour allée sans retour / le prix ‘un timbre pour en informer votre conjoint.

v

3 février 2024

Ronchonchon prend les choses à cœur (Nana Fafo)

805 addictions, le compte est bon !

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Pris aux mots et aux maux, par notre maître du jeu
et pris aux niais, de ses obsessions addictives,
Ronchonchon a choisi de dire...

qu'il aurait été trop facile de s'engoinfrer dans une allocution sur l'addiction !
qu'il aurait été trop intello de réaliser un tableau clinique complexe et multifactoriel (rien que d'écrire cela, Nana frise et Ronchonchon grogne)
qu'il aurait été trop réaliste de parler d'addiction au défi du Samedi...

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Ahhhh ! La diction, un problème d'articulation et de jointure.
une ode au trop, au galop, qui s'abat et parfois s'ébat.
A bon entendeur salut.
ah bon ? Ronchonchon est encore à côté de la plaque...
ah ah ! quel est ce A qui l'obnubile ?
ah ah ah, Ronchonchon ne s'est pas trop foulé cette semaine,
pourtant, il pense avoir la bonne foulée.

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Normal, il a développé une Addiction débridée à l'Amour
et il y a mis du cœur à l'ouvrage.

Comme la diction, l'addiction vient de l'oralité.
C'est une manière de dire des choses.

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Alors pour se soigner, cette semaine Ronchonchon résiste aux palabres, car il ne voudrait donner raison à Khalil Gibran qui pense que "L'addiction est une tentative de remplir un vide dans l'âme", surtout le Samedi !
Mais il aspire à croire comme Catherine que ses 805 addictions ne sont qu'un soulagement, issues du néant, elles permettent de se sentir vidés et de tenir à distance l'angoisse de la solitude.
Bref, la créativité permet de se sentir vide et plein en même temps...

Et pour cela il y met tout son coeur !

27 janvier 2024

Quel est le zigoto ? (Kate)

Quel est le zigoto ?
Quel est le zigoto
Qui prend son appareil photo
Au lieu de faire dodo
Qui se lève assez tôt
Pour admirer de tels cadeaux
Aux tons matutinaux

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Mais quel est le zigoto
Aux pouvoirs magiques
S'il fabrique
Les nuages les oiseaux
Les soleils les bateaux ?
Quel zig a écrit :
"Les aubes sont navrantes" ?
Rimbaud
Ivre de mots
Ce fier bateau
Qui au loin partit
Et "J'ai lu tous les livres"
Quel zig a déclamé
Ça ? Stéphane Mallarmé
Et s'il n'était pas ivre
C'est que l'inspiration s'en serait allée
Pourtant cette "Brise marine"
Ensorceleuse divine
Nous fait soudain murmurer
"La mer, la mer, toujours recommencée"...
Mais quels sont ces zigotos
Qui ne boiraient pas que de l'eau ?

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Et s'il fallait se lever encore plus tôt
Pour capturer avec son appareil photo
Une aurore boréale
Dans le Massif Central ?


(*) lever de soleil le 21 janvier 2024, 7h56

 

 

 

 

 

27 janvier 2024

Biaiser la consigne (Lothar)

 I am but a zigoto ; and wheresoe’er I wend, readeth'rs know the role needs playing.

 Sourtstce: Externe


Mézigue, au tôt, longtemps je me suis levé de bonne heure. Chaque matin, je me demandais ce que serait ce jour. Encore. Et si je jouerais dans les douves du chateau encore une fois en culotte courte avec le grand-père, encore enfant comme moi, du Comte de Saint-Germain. Mon ami. Le temps s’avançait, inexorablement, mais nous, nous ne changions pas. Jamais. C’est pourquoi jouer - biaisant grave l’extravagant en zigoto habillé à l’épate - avec les consignes sur des sites, me permet aujourd’hui et maintenant de faire passer ce temps. Un peu.

 


Biaiser la consigne

Alors,
Aller masqué, casqué,
Qu’il s’agisse d’en prendre mots,
En zigoto, d’en jouer,
De les malaxer,
De les mélanger, mais qui

Voilà encore, j'ai biaisé la consigne …

Ou bien ou mal
Qu’il s’agisse d’en prendre notes,
En zigoto des silences,
Tendances, si 
Aux noires et aux blanches,
Aux dièses en synérèses,

Dare dare !

En musique, qui balancent, mais qui
Voilà encore, j'ai biaisé la consigne …

En empêcheur d’y tourner,
D’y retourner,
Des moulins, des idées,
Mouliner
À l’épée,
Oui, en zigoto masqué, casqué qui 

Alors,

J’ai décidé,
De tricher, de feinter,
D’essayer, de passer,
De trépasser, telle Rocinante, vaillante,
En force, oui en force, mais qui

Voilà encore, j'ai biaisé la consigne …

 

I'm just a zigoto, And everywhere I go, Rearders know the part needs playing.

Et pour en prendre mots, j’suis juste un zigoto.

 

Lothar

 

I'm just a zigoto,
And everywhere I go,
Readers know the part needs playing.


6 janvier 2024

Au Lac Khövsgöl – La Perle Bleue de Mongolie (Lothar)

Chevaux blancs multitude, vous galopez :
En chemins de feu et non de glace !
L’encolure brûlante et la tête dressée ;
À quels extrêmes d’attractions vous livrez-vous ?

Vos caravanes se sont arrêtées pour boire,
Alors, Tu l’as vue comme dans un rêve,
Et son corps de biche prend toutes tes sensations …

Alors, le nombre de chevaux et de cerfs
Que ce jour compte n’est plus compte de mots.

Et puis Toi, Grand Wapiti, fils de l’amour, un jour tu t’es éveillé :
L
a tempête était là !
Depuis, ton corps vacille aux falaises qui résonnent.

Dieu que ces éclairs sont sombres !

Des cerfs de feu s’élancent par monts et par vaux !
De grands oiseaux de glace s’élancent par monts et par vaux !
Dix-mille chevaux en nuages noirs soulevant leurs jambes de poussière …

Et cette colombe - qui dit : j’ai confiance dans le souffle du vent -

A une aile sur le sable du désert, sur les arbres ébranchés,
Sur la piste qui rougeoie,
Mais l’autre, détrempée en larmes perdues d’ici de là
S’enfuit au jardin des venises.

Et les nymphéas, les phragmites, les gunnères,
Les jacinthes d’eau aux pétales blanchies s’envolent dans les cieux,
Au lointain du lacet.

Car le vent, celui qui est brûlant, s’orage aux lagunes bleues,
Au lac Khövsgöl qui verdoie,

Et, décollant des couronnes d’encre et d’argent brodées
Sous les bures cathedra, tournoie aux appâts des ondines,

Sur leurs beautés sereines, épistolaires,
Puis, redoublant de rage, remonte en l’air jusqu’aux monts de la mort lente

Juste, entre les deux sommets !

Lothar 

 


Référence pour le Wapiti asiatique :


« En Mongolie, il existe une légende qui raconte que le premier wapiti était un cheval blanc qui s’était égaré dans la steppe. Il rencontra une biche qui lui offrit son amitié et sa protection. Ils tombèrent amoureux et eurent un fils qui avait le corps d’un cheval et les bois d’un cerf. Ce fils devint le chef des wapitis et le symbole de la force et de la beauté. »

Cette légende illustre la vision chamanique du monde, où le ciel, la terre et les animaux sont liés par des esprits. Le wapiti est considéré comme un animal sacré, qui peut parler aux hommes et leur enseigner la sagesse et la compassionLe wapiti est aussi associé à la richesse et à la longévité, mais aussi à la ruse et à la tromperieIl est parfois considéré comme un messager des dieux, mais aussi comme un séducteur des femmes.


 
Le Lac Khövsgöl en Hiver

6 janvier 2024

La Weltanschauung du Walhalla (joye)

wapiti

À Waterloo, William, un wapiti qui parlait wolof partait en week-end avec sa femme Wilma, une wombatte wagnérienne. Il buvait du whiskey avec son sandwich au witloof au wagon-lit. 

Sa wombatte, une walkyrie wallonne, traînait au wagon-lit, car elle trompait son wapiti sans méfiance  avec un wallaby qui s'appelait Walter. C'était une aventure de raison surtout parce que personne ne devait s'inquiéter des serviettes brodées.

wombatte

- Whitloof, Wilma ? sursurra William, qui revenait du wagon-restaurant.

- Waouh, William ! s'exclama Wilma. On est déjà à Woluwe ?

- Ouais, brama le malheureux cornu.

Walter, qui se cachait dans les waters, sortit juste avant que William ne franchisse le seuil de leur wigwam d'amour fait de wurtzite et pas de wolfram, ce serait trop dur à croire voire cuire avec son plateau de waterzooi et un wassingue (car un plateau de waterzooi déborde facilement) pour Wilma.

- Walter ! beuglait William. Que fais-tu ici avec ma Wilma ?

- Ben, je suis passé pour récuperer mon Walkman. Je l'ai filé à Wilma lors du match de water-polo, parce qu'il n'est pas waterproof.

- Oui ! gloussa l'impénitente Wilma, comme une wyandotte dans une cocotte (car elle serait bientôt cuite).

D'un coup, William renifla l'air.

- Ça sent le wintergreen ! menaçait-il. Vous deux, vous jouez au whist ? Sans moi ?

Wally

Sur ce, Walter brandit le winch qu'il gardait toujours dans sa poche (après tout, c'était un wallaby, hein ?) au cas de sinistre.

- Hein ? cria William, qui se mit à fouler aux pieds le perfide Walter.

Wilma, volage jusqu'au bout, cria "Au secours !" juste avant de tomber par terre raide-morte du coup relou (et fourré)  que lui a filé William, le très malheureux gibier qui finirait, hélas, au gibet.

6 janvier 2024

L'horoscope selon Ronchonchon, l'année 2024 sera W... (Nana Fafo)

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La première semaine de janvier est pour Ronchonchon
l'occasion de l'introspection. Il inspecte l'année écoulée 2023 fois,
tente d'isoler les coulures, ponce les dérapages
et se munit d'une belle couleur suggérée par Tokyo
pour teinter l'année à venir.
On appelle ça "les tendances" : nommer pour prendre conscience...
Et le rapport avec Wapiti ?

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Comme vous avez pu le constater, Ronchonchon, lui, a tendance
à rigoler, un peu, parfois, sur tout et surtout sur n'importe quoi ;
pareil pour son "ronchonnage" !
Il prend conscience régulièrement de ses contradictions,
il les nomme, évitant ainsi le conflit avec lui-même .
Et le rapport avec Wapiti ?

Pour inspecter son intro, il va chez son libraire préféré,
Monsieur Cervus, le sourdingue, le mal entendant, oui vous savez...
le gars qui entend,
pour lui bramer sa complainte du temps qui passe
et lui brailler en gesticulant avec les mains la commande
de ses 3 magazines à découpage préférés (même pas honte !).
Et le rapport avec Wapiti ?

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Et tout ça pour quoi ? Découper l'horoscope (entre autre)...
comme si Dame Irma avait la science infuse,
comme si l'oracle avait la réponse.
Pourtant Ronchonchon se prête au jeu, il cherche des signes...
Et ce matin, il est tombé sur un os... de wapiti.

Ouhais, comme par hasard...
nous voici en présence d'un thème best-i-olé.
Et non, ce ne sera pas un Taureau dont nous parlerons aujourd'hui !
Nous sommes en Cape-ri-corne, bande de vers, sots !
Peut-être voici le signe tant attendu ?

Defi samedi dentier


Consultant l'oracle "aigle bleu" (et non "Toto le homard bleu de Lothar)
Ronchonchon découvre qu'il va manger de l'herbe et devenir grand.
Il portera ainsi des bois, mais pas des cornes.
Si il se munit d'un dentier de dents de Wapiti...
(petite aparté : chers papys, mamys, défiants,
l'un d'entre vous aurait-il un dentier de Wapapy dont il ne se sert plus ?
Walrus ? mais pourquoi ça tombe sur toi ? l'année du double V !)
... avec ce dentier, il obtiendra la puissance classé sous X
la force, le courange et surtout l'endurance
et ça Ronchonchon, il va en avoir besoin l'an prochain !
Alors "fêtes" péter les dents ! et le champagne !

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Et là, le rapport avec le Wapiti, vous l'avez vu ?

wahhh ! Piting (accent du Sud sur la vulgarisation en P de péripapéticienne) !

ça va rouler l'année prochaine !

16 décembre 2023

Jamais 201 mignons Minions (Nana Fafo)

Minion au crochet et ronchonchon


Cette semaine Ronchonchon a eu une grosse gellule en travers la gorge
à la vue du thème de la semaine.

Il a développé une trop-glauque-dite un peu rauque
et pour couronner la toux
son texte a encore disparu, malgrè les CRTL S intempestifs.


Il a tenté de re-plonger dans l'ambiance
mais les aspérités glissantes l'ont emmené au fond du trou... noir

Pénétrant les méandres de sa caverneuse mémoire,
pour lutter contre sa troglophobie de la page noire
il a pris quelques troglotropes, histoire de voir des cochons roses.

Defi samedi

Quel message la vie cherche à lui envoyer en effaçant ses textes ?


Hardi et débrouillard, Ronchonchon a mis la lumière
sur un troglodyte mignon pour tenter de donner du sens
en allant consulter l'oracle Luminessens.

Il a appris que :
lorsqu'un Casanova Mignon-Minion apparaît dans ta vie
pense à essaimer tes petites graines de plaisir dans différents nids
sinon tes muqueuses risquent de s'engluer
dans des situations trop glow ditch.

Bref, quand t'as rouge-gorge, passe le rot (row ?) et tout ira bien !



Sétipasminion aurait peut-être dit le père de Kate ?

Belle lecture créative.

une petite vidéo pour le fun ?

 

16 décembre 2023

Un sage de passage (Kate)

Un sage de passage

Touché par la misère

Récoltant du pain à

Offrir à ses frères

Guetté et arrêté à

L'improviste par la loi

Ouvrit les bras

Dedans seulement du bois

Y était mis

Tenant lieu de délit

Et pour Saint Jacques il partit

En route halte à Saujon

Repartit pour Compostelle

Mais dans le Bordelais

Immobilisé

Terré dans sa chapelle

Et ce lieu depuis porte son nom

Saint Emilion

Où l'on bâtit une église monolithe

Que l'on visite

Ainsi que sa caverne

Troglodyte

Éclairée par une lanterne

Où l'on découvre la ressource

De sa source

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12 mars 2022

Chinoiseries et autres (Walrus)

 
Bien sûr, j'aurais pu me contenter de vous brancher sur la dernière intervention du chien qui est une chienne, mais...

Mais les cuisines asiatiques (particulièrement la chinoise et la vietnamienne, sans pour autant cracher sur la japonaise, la thai et quelques autres) et moi, c'est une grande histoire. Je dis "moi", mais en fait je devrais englober les membres de ma famille, je dirai donc "nous", un contenant à géométrie variable avec le temps.

Le départ a été un peu difficile : quand je sortais des restos chinois du Bruxelles des années soixante, je manifestais souvent le "syndrome du restaurant chinois", la faute au glutamate de sodium, un exhausteur de goût qu'ils utilisaient sans parcimonie.

Par bonheur, nous avons ensuite découvert un restaurant chinois sérieux à Laeken, il s'appelait le Long Kong : le patron en cuisine, sa femme et ses deux filles en salle, d'une élégance folle dans leurs  robes de soie.  Je dis sérieux parce que si vous vouliez un canard laqué, il fallait le commander minimum 48h  d'avance. Pour le déguster, la patronne vous entraînait à fabriquer du bout de vos baguettes les petites bouchées roulées (crêpe, bout de chair, bout de peau croustillante, poireaux crus finement émincés) : elle vous faisait en trois secondes ce qui vous prenait une bonne minute (et je vous dis pas le résultat). Par les portes battantes de la cuisine, on apercevait le patron s'activant avec son wok, même si nous, nous étions plutôt branchés haliotide, canard laqué et homard à la chinoise.

Hélas, au bout de quelques années, ils ont fermé. C'est alors que dans notre quartier, nous avons découvert un restaurant vietnamien. Nous y sommes allés quelque mercredis consécutifs en nous installant chaque fois à la même table. Un jour, quand nous sommes arrivés, cette table était occupée et c'est là que j'ai ouvert un peu vite ma grande g...  "Comment ! Vous avez filé notre table à d'autres personnes ?". Si bien que nous avons dès lors dû inverser le système de réservation : nous devions avertir quand nous ne venions pas (ce qui était rare).

Nous avons suivi ce resto pendant des années et des années, même lors de ses deux déménagements. Ces sympathiques Vietnamiens étaient des boat people, nous sommes devenus amis et nous croyions savoir (presque) tout d'eux.

Sauf qu'au bout de quelques années, nous nous sommes aperçus que le prénom de la charmante épouse du virtuose du wok que nous appelions "Lou" était en réalité "Line", Lou c'était son nom de famille. Mais c'était trop tard, nous n'avons rien changé !

Lou06

 

11 décembre 2021

Danser (TOKYO)

 

L’idée m’était venue de danser, mais mon instinct avait rejeté immédiatement cette possibilité.

 Traiter un découvert avec son banquier relevait d’un équilibre subtil et un faux pas pouvait m’être fatal en ces temps sombres de récession.

Valait mieux mourir de honte ruiné que rougir d’entamer un swing endiablé histoire de lui faite perdre le nord.

 J’hésitais à lui parler de mon train de vie qui justifiait largement  mes dépenses inconsidérées . Mon banquier affectionnait des plaisanteries éducatives qui me rendaient furieuse et sur ce siège j’étais prise d’une danse syncopée très proche du jitterbug

J’avais envie de lui foncer dessus comme un rhinocéros quand il me menaça de bloquer ma carte de crédit.

 Qu’il s’amuse à tenter quelque chose pour verrouiller mon compte me suis-je dit dans ma barbe de rhinocéros imberbe.

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 Mon cœur tambourinait contre mon sternum comme à chaque fois que je montais sur scène pour danser.

Je me rendis vite à l’évidence je n’avais pas beaucoup de solution à mettre sur la table pour gagner sa confiance quand soudain je dis samedi je suis sûre de remporter le concours de danse du jitterbug

Il y a à la clef le centuple de mon découvert. Je trouvais l’idée géniale. J’avais exclu la roulette du 911 , le numéro de police secours , ou être assistée par un jeune amérindien ou laisser mon banquier décider de mon sort  .. J’avais pris l’initiative comme au poker. Etant donné l’état d’exaspération du banquier cette dernière éventualité était inévitable. Rejetant en arrière d’un coup de tête ses cheveux qui viraient au gris à grande vitesse il me dit / cherchez-vous un cavalier ?

Pardonnez cette proposition primitive me dit il dans un sourire malicieux, mais j’ai un traitement pour ma dépression je m’entendis répondre chacun de nous à ces petits malheurs.je saute sur cette occasion lui saisit le bras Je me rapproche de lui d’un pas de geishas et lui murmura Allons-nous entrainer.

 Puis ça s’est gâté dans l’escalier j’ai vu ses genoux faits d’hélium et de bouillon de poule, et quand il me prit le poignet j’ai bien vu que ses mains n’allaient pas où il voulait.

Bon l’affaire était lancée on est arrivé et on a gagné .je me souviens encore comme il m’empoignait. On aurait dit un morceau de câble à haute tension qui tressautait et crépitait en faisant des étincelles.

 Depuis ma ligne de crédit est infinie

 

10 octobre 2020

Le Bonhomme Jacquemart (Pascal)


Au début du XVème siècle, comme beaucoup d’autres villes, Romans voulut se doter d’une horloge publique. Naturellement, en la rehaussant de plusieurs mètres, on choisit la tour de la forteresse pour cette implantation.
On allait enfin pouvoir lire l’heure à chacun des moments de la journée. Romans allait vivre au rythme des heures entreprenantes, pendant cet emploi du temps de tic-tac. Simplement, en tournant la tête vers le cadran, on saurait à la minute près quelle heure il serait. Les gamins allaient apprendre l’heure en les comptant et les anciens les occuperaient en justifiant leurs habitudes. « Il est et un quart ! », « C’est l’heure du bain ! », « Il est la demie ! », « C’est l’heure de l’apéro ! », « C’est midi ! », « Bon appétit ! », « Tu peux sortir ton pain du four !... », « J’attends moins le quart !... », « Mais ce n’est pas l’horloge qui vient de sonner ?... », « Je suis en retard !... » Notre ville allait vivre sous le joug de l’exactitude du Temps. Nous allions entrer dans un emploi du temps aux séquences journalières implacables.
Réfractaires, les ouvriers regarderaient le cadran de l’horloge jusqu’à la dernière seconde pour reculer l’échéance du boulot et les patrons râleraient en les attendant devant leurs usines. On allait comparer les angélus du voisinage avec celui de la tour. Religieux et laïques allaient s’affronter par cloches interposées et on se demanderait qui est en avance et qui est en retard. Plus tard, les culs-bénits régleraient leurs montres à gousset à l’appel de l’église, les païens et les parpaillots, leurs tocantes, à l’heure de l’horloge publique.
Bien sûr, les vieux n’en voulaient pas de cette invention du diable ! Ils continueraient de regarder le soleil, sa chaleur, ses inclinaisons, ses effets d’éclairage, ses courses d’ombres, en fuyant cette modernité tapageuse ! Les ressorts, les contrepoids, les balanciers et autres pignons baladeurs, mais ce n’était que machine infernale !... Tous les cadrans solaires de la ville en prendraient un sérieux coup dans l’aile…

La ville partit chercher un metteur au point à la précision suisse ! Tu parles, ce n’est pas donné, les experts en horlogerie, surtout s’ils sont helvètes ! L’heure des hommes a un coût ; heures, minutes et secondes, c’est or, argent et bronze.
Originaire de Fribourg, le Pierre Cudrifin, le fameux metteur au point de chez tic-tac, il réclamait ses six cents florins d’or pour réaliser son œuvre ! Mieux aurait valu lui acheter quelques fromages des alpages, du chocolat de ses vaches bleues ou même des edelweiss par bottes de douze ! Six cents florins d’or ?!... Une vraie fortune !... De quoi nourrir cent familles de tanneurs des bords de la Martinette pendant mille ans !

Bref, le pognon, on ne l’avait pas. Nous, on voulait l’heure mais on n’avait pas l’or. On pouvait le payer en godasses, en pognes, en ravioles, en tommes mais, lui, il voulait du sonnant et du trébuchant. Les suisses, c’est toute une confrérie d’horlogers et de banquiers ! Même poliment, si vous leur demandez l’heure, ils vous répondent en donnant leurs numéros de compte chez UBS !
Après des tergiversations qui durèrent jusqu’à point d’heure, pas con, le neutre intéressé, il reprit ses billes et son automate brinquebalant aux savants pilonnages temporels. Et puis, il n’avait qu’à aller se faire voir, lui et son batteur d’opérette ! On saurait se débrouiller sans ses aiguilles de tricoteur du Temps !

Mine de rien, à Romans, on était dans la merde et encore incultes du Temps qui passe. Les gosses ne savaient toujours pas compter, les vieux se moquaient et les ouvriers arrivaient en retard à l’usine… Seules, les cloches des églises avaient des tintements allègres, enjoués, heureux, moqueurs…
C’était bien beau, tout ça, mais maintenant, qui allait s’occuper de marteler les heures ?... Nous, les fiers romanais, notre jugeote est à plusieurs étages, à plusieurs embouts, c’est notre couteau suisse !  On phosphora pendant des conseils municipaux et très vite l’idée jaillit. On ferait une petite annonce, un avis de recrutement… Devant la mairie, sur tous les platanes des places et les murs de la cité, on put voir affiché cette singulière offre d’emploi :

« La ville de Romans cherche un solide marteleur de cloche, sachant compter jusqu’à douze et insensible au vertige. Emploi sous abri, travail de nuit, bonne robustesse et sobriété exigées. Le marteau est fourni par la ville, temps libre entre les heures, les demies et les quarts. Tenue correcte exigée. Prévoir un bel habit, un costume d’époque propre et pimpant, justifiant le siècle d’appartenance. Exonéré de la taille et de la gabelle, levers et couchers de soleil assurés, il devra s’acquitter de son office du Temps avec une grande énergie et une ponctualité irréprochable. »

Bien sûr, il en vint des campagnes et des vallées, de tout le canton et des collines ; tous voulaient se taper la cloche avec ses avantages… Marteleurs mélomanes, ferronniers, bûcherons, du tempo à l’enclume jusqu’à la cognée, ils avaient tous postulé. Il fallait élaguer…
L’un ne savait pas compter, on ne pouvait pas compter sur l’autre, le tournis de celui-ci, la peur de la solitude de l’autre, et comment payerait-on les heures supplémentaires du changement d’heure légale, à quel âge sonnerait la retraite, est-ce qu’on avait droit au litron de pinard aux heures les plus froides de l’hiver, est-ce qu’un cache-nez réglementaire était prévu à la dotation vestimentaire, les terribles nuits de vent du Nord ?
Avec un automate, on n’aurait pas eu toutes ces questions d’ordre syndical à régler ! Un peu de graisse, de peinture, des bons contrepoids et le tour était joué, s’écrièrent les consuls en place !...

C’est un revenant de mer, peut-être un ancien galérien, un marin d’antipodes, ou un bateleur sur l’Isère, qui a saisi l’opportunité. Il avait décroché la timbale ; il avait l’allant de celui qui veut le job. Au garde-à-vous, dans son uniforme de belle prestance, il passa toutes les épreuves du questionnaire avec succès. Il savait compter, il était patient, il était ponctuel, taciturne mais efficace. Sur l’heure, il fut mis à l’essai et, donc, le fameux 2 mars 1429, il prenait ses fonctions…  

L’altitude, la solitude, le blizzard, la bise, les bizets, le brouillard, n’avaient pas d’incidence sur ses capacités à proclamer les heures du jour et de la nuit. Je crois qu’il appréciait la tranquillité de l’ermitage, loin de la cacophonie et des troubles des hommes.

D’en bas, on pouvait voir son air un peu ravi, un peu halluciné, ses yeux dans le hasard, les moustaches aux quatre vents. Sous son chapeau officiel, il martelait la cloche avec zèle. Il mettait tellement d’ardeur à l’ouvrage qu’il était en avance sur tous les clochers des églises environnantes ! Il était le Jacques Bonhomme supportant les corvées de l’heure sans jamais se plaindre. En bas, les badauds se moquaient en regardant ses couleurs de perroquet !...

« Hé Bonhomme ?!... Qu’est-ce que tu fous là-haut ?... Tu comptes les étoiles ?... » « Tu sors ce soir ?... » « T’as rendez-vous avec la lune ?... » « Baisse la tête, t’auras l’air d’un sonneur !... » « Hé, frère Jacques, c’est l’heure de sonner les mâtines !... » « Là-dessus, tu vois Montmartre ?... »
Il ne descendait jamais de son perchoir ; il vivait de l’air du temps. Au printemps, il capturait les effluves des premières fleurs ; en été, son uniforme doré était l’attraction de l’horloge publique. L’automne le distrayait avec les feuillages des platanes aux tons roux et chamarrés courant sur les trottoirs. Il y avait même des feuilles étourdies de valse qui venaient le rejoindre dans sa guérite de carillonneur. Sa célérité à la tâche n’avait d’égale que sa ponctualité coutumière. Il faisait foi. « Il est quatre heures !... » « T’es sûr ?... » « C’est le Bonhomme Jacquemart qui l’a dit !... » « Ha, ben alors… » L’hiver, il retardait un peu les heures de l’après-midi pour que les enfants jouent plus longtemps avec la neige des places.

Un jour d’orage, il fut frappé par la foudre avec une telle violence qu’on crut qu’il avait déserté la cime de son clocher. Après la dissipation de l’épaisse fumée de l’explosion, il était toujours là, encore plus resplendissant ! Son uniforme étincelait de mille brasillements multicolores ! Il était fringant comme un Volontaire de la première heure ! Personne n’aurait pu le déloger de son office de marteleur ! Le Ciel l’avait… canonisé, la ville l’avait adopté. Immortel, il était devenu l’habile statue musicienne, le chantre des heures romanaises, l’Ami qu’on vient visiter en premier au retour d’un lointain voyage. Avec lui, le Temps prenait de la valeur…

Pourtant, un jour, il perdit la tête. On dit que c’est à cause d’une révolution, d’une de ces fantaisies humaines qui consistent à raccourcir la bille de tous ceux qui ne sont pas dans le rang. Moi, je crois plutôt que c’est à cause d’une belle, trop bien cachée derrière son ombrelle. Sur sa figure, roulant sur le sol, on voyait sa moustache frisée comme s’il l’avait tressée, entre ses doigts passionnés, pendant un languissement d’altitude. Avec quelques sermons laïques et des discours de calotin, on lui remit la tête sur les épaules avec les fastes dus à sa hauteur et une grue bien utile.

A l’époque, il était revenu à la charge, le petit suisse ! Il réclamait son dû !... « Oui, moi, j’ai fait tout le boulot ou quoi ! J’en suis de mon porte-monnaie ou quoi ! Vous n’avez pas le droit ou quoi ! Je vais porter cette affaire devant les tribunaux ou quoi !... »
Il regimbait, le Fribourg’s man ! *Il montait les tours !... Nos consuls ont objecté, quant au prix exorbitant de son automate, vu qu’on avait dépêché le nôtre sous le campanile.
Ils ont refait leurs comptes de florins ; additions pour l’un, soustractions pour les autres. Enfin, ils sont tombés d’accord sur cinq cents florins plus un octroi sur les vins et les denrées.

Voilà, vous connaissez l’histoire légendaire de notre Bonhomme Jacquemart ; celui qui nous assure ses coups de marteleur avec un grand courage et une régularité de métronome consciencieux. Ressentez-vous ces vibrations quand il s’active à nous donner l’heure ? De l’échine jusqu’aux talons, il me court toujours quelques frissons d’empathie médiévale quand je lui rends visite pendant ses heures de grande astreinte.

Des armées défilent au pas des fanfares, des danseurs gambillent aux rengaines des flonflons, des mélomanes s’extasient aux œuvres des grands orchestres. Lui, sur sa partition, et avec une seule note accordée et répétée au Temps, on sait la sortie de l’école, la pause cigarette, le bus de dix-sept heures, l’ouverture de telle devanture, la rentrée du lycée, le claquement des volets de celui-ci, la sortie du chien de celui-là, et tous ces petits détails de la vie romanaise qui cadencent l’ordinaire. Mesdames, ne lui faites pas tourner la tête ; il serait bien capable d’encore… la mettre à vos pieds…  

jacquemart-bonhomme



1 octobre 2022

Appelle-moi Pat (Kate)

Appelle-moi Pat

0

Moi, Patrice Méchu

Coiffeur mixte

Mais très déçu

Pas la frite

Marre d'être seul

Dans mes draps

Comme un linceul

J'ouvre mes bras

À l'âge

Du partage

Voici mon salon en photo

En quête de pseudo

Rouflaquette

Description parfaite

Pour site de rencontre

Toute honte bue

Et de solitude repu

Je ne suis plus contre

0-1

Moi, Eric Leroux

Artisan coiffeur

Je deviens fou

En quête d'âme soeur

Mon look cartonne

Mais ma rousseur détonne

D'humeur monotone

Mon coeur pèse une tonne

M'inscrire sur un site

Un pseudo nécessite

Pourquoi pas Rouflaquette

J'ai bien fait la quête

Quand j'étais enfant de choeur

Et si roux je suis

Ce n'est pas un malheur

Mais pseudo déja pris

Alors disons cinquante

Rouflaquette50

C'est mon département

De naissance

Je suis Normand

Où ma chère maman

Coiffeuse stylée

M'a donné le jour

Et l'amour

Du métier

 

 

 

19 décembre 2020

Ne s'use que si l'on Sancerre ! (Joe Krapov)

DDS 642 trottin 4

C’est dans les collines du Sancerrois et son village de Chavignol que se situe le berceau du trottin de Chavignol, plus fréquemment appelé Chavignol de nos jours.

Le trottin de Chavignol est une fille de courses au pas ferme, de forme cylindrique, très légèrement bombée à la périphérie.

Sa peau fine et naturelle est décorée d’un tablier généralement blanc ou bleu. Sa patte, blanche ou ivoire, lisse et ferme, est confondante dans les boucles et les virages. Raffiné, au minimum 16 ans, le trottin de Chavignol offre selon son diplôme de pilotage une gamme infinie de services. Merciers, gantiers, chapeliers et couturières, chaque professionnel peut trouver un trottin de Chavignol à son goût.

- En ganterie, il révèle une discrète innocence de rosière. Il est apprécié pour sa douceur et sa fraîcheur. Très agréable petite main. Pour les livraisons dans Paris, la fourniture d’un GPS est conseillée.

- En chapellerie, légèrement orné d’un voile blanc ou bleu, il gagne en maturité et en finesse.

DDS 642 Môme aux boutons- En mercerie, sa connaissance enrichie des boutons, tissus, rubans, dentelles et dessous affriolants en fait une spécialiste des vêtements de choix, de fête, d’intérieur et aussi des caracos de soie et des nuisettes. On la surnomme souvent «Momo Bouton» en référence à une chanson de Lucette Raillat que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. (Mais qui a moins de vingt ans, ici ?)

- En confection et couture, le trottin de Chavignol est “repassé” par une phase d’étude classiques chez Singer et Colissimo, ce qui lui confère une conversation moelleuse et un caractère affirmé (pour amateurs de sensations fortes !). Son vocabulaire étoffé, sa connaissance d’Audiard et de Frédéric Dard lui permettent de jouer toujours sur du velours.

La zone d’appellation du trottin de Chavignol comprend une grande partie du département du Cher et se prolonge sur la Fièvre et l’Enfoiret.

Un peu d’histoire, maintenant :

L’élevage de trottins est traditionnel dans le Sancerrois depuis le 16e siècle comme en témoigne “L’histoire mémorable de Sancerre” écrite par Jean de Léry en 1573. Les trottins étaient présents dans tous les commerces de l’époque où trottins, biaiseuses, grouillots et garçons de course se côtoyaient joyeusement.

L’origine du nom “trottin de Chavignol” est cependant plus difficile à dater avec certitude. Dans un ouvrage de 1829 intitulé “Statistiques du Cher”, l’auteur, un inspecteur des contributions directes et du cadastre, note sous la rubrique “trottin” : “Leur lait n’est pas propre à faire des nourrices mais on en fait de très bons chauffeurs-livreurs : ceux du Sancerrois sont connus sous le nom de trotins de Chavignolles”.

En 1862, on compte dans le Cher 14 359 employées de commerce chargées des livraisons et des achats de matières premières.

Dans les années 1900 apparaissent les premières agences d’intérim qui collectent les trottins et qui, notamment grâce aux moyens de transport et à l’installation de la ligne de chemin de fer Paris-Nevers, couvriront les besoins de la capitale. Le terroir, la richesse de la faune et le savoir-faire transmis de génération en génération donnent un trottin de Chavignol unique et généreux.

Le trottin de Chavignol ou Chavignol est en Appellation d’Origine Contrôlée depuis 1976 et Appellation d’Origine Protégée depuis 1996.

 

DDS 642 trottin 6

N.B. A savoir, pour les vieux satyres qui fréquentent ce lieu et rêvent d’aventures avec ces jeunesses : renoncez-y !

Le trottin de Chavignol se déguste en de nombreuses occasions, à la fin du repas bien sûr mais aussi en apéritif sur canapé, en croque-madame et de bien d’autres façons encore. Le trottin adore le Sancerre blanc. Ils forment une alliance parfaite. On peut également l’accompagner avec d’autres vins du Centre Loire, le Menetou-Salon, le Pouilly Fumé, le Quincy et le Reuilly.

Mais si elle est provinciale, la jeune fille est cultivée et encaisse mieux l’alcool que l’alcôve. Elle connaît les chansons de Félix Mayol sur le bout de ses doigts. Ne rêvez pas, en les allongeant, qu’elle s’allongera.

Ces demoiselles ont du reste été formées au plantage de râteaux par Madame Henriette Tag-Mitou du laboratoire TUMLA de l’Université de Paris-Sorbonne.

Elles relèvent donc également de l’ADI (Appellation de Destination Inaccessible).

DDS 642 Chavignol_03,_Cher,_France 

Le village de Chavignol vu depuis le Cul de Beaujeu (sic !)

8 août 2020

L'été est un déclic (Kate)

 

"Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, qu'il n'en est rêvé dans votre philosophie."

Shakespeare, Hamlet

0-3 2

L'été est un déclic

Photographique

Autobiographique

Et numérique

 

Bord de mer

Espoir de voir

Le rayon vert

Un film de Rohmer

Bonheur

Et candeur

Un peu amer

0 2

Qu'on voit

Des aurores boréales

Qu'on soit

Au soleil du Sénégal

À pied à cheval en voiture et en bateau à voiles

0-2 2

L'été est un déclic

Partir

Revenir

Rester

Demeurer

Qui s'y frotte s'y pique

Mais qui a donc l'As de Pique ?

0-1 2

"Ce sont les étoiles, les étoiles tout là-haut, qui gouvernent notre existence."

Shakespeare, Le roi Lear

 

(photos de l'auteur)

7 mars 2020

En panne de sens (Kate)

 

Commençons par un brin d'adolescence

L'âge du coup de la panne d'essence

Quelle existence, y'a plus d'essence !

 

"L'existence précède l'essence" ?

Maturité

Désabusée

"On n'a plus assez d'essence

pour faire la route dans l'autre sens"...

Décence indécence

Ça part dans tous les sens

Où est le sens

0

Qu'on aille à Sète à Caen à Troyes à Sens

D'ailleurs "c'est quand qu'on va où ?"

On ne sait toujours pas

La philosophie ne le dit pas

Mais on y va

Reste "L'espérance

Folle qui danse"

Sur mon calendrier

Petits bouts de papiers

La phrase du jour

Le jour de la consigne "non-sens"

Est-ce que ça fait sens ?!

0-3

 (photos de l'auteur, février 2020)

 

29 février 2020

Du mimosa aux masques (Kate)

 

0-1 2

Du mimosa

Cours Saleya

Des pan bagnas

Des pizzas Margherita

 

Cannes la Bocca

On s'interpelle

On se hèle

Avec ta soeur Maria

De Sainte Agnès à Sospel

Jusqu'à la villa

Ephrussi de Saint Jean Cap Ferrat

 

Sur les hauteurs de Grasse

Mille effluves se massent

Rose Centifolia

Violette Victoria

Iris Pallida

0 2

Trop de bourrasques

De masques

Tout se détraque

L'on perd nos marques

Notre légèreté

Au profit de l'anxiété

Généralisée

(photos de l'auteur, février 2020)

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