Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le défi du samedi
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 1 057 671
Derniers commentaires
Archives
17 octobre 2015

C'est la Journée mondiale du bonheur ! (Joe Krapov)

monbeauf04_11102003

17 octobre. Journée mondiale de la modération des appétits. Consommer avec Modération. Ce sera d’autant plus difficile qu’elle est un peu gourmande sur les bords.


18 octobre. Journée mondiale de l’acrophobie. Approcher le Nirvana avec Prudence. Elle est guide de haute-montagne, il faut bien ça quand on est sensible au vertige de l’amour cher à Bashung.

 
19 octobre. Journée mondiale du jeu d’échecs. Aller rencontrer son adversaire pour le battre à Platecouture. Mais à la SNCF, ils ne savent pas où se trouve cette localité. Je te fiche mon billet que je ne suis plus près de leur en acheter un !


20 octobre. Journée mondiale des 50 nuances de pedigree. Passer à la banque des préjugés pour y acquérir des a priori. Leur cours est au plus bas depuis que Nadine M. a fait chuter l’action en déclarant « Bon chien chasse de… »

9782210960381-g


21 octobre. Journée mondiale de la Vénus Hottentote. Consommer avec Parcimonie. Ce sera d’autant plus difficile qu’elle a des formes généreuses.


22 octobre. Journée mondiale du va-te-faire-fiche. Envoyer paître les importuns au Diable-Vauvert. S’ils ne savent pas où c’est, ils n’auront qu’à demander à la SNCF.



23 octobre. Journée mondiale du boum sur les pétards. Manier l’explosif avec Délicatesse. Elle est ambianceuse dans une boîte de nuit et s’y entend comme personne pour faire la bombe en hurlant : « Croyez-moi, l’audimat de la TNT va péter » !


24 octobre. Journée mondiale de l’auriculaire. Placer dans la conversation cette citation de Tom Pouce : "On ne met à l'index que des écrivains majeurs. C'est mon petit doigt qui me l'a dit.".

 

pebeo-gouache-tube-20ml-ton-sienne-brulee

25 octobre. Journée mondiale du tube de gouache. Faire sienne la politique de la terre brûlée : ce n’est ni le moment ni l’instant de célébrer l’outremère qui vous a fait des bleus et ce n’est pas en trempant la véronique dans la mayonnaise qu’on rendra le verre Véronèse.


26 octobre. Journée mondiale de l’Arménie. Comme Guy Mardel, n’avoue jamais, n’avoue jamais, n’aznavoure jamais que tout ce que tu as fait, tu l’as fait à bon escient. Prie plutôt pour que Bonescient ne porte pas plainte.


27 octobre. Journée mondiale de la fierté hétérosexuelle. Rendez-vous avec la Félicité dans le square du devoir accompli. Lui demander si elle veut bien que je l’épouse pour la vie. Même si ou parce que, comme Mozart, je suis homme de Constance.

1356442259-0


28 octobre. Journée mondiale de la Yokoonite aiguë. Les vieux crabes de mon acabit se souviendront ce jour de « So this is Christmas (the war is over) ». Les jeunes pousses de l’acabit des autres entameront « So this is the war (Christmas is over) ».


29 octobre. Journée mondiale de l’abandon. Coucher son roi avec Sagesse. Il en résultera de plus beaux enfants que ceux qui naissent du mariage de Pouvoir et Folie.


30 octobre. Journée mondiale de Miss MAP. Répondre à la consigne du Défi du samedi avec Brio. Ou pas. Ca dépendra s’il vient ou pas nous aider à écrire.

Publicité
17 octobre 2015

Participation de Fairywen

Voyons voir...

Alors voyons voir, que me dit cet agenda… ? Ouch, il est chargé !! Que de tâches m’attendent !

D’abord, d’abord… Ah, ah, mon correcteur qui me dit qu’il va bientôt me renvoyer mon manuscrit ! Bienbienbien, ça veut dire corrections, modifications, fabrication de la couverture par mon illustratrice et ensuite… publication ! Si tout va bien, ce sera pour Noël 2015.

Ensuite… Ah oui, c’est vrai, j’ai un autre livre en cours. J’en suis à la partie amusante : écrire. Ben oui, je l’avoue, la partie corrections n’est pas ma préférée…

Ça, c’est pour 2015, en principe. Pour 2016… Il y aura donc la publication de cette nouvelle série, puis un autre livre à écrire, un autre à commencer, et un déjà écrit à publier après correction, bien sûr.

Et puis il y a aussi deux grands projets qui me tiennent à cœur que j’espère réaliser, mais comme tous les artistes, je préfère ne rien dire tant qu’ils ne seront pas sûrs.

 

N’empêche que ça fait un sacré agenda !

Défi 372 du samedi 10 octobre 2015

10 octobre 2015

Apprentissage (par joye)

Maintenant, je sais que mes capteurs n’étaient pas particulièrement sadiques, mais lors de ma captivité, surtout au début, j’étais convaincue qu’ils prenaient un peu trop de plaisir à me battre, me gifler, et, même pour un temps, me fouetter. Je devins accoutumée au goût de sang dans ma bouche et le noir dur et froid de ma cellule.

L’un d’entre eux, un petit gros, aimait surtout m’arracher les cheveux. Je me souviens du jour où je le vis, juste avant de m’évanouir, brandir une poignée blonde, tout en criant triomphalement. Aujourd’hui, encore, quand j’entends parler d’une voix agitée une langue que je ne connais pas, certaines parties de mon cuir chevelu me brûlent un peu.

Plus tard, je compris qu’ils obéissaient tout simplement aux ordres. Il leur fallait seulement me garder en vie, tout en sachant que mon cadavre ne valait rien. Entre un corps vivant et un cadavre, pourtant, qu’il y a des centaines de possibilités pour soulager les frustrations. C’est ce que nous apprîmes ensemble, mes capteurs et moi.

Cela dit, il était presque trop tard avant que je ne retrouve des moyens pour vivre la plupart des brutalités, mais c’était par accident. La leçon fut longue et je faillis mourir avant de comprendre comment m’en échapper.

C'était le jour où l’un, un grand, un peu plus en colère que les autres, vint me voir en brandissant une matraque. Au troisième coup, ou peut-être au sixième, j’oublie, je perdis conscience, mais juste avant, j’avais l’impression d’être devenue un petit oiseau.

L’hallucination me permit de croire que les écrasantes douleurs venaient non pas de ses coups sauvages mais plutôt d’une paire d’ailes qui me poussaient dans le dos. Je me souviens aussi des chants d’oiseau que j’entendis juste avant de m’évanouir. Je compris plus tard que les pépiements venaient de ma propre gorge, aux moments où je n’avais ni plus la voix ni la force de hurler.

Bref, c’est ainsi que je pus y survivre, avant de retrouver ma liberté si je peux vraiment me servir de ce mot. Je ne peux plus me tenir debout, ni marcher sans une canne, et les cicatrices au visage me rendirent méconnaissable, même pour ma famille. Maintenant, je vis seule et je n’ai plus de miroirs à la maison, c’est plus facile ainsi.

Il m’arrive de sortir, mais j’avoue que c’est récent.

Par exemple, l’autre jour, au parc, je vis une petite fille au parc qui avait rattrapé un petit oiseau, je ne sais photopas comment.

Elle le tenait dans sa petite main sale.  D’un coup, j’entendis des pépiements, et je sentis battre des ailes autour de nous. Il paraît que quelqu’un prit la petite par le bras, et la secourut afin qu’elle relâche l’oiseau, qui lui, profita du moment pour se sauver de sa captivité.

Après, on me dit que c’était moi qui hurlais, et que c’était moi qui avais attaqué la gamine.

Je ne sais plus.

L’important, c’est que ce moineau et moi, on est de nouveau libérés.

26 septembre 2015

Au même instant mais sans doute pas à la même heure (Joe Krapov)

MARCHAND DE CAILLOUX

01 ville-quebec-forfait-48-heures-coeur-vieux-quebec

Aujourd’hui, Alexandre a son voyage ! Ca fait des années qu’il travaille d’arrache-poil dans cette boîte de marde, à faire toutes sortes de choses, utiles ou pas, pour que de grands niaiseux puissent se retrouver benaises dans des beaux bureaux tout en verre après avoir décroché leur diploume. Il faut croire que la dernière année est toujours l’année de trop ! En tout cas, tout en babounant et bouboussant, il se dit qu’il ne va pas faire patate le jour qu’il accrochera ses patins, si jamais sa patronne lui organise une party de départ. Si on veut aller au bout du monde, c’est sûr qu’il faut voyager léger. Ca va lui faire du bien, ce jour-là, de vider son sac !



02 Ostende_IMG_1834PARS !

Ce soir Marion va déloger. Elle va faire le chat. Plus que ça même ! Elle va quitter pour toujours le domicile conjugal, larguer ce péteux qui enchaîne à-fond sur à-fond et bat le beurre ensuite. Fini de faire fristouiller pour ce type les petits plats dans la cuisine, de faire blinquer l’argenterie. Elle va dire adieu à sa baraque à frites, aux plus belles années de sa vie qu’elle a gâchées avec lui. Elle a ramassé toute la dringuelle qui traînait ici et là. Elle a posé son sac sur le siège arrière, est montée dans la voiture, a claqué la porte, démarré. Les pneus ont crissé et fait voler quelques grenailles. Elle a mis un CD de rock et a pris la route d’Ostende.

 


LA PETITE TONKINOISE


03 baobab

Le 4x4 s’est arrêté devant la maison près du baobab. C’est un cul-vert et c’est Philippe qui le conduit. Léna l’attend calmement, tranquillement dans l’ombre du géant. Elle est comme toujours terriblement excitante dans son mon mari sort je sors. Quel golo, que ce mari-là ! Léna est le plus beau deuxième bureau de tout le Congo mais l’autre ne s’est jamais rendu compte qu’il possédait un trésor dans sa case. A croire qu’il lui en manquait une ! Il paraît même qu’il a de son côté une liaison avec un pamplemousse. Il a suffi à Philippe d’arriver habillé comme un jaguar, d’emmener Léna au maquis une ou deux fois et elle a été à lui vite fait bien fait. Le plus dur sera de lui faire avaler, à la fin de cette nuit-ci, qu’il retourne mardi en Europe pour être affecté dans une nouvelle ambassade quelque part dans le monde ; partout ailleurs sauf ici, c’est son choix. Les climats tropicaux et les femmes trop piquantes, on s’en lasse, à la longue.


05chalet-suisse-8729974628-347375

VEUVE NOIRE

Eva a beau frotter, frotter avec la vadrouille, rien n’y fait, la tache de sang ne disparaît pas. Elle a bien ramassé les morceaux du cadavre avec la pelle à chenit, les a glissés un par un dans les grands sacs poubelles bleus mais elle bute sur ce dernier écueil d’une tache débile, indélébile, obnubilante au point qu’elle se fait de la bile. Elle a trouvé vite fait la cachemaille du vieux qui quéqueillait avant qu’elle ne le zigouille et ne se rhabille, elle n’a rien fait à la précipitée, elle a empoché le pactole mais elle ne pouvait décemment pas partir en laissant la maison dans cet état. Ca aurait fait rêver aux ours dans les chalets des environs. On est Suisse ou on ne l’est pas. Chez nous, les gens, même à la tronçonneuse, on les tue proprement.


BA MOIN A TI BO

006 martinique

- Faut qu’on arrête de cocagner, a lancé Amédée à Rachel. Tous ces gens qui travaillent dans la zoreillerie et nous qu’on est là à fouiller patate en buvant des ti punchs, faut vraiment qu’on se resaissise. Rachel qui lavandait dans la buanderie lui a répondu :
- Parle pour toi, fainéant ! T’es encore rond comme une boule carrée, à cette heure, pour tenir de tels propos !

- Mais non, mais non, plaisante Amédé, je ne suis pas marti boire, je suis Martiniquais. D’ailleurs, en parlant de ça… Viens donc ici que je te doucine, ma Doudou !
Las ! Comme une diarrhée, en voulant s’extirper du hamac, il s’est viandé. Ca a fait "ploc", ça a fait "ouille", ça a fait "dring dring", ça a fait "pin pon pin pon". Bref ça a été assez bruyant finalement le jour ou Amédée, attisé, affaissé, a fait son AVC !


LE BLUES DU DENTISTE

- Bonne arrivée ! a déclaré Margareth en ouvrant la porte du cabinet médical.

C’est la première fois qu’Antoine vient charlater ici et il se dit qu’il a bien fait de prendre son bain annuel dans le fleuve Niger. Déjà qu’en temps ordinaire il camembère un max ! S’il avait su que le docteur serait une doctoresse, blanche de surcroît, il aurait fait trempette un peu plus longtemps et aurait même demandé à Boris le pluvian de lui nettoyer les molaires comme il fait au croco et à ses frères.

- Que puis-je pour vous ? demande Margareth. Votre mal est-il profond ?


Qu’est-ce qu’elle à, la toubibe, à pratiquer la gromologie ?


- Eh bien voilà, répond Antoine. Je suis un peu gêné pour vous dire… C’est rapport à mes organes de base !

- Qu’est-ce que vous appelez comme ça ?
- Le mieux est peut-être que je vous montre ?

Il se lève et baisse pantalon et slip.


- Tudieu ! La grosseur des testicules ! s’écrie Margareth. Comment ça vous est arrivé ?.

- Eh bien voilà, répond Antoine, je pense que c’est samedi dernier. Je suis allé voir les femmes qui font boutique mon cul.

Le médecin reste silencieux un temps assez long puis elle déclare solennellement.

- Je pense que vous n’y couperez pas : il va falloir couteauner dans tout ça !

Et moi je pense qu’il va falloir que je me creuse vraiment le ciboulot pour établir un lien entre tous ces personnages si je veux écrire avec ça une histoire qui tienne debout. Et déjà, pour que ce soit compréhensible, il faudrait que je me-vous procure le « Petit dictionnaire insolite des mots de la francophonie » de loïc Depecker afin qu’on puisse décrypter ce schmilblick international !

 

007 Dico Loïc Depecker

 

P.S. Les photos ont été empruntées aux généreux donateurs du net. Merci à eux !

22 août 2015

Couikapédie (par joye)

Talon aiguille

Pour le film de Pedro Almodóvar, voir Talons aiguilles.

 

talon petitChaussures à talon aiguille.

Le talon aiguille est une forme de torture mince et haute, généralement attribuée aux chaussures et aux bottes, et d'autres godasses, quoi,  habituellement portées par les folles maso. Elles (les godasses, pas les meufs) varient originellement entre 2,5 centimètres (1 pouce) et 25 cm (10 po) voire plus lorsqu'une semelle épaisse comme celles des écrase-merde portées par Frankenstein est incluse dans la fabrication. À la fin des années 1950 et au plus tôt des années 1960, la forme de leur pointe, conçue par des cordonniers italiens, ne dépassait pas 5 mm (les talons, pas les Italiens…quoique…) mais il faut admettre que les gens étaient plus raisonnables à cette époque-là. Cet accessoire de mode a toujours symbolisé la misogynie éhontée. Les talons aiguilles modernes sont fabriqués à base d'un plastique moulé et possèdent généralement une tige ou un alliage en métal pour le renfort – ce qui n’est pas à confondre avec le confort, qui est inexistant. N'importe quel vendeur qui vous prétend qu'il y en aura est un sacré  menteur.

Le talon aiguille possède sa propre histoire, démontrée par des dessins fétichistes datant des années 1800 comme un fantasme sexuel. Toutefois, on est ici sur un forum classieux de bon goût et on n’a aucune intention de vous raconter des histoires comme font les gamins boutonneux à la récré, à quelques rares exceptions de près.

On prétend que ces instruments de torture donnent l'illusion optique d'une jambe plus longue et plus mince, ainsi que d'un petit pied, et une plus grande hauteur. Ils modifient également la posture, la démarche, la flexion des muscles du mollet. Ils font aussi un buste et des fesses plus proéminentes, car l’on sait bien qu’une femme sans buste ni fesses proéminentes n’a aucune valeur dans la société d'aujourd'hui.

deformityParce que les talons aiguilles transmettent une grande quantité de poids dans un espace restreint, la grande pression transmise par un tel talon peut causer  cause (il faut être bien crétin pour croire l’autre formulation) des dégâts physiques aux pieds qui sont condamnés à les porter. Mais puisque la santé physique n’a jamais été importante pour la race féminine, on continue à les fabriquer, à les acheter et à les porter comme si rien n’y était.

Publicité
30 mai 2015

Participation de Nhand

PIÉGÉ

 

 

Une étrange fleur,
En forme de flèche,
A germé dans le terreau
De mon cœur de picaro,
Ouvrant une brèche...

Sa rouge couleur,
Vive, incandescente,
Semble vouloir m'aveugler,
M'éblouir, m'ensorceler,
Dès l'aube naissante...

Un vent de chaleur
Entre par la brèche
D'où mille éclairs flamboyants
Fusent, furieux, foudroyants,
Enflammant la flèche...

Aucune douleur,
Cependant, n'accable
Le moindre coin de mon moi,
Juste une sorte d'émoi
Bien inexplicable...

Et l'étrange fleur,
D'un clin de corolle,
Qui m'invite à l'effeuiller
Quand j'entends me tutoyer,
Prenant la parole,
Taquin, frais comme un gardon,
Le terrible Cupidon :

« Coucou, petite fripouille,
Bougre de godelureau,
Ton cœur sec de picaro,
Piégé, désormais se mouille ;
Tu n'iras plus en vadrouille ! »

 

 

LOGO NH-PF

2 août 2014

Participation de JAK

ja01

Suite de ma dernière semaine laborieuse,

 Ma colocataire est repartie sur les GR en « m’empruntant » mon Vélocipède et mon amour de chat.

ja02

Pour me détendre après mes péripéties rocambolesques, de Nancy j’ai pris le TGV via,  Paris, histoire de respirer l’air de la capitale.

Séjour bref, promenades Champs Elysées et détour par le 55 Rue du Faubourg Saint-Honoré , au cas où je tomberais juste sur un jour de bonté de son hôte, et qu’il m’offrirait quelques sucreries. Il devait y être en ce moment, son scooter était garé devant.

Une meute de journalistes se pressait prête  à l’assaut, je me suis faufilée avec eux, mon Nikon rivé à l’œil, abordant la  mine d’un grand reporter,   et j’espérais bien   assister à la conférence de presse dont il était question.

(Refoulée aussitôt,  car pas accréditée !- vous vous en doutiez, moi pas !)

J’ai eu heureusement le temps d’avoir  un entr’aperçu  des lieux …

Et là devant cet apparat flamboyant, ces gardes au garde à vous, j’ai trouvé le prétexte pour ma carte de cette semaine.

Voici ma réflexion, et j’aurais bien besoin de la semaine  pour me remettre de cette cogitation laborieuse que je vous relate ci-dessous.

 

►◄☼►◄

J’ai vu le jour sous un Louis. Il a perdu la tête

Mais moi  je suis toujours là, remodelée, actualisée, brillante de mille ors

J’en ai supporté des culs couronnés

J’en ai humé des remugles fleurant ‘bon’ le faisandage,

J’en ai ouï des discours  prometteurs

Subi  des applaudissements  qui les encourageaient.

 

Sûrement, l’époque  révolue de Louis  je  la regrette,

J’aimais tant le froufrou des robes de mousseline.

 

Cependant il m’a fallu tourner ma veste pour ne pas rester assise entre deux chaises.

Mais peu rancunière, grâce à ma veulerie,

Au gré des changements de pouvoir

 

Je trône encore à l’Elysée, Louis a perdu le sien.

 

Ironie de l’histoire révolutionnaire,

Les hôtes de ce lieu céleste, solennels descendants de l’abolition des privilèges

M’honorent toujours avec pompes en s’asseyant  encore sur moi.

Reniant toute modestie.

 

Tous ces apparats si décriés,

Eternellement,  deviennent vénérés.

 ►◄☼►◄

 

Bye Bye  les amis. A la semaine prochaine.

ja03

8 mars 2014

Où on retrouve Paulo & Azor ! (Sergio)

Le capitaine Anglada arriva sur les lieux du crime, ce lundi matin pluvieux aussi sombre que son moral .Sept heures sonnant son adjoint Gérard l’avait tiré de sa contemplation matinale. Anglada avait acheté une bicoque délabrée au bord du Dorlay une petite rivière à truite en amont de Doizieux charmant village médiéval sur le versant nord du Mont Pilat. Il l’avait retapée à son idée et depuis une large varangue, souvenir ramené de sa première affectation sur l’ile de la Réunion il contemplait sa rivière. En toute mauvaise foi, dans une absence totale de légalité assumée & en qualité de Capitaine de gendarmerie il avait interdit la pêche sur la portion de rivière qui traversait son terrain ? Ce sur environ huit cent metres. Lui-même grand taquineur de Farios devant l’éternel, cela avait fait sourire tout le comté, mais il faut bien l’avouer personne ne l’avait vu pêcher SA rivière. Beaucoup l’avaient vu, dans le petit matin ou au crépuscule, entre chiens & loups assis sur un petit rocher, banc naturel scruter  toujours le même calme créé par un éboulis naturel. Il guettait les gobages de deux grosses Farios qui résidaient en ces lieux. Cette simple vue était son plaisir, sa connexion à la beauté du monde avant de replonger dans la merde qui constituait l‘essentiel de son boulot.

Et ce matin dans la merde il sentait qu’il allait y plonger jusqu’au cou.

On venait de découvrir le cadavre du Préfet chargé du SEPIR (Service de l’Environnement & de la Protection Impérative des Rivières). Une énième entité créée par des énarques pour planquer un ou plusieurs des leurs, avec  laquelle Anglada s’était déjà souvent  accroché. Il ne supportait pas ces KHMERS VERTS qui donnaient des leçons d’écologie aux paysans poly-activités qui survivaient dans ces montages inhospitalières depuis des générations.  Il ne supportait pas leur condescendance & leur façon d’apporter la parole divine .Pour lui c’était des nouveaux Jésuites. Il franchit les rubalises posées par les premiers arrivés sur les lieux, en se retournant pour voir Azor son chien qui avait naturellement pris sa place au volant. Son chien ,depuis qu’il l’avait trouvé un soir au bord de la route & l’avait appelé ‘ Azor  viens, monte » .Azor était monté, s’était assis droit sur le siège passager& lui avait fait un clin d’œil. Depuis ils étaient inséparables. Pourquoi Azor ? Il ne pouvait répondre. Son adjoint l’attendait. Le préfet baignait dans une mare de sang. Ce con dormait au niveau du sol sur une natte tressée qui semblait japonaise. Sa grosse carcasse d’obèse livide, blanchâtre sur ce lac vermillon lui leva le cœur. Pourtant il en avait l’habitude, mais la … Le médecin légiste & ses clones étaient arrivés. Bizarrement le cadavre ne présentait aucunes plaies expliquant autant de sang & fait plus étrange encore, on aurait dit que deux enfants marchant l’un derrière l’autre s’étaient approchés du corps puis étaient repartis, par la baie vitrée restée ouverte, tranquillement vers la route .Les traces sanguinolentes des petits pas s’évanouissaient au bord de la route. Anglada pris une mesure approximative  de l’empreinte avec ses doigts et se dit que cela devait être du 28.Il n’avait pas d’enfants.  Il demanda donc à Gérard qui en se grattant le crane répondit

« Je dirai trois ans. Mais patron deux bambins de trois ans, marchant , l’un derrière l’autre, comme pour un jeu  sans s’affoler devant un cadavre de  cent trente kilos pissant le sang, cadavre sans blessures apparentes puis remontant tranquillement vers la voiture de leur maman qui attend sur la route à vingt mètres & qui donc voit le corps derrière la baie vitrée ouverte  puis s’en va ,ses chérubins les chaussures ensanglantées sur le siège arrière ???  Je me demande même si elle n’a pas pris le temps de boucler leurs harnais de sécurité ?... patron cela ne tient pas debout l’histoire qu’on nous raconte !! »

OUI tu as raison, on essaie de nous faire tricoter une histoire mais on nous donne les mauvaises aiguilles & la mauvaise laine !!!!

Anglada donna l’autorisation après moult photos, prélèvements, prises de côtes, croquis  d’enlever le corps.

 Juste avant il demanda au médecin son sentiment sur ce qui semblait enduire le corps.

Ce mec était diabétique & plutôt mal en point .Comme en plus il se bourrait de bonbons et de tout un tas de cochonneries sucrées  il souffrait de sudations sucrées, phénomène classique, mais pour un écolo  il ne bouffait que des « merdes ».Remarque, on ne pèse pas cent trente kilos en suçant des graines de gojy ,bio de surcroit.  En levant les yeux il vit Anglada & son quintal bien sonné et soupira «excuse-moi ».Le capitaine sourit. Ce n’était pas sa journée.

…………………………………………

AH Anglada !j’ai tenu à t’apporter moi-même les résultats des analyses menées sur ton cadavre.

Ce n’est pas mon cadavre !!

Oui OK je te livre les faits bruts de décoffrage & à toi d’en tirer des conclusions mais on nage dans l’incompréhensible. Ton ….client a été tué par une succession d’hémorragies internes. C’était tellement important que j’ai pensé à une fièvre hémorragique, tu vois type Ebola. Mais il n’avait pas quitté nos montagnes depuis au moins une année cette hypothèse tombait toute seule. Apres analyses ce qui a provoqué ce phénomène c’est une substance toxique, la batrachotoxine.

Peux-tu développer ? 

J’y viens. C’est un poison très violent, deux cent fois plus puissant que le curare. Qui combiné à son diabète a abouti  à ces hémorragies dévastatrices. Il suffit d’un contact cutané. 

??????

Attend, le plus bizarre arrive. Cette toxine est secrétée par une seule espèce de grenouille qui vit uniquement dans une jungle inextricable en Colombie, dont le nom charmant est « Kokoi de Colombie »

Penses-tu que cette grenouille pourrait vivre ici, s’être acclimatée après un rejet ou une perte ? Avec tous ces fêlés de la calebasse & leurs N-A-C.

Impossible ! Son biotope est très restreint & ici, franchement le climat n’est pas très amazonien.

Et dans un vivarium ?

Il te faudrait un spécialiste très pointu & même comme cela cette bestiole ne produirait pas la toxine, car cette substance provient de la digestion dans l’estomac de cette grenouille, pas une autre, d’un cocktail d’insectes du cru. Et franchement il n’y a aucune chance pour que tu en trouves un seul ici. J’ai contacté un collègue d’internat qui officie maintenant à l’Université de Montpellier 2, qui travaille dans un laboratoire de recherche sur ces bébêtes la, justement dans ce coin de paradis, qui m’a affirmé que personne ne connait la nature exacte du cocktail .Ce qu’il peut affirmer par contre c’est que ta toxine fait partie du groupe des alcaloïdes stéroïdes & qu’elle intéresse beaucoup les labos pharmaceutiques.

Ce n’est pas clair, mais la première expérience semble avoir été funeste au patient.

La dose de ton patient aurait tué un troupeau de chevaux et les cow-boys avec.

Bon Anglada !j’ai fini, voilà le rapport & bonne chance .Pour le cocktail je préfère le Cuba-libre.

Anglada , le soir en remontant chez lui s’arrêtât vers la maison du préfet. Il aimait bien faire reposer les informations ingérées et une visite concentrique des lieux, tout en s’éloignant lui donnait quelquefois un éclairage nouveau, & souvent inattendu & de surcroit la marche ordonnait ses pensées. En contrebas de la maison, qu’il constata fort isolée coulait le Dorlay , beaucoup plus large  que chez lui . Il rencontra le fils Borne qui essayait de poser  près d’un rocher surplombant une Darktiger .Il ne l’avait pas vu dans sa tenue camouflage. Il n’avait distingué que la soie de sa canne à mouche qui se déployait à l’horizontale &donc interférait avec la lumière quand elle sortait de l’ombre. En amateur éclairé, Anglada appréciait la beauté du geste .Le posé sur l’eau de la mouche fut parfait, mais Borne du coin de l’œil avait vu la gendarme et n’était déjà plus à sa pêche. Il s’approcha et dit :

Il y a eu un accident la haut ?

Accident, pas si sûr mais c’est inexplicable. Le Préfet s’est vidé de son sang.

La baleine est morte !! Cela lui avait échappé.

Vous ne sembliez pas bien l’aimer avec tes potes ? la : comment as-tu dit ?

La baleine, c’est un surnom qu’on lui a donné. Peu de gens l’appréciait, même vous il me semble.

Nous n’étions pas du même bois.

OH un écologiste qui magouille en douce pour supprimer le Parc du Pilat pour envisager, sous couvert de création d’emploi d’autoriser l’extraction du gaz de schiste sur le plateau de St Genest malifaux, nous n’allions tout de même pas l’épargner. D’autant plus que ces graines de faux-cul je ne les supporte plus. Alors oui le fumier sur sa voiture puis déversé dans son entrée c’est nous, mais nos relations en sont restées là.

Es-tu sur de ce que tu avances sur le gaz de schiste ? C’est une bonne façon de se créer une cohorte d’inimitié.

A priori oui !

Je vais chercher de ce côté-là .Allez salut Borne & laisse-moi quelques truites.

Je les relâche toute. NO KILL CHEF !

De retour dans l’ombre des arbres bordant la rivière, Borne regardait Anglada s’éloigner & pensait « sympa ce gendarme mais comment pourrait-il imaginer que l’idiot de la vallée, Paulo Docteur en génétique, autiste Asperger  & écologiste jusqu’auboutiste avait réussi à introduire avec l’aide de Verts allemands et brésiliens très organisés & très bien équipés des gènes de « Phylobate terribilis »dans la séquence d’ADN d’un porcinet .Le cochon sécrétait maintenant dans sa salive le même poison que la funeste grenouille. Affublé de bottes de pluie pour enfant et irrésistiblement attiré par la sueur sucrée de l’énarque félon ce fut une arme redoutable.

ser01

8 février 2014

La Croix Poëlon (Epamine)

ep01

"Tu m'écoutes ?

- Fiche-moi la paix, je travaille !

- Bon, est-ce qu'aujourd'hui, tu vas enfin te décider ?

- Me décider à quoi ?

- A admettre que mon idée est lumineuse !

- Quelle idée ?

- L'idée de changer d'horizon, de partir à l'aventure, de prendre la route !

- Pour aller où ?

- Ben justement, c'est la question que je te pose régulièrement : où aller ?

- Nulle part !

- Rrrhôôô ! Tu m'énerves ! "

Et une fois encore, il se lance dans une interminable description de l'agitation permanente du carrefour de la Croix Poëlon, du va-et-vient incessant des véhicules et des piétons. Il se plaint de l'insupportable et longue immobilité de leur vie et évoque avec envie ceux qui ont la chance de pouvoir choisir leur destin en prenant tel ou tel chemin grâce à leur clignotant.

"Nous aussi, on clignote, mais on reste toujours au même endroit ! J'ai les jambes qui me démangent, moi, j'te f'rais dire ! J'ai envie d'ouvrir la fenêtre et d'aller voir ailleurs si la route est plus belle."

La réponse est des plus cassantes : "Tu ne pourrais même pas aller voir les voisins d'en face sans te faire écrabouiller et ce, même en passant sur le passage pour piétons. Déjà que tu n'es pas très épais…

- Oh, je t'en prie! Tu t'es regardé ? Tiens, justement, parlons-en de ceux d'en face. Aucune imagination, aucun esprit d'initiative : ils font, à la seconde près, exactement la même chose que nous…

- Parce qu'on fait un truc utile…

- Et qu'est-ce qu'on fait ? Cent fois, mille fois par jour, on fait la même chose : quand je fais coucou aux passants, tu te planques et dès que tu te montres à la fenêtre, tout rouge d'émotion, moi, je dois disparaître! Idem la nuit ! On dirait les affreux gugusses de ces vieux coucous suisses qui n'arrivent jamais à sortir en même temps de leur cabane en bois… Encore heureux que nous, on n'a pas, comme eux, les grosses pommes de pin qui pendent ! Franchement, on s'enquiquine ici ! En plus, on ne nous voit jamais ensemble et je suis sûr que tout le monde pense qu'on ne peut pas se supporter!

 - Ce qui n'est pas complètement faux... Je te rappelle qu'on sauve des vies. Et si tu dis un mot de plus, c'est rouge de colère que je vais être et toi, tu vas être vert de trouille!

- D'accord, d'accord!... Je me tais!"

Deux secondes plus tard:

"Et si on pensait à nous avant de sauver la vie de gens qu'on ne connaît même pas, hein ? Bon, allez, je te rappelle vite fait mon idée : à gauche, on va faire un p'tit tour à Tours; à droite, on va à Chartres; en face, on va à Langennerie et derrière, c'est Vernou. Hihihi!

- Tu m'énerves avec ton "Derrière, c'est vers nous!" Change de disque! Essaye: "Et derrière, c'est Vouvray!" Mais en fait, ne dis rien parce qu'on ne va nulle part. On reste ici pour remplir notre mission ! Et je te signale qu'on connaît les gens : y'a la p'tite mémé au chien qui pisse, le jeune homme qui court, les deux adolescentes qui traversent en téléphonant, le couple d'amoureux qui s'bécotent et la classe du lundi… T'en veux encore ! Maintenant, tais-toi, je bosse ! "

Un silence pesant s'installa quelques instants, puis:

"Jusqu'à ta dernière étincelle de vie, ils vont te voir sans jamais te regarder ! Ils marchent vite, roulent vite, passent vite, vivent vite et ils se moquent pas mal de nous ! Et nous, par tous les temps, même si y'a pas un chat, on doit faire notre job!  

Ah ! Comme j'aurais aimé habiter dans ce coin, avant l'arrivée des voitures, des poteaux électriques, du goudron et des passages pour piétons… Quand ce carrefour s'appelait encore la Croix Poilon et pas la Croix Poëlon, l'Augustin traversait la croisée des chemins avec son tombereau tiré par sa bourrique et s'arrêtait en plein milieu pour discuter le bout de gras avec la Zélie. Le vieil Anselme posait sa brouette au milieu de la route pour reposer son dos usé et s'essuyait le front avec son mouchoir à carreaux. Les gamins jouaient sans danger aux billes le long du trottoir, sur la chaussée. Et là, juste au-dessus de nos têtes brillait une lanterne à gaz accrochée au mur…

- Mais qu'est-ce que tu racontes? Et d'abord, c'est qui Augustin, Zélie et Anselme ? Et c'est quoi cette histoire de lanterne à gaz?

- Un mercredi, quelques gamins du lundi sont venus juste ici, à nos pieds, avec de vieilles cartes postales. Je les ai observés et je les ai écoutés. Quand je les ai vus s'en aller, j'ai vraiment eu envie de les suivre…

- Bon ! C'est bien joli tout ça mais tu me raconteras ta belle histoire de carte postale plus tard ! Allez, hop ! Moi, je suis complètement éteint. C'est à ton tour de briller, mon bonhomme !

- C'est fait, ça y est, je suis vert !"

ep02

1 février 2014

Les deux royaumes (Célestine)

cél

Il était une fois deux royaumes jumeaux, perdus au  fond d'une verte vallée. Les rois de ces deux royaumes étaient frères. Hélas, comme il advient parfois dans les meilleures familles, ces deux frères ne s'entendaient pas du tout. L'un était bon et bienveillant, l'autre méchant et hargneux.

Le roi gentil s'appelait Kipermé. Son frère se nommait Kidéfan.

Il courait les pires bruits sur le royaume de Kidéfan.

Mais ce n'étaient pas que des bruits. Là-bas, la terreur régnait, à cause du caractère innommable et irascible du souverain. Celui-ci, en effet, passait son temps à défendre, à interdire, arrosant son royaume de décrets liberticides, au gré de ses caprices, et ses sujets n'avaient plus le droit de rien faire. Défense de manger des pommes ! Défense de porter des vêtements bleus ! Défense cueillir les fleurs rouges !Obligation par ci! Interdiction par là ! Ce n'était pas une vie. Les gens se regardaient en chiens de fusil, et la suspicion et la crainte engluaient le royaume.

Dans le royaume de Kipermé, au contraire, les habitants étaient heureux et respectueux les uns des autres.

Quand le roi promulguait une loi, c'était toujours pour permettre quelque chose, pour ajouter un droit à ses sujets. Par exemple, jusque là, par une absurde tradition séculaire, seuls les marchands avaient le droit de traverser la ville de nuit. Mais c'est beau, une ville, la nuit. Le roi décida donc que tout le monde aurait ce droit, et les habitants firent une grande fête pour remercier leur généreux monarque. Quelques marchands essayèrent bien de râler contre cette loi qui leur paraissait anormale « vu que l'on avait toujours fait comme ça » et qu'ils se sentaient dépossédés d'un privilège ancestral. Ils organisèrent des défilés contre les promenades nocturnes pour tous » mais l'on fit comprendre aux rouspéteurs que cela ne leur enlèverait rien de permettre aux autres ce qui leur était déjà acquis, à eux.

« Que ceux qui veulent interdire ce droit aux autres s'en aillent au royaume d'à côté ! » dit le roi Kipermé d'une voix ferme.

Bien des années plus tard, l'on retrouva les descendants de Kipermé et de Kidéfan dans un royaume merveilleux dont j'ai oublié le nom, si ce n'est qu'il commence par F. Les premiers œuvraient toujours pour que chacun puisse se sentir reconnu malgré ses différences. Les seconds livraient toujours la même guerre aux premiers, voulant aligner tout le monde sous la même toise, reprenant même, ces derniers temps, pas mal de poil de la bête. Une bête puante et multiforme, nommée selon les moments, obscurantisme, ou intolérance, ou encore intégrisme.Et en voiture Simone, et en avant Guingamp...

Et les habitants, qui s'étaient habitués à la liberté depuis quelque générations, avaient l'impression de marcher sur la tête : car ce conte à dormir debout semblait ne jamais avoir de fin...

N'en cherchez donc pas : jusqu'à la fin des temps, les descendants du roi Kidéfan voudront imposer aux autres leur façon de penser...c'est dans leur nature.


1 février 2014

Le soir, sur la lande (Epamine)

Touzeil a écrit :

Le soir les menhirs

se racontent des histoires

à dormir debout.

 

…et pendant la journée, ils roupillent. Si, si! Moi je vous le dis!

 

La plupart des menhirs n'ont pas besoin qu'un conteur les endorme avec des fariboles. Que nenni ! Ils se contentent de compter les moutons noirs d'Ouessant qui viennent brouter les bruyères et les ajoncs de la lande et, la peau de pierre de leurs paupières devenant de plus en plus lourde, ils s'endorment comme des masses aux premières lueurs du jour.

 

Mais pour tous les autres, pour les insomniaques, pour les rebelles du roupillon et les allergiques de la sieste, arrivent chaque nuit, entre deux et quatre heures du matin, quelques korrigans facétieux répondant aux noms de Menec, Toul-chigan, Kermarion, Manio, Kerlescan et Petit Menec qui entraînent des centaines de géants de pierre dans les bras de Morphée en les berçant d'illusions.

 

Ils installent les petits menhirs en cromlech, font parfois un feu au milieu du cercle, puis glissent, par malice, dans leurs oreilles de granit, moult billevesées et mille et une coquecigrues, que les menhirets s'empressent d'aller répéter à leurs aînés avant de piquer du nez. Détail qui a son importance : quand on est menhir et qu'on pique du nez, on reste debout! Quand on est dolmen, c'est autre chose !

 

Et pour être sûrs que les petits comme les grands mégalithes dormiront bien sagement toute la journée dans leur mégalitherie verticale, à ces nombreuses histoires soporifiques, les farfadets de la lande aiment ajouter quelques fadaises sur le pape légendaire qui fait recette dans le secteur.

 

Quel pape, me direz-vous ? Un soi-disant pape qui, dans les premiers temps de l'ère chrétienne, aurait pétrifié des centaines de soldats romains sur la lande de Carnac alors qu'ils s'avançaient vers lui, bien alignés, dans le but évident de le trucider et de le précipiter à la mer. Juste avant de transformer ses poursuivants en mégalithes, Cornely, c'était son nom, se serait caché dans l'oreille d'un des deux bœufs qui portaient son bagage afin de se soustraire à la vue des centurions! Faudrait le voir pour le croire, pas vrai ?

 

En écoutant et en se racontant inlassablement tous ces contes à dormir debout, les gros cailloux se mettent à rêver de batailles, de gloire et de lauriers et finissent par s'endormir, les pieds dans les bruyères en fleurs…

 

 

Hep! Tu dors, l'ami ?

Alors, j'ai réussi le défi!

ep01

15 février 2014

Apprendre à chier sur les piétons en 12 leçons seulement (Stella No.)

Sommaire :

 

st01

 

Préface : De l’importance de perpétuer le rite par Harold The Seagull.

 

Leçon 1. L’alimentation adéquate pour un largage de qualité : la production doit être à la juste consistance pour bien adhérer.

 

Leçon 2. La gymnastique du bassin : bien relever l’arrière-train améliore la circonférence des éclaboussures.

 

Leçon 3. Epreuve de tir : plusieurs sessions d’entrainement du haut de la Tour Eiffel afin de tester votre habileté et acquérir une technique imparable.

 

Leçon 4. Repérer une cible statique : identifier les cibles idéales selon des critères précis (vêtements couteux, en groupe, cheveux bien coiffés…).

 

Leçon 5. Cours de physique météorologique : dompter les vents et autres conditions climatiques afin d’obtenir un rendement idéal.

 

Leçon 6. Repérer une cible en plein vol : épreuve en réel avec défi à relever. Objectifs : toucher un enfant, un adulte et un vieillard en un minimum de temps.

 

Leçon 7.  Infiltration et discrétion : apprendre à se déplacer silencieusement afin de se placer incognito sur une corniche, un toit ou tout autre support suspendu.

 

Leçon 8. Le silence : dompter les roucoulements pour ne pas vous trahir.

 

Leçon 9. Vol en formation : apprentissage des manœuvres et des techniques de vol en groupe, idéal pour larguer en toute discrétion.

 

Leçon 10. Technique du bombardier : peu importe la cible, on largue encore et encore. Nécessite une grande maitrise des sphincters.

 

Leçon 11. Technique du « piquez-fuyez » : passer d’une altitude élevée à la cible en quelques secondes, larguer le produit à la dernière seconde.

 

Leçon 12. Technique du « bord de toit » : parvenir à se déplacer sur une petite surface afin de se retourner face au mur et larguer son chargement sur les passants.

 

Remerciements

1 février 2014

Participation de Flo

flo     Défi #283 : Un conte à dormir debout en sept chapitres.

 

Chapitre 1 : C’est à CONTES dans les Alpes-Maritimes que toutes les histoires se narrent
Chapitre 2 : ou plutôt, se marrent d’elles-mêmes. Avec toute cette pluviométrie, c’est normal car ces lignes, qui se racontent et se rencontrent, coulent à flots.
Chapitre 3 : Elle aimerait tant dormir debout comme Opi. Elle, c’est la petite fille. Et, Opi c’est son ânesse.
Chapitre 4 : Il paraît qu’un os se coince au niveau du carpe et du tarse. Ainsi toute la masse corporelle de l’equus caballus repose-t-elle sur les pattes avant et arrière. Toutes les nuits, Opi dort debout.
Chapitre 5 : La petite fille décide de faire pareil. Elle rejoint Opi sous la véranda. Elle se positionne à ses côtés. Pendant qu’Opi baille et ferme tranquillement ses yeux de velours, la petite fille la contemple du coin de l’œil.
Chapitre 6 : Elle lutte invinciblement pour rester debout. Mais Dame nuit et Sieur marchand de sable la font vaciller contre la peau de l’animal. Elle avait trouvé son équilibre, tout son poids contre son amie pour enfin dormir debout.
Chapitre 7 : Elle ne rêva ni des écus ni de peau d’âne. Son cœur gros comme ça se ressourçait comme jamais à refaire son plein d’amour.

1 février 2014

Debout vous avez dit ? (Walrus)

Comme il est convenu, nous commencerons par "Il était une fois". Encore qu'à la réflexion, ce soit vraiment trop convenu. Commençons donc plutôt par "Il sera une fois"  ça nous changera (une fois) (à croire que tous les conteurs sont belges) !
On se souviendra que la petite marchande d'allumettes, laquelle, contrairement à Lisbeth Salander, était dépourvue de bidon d'essence, avait fait feu de tout bois en entassant du carton ondulé devant la porte d'une célèbre maison d'édition.
N'importe quel criminel averti, une fois (encore !!!) son forfait accompli, eût détalé vite fait pour ne pas éveiller les soupçons des membres des corps de police et de pompiers réunis pour l'occasion en un corps-à-corps échevelé  face à l'incendie, les uns écartant les badauds, les autres tout feu tout femme flamme livrés à leur activité d'extinction.
Telle ne fut pas l'attitude de la petite marchande d'allumettes réduite au chômage par la derstruction de son ultime bâtonnet incendiaire.
Elle n'allait quand même pas s'éloigner de cette merveilleuse source de chaleur, colossale amplification de l'étincelle née dans son esprit !



Aussi était-elle grimpée dans un des arbres agrémentant le large boulevard où la maison d'édition avait établi ses pénates.



Dieux (ben oui, les Pénates, vous suivez ou quoi ?), "Divinités domestiques, au nombre de deux, qui, chez les Étrusques et les Romains, veillaient à la prospérité de la famille et dont l'autel était le foyer de la maison" (là je cite le TLFI) dont l'autel sur le foyer de l'immeuble constituait un fameux risque d'incendie. Ils auraient couru moins de danger en y établissant simplement leur siège social.
On ne dira jamais assez l'importance des choix posés (comme un siège) lors de la fondation (j'allais dire le fondement, suis-je bête) d'une entreprise.
Revenons plutôt à notre histoire. Les hommes du feu (je ne parle pas du personnel de l'éditeur très récemment décédé vu qu'il avait péri dans l'incendie étant venu nuitamment trafiquer la comptabilité pour s'en mettre plein les poches,
Mais des vaillants pompiers dont on sait pertinemment qu'un léger pourcentage est composé de pyromanes) les hommes du feu, donc, allaient avoir du boulot en raison même de la nature de la marchandise stockée partout dans l'établissement,
Il suffit d'avoir lu les aventures de Pépé Carvalho par le regretté Manuel Vázquez Montalbán ou "Les Combustibles" de notre Amélie Nothomb nationale, tellement célèbre qu'on la regrette déjà avant qu'elle ne soit morte, pour s'en convaincre.
Raisonnablement, notre héroïne pouvait donc espérer passer la nuit bien au chaud, du moins pour la face exposée au brasier,


Dos bien calé contre une branche montant en pente raide vers le ciel étoilé.
Etoilé, oui, car le vent poussait les sombres fumées de l'incendie vers l'arrière du bâtiment.
Bonne nuit les petits ! S'écria-t-elle, in petto car elle ne voulait pas attirer l'attention sur sa maigre personne,
Option bien improbable au vu du ronflement puissant de la fournaise et de la profondeur de l'implication des pompiers dans leur lutte courageuse,
Une de leurs préoccupations majeures étant d'éviter que le feu se propage à tout ce quartier chic, ce qui ne manquerait pas de leur valoir la reconnaissance des propriétaires et autres assureurs.
Tout est bien qui finit bien, pensa-t-elle en fermant les yeux (qu'elle avait fort jolis), on se croirait dans un conte. Dommage qu'à cause de cette branche, je doive dormir debout...

 

w03

 

 

 

1 février 2014

Participation de JAK

Conte à dormir debout où il est question de Jeux interdits….

Garantie sans mensonges (foi de conteur)

jak1

C’était en l’an 3000 un premier janvier, quelque part dans une galaxie….

Un jeune androïde  nommé Geek Nolife,  accro aux jeux vidéo, jeux de rôle, Dark-Age, World… et autres,  jouait jour et nuit en réseau, et ne vivait plus que pour ce monde virtuel….

Il était cependant amoureux fou d’une sage jeune fille, au doux nom d’Isaure Pénélope, qui attendait résolument la cession d’une partie,  pour recevoir, avant la suivante, un petit baiser légèrement posé dans une sorte d’impatience.

Cependant, le remord le corrodait. Il s’en voulait amèrement, mais jusqu’à ce jour ses efforts restaient vains. Impossible de résister à cette dépendance   

En ce premier jour de l’an 3000 il formulât  un vœu sincère: redevenir celui qu’il avait toujours été avant son addiction, et dont tout le monde appréciait la lucidité.

 D’ailleurs, se désintoxiquer  c’était la condition sine qua non  que lui soufflait patiemment  Isaure, pour enfin  l’épouser…

Il allât trouver le énième descendant de Bill Gates qui vivait d’expédients, ayant dilapidé toute la fortune de ses ancêtres dans des jeux de hasard.

  Geek Nolife lui promît une nouvelle richesse s’il trouvait un moyen de le défaire de cette dépendance dont il souffrait, et qui accaparait toutes ses heures de loisirs, repos hebdomadaire,  vacances… Il était conscient qu’il en devenait psychiquement dangereusement  atteint.

 De surcroit cette passion le ruinait, car il était toujours à la recherche d’un nouveau jeu. Et il y en avait pléthore sur le marché et dans sa vidéothèque….

Intéressé, BillGate XXIX  entreprit de créer un nouveau logiciel, et,  en digne  descendant de son aïeul,  il réussît parfaitement à élaborer un nouveau programme. Il avait trouvé de quoi sevrer notre jeune accro grâce au Digital-Désintox.

Mais c’était sans compter sur les multinationales qui vivaient grassement sur le dos de plusieurs centaines de milliers  de joueurs  suspendus à leur manette de jeux, perdant la notion de vie en société.

Ces consortiums, véritables  oligopoles,  mirent des bâtons dans les roues de BillGates XXIX, et poussèrent même jusqu’à le rendre fou. Ils  anéantirent le prototype de ce nouveau logiciel anti-addicts en y introduisant  un virus qui rendait son ouverture impossible. (C’est à cette époque d’ailleurs que la célèbre Gates’ dynastie s’arrêtât !)

Il fallait trouver un nouveau procédé.

Geek Nolife, momentanément suivi par un psy qui le stimulait,  était bien décidé à résister jusqu’au bout. Il  trouvât  une logique imparable.

Un de ses ancêtres, dans des  temps fort reculés, était L. Pasteur, célèbre pour avoir vaincue une maladie terrible qui ravageait et décimait la population. Geek Nolife allât trouver son cousin, Pasteurovitch, qui suivait la même voie de chercheur que leur ancêtre commun, et lui demandât de concevoir un contrepoison  à cette terrible addiction, et qui serait administré obligatoirement par voie perlinguale.

Après moult réflexions celui ci acquiesçât. Il élaborât  un traitement puissant, qui permettait en peu de temps de se désintoxiquer entièrement et d’une façon définitive. Le remède fut testé sur des souris à qui ont greffât  des puces électroniques reliées à des ordinateurs, les résultats furent probants. 

Pasteurovitch fût aidé dans la diffusion de ce remède miracle,  par un laboratoire spatial  qui avait un pouvoir encore plus étendu que celui des multinationales, et surtout, cet institut  y  vît un nouveau moyen d’accroitre sa puissance déjà bien universellement installée.

Le vaccin fût  mis sur le marché rapidement, et  non seulement  Geek Nolife fût irrémédiablement guéri, mais des millions d’accros, convaincus, devinrent des adeptes de ce remède-miracle,  qu’il fallait, cependant,  prendre à vie pour ne pas retomber dans l’addiction….   Les labos avaient fait coup double !

Et c’est ainsi que  d’une addiction ces malheureux consommateurs,  tombèrent dans une autre.

Les   multinationales déchues de leur suprématie dans l’univers des vidéo-jeux, se consolèrent en ouvrant des succursales sur la Galaxie d'Andromède, où elles firent de nouveaux accros,  et amplifièrent astronomiquement  leurs bénéfices.

Et pendant ce temps …

Sur la lune, dans la Mare Humboldtianum*, ricanaient qui donc ?

-Une kyrielle de  gallinacés (exilés ici dans des temps reculés), faisant la roue devant leurs femelles :

-des dindons. !

Enfin ils savaient qu’il  n’y avait pas qu’eux qui étaient les « dindons de la farce » !

jak2

 

Jakaccro pour défi du samediDéfi #283 Et si vous nous écriviez un conte à dormir debout ?

 

*Mer lunaire Du nom d’Alexander Von Humboldt1769/1859 Naturaliste, géographe et explorateur

1 février 2014

Que feriez-vous si vous gagniez au Lotto ? (Pivoine)

Je n'en croyais pas mes yeux. J'étais chez les quelques amis qui, avec moi, avaient rempli plusieurs bulletins de Lotto. On s'était dit qu'on allait faire ça au moins une fois dans notre vie, s'offrir pour autant d'euros de rêves.

Au début, nous nous étions bien sûr adonnés au jeu rituel: "et toi, qu'est-ce que tu ferais si tu gagnais les 59 millions d'euros?"

Les réponses fusaient, genre, partir en vacances, acheter une autre maison, aider la famille, les amis, partir en Jordanie, au bord de la mer Morte, pour une cure de thalassothérapie. Acheter une voiture (mais alors, pour ce qui me concerne, je devrais également engager un chauffeur, ou plutôt, une chauffeuse, ne soyons pas sexiste!) Devenir mécène. Protéger les arts, bref, et après ? Oui, après! Que ferait-on de tout cet argent ?

Les boules roulaient, roulaient, roulaient, leurs couleurs étaient jaunes, vertes, rouges, mauves, turquoise, arc-en-ciel, et les chiffres se mettaient en place, glissaient dans le couloir, tombaient dans le réservoir ! 8! 4! 9! 2! 21! 28! 36! 590! 2305! 1! Un à un, les nombres que nous avions sélectionnés apparaissaient sur notre écran. Nous étions médusés... Médusés de chez médusés. Tétanisés! Bloqués sur nos chaises... Embarrassés de nos propres personnes. La bière achevait de s'aplatir dans nos verres, le vin du cubi avait soudain une insupportable odeur de vinaigre, avec une couleur violette plus que suspecte, les chips 365 étaient mollasses, rien ne nous semblerait trop beau désormais, trop bon, trop, trop, trop...

Le temps passa.

Qu'allions-nous faire avec tout cet argent ?

Et puis, petit à petit, une idée se fit jour. Nous n'étions que des profs. Prof de français, prof d'histoire, prof d'anglais, de néerlandais, de wallon, de breton, de finnois, de romanche, d'italien, de grec et d'allemand. Voire d'ivrit et d'hébreu. Des profs de civisme, d'éducation à la citoyenneté, de gym (ne soyons pas raciste!) et de cuisine... De morale, de religion protestante, de religion islamique. De math, sciences et dessin. Et même de bibiothéconomie.

Une école ! On allait ouvrir une école ! Elle serait privée, évidemment. Puisque nous n'étions pas l'Etat - ni même la Communauté française, pas même la Communauté Wallonie-Bruxelles-cantons rédimés, Région flamande, wallonne et bruxelloise, communes à facilités et villages en carton-pâte coupés par la ligne du Temps.

Une école ! Comme Maria Montessori. Comme Amélie Hamaïde, Comme Ovide Decroly, comme Célestin Freinet. Une école pour être heureux. Une école où ceux qui auraient les moyens aideraient ceux qui ne les ont pas, une école où l'on apprendrait dans la joie, dans l'acceptation de l'autre, de tous les autres, une école où les problèmes de discipline se résoudraient comme par enchantement, une école où les livres de comptes tomberaient tous justes à la clôture de l'année comptable. Une école où la cantine proposerait toujours des frites avec des barquettes de concombre au saumon le vendredi, une école avec des en-cas low-food et de la cuisine du monde entier, une école avec des voyages scolaires en Grèce, à Rome, en Inde, en Roumanie, en Egypte, en Iowa et à Vienne, une école avec des "cheerleaders" douées d'un Q.I et E. impressionnants, une école, mais comment l'appellerait-on, cette école du bonheur ?

Oui, comment l'appellerait-on ?

Ceci pourrait faire l'objet d'un prochain défi, non ?

Trouver le nom et raconter la vie de l'école de vos rêves ?

 hamaide

1 février 2014

Participation de Venise

Le train s’arrêtait et Lewis Carroll m’invitait à monter avec lui dans le wagon.

Alice  se penchait à la fenêtre et me faisait signe comme si mon visage lui était familier..

Le lapin toujours en retard arrivait  par la voie ferrée  tout essoufflé  en me criant de monter immédiatement.

J’expliquais alors à tous que mon travail me retenait  sur le quai de la gare parce que j’étais un magistrat important et que  les hommes avaient besoin de lois pour vivre ensemble.

Lewis haussait les épaules et me murmurait à l’oreille tu ferais mieux de grimper à un châtaigner avant l’arrivée de l’’ogre.

Les jours passaient jusqu’à ce qu’un  matin à l’occasion d’un voyage professionnel je pris le train.

Tout allait bien jusqu’à ce que le contrôleur vienne me réclamer mon ticket.J’avais perdu celui-ci et pris de panique je commençais à négocier avec lui le billet de train en lui proposant des fourmis pour son déjeuner .

Des fourmis qui sautent   sur nos têtes et nos bras lui dis-je en riant .Le voyage était long et la voie ferrée   allait rarement dans la direction indiquée.

Par la fenêtre je vis un mammouth entre lyon et st Étienne  ça m’a flanqué la frousse

Je pensais à ma journée de travail qui m’attendait et les valises serrées contre moi je regardais la voie qui défilait.

Qui m’attendrait à l’autre bout de la gare ? Le substitut du procureur comme à son habitude ou le juge d’instruction qui m’avait fait  venir jusqu’à lui pour une sombre affaire de crime. ?

Je descendais du train quand sur la voie ferrée des enfants cagoulés nous jetaient des cailloux C’est le petit poucet cria Lewis Carroll à l’autre bout de la voie ferrée .

Il en veut à la terre entière Ses parents l’ont abandonné pour une fois qu’il peut se payer un juge il ne va pas se gêner !!

Ve1

Je pris deux  galets en pleine poire C’est fou le nombre de petit poucets qui trainent dans nos villes, vous ne pouvez pas vous imaginer !

Pour le retour instinctivement mon nez flaira le danger .Je pris donc l’avion jusqu’à ce qu’un méchant volcan ouvre sa gueule en plein  vol.Volcan sur ma droite  dit le pilote.

A ce moment là des dizaines de choses défilèrent dans mon esprit

Je n’étais pas du genre à me jeter à l’eau et à devoir étrangler des requins Je pris conscience de mon erreur j’aurai du prendre le bateau

Allez  voir le pilote et lui dire que l’avion c’est démodé c’est une aberration sociale et en soi carrément dangereuse pour le pilote Quand l’avion se posa miraculeusement au sol la vie me parut raisonnable et acceptable, dans tous ses aspects.Les crimes, les assassinats, les séismes, les cambriolages, les crises de foie et mon mal de dos s’inscrivirent dans une progression d’une logique cosmique Un cheval m’attendait sur la piste d’envol pour rentrer chez moi .Je regardais le cheval et je restais étrangement calme et confiant

 

Cela a commencé  à se gâter quand le cheval s’est cabré en plein milieu de la voie ferrée

Toutes mes craintes innées et parfaitement légitimes s’abattirent sur moi en une bouffée d’effroi.

En quelques minutes sans que je pige quelque chose à la situation j’étais dans une chambre d’hôpital qui donnait sur le chemin de fer .Ces conteurs dit le médecin tous des mauviettes !!

 

28 décembre 2013

Je plaide haïkupable ! (Joe Krapov)

« Félicitations, M. Krapov !

Vous avez gagné une semaine de vacances, généreusement octroyée par l’administration qui vous emploie ! Nous savons que vous allez l’occuper à cuisiner, recevoir du monde, visiter de la famille, emballer des cadeaux, prendre des photos, jouer aux échecs, trop manger, trop boire, pas bien digérer et tout ça et tout ça.

C’est pourquoi, sachant votre manque de temps chronique pour écrire vos bêtises hebdomadaires, nous vous offrons, en supplément gratuit, le droit de participer au Défi du samedi avec des textes écrits par ailleurs.

Sieur Walrus et Dame MAP, vos admin(e)s préféré(e)s »


Merci infiniment chère MAP et cher Walrus ! Du coup je vous ai concocté un autre zibouque !
Et pour Célestine et sa tablette à deux balles  ;-), c’est ici que ça se passe !

  

Et surtout Bonne et heureuse année 2014 à toutes et à tous !

131222 149

21 décembre 2013

la photo des souvenirs (Prudence Petitpas)

L'aéroplane-de-Papa-1934

Bon sang, cette maison, je la reconnais, c’est la maison de mon enfance, lorsque nous habitions la Chartonnière avec mes parents et mes frères et sœur… Que de souvenirs qui remontent à la surface, que de courses dans le jardin, de jeux dans le cerisier, de cris d’enfants que j’entends encore… surtout quand la jeune fille qui s’occupait de nous le soir, une certaine Simone que nous n’aimions pas du tout, s’évertuait à essayer de nous faire rentrer prendre notre douche. Nous nous cachions mes frères et moi, dans la cabane derrière la maison et ne respirions plus jusqu’à ce qu’elle nous découvre et nous emmène à grand coup de menaces et de quelques claques qui volaient sur nos oreilles. Maman s’occupait de notre plus jeune frère et ne se souciait pas des plus grands et de leurs jérémiades lorsque nous nous plaignons de cette mégère. Elle était étudiante dans une école d’infirmière et je souhaite pour ses patients, qu’elle fut plus douce avec eux qu’avec nous.

C’est encore dans cette maison que notre papa, entassait dans une remise des tonnes de jouets qui nous faisaient rêver quand nous avions le droit de passer la porte. Encore aujourd’hui, je ne comprends toujours pas pourquoi nous ne pouvions pas profiter de ces jouets et même l’explication que m’a donnée mon père plus tard, ne me convainc pas de l’utilité de cette frustration. Il m’affirma que ces jouets avaient été récupérés dans un magasin qu’il avait en vente et qu’il n’en était pas complètement propriétaire. Je penche plus, connaissant mon père, pour la version probable, d’une crainte de sa part de nous voir tout casser, et sa façon d’aimer collectionner à peu près tout ce qu’il trouvait, l’empêchait de nous distribuer ces trésors. Du coup, nous rêvions au beau garage rouge et aux poupées encore emballées qui trônait sur les étagères qui, un jour, nous disait notre père, seraient à nous.

Par contre je ne savais pas que le célèbre photographe, Monsieur Doisneau était passé par là et avait gravé pour l’éternité sur la pellicule, mon frère, le rare jour où notre père avait accepté de le promener dans ce bolide extraordinaire sorti tout droit de la fameuse remise. Voilà une belle façon de s’envoler au pays des souvenirs d’enfance et de saluer au passage, un maitre de la photo !

28 décembre 2013

Ce que j’ai gagné en « en lot » (KatyL)

J’ai pris l’habitude de jouer au jeu sur France bleue le matin à un jeu de questions culturelles ou il faut répondre vite en 1 minute et faire le maximum soit 100 points (ou plus si on va très vite à répondre).

 J’ai joué souvent j’ai parfois gagné quelques lots, et depuis quelques temps j’arrivais toujours deuxième avec 90 ou 80 points et je n’arrivais jamais à gagner le super lot !

Ce matin je suis décidée je le veux ce lot qui consiste en un weekend pour deux à Nancy, hôtel & restaurant, petits déjeuner inclus en ***, + 6 entrées de musées et les transports gratuits, sans compter le pain d’épices, les chocolats de chez «  BATT » et les fameuses bergamotes !

k1

 

Les concurrents passés avant moi ont mis la barre haute, l’un a fait 80 et l’autre 90 je suis obligée de faire 100 et plus en 1 minute !!

Les questions commencent, je reste très calme contrairement à mon habitude, je réponds avec détermination sans faillir, je ne sais pas où j’en suis dans les points mais j’applique la méthode « Coué » je dois y arriver, le lot est trop beau cette fois, je réponds, je vais vite très décidée.

La minute arrive à son terme, je vais connaître mon score et mes erreurs potentielles ! L’animateur me félicite j’ai été très très rapide, il me dit : « katy vous avez juste une erreur (et encore c’est mon compagnon qui m’a soufflé cette mauvaise réponse) moi j’aurai donné la bonne, mais je me suis laissée fléchir, cependant Jérôme l’animateur m’annonce mon score 110 points !! Je n’en reviens pas ! si je n’avais pas eu sa mauvais réponse j’avais 120 points en une minute ! Wouahhhhhhhh !!

Super ! j’explose de joie !! Je leur dit à France-bleue : -« je suis la femme la plus heureuse du monde » !

k2Katy L

Et bonne fin d’année à vous TOUS & RDV en 2014 !♥♥♥

28 décembre 2013

Scènes de vie (JAK)

Scénette   génération Tanguy

T. 26 ans, ne sait que faire de ses dix doigts.

Sa mère, Sab pour les intimes,  s’active  devant ses fourneaux, elle est agacée de le voir encore musarder.

« Va voir si le facteur est passé, cela t’occupera »

Il y va mollement, trainant la savate.

Une lettre aux couleurs tapageuses de « Monde-Abonnement » l’interpelle,

 En diagonale et en gras est écrit :

«FELICITATIONS ! VOUS VENEZ DE GAGNER .....»

Il sort de sa torpeur habituelle, courre vers sa génitrice et lui trompette depuis la porte d’entrée :

« Mam,   dans la boite, j’ai trouvé une grande  lettre, elle est  pour moi,

J’ai gagné, j’ai gagné… c’est écrit sur l’enveloppe… »

Sab,  imperturbable, tout en abaissant sa pâte à tarte, lui répond :

« Espèce d’ahuri, tu ferais mieux de trouver du travail pour gagner ta vie, Tanguy de mon cœur ! »

 

 

Scénette amoureuse

J.  revient du travail, comme chaque jour, il récupère le courrier, et le pose sur la commode d’entrée, sans prendre le  soin de le lire, ni même d’y jeter un coup d’œil, il est pressé de retrouver le match –télé.  C’est son épouse  qui dispache les lettres,

Elle arrive quelques instants après,  et selon le rite habituel sélectionne les enveloppes, d’abord les manuscrites, ensuite celles à en tête officiel, puis les pubs.

 Une  lettre cependant rompt sa manie de classement. Ecrite d’une façon inhabituelle,  elle la tire en premier, on peut lire dessus :

«FELICITATIONS ! VOUS VENEZ DE GAGNER .....»

Avec fébrilité elle la décachète, et là, oh surprise suprême elle lit qu’elle a gagné un WE de Rêve à Venise pour deux personnes.

 Effectivement,  elle avait inscrit son adresse sur un ticket de tirage au sort, l’an dernier, lors d’un salon de voyagistes. Mais  elle avait occulté cette participation, n’y croyant guère.

Subrepticement, elle dissimule la missive dans son corsage :

Ce voyage arrive à point nommé dans son parcours amoureux actuel, et  pour s’y engager,  elle trouvera  bien un alibi, sa mère malade par exemple, car elle veut en  profiter avec l’élu de son cœur du moment le fringuant K, son chef de bureau.

Pour sur elle ne partirait surtout pas  avec J, son  pantouflard  de mari que seuls ses matches télé captivent

 

 

Scène de joie vieillissante

« Papy, papy, vient vite », criaille  mamy à celui qui est l’élu de son cœur depuis plus de 80 ans,

«  Allez, rapplique dare-dare !... le préposé nous a  remis une lettre, la seule depuis deux mois, et  qu’elle surprise… : on a gagné quelque chose…. »

Papy dans sa moustache, murmure, tout en caressant pondérément  le carrelage de ses pas incertains pour la rejoindre,   tu as surtout gagné à être connue pour ta naïve candeur ! A 101 ans tu crois encore au Père Noël

 

 

Scène de joie bien méritée  

M. attend tous les jours, ce, depuis des années, le courrier qui lui annoncera qu’il a gagné !…

En effet, il se ruine avec les appels aux numéros #concours, avec son téléphone portable, les questions sont idiotes, mais ca ne fait rien, il persévère.

 

Mais il a eu raison, aujourd’hui il vient de gagner enfin…la tablette tactile Samsuffit, 9 pouces,  made in Taiwan, c’est écrit là, dans la lettre qu’il tient dans ses mains tremblantes :

"FELICITATIONS ! VOUS VENEZ DE GAGNER ....."

 

 

 

Scénette finale

«FELICITATIONS ! VOUS VENEZ DE GAGNER .....»

à  Noel c’est si bon de croire au Père Noel !

 

jak1

28 décembre 2013

Participation de Venise

BRAVO

                        Vous venez de gagner un FURET

                        Il vous sera livré pour NOEL.

Ve1Je n’étais pas un amateur de furet

Je peux même avouer que je ne les aime pas.

J’appartenais probablement au monde des fous furieux qui préfèrent  les chats

            Je me précipitai jusqu’à ma boite à lettre ;

Pa de furet !!!

Je me voyais déjà plonger ma main dans ma poche pour y extirper ce furet de malheur

Ou le poser sur mon épaule en allant au bureau.

Et voir trépasser mes camardes par l’odeur suffocante  de l’animal.

C’était trop énorme, trop au- delà de l’expérience humaine !!!Pour que je supporte  cette épouvantable surprise.

Mais la politesse est chez moi une vertu terrible, voire paralysante.

Je n’avais plus qu’à détruire ma boite à lettre à coup de hache, changer  de nom ou pire encore ,déménager.

Mais je n’ai pas appris à faire ce genre de chose.

J’examinais  derrière mon rideau avec frénésie les allées et retour sur le trottoir d’en face guettant cet oiseau de malheur, cette sale petite bête aux traits anguleux avec une longue queue de fourrure jaune.

ça se pouvait que se soit un furet bien dressé

Alors que je m’apprêtais à mourir à chaque instant gazé par ce furet

Le facteur sonna  trois

Il lui a fallu deux heures  en comptant ses bégaiements pour m’expliquer que le furet s’était échappé dans une salle de jeux., en  emportant le ticket gagnant.

Personne ne peut savoir combien  je venais de gagner.dit il.

J’écoutais le facteur tout étonné, mais quelque chose clochait  dans son récit

Je reculais prudemment de quelques pas .je restais là les yeux fixés sur sa sacoche

Songeant au furet fuyant un ticket gagnant entre les dents.

Des années après j’ai trouvé  sur le muret un petit squelette qui avait à peu prés la taille d’un furet.

Après tout à qui est allé l’argent ?

 

21 décembre 2013

Exercices de style (Célestine)

92266806[1]

Jaloux

Je me demande pourquoi elle a tant insisté pour que j’aille promener le mioche. Comme s’il avait encore l’âge de s’exhiber dans cet accoutrement ridicule !

 Elle avait l’air bizarre. De toute façon, elle a tout le temps l'air bizarre en ce moment. Je suis sûr qu’elle me trompe avec le bellâtre du bal de l'autre soir et qu’elle m’a envoyé ses copines Jeannette et Simone pour me surveiller.Elles croient que je les ai pas vues, du coin de l’œil... Vous allez voir  que dès que j’aurai le dos tourné, elle le fera pénétrer dans notre maison…et me voler ma soupe…et dormir dans mon lit...mais je ne vais pas le laisser faire, ce moule-à-gaufre ! Il va tâter de ma botte secrète, ce Cyrano à quatre pattes !

 

Surdoué

Mes parents ont cru me faire plaisir en m’offrant ce jouet mais un avion qui ne vole pas, c’est ridicule…Réfléchissons cependant…En équilibrant la masse de l’avion et la portance issue de la vitesse augmentée du carré de l’hypoténuse de la force d’attraction de la terre, l’on pourrait obtenir un maintien en vol correct de cet aéronef. Hélas, mon géniteur n’a aucune notion des lois simples de l’équilibre relatif et de l’aéronautique, je crains qu’il ne soit intéressé que par les deux créatures de sexe féminin qui nous ont emboité le pas…

 

Proust

Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce bruit, c’était celui du délicieux petit grincement subtil et délicat des roues de l’avion miniature que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour là nous n’allions pas à la messe) mon père poussait du bout de sa canne cependant que je prenais place aux commandes, m’installant tel un vrai pilote dans ce petit cockpit tout orné de fleurs que ma tante Léonie avaient cueillies pour moi dans le jardin où ma cousine Berthe m’avait délicatement embrassé du bout de ses lèvres rosées, cependant que je rougissais comme une pivoine sous la caresse de sa langue douce comme une madeleine trempée dans une gorgée de thé.

 

Interrogatif

Mais qu’est ce que c’est que cet avion ? Ça ne sortirait pas d’un film de série B, un engin pareil ? Et ce costume ? Non mais vous avez vu l’allure qu’il a ? Il s’est regardé dans une glace, le gonze ? Et le mouflet ? On lui a dit qu’il pourrait faire un procès à son père pour sévices ? A-t-on idée d’affubler un môme d’un tel couvre-chef ? Un béret de marin, c’est un truc de notre époque, ça ? Et qui nous dit que ce n’est pas un avion volé ? Quant au deux greluches, elles ont pris le type en filature, vous ne croyez pas ? Ce sont peut-être deux fliquettes ? Ou deux assistantes sociales, plutôt, non ? Ça ne vous parait pas louche, toute cette histoire ?

 

Charlélie Couture

 

Comme un avion sans aile,
j'ai chanté toute la nuit,
j'ai chanté pour celle,
qui m'a pas cru toute la nuit

Oh libellule,
toi, t'as les ailes fragiles,
moi, moi j'ai les ailes fragiles,
moi, moi j'ai la carlingue froissée
mais j'ai chanté toute la nuit.

 

Haïku

Marronniers en fleurs

Une grosse libellule

Va sur le chemin

Pagnol

Une grosse libellule ? Rhôô, Monsieur Brun, vous avez abusé du pastis, qué ? Ce serait pas plutôt maistre Panisse que vous avez vu sur la Canebière, avé le chapeau melon, qui poussait le petit de Fanny dans son avion à pédale ?

-Non , non, je vous assure, c’était comme un gros insecte…

-Allons, allons, Monsieur Brun ! quand je pense qu’on dit que les Marseillais exagèrent ! Allez, zou, galinette, jouez c’est votre tour ! ô Bonne Mère ! une libellule ! pourquoi pas un cornet à piston, tant que vous y êtes…Té, vous me fendez le cœur ! Quand vous sortirez naturellement, mettez le chapeau, hé, monsieur Brun, on n'est pas à Lyon, ici, le soleil risque de vous escagasser la calebasse ! Une libellule...

 

21 décembre 2013

Ah ! Que j'aime les militaires ! (Joe Krapov)

 

DDS 277 Doisneau

Comment ? Parce que papa qui a le melon emmène Toto en costume de marin faire un tour en avion ce dimanche à Orly, vous osez m’imposer d’écrire 23 lignes au sujet de ces militaires qui encombrent ma mémoire et les plaques de nos rues ? Alors ça c’est le pompon, a(d)mira(b)l(e) MAP !

DDS 227 20e de cavalerie

 

23 lignes ? Sans parler de la ligne Maginot, de la ligne bleue des Vosges et de la ligne Holworth ? Je préviens dès le départ que je n’atteindrai pas l’objectif, Sir ! Il y a tant de troufions, d’adjupètes, de margis, de juteux, de sergots, de matafs, de zouaves, de biffins, de Saint-Cyriens, de colons, de lansquenets et de bachi-bouzouks de toutes sortes qui défilent en rangs serrés en chantant « Tire ailleurs, c’est mes galets » ou qui se sont transformés en moustache du (grand-)père qui regarde son troupeau bouffer la soupe froide dans l’arrière-cuisine de mon Alzheimer que je serais même tenté de mettre, dès le début, un terme au farfouillis dans mon hypermnésie. Car à part pour les Tuniques bleues et le 20e de cavalerie
« Je n’ai pas pour les militaires
De sympathie particulière ».

 

Je n’ai aucune envie d’aller sauver le soldat Ryan, de construire un pont sur la rivière Kwaï les jours où à Eylau le soleil brille, brille, brille et je préfère les canons de la beauté à ceux de Navarone. Alors vas-y sans moi, petit mousse, au carnaval des confettis – cons fétides aurait dit Desproges qui n’aimait pas plus voir là Pinochet que parader le Videla -. Va pourfendre l’ennemi dans ton aéroplane blindé, combats l’égorgeur de fils et de compagnes du moment. Après la guerre, on vous dira « Embrassez-vous » comme le chante Guy Béart dans sa chanson « Qui suis-je ?».

 

DDS 227 Taka Takata

Ou plutôt, non, je vais t’accompagner, la fleur de crépon au fusil en savon ! J’emmène avec nous le sergent Poivre et sa fanfare du club des cœurs solitaires, notre oncle Walrus qui s’y entend comme personne pour piloter un sous-marin jaune, Hannibal Syd et ses barrettes sur son éléphant effervescent, Taka Takata, Beetle Bailey, la septième compagnie, le général Castagnetas des Frères Jacques, le général qui dort debout de Ray Ventura, le général à vendre de Francis Blanche, le sergent Garcia qui lança le premier la mode des pantalons déchirés, l’ami Bidasse natif d’Arras, Snoopy dans son Sopwith Camel, le Captain Cap, celui de Pim Pam Poum, le général Alcazar, le lieutenant Blueberry, ce « dourak » de Dourakine et le sergent Major qui a un beau brin de plume.

 

DDS 277 laurel-et-hardy-conscrit-a-02-gc

Dans les airs, par- dessus nous, on verra s’envoler ceux que mon aérodromphobie galopante m’empêche d’habitude de mentionner : ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines, héros de la voltige pas encore tombés du ciel Higelinesque de l’enfance, Bob Mallard et Puchon, Tanguy et Laverdure les chevaliers du ciel, Dan Cooper, Buck Danny, Martin Milan, Laurel et Hardy conscrits, Saint-Exupéry, Hélène Boucher, Jean Mermoz, Guynemer, Lindbergh, Nungesser et Coli, Blériot, les frères Wright. Et les drôles de machines ont nom Latécoère, Stuka, Spirit of Saint-Louis, Antonov, Tupolev, Concorde, Caravelle, Boeing, Airbus, Rafale, Mirage, biplan, triplan et même Rantanplan, le chien qui plane à 15000 ou déconne à Mach 2, c’est selon. Excusez-moi d’avoir comme lui loupé bien des loopings et des manœuvres à Mailly près de Mourmelon-le-Grand mais raconter mon sé(r)vice militaire n’aurait fait qu’allonger inutilement ce texte par trop énumératif et déjà bien tiré par les cheveux hors du cockpit du raisonnable.

 

DDS 277 Uriah-Heep-Salisbury-423376

Tous ensemble nous irons nous mettre sous les ordres ou sous les orgues de Captaine Lili et elle en jouera magnifiquement comme Ken Hensley sur l’album Salisbury d’Uriah Heep. Ayant choisi la poésie plutôt que la guerre, Prévert plutôt que la connerie, serons-nous fusillés alors par les tenants du sabre et du goupillon pour avoir constitué le premier « sin tank » antimilitariste ?

Peu importe ! Avant d’atteindre les 23 lignes ou sûrement bien après les avoir sacrément dépassées, réjouissons-nous d’échapper aux foudres de la Frigide Barjot et de Christine Boutin : en matière de repos du guerrier, c’est toujours sur le chemin des dames que j’agite ma fourragère. Mais bon, toi, tu fais comme tu veux, moussaillon !

P .S J’ai envoyé valser les maréchaux d’empire que nous avons dans le Ney depuis qu’ils squattent les boulevards et que les arbres y font ceinture ainsi que tous les généraux hommes de pouvoir. A l’idée seule d’écrire leur nom trop souvent accolé à celui de dictature ou de massacre, je jaunis, comme disait le roi des Belges. Ah que !

 

21 décembre 2013

L'avion de Doisneau (Sebarjo)

 

 

Avion de doisneau

 

Robert Doisneau était un grand photographe, car en plus de jeter instantanément un regard sur son époque, il avait l'oeil.

Cette photographie, l'avion de papa – qui n'est pas l'une de ses plus illustres réalisations mais ce qui n'empêche pas son excellence – nous montre un enfant assis dans un avion qui fait office de voiturette, poussé par son père. Cette scène sent à plein nez l'après-midi endimanché des beaux quartiers.

Ce qui m'a immédiatement frappé dans ce cliché, ce sont les moues du père et du fils. Le père regarde le photographe en biais et n'a pas l'air très motivé pour faire pousser des ailes à son fils. Pour lui, cette sortie dominicale ressemble plutôt à une corvée. Et c'est surtout la bouille de l'enfant qui est marquante et révélatrice. Il ne se soucie guère de l'objectif, il en a d'autres qui crépitent dans ses yeux. Ses lèvres pincées révèle son désir d'embrasser le ciel, comme Jimi Hendrix quelques décennies plus tard dans Purple haze. Mais voilà, les adultes sont bien trop terre à terre et son paternel n'échappe pas à la règle, alors ce n'est pas demain la veille qu'il sera sur son petit nuage !

Car cet enfant n'a qu'une envie, que son avion décolle. Oui, il semble dire muettement à son père, mais de façon si intense intérieurement, Allez pousse-moi, vas-y plus vite ! Plus vite ! Allez vas-y papa ! Envole-moi !!!

En ce lyrisme précurseur, j'ai donc pensé, de manière plus ironique que cynique, à ce tube immémorable des années 80, Envole-moi, qui a bercé mon adolescence, bien que la génération Trenet n'ait rien à envier à la génération Goldman.

 

Désormais donc, à vous de voir,

si vous allez décoller, planer ou plutôt atterrir brutalement

en écoutant ma version ci-dessous !

 

 

Bonnes fêtes de fin d'année à tous !

 

 

Publicité
Newsletter
Publicité
Le défi du samedi
Publicité