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Le défi du samedi
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6 mai 2017

Celui qui croyait au ciel ? (Joe Krapov)

DDS 453 aldo

Et si le ciel était vide ?

Et si Thomas Pesquet n’existait pas ?

Et si Neil Armstrong avait posé le pied non pas sur la Lune mais dans un studio de Hollywood devant une caméra de Stanley Kubrick ?

Et si Aldébaran n’était qu’un comique enrhumé du genre d’Aldo Maccione ?

Et si l’étoile du Berger rentrait ses étoiles du Blanc mouton dans l’étable de Saturnin Fabre d’Eglantine parce que soudain il pleut et que les musiciens font des canards ?

Et si Vénus, Mercure, Saturne et Jupiter n’étaient que des divinités d’une mythologie oubliée ?

Et si la comète de Haley dansait le rock sans se faire de bile autour d’une horloge franc-ma-super-çonnique au lieu de filer à l’anglaise le parfait amour avec cette nébuleuse d’Andromède ?

DDS 453 rue de paradis

Si la planète Io n’était qu’une librairie intello sise rue Saint-Louis à Rennes ? J’avoue, ce serait vache pour les cruciverbistes et pour la Voie lactée !

Et surtout, si Saint-Pierre n’était qu’un poisson et non le concierge d’une boîte de nuit où n’entrent que des constellés d’horions ?

Si le Paradis n’était qu’une des rues de la série violette du jeu de Monopoly ?

Si la réponse de Georges Marchais avait pour effet qu’à la question posée – « Et Dieu, dans tout ça ? » - par Jacques d’un seul coup l’univers chancelle ?

DDS 453 pimpampoum1926

Oui, si le ciel était vide, à quoi servirait alors le télescope de Hubble ?

A quoi s’occuperait l’astronome de « Pim Pam Poum » (les Katzenjammer kids)?

Ami sceptique, ami stoïcien, ami agnostique, ami terre-à-terre, camarade matérialiste, ta vie elle est dite ici !

 

P.S. "Ta vie elle est dite ici" est l'anagramme de "Et si le ciel était vide". Cette forme d'écriture un peu analogue aux homophonies approximatives de Raymond Roussel m'a été inspirée par les livres de Jacques Perry-Salkow en collaboration avec Etienne Klein puis Raphaël Enthoven et plus précisément par ce dernier :

AEV 1617-26 Anagrammes-pour-lire-dans-les-pensees

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29 avril 2017

Comédie-plagiat (Joe Krapov)

DDS 452 Montmartre_PicassoArlequinFaut-il envier les saltimbanques ?

Ils doivent installer les tréteaux, dresser leur estrade, tendre des calicots, parcourir les faubourgs, donner la parade à grand renfort de tambour ! Garer devant l'église la roulotte peinte en vert, installer les chaises pour un théâtre à ciel ouvert et surtout espérer drainer derrière eux tout le pays comme un cortège en folie !

Quelle gageure ! Les candidats à la Présidence de la République réussiront toujours cela mieux que vous, saltimbanques ! Sans rien savoir faire que causer-gloser et en arborant cravate, qui plus est ! Et suivis par des forêts de caméras !

Si vous voulez voir confondus les coquins dans une histoire un peu triste où tout le monde s'arrange à la fin, si vous aimez voir trembler les ambitieux, vous lamenter sur Benoît ou rire avec les heureux, parcourez la toile et entrez donc vous installer ! Sur les étoiles le rideau va se lever. Quand les trois tops du vingt heures retentiront dans la nuit, ce dimanche, ils vont renaître à la vie, les vrais comédiens !

Pendant ce temps les saltimbanques ont démonté leurs tréteaux. Ils ont ôté leur estrade et plié les calicots. Ils laissent au fond du cœur de chacun un peu de la sérénade et du bonheur d'Arlequin.

Arlequin ? Combien de divisions ?

Demain matin quand le soleil va se lever ils seront loin, et nous croirons avoir rêvé. Ils auront disparu dans la nuit et nous, dans nos villages, endormis, nous resterons les indécis à qui on offre de choisir entre patrie et patrons, entre hérésie et peu de raison, entre hystérie et pressage de citron.

Ca m’énerve trop, tiens ! Attendez-moi, les saltimbanques ! Je vous rejoins, j’ai une guitare, l’amour des mots, un nez de clown et un ukulélé rose ! Vous avez une place pour moi dans la roulotte ?

P.S. Un grand merci à M. Jacques Plante à qui j’ai emprunté la moitié, sinon plus, des phrases de ce texte !
P.S. L'illustration du haut de la page est de Pablo Picasso. Elle s'intitule "L'Arlequin au verre"

29 avril 2017

Saltimbanquier (joye)

walk 1Agios, espèce de saltimbanque,

Sans avis à tiers détenteur,

Et sans autorisation de découverte,

Tu fais tes virements.

Tu empruntes le chemin

Qui n’est pas encore prêt.

 

flipToi, franc-tireur,

Tu comptes les rejets,

Les petites coupures,

Et leur rends la monnaie de leur pièce.

Tu n’épargnes personne,

Même ceux sans intérêt.

 

2

Agios, espèce de saltimbanque,

Voici de la ferraille.

Pour faire ton métier,

Il va falloir que tu l’encaisses dur.

29 avril 2017

Des saltimbanques ? (Walrus)

 

J'en ai côtoyé pas mal, professionnels et amateurs, au temps où nous accompagnions chaque semaine nos petites-filles à l'école de cirque de la ville de Bruxelles.

Chaque mercredi, mon épouse allait en voiture récupérer la plus âgée et moi en tram la plus jeune. Nous nous retrouvions à la cafeteria de l'école pour prendre le repas de midi (la tenancière de l'endroit venait d'Europe de l'est et proposait parfois des plats du jour genre goulash, guvetch et autres trucs goûteux et dégoulinants d'huile ou de crème). Ensuite les filles allaient dans leurs ateliers et nous attendions patiemment leur retour en fin d'après-midi. J'en ai lu des bouquins à l'époque (et bu des Duvel comme un vulgaire Commissaire Van In)!

Depuis, elles ont abandonné au profit de l'équitation...

Dommage, la grande se défendait pas mal en jonglerie, équilibre, trapèze et tissus. J'en avais même dit un mot un jour sur mon blog.

Elle pourrait combiner les deux et faire écuyère...

Mais bon, pour l'instant, elle "fait" kinésithérapie, alors elle n'a plus trop le temps...

4523

 

22 avril 2017

Rodomontades (Joe Krapov)


Devant ces rodéos de motards
Au Roudourou, mon stade,
Tandis que redémarre à celui du Moustoir
L’expo de ready-mades pour moutards de Marcel,
Ami(e)s, prenez du champ !

Allez-vous en rôder, matadors, par ailleurs !
Dans les rues de Menton, par exemple,
Où le radis moutarde redemandé partout
Rendra ma tapenade fade.

DDS 451 69b9dc10928f4ea1b2ac3d72f0c08604

Et vous, dotée d’âme, Raymonde,
Redites-moi, tendre, des choses !

Redis-moi ton désir de raide,
O Rudes mots tout doux si cools à mes oreilles
Et raie, Dame, à ton agenda,
Ce rendez-vous de Radamanthe,
Ces radieux manteaux de neige,
Ces radeaux mâtés de hardes,
Ces radomes, taudis mèdes,
Ces rangs de menthe d’été,
Ces rudiments de tadjik,
Redimensionnements de surréel volage !

Rodomontades rimbaldiennes ou cyraniennes,
Rendues tard aux Monts abyssins
Qui vous font une belle jambe
Dans les empires de la Lune ou pas !

Sous le réséda mat qui éclot aux Hébrides
Et la rose de mai qui tarde à refleurir
Mets donc Redon, mon port d’attache,
Entre les reins de Mathilde
Et le rade de mon tonton,
Roi des mantras débiles
Aux rôts de démiurge tordu.

Que par-delà ce ramdam d’outarde en basse-cour à basse-danse
Je rêve au domaine très drôle de la route domaniale n° 66,
Au radium mutant des nuits d’incurie de Marie,
A la radio mutique des régimes pas tendres du dehors
Et aux rideaux mités des rares demeures de Montretout !

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15 avril 2017

Un cadeau inattendu (Joe Krapov)

DDS 450 momo le morbaque

On avait déjà Momo le morbaque. Il nous chantait « Get back » des Beatles en playback quand il ne nous massacrait pas « Paperback writer », des mêmes, de vive voix.

On avait déjà François Reichenbach qui, dans ses films documentaires, usait plus ou moins du flashback.

On avait aussi toute la famille Bach : Johann Sebastian, au clavecin bien tempéré mais au tempérament bien clivé, qui n’arrêtait pas de faire des enfants à son Anna Magdalena, une nana bien toccata elle aussi, Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel, Johann Christoph Friedrich et Johann Christian. Ils ont tous fait des tas de fugues, certains même jusqu’à Forbach (Moselle). Aucun d’eux n’eut jamais son bac.

On connaissait déjà le renard et le corbac.

DDS 450 495183264

Mais franchement, dites-moi… Que va-t-on faire d’un quarterback ?

Où va-t-on le loger ?

Que va-t-on lui donner à manger ?


Vu comme il est bâti, ça va coûter bonbon en Bourbon et barbaque !


A quoi va-t-il servir ?


Est-ce qu’on pourra ranger dans cette armoire à glace le linge de Mémé ?

Est-ce qu’on ne ferait pas mieux de l’prendre par le colback, d’lui faire tourner casaque et de l’envoyer rentrer chez lui ?

Qui se dévoue pour le remettre dans le paquet et renvoyer à l’oncle belge son cadeau à côté de la plaque ?

Sûr, il n’aimera pas trop, le gars, qu’on le cornaque. On risque de passer un sale quarter… un sale quart d’heure. Mais si on s’y met à tous, on numérote ses abatis avec l’abaque, on l’assomme avec une matraque ou bien on le passe à toubac

On descend quand même bien des Cosaques, non ?

Après tout, on n’a rien de moins que les Américains !
On aurait plutôt plus en comptant qu’on est moins ! 


P.S.
On n’a rien de moins que les Américains ?
Ben si : nous, on n’a pas Joye !

Et devant ce fait indéniable
Et notre Iowaqueen,
C’est vrai, il faut que l’on s’incline !

15 avril 2017

Moi et ma grande gueule... (Walrus)

 

Excusez-moi les copains, je ne sais pas ce qui m'a pris, ça m'est venu bêtement à la lettre Q, je devais être en train de rêver à une beauté blonde iowaienne !

Et rassurez-vous : je suis le premier emmerdé !

Dans ma candeur naîve, je pensais que personne n'était assez fou dans mon pays pour pratiquer ce sport auquel je n'entrave évidemment que dalle...

Eh bien, j'étais dans l'erreur la plus profonde : il y a deux ligues de foot américain en Belgique, séparation linguistique oblige. Mais elles organisent un tournoi national et l'an dernier, ce sont les Oostend Pirates (l'équipe favorite de l'Adrienne)

op

qui ont remporté le Belgian Bowl XXIX en battant les Brussels Black Angels par 16 à 15.

bba

Je vous fais grâce de la composition des équipes.

Et ton quarterback, me direz-vous ?

Bon, ben, eh, oh, on va pas en faire un roman non plus...

 

roman

 

Et qui qu'a dit que les Quarterbacks ne sont pas des anges, hein ?

8 avril 2017

Chanson des amours de Platon (Joe Krapov)

1

DDS 449 Gaston aux tortues

Quoi ? On voudrait que je convole
Avec une plus ou moins frivole ?

Que je sois fidèle
A Adèle ?

Que j’aille à la mairie
Pour épouser Marie ?

Que derrière Michelle
Je tire un peu l’échelle ?

Que je trace une bissectrice
Sur ce qui n’est pas Béatrice ?

Que je jure fidélité
A la belle Félicité ?


Refrain

DDS 449 gailuron11_01042002

Mais moi mes bons amis
Je ne fais rien à demi !

Je procrastine
Avec Christine.

Dans l’escalier, au fond d’la cour,
C’est le meilleur moment d’l’amour.

On en est aux préliminaires
Au moins depuis l’année dernière !

On a toute la vie pour conclure :
Plus on attend et plus c’est dur !

Je procrastine
Avec Christine

Et d’temps en temps,
Pour le changement,

Je joue à la bataille navale
Avec Chantal !

2

Pourquoi ferait-on aujourd’hui
Ce qu’on appelait le déduit ?

DDS 449 Aragon-Louis-Le-Con-D-irene

On voudrait que je m’extasie
Des orgasmes d’Anastasie ?

Que je m’étonne
Du con d’Yvonne

Ou de la queue de sirène
D’Irène ?

Qu’a d’exceptionnel
Pimprenelle ?

Pourquoi fonder famille
Avec la belle Camille ?

(au refrain)

[Parlé :]
Est-il bien raisonnable de remettre à deux mains, fussent-elles innocentes, le soin de tirer au sort des plans sur la comète quant à notre avenir ? A quoi bon décider du futur ? « Demain » sera, demain, devenu « aujourd’hui » et « hier » après-demain. Qu’est-ce que cela changera au fait que rien ne change, qu’on ne peut rien changer sans prendre le pouvoir et qu’il faut pour cela être un peu dérangé ou accepter de l’être ?

Voilà pourquoi avec Christine on procrastine. Voilà pourquoi avec Yvonne on s’abandonne. Les bras en croix sur le gazon on se fiche de l’horizon. On regarde le bleu du ciel, on se récite notre missel sous le hamac de Moustaki : " Carpe diem et lapin noctem !", « Vive le droit à la paresse ! »

3

Ainsi est dite notre messe !
On peut discuter de tout cela
Mais croyez-moi :
Y’a rien qui presse !

8 avril 2017

Participation de JAK

 

Qu’il est bon de ne rien faire quand tout s’agite autour de soi

 

 

 Chuis stressée, culpabiliséej01

Tant de choses à m’okuper

Les poils de mon chien à raser

Ceux de mes oreilles à prohiber

 Chuis stressée, culpabiliséej01

Et mes dents deux minutes chrono à brosser

Mes ongles de pieds, de rouge  à vernisser

 Chuis stressée, culpabiliséej01

La bouffe toujours  à renouveler

La plonge, le bagne à perpétuité

Le potager à bien ordonner

 Chuis stressée, culpabiliséej01

Les mails à parfaitement manipuler,

Google et ses virus  à bien surveiller

 Chuis stressée, culpabiliséej01

Réfléchir pour qui il faut voter :

Au dessus de mes capacités

 Chuis stressée, culpabiliséej01

 

Quand prendra fin cette galère

Qui fait de nous des pauvres hères

Assujettis, ponctionnés, verbalisés,

Imposés,  souvent escagassés,

Par tous ces Malotrus,

 Mauvais coucheurs, Mal Embouchés

Donneurs de l’çons de probité

 Chuis stressée, culpabiliséej02

Finalement

 j03Au pieu j’m’en  vais  aller

j04

Pour pouvoir enfin, selon ma méthode préférée

Un peu, beaucoup, à la folie   :

 

P R O S C R A N I S E R

1 avril 2017

Loreille et Lardu : bas du front ! (Joe Krapov)

LARDU - On est chez nous ! Ne venez pas nous envahir ! C’est chez nous, ici, on est Français, d’abord ! On a bien le droit de boire notre Coca-Cola et de fêter nos anniversaires chez MacDo si on veut ! Nous, notre culture, c’est le foot, devant la télé avec des pizzas et des Heineken ! On roule en Toyota et en BMW si ça nous plaît !

LOREILLE - Mais, Lardu, toi tu n’as qu’une Opel Kadett toute pourrite !

LARDU - C’est sûr, si j’avais les moyens, je ne cracherais pas sur une Ferrari. Ni sur une montre suisse de luxe. Il n’empêche, l’immigration c’est l’insécurité ! Les Français d’abord ! On est libres et on veut rester libres de prier Jésus-Christ, d’aller voir "Star wars", de regarder « Six feets under », « Derrick », « Maigret », « Sherlock », d’avoir des Ipad, des Iphones, de porter des Nike, de préférer la paella au couscous, d’aimer les nems plus que le kebab, le Sidi Brahim plus que la vodka, la moussaka plus que le saké, les mezze plus que les mezzos…

LOREILLE - J’ai du mal à te suivre aujourd’hui !

LARDU – Ces bachi-bouzouks ne toucheront pas à notre patrimoine millénaire : la merguez qu’on voit griller sur les barbecues clairs, nos méchouis, nos bretzels, nos mokas, nos chips, nos cardigans, nos bermudas, nos paréos et nos ponchos, nos canapés en moleskine, nos tatamis pour le judo, nos jeux de mah-jong, de mikado, nos baby-foots, nos bonzaïs, nos ocarinas. Ce n’est pas pour vous, notre boycot des diktats, notre « non aux ersatz ! », notre goût de la bronca ! Notre nirvana n’est pas pour votre karma ! Les kamikazes à Kalachnikov, au goulag ! Nous avons des charters pour refiler le blues aux cinglés du music-hall !

LOREILLE – Mais enfin, Lardu ! T’entends ce que tu dis ? Tu t’écoutes quand tu parles ? Cesse donc cet ostracisme !

LARDU - On est chez nous ! Les Français d’abord ! Nos artistes nous suffisent, pas besoin des leurs ! Pablo Picasso, Salvador Dali, René Magritte, Modigliani, Stromaé, Jane Birkin, Julio Iglesias, Luis Buñuel, Costa-Gavras, Nana Mouskouri. Même Rika Zaraï avec sa bassine pour bain de siège sans chemise sans pantalon, ils n’arriveront jamais à la hauteur de ses chevilles. Stop à la submersion migratoire ! Etre Français, ça se mérite ! Priorité nationale ! Véhicule prioritaire ! Increvable ! On est les as du volant !

LOREILLE - Je suis à mille bornes de ta pensée, aujourd’hui, Lardu. A qui tu t’adresses, présentement ?

LARDU - Ben à eux ! Aux envahisseurs, là ! Les estrangers ! Les hommes à la peau verte ! Les Martiens ! J’ai les preuves de ce que j’avance !

DDS 448 Les lectures de Lardu


LOREILLE - M’enfin, Lardu ! Il ne faut pas croire tout ce qui se dit ou s’écrit ! Ce ne sont pas des informations avérées, loin de là ! Ce que tu viens de lire ou voir ce sont des œuvres de fiction ! Un genre de « fake » en quelque sorte !

LARDU - Tu dis ça pour me rassurer ! Tu ne ferais pas partie d’un cabinet noir, toi, Loreille ? Tu ne m’aurais pas mis sur écoute ? Je te trouve le teint bien verdâtre, aujourd’hui. Tu participes au complot ?

LOREILLE - Ne sois pas si suspicieux ! Le printemps est arrivé, il fait beau, viens, on va faire un tour dans la campagne, ça te fera du bien, ça va t’aérer le neurone ! Faut pas vivre dans le repli comme tu le fais en ce moment !

LARDU - Bon. Ok, je veux bien ! Mais seulement parce que tu es un bon Français, toi !

LOREILLE - En tout cas une chose est sûre : c’est très bien que tu aies oublié de t’inscrire sur les listes électorales ! Je n’ose imaginer ce que tu aurais pu voter avec de tels discours !

DDS 448 Lefred-Thouron

Image empruntée au "Canard enchaîné" n° 5031 du 29 mars 2017

25 mars 2017

Printemps 1956 (Minuitdixhuit)

 

 

mi

Là, c’est la ferme vue depuis le château d’eau. Bien sûr, on n’avait pas le droit de gravir les barreaux de fer qui menaient à la dangereuse plateforme de la cime, à vingt-cinq mètres de haut. C’est mon père qui a pris la photo. La belle maison de Grand-Père, j’y suis né, et les plus petites autour. Toute la tribu, un clan. Mes parents, mes oncles et tantes et leurs rejetons : Claire, ma grande sœur qui, pour cause de Seconde Guerre, était cinq ans plus âgée que la smala des neuf garçons, frères, cousins. On avait tous des prénoms, bien sûr, mais on nous taquinait par des sobriquets cruels : Grincheux, Limace…

Moi, c’était Boulette.

La famille sortait les coudes serrés d’une souffrance pour entrer dans une autre : Colonie, Algérie, Mitidja. Et moi j’étais trop jeune pour comprendre pourquoi les adultes étaient aussi stupides.

Claire avait grandi d’un coup, comme après une pluie d’avril. Et il lui avait poussé des grandes jambes maigres et aussi des petits seins. Elle allait au collège. Pour nous les gamins, l’institutrice, c’était ma mère avec ses élèves, neuf petits Français. Et six Arabes, les fils et filles des meilleurs ouvriers de Grand-Père. Il en restait soixante autres qui ne sont allés à aucune école…

Après le goûter, dans la cour de la ferme, mes cousins galopaient après un ballon. Samira et moi, dans le sable de l’oued Bou Roumi, on préférait jouer aux osselets ou lire, relire « La dernière classe, Le mauvais zouave… »

Je connais un nouveau jeu, tu veux essayer ?

Alors, j’avais pincé son menton et lui avais demandé :

Vas-y, fais pareil. Je te tiens, tu me tiens… Le premier qui rira aura une tapette…

Elle avait levé les yeux au ciel d’un air désespéré.

Ton jeu, c’est de prendre une claque si tu rigoles ? Elahy… Misère… Viens !

Elle m’avait saisi la main et entraîné sous l’arche du petit pont :

On va jouer à rire.

Samira avait commencé à pousser des glapissements de chacal et cela, au début, m’avait effrayé puis fait sourire puis rire. Et mes rires, en résonnant amplifiés sous la voûte, avaient transformé ses cris en de vrais rires et, au bout d’un moment, il n’y avait plus rien d’autre que le bonheur de nos rires qui emplissait nos cœurs, la forêt d’eucalyptus et le ciel tout entier, bien au-delà des briques de ce petit pont et de tous ces bruits de guerre.

Un klaxon avait interrompu notre fête. C’était mon oncle sur la route. Samira était rentrée à pied.

Été 1956. On nous a dit que c’était un accident, puisque c’était défendu de monter au château d’eau. Claire était tombée du haut pendant la nuit et le curé n’avait pas voulu dire de messe à cause de la lettre qu’elle avait laissée. Mais je l’avais souvent entendue pleurer dans son lit depuis cette fois où elle s’était fait attraper en rentrant sur la pointe des pieds à minuit passé. Il y avait eu les cris de mes parents : déshonorée… avec un Arabe en plus… attend que le Docteur t’examine… si jamais…

***

On est rentré en Métropole et je ne me suis jamais vraiment accoutumé à cette nouvelle terre sans oued. Et un jour, Maman nous a quittés. Elle allait avoir quatre-vingt-dix ans dont cinquante de remords. Mon fils s’est occupé de vider sa maisonnette à présent en vente. Je n’avais pas le courage de le faire et ne voulais rien garder. Mais il a retrouvé et m’a donné le livre que j’aimais tant dans mon enfance, les « Contes du lundi ».

Quand je l’ai ouvert, une photographie est tombée. Claire dans une partie de jokari avec moi à Tipaza. Au dos, de sa belle écriture, mon père avait inscrit :

« Printemps 1956 – Boulette et la Grande Nouille ».

J’étais ému sans être triste. Peut-être les rires de Samira…

 

18 mars 2017

Une aventure d'Alois et Pétula (Joe Krapov)

 

- Pétula chérie, n’aurais-tu pas vu mon bazillac ? Je le cherche partout !

- Ca commence à devenir énervant, Alois, ta manie de tout oublier tout le temps ! Un jour tu égares khangelsk, le lendemain tu perds nambouc… As-tu regardé sous ton bouctou ?

- Oui mais il n’y est pas.


- Et dans ta nanarive ?


- Non plus.


- Je ne sais pas, moi ! Où tu le ranges, d’habitude, ton bazillac ?


- Entre mes rignacs et mon télimar. A moins que ce soit entre ma zamet et mon talembert ?


- Ecoute, Alois, c’est à chacun de gérer sa marcande et son derborg, tu ne crois pas ?


- En même temps, si tu ne laissais pas traîner partout tes saloniques, ta rascon et tes gucigalpas, on s’y retrouverait un peu plus, tu ne crois pas ?


- Je t’en prie, ne te mêle pas de ma lakoff, de mes roberts ou de mes idoncanons ! Parce que ton quédec à toi, il faut voir !


- Voyons, Pétula, calmons-nous et réfléchissons posément. Je suis sûr de l’avoir laissé ici hier soir. Est-ce que… Est-ce que tu pourrais te lever un instant ?


(Elle se lève de son siège)


- Mais enfin Pétula ! Tu es assise sur Mon cuq en quercy blanc ! Ca faisait trois jours que je le cherchais !


- Désolé, Aloys, je ne l’avais pas vu. J’espère qu’il n’est pas trop froissé ?


- Lui pas, mais moi si !


(Il sort en claquant la porte)


DDS 446 Monbazillac 114972723_o

***

Un peu plus tard.

- Dis donc, Alois, ton bazillac… C’était bien ce liquide jaune extrait de la pourriture noble du raisin et il se trouvait bien dans une jolie bouteille ?


- Ben… Oui, évidemment !


- Alors je l’ai retrouvé ! Enfin, je sais où il est ! Ou plutôt, où il n’est plus ! On a sifflé le litre hier soir avec ma lataverne et ma licorne pendant que tu étais à ta manrasette !

11 mars 2017

Une soirée au Havana Club (Joe Krapov)

La lambada, pour danser ça, 
Il faut porter un panama
Et un costume en alpaga

Pas besoin de savoir lire le cyrillique ;
Pas besoin de cacher son look de bonobo.
On se trémousse juste au son de la musique
En compagnie d’une bimbo.

DDS 445 Roudoudou 7,5 x 10 - attention l'encre tache

« Roudoudou », « Riquiqui », si tu n’as que cela
Dans ta bibliothèque, tu peux danser quand même.
Elle n’est pas difficile cette contorsion-là :
L’individu lambda danse la lambada.

« Au jeu du mistigri, faut tirer la plus belle
Des cartes ! » disait René.
La lambada se danse avec des jouvencelles
Qui ont des ananas en guise de roploplos
Et des éconocroques assez bien rebondies
Qu’on appelle fessier. Elles cachent cela
Avec un peu de peine comme un petit pactole
Dans un peu de tissu qu’on nomme bikini.

DDS 445 lambada


D’où nous vient la lambada ?

Bien sûr, pas du Sahara !
Du Kamtchatka ? De Tbilissi ?
Du Togo ? Ou de l’Iowa ?
Des Bahamas ? De Virginie ?
Madagascar ? Pleumeur-Bodou ?

Sur les bords du Mississippi la danse-t-on ?
Sur la neige du Canada se secoue-ton
Sur son rythme si répandu (quel matraquage !) ?
Rimbaud la dansait-il déjà
Sur les dance-floors d’Abyssinie ?

On sort de la piste hébété,
Ensorcelé par Barbara,
Son mascara, ses mascarades,
Ses manières de bonne camarade,
De reine du bal de l’ambassade
Qui vous enivre d’embrassades.

Un petit coup de ratafia
Pimenté de pili-pili
Et la danseuse vous embarque
Pour une nuit dans l’infini
Et plus si pas d’inimitié
(Visite de son intimité,
Chute de la timidité,
Ecart de la frigidité,
Interdiction d’être inhibé
Car elle va tout exhiber…
Bref, une invite au radada !)

***

Au petit matin, raplapla,
Vous vous réveillez seul au lit,
Ronchonchon sur le polochon,
Le cabochon endolori.

La Mata-Hari est partie
Emportant vos liquidités
Vers le pays d’Iphigénie :
Aulide ou Tauride en bolide
Car vous ne trouvez plus non plus
Les clés de la Lamborghini !

Comment ? Cet été, vous dansiez ?
Eh bien, déchantez, maintenant !

***

La lambada, on n’aime pas ça !
Nous on préfère la java !

4 mars 2017

UN KYRIE, DES KYRIELLES ! (Joe Krapov)

Je ne voulais pas priver ceux d'entre vous qui ne connaissent pas le blog de mon neveu de sa contribution tardive.
Vous dites "népotisme" ?
C'est de saison, non ?

Walrus

 

De la poche du kangourou
J’extrais 
Un kamikaze kaléïdoscopique,
Trois kilos de kaolin,
Un kakémono à suspendre,
Un kilomètre de dilemmes kafkaïens
Et un képi kaki du Kaiser
(Franz Beckenbauer ?)

 

DDS 444 gotlib_kangourou10

 

De la poche du kangourou
Je sors
Une ceinture noire de karaté
Sa vocation de serre-kiki,
Un manuel de karting,
Un kilo de viande kascher,
Un kayak palindromique,
Un lot de pochettes surprises
Destinées au stand de pêche à la ligne de la kermesse d’Irkoutsk 
Ou de la ducasse de Dunkerque, 
C’est kif-kif la même chose et du pareil au même.

DDS 444 gotlib_kangourou12

De la poche du kangourou
J’extirpe
Un kil de rouge,
Du kif,
Du khôl,
Un kyste,
Un kinésithérapeute en kilt.

DDS 444 gotlib_kangourou13

De la poche du kangourou
Je ramène
Une bouteille de kirsch,
Un vieux klaxon de Buick
Qu’une Kabyle kleptomane,
Vétue d’un kimono,
A volé à Kharkov
A un koulak insigne
Et vendu trois kopecks
Au Kazakhstan à la sauvette.

 

DDS 444 gotlib_kangourou4

 

De la poche du kangourou
Je tire
Un kouign-amann fourré au korrigan velu.
Beark !

DDS 444 gotlib_kangourou5

Du kangourou K.O.,

Vaincu par un kouglof
Fabriqué en série dans un kolkhose de Kiev
Dans une kitchenette kitsch,
Je sors un…

Mais c’est quoi, là ?
Un koala ?!

DDS 444 gotlib_kangourou18

Manquant de kérozène
Pour aller plus avant
Je me soûle au kummel,
J’emmène mon Kodak
Au kiosque du Thabor.

Et j'y rencontre le général Koutouzov
Qui me dit : "Cher Krapov !
Dans la poche de mon slip kangourou
Il y a un drôle d’oiseau ;
Je crois que c’est un kiwi.
Je l’empêche de sauter sur le monde qui bouge !
Mais comme on s’entend bien,
Lui et moi dans mon Parnasse
Je l’ai appelé Kiki ;
Et comme il a frite
On ne se kikitte plus !".

N.B. Les illustrations de Marcel Gotlib ont été empruntées ici

 

4 mars 2017

Et hop ! Dans la poche ! (joye)

Le travail de l'artiste est singulier. Il faut d'abord avoir ce qu'on appelle, en bon français d'affaires,  ze action plan...NB : cliquer pour voir en plus grand si nécessaire...

Et hop

Donc, sasleepy kangaroumedi matin...la consigne...

KANGOUROU

Allez, bon, oui, c'est le week-end, hein ? L'artiste se repose...

Et puis dimanche, oui...il ne faut pas se faire prier, boudieu !y réfléchir il faut commencer à réfléchir...

Lundi, eh bien lundi, on travaille quoi...on pointe à son boulot payant.

Tout de même, en rentrant, un peu d'Attenborough pour s'inspirer. Film at 11...

Mardi, bon, mardi, ça chante un peu...

Tie Me Kangaroo Down, Sport

musique smaller

Et puis oui, mercredi, après le travail, on prend son dico de rimes, et on se reconvertit en parolier...

frappeOuais, bon, n'est pas chef d'oeuvre qui veut, hein, mais patience, ça viendra...jeudi, on se repose en attendant que la génie frappe !

Euh...

Mouais...

 

 

...Et puis vendredi, vendredi, hein, on est déjà vendredi, faut s'y mettre, qu'est-ce qu'on va faire, hein, qu'est-ce qu'on va faire, eh ben, non, pas de panique, Rick, non pas de panique, Rick !

Bah non, hein, on fouille tout de même Google pour repérer des images qui feront bondir...

Et puis, enfin, on se rappelle que les Défiants sont bon public, et hop ! C'est dans la poche !

vite

25 février 2017

Le plus jobastre des trois n'est pas celui qu'on pense (Joe Krapov)

Avec autant de 51 dans le cornet, ils étaient complètement ganares, Marius et Olive ! De la pièce à côté, moi qu’ils traitaient de jobastre parce que je savais remplir des grilles de Sudoku, je les entendais divaguer par-dessus le flot déjà bien bruyant du programme de la télé.

DDS 443 Marius et Olive_a_paris01

- Si j’étais toi, je lui confierai pas le boulot, à ce piacampi !

- Tu me l’as déjà dit. Arrête de faire le rababéou !

- Je comprends pas comment on peut faire un truc pareil. Il a vraiment pas de rate ! J’ai jamais pu saquer les gonzes qui font les mias !

- Vé le, celui-là qui fait le caque avec ses rébannes !

- Fais le bouger, ton tafanari, la bombasse !

- Mais jette les, tes boules ! Tu fais que des naris ! Oh les oncles, mettez-vous un peu de côté ! Si ça c’est une équipe de champions, alors mingui ! Ces types, c’est des vrais jobastres !

- Vise-moi ce gars-là, c’est un mange-merde. Il vendrait même sa mère ! A Paris, c’est plein de mafalous ! Mais c’est pas le tout de faire le James, après il faut assurer ! Oh fifre que t’y es ! Qu’est-ce que tu veux me faire accroire ? Arrête de faire le gandin ! Degun te calcule !

- Fan de chichourle ! Oh tronche d’esque, qu’est-ce que tu fais ? Regarde-moi cet estassi qui court à contresens ! Allez zou, faï tira, que sinon demain on y est encore !

- Il va nous embistrouiller avec ses plans foireux ! Je suis sûr qu’y a un engambi !

- Va caguer à Endoume, toi ! On va pas se laisser emboucaner par cet idiot quand même ?
Qué couillosti, ce René ! Embraille-toi que tu as le chichibelli ! Si c'est tout ce que tu as à montrer, tu peux te la claver !

- Regarde-moi ce cataplasme qui connaît même pas sa droite de sa gauche. Je capte pas la moitié de son plan ! Il a les cacarinettes, lui ! C'est une sacré bande de cakes, ces minots !

DDS 442marius_et_olive_a_paris- Oh, celui-là, peuchère, c'est pas sa faute. Il est bien brave mais je lui confierais pas le chantier si j'étais toi. C'est une broque !

- C'est une sacrée équipe de bras cassés, oui ! Ils ont que des bouscarles dans la tête. T'ias des bougnettes sur la chemise ! Va te changer ! Celui-la, depuis qu'il acheté la villa à Cary Grant, qué boudenfle ! C'est qu'une bouche !

- On peut plus s'en débarrasser, de ce type. C'est un vrai boucan ! Casse-toi, bordille ! Qu'est ce que tu nous regardes, toi, avec tes yeux de bogue ? Tu veux ma photo ?" Mais t'ies un vrai bestiari ! Mangiapan !

- Tais-toi, banaste, tu m'escagasses ! Regarde l’autre qui nous suit partout ! C'est une vraie arapède !
Regarde-le, cette tronche d'api !

- Un coup de genou dans les alibofis, ça calme !

- Dis, espèce de viole, t’ias pas fini de nous soûler ? J’y comprend queutchi à ce micmac !


***

Je n’ai jamais su ce qu’ils regardaient ce soir-là parce que j’avais entamé une partie d’échecs avec Manu. On avait le choix, dans nos suppositions, entre un match de foot PSG-OM, la minute quarante de défilé matrimonial au sein duquel on aperçoit Marcel Proust ou le début de la campagne officielle des élections présidentielles !

Ce qui est important c’est que moi j’ai encore gagné.

Allez, adessias, collègues, et à la semaine prochaine ! Il est sympa quand même notre asile de fous, non ?


P.S. Cette semaine je me suis fait aider par (j’ai pillé, oui !) Richard-David Roux. Merci à lui !


11 février 2017

Drôles d'oiseaux ! (Joe Krapov)

Citation non tronquée :

Les hobereauxet les gentillâtres de province parlant toujours de fumées et de laisses, de ragots et d’andouillers, d’hallali et de cerfs dix cors, et entremêlant le tout de charades d’almanach et de madrigaux moisis de vétusté, n’étaient assurément guère faits pour lui convenir, et sa vertu n’avait pas eu beaucoup à se débattre pour ne leur point céder.

Théophile Gautier


Aberration du hobereau ! Inanité de la campagne !
Comment prétendre à la hauteur avec de la boue sous les bottes ?

Devenir aigle fin ? Oiseau de proie ? Ou « gypoète » ?
Mais Théophile nous prétend que ses madrigaux sont moisis
Et que parfois le capitaine se fracasse !

DDS 441 gainsborough-hobereau 1 réduit
« Mr and Mrs Andrews » de Thomas Gainsborough

Hobereau, obéré, aberrant, mal barré,
Sur les bords désolés de la Bérézina,
Qui nous jette à nouveau ce froid de Sibérie ?

Envolez-vous, faucons, passereaux et faisans !
Paradeurs, paroliers, jacasseurs, étourneaux !

Quand la trompe de chasse entoure le manoir,
Quand la meute des chiens s’excite dans les bois,
Je n’entends plus sonner la musique des vers
Dans mon gueuloir intime.

Ah vivement, grands dieux, que s’en vienne l’été !

Je prendrai mes vacances à la plus proche ville,
Loin de vous, hobereaux, rapaces, volatiles
Et j’écrirai des chants plus grands que le silence.

4 février 2017

Colère de Saint-Antoine envers son compagnon (Joe Krapov)

Je reconnais ta griffe à tes traces de doigts 
Ô, goinfre au bide gras, laissées au confit d’oie !
Traces de doigts ? Que dis, je, ô monstre époustouflant !
Je devrais évoquer des pattes d’éléphant !

Etait-il véritablement dans ta nature
Qu’on te prenne les doigts au pot de confiture ?
Comme tu t’es engouffré dans mon vieux frigidaire !
Comme tu as lampé le litre de Madère !

Tu ne seras jamais un gourmet, ô, gourmand,
Si tu baffres, si tu bouffes, si tu dévores, dément !
Tout est bon pour ton groin, mon cochon, sauf le tact !
Quand je dis "groin" c’est "gueule" ou "gouffre", le terme exact !

DDS 440 antoine-bosch

Toi qui rêvais d’un jour d’entrer dans le gratin,
La tarte est renversée ! Tu feras Ta-Tintin !
Retourne à ton grabat, gros goulufiat ! Sagouin !
Gourgandin frelaté ! Va coucher dans ton foin !

Terminé les gâteaux, la gâche, la galette,
Les fraisiers, les ganaches, les babas, la gaufrette,
Le gigot, le goulasch, l’onglet, les fricatelles,
Le fricandeau, la longe et les tagliatelles.

Tu pèses trop de poids. Tes larcins me défrisent.
C’en est fini de toi, ma décision est prise.

Donc à Noël prochain ou à Saint-Nicolas
Tu te retrouveras salé dedans mon coffre,
Transformé en jambon, boudin ou cervelas !
Une chose est certaine : tu n’auras pas mes gaufres ! 

DDS 440 92762805

 Je t’avais pourtant dit « Fais gaffe à ton grognon ! »

Tu n’as pas entendu, eh bien tant pis pour lui !
A force de montrer ton très bel appétit
Tu seras transformé en un filet mignon !

Quelle idée eus-je aussi quand tu étais jeunot,
Mignon, rose, trognon, gai comme un étourneau,
Après t’avoir ach’té à la foire de Nantua,
De t’avoir baptisé du nom d’Gargantua !

DDS 440

Image empruntée au journal "La Dépêche" 

21 janvier 2017

Le Retour du cancre : cette fois-ci de Bruges (joye)

A vous de placer cet extrait du livre "l'Enfant de Bruges"

de Gilbert Sinoué dans votre participation.

"... il avait aperçu l'étonnante composition :

une miniature exécutée à la tempera

sur un panneau de pin"

fat cheeked

Administratif : « …l’intéressé aurait valorisé l’œuvre opérationnelle : une représentationnelle outillée à la détrempe dont le liant est une émulsion à base d'œuf conceptionalisée sur un morceau de bois focalisé aux abiétacées, à préciser, un forestier résineux aux feuilles en aiguilles, dont il existe plusieurs espèces dans les forêts européennes »

Baba Cool :  « …c’mec, y avait zieuté un morceau trop extra, t’sé : une ch’tit trépor peint sur un morceau de bois, quoi, hein, dis, t’as pas un’ clop ? »

Bourrelé : « … il avait aperçu et visionné l’étonnante, voire incroyable, un petit portrait en miniature joliment exécuté et rendue dans la sorte de peinture qui s’appelle tempera sur un panneau plat géométrique qui se trouvait sur un panneau fait de ce bois qui s’appelle le pin »

Culinaire  :  « …il avait persillé l’étonnante salade composée : une mirepoix exécutée à la tempura sur un panneau de pain »

Enrhubé : « …il abait aberçu l’édonnande gombosition : une miniadure exégudée à la dembera sur un banneau de bin »

Hiéroglyphe : « ...bon, personne ne sait lire les hiéroglyphes :  je peux dire ici ce que je veux »

Moliéresque :  Leandre.  Aperçu il avait, sur un panneau de pin

                                           Une miniature !  Merveille ! Pas vrai, Scapin ?

Journaliste :  « Miniature exécutée : Valls s’indigne »

Synonyme :  « …la personne eut  remarqué un assemblage merveilleux : un tout petit portrait peint à la peinture sur une plaque de bois »

Totalement largué : Tiens, je vais faire de cette consigne un exercice de style…

flirt

7 janvier 2017

2017 : L'Année du cancre et son dico des rimes (par joye)

- Le Grenier des Anges

C’est là où tu manges ?

- L'Encrier

Est fendillé.

- Les Orangers

Fleurissent à Angers.

- Grandeur Nature

Nuit à l’écriture.

- Hémisphère Sud

Ma gnagnanitude.

- La Maison Bleue.

De Forestieux.

- Passion

Mon ablaquéation.

- La Plume d'Oie

Vient de l’Iowa.

- Couleurs du Temps

Peintes par Satan.

- Vie Privée

A besoin d’IV.

- Bleu Ardoise

D’une Abathudoise.

(eh oh, je ne moque pas, c’est son Lot)

 

-D'après une idée proposée par Joe Krapov

Et mon making-of.

 

reversed

7 janvier 2017

Des anges au grenier ? (Joe Krapov)

Qu’ai-je fait de ma vie privée ?
Je l’ai gardée pour moi, pour nous.

Une partie est au grenier,
Tout le reste aujourd’hui se joue

Car nous n’avons rien achevé :
Nous continuons d’être fous !

Chaque jour, c’est à l’encrier
Que je trempais ma plume d’oie ;

Sur le déclencheur, j’appuyais :
Je n'eus jamais d'ampoule au doigt !

Ah j’en ai rempli, des cahiers !
J’en ai pris, des photographies !

Avoir la passion du passé
A ce point, c’est de la folie !

Sous ce toit pentu, bleu ardoise,
Le grenier des anges fourmille

Des couleurs du Temps qui nous toise
Mais que malgré tout j’entortille

Dans mon lasso. Je les capture,
Je les enferme dans des boîtes.

De cette vie grandeur nature
J’ai fait une planète coite :

Tout est en ordre, bien rangé,
Pas de bordel – je suis trop prude ! -.

Traces d’étrange voyager :
Rien n’y vient d’hémisphère Sud,

Rien d’Irlandais, pas d’oranger
- Le climat là-bas est trop rude –

Ce sont des trésors tempérés :
Rien qui mérite qu’on le brûle,

Rien qui vaille d’être publié.
C’est notre vie, dans notre bulle :

Jamais nous n’avons habité
De maison bleue peuplée de fous ;

Une vie simple, en vérité,
Un « toi », un « moi » et voilà « nous ».

Ces morceaux de réalité,
A vous confiés, qu’en feriez-vous ?

Que vous dirait-il, ce viager,
Qui ne soit déjà obsolète ?

Ce sont des moments partagés
D’un bonheur tranquille et honnête,

Du théâtre jamais joué
Et nombre d’images de fêtes,

Des mots écrits en atelier :
Avec ça, on joue au poète !

On l’est peut-être bien, qui sait ?
Personne ne vient le dénier !

D’ailleurs, les anges archivistes
Qui farfouillent dans nos cartons

Si nous n’étions un peu artistes
Que feraient-ils à la maison ?

Et pourquoi sèmeraient-ils donc
Sur mes rimes, et ce, sans raison,

Ces Pénélopes sans galons,
Ces innombrables araignées

Qui tissent des toiles à foison
Par-dessus nos jeunes années ?

DDS 436 enseignes poétiques rennaises

 
P.S. Je suis ravi que ces enseignes rennaises photographiées autrefois aient pu servir de support à cet atelier d'écriture. J'en remercie Miss Map et je souhaite une excellente année 2017 avec plein de bonheurs d'écriture, de réussite et de santé à toutes et à tous !

7 janvier 2017

Participation de Venise

 

On s'est rassemblé au bord de l'étang qui formait une ligne bleue

ardoise au loin sur l'horizon.

 

Il flottait dans la nuit une odeur d'oranger .

Un souffle d'air plus tendre prenait le chemin de la maison bleue .

 

Suis je vraiment sincère à lui dire ma passion ?

Ai je bien fait de lui dire que je prenais mes vacances dans l’hémisphère sud ?

 

Ai je eu tort de lui faire part de ma vie privée à l'aide de cette plume d'or ?

 

Qu'importe !! j'étais captive de ce grenier des anges .

Ce monde serait toujours là,  grandeur nature vous dis je !!

 

L'étang couleur du temps n'avait plus rien d'énigmatique mais aussi réel que mes hésitations à engager la conversation.

 

31 décembre 2016

Une histoire ! Une histoire ! (par joye)

 

drapeau- Il était une fois au Bangladesh…

- C’est quoi un Bangladesh, Tatie ?

- Ben, c’est un pays du sud-continent indien.

- C’est quoi un sud-continent, Tatie ?

- Tiens, un sud-continent, c’est…le sud d’un continent.

- Et un continent ? Qu’est-ce que c’est ?

- Tu veux entendre une histoire ou non ?

- Une histoire ! Une histoire !maroon oriole

- Très bien, alors, un peu de silence, les bambins ! On continue…

...Il était une fois au Bangladesh un oiseau qui s’appelait Sami, un nom qui veut dire « sublime ». Il avait des plumes noires et rouges. Sa tête et ses ailes étaient noires. Son dos et sa queue étaient rouge vif. Sami était super beau. Il vivait dans une forêt tropicale, et il mangeait des figues sauvages, et des insectes, et des fruits. Il était heureux comme seulement sont heureux les loriots pourprés du Bangladesh qui vivent dans les forêts tropicales.

Malheureusement, sa vie n’était pas parfaite. Il se sentait seul. Il avait besoin d’une amie.

femaleAlors, il cherchait et il cherchait. Mais ce n’était pas facile, parce que les femmes de la famille Loriot-Pourpré ont des couleurs plus sombres. On ne les voit bien qu’avec le cœur…

- Eh oh, Tatie, t'as piqué ça du Peti..

- Tu veux que je continue ou voulez-vous tous deux aller vous coucher avant la fin ?

- Noooooooooon…

- Bon !

Alors, un jour Sami a retrouvé l’amour de sa vie. Elle s’appelait Asmi, qui veut dire « Je suis présente ». Elle était petit et sombre, et un oiseau moins attentif que Sami aurait pu ne pas la voir. Mais Sami était aussi intelligent que beau, et il savait tout de suite qu’il voulait épouser la petite Asmi.

Ils étaient heureux, ce beau loriot et sa compagne, si heureux qu’ils ont construit ensemble un nid dans leur figuier favori, et pas très longtemps après, deux œufs y sont apparus ! Et peu après, deux bambins qu’ils ont nommés Adhip (la lumière) et Sasmit (toujours souriant).

Mais…quels bambins !  Ils étaient laids comme des poux, comme deux moutons de poussière qu’on peut retrouver sous le lit des paresseux ! Ces deux oiselets faisaient beaucoup de bruit et ils avaient tout le temps faim !  Et pire, ils ne rangeaient jamais leurs jouets…et encore, ils mangeaient tous les bonbons papillons de leur tatie sans permission !

bangladesh

- Eh oh, ça va, Tatie, on a compris !

- Allez, les enfants, je vous ai prévenus, c’est la fin de l’histoire pour ce soir, hein ? Vous irez tout de suite vous coucher, et vous n’allez jamais entendre la fin de l’histoire. Vous n’allez jamais savoir ce qui s’est passé avec le tigre, et l’orage, et…

- Mais si, Tatie, on saura…après tout, ce n’est pas la première fois que tu nous la racontes, celle-là !

Toutes les images du texte ont été retrouvées sur Google Images.

26 novembre 2016

Vraiment pas raffiné ! (Joe Krapov)

PR 107 ans 2


PR Sculpteur


penseur-rodin-toilettes

Mettre un cautère sur une jambe de bois, c'est un peu comme panser un rondin !

PR jeu d'échecs

- Je ne me rappelle plus. C'est à lui ou c'est à moi de jouer ?
- Je ne me souviens plus. J'ai les blancs ou les noirs ?

PR occupé 2

- Jamais moyen d'être tranquille, par ici !

PR occupé 3

 - S'il frappe encore une troisième fois, ça va ch...

PR piaf

 A tous les oiseaux de passage qui me demandent 
ce que je fais là je réponds : "Je médite, piaf !".

Photos empruntées sur le web et détournées par mes soins.

26 novembre 2016

Participation de Prudence Petitpas

PenseurA quoi pense-t-il ?

On se le demande, un penseur qui pense, pense forcément à quelque chose !
Et s’il ne pensait pas, s’il avait la faculté de se vider la tête de toutes ses idées ? si ses pensées s’étaient envolées pour laisser place au vide sidéral, au calme plat, à ce moment où l’on n'a rien d’autre à faire qu’à accueillir ce qui arrive, à cet instant présent où les sensations, les perceptions sont tellement plus importantes que les pensées parasites qui passent sans s’accrocher, sans s’orienter, et où l’esprit n’est plus focalisé que sur nos ressentis, que sur ces messages forts que nous envoie notre corps…
Et bien, pour moi, ce penseur ne pense pas, il attend, il observe, il reçoit, il perçoit, il est rempli de sensations agréables qui le rendent vivant, il ne veut plus se laisser embarquer par des pensées parasites, il n’est plus le pensouillard qui tourne dans le vide, ce hamster sportif qui ne vit qu’au gré de ses challenges… qui tourne toujours plus vite et nous donne mal à la tête. Ce penseur n’est pas un penseur, c’est un être évolué qui se place bien au dessus de ces petites pensées de rongeurs décadents. Ce penseur ne pense plus, alors arrêtez de vous demander ce qu’il pense… il est dans le néant des pensées du monde et sourit à son être intérieur qui l’emmène vers la lumière…

 

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