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Le défi du samedi

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16 mars 2013

PEUR DES CHIFFRES (joye)‏

Monsieur Émile -Hercule Roussel serra son stylo violet et marqua soigneusement en haut de la copie :  Étant donné votre peur des chiffres, mademoiselle Martin,  je vous déconseille vivement de faire carrière comme ingénieure, ou même caissière.

Voilà, le baiser de mort aux ambitions ridicules d’encore une pétasse qui se retrouvait dans ses cours d’algèbre au collège Albert Camus à Bar-le-Baron.  Roussel eut toujours  envie de rire quand un enfant de treize ans lui déclara, le premier jour des cours qu’il voulait devenir ingénieure, ou physicienne, ou encore un truc ridicule. Mais Roussel restait professionnel, et se contenta  toujours d’une grimace condescendante et un « Ah bon ? » nec plus froid, avant de passer à la prochaine déclaration indigne.

Il était tout simplement  le meilleur  prof de maths à Bar-le-Baron,  alors,  il faisait toujours de la démolition des ados boutonneux un point d’honneur qu’il devait au monde des mathématiques.

Roussel se frotta les yeux, et regarda par la fenêtre du train qui l’emmenait à Paris, et plus précisément aux studios de France 3. Convoqué par une lettre signée personnellement par son idole, Bertrand Renard,  Roussel sut tout de suite que ce serait impossible de refuser une telle invitation - de partager sa supériorité en calcul à tout le pays - les mots restaient blasonnés sur son cœur, avec la signature à encre violette. Tiens, ce Renard était un original, comme lui-même.

Arrivé à la Gare de l’Est, le petit homme touchait nerveusement son papillon nœud qu’il avait sorti exprès pour cette grande occasion. Pas de quoi être nerveux, sa supériorité en chiffres lui permettrait de sortir victorieux même s’il ne trouvait pas toujours le mot le plus long …

Roussel se dirigea vers la sortie pour trouver un taxi. Ruineux, oui, mais le temps du parcours, il pouvait répéter un peu ce qu’il allait dire sur scène pour se présenter son génie au monde.

-          Eh ! Bonjour !  Monsieur Roussel ! Bonjour !

Se retournant, Roussel vit un groupe de jeunes. Il crut reconnaître vaguement le grand et puis la voix de Sévérine Martin, l’auteur de la copie qu’il avait corrigée dans le train. C’était probablement une coïncidence, il ne connaissait personne à Paris. Ce n’était pas à lui que ce groupe d’ados s’adressait.

-          Hein, monsieur Roussel, vous ne nous reconnaissez pas ?

La petite Sévérine se mit entre lui et la queue qu’on formait pour les taxis.

-          C’est bien vous, non, monsieur Roussel ?  lui dit-elle, d’une voix très forte.

-          Eh oui, bonjour. Excusez-moi,  je suis pressé. Bonne journée !

-          Vous allez où ?

-          C’est une question très indiscrète.  J’ai rendez-vous. Bonne journée !

-          Où ça ? Vous ne voulez pas venir avec nous ?  On va au XVe, on va prendre le RER.

-          Non, merci mademoiselle,  je prends un taxi, je vous ai bien dit que je suis pressé.

-          Okay, d’ac, bonne journée, monsieur ! Elle lui jeta un grand sourire et rejoignit son groupe de copains qui riaient fort.

Ils étaient sans doute tous saouls ! Roussel se dit que les parents de ces jeunes crétins ne devraient pas leur permettre de sortir à Paris le week-end. Ils devraient rester à la maison et faire leurs devoirs. Enfin, c’était son tour et il monta dans le taxi, et donna l’adresse.

Le chauffeur de taxi le regarda dans son rétroviseur.

-          7, Esplanade Henri de France ?

-          Oui, c’est ce que j’ai bien dit. C’est pour un tournage, alors, faites vite.

-          Un tournage ?

-          Oui, un tournage. Pour l’émission Les Chiffres et les Lettres. Vous ne connaissez pas, j’imagine.

-          Oh, si, je connais. Tout le monde connaît. Mais êtes-vous sûr que c’est aujourd’hui ?

-          Mais oui, je suis sûr. L’invitation a précisé aujourd’hui, le 17 mars.

-          Oui, très bien, monsieur. Mais cela m’étonne quand même qu’on tourne un dimanche.

Roussel ne daigna pas répondre. C’était évident que pour les invités exceptionnels comme lui-même qu’on prenne une date qui convenait à ses heures de cours, et il continua à le penser jusqu’à leur arrivée aux studios où tout était déserté, à part un groupe d’adolescents qui attendaient devant la grille.

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16 mars 2013

Participation de Sandrine

(Dans la catégorie absurde)

Un psychiatre reçoit un patient, un habitué, la séance dure depuis un moment, et depuis le début,le médecin lui      pose des tas de questions et prend des notes en se grattant le cuir chevelu (le   psychiatre a des poux, il les élève pour conjurer sa propre peur d’en attraper  un jour…  Les poux venant d’une tête inconnue l’inquiètent      grandement et      c’est même pour ça qu’il est devenu psychiatre et pour couper les  cheveux en quatre).

Le psy : De quel chiffre avez-vous le plus peur ?

Le patient : D’aucun.

Le psy : C’est impossible,  vous devriez avoir peur de tous et il doit bien y en avoir un qui  vous effraye plus que les autres.

Le patient : Non, non, vraiment aucun.

Le psy : Bon, c’est  vous ou moi le médecin ? Je vous dis que vous avez forcément peur des nombres alors autant s’attaquer à la racine du mal et au chiffre qui vous  effraye le plus.

Le patient : Mais enfin je   suis comptable la nuit et prof de math le jour. Je suis même  astrophysicien le week-end, c’est dire si je n’ai pas peur des nombres.

Le psy : Le zéro peut-être ?

Le patient : Mais non !! Et puis, c’est quoi le rapport entre ma peur du vide et les chiffres à la fin ?

Le psy : Comment ça, c’est  quoi le rapport, mais c’est la racine du problème, la racine même.

Le patient : ???

Le psy : C’est une simple  question de logique et d’étymologie… Chiffre vient de l’arabe siffr et veux dire vide, si vous êtes sujet au vertige, vous avez DONC peur des nombres.

Le patient : ???

Le psy : Mais si  vous ne  voulez rien entendre, je ne peux rien faire pour vous ! Avec les  25 autres  séances, ça fera 1600 euros, mais je vais vous faire une fleur et  arrondir à  2000.

Le patient : 2000 ? Quoi ? Mais enfin, ce n’est pas possible !!

Le psy : Eh bien voilà, on y  vient… Alors, est-ce le deux ou les trois zéros qui vous font le plus peur ?   

16 mars 2013

Crise de conjoncture (Vegas sur sarthe)

“Surtout docteur, ne me demandez pas de dire Trente Trois! Aïe!!”
“Mais enfin Monsieur Dupont, il doit bien y en avoir un qui ne vous effraie pas?”
“Croyez-moi j'ai fait le tour docteur, ce n'est pas une question de taille, ils sont tous plus terrifiants les uns que les autres”
“Hum, quel âge avez-vous?”
“Voyez! Je n'ose même pas vous dire mon âge, et puis ça change sans arrêt”
“Puis-je vous faire remarquer que le jour où ça ne changera plus, vous n'aurez plus besoin de venir me voir... Disons que vous serez guéri de façon définitive! Et bien alors, montrez-moi votre Carte Vitale”
“O.K. c'est vous qui voyez, docteur”
 
“Mais elle est vierge!”
“C'est à dire que j'ai effacé toute trace comme sur toutes ces maudites cartes”
“Vous voulez dire: comme bon nombre de cartes”
“Ahhh! Vous n'auriez pas dû prononcer ce mot docteur! Voyez ces petits boutons qui reviennent partout sur le visage”
“Mais c'est très gênant, ça!”
“Je ne vous le fais pas dire, docteur. En plus ça démange”
“Je veux dire... si votre carte bleue est effacée, comment allez-vous me régler la consultation?”
“Depuis que j'ai chopé ça, je paie en liquide”
“Et les chiffres sur les billets ne vous démangent pas?”
“Euh... je crois que ça démange tous les gens qui paient, docteur. Vous savez, la crise, la conjoncture, les réformes et tout ça. Mais j'ai une astuce, docteur! Je colle des gommettes de couleur sur les chiffres, ainsi ce bleu vaut... euh”
 
“Combien?”
“Je ne sais plus, docteur. Toutes ces contraintes me perturbent énormément”
“Enfin Monsieur Dupont, notre vie entière est faite de codes, de mots de passe, de Nombres, que sais-je et vous devriez...”
“Aaah! Vous l'avez encore dit docteur! Si vous pouviez le remplacer par un autre mot - n'importe lequel - vous m'éviteriez une nouvelle poussée d'urticaire”
“Hum... est-ce que le mot Number vous conviendrait?”
“Redites ça plusieurs fois pour voir?”
“Number, Number, Number, Number... ça va toujours?”
“Ca a l'air d'aller, docteur. Et ça veut dire quoi?”
“Quelle importance? Et si je vous le dis, vous allez hurler”
“Oui mais si je ne sais pas, ça complique les choses”
“A ce stade Monsieur Dupont, rien n'est plus compliqué. Permettez que je résume la situation:
vous êtes atteint de Numberophobie, votre couverture sociale est - disons - plutôt râpée, vos moyens de paiement sont inexistants au point que vous allez me régler avec des billets bleus d'une valeur inconnue!! Voyez-vous ici on n'est pas au Monopoly!”
“Vous voulez dire qu'il y a des gens atteints comme moi en Monopolie, docteur?”
“Pardon?”
“Et comment les a t-on guéris?”
“Faites-moi plaisir Monsieur Dupont, restons en là, rendez-vous directement à la case Prison et - Pardon, vous me faites dire n'importe quoi - n'en bougez plus. Je peux compter sur vous?”
“Ahhh... Ne me demandez surtout pas de compter sur moi, c'est au dessus de mes forces”
“Alors donnez-moi trois billets bleus et n'en parlons plus”
“Trois billets bleus! C'est pas donné chez vous”
“Je sais Monsieur Dupont, ça démange toujours un peu: ça s'appelle la conjoncture économique et je ne suis pas compétent dans ce domaine. Adieu”
16 mars 2013

TROIS étapes en chiffres (KatyL)

k1 k2 k3

 Toute petite je regardais plus          

 Les papillons que les chiffres sauf à Noël j’avais appris à compter les jours jusqu’au soir De NOEL

Et j’avais une boite à chiffres et un boulier, c’était bien pour apprendre à compter.

k4 k5 k6

             

Plus tard adolescente je savais mes tables de multiplications par cœur, et j’avais peint un abécédaire en bois,  je savais compter les heures, le temps qui passe pour retrouver mes amies,  je savais gérer un budget et faire les courses, compter ma monnaie, faire les achats utiles  pour les repas …

k7 k8 k9

                   

Maintenant comme femme, je jongle avec les statistiques dans mon travail, je gère ma vie, je calcule tout pour faire au mieux …Mais les chiffres je n’aime pas , j’aime écrire , peindre, faire de poèmes, de la cuisine et des grandes randonnées dans  la nature.. J’aime créer  en couture, faire des nounours et poupées et raconter des histoires aux enfants, j’adore chanter et danser…..

Celui qui trouvera le chiffre du cadenas de mon cœur sera le seul, je ne compterai pas il sera unique

Nous ne ferons qu’un pour les décisions et pour regarder vers l’avenir, tout en étant deux personnalités différentes et distinctes , nous aurons trois enfants ou plus, et nous diviserons mes tâches, nous multiplierons les efforts , nous essaierons de nous soustraire aux mauvaises ondes et aux gens négatifs, nous additionnerons notre amour et nos rêves

16 mars 2013

La peur des nombres (EVP)


Ils sont arrivés en nombre
Ça fait peur, ça fait peur
Ils sont sortis de l’ombre
Quelle frayeur, quelle frayeur
Le ciel est devenu tout sombre
Aïe terreur, aïe terreur !

Ils parlaient d’équations
Cornichons, cornichons
Et d’intégrales à foisons
Quels cochons, quels cochons
D’un type qu’on Fermat au fond
Frémissons, frémissons.

Et aussi d’une constante Fibonacci
Quel gâchis, quel gâchis
Enfermée pour un nombre d’or terni
Que de soucis, que de soucis
Pour une proportion d’argent aussi
Les bandits, malappris !

Des nombres naissent les divisions
C’est pas bon, c’est pas bon
Et leurs multiplications
Pour pas un rond, ça tourne pas rond
Additions et soustractions,
T’as plus rien, t’es couillon !

Les nombres moi ils me font bien peur
Pas d’erreur, pas d’erreur
Avec leurs algorithmes réducteurs
Quand des énarques pinailleurs, radoteurs
Font de nous de simples facteurs
Dans leurs calculs de menteurs, de sans cœur !

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16 mars 2013

Les nombres complexes : (Porphyre)

Répétons quelle à été la technique constante de notre fabrication. Un nombre passif, soumis à l'action d'un opérateur, devient un résultat. Connaissant le résultat et, soit l'opérateur, soit le nombre passif, retrouver le terme manquant est une opération qui n'est pas toujours possible. Quitte à perdre en route quelques propriétés, nous avons franchi les barrages naturels : ils nous ont permis de trouver, de l'autre côté, des êtres mathématiques suffisamment ressemblants aux précédent pour mériter aussi le nom de nombre.

9 mars 2013

Défi #237

couverture samedi 2

Nous attendons vos défis en nombre

 à :  samedidefi@hotmail.fr

A tout bientôt !

9 mars 2013

Se sont tapé la cloche :

Ceci n'est pas la consigne mais la liste des participants

cloche

Joye ; Venise ; Sandrine ; rsylvie ; Prunelles ; EVP ;

Lorraine ; Vegas sur sarthe ; Walrus ; Prudence

Petitpas ; Anémone ; MAP ; Vanina ; KatyL ; Joe

Krapov ; Djoe L'Indien ; Tata Béa ; Célestine ;

Cavalier ; titisoorts ;

9 mars 2013

Deux courtes histoires ... (MAP)

Deux images et une "chute" à la manière québécoise :

Qui a sonné - Copie

Mais enfin qui a sonné - Copie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est ta blonde - Copie

 

#

 

Et puis une petite musicale qui rappellera peut-être des souvenirs

à quelques ami(e)s défiant(e)s :

 

- J'ai cru entendre une cloche ...

- Mais non, c'est un canon !

 #

 

 

 

9 mars 2013

Participation de KatyL

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9 mars 2013

Qui a sonné? (Célestine)

Mes exercices de style vous avaient plu? 
Je vous en propose une nouvelle mouture.
Toujours en hommage à Raymond Queneau.

cel

L’autobus  F est bondé. C’est l’heure de pointe. Marie Kievaskaïa se tient à la barre, le bras en l’air, un gros monsieur au crâne luisant de graisse louchant dans son décolleté. Quand soudain, la jeune femme aperçoit sur le trottoir un jeune homme d’une grande beauté, avec un chapeau vert orné d’une plume. Pour sortir, elle se précipite et tire sur le signal d’alarme. Le bus freine tellement sec que tous les voyageurs se retrouvent par terre. Le gros monsieur termine sa course le nez sur les fesses d’une énorme  dame, et se prend un coup de parapluie.  -Qui a sonné ? demande le chauffeur.

 –C’est l’Amour…répond un monsieur rêveur à petites lunettes rondes…

 

 

***

 

 

Géographique

Une gamine russe dans un autobus parisien au moteur fabriqué à Taïwan et roulant à l‘ordinaire raffiné à Grandpuits (Seine et Marne) aperçoit un jeune homme, visiblement un Tyrolien si l’on en croit son chapeau à plume. Elle compte l’épouser à las Vegas ou à Hong Kong (c’est la mode en France). Un sumo japonais atterrit sur une mamma italienne qui l’assomme avec son parapluie anglais. La sonnette d’alarme et les freins du bus sont aux normes européennes.Un homme myope de type caucasien assiste à la scène.

 

***

Cuisinier

Prenez un autobus bien plein. Ajoutez-y une petite paire de lunettes spirituelles, deux grosses paires de fesses, une sonnette d’alarme, un chauffeur ahuri et un parapluie. Réservez à part un joli chapeau de Robin des Bois. Agitez le tout avec une jeune romanesque aux pommettes saillantes. Saupoudrez d’un zeste d’amour fou.

 

***

 

Lyrique

Ô Cupidon, il me plut que vous décochassiez encore, en ce matin divin, vos flèches assassines dans le cœur d’une jeune pucelle slave, celle-là même  qui, en sonnant son olifant, sema le chaos dans un char de mortels sur la ligne de Charybde à Scylla en passant pas la place Clichy … Ô combien de comptables, combien de ménagères, se trouvèrent soudain assis le cul par terre…

 

***

 

 

Mathématiques

Soit un autobus roulant à 60 km/h sur la ligne 12. Une fille d’1 m 70, pesant 52 kg et faisant 90 cm de tour de poitrine (au bas mot)  au grand dam d’un monsieur qui pèse le triple de sa masse, soit 208 livres,  déclenche la sonnette d’alarme à 12 h 18 précises. Les 45 voyageurs étant projetés sur le sol à la vitesse relative de l’énergie multipliée par leur masse au carré, sachant que E=MC2 (mon amour) , et que  le choc du parapluie occasionne sur le périmètre crânien du monsieur, qui est de 58 cm,  une bosse de 4 cm et demi de diamètre, calculez le nombre d’enfants que la jeune fille aura avec le jeune homme, en supposant que la distance affective qui les sépare soit inversement proportionnelle au trajet Paris-Las Vegas en classe économique.

 

 ***

 

Langue de bois

Mes chers concitoyens

Moi, président de la République, il fera toujours beau, ni froid, ni chaud, ni sec, ni humide, vous n'aurez plus besoin de parapluie, ni de chapeau, les myopes n’auront plus besoin de lunettes, les personnes à audition réduite entendront sonner les alarmes, mais celles-ci ne sonneront plus, car les problèmes auront disparu,  les non-voyants recouvreront la vue, les bus seront silencieux, l’essence sera gratuite,  et surtout, surtout, les personnes en léger surpoids, les personnes en carence pondérale, les personnes en manque d'expérience, et les seniors, tout le monde s’aimera ! Votez pour moi !

 

***

 

Argot

Ho dis donc, t’aurais vu aujourd’hui, dans le F, rue de Pigalle ! Ca valait le coup d’œil ! Un adipeux (dans le genre Beru) était en train de r'luquer les  rotoplos d’une gisquette dans le genre ruskoff, tu vois l’tableau…Pour arrêter les frais, la mignonne a stoppé le bus en tirant la sonnette d’alarme. Soi-disant qu’elle avait retapé un gigolo dans la rue, un loufiat au galurin carrément craignosse,dans le genre robin des Bois, tu vois,  avec l'intention de se maquer avec  lui…Toujours est-il que, au coup d'frein,  l' gros tas se r'trouve parterre, le blaire coincé entre les miches d’une matronne, des miches comacs, mon vieux.

Et vlà pas qu’i s’prend un coup d’pébroc sur la cafetière ! Chuis p’têt miro, mais j’me suis jamais autant marré, dis donc, derrière mes carreaux ! 

 

***

 

Bilan comptable

Bien, alors, nous avons donc dit,  pour l’incident de l’autobus F ... :

Une paire de plaquettes de freins,  deux tympans percés, quinze dents cassées, un parapluie brisé, une fracture du crâne, un bras dans le plâtre, deux chevilles foulées et deux crises de tachycardie.

-Ah bon, on compte aussi la tachycardie ? Mais c’était juste deux amoureux...

-On m’a dit de faire le  bilan, moi je fais le bilan.

 
9 mars 2013

Participation de Prunelles

HEURTS


 

Absurdités

 

"Mais qui donc a sonné à la porte d'entrée ?

Le son est dissonant, ce doit être un Wagner

- On dirait un jazzé ? … Du sériel ? … Pas très clair ! …

- Vérifie, veux-tu ? Suffit de regarder.

 

- Le son ressemblait à… celui d'une trompette.

- Je vais voir attends-moi… !!!! Devine qui est là ?

C'est un chat malsonnant …    - Non ? - Mais si, viens voir là :

Sa moustache est frisée et son poil en jupette.

 

- Alors il faut l'aider ! Où est le diapason ?

- Il faut la redresser ! C'est une queue d'oison !

- Quelle idée en hiver d'aller jusqu'à Venise ?

 

- Pauvre chat en chagrin !  D'amour, certainement !

- Quel blues il a dit donc ! Vite, au chaud pétillant !

Je vais te redonner de belles vocalises !"

 

Et toutes deux de lui donner un Bain, … doux

Dans la robe du chat, elles trouvèrent un Cœur, … brisé

… le réchauffèrent ;

La larme en coin à ôter, et le séchoir alla bon train ;

La moustache foudroyée par la flèche

fut lissée, le lisseur à portée, dérangé.

La malice paracheva le tout

et la jupe en tulipe disparu, redevenant toison.

Le chat se regarda, une fois bien peigné, bien lustré.

Il essaya un son.

Ce fut une symphonie maladroite classique

qui n'était pas assez déchiffonnée.

Décidément, il était fait pour la modernité.

 

pru1
Céline Messier, illustratrice
http://celinemeisser.blogspot.fr/

 

 

Très noir, très très noir mais pourrait être REEL …, allez savoir …

 

IL S'EST FRACASSE.

IL S'EST REVEILLE.

IL A SURSAUTE.

IL A PANIQUE.

IL S'EST FRACASSE A NOUVEAU.

IL S'EST DESESPERE.

IL A DONC OUBLIE

ET IL S'EST EVADE.

JE SUIS DESESPERE AUSSI, JE L'AIME.

"Mais qui donc a frappé ?

Le réveil en sueur.

Mais quelle heure est-il donc ?

Dans le ventre, la peur.

Me suis-je échappé ?

Au diable les pilleurs

De rêve. L'abandon,

L'errance et les vapeurs

Nauséabondes, seront

Très bientôt dissipées.

… 

Oh ma tête éclatée …

Je crois bien que j'ai vu,

Mais je ne voulais pas,

Mon monstre du Loch Ness.

Et puis je n'ai pas pu …

La folie n'est pas loin,

Je la sens ce matin.

Le fil est si ténu.

Il suffisait d'un pas.

Mais quelle est cette pièce ?

Je ne reconnais rien,

Je ne me souviens pas."

Il alla droit devant

Et il tomba au fond.

Il n'est plus revenu.

Seul son corps est vivant.

Le reste est abandon.

Je l'ai vu ce matin

Étranger devenu

Aux autres et à lui-même,

"Mais tu m'entends ? Je t'aime.

Viens dans notre jardin.

Où as-tu mis ta tête ?

Attends, je t'aide à l'enfiler"

pru2
Aruna Zilys
http://www.com/art.asp?!=A&ID=700

 

"Optimisme-aventure", de salon : … Mais où est donc passé le thé ?

 

Qui a cogné ?

C'est peut-être le vent ? Le vent d'automne ou le vent de printemps ? Peu importe, j'aime les deux. Le premier me prépare aux frimas de l'hiver et le second tonifie mon écorce. Je te laisse choisir…

C'est peut être un pic vert ? Il mettra de la vie dans mon cou. Cela vaut bien une écorchure. Bientôt les oisillons tiendront compagnie aux petits de la pie qui vit déjà ici. Feront-ils bon ménage ? Arrange-toi au mieux avec eux.

Ou c'est peut être un homme ? Mon rêve, s'il doit me travailler, c'est de devenir fond, fond de violon ; pour résonner et t'emmener ballader ( si, si c'est comme cela que je veux l'écrire ici ) . Pas de machine, plutôt tes bras et ta cognée ; c'est beau un homme en plein effort.   

Qu'est-ce que cela peut bien être ?

Il est peut-être l'heure ? L'heure de me réveiller ? Il est vrai que je sens que ça monte. Oui, c'est ça, c'est ma sève qui monte. Je vais pouvoir me remplumer de larves et de fourmis. Secoue-moi, secoue-moi il est l'heure.

Enfin je me réveille et merci d'être là, d'être toi. 

Mon bois léger et blanc peut étirer ses bras et frémir son feuillu.

Sycomore est mon nom mais tu le sais déjà.

Il t'enchante, ô toi, n'est-ce pas ?  Tu trembles mon "i" grec et l'ouverture de mes deux "o" se penchant vers le "r" avec tant d'émotion, je le ressens tu sais.

Il te fait voyager : luminophore, messidor, anaphore … Allez, partons ensemble. Le veux-tu ? Partons en mythes et en légendes aussi, viens voir dans mes sillons.

 J'étais mûrier en toi quand tu m'as élagué.

Puis figuier, j'ai nourri ta croissance.  

J'ai grandi en érable un peu faux. Il faut me pardonner : c'est un petit écart qui m'a permis de m'enflammer parfois.

Tu es mûr maintenant. Ô toi que je sommeille en moi, ô toi qui me réveilles, ô toi…

J'ai été, j'ai été… chut, viens ô viens, je te dis à l'oreille …" … ".

Voici le petit résumé de ce qu'il m'a raconté,

en deux paragraphes agrafés ( à compléter ) :

 

 

Petit hommage à Monsieur Ponti

 

 

pru3
Allaitement-Thoutmosis-III--Mekhitarian

 

pru4

 

9 mars 2013

Participation de rsylvie

rs

9 mars 2013

Jeu de rêves (Cavalier)

Cling clong… et encore un autre…

Nous marchions main dans la main à l’ombre des grandes murailles grises. Des pierres posées par des géants sanguinaires, étranglantes. Des pierres sombres, ruisselantes, hérissées de feuilles arrondies comme des milliers de cœurs meurtris. Des pierres dressées, barrant le ciel, enserrant le soleil. À l’ombre de souterrains sans fond, de geôles oubliées, d’escaliers de cauchemar, emprisonnés par de grosses portes en bois. Closes à jamais.

Des vents marins glaciaux, salés, envoyés au front par des marais assiégeant la ville, entouraient les tours isolées, les meurtrières sans vie, puis se reflétaient au vide des douves vertes et profondes. Enfin, ils s’engouffraient par les larges portes, hurlant dans le labyrinthe des ruelles rétrécies en y tournoyant et en s’y lamentant sans fin.

Nous soufflions un peu. Soulevant de gros anneaux de fer scellés qui retenaient encore chaque nuit les fantômes de vieux chevaux éteints. Bruits mâts de cloches disparues. Mon petit frère m’imitait. Encore un autre bonbon. « Ça fera cinq ! » Souriais-je. Le rituel secret, sacré, durait sur notre chemin de ronde jusqu’à l’école, et nous engrangions ensemble des douceurs intimes, rêvées, sur chaque anneau tinté.

Le lendemain matin, avant de partir, notre mère nous donnait à chacun, juste un seul petit croissant de lune fruité. Coloré, translucide, tout poisseux du sucre fondu. Elle refermait aussitôt puis remontait, bien à sa place, en haut du grand buffet, le joli bocal de verre, Trésor de tous nos interdits…

cav

9 mars 2013

Participation de Venise

La solitude qui m’étreignait ne m’avait jamais été indispensable pour écrire.

Cette simple éventualité de diner seule que se soit au restaurant, ou à l’hôtel en ville, ou dans ma chambre me désespérait.

Sauf qu’il était trop tard pour sortir et qu’il avait bien fallu tout ce temps d’écriture pour avancer la pièce de théâtre.

Et dopé par la perspective de me retrouver en compagnie de Proust je décidais de lire, jusqu’à ce que le sommeil s’empare de moi.

Mais comment peux-tu devenir un grand écrivain si tu t’exclus de l’humanité,

Cette voix dans mon demi-sommeil sonna si fort à la porte que je crus distinguer une jeune femme mon livre à la main.

Je suis votre lectrice dit elle et elle plongea sa main dans son sac pour y sortir un deuxième livre dont la couverture m’était familière

Je trépignais dans mon lit car en dehors d’écrire et de lire, je ne savais, pas mener une conversation.

Pourquoi écrire si ce n’est pour transmettre dit elle en se penchant sur mon visage ?

C’est la première fois que je croise quelqu’un qui lit mes pièces m’entendis je dire !!

Vous ne voulez pas savoir ce qu’il se passe dehors pendant que vous écrivez ?

Non je ne sais pas et je ne veux pas savoir !!

En tout cas ce n’est pas demain la veille que les gens vont ouvrir tes livres !!

Et si vous écriviez plutôt un polar ?

Certainement pas !

Ça ne doit pas être drôle d’être condamné à la résidence surveillée ?

Alors comment vous êtes arrivée jusqu’à moi ??

C’est votre inconscient qui m’y à invitée

J’ai sonné et vous avez dit « : entrez «  !!!!

Aung San Suu Kyi

9 mars 2013

Qui ose me déranger ? (Prudence Petitpas)

On a sonné

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque la sonnette retentit soudainement, je tressaillis, mon corps alangui se  déplia d’une petite sieste au soleil. Qui pouvait bien oser me déranger dans un moment pareil ? Les mains en casquette devant mes prunelles, j’essayai d’apercevoir le vaurien qui contrariait mon programme, mais je savais bien que le mur d’enceinte du jardin ne me laisserait pas même voir son crâne. Je finis donc par accepter de léviter de ce bain de soleil et la position verticale me rappela  le désordre qui régnait sur ma petite personne : non seulement mes cheveux en bataille prouvaient mon laisser aller du moment, mais ma petite robe était bien  froissée et son quadrillage vichy  ressemblait  plus à des vagues qu’à des petits carreaux bien sages.  
Le carillon sonna à nouveau, mais que me voulait ce malfrat, il allait bien falloir que j’aille lui ouvrir, une main noyée dans mes cheveux, je remettais de l’ordre dans cette  bataille d’épis, pendant que l’autre nerveusement passait  et repassait  sur le chiffon qui me tenait lieu d’habit… je criai alors « j’arrive, j’arrive… » Et avançais dans l’allée prête à houspiller l’empoisonneur de l’après midi douceur que j’avais prévue. Je répétais tout en marchant nonchalamment  « j’arrive, j’arrive » ! Il ne fallait pas qu’en plus il s’impatiente ce brigand. Enfin devant la grille  je me retrouvai la main sur la poignée, en train d’entrouvrir la lourde porte de l’entrée.  Passant la tête pour voir  qui osait m’importuner de la sorte, Je clignais des yeux, faisant face au soleil qui m’obligeait à  voir,  dans un flou artistique, la silhouette plantée devant moi.  Un murmure me parvint de cet homme d’un âge incertain :

-          Prudence Petitpas ?

-          Oui, c’est pourquoi ?, répondis je un peu hargneuse, alors que petit à petit mes yeux s’habituaient à la vision plus nette et qu’il me semblait reconnaître un fantôme surgissant du passé.

Nous restions tous les deux bouches bées, nous dévisageant, n’osant interrompre le charme de cette rencontre impensable. Il fallut bien sortir de notre torpeur, et c’est en reconnaissant son sourire enjôleur que je l’embrassai sur les deux joues et laissai petit à petit mes esprits revenir doucement à moi.

-          Que fais-tu là ? je ne te savais pas dans le coin, je ne suis pas très présentable, mais entre !

Et joignant le geste à la parole, j’ouvris en grand la porte afin de faire entrer dans mon jardin l’homme qui avait vingt ans plus tôt bouleversé ma vie.  Allait-il par son intrusion envahir à nouveau mon présent et refleurir un peu mon jardin secret qui ces derniers temps, était plutôt en friche… ?

Je pense qu’à cet instant je n’en évaluais pas le risque mais je sais  depuis, que je ne regrette pas d’avoir pour mon verger caché, le meilleur des jardiniers….  

 

9 mars 2013

Qui a sonné ? (Vanina)

Defi236_QuiADoncSonneQui donc a sonné ?

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Qui a sonné ?

 C’était une maison inhabitée.
Cela faisait dit-on bien une éternité…
Et c’est ainsi qu’est née dans le canton,
De couplets amusés, cette chanson :

Le beau vétérinaire avait sonné,
Il était venu chercher la bête enragée,
Personne ! Alors, à la main il avait donné
Le bâton et son collet pour l’attraper.

Etait-ce le pêcheur qui avait sonné ?
Pour lui non plus personne n’avait répondu.
Alors il avait laissé à la main tendue
Son épuisette, squelette désormais.

Ou bien était-ce le chasseur de papillon
Qui avait sonné ? Sans résultat bien sûr.
Et avait laissé à la main de la maison
Son filet, désormais une armature.

Vint un jour, le joueur de badminton,
Qui sonna et sonna, en fit une tonne.
Il avait fini par laisser dehors,
Sa raquette devenue « squelettor »…

Le cuisinier était passé, avait sonné,
Mais personne n’avait répondu.
Alors il avait laissé à la main fermée
Sa casserole, désormais au fond perdu !

Le détective s’en était mêlé :
Personne, personne, bien sûr pour la police.
Il avait laissé dans le poing fermé
Sa loupe, au verre perdu pour lire les indices.

Quand le plombier enfin avait sonné,
Personne ne lui avait répondu.
Alors il avait laissé à la main tendue
Son pommeau de douche, à installer…

Le boulanger était venu sonner,
Mais personne n’avait répondu.

Alors il avait laissé à la main tendue
Sa pelle en bois, désormais toute émiettée !

Le curieux serrurier avait sonné,
Mais personne n’avait répondu.
Alors il avait laissé à la main tendue
Une clef, sans aucun doute celle de la liberté !

Eh ! Toi qui vient juste de passer :
Sais-tu qui aurait bien pu sonner ?
Dis-le nous dans un joli couplet,
Dis-nous quel objet il aurait pu laisser !

 

Defi236_QuiASonne_web

9 mars 2013

Entrez je vous en prie‏ (titisoorts)

Ce jour là, j'étais tranquillement chez moi, je m'affairais à la comptabilité, lorsqu'on sonna à la porte. Tiens, dis je, qui cela peut bien t'il être? J'ouvre la porte un peu étonné, personne. Je me penche sur les côtés, pensant à un canular de ses petits chenapans revenant de l'école. Rien. Il doivent sûrement se planquer par là, en train de ricaner. Je repars à mes occupations, avec le sourire. Je me replonge dans mes chiffres et là, je ressens comme un froid glacial, qui me parcours le dos. Je me retourne, il y a comme une présence près de moi et une voix résonne en moi - "As tu bien vécu?".

 Voilà que je parle tout seul, maintenant. La voix repart de plus belle dans ma tête "As tu bien vécu?"  Je deviens fou ou quoi? Mais qui êtes vous? -" Tu sais qui je suis, tu le sais au fond de toi, mais réponds, as tu bien vécu? -" Mais non qui es-tu?criais je, c'est quoi ce délire? -"Je suis venu te chercher, il est temps pour toi de me suivre, je suis ta propre peur, je suis ton côté sombre, je suis l'anti vie, voilà, je sens que tu as compris". -"Mais je ne suis pas prêts, je suis dans la force de vie, j'ai temps de choses à vivre encore, je ..je."  -"Calme toi, nous allons parler tous les deux , raconte moi, trois moments important de ta vie" .-" Et si, et si je m'enfuyais."  -" Je suis là avec toi et je ne te quitte plus jusqu'à la fin, si tu préfères me suivre maintenant".

 - "Non non, alors, mon premier moment ce serait, comme je suis parti tôt, trop jeune de chez moi, j'ai pris des armes pour devenir un homme, et lorsque ma mère me visitait, n'étant pas complètement sevré, j'avais un manque, une succion, un manque d'amour que je comblais pendant ces rares moments, que je ressens si précieux maintenant. Le premier moment serait celui là, celui de l'amour ou cette blessure intérieure étant mal cicatrisée ou l'on sens qu'à la moindre faille, celle ci s'ouvre et ressaigne avec toute l'abondance du temps perdu. Tant que son visage m'apparaît avec détails, je me plonge dans cette solitude de joie.

La deuxième fois, fut la découverte, moi qui est toujours été introverti, timide et réservé, éduqué dans la non communication. Un jour, au cours d'un repas champêtre, j'avais le Maire ainsi que son adjoint en face de moi. Pourquoi ce soir là, j'étais sur mon valeureux destrier? où j'ai pu, décharger un sac que j'avais, sur le dos et sur le coeur, par rapport à mon métier. Ce moment à changé ma vie, c'était comme si j'avais ouvert ce soir là, un robinet, d'où coulait de la déception, de leur déception et de la constatation. Moi, le petit, devant ces grands, ceux qui nous gouvernent qui nous commandent, je me suis aperçu qu'ils ne sont fort que de leurs pouvoirs et de leurs erreurs. 

Le troisième moment, c'est lors de la découverte de la marche à pieds. Marcher, je l'ai appris tout seul, plutôt la randonnée pédestre. Peu importe le statut social, sur le chemin de la peine, la connaissance, de l'effort physique, de la liberté, nous étions heureux de nous retrouver le soir venu. J'ai appris aussi, nullement besoin d'hectare de terrain, d'un grand jardin. Une forêt non loin, une montagne, un lac, où il fait bon aller se promener, ou vous faites le point, le tri de votre vie.Comme une étape ou tout défile, tracas, boulot,ennuis, emmerdes, que lorsque vous avez une vue splendide sous vos yeux, tout s'estompe, et le sourire revient, vous êtes dans le moment présent, là, bien, tout simplement. Rien ne sert à rien. Au début, j'ai longtemps marché la tête et les yeux vers les chaussures dû au mal des pieds des débuts, aux pensées débordantes. Mais une rencontre, une rencontre qui me disait souvent " relève la tête, retourne-toi et regarde autour de toi ". D'un levé de soleil au même paysage avec des couleurs changeantes à chaque instant. La pensée qui est mienne aujourd'hui est due à un instinct de survit, l'intelligence que nous avons tous, celle de l'adaptation. Bon, Le sport doit y être pour quelque chose, une soif de se battre de pousser plus loin, ses limites, plus loin que le cerveau ne t'interdit. Ma vie m'a comme submergé , je me débattais dans les vagues, parfois sous l'eau parfois sur le plus beau yacht. J'ai comme le sentiment que ce n'est jamais fini, aujourd'hui j 'ai comme la sagesse de me tenir à flot, malgré les tempêtes, je suis là, présent. Je sais que même avec le bruit de la pluie, du vent,des orages je me ferais entendre.

Puis à un moment, Je me suis demandé ce que je faisais là, à parler tout seul, sur mon canapé. La voix reprit " maintenant que tu m'as raconté, il est temps..."

9 mars 2013

Code en cloche (Tata Béa)


Dilong, dolong, dolong..
Énergiquement secouée par sœur Marie-Pierre la cloche s'étouffait, s'emmélait le battant, se saturait l'airain et éteignait in petto nos conversations.
En rangs par deux, cheveux rattachés, lacets noués et col redressés nous attendions.

Diling, diling..
Perlière et délicate, imperceptiblement agitée la clochette nous faisait avancer, silencieuses et sages.

Ding, ding ..
Donnant le ton, un « la » clair, le clocheton nous lançait sur les mesures du benedicite, voix juvéniles et dociles.

Diling, diling..
Cueillant la dernière note, la clochette nous enjoignait de prendre place devant la table mise, déplier nos serviettes, poser nos mains de part et d'autre des assiettes.

Diling, diling... « Bon appétit Mesdemoiselles » « Merci ma Soeur »
Libérait nos paroles, ouvrait nos bouches, animait nos mains, permettait les bavardages, les rires ..

Jusqu'à l'interruption du clocheton

Ding, ding..
Invitant à se lever, à chanter les grâces, avant de quitter la salle à manger, silencieuses et souriantes.

Les coups de cloches, clochettes, clochetons, codes simples et sonores, tour à tour impérieux ou discrets, stridents ou emphatiques,  rythmaient nos vies d'enfants.

9 mars 2013

La cloche de vie (Djoe L'Indien)

La cloche avait sonné en ce jour de janvier
Le premier jour du mois c'était moi je l'avoue
Ce fut l'unique fois où je tins le levier
Car cette cloche-là à ma porte se voue

Elle annonce à ma vie en glinguelingbalant
Les intrus les amis et la joie et la peine
Et je me dois d'ouvrir même au rustre bêlant :
Quand la clochette sonne il faut tirer le pêne

Elle a laissé tinté son ton clair bien souvent
Et j'ai laissé entrer, la porte grande ouverte,
Un amour de printemps et aussi le suivant,
à l'âge où les amours sont encore un peu vertes

J'ai croisé un matin un sage et son savoir
Mais ai-je conservé toutes ses connaissances ?
Je sais bien aujourd'hui pouvoir le décevoir
La vie est faite aussi de désobéissances

J'ai accueilli un soir à l'automne naissant
Chantant sur le palier madame Solitude
Que la lune nimbait d'un voile opalescent
Illuminant son corps d'une douce quiétude

La chaînette toujours danse le long du mur
Et attend le passant qui osera s'y pendre
Tintera-t-elle un jour ? Ce n'est rien moins que sûr !
Un invité viendra qu'il me faut bien attendre :

La cloche sonnera une dernière fois,
D'une voix d'outre-tombe, et viendra la charrette
Qui promène l'Ankou et ce sera pour moi
La cloche sonnera avant de disparaître

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