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Le défi du samedi

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30 mars 2013

Histoire de cheminée (EVP)

Toute petite fille, revenant d’un goûter chez sa copine Sophie, elle avait demandé : Pourquoi, nous on n’en a pas de cheminée ? Elle avait été fascinée par la danse des flammes, leurs couleurs, les craquements du bois et la douce chaleur qui avait chauffé ses joues.

Elle avait vu le regard brusquement noyé et les lèvres pâlies de sa mère, elle n’avait pas compris mais n’avait pas protesté.

Au collège, dans une rédaction sur la cuisine, elle nota que, chez elle, le mot four n’était jamais utilisé. Brûler, carboniser étaient aussi tabou, des mots-épines qu’inconsciemment chacun s’interdisaient.

Les questions, quand elles étaient rarement posées, s’élucidaient, s’évitaient d’un : Plus tard, plus tard tu comprendras…Comme cela était gentiment accompagné de doux baisers, de câlin dans des bras ronds et tendres, elle s’agaçait un peu, mais ne leur en voulait pas.

Ce fut en première qu’elle découvrit là-bas, les cheminées de haute-Silésie et le « Arbeit Macht Frei » l’infâme frontispice…Elle se souvint des chiffres bleus sur l’avant-bras de tante Martha. A ses questions encore on avait répondu : Plus tard, plus tard tu comprendras…

Ici, elle comprenait, pourquoi il était si difficile d’en parler, pourquoi il fallait attendre d’être là, à cet endroit là, ce jour là…

Non Anna Grinzberg, ne veut pas non plus de cheminée chez elle…Et certains mots ont toujours des épines.

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30 mars 2013

Mécréante (Adrienne)

On avait bien expliqué à la petite que dans la nuit du cinq au six décembre, il caracolait sur les toits, suivi de son fidèle Zwarte Piet chargé du sac plein de jouets pour les enfants sages.

- Tous les enfants du monde entier ? avait voulu savoir la petite.
- Oui, lui avait-on dit, en précisant une nouvelle fois : tous les enfants sages !

A six ans, la petite fille n’avait qu’une très vague idée de l’ampleur du monde et du nombre d’enfants qui l’habitaient – sages ou pas sages – mais elle se disait qu’une telle chose était impossible.

- Tous les enfants du monde en une seule nuit ? C’est impossible ! dit-elle.
- Mais si, c’est possible ! N’oublie pas que c’est un saint !

Les saints savent faire des miracles. C’est son institutrice qui le lui a dit.

- Près de la cheminée, a dit la maîtresse, vous mettrez une petite douceur pour saint Nicolas et une carotte pour son cheval.
- Chez moi, dit Bernadette, dont les parents étaient fermiers, on met une betterave pour le cheval!
- Chez moi, dit Catherine, fille de commerçants, on met une bière pour saint Nicolas et du sucre pour le cheval!

C’était sans doute pour ça que chez Catherine le saint homme venait déjà des jours à l’avance : chaque matin du mois de décembre, elle trouvait des friandises et des cadeaux à côté de la cheminée. En échange d’une trappiste brune.
Chez la petite, on ne mettait rien du tout, ni pour le cheval, ni pour le saint.

- Et pourquoi nous on ne met pas une bière pour saint Nicolas ?
- Mais réfléchis ! dit la mère. Il serait saoul, si tout le monde lui donnait une bière !

C’était vrai, bien sûr. Et alors il tomberait du toit ou se tromperait de cheminée.

- Et il passe vraiment par la cheminée ? demandait encore la petite.
- Mais oui, évidemment ! lui disait-on. Par où veux-tu qu’il entre ?
- Ben… par la porte !
- Mais la porte est fermée à clé, tu sais bien.

Oui, mais on a bien dit que c’était un grand saint ? et qu’il faisait des miracles ?
La petite réfléchit si fort que ça fait des plis au-dessus de son nez.

- Mais la cheminée, c’est sale !
- …
- Et le feu brûle !
- …

La petite s’étonne que les grandes personnes n’aient pas pensé à tout ça avant elle. Devant la cheminée, il y a le poêle au charbon. On y fait du feu en continu, jour et nuit. Ne faudrait-il pas l’éteindre pour la nuit du cinq au six décembre ?

- Je t’ai déjà dit que c’est un saint, répète la mère avec de l’impatience dans la voix, alors va dormir et ne pense plus à rien !

Couchée dans son petit lit, l’œil rivé à la fenêtre par où elle voit les toits et les cheminées du pâté de maisons d’en face, la petite ne dort pas. Elle veut voir de ses propres yeux le grand saint, son cheval blanc, Zwarte Piet et le gros sac de jouets.

Elle veut bien croire qu’il existe, puisque effectivement le matin du six décembre il y a une poupée pour elle et des jouets pour le petit frère, mais cette histoire de toits et de cheminées, non vraiment, elle n’y croit pas !

30 mars 2013

Habemus Ramona (Vegas sur sarthe)

“Dis m'man, comment on fait pour faire du blanc?”
“Comment ça ma chérie?”
“L'autre jour, la ch'minée du Vatican a fait d'la fumée blanche!”
“Oui, c'était pour le coup du père François, on y a brûlé de la paille mouillée... du moins c'était ainsi au temps d'un rituel qu'on disait inébranlable”
“Et comment qu'on fait aujourd'hui, alors?”
“Depuis 2005 ma petite on fait compliqué pour faire simple, on utilise des fumigènes colorants fabriqués par un poêle auxiliaire à injection électronique relié au même conduit que l'ancienne cheminée”
“Trop cool... et pour la fumée noire, alors?”
“Autrefois on y brûlait les bulletins de vote du conclave entre deux tours de scrutin mais aujourd'hui c'est encore des colorants. On a trop peur que ça fume gris dans tous les cas”
“Et alors, ça s'rait relou si ça fumait gris?”
“Pour nous non mais au Vatican oui!”
...
“Et pourquoi qu'on a pas droit aux colorants, nous?”
“Ma chérie, nous mettons un point d'honneur à respecter une tradition vieille de... je ne sais plus trop... et tu dois faire comme tes frères et soeurs, tes parents, grand-parents, arrière-grands-pa...”
“Ca va, j'ai imprimé! Et les granulés, pourquoi qu'on a pas droit aux granulés, nous?”
“Parce que nous sommes des cheminées traditionnelles! Tra-di-tio-nnelles!!”
“Et c'est quoi qui fait qu'on est tra-di-tio...”
“Parce qu'on n'est pas des usines à gaz bourrées d'électronique et de ventilateurs! On est des che-mi-nées et les autres sont des chaudières, des poêles et puis tu commences à m'échauffer avec tes questions”
...
“Bon... Et les granulés, ça pousse sur quel arbre, dis m'man?”
“ça doit venir des résineux, mais une fois affiné, sêché et compressé ça ressemble juste à... de la litière pour chat”
“Ah ouais? Et les buch'rons y s'appellent comment? Des granulateurs?”
“Peut-être, en tout cas chez nous il y a une vraie flamme qui mange de vraies bûches pour un vrai plaisir ancestral!”
“Et toutes ces publicités Riko, Wampers, Ecozetti qui sont arrivées c'matin au courrier?”
“C'est rien chérie, passe les moi... on va les brûler”
23 mars 2013

Défi #239

 

Histoires de cheminées ...

 

Histoires de cheminées

Nous attendons vos trouvailles fumantes à

samedidefi@hotmail.fr

23 mars 2013

Se sont montrés pédagogues

 Ceci n'est pas la consigne mais la liste des participants

pédagogie

Venise ; Sandrine ; Prudence Petitpas ; EVP ;

Anémone ; Vegas sur sarthe ; rsylvie ; MAP ;

titisoorts ; Joye ; Sebarjo ; Katy L; Adrienne ;

Tata Béa ; Cavalier ; Violette ; Célestine ;

trainmusical ;

 

 

 

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23 mars 2013

Participation de KatyL

k1

k2

23 mars 2013

L’effet papillon d’un livre miroir (Prudence Petitpas)

pru1

J’avais 19 ans à peine, j’aimais déjà lire et j’étais constamment en recherche de lecture nouvelle !

Ce jour là, maman m’avait envoyé faire une course dans une librairie papeterie … Il y avait du monde et je tournais mon regard ci et là, accroché par toutes ces couleurs, tous ces articles… j’adore toujours autant les librairies. Plusieurs livres me narguaient de leurs étagères et je m’approchais d’eux timidement, discrètement, sans pour autant perdre ma place dans la file d’attente. Et puis, l’un deux m’a littéralement happée, je l’ai pris en main, je l’ai feuilleté, j’en ai oublié la queue qui filait sans moi, je me suis poussée pour laisser passer les personnes qui s’impatientaient derrière.

 Sur la couverture, une petite fille me regardait, et comme dans un miroir je lui souriais, elle n’était ni belle, ni vilaine, un petit air triste soulignait son visage, elle entourait ses bras de ses mains et semblait vraiment m’interpeller…

Le temps s’était arrêté et je n’avais d’yeux que pour ce livre ouvert dans mes mains qui m’agrippait de son titre : Toutes les petites filles meurent parce qu’elles grandissent… je sortais tout juste de l’adolescence, ou peut être y étais-je encore un peu… et ce titre m’attrapait le cœur et m’obligeait à lire le résumé, en tournant et retournant le volume dans mes mains. L’auteur m’était totalement inconnu, elle s’appelait Muriel Rigal et je n’avais encore rien lu d’elle. Le résumé parlait d’un homme qui au contact d’une petite fille sortait de la grisaille d’une vie trop bien réglée pour entrer dans le paradis perdu de l’enfance…L’homme réapprenait alors à aimer mais hélas, l’enfant grandissait, et la puberté mettait fin à toute cette transparence. Le monde des adultes opacifiait tout et cet homme incapable de supporter cette évidence  tombait alors dans la folie… Sortant de ma torpeur à l’appel de la vendeuse qui me demandait si elle pouvait m’être utile, je posais le livre sur le comptoir, attrapais le bloc de papier demandé par ma mère et laissais noter les deux articles sur le compte de mes parents…

Voici comment j’ai pu me lancer dans la lecture d’un livre merveilleux où je me suis identifiée facilement à cette héroïne qui s’appelait Mouche… et où je me suis régalée de son histoire à tel point, que j’ai bien du relire ce livre une dizaine de fois.

Comme toutes les petites filles meurent parce qu’elles grandissent, je suis arrivée à l’âge adulte, je me suis mariée, et ce livre s’est retrouvé sur l’étagère de la bibliothèque familiale au milieu des autres sans plus d’intérêt qu’un simple ouvrage jusqu’à ce que…

Ma fille avait quinze ans quand elle l’a trouvé, elle était en pleine adolescence, ce passage entre l’enfance et l’adulte qui ne passe pas souvent inaperçu. Elle est tombée dans ce livre comme sa mère quelques années plutôt et ne l’a plus lâché. Je pense même qu’elle l’a relut encore plus souvent que moi. Elle se préparait à passer un baccalauréat littéraire dans l’année qui suivait et lorsqu’elle me fit lire le brouillon de son devoir de français, j’ai souri en voyant le sujet et surtout la manière dont elle l’avait traité :

« Un livre vous a plu, écrivez une lettre pour convaincre votre interlocuteur de le lire »… Bien sur elle avait choisi le livre de Muriel Rigal, celui là même qui nous avait toutes les deux tant apporté. Sa note de français : 15/20, pas mal du tout, surtout lorsqu’elle m’a expliqué que ne se rappelant plus le nom de l’auteur elle en avait  inventé un pour son devoir, l’examinateur, lui, n’y a vu que du feu. Le livre magique ne lui en n’a pas voulu, puisque je pense que c’est bien grâce à lui que ma fille a eu son bac… Belle leçon de livre qui voyage de mère en fille et peut être qu’un jour sa propre fille tombera sur ce manuscrit et s’y regardera aussi comme dans un miroir.

23 mars 2013

Participation de Venise

Je n’aime pas les livres qui dorment dans les bibliothèques.

Ce grand sommeil auquel ,ils sont contraints est injuste.

Les livres sont des pages de ciel bleu, qui sourient sur un banc.

Un livre c’est toujours quelque chose d’inespéré qui vous arrive

Le soir je vais voir mes livres blottis dans un écrin noir du silence

J’entends la rumeur qui monte des pages tournées retournées.

Quand je ne serai plus là, ils iront farouches compagnons dévorer l’azur.

Ils ont déjà la pudeur des violettes et le cœur simple des anges.

Je les sens terrifiés à l’idée d’être un jour abandonnés

Alors pour le moment je ne veux que rien ne m’éloigne d’eux et d’ailleurs je leur ai promis

De traverser la mort au gué avec tous mes livres.

LIRE, ÉCRIRE, AIMER voila la trilogie qui émerveille une vie.

Ve1

Mais je ne peux vieillir, car à chaque fois que j’ouvre un vieux livre je respire sa jeunesse/

23 mars 2013

Leçon de vacances. (trainmusical)‏

Maman veut absolument que son fils lise.

Il aime jouer, sortir, lire éventuellement des dessins animés.

Maman insiste pour qu’il lise des histoires classiques, sérieuses, écrit dans un bon français.

Il apprécie mieux courir avec ses copains.

Maman désespère, à tel point qu'elle lui a acheté un livre pour les vacances à la mer qu'il devra dévorer comme leçon.


Il aime sa maman, toutefois se baigner dans la mer l’intéresse plus que de lire coucher sur le sable.

Maman voyant qu’il lit tellement lentement cet ouvrage, décide qu’après le repas de midi il devra chaque jour se rendre dans sa chambre et parcourir un chapitre.

Il se rend dans sa chambre, pour lui les vacances sont ratées. À contrecœur il lit un chapitre, mais saute des pages, ce livre ne le passionne point. Ce n’est même pas un livre d’aventure.

Maman veut s’assurer qu’il lit vraiment. Alors elle lui demande en fin de journée comme devoir qu’il lui raconte ce qu’il a feuilleté ce jour.

Il lui narre à peu près ce qu’il peut exprimer, néanmoins en lui, le dégout prend le dessus. Sales vacances, vivement le retour et la rentrée des classes.

C’est un beau livre de la bibliothèque verte. Cependant, sans généraliser, est-ce que ce style de garçon âgé de treize ans peut vraiment avoir du plaisir de lire «Irène à l’opéra»?

tm

23 mars 2013

La femme qui lit. (Célestine)

Elle a par cent chemins aux forêts de pendules écouté chevaucher sur le gazon sucré de trèfle et de luzerne aux clairières endormies cent chevaux prodigieux aux ailes de licornes.

Elle s’est accrochée aux lèvres des bourreaux des cœurs tendres et aux dents aiguës de l’ambition, elle a gravé sa peau du nom des héroïnes et chanté les folies des génies méconnus.

Elle a aimé. Elle a tremblé. Elle a vomi. Elle a reçu cent coups de poing dans l’escarcelle, cueilli des tas d’étoiles en ses paumes blanchies. Volé des ducats d’or et des rubis ravis au destin des pucelles reçu cent coups d’épée au flanc et au pourpoint. Les rois l’ont vénérée les princes l’ont trahie. Elle s’est jetée au pied des ténèbres assourdies, elle a gravi des pentes et sondé les abîmes.

Elle a défait son cœur, asséché des déserts de jaillissantes larmes  et pleuré des rivières et mangé des mouchoirs dans l’ambre et l’aubépine des printemps frileux. Elle a senti le vent l’emporter en un songe sur des bateaux flambants aux îles inconnues. Elle a triché au jeu, traversé la prairie et de sombres coyotes essuyé les affronts Elle a versé son sang, elle a gagné des guerres, et compté aux jours gris les aurores naissantes.

Elle a péri d’amour huit cent quarante fois, se traînant languissante au pied d’un amant brut, comme un diamant taillé pour lui crever le cœur. Contemplé des frissons, des lagunes paisibles, enroulée dans des songes aux ponts mystérieux, goûté cent fruits empoisonnés et langoureux, essuyé mille orages, et sué sang et eau comme les galériens.

Elle a été modèle, et muse et prostituée, aviatrice et docteur, et comtesse aux pieds froids, et chatte langoureuse sur un toit brûlant.

Elle a fait tout cela, et ce n’est rien encor, sans sortir de son lit.

Il lui reste des mondes à serrer dans ses poings, et des éternités palpitantes à vivre.

Oui ! Car depuis toujours, sans arrêt, elle lit.

Et sa voie, et sa voix se fondent dans les livres.

cél

 “La Femme qui lit”, de Jean-Jacques Henner (1883)
23 mars 2013

Participation de Cavalier

 

Leçon de choses

 

En quatre, oui, il faut quelquefois savoir se mettre en quatre pour faire avancer la science. Et ce n’est pas toujours facile, mais bon…

- Cavalier, Cavalier, vous n'auriez pas vu un petit chat tigré ?

Ah ! Tiens, voilà la Mère Michel... Enfin, quand je dis Mère... Plutôt belle comme Mère... Moitié rousse, moitié blonde, avec un joli petit nez retroussé sur sa frimousse polissonne. Et des jambes ! Longues !

- Oui, en effet, j'ai chez moi, bien au chaud, un magnifique chaton gris.

- Rendez-le-moi ! Espèce de Lustucru !

- OK, OK ! On y va, on y va Mère...

- Dites donc, c'est quoi tout ce foutoir dans votre garage ? Tous ces instruments et tous ces fils ?

- Prototype de modem ADSL à démonter le temps, chérie. Venez, votre Minou, c'est par-là !

- Une boîte ! Mais que fait-il là-dedans ?

- Ecoutez ! C'est très simple... C'est une expérience quantique classique. Une expérience pour un TP de mon prochain ouvrage didactique, à savoir : si le compteur Geiger, qui est à l'intérieur de la boîte, détecte la désintégration d'un seul atome, un marteau frappe une seringue de cyanure directement dans le gosier de votre greffier…

- Assassin ! Il est mort alors !

- Pas si vite, petite... La probabilité pour qu'il soit vivant est la même. Tant que l'on ne regarde pas dans la boîte, il reste dans un état quantique vivant/mort grâce à la fonction d'onde Psi de notre atome. Psi, étant telle que :

Somme de - l'infini à + l'infini de Psi carré dxdydz = 2

- Quoi ! Assassin, assassin !

- Mais quoi !?

- C'était dxdydz = 1 ! Connard !

- Heu !... Oui. Vous avez raison, c'est bien 1 ! (???) Que j'ai mis... Minou, lui, il ne sent rien, pour l'instant ; il est mort/vivant, sit venia verbo, tout mélangé, ou tout brouillé si vous voulez, en proportions égales avec l'atome.

Ecoutez, l’expérience doit durer une heure, il reste trois longs quarts d'heure à attendre. On fait une petite pause ? C'est paradoxal, mais j'ai ici un petit divan, qui lui est bien vivant.

- OK ! Pourquoi pas... Mais trois quarts d'heure, pas plus ! Juré, promis, hein ?

Un peu plus tard, la Mère Michel s'en retourne chez elle, toute guillerette, son tigré Schrody bien vivant sous le bras. Qui l'eût cru ? ...

 

cav1

 

 

 

23 mars 2013

Participation de rsylvie

    rs1

rs2

23 mars 2013

La Leçon des livres‏ (Sebarjo)

 

Slam à 2 balles
 

Quand j'étais petit garçon,
Mes toutes premières leçons,
Je les ai apprises à l'école,
Pour prendre mon envol,
En lisant mon premier livre,
J'allais savoir ce qu'était vivre.
On m'avait dit mon enfant,
C'est en lisant et en écrivant,
Que tu traceras ton chemin,
Que tu tisseras des liens.
Rien ne sert d'être une teigne,
Tais-toi et retiens ce que l'on t'enseigne.
 

J'avoue que d'abord le goût
fut plutôt du dégoût,
Que je n'ai pas eu presto illico
L'ivresse du livre.
Il a fallu que je mette un peu d'eau
Dans ma détresse de l'ivre.
J'étais alors le roi des aveugles,
A trop me regarder le nombril,
A trop croire que j'étais le seul
En ce monde, à perdre le fil,
Comme un pied-bot
Au pays des funambules,
Une patate ramollo
Au milieu des tubercules.



Mais un jour je suis tombé sur ce bouquin,
Oui-Oui et le magicien.
Les mots se sont enfin révélés,
J'ai lu les phrases en entier,
Sans même m'arrêter.
Ce fut une onde de choc,
Et estomaqué par ce coup d'estoc,
J'ai lu un autre bouquin,
Puis encore un et encore un autre.
Et j'ai compris que pour être quelqu'un,
Il fallait être aussi quelqu'un d'autre,
Être à la fois Oui-Oui et le magicien.



Les livres m'ont donné une bonne leçon,
Et c'est grâce à eux si j'écris des chansons,
Si aujourd'hui ne ressemble plus à hier
Et hier plus à avant-hier.
C'est grâce à eux si ma vie
Au jour d'aujourd'hui,
C'est trop d'la balle
Et que j'fais des slams à deux balles.
Vous m'direz des slams à deux balles
Ca vaut pas bien cher,
On n'y gagne moins qu'on y perd,
Que c'est vraiment pas du lourd
Et que ça vaut pas l'détour.



Okay, Mais si c'est pas Du lourd,
Mieux vaut entendre ça Que d'être sourd,
Car il faut qu'tu saches, brother,
Que si mon slam est pas tagué au marquer,
Pas aseptisé au karcher,
Pas ciselé au cutter,
Pas fondu dans du beurre,
Pas dit avec des fleurs,
Il faut qu'tu saches, brother,
Que c'est écrit avec le cœur.
Alors okay c'est pas du lourd,
Mais mon slam c'est de l'amour.
 

Alors okay c'est du p'tit slam
Mais c'est le reflet de mon âme.
C'est pas du lourd,
Mais mon slam c'est de l'amour.

 

alt : Noomiz

 

23 mars 2013

CE QUE J'AI APPRIS DES LIVRES, PARDI ! (joye)‏

23 mars 2013

Le SON délivre.... (Violette)

SONnaillant au bout de l'hameçON, les âmes SONt dans cette SONate si SONore . Un caisSON de SONo dans la maiSON du garçON , ça SONne fort  penSONS nous? Quelle bonne raiSON pour SON polisSON de pinSON ! DanSONs le madiSON......

Chut.......et chute.....CesSONs d'en faire un livre......Elle, elle y SONge..Pas d'autres chanSONs.......Le SON délivre....fut sa leçON........

23 mars 2013

Participation de Tata Béa

Ce que m'ont appris les livres ... d'eux

Ploc, ploc, ploc...
Les gouttes gouttaient lentement, d'un rayonnage à l'autre dans le silence de la nuit.

« Tiens, il pleut... » pensais-je dans l'innocence du sommeil. Plac, plac, placplacplac... « Ah mais non il ne peut pas pleuvoir sur moi ! » réagis-je dans la panique du réveil.
Mais j'avais la joue mouillée, la tête mouillée, le cou mouillé...De l'eau me tombait dessus et aussi à côté ! D'un bond je fus hors du lit, dans la flaque. Splach, splach, splach « Il y a de l'eau partout ! » pataugeais-je désespérée dans le froid du désastre.

Quand je fis de la lumière (en entrouvrant les volets) je vis l'eau qui dégoulinait le long des murs, depuis le plafond entier, sur le sol, le lit...sur ma bibliothèque ! Elle ruisselait, dégouttait, pleurait de sa rage impuissante à se laisser tremper sans rien faire.
Mes livres s'avachissaient, s'ouvraient, se tordaient sous le poids de cette eau intruse.

J'ai pensé à toutes les bibliothèques dont j'avais lu les destructions : Alexandrie, Rome, celle du « Nom de La Rose », celle, reconstituée, dans le « Jeu de l'Ange ».. mes bibliothèques fantasmées, disparues, rêvées dans ces livres qui s'abimaient sous mes yeux.

Les livres forts, ou futiles, militants, dispensateurs de savoir, de douceur, de beauté, d'exemples. Ceux qui avaient calmé mes angoisses, provoqué mes émois, nourri mes curiosités, ils étaient de papier, fragiles et destructibles : pages de chiffon, remplies de signes noirs, symboliquement protégés par leurs couvertures fanfaronnes ou sobres.
Ils pliaient devant un simple filet d'eau, laissant fuir de leurs pages l'encre de la connaissance.
J'avais de l'eau sur les joues.

23 mars 2013

participation d'Adrienne‏

Désolée, pas le temps d'écrire, les livres m'attendent pour ma leçon!

23 mars 2013

livrer en vrac‏ (titisoorts)

Tu es mon livre d'aventure, tu es une fenêtre donnant sur l'extérieur, tu es une porte de sortie qui change mon intérieur, tu es ce que je serre le plus souvent les soirs de solitude, tu es la connaissance, la reconnaissance, tu es le pont entre le coeur et l'âme des écrivains, tu es l'amour en livre sans en faire des tonnes, tu es palpitant, tu es excitant, tu es navrant, tu es marrant, tu es par mes mains et par mes yeux, tu es touchant jusqu'à mon âme , ma façon de penser, de me passionner, de me façonner, tu es lorsque je broie du noir, l'oubli et je tourne la page, tu es un endroit où je pars, une rencontre où je me réfugie où je me cache, ou je vis une autre vie, tu es un dominé, un réconfort, un mythomane, un fasciné, solen, un lamineur,  si mule, tu es le temps qui passe, la mémoire qui reste, tu es mensonge, une vérité, tu es pris hier ce que le corps rends, tu es signé, tu es masqué,livre blanc, un primé, tu es un digne, tué l'espoir, tu es la honte, tu hais la vie, tu hais la mort, je t'écoute parler comme un livre, livre d'or, livre de paie, livre de bord, livre de messe , livre factice. La leçon délivre déjà d'elle même, délivre d'une vie maussade, délivre des sentiments, délivre des livres selon si on lit Monstro ou le livre de Karlie Kloss le mannequin trop maigre qui se livre, livre fenêtre de l'âme.  Livre part, chemin et par veau. Une veille femme s'est fait tatouer sur le torse "NE PAS REANIMER"  le lecteur va être surpris. Livre je t'aime.

23 mars 2013

Leçon donnée par l'Oncle TOME à un petit livret ! (MAP)

 

Si tu veux devenir un livre mon gamin, il faut commencer par le B.A. BA !!!

Au départ tu apprends l'alphabet !  Il y a 26 lettres à se rappeler ! Ce n'est pas très compliqué !

Les lettres ainsi apprises, tu  peux commencer à les mélanger, bien sûr pas n'importe comment !

Alors apparaîtront des mots ! Des petits, des grands, des gros, des longs, des tarabiscotés, tout un cortège  …

Mot à mot pour commencer en douceur !

Mots d'ordre pour le rangement !

Mots croisés pour signaler les carrefours !

Bon mot pour épater la galerie !

Quand tu seras bien au point tu pourras  continuer à jouer avec les mots et qui sait écrire un poème !

Ce sera déjà un bon début !

Allez,  je te donne un exemple :

 

Bien souvent  au bout de la langue

les mots refusent de sortir !

Alors commence une recherche,

dans les tréfonds de nos mémoires.

Mots emmêlés, mots oubliés

il faut trier - pour être honnête

cela peut prendre un certain temps-

mais quel plaisir : redécouvrir

les petits et même les gros !!!

On les croyait bien oubliés

partis, envolés, effacés

en cherchant attentivement

fantômes flous ils apparaissent

et peu à peu reprennent vie

On peut même les situer

dans le lieu où en tout premier

nous avons pu les rencontrer :

 

Sur les pages de nos grammaires

mots doux, mots choux, hiboux, genoux …

Au coin d’une ruelle sombre :

mots rudoyés et molestés ….

Sur les chemins et sur les routes :

à toute allure :  -motorisés-

Comme des chèvres en Afrique

-ne dit-on pas : le Mozambique- ?

Les mots polis qu’on dit en ville

véritables termes urbains …

Et les petits mots rigolos

qu’on trouve écrits sur les gâteaux

-ces délicieuses gaufrettes- !!!

…………..

Je finis ici ma missive

la suite en un prochain courrier.

 Aux grands mots, les très longues lettres

aux petits mots : les « post-scriptum » …

Et si vous trouvez des mots fous

bien vite allez le dire à Rome !!!

23 mars 2013

Reader Digeste (Vegas sur sarthe)

Du plus loin qu'il m'en souvienne j'ai toujours aimé - avec l'heure de la cantine - cet instant où l'instituteur nous disait “Ouvrez vos livres...” car c'était pour moi ce même moment magique que celui où le rideau du théâtre s'entr'ouvre au troisième coup de brigadier. Alors commençait le rêve, une irrésistible quête de nourriture spirituelle...
Ainsi j'ai dévoré Le Petit Prince, j'ai tout LU de cet enfant qui aimait les fleurs, les moutons et surtout les biscuits avec beaucoup de pépites de chocolat pur beurre de cacao.
J'ai longtemps cru que Saint Exupéry était le proviseur du lycée de Marseille avant d'apprendre que son livre était le plus vendu dans le monde après la Bible qui elle aussi nourrit son homme!
Puis sur les pas d'Anna Karenine, j'ai appris qu'à Saint-Petersbourg beaucoup de gens avaient des noms en ski à cause du climat.
Un roman aux senteurs de vodka accompagnant des blinis chargés de bélouga noir... c'est pas du caviar, ça?
J'ai aussi découvert que l'Assommoir était le 7ème volume des Rougon-Macquart ou quelque chose dans ces eaux-là.
Ah que j'aurais aimé être là quand l’oie fut sur la table, énorme, dorée, ruisselante de jus... On se la montrait avec des clignements d’yeux et des hochements de menton. Sacré mâtin ! quelle dame ! quelles cuisses et quel ventre ! Je sais, c'est de la gourmandise mais j'en ai repris des chapitres!
Dans La gloire de mon père, j'ai appris que la bartavelle se cuisinait comme le lièvre à la royale sauf qu'on prend une perdrix.
Permettez-moi un conseil du grand gastronome et critique culinaire Curnonsky - qui avec un tel nom vécut peut-être à Saint-Petersbourg - qui disait ceci : Evitez la cuisse gauche de la perdrix, car c'est sur celle-ci qu'elle se tient perchée, ce qui gâte sa circulation sanguine et rend la chair dure.
Pour ceux qui auraient l'intention de cuisiner un dahut droitier, évitez de manger les pattes droites pour la même raison!
Pourquoi diable toutes ces lectures me ramenaient-elles toujours au plaisir du ventre et de la table? Je n'en sais rien mais c'est ainsi.
D'ailleurs je me souviens m'être délecté du Cidre de Corneille autant que j'ai détesté la nausée de Sartre... comme quoi on n'est jamais trop prudent en choisissant ses oeuvres et ses hors-d'oeuvre.
Quiconque a lu le Cidre ne peut pas oublier ça:
La saveur n'attend point le nombre des navets
ou encore:
Rodrigue, qui l'eût cru? Chimène, qui l'eût cuit?
et le sublime, même si la portion est congrue:
Nous nous vîmes trois mille à manger sur un porc!
Rien qu'à évoquer ces tirades célèbres je sens comme une lourdeur d'estomac.
Heureusement j'ai un truc infaillible. Allez, je vous le donne:
un grand verre d'eau pour dissoudre trois lignes d'Alka- Sulitzer... Radical !
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