La solitude qui m’étreignait ne m’avait jamais été indispensable pour écrire.

Cette simple éventualité de diner seule que se soit au restaurant, ou à l’hôtel en ville, ou dans ma chambre me désespérait.

Sauf qu’il était trop tard pour sortir et qu’il avait bien fallu tout ce temps d’écriture pour avancer la pièce de théâtre.

Et dopé par la perspective de me retrouver en compagnie de Proust je décidais de lire, jusqu’à ce que le sommeil s’empare de moi.

Mais comment peux-tu devenir un grand écrivain si tu t’exclus de l’humanité,

Cette voix dans mon demi-sommeil sonna si fort à la porte que je crus distinguer une jeune femme mon livre à la main.

Je suis votre lectrice dit elle et elle plongea sa main dans son sac pour y sortir un deuxième livre dont la couverture m’était familière

Je trépignais dans mon lit car en dehors d’écrire et de lire, je ne savais, pas mener une conversation.

Pourquoi écrire si ce n’est pour transmettre dit elle en se penchant sur mon visage ?

C’est la première fois que je croise quelqu’un qui lit mes pièces m’entendis je dire !!

Vous ne voulez pas savoir ce qu’il se passe dehors pendant que vous écrivez ?

Non je ne sais pas et je ne veux pas savoir !!

En tout cas ce n’est pas demain la veille que les gens vont ouvrir tes livres !!

Et si vous écriviez plutôt un polar ?

Certainement pas !

Ça ne doit pas être drôle d’être condamné à la résidence surveillée ?

Alors comment vous êtes arrivée jusqu’à moi ??

C’est votre inconscient qui m’y à invitée

J’ai sonné et vous avez dit « : entrez «  !!!!

Aung San Suu Kyi