732 Oeufs de Colomb ou Quel est le Fabergé des gourmands ?
Mais, qu'est-ce que tu vas nous pondre, Ronchonchon ?
Après avoir tenté sa chance auprès d'une nana-reuxique, Ronchonchon a décidé de persévérer sans tenir compte des conseils de Kate. "Kate, va te faire cuire un oeuf ! cordialement" comme dirait Joe, pas Monsieur Krapov, un autre Joe. Peut-on en déduire que les personnes qui portent ce prénom ont de l'humour ? Kate, ce n'est pas pour autant qu'on a un oeuf à peler :) ?
Après tout, c'est le projet de Ronchonchon de trouver une petite cochonne. Il ne va pas le tuer dans l'oeuf. Il est certes en attente d'une éclosion, mais il ne va quand même pas finir tout seul, juste pour une histoire d'abandon !
Ronchonchon a décidé d'adopter une nouvelle stratégie, en ne mettant pas tous ses oeufs dans le même panier. En plus des sites de rencontres pour cochons, il est parti à la rencontre des petites poulettes directement au rayon cocotte en chocolat.
Tout en essayant de marcher sur des oeufs afin de ne pas froisser la jolie poule de luxe qui s'extasiait devant les oeufs kinder, Ronchonchon tenta une approche : "On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs pour avoir la surprise..." Quelle surprise, en effet, lorsque la galinette lui lança "eh crâne d'oeuf, tu me lâches maintenant".
Ronchonchon s'est pris encore un vent, il s'est fait "tej" Il faut croire que ce n'était pas une coq-uine, oeuf corse, on ne mélange pas les cochons et les galinacés.
Décidément, même les nana-non-reuxiques (expression à rendre à son propriétaire Joe Krapov) ne veulent pas de lui.
Bien souvent je me dis que tout cela a un sens. On ne peut décemment pas, semaine après semaine, proposer à la réflexion d’autrui un mot de la langue française et récolter sur un site appelé « Le Défi du samedi » les définitions farfelues que rédigent des gens des quatre coins de l’hexagone, du fin fond du royaume d’Iowa ou des hauteurs incommensurables de l’Olympe belge, sans qu’il y ait de concertation entre eux ni de synthèse finale pour inscription dans le marbre d’un dictionnaire académique, et n’avoir pas en vue un objectif, caché aux autres participants, peut-être inatteignable mais forcément antiproustien comme ne le laisse pas supposer cette phrase à rallonges dans laquelle je me suis à nouveau embarqué (comment vraiment, je peux m’arrêter ici ? Ah oui, ça tient debout à la relecture même si j’aurais mieux fait d’écrire « sans avoir en vue » mais ça faisait une répétition pas claire).
Non, c’est vrai. Ça cache forcément quelque chose. Il y a anguille sous roche, entourloupette ou vieille magouille de derrière les fagots si pas complète arnaque.
Et voyez-vous, cette semaine, en listant les sujets sur lesquels nous avons planché ces quatre dernières années, j’ai trouvé !
Ça m’est venu en constatant la présence dans la liste des mots « bachi-bouzouk », « ectoplasme », « rastaquouère » et « sagouin » clairement désignés parfois comme éléments de langage du capitaine Haddock (Archibald pour les dames).
Les mots sur lesquels nous planchons sont des insultes ad hoc pour ce projet à long terme de notre oncle préféré : scénariser, dès que l’oeuvre d’Hergé sera tombée dans le domaine public, à partir de nos élucubrations hebdomadaires, de nouvelles aventures de Tintin et Milou.
Vous me direz certes, comme le personnage de Fernand Raynaud avec son fût du canon, qu’il va se passer un certain temps avant que les éditions M**lins*rt ne lâchent leur emprise sur la machine à cash. Mais ce serait oublier que l’oncle Walrus et moi-même faisons partie de la même famille aux caractéristiques très spéciales : nous sommes immortels. De plus « Patience et longueur de temps font plus que force et que rage » est la devise des chauffeurs de taxi bruxellois dont notre éditeur-entourloupetteur est le maître incontesté.
Des preuves de ce que j’avance ? Tout de suite, avec ce document tombé de sa poche alors qu’il promenait son chien qui est une chienne et que m’a transmis un voisin ramasseur de détritus (!) rencontré sur son trajet dans le domaine des Trois fontaines :
Bon... Faisons le point sur l'horizon Il n'en jaillit nul zythologue (à peine une divine morgue) pour une tournée de barons
Ils s'en moquent bien, les garçons - sans considération pour leur âge... rentrés de leurs marins voyageS le coude levé, sans façon
Eh, quoi ! On sait qui c'est qu'est mort dans le chenal, coupé en deux par les pales des ambitieux travers de riches - vilains porcs !!
Retour à quai, que dire aux veuves ? Un chant marin n'y suffit pas... Quoiqu'il invoque un Au-Delà dont nos âmes meurtries sont la preuve
Et merde ! Encore un de nous mis en miettes pour une pêche à la crevette... Allons... Allons... C'est l'heure de la mise en bière Pardon... Pardon ! Femme, fille, sœur et mère J'embrasse ta douleur amère
Sur la rive océane où l'algue fait la morte et la méduse échoue, éteinte en bout de course je marche d'un pas lourd, le nez dans la Grande Ourse attendant, espérant que s'ouvre en fin la porte onirique ayant pris rendez-vous avec le féerique
Ici, j'explique un peu... J'avais laissé en gage un brin de mes cheveux aux naïades qui m'ont sauvé, d'un chant, de la noyade
Rétribution atlante (librement consentie) pour être encore en vie (malgré ma peine aimante)
Et me voici, ce soir, à l'heure convenue devant les lents rouleaux, prêt à rendre mon dû (une mienne recette à base de crevettes)
Nulle ombre à ce tableau surhumainement plein des souffles du marin des vagues en écho
Soudain, voici que l'onde se fait plus moussue que Lune porte ailleurs son regard pâle et cru et surgissent des vagues trois superbes naïades !
Ô Rêve ! Tu as tenu parole et règnes sur la grève...
Nous parlons; nous chantons; nous nous mettons d'accord... à elles ma recette et je garde mon corps
Garantie annoncée (quelle que soit l'époque) je leur livre le tout avec, en prime, un wok
Quand je suis tombé sur la chose dans une des salles du musée Unterlinden à Colmar (Haut-Rhin, département 68, France), j'ai même pas eu peur ! (pourtant parfois, y aurait de quoi !)
Pour tout dire, j'ai même pas été surpris, je n'avais jamais vu le truc auparavant, mais je savais que ça existait : dans ma collection de CDs que j'ai dû ranger dans des classeurs parce qu'avec leurs boîtes, je ne savais plus où les mettre (malgré qu'à l'époque j'occupais un appartement trois chambres, deux caves, deux garages), il y avait un coffret consacré aux instruments baroques.
Non, j'ai pas gardé le coffret j'ai retrouvé l'image sur le net.
Glass harmonica ça s'appelle (en allemand en tout cas). Le mec qui a inventé ça, ce devait être un ostrogoth de mon espèce qui s'amusait à faire chanter les verres de cristal en faisant tourner sur leur bord le bout d'un doigt trempé dans leur contenu. En praticien avisé, je recommande l'Alsace grand cru Kaefferkopf Riesling "Vieilles Vignes" 2018 de Jean-baptiste Adam à Ammerschwihr, lequel produira, c'est écrit dans sa présentation, "de subtiles notes de miel et de fleur d'acacia" ! De quoi vous envoyer direct au paradis en compagnie du divin Mozart (c'est pas moi qui le dis, c'est l'Adrienne !).
Dans ce coffret, on trouve quelques instruments qui n'ont vraiment pas usurpé leur appellation "baroque". Le plus étonnant reste pour moi la tromp·ett·e marine : un truc monumental autant que monocorde sans doute lui aussi sorti de la tête d'un ostrogoth (ou d'un wisigoth, ou d'un zigoto)
Ça nous change des sifflets à eau du père Mozart (ben oui, Léopold) dans sa symphonie des jouets... Newo ?
Personnellement, je n'en ai vu qu'une de ces (ou ses) expos : celle du Cinquantenaire à Bruxelles en 2004. Elle s'est déroulée dans le Musée de l'automobile, nous y étions allés avec nos petites-filles. C'était en février et à l'époque février était encore un brin frisquet, y a qu'à voir les chaussures des gamines.
C'était un peu bizarre ce mélange de Chats et de vieilles chignoles.
Bref, pour nous réchauffer, nous avons clôturé la visite au resto de l'endroit et les filles ont joué leur petit Geluck en attendant les plats.
Ouais, bon, y avait pas de quoi monter une expo et d'ailleurs, je ne m'appelle pas Geluck, ni même Docteur G !
Quand j’ai vu la lumière, j’ai su qu’un chemin se dessinait. ce sont ces premiers mots. Puis il s’est assis sur ce banc. Je n’avais pas cessé de l’observer.
La nuit dernière un rocher entier s’était effondré. ENSEVELI SOUS DES GROS ROCHERS il était arrive jusqu ‘ici .
On avait soi-disant sauvé tous les habitants des décombres.
Pourtant, on pouvait observer du plâtre sur sa veste usée. Il ne paraissait pas convenable que je l’aborde de front.
Sans nul doute il venait de vivre un évènement qui avait mis sa vie en péril.
Le recours à une langue ne me paraissait plus du tout approprié. On aurait dit que toutes ses journées s’étaient évanouies dans l’air et que cette dernière journée avant la nuit le retenait prisonnier. Les heures que j’ai passées à ces côtés dans ce silence retenaient les mots comme on garde dans un musée un objet d’art.
Cette nécessité de faire silence s’imposait d’emblée, comme si ce fracas avait cassé sa mémoire.
Pourtant ce qui s’était produit était derrière lui, mais j’ai tout de suite eu l’intuition que cette explication ne serait pas suffisante pour le faire parler. Le récit de l’effondrement du rocher contenait peut-être une partie de sa vie, mais ce calme recouvrait bien autre chose que j’avais décidé de découvrir.
Il m’est venu alors une idée un peu folle. Je me suis tournée vers lui et je lui ai dit je vous crois.
Je savais que cette affirmation n’était pas neutre, mais elle lui permettrait de récupérer du vertige que le temps avait produit sur lui .je traquais son regard, le tremblement de ses mains j’obtiendrai sans doute un silence rebelle. Mais je savais que rien dire ne ne signifiait pas ne pas entendre.
Quelque chose d’un éclat enveloppait sa présence. Une sorte de grâce, capricieuse, mais fidèle.
Au Fur et à mesure que le temps passait sa mémoire, lacunaire ne cessait de me jouait des tours.
Je me suis levée devant lui et je lui ai demandé s’il croyait en Dieu .je l’ai entendu murmurer d’une voix grave/ je distingue des corps allongés sur la bas coté ce sont des croisés.
Était-il possible qu’un homme n’oublie rien de la route qu’ont prise les chrétiens ?
On aurait dit qu’aucune réalité des croisés n’avait péri en lui. Était-il possible que je sois assise à côté d’un chevalier de malte sorti des décombres de l’histoire.
Que pouvais-je faire de ce que cet homme avait métabolisé dans cet effondrement ?
Son récit serait-il audible ? Fallait-il que je refuse son récit, mais alors il arrêtait de parler. Et si l’intelligibilité du monde passait par ce que nous refusons de nous représenter ?
Il ne se suffisait pas que cet homme se mette à parler, il fallait que j’accepte de l’entendre.
Alors je l’ai cru et ce qu’il m’a dit m’a sidérée.
Il se sentait tout à fait étranger à l’agitation ambiante, comme si la question de sa survie n’avait à ses yeux aucun intérêt. C’est à cet instant que j’ai remarqué une pochette de velours bleu qu’il avait gardé sous son bras .Il me dévisagea d’un air surpris . je voyais bien son hésitation à parler , mais il finit par dire le linceul et le sang du christ .
Nous sommes peu à être les dépositaires de ce sang. Mon cœur battait à tout rompre, je mémorisais les détails dont était fait son récit. Quand une voiture de la police est arrivée sur les lieux de l’effondrement. Ils se sont approché de l’homme et lui ont demandé s’il souhaitait aller à l’hôpital , je suis intervenu et j’ai dit sans réfléchir oui c’est nécessaire je vais l’accompagner .Il était si singulier , si impénétrable , que je me suis imaginé un instant que la science verrait plus clair que moi sur cet homme .
Le troisième jour de son hospitalisation j’ai été appelée par le professeur Claudel du CHU deBretagne. Il était préoccupe par ce cas et me demandait de venir de tout urgence.
Quand je suis rentrée dans la chambre j’ai immédiatement ressenti le malaise de l’équipe médicale.
Nous avons fait des analyses de sang de ce patient. Elles sont tres surprenantes dit le professeur . Elles n’appartiennent à aucun genre humain connu sur notre planète .Il semblerait que l’ADN ait été modifiée . Comment avez-vous rencontré cet homme me dit une infirmière.Je n’ai pas souhaite répondre à leur questions , je trouvais qu’ils empruntaient une mauvaise voie .
J’ai demandé alors s’ils avaient déterminé son âge.
Il aurait d’après lui 2023 ans. Il dit être né à la naissance du christ à Bethleem .C’est lors d’une transfusion sanguine que jésus christ aurait d’après lui donné son sang pour une assistance médicale connu des nazaréen .
Il m’a pris le bras , il souriait amusé de créer autant d’effervescence .Je m’appele Pierre dit il d’une voix douce , son mutisme avait laissait la place enfin à une parole . La muraille s’effritait en ma présence . il vous a choisi dit le professeur , vraisemblablement il ne souhaite pas être hospitalisé mais son cas est si précieux que nous souhaitons conserver quelques flacons de son sang .
Je ne pouvais répondre pour lui .Pierre se leva dechira les pansement qui retenait son bras . il regarda le professeur et lui dt . je sais ce que vous rechercher le GRAAL . mais vous n’êtes pas en mesure de recevoir cette immortalité .
Votre ADN est incompatible avec le sang du christ.
Le matin du premier janvier, dans le parc d'Ostende - le plus grand, celui qui s'appelle Marie-Henriette mais que les Ostendais appellent 'het Bosje', le Bosquet, et qui est si labyrinthique que l'Adrienne s'y perd chaque fois qu'elle veut y essayer un autre chemin que celui qu'elle prend habituellement - bref ce matin-là un cormoran faisait sécher ses plumes.
Pose parfaite pour la photo d'un emplumé, et comme le séchage prend infiniment plus de temps que le mouillage, l'Adrienne a eu largement l'opportunité de se décider, de déposer ses bagages, d'enlever ses gants, de sortir l'appareil, de faire quelques réglages: la bête n'a pas bougé... d'une plume :-)
Merci à elle et un tout grand merci à toi, Walrus, de tenir à toi tout seul notre ménagerie!
Mocassins à pampille ou richelieu noir c’est qu’on ne rigole pas à Saint-Paul de Vence le samedi soir sur la place des pétanqueurs.
Ils sont tous là, acteurs cinéastes. Ce look sent à mille lieux le contrôle fiscal.
Ce n’est pas comme mon tonton qui tous les hivers se frappe une partie alors qu’il fait -1° !!
J’aimerais leur dire, venez ici en basket et sans ceinture, cela vous évitera d’avoir l’air ridicule à la fouille, car on vous enlèvera tout ce qui est susceptible de vous faire mal. Quand vous irez à la santé !!
Il n’y a rien de plus humiliant de voir mon tonton se retenir le pantalon d’une main et tirer de l’autre. Mais quand il tire mon tonton, il sait leur mettre un genou à terre à tous ses milliardaires.
Je sais on m’a rebaptisé Saint-Just aux petits pieds. Je rêve d’un monde égalitaire sans tricheur.
Ils ont l’air si soucieux de leurs allures, toujours bronzés.
Cependant l’alignement des planètes heu !! Des boules de pétanque n’a pas été rectiligne cet été. En coulisse les couteaux se sont aiguisés et les gens du cru ont décidé de les faire fanny.
Par Jésus-Christ en chemise brodée fallait les voir se prendre la raclée du siècle.
Ils avaient tous sorti leur tabac à chiquer les vieux, les porches flambant neufs ressemblaient à des tuiles après une tornade tant s’annonçait la déculotté du siècle.
On aurait dit soudain qu’ils avaient tous grandi à Harlem, les jurons fusaient, fuck, fuck fuck . Cette langue plaisait à l’équipe adverse qui y voyait le pendant de leur langue indigène. Tonton était en train de les envoyer dans un pot de chambre.
Vous ne pouvez plus tirer avantage de vos statuts d’artiste ici vos têtes vont commencer à tomber !!
On ne devinera pas à tel point cette victoire sur eux a bouleversé la pétanque ici.
Depuis tous les étés, ses grands vertébrés à sang froid, créé à l’image de Dieu se sont passé le mot et viennent chercher la grande humiliation.
Dans un crissement de pneu quand on a vu arriver Sean Connery en personne tonton n’y croyait pas.
La pétanque je sais c’est un sport marginal, mais reconnaissez que battre James bond, ce n’est pas donné d’emblée.
Mais pour battre tonton et ses cousins, il faut être un sacré poids lourd.
Pour Sean ce fut la retraite en rase campagne avec sa casquette à l’envers et sa barbe de 9 jours. L’espoir venait de changer de camp .
C'est ainsi qu'on salue une personne se trouvant à une fenêtre dans ma région natale.
Vous n'avez pas compris ? Je pourrais vous dire de demander à Madame Chapeau, elle vous traduirait ça les doigts dans le nez ! Mais pour les quelques rares personnes qui pourraient ne pas y être arrivées toutes seules (donc sans doute pour personne), je traduis : "Le singe est à la lucarne, il fera beau demain".
N'allez pas jusqu'à me demander ce qui lie la constatation à la prédiction, ma sagacité a des limites !
Le singe en question (sur la photo sujet) est ma fille au prénom gallois, quand elle arborait encore sa toison flamboyante.
La photo a été prise dans l'église de Blythburgh
Une église énorme pour un patelin plutôt petit (≈ 300 âmes, hameaux compris).
Quoi ? Vous ne voyez pas bien le côté flamboyant ? Qu'importe, j'ai une autre photo de la même époque :
Ouais, c'est un peu flou, on ne peut pas tout avoir, hein, c'est une vieille dia...
Chat alors ! J’ai laissé passer la mi-août sans clamer avec Ray Ventura qu’à cette époque de l’année « c’est tellement plus romantique » !
Avant de déménager vers notre résidence d’automne ou notre palais d’hiver - en fait je ne bouge pas, je ronronne chez moi après mes folles nuits sur le toit - je passerai en revue cette semaine la gent féline, les Raminagrobis de tout poil qui encombrent ma mémoire quasi inutilement puisque, à part mon épouse, je n’ai pas d’animal chez moi. « Je n’ai jamais eu de chat, ou alors y’a longtemps ou y sentait pas bon » (Jacques Brel). C’est parti pour une partie de mistigri !
Puisque nous sommes dans la chanson commençons par là : le père Lustucru, qui est pourtant bonne pâte, n’a toujours pas retrouvé le chat de la mère Michel. C’est dommage parce que c’est peut-être dans la queue de ce chat-là qu’était caché l’esprit cher au médium dans la chanson des Frères Jacques. Henri Salvador, déguisé en matou, n’a toujours pas capturé Minnie la petite souris. Aristide Bruant cherche toujours fortune autour du « Chat noir », cabaret dans lequel j’ai trouvé beaucoup de mes amis. Georges Brassens regrette toujours cette « Putain de toi » qui a posé sur lui sa patte de velours et la jeune bergère Margoton qui dégrafait son corsage pour donner la gougoutte à son chat. Steve Waring, « l’inchantable », n’a pas pu se débarrasser de son matou qui revient dans ses pattes le lendemain matin, même quand on l’expédie en fusée trouver une place idoine à ce fêlé d’Elon.
A côté de celui-là, bien qu’il soit plus célèbre encore, le chat qui disparaît en laissant son sourire en place à Chester, au Cheshire et surtout dans le pays des merveilles d’Alice de Lewis Carroll est d’une discrétion et d’une distinction rares. Il en est d’autres qui la ramènent un peu plus comme le Chat botté ou celui qui est perché sur les contes de Marcel Aymé. Je ne vous embêterai pas avec Parpagnacco, le chat de Venise dû à la plume de Louis Guilloux car personne ne le connaît à part mon vénérable beau-père et moi-même. Il doit bien traîner chez Madame Colette ou M . Léautaud des textes sur leurs nombreux chats.
Anthropomorphe ou pas, le chat a pris sa place près du radiateur chez le cancre du fond qui préfère aux livres les bandes dessinées. Hercule s’entend tellement comme chat et chien avec son ennemi Pif qu’il arbore en permanence un sparadrap sur son museau jamais placide. Le siamois du capitaine Haddock donne au chien blanc Milou, dans les Sept boules de cristal, l’occasion de créer un mémorable ballet graphique dont Nestor, le majordome, est la malheureuse victime. Le chat de Gaston Lagaffe mène avec la mouette rieuse une autre danse affolante dans les locaux du journal Spirou. Pour des raisons purement idéologiques je connais moins Pat Hibulaire qui officie chez M. Disney. Autour de moi on aime beaucoup « Le Chat du rabbin » mais j’apprécie assez peu le dessin de Johan Sfar et le graphisme des bédés d’après l'an 2000. Félix le chat n’est jamais passé par chez moi, de même que Titi et Sylvestre (Grosminet ?), Garfield, Tom et Jerry mais je les connais et j’ai eu droit aux joyeux délires partouzards du dénommé Fritz the cat de Robert Crumb, surtout au cinéma. On est loin ici, j’imagine, de « L’Espion aux pattes de velours » et des « Aristochats » de l’oncle Walt. Et des vidéos de chatons envoyées sur internet. J'ai aimé aussi les calembours de Siné à propos de l'animal moustachu.
Retrouve-t-on un peu de dignité avec le « Duo des chats » de Rossini ? De quoi parle « La Chatte sur un toit brûlant » ? Qui connaît les jolis chats de Ronald Searle qui me séduisirent à Paris lorsque je vins m’y poser à l’âge de vingt ans ? Le groupe de rock-twist des années 60 « Les Chats sauvages » a-t-il laissé un titre impérissable avant de nous faire cadeau de Dick Rivers ? Qui se souvient encore, à Rennes, du café « Le Chat qui pêche » qui se trouvait place Saint-Germain ? Pour toutes ces questions, je donne ma langue au chat ! Mais dans la lignée des chapitres précédents de cette série d’été, on se rappelle très bien la Pomponnette de « La Femme du boulanger » de Pagnol.
Pour terminer, je souscrirai volontiers à l’idée de Jacques Sternberg selon laquelle toute la société a été organisée pour assurer le bonheur des chats qui deviennent ainsi, sans que les humains s’en doutent, les vrais maîtres du monde. Mais moi, je m’en fiche de cette vision-là : tant que ça ne déménage plus que ça dans ma mémoire, tant que mon unique neurone tient la route quand je monte « marouler » (1) sur le toit, tant que je ne « décaroche » (2) pas, comme disait ma grand-mère, je suis le plus heureux des hommes qui jouent le rôle bonnard de l’imbécile de service.
(1) en ch’ti (ou en picard) : faire la java, la cour, l’amour en émettant d’inqualifiables miaulements pour les chats grimpés sur un toit
(2) : perdre la tête, devenir fou, tenir des propos incohérents, radoter
Longtemps je me suis abstenu d'entrer dans ces édifices religieux que l'on trouve un peu partout en France et en Europe. Il y a, paraît-il, deux églises à Colombey et bien d'autres lieux de culte ailleurs mais ailleurs, je n'y vais pas !
Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais si mon grand-père maternel a été enfant de choeur et si je possède une photographie de mon père et de son frère en premiers communiants, pour ma part je n'ai reçu aucune éducation religieuse.
Je suis ce qu'on pourrait appeler un "self-made croyant" !
J'ai passé dix ans à Paris sans mettre les pieds une seule fois à Notre-Dame ; je ne sais donc pas derrière quel pilier Paul Claudel a éprouvé une crise de foi ou eu révélation d'un partage d'apéro à midi au café "Le Soulier de satin". Je suis allé trois fois à Venise mais je n'ai pas pénétré dans la basilique Saint-Marc. Je le regrette bien car les sols de mosaïque sont, paraît-il, magnifiques. Moi aussi, comme Damien Saez, j'ai été jeune et con !
Depuis quelques années pourtant j'ai évolué et je rattrape mon retard. Je me suis aperçu qu'on ne se précipitait pas sur les athées pour les brûler tout vifs au sommet d'un bûcher quand ils entrent dans la cathédrale de Rouen et qu'il suffisait d'ôter son chapeau lors du passage sous le porche des lieux de culte pour être confondu avec un pratiquant - ou pas -. De toute façon il n'y a pratiquement plus personne pour faire la police dans ces grandes bâtisses souvent sombres.
J'ai commencé par flasher pas mal de temps sur l'architecture insolite de l'abbaye de Solesmes, plantée sur les bords de la rivière Sarthe dans un silence quasi religieux et un cadre bucolique autant que paradisiaque. On a dû mal à imaginer, en contemplant cet édifice, que des voyous comme Joe Krapov et Vegas-sur-Sarthe ont traîné leurs guêtres par là !
L'année où nous avons agrémenté notre visite annuelle dans le Nord d'un séjour "campingueux" à Jumièges nous avons visité l'abbaye mais un vandale appelé Temps qui passe avait tout délabré. Il n'y avait plus là que ruines, désolation et un jeu d'échecs géant.
Je me souviens de la chapelle de Vraž près de Pisek en Bohème, encore en Tchécoslovaquie en 1980. Elle contenait un piano sur lequel mon frère, qui avait alors la dégaine de Jésus-Christ en jeans, a joué quelques morceaux de notre répertoire de rock progres-pous-sif.
Je me souviens des églises en mauvais état de Coutances mais bien plus de la brasserie de la place de la Mairie et du beau jardin public de cette ville normande.
Cette année nous avons rendu visite à l'ange au sourire de la cathédrale de Reims et nous avons adoré le musée du Cloître de Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne. Les chanoines de l'endroit avaient détruit le cloître vers 1760 pour y construire des nouveaux logements. Les colonnes sculptées qu'ils ont jugées peu dignes d'intérêt ont été enfouies à proximité. Elles ont été déterrées récemment, en 1963, et joliment muséifiées à notre intention. Quelle surprise, dites donc : un bon nombre de ces statues représentaient des personnages féminins !
Sans pousser jusqu'aux excès de l'Iran et de l'Afghanistan, force est de constater que les religions ont un problème avec les femmes. Si quelqu'un du reste pouvait m'expliquer en quoi des messieurs restés célibataires ont à se mêler d’histoires de sexe, qu'il se garde bien de le faire ! J'ai décidé récemment, pareil en cela à Jeanne d'Arc, de ne plus écouter que mes voix intérieures et de laisser les fous à leurs folies. "Je ne discute pas avec les cons, disait Audiard, ça les instruit !".
Si je reviens, pour essayer de faire court, à la photo d'église en ruines qui doit nous inspirer de l’écriture cette semaine, je dois avouer que j'entre dans les édifices religieux, bien souvent, pour pratiquer mes dévotions au Dieu Soleil ! Râ ! Apollon ! Here comes the sun ! Quand ses rayons traversent les vitraux colorés et déposent sur les bancs de bois brut et la pierre des allées des pellicules de lumière enchanteresse, je biche ! Je communie ! J'oublie que le monde est peuplé d'un nombre incroyable d'incroyants qui le 15 août, jour férié, jour de l'Assomption de la Vierge Marie, déambulent en foule dès le petit matin dans la rue du général De Gaulle à SGXV *1, mangent des glaces, promènent leur ennui vacancier, lorgnent sur les menus des restaurants tous ouverts, farfouillent dans les produits passe-partout et "made in China" des boutiques de fringues identiques à celles de chez eux et délaissent les petites rues parallèles si typiques de l'éternel vendéen, si belles avec leurs maisons blanches à toit de tuile orange.
Oui, elle va bien vers sa chute, son déclin, sa fin, la "civilisation judéo-chrétienne". La végétation envahissante, le lierre, la mousse sur les pierres, les vitraux cassés ou disparus, c'est pour bientôt. Une religion chasse l'autre. Le nouvel idéal sacro-saint a pour nom "Société de consommation". Sa sainte Trinité s'appelle "Bidoche, Bière et Trucs inutiles". A cette religion-là et à toutes les autres, à leur décrépitude en cours ou à venir, je lève mon verre de limonade ! *2
*1 SGXV = Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée)
*2 Je n'en bois qu'en été, de préférence sur une terrasse au soleil. Elle me fait le même effet que le champagne à Noël. Il y a du reste dans ces deux boissons les seules bulles papales que je puisse tolérer !
Au Sud de la Loire, est-ce déjà l’Afrique ? Ou bien les gens là-bas ne sont-ils tous que des fadas ?
Notre bistrot-mémoire de la semaine sera consacré aux habitants de ces régions où l’eau est si rare que c’est criminel de boucher les sources et que c’est un délit de jouer comme sur cette photo à l’arroseur arrosé (un film des Frères Lumière, natifs de Besançon donc hors sujet !). Amusons-nous avec les gens venus du Sud !
A tout seigneur tout honneur, je viens de rendre hommage sur le site Filigrane à Marcel Pagnol dont j’ai redécouvert « L’Eau des collines » grâce à Jacques Ferrandez, bédéaste bath. Je connaissais les deux films de Claude Berri et surtout la trilogie « Marius » « Fanny » « César » avec son « Tu me fends le coeur ! » de la célèbre partie de cartes. Je peux ajouter les célèbres "moutonsses" de Louis Jouvet dans « Topaze » mais je ne sais pas trop ce que c’est que le « Schpountz » ni qui est « Merlusse ».
Un autre zélateur de la Provence, Monsieur Alphonse Daudet, est né à Nîmes. On connaît bien les lettres de son moulin, sa chèvre de Monsieur Seguin, son curé de Cucugnan, bien plus que le hussard sur le toit – quelle idée de monter là-haut par 38° ! - de M. Giono dont je n’ai rien lu. Je zapperai également M. René Char de L’Isle-sur-la-Sorgue dont les oeuvres poétiques ne figurent pas sur ma table de chevet.
Mais je n’oublierai pas en chemin Alibert et Darcelys, leur Petit cabanon et leur Partie de pétanque ni Fernandel avec son répertoire plus parisien et plus coquin : Félicie aussi, L’Ami Bidasse, La Caissière du grand café, Barnabé, Ignace, La Bouillabaisse.
Parmi les figures marseillaises plus récentes que Marius et Olive et que la sardine qui bouche l’entrée du port et fait jaser sur la Cane Cane Canebière, il y a bien sûr Robert Guédiguian et sa bande, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan (Marius et Jeannette) et aussi Emmanuel Mouret (Caprice, L’Art d’aimer, Changement d’adresse) qui prolonge au cinéma l’art de Marivaux et la veine d’Eric Rohmer.
Décalons-nous un peu à l’Ouest. Arrêtons-nous à Sète et avouons que nous connaissons plus de chansons de Georges Brassens que de poèmes de Paul Valéry. Rappelons-nous le séjour que nous y fîmes, la visite du cimetière marin, de Bouzigues et le vent qui aurait emporté le chapeau de Mireille (Mathieu?) le dernier jour. Tramontane et Mistral ne tournent pas la tête aux gens au nord de la Loire : ici les vents n’ont pas de nom.
A Narbonne est né le fou chantant, Charles Trénet. « Douce France », « Boum », « L’Âme des poètes », « Le Jardin extraordinaire », « Le soleil qui a rendez-vous avec la lune » et la bonne qui se donne du plaisir avec une passoire. Encore un joli fada, dites donc !
Castelnaudary nous a donné Pierre Perret qui ne nous fait plus vraiment rire avec ses dernières provocations mais dont nous avons aimé « Lily », « Le Café du canal », « Blanche », « Le Facteur », « Quand le soleil entre dans ma maison » et « Donnez-nous des jardins ». Toutes ses gauloiseries, « Estelle », « C’est le printemps » ou « Le Zizi » furent bien nécessaires et appréciées à l’époque opaque où elles sortirent mais sont redevenues taboues aujourd’hui où le monde l’est (à bout, le monde est à bout).
Chez les Piscénois, à Pézenas nous avons hérité de Boby Lapointe, sa Maman des poissons, ses avanies, ses framboises, ses virées en Aragon et en Castille avec un sentimental bourreau, son père et ses verres, sa méli-mélodie. Un personnage unique en son genre, admirable en tout.
A Lagrasse est né Charles Cros, auteur du "Hareng saur" et des délicieux poèmes du "Collier de griffes" et du "Coffret de santal" ainsi que du « Sidonie a plus d’un amant » de Brigitte Bardot.
Montpellier nous a donné Léo Malet, le créateur de Nestor Burma. Toulouse a vu naître et chanter Claude Nougaro ("Je suis sous sous sous sous ton balcon", « Cécile ma fille », « Ô Toulouse », « Le Coq et la pendule », « Le Jazz et la java », « Armstrong »)
Montcuq fut le dernier refuge de Nino Ferrer et de sa Mirza. Il y habitait la maison près de la fontaine, dans le Sud de la ville et oublia toujours – quel cornichon ! - son parapluie quand il partait en pique-nique.
Bergerac nous a donné Cyrano mais la célébrité de ce Savinien lunatique est surtout due à la plume d’Edmond Rostand, autre Marseillais notoire.
L’Auvergne nous a donné Fernand Raynaud sans lequel la blogosphère belge ne serait pas ce qu’elle est !
Le Limousin nous a fait cadeau de Raymond Poulidor, la Vendée de Yannick Jaulin et Saint-Etienne a sorti de son chaudron magique un Bernard Lavilliers aux mains d’or.
Tchic a tchic a tchic aïe aïe aïe ! J’ai failli oublier le pays basque et Luis Mariano, sa Belle de Cadix, son Mexico et son Rossignol de ses amours !
De même que Tino Rossi (Catarinetta bella tchi tchi !), i Muvrini et « L’Affaire corse », une enquête de Jack Palmer par René Pétillon.
Je sais que François Mauriac est associé à Bordeaux mais je m’en fiche ! Sa littérature n’est pas ma tasse de thé et Thérèse Desqueyroux, si elle ne me sert pas des grands crus qui font des petites cuites ou même le petit Bordeaux clairet de la supérette voisine, elle ne m’intéresse pas !
Je ne franchirai pas les Pyrénées d’où j’aurais pu ramener Salvador Dali et Carlos Nunez. Je ferai l’impasse sur l’Italie qui mérite un chapitre à part ! Des Grecs et des Pieds-noirs, je sauve pour terminer Angélique Ionatos et Georges Moustaki, Guy Bedos, Jean-Pierre Bacri, Georges Wolinski et surtout Enrico Macias qui a si bien chanté… les gens du Nord … de la Loire !
Bien que très court, le haïku doit se conformer à des règles strictes. Dans sa forme classique, il est composé de 17 syllabes réparties de la façon suivante : 5 syllabes dans le premier vers, 7 syllabes dans le deuxième et 5 syllabes dans le troisième. Il doit avoir comme thème principal une saison dont il évoque la présence de façon implicite (c'est-à-dire qu'on doit déduire la présence du thème à travers les images employées) ou explicite (c'est-à-dire que le thème est clairement présenté). Le poète, à travers ce court texte poétique, tente de saisir un moment du quotidien. Il ne donne pas libre expression à ses sentiments, mais cherche à éveiller une sensibilité à l'aide d'une réalité (souvent associée au monde naturel) qui peut paraître banale aux yeux du lecteur. La syntaxe d'un haïku doit être simple.
VII.
l'oeil de dieu se voit dans le lierre grimpant vers son ciel d'été
La ballade, qui peut être grande ou petite, doit respecter les règles suivantes : Généralement, elle est construite à partir de trois huitains (petite ballade) ou de trois dizains (grande ballade) suivis d'un quatrain ou d'une strophe contenant plus de quatre vers (pour la grande ballade). Les vers, tous de la même longueur, sont généralement des octosyllabes. La disposition des rimes constituant les finales des vers doit respecter la structure suivante : ABABBCBC (pour les huitains) et ABABBCCDCD (pour les dizains). Le premier quatrain doit contenir 4 vers différents dont les rimes alternent. Le dernier vers de chaque strophe est toujours le même, c'est le refrain.La dernière strophe de 4 vers reprend les dernières rimes ainsi que le refrain. On appelle ce quatrain l'envoi. Dans la grande ballade, l'envoi peut être composé en cinq vers ou plus.
On a beau raconter sa vie sur Internet, les un·e·s et les autres, on se connaît très mal finalement. Ainsi ce chien qui est une chienne, quel est son nom exact ? Peut-être Jackie (Russell) ? Peut-être pas !
J’aurais pu me contenter de chanter la chanson homonyme de Jacques Brel, d’abord parce que j’ai noté jadis ses accords pour ma guitare et ensuite parce que j’ai eu l’idée de l’interpréter à la douze cordes et à l’harmonica à la façon de Neil Young. Or je repars ce vendredi camper pour une petite semaine et je n’ai plus que ce mardi pour l’enregistrer.
Mais comme l’heure n’est peut-être plus à « faire le Jacques », je m’en vais jouer à nouveau pour vous au jeu du Bistrot mémoire. Je me souviens en effet d’avoir vu il y a quelques années, au festival Quartiers en scène à Rennes, un excellent spectacle dans lequel les interprètes avaient choisi de ne chanter que des chansons écrites par des prénommés Jacques ! Intéressant concept, amusant programme. Déclinons-le, recomposons-le !
On pourrait commencer avec les tubes des années 60 et 70 des deux Jacques associés, Lanzmann et Dutronc : « Et moi et moi », « Les Cactus », « L’Opportuniste », « J’aime les filles », « Sur une nappe de restaurant », « La Fille du père Noël », « Il est cinq heures Paris s’éveille », « J’ai tout vu, tout lu, tout bu », « Fais pas ci, fais pas ça », « Le Petit jardin » etc. D’autres chansons de Dutronc sans Lanzmann : « Gentleman cambrioleur », « Merde in France »…
On pourrait enchaîner avec quelques tubes de Jacques Higelin : « Champagne », « Tombé du ciel », « Poil dans la main », « Je suis mort, qui qui dit mieux ? », « La Croisade des enfants », « Pars », « Encore une journée de foutue »…
On ajouterait Jacques Prévert : « Barbara », « En sortant de l’école », « La Pêche à la baleine », « Chanson pour les enfants l’hiver »…
J’aimerais y mettre aussi, dans cette compilation, l’orchestre de Jacques Hélian mais comme je suis plus adepte de Ray Ventura aucun titre ne me revient en mémoire, sauf, vaguement, une histoire de petit train…
On pourrait faire un sketch de Philibert à l’entracte : ils étaient écrits et interprétés par Jacques Bodoin : « La Table de multiplication », « La Leçon d’anglais » (aïe go tou the bla-keu-bo-ar-de), « La Panse de brebis farcie » ou une imitation du chien Pollux auquel il prêtait sa voix dans « Le Manège enchanté ».
De Jacques Douai je n’ai dans ma guitare que « File la laine » sans doute parce que je ne suis pas assez rouet pour me frotter sans me piquer à la quenouille.
Pour Jacques Brel, c’est compliqué. J’ai une telle admiration pour cet auteur-interprète que cela m’a longtemps semblé un crime qu’on reprenne son répertoire. « Amsterdam » par David Bowie, ça n’a quand même pas très grande allure ! J’ai quand même accepté d’interpréter « Il peut pleuvoir » dans un spectacle de chansons « météorologiques » et aussi « Vesoul », « Rosa » et « La Chanson de Jackie ».
Je ferai l’impasse sur Jacques Lantier puisqu’il n’est qu’interprète de ce répertoire ancien où j’ai moi-même beaucoup pioché. Et encore plus sur Jack Lang dont la tournée d’adieux à l’Institut du monde arabe traîne tellement en longueur qu’elle vire au pathétique.
Je me souviens bien sûr de Jacques Grello, chansonnier qui offrit une guitare à Georges Brassens et de sa chouette chanson « Il fait bon » interprétée par… les Frères Jacques !
Bien évidemment, ceux-là, je les inscris d’office même si eux aussi ne sont que des interprètes. On cite, on re-cite, on récite « La Queue du chat », « La Confiture », « La Chanson sans calcium », « La Marie-Joseph », « Le Complexe de la truite », « Fredo », « Les Tics », « Monsieur Lepetit le chasseur », « C’est ça l’rugby », « Général à vendre », « Don Léon », « Le Cirque », « La Lune est morte », « Le Général Castagnetas », « La Violoncelliste »…
On pourrait évoquer aussi Jacques Demy et chanter « Nous sommes deux soeurs jumelles » des « Demoiselles de Rochefort ». N’oublions pas Jacques Martin avec sa « Pêche aux moules » et son « Je frappe au n° 1 » !
Je vous fais grâce de Jackie Sardou et de sa progéniture lacustre du Connemara ! Dans le genre capillotracté on peut se lancer dans « Les Dalton » de Joe Dassin. D’après René Goscinny les cousins s’appelaient Joe, Jack, William et Averell mais quels étaient les prénoms des vrais frères ?
Faut-il compter Jean-Jacques Goldman parmi les Jacques et Jacquouille parmi les fripouilles ? Est-ce la faute à Rousseau s’ils tombent au ruisseau ?
Laissez-passer accordé à « Hit the road, Jack » de Ray Charles et à « La Légende » de Jacques Faizant. Aussi à la musique de « Vol au-dessus d’un nid de coucou » (avec Jack Nicholson !) car elle est de Jack Nietzsche, producteur de l’album « Harvest » de Neil Young mais pas de « Ainsi parlait Zarathoustra » qui est de Richard Strauss sans entrer dans la catégorie « valse de Vienne » ! A celle des films de Jacques Tati également !
A ma connaissance Jacques Anquetil, Jacques Rivette, Jacques Doniol-Valcroze, Jack Kerouac, Jacques Ralite, Jacques Attali, Jacques Audiberti, Jacques Villeret, Jacques Charrier, Jacques Chaban-Delmas, Jacques Canetti, Jacques Perrin, Jacques Perret, Giacomo Casanova, Jacques Audiberti, Jacques Charon, Jacques Chirac, Jack Daniels, Jacques Audiard, Jacques Lacan, Jacques Mesrine, Jacques Siclier, Jacques Ferrandez, Jacques Tardi, Jacques Séguéla, Jacques Chancel, Jacques Célère, Jacques Cident et « Jack court sur le haricot magique » n’ont pas écrit de tube inoubliable.
Ce n’est pas le cas non plus de Jack Baron et l’éternité, Jacky Twitter, non, Jacky Ickx, Jacques Laffite, Jacques Borel, Jacques Flash l’homme invisible de « Vaillant » et Pif-gadget », Jacques 1er d’Angleterre, Jackie Kennedy, Jack Vance, Jacques Vendroux, Jacques Balutin, Jacques Rouland, Jacques le fataliste qui prenait le métro à Reuilly-Diderot, Saint-Jacques de Compostelle qui ne faisait le plein que dans des stations Shell, tous les Jacolandins – Saint-Jacques de la Lande est à deux pas de Rennes – qui viennent jouer au blackjack ou au jacquet dans la rue du Champ-Jacquet pour décrocher le jackpot. Il n’y a pas à dire, quand Jacques cumule, Jacques cumule !
J’ai oublié ce que chantait Jakie Quartz mais je sais encore que le bassiste du groupe Hot Tuna était Jack Cassady. Par contre nous devons à Jacques Offenbach un certain nombre d’airs fabuleux et réjouissants tirés de ses opérettes comme « Votre habit a craqué dans le dos » « Je suis Brésilien » « Il nous faut de l’amour » « La Marche des rois »… Il y a aussi Giacomo Puccini mais lui, c’est moins ma tasse de chianti ! Trop bourgeois bohème !
Frère Jacques, Soeur Jak, dormez vous ? D’habitude je ne sais pas comment arrêter ces trop longues énumérations qui naissent dans mon bistrot mémoire mais aujourd’hui, grâce à ce jeu enfantin que tout le monde connaît, c’est plutôt facile :