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Le défi du samedi
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21 mars 2015

Participation de Venise

La première fois, quand j’ai déposé des objets sur la première marche de l’escalier

 Qui étaient destinés à l’étage supérieur selon le vieux principe de famille :

Ne montez pas les mains vides ;

J’ignorais qu’une génération spontanée aurait un jour recyclé mon bric à brac.

Les belles marches en bois brunes  et brillantes sans doute de noble chêne ont toujours été ma fierté.

Un soir mon escalier s’est mis à craquer à sa onzième marche et j’ai à peine eu le temps de voir un enfant minuscule glisser à toute allure le long de la rampe.

J’ai alors heurté un tabouret bancal, une échelle à qui manquaient trois barreaux, et j’atterri le nez sur la dernière marche face à  la comtoise sans balancier.

Quelle fut ma surprise quand  sous cet angle j’entrevis pour la première fois un chapeau de paille et des herbes coupées sur la troisième marche ainsi qu’un verger en pente douce qui abritait un cerisier.

On m’a ramassé comme du gravats au bas de l’escalier, ma tête avait conservé l’image de cette terrasse ensoleillée à la huitième marche ; j’entendis l’infirmière murmurer :

 Non ne venez pas la voir dans cet état.

Je voulais lui dire que dans sa tête à elle il y avait un grenier où il pleuvait toute l’année.

Mais la tristesse de cet hôpital s’attrape  comme un refroidissement, alors je me mis à pleurer dans ma tête barricadée. je me disais que mes larmes auraient à force le pouvoir de me guérir

Je me suis enfuie de l’hôpital je marchais pied nu avec mon grand teeshirt qui m’arrivait au milieu des cuisses. Et je me suis endormie au pied du grand escalier de la gare St CHARLES.

En consultant mon passeport caché dans mon soutien gorge je me suis soudain aperçu que j’étais née en réalité beaucoup plus tôt que je l’avais imaginé

Je me suis mise à recompter les marches de ce grand escalier et j’ai eu l’idée de présenter tous ces nouveaux gens à mon nouveau grand escalier.

ESCALIER je te les confie prends en soin

Que vous fussiez belle maman  sur cette photo berçant ce beau bébé avant de tomber de cet escalier et de vous fendre le crâne

ve01

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4 avril 2015

Participation de Venise

Dans la pliure de l’espace temps au creux d’une mémoire dilatée, au nez et à la barbe d’éminents physiciens, le temps s’est arrêté.

La centrale des songes en panne, mon âme flottait entre l’éternité, l’océan, et le vide.

À la manière d’une navigatrice juvénile encline à braconner le temps j’appris  très vite que je ne changerais pas la mer.

Tout implique la mort  et même le retour à mes premiers instants sonne l’heure des  fatales aiguilles de l’écriture des heures.

En resquilleuse d’autres heures et métamorphosée en Andalouse  au sexe brûlant et aux pieds d’or, je danse un dernier tango  âpre et violent.

Couchée nue près du cadran solaire les battements de mes cils simulent le tremblement des aiguilles.

Sous mes paupières, je garde la solitude d’un sablier qu’on jette contre un mur..

Empêchée de passer le temps, étourdie de cette absence, je plonge dans les limbes de cette barque pourrie et cueille des rendez-vous manqués faute d’heures.

Dans ce bannissement nocturne pantois d’angoisse mes ennuis cardiaques reprennent.

Je lutte contre les ravages du non-temps et recluse dans ce monastère bleui par ces vents solaires, une grande poupée de chiffon dans les bras,j’empoigne les rames du temps et sonne l’heure.

ve01

31 janvier 2015

Improbable rencontre (Emma)

Je le reconnais, c'est un caprice, une folie, (tout mon livret A y est passé), mais aussitôt que je l'ai vue enfin en vente sur le site Ming-geek, j'ai illico, pour pouvoir l'acquérir, renoncé sans barguigner à l'imprimante 3 D que je convoitais depuis 2 ans.
Enfin ! Enfin la machine à écrire ! à écrire toute seule veux-je dire ! Une aubaine pour qui commence à avoir du mal à se renouveler sur les sites d'écriture !
Un principe tout simple ! Basé sur 2 constats :

1 plus personne n'a le temps de lire, vive le simple et le concis.
2 le langage courant n'utilise qu'environ 600 mots, fastoche à enrouler dans un algorithme, à ce qu'il paraît. Lequel se déroule pour générer des textes.

Je l'ai reçu hier, mon robot écrivain*, et j'ai déchiré les cartons avec fébrilité.

La machine elle-même est un peu voyante, avec une notice en 122 langues volumineuse bien qu’écrite en police 5 sur papier bible.

em01

Design un peu vintage, je trouve, avec sur le ventre une petite gueule plate d'imprimante A5, et au dos un écran tactile offrant des options genre machine à café (long, court…) et synthé (rythme, ambiances, violons, romance, gore…).
D'autres plus techniques : nombre (de mots, signes, espaces), et genre (météo -météo ?-, sonnet, nouvelle, pub… Et 48 sortes de haïkus).

Il y a aussi, et c'est ce qui m'a séduite, une fonction joker dans laquelle on peut taper les mots qu'on veut, carrément.
J'ai choisi mon titre : "Improbable rencontre", et dans la catégorie "romance courte ", (moins de 150 mots), j'ai choisi au pif les options

Couleur : gris ardoise
Bruit : cornemuse
Décor : pont
Ambiance : frisson

Go !
10 secondes plus tard, voilà ce que la machine m'a recraché par sa petite gueule ventrale :


Terre brûlée au vent des landes de pierre, devant le loch couleur de schiste tendre et feuilleté, gris ou noir, utilisé pour les toits, gisait (gisait.?) un château délabré où, tandis qu'en contre-bas, sur le pont-levis, la cornemuse d'un jardinier mélancolique déchirait le soir et nos tympans sur un rythme obsédant, je me pelotonnais sous un rêche tartan - faute de chauffage moderne - contre Lord Angus Mc Donald, 12e du nom, propriétaire du lieu et guide bilingue en haute saison, tarifs sur demande.
Un frisson me parcourut, que je reliai tout d'abord à des tentatives de digestion de la panse de brebis farcie à peine décongelée que nous avions eue au dîner, mais Angus me rassura :
"Ce n'est que le fantôme de mon oncle Archibald qui effectue sa ronde".

Je restai perplexe.

Ce n'est pas avec ça, pensai-je amèrement, que je vais gagner le remboursement de mes frais d'inscription au concours de nouvelles de l'écho du Bas Poitou.

Dire qu'avec l'imprimante 3D j'aurais pu reproduire à l'infini mon porte-clés Schrek !!!!

De toute évidence la machine algorithmique communiquait sournoisement avec YouTube et Google, ce que j'aurais pu faire toute seule sans écluser mon livret A…
C'est décidé, demain je mets la machine-à-écrire-toute-seule sur le bon coin.
Mais avant je vais lui proposer des jokers bien pourris "samovar, gourgandine, limule, et…ectropion".


Non mais !
----------------------

 *http://www.leblogducommunicant2-0.com/2014/07/26/journalisme-algorithme-laurent-delahousse-est-il-condamne-a-etre-remplace-par-un-robot/

28 mars 2015

Défi #344

"La nuit, le saviez-vous, les cadrans solaires sont gris,

étourdis sans doute d'avoir tourné

une journée entière et la tête au soleil.

Lorsqu'ils sont endormis, le temps s'arrête

et les hommes en profitent

pour rêver qu'ils ont cessé de vieillir."

.....................................................

(Extrait de "Pour tout l'or des mots" de Claude Gagnière)

 

Cadran solaire

 

A vous de continuer

ou de vous inspirer de ce texte !

A tout bientôt à samedidefi@gmail.com

14 février 2015

Briant et Colporteur (bongopinot)

 

bo01


C’est une époque où on travaille avec des chevaux
Et avec eux tu laboures ton champ en bon paysan
Tu es fatigué par tous ces nombreux travaux
Et ton esprit vagabonde, nonchalant

Tu imagines tel Jules Verne un drôle de futur
Tu souris imaginant des monstres volants
Des machines bizarres allant à vive allure
Et des hommes en habit et casque blanc

Tu passes pour un fou au mieux pour un extravagant
Mais ces pensées t’aident à donner toujours plus
Du matin au soir tu continues ton travail arasant
Et quand les nuits, l’insomnie du lit te poussent

Tu peins ta vie mélangée avec un peu d’imaginaire
Sur une même toile ce qui te vaut des moqueries
Mais un jour quelqu’un comprendra ces toiles ces croquis
Et tu continues en laissant de coté ses gens réfractaires

 Avec tes pieds sur ta terre et la tête dans les nuages
Tu imagines un monde où tout va à cent à l’heure
Vingt mille lieues dans les airs, de la terre à la lune si sage
Tout en suivant tes chevaux Briant et Colporteur.

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3 janvier 2015

Images aimées (MAP)

Je me souviens des beaux sourires

de mes grands-parents maternels

sur cette photo en noir et blanc.

 J'ai plus connu ma grand-mère

que mon grand-père trop tôt disparu

c'est pourquoi cette photo m'est très chère !

Mes grands-parents maternels

Je me souviens de cette poupée espagnole

fabriquée par Maman à partir d'une cuillère en bois

et de papier crépon !

A une époque c'était sa grande joie de créer

ces poupées ! De bons souvenirs y sont attachés !

 

La poupée espagnole

Je me souviens du bruit que faisaient

la poulie et la chaîne manipulées par

mon grand-père paternel pour remonter l'eau

de la citerne destinée à arroser son jardinet !

Citerne

Je me souviens de ce panier à salade

qui après de bons et loyaux services

est devenu une sorte de nid

pour ficelles, bouchons, capsules et divers petits objets.

L'art de la "récup"  en quelque sorte !

L'art de la Récup

Je me souviens de ce petit tableau

-avec ses jolies roses aux couleurs tendres-

qui ornait le bureau de mon grand-père paternel.

Par la suite ce bureau est devenu la chambre

que j'occupais pendant les vacances scolaires.

J'ai toujours aimé et j'aime encore ce tableau !

Tableau

Je me souviens des roses trémières

  qui poussaient dans le fameux jardinet !

Elles m'éblouissaient par leur faîche beauté !

Eles sont toujours là, longues, élancées

épanouies, vrai régal pour les yeux et le coeur !

Les roses trémières

Je me souviens de mes livres d'enfance

que je lisais et relisais, assise sur les marches

de l'escalier en bois qui conduisait à la chambre

 de ma grand-mère maternelle.

Lectures enfantines

Je me souviens de l'ombre de ce sapin

projetée sur le mur voisin !

Décor provisoire créé par le mouvement du soleil ...

Attendre le bon moment ...

Se réjouir d'avoir pu le capter ...

Appeler ses proches pour qu'ils en profitent

eux aussi !!!

L'ombre du sapin

Je me souviens, 

Je me souviens ... 

Je me souviens .......

 

 

3 janvier 2015

je me souviens par bongopinot

 

bo01

 

 

Je n’oublie rien de rien je me souviens

Des mots de mon père qui rassuraient

Ceux qui encore aujourd’hui font du bien

Et permettent à mon cœur d’être vrai

 

Et je me souviens aussi et surtout

Des parties de pêche avec mon grand-père

Pendant les vacances ces jours étaient si doux

Et à son bras moi si petite j’étais si fière

 

 Je me souviens d’un noël si blanc

Où je reçus un landau bleu et une poupée

Magnifiques cadeaux pour une enfant

Avec des affaires que ma mère avait tricotées

 

Je me souviens lorsque je suivais mes frères

Pour aller à l’école je courrais derrière eux

Ils étaient grands et marchaient à vive allure

Mais tous les trois nous étions si heureux

 

Je me souviens de tout je me souviens de toi

Ensemble nous avons aimé user nos souliers

A marcher trop longtemps dans le vent et le froid

Pris dans les filets de la vie mon enfance s’est envolée.

 

7 mars 2015

Défi #341

Le Palais de l'Empereur est si vaste qu'un homme ne peut parcourir

toutes les pièces en l'espace d'une seule vie.

Des parties entières du Palais sont négligées et abandonnées

et se mettent à mener une existence étrange, indépendante.

........................

Extrait de "La galerie des jeux" de Steven Milhauser

Palais

A vous de continuer !

Envoyez votre suite à

 samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

27 décembre 2014

Défi #331

Vous souvenez-vous 

du livre de Georges PEREC ?

Je me souviens

 

Quelques exemples :

" -Je me souviens du mercurochrome sur les genoux.

 -Je me souviens de : « Qui a eu cette idée folle Un jour d'inventer l'école ! »

-Je me souviens du goût des groseilles à maquereaux cueillies dans le jardin.

- Je me souviens des 2 CV dont les portes s'ouvraient vers l'avant.

 -Je me souviens de la chasse au Dahu.

 -Je me souviens de mon premier voyage en train ; j'avais deux ans. "

.......................

A vous maintenant de nous faire

une petite liste de vos "Je me souviens" personnels !

 

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt ! 

Bonne et heureuse

nouvelle Année !

joyeuses%20fetes

 

 

7 février 2015

Participation de bongopinot

 

bo01

 

Une bonne tradition

Cette petite baguette

A pour seul ambition,

faire ouvrir les mirettes

 

Elle est toute dorée

Saupoudrée de blanc

Elle croustille à souhait

Dans la bouche sous les dents

 

Du lundi au dimanche

Le matin, le midi, ou le soir

Sa tendresse est une avalanche

De goût de couleur et d’histoire

 

Et son odeur si particulière

Me rappelle les saveurs d’antan

Le pain que faisait grand-père

Lorsque j’étais enfant

 

Vous me direz ... Tout ça pour du pain

Oui mais dans ma Sarthe natale

La rillette ne serait que chagrin

 Sans un bout de pain qui lui sera fatale

 

7 février 2015

Participation de Venise

Je suis légèrement en surpoids, et je n’ai jamais été sportive ;

Mais tous les ans mes parents traversés par un éclair de lucidité me contraignent à faire la montée   du MONT BLANC.

Leurs chances de réussite sont minces car pour tout dire mon surpoids  est chronique et que mes poumons ne supporteraient pas un tel appel d’air.

A l’arrivée du printemps comme chaque année, tradition oblige ils m’imposent cet effort supplémentaire et forcené  à mon petit corps défaillant pour gagner quoi ?

Je reprends espoir dans une météo briseuse de tradition.

Ainsi j’éviterai à mon sang de défier mes artères.

Mon instinct la veille du grand départ me conseille de me tortiller dans mon lit jusqu’à la dernière minute.

Mais à quoi bon  ! !! Ils finissent par me retourner sur le dos et me dire

Ma fille tu es fraiche comme une rose !!!

Je ne pense pas qu’on puisse mourir en rampant jusqu’au MONT BLANC mais ça saute aux yeux je hais les traditions.

 

ve01

31 janvier 2015

Une rencontre improbable par bongopinot

bo01


Comme un caprice une lubie
Je prends des cours de guitare
Et je traverse la forêt endormie
Pour me rendre à ma leçon rue de la gare
 
Et l’espace d’un instant
Je crus soudain la voir
Et ce fut déroutant
J’étais sur un pont, il faisait noir
 
J’entendis d’abord un bruit
Comme un rythme régulier
Et des frissons je ressentis
C'était la peur qui fait plier

 Puis je vis des étoiles de lumière
Devant mes yeux apeurés
Elles ont fait déchirer sur l’heure
Toutes les images du passé
 
D’un coup je hurle mais plus de son
Arrive à moi une intempérie de langage  
Et sans réfléchir je me mis à lire ma partition
Pour contrôler ma terreur et trouver du courage

En une fraction de seconde mon calme est revenu
Elle était là devant moi de couleurs sel et poivre
je l'ai admirée et tout de suite reconnue
C'était elle... la licorne comme dans mes livres    

24 janvier 2015

la molécule de l'oubli (Pivoine)

« Quel était votre visage avant que votre père et votre mère se fussent rencontrés ? »

KOAN ZEN, cité par Marguerite Yourcenar, dans « Souvenirs pieux ».

 

Impossible de me souvenir de la cellule apparue alentour de Noël 1956. De deux cellules. Encore moins de l'autre cellule. De leurs bagages respectifs. De la rencontre. Involontaire. Du long voyage dans les tunnels obscurs, de l'arrimage, d'une « activité cardiaque », d'abord et avant tout. Coeur qui s'arrêtera un jour de battre, après avoir donné naissance à un autre coeur qui bat. 

Impossible de me souvenir du début de la vie. Impossible d'augurer de la fin de la vie. Je ne connais que le présent.

Je ne me souviens pas de la salle d'hôpital où je suis née

Je ne me souviens pas des cris qui remplissent l'atmosphère et des vêtements aseptisés du médecin de la sage femme des infirmières.

Je ne me souviens pas de ce que j'ai pu ressentir quand ma tête est apparue dans ce monde de bruit et de fureur

(Mais je me souviens de l'époque où j'ai lu ce livre).

Je ne me souviens pas de mes dernières heures de tranquillité, même si je puis les imaginer quand je me réfugie au fond de mon lit, couvertures sur la tête, avec juste un petit espace frais pour la respiration. Je ne me souviens pas de cette chaleur, mais je sais que j'aime cette chaleur et que j'en ai besoin. 

Et que je l'ai parfois retrouvée au creux d'une épaule.

Et je glissais alors, doucement, dans le sommeil le plus lumineux de la vie.

Je ne me souviens pas de ce moment de combat, pour venir au jour - même si c'était la nuit, je ne me souviens de rien, comme c'est normal. J'ai tout vécu, nous avons tout vécu, sans savoir, sans comprendre, et nos yeux fermés s'ouvraient au monde. De quelle couleur étaient nos yeux ? La femme aux cheveux verts avait-elle des prunelles vertes et cette lumière insondable, venue des profondeurs? 

Quelles fées se penchaient donc sur ce berceau? 

Je ne me souviens pas des paroles anxieuses de ma mère, "Docteur, est-elle viable?"

Je ne me souviens pas de ma grand-mère, qui avait l'âge que j'ai aujourd'hui, et qui est venue me voir.

Ni du froid de la première nuit, ni des paroles rassurantes et douces ni d'un doigt, sur mon front. Je ne me souviens pas de la chambre déserte ni du berceau ni du biberon oublié ni d'avoir souri aux anges ni des rangées de langes propres séchant dans le jardin.

Je ne me souviens pas du premier hiver ni de l'Expo 58 ni des trams 1, 2, 3 et 4, ni du premier anniversaire ni des biberons ni du lait acide que j'aimais, paraît-il, je ne me souviens pas des chansons de ma mère ni de ses larmes ni de ce que je pouvais ressentir, en contemplant sa chambre.

Ni même des pots de confiture qui moisissaient lentement, sur la cheminée.

Cet inconnu commun à toute l'humanité s'arrête pour moi au moment où, malade, l'on m'a conduite dans un hôpital, pour y être soignée. Au moment où dans un lit blanc, en face d'une haute fenêtre de l'hôpital d'Ixelles, j'avais trois compagnes de chambre et un jus d'orange pour goûter.

L'inconnu s'achève au moment où le taxi, une Mercedes, me ramène à la maison, où il gare devant la maison, je sais que c'est ma maison, je me tranquillise, je suis chez moi.

Et j'oublie tout... A nouveau. Jusqu'à bientôt.

Et pourtant, j'ai une vie, une plume, un éternel roman, dans la tête et une chanson et un jardin, et même l'avenue Louise, pour me souvenir... 

pi01

 

Bruxelles, avenue Louise, 11 juillet 1957 (c) J. Dallons

24 janvier 2015

L'offre et la demande (Walrus)

Pourchassée par de mauvais souvenirs, elle s'était précipitée chez le marchand d'oublies, y avait dépensé, en vain, sa galette, ayant oublié que la racine du mot renvoyait non pas à l'oubli mais à l'offre*. Je vous demande un peu !

Qui qu'a dit que l'étymologie ne servait à rien ?

 

* du latin Oblatio, action d'offrir

oublis

24 janvier 2015

Défi #335

Pour ce nouveau défi

 dix mots vous sont proposés :

Espace - Bruit - Frisson - Rythme

- Couleurs- Langage- Caprice - Lire -

Déchirer - Pont

à utiliser dans l'ordre que vous désirez

pour nous raconter une

rencontre improbable!

 

MOTS

A vos plumes !!!

Nous attendons vos trouvailles à

samedidefi@gmail.com 

A tout bientôt !

 

 

24 janvier 2015

Participation de Venise

 

Vous ne pouvez pas vous imaginer combien ils sont  nombreux à perdre la  mémoire.

Ils ont pourtant les yeux brillants d’intelligence mais l’amnésie qui les frappe peut causer de graves ennuis.

Vous pourrez tailler le bout de gras avec eux accroupis devant un feu de bois, mais ne vous y méprenez pas dans une heure ils auront oublié jusqu’à votre existence.

Leurs conversations tournent souvent autour de la manière dont tuer le canard sauvage .

Ils s’expriment très bien et on pourrait penser que leur langue maternelle en soit altérée.

Pourtant, Ils savent très bien réclamer  au maitre d’hôtel la sauce à l’orange qui accompagne le canard.

Mais l’’amanésie est sélective elle  ne porte que sur  leur déclaration de revenus.

A chaque fois on dirait qu’ils montent à l’échafaud suivi d’un moine qui cherche à les empoisonner.

Ils ne sont pas de grands amateurs du vivre ensemble et flairent  vite le danger de ce qu’on pourrait leur prendre.. Alors ils ont opté pour la grande amnésie dans d’étranges paradis. L’éventualité qu’ils cassent la croute avec ceux  qui n’ont que leur mémoire  pour remplir leur devoir est la  cause d’une douleur atroce dans le lobe droit des amnésiques.

Je sais il vous faudra une longue pose avant de digérer ce que vous venez d’entendre.

On a tout essayé pour les guérir, les infusions d’eucalyptus, les steaks de fourmis blanches

Rien y a fait jusqu’à ce matin. On a trouvé

Leur mise en orbite.

ve01

17 janvier 2015

Ciel Gris par bongopinot

bo01

 

 

Un arbre en pleurs

Mais qui fait face

Retrouvera sa grandeur

Après l'hiver de glace

 

Il pleut et il vente

 Et passe des larmes

Et dans cette tempête

Siffle ton drame

 

 Devant ce ciel gris

Cet arbre dénudé

Ne fait aucun bruit

Amaigri et gelé

 

 Arbre sans feuilles

Ton écorce se voûte

Et le temps s’effeuille

Mais est-il honnête

 

Et le gel fond

En gouttelettes

Une autre saison

Arrive en vedette

 

27 décembre 2014

Il était une fois par bongopinot

 

bo01

 

 

Il était une fois un pays bleu

Ou les enfants vivaient heureux

Petit Pierre le plus petit des enfants

Et également le plus chétif le plus charmant

 

Se baladait dans la forêt dont personne ne revient

Lui le plus petit des enfants et aussi le plus malin

Voulait prouver à tout le monde son courage,

Lorsqu’il croisa une méchante sorcière sans âge

 

Elle lui jeta un sort maléfique et terrible

Le plongeant d’un coup dans un noir horrible

Impossible pour lui de retrouver son chemin

Il commença à ressentir le froid, la faim

 

En ce soir de Noël bleu mais où étaient donc ses amis

Sûrement au chaud dans leurs lits, tous endormis

Et des bruits d’animaux qui lui arrivaient si forts si proches

Il fût effrayé, par de petits ronds brillant comme des torches

 

Il pensa qu’il ne pourrait plus jamais rentrer chez lui

Que son petit corps serait bientôt dévoré et mis en charpie

Quand soudain il se rendit compte de l'impensable

Il n'en croyait pas ses yeux c'était incroyable

 

Ces yeux qui luisaient dans le noir

Lui ouvraient un chemin d'étoiles et d'espoir

Et petit Pierre n'écoutant que sa bravoure

Avança jusqu'à ce qu'apparaisse le jour

 

Dans tous les moments ardus

Lorsque tout semble perdu

Garde l'espoir en ton cœur

Et ta bonne étoile arrivera à l'heure  

 

1 novembre 2014

Mes 50 ANS (Prudence Petitpas)

Ca va peut être en étonner certains, mais OUI j’étais au courant qu’il se tramait quelques choses autour de moi ces derniers temps…. Alors je me suis dit, si jamais c’est moi qui remporte le César cette année, ce serait bien de préparer un petit discours…  Il faut dire que mon adorable mari a essayé de préparer cette fête comme une surprise, mais il me connait depuis plus de 30 ans et a bien comprit que ce n’était pas facile avec une femme aussi curieuse que moi ! Et puis pourquoi me priver du plaisir de la préparation de semaines précédent une fête alors que j’adore ces moments magiques où je m’imagine cette soirée et le bonheur qui en découlera forcément…  Pour moi une fête : c’est Avant, Pendant et Après….

Pour ce qui est des Césars, je remercie le jury de m’avoir retenue pour cette année encore : j’ai adoré faire ce film et même s’il a duré 50 ans de ma vie… je crois que toutes les prises sont bonnes puisqu’on n’a retenue que les meilleures…  Ce film est passionnant à vivre et je suis heureuse de vous dire que le producteur et le réalisateur se sont mis d’accord pour m’accorder les futurs crédits nécessaire à la réalisation de la suite… Je vous donne donc rendez vous pour la diffusion suivante d’ci une dizaine d’année, en espérant que vous resterez les acteurs qui m’entourent dans ce rôle. Pour ce qui est  des acteurs principaux : mon mari, mes enfants et petits enfants (déjà presque deux) et tous ceux à venir, je les remercie de supporter les caprices de l’actrice qui se situent surtout sur l’envie constante de les avoir autour de moi dans Mon Film….  Mille mercis à eux, à vous et au Grand Réalisateur.

pr01

29 novembre 2014

Ma vie de petite boite par bongopinot

 

MA VIE DE PETITE BOITE

 

 

 

bo01

Je me revois dans les mains de cet artiste

Moi, simple morceau de bois

Je devins une magnifique boite

Terminée en mille neuf cent trente trois

 

 Il me donna à sa femme

Qui aimait tant me garnir

De ses lettres de ses poèmes

Que je vis doucement jaunir

 

Ensuite elle m’offrit à sa fille pour un anniversaire

Je me souviens elle me remplissait de beaux petits cailloux

Qu’elle ramassait au cours de ses balades solitaires

Souvent pour regarder ses trésors  elle me posait sur ses genoux

 

Les années passèrent et moi je me suis retrouvée avec sa fille

Elle, elle me remplissait de crayons de couleur pastel

Lorsqu’elle m’ouvrait le matin à son réveil

Moi la petite boite je me sentais immortelle

 

J’ai vécu dans sa chambre des années

Puis je fus exposée dans son salon

Avant d’être confiée à sa fille ainée

Qui me couvrit de bijoux, de ses créations

 

De génération en génération je suis invitée

A partager la vie de petites filles et de demoiselles

J’espère que ma vie sera encore longue et animée

Et toujours magnifique et exceptionnelle.

 

 

22 novembre 2014

Cahier d'écolier par bongopinot

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Dans une malle, dans un grenier

Un vieux cahier d’écolier

Marque du temps passé

Sur mes souvenirs délavés

 

Sur la couverture rosée

Mon nom et prénom y sont posés

Comme des vagues d’hier

Sous un soleil bien amer

 

Je redécouvre mon écriture scolaire

Écrite d’une main de gauchère

Mes souvenirs d’école me reviennent

Et les odeurs de craies me parviennent

 

Et je tourne les pages

Tache d'encre, coloriage

Mélange de joie et de larmes

Rien ne s'oublie ni se gomme

 

Très vite je referme ce cahier

D'un passé de blessures bien cachées

Adieux cahier et école de Saint-Exupéry

Mes souvenirs s’envolent dans la nuit

 

15 novembre 2014

Participation de Célestine

Pause

 

ce01



J’étais lascivement affouagé à la terrasse des deux Filons, sirotant ma levantine aux frais rayons d’un maigre soleil de mai. C’était ma pause. Quand l’Albert a débarqué en courtaudant à fond l’émule et en suant comme un camembert sur un puchoir.

- Chef ! Chef ! Y a une bande de freloches qui viennent de s’ faire serrer par l’patron du Grand Biprix. Faut qu’ vous z’y v’niez ! I’z’ont défoncé le rayon des biclous au fortran et au nummulitique !

- Arrête de mutir comme un goret qu’on égorge, y a pas urgitude !

- Mais si chef ! Faut z’y donner des coups d’podion dans l’pluvier à c’t’engeance ! Pour leur z’apprendr’ les bonn’s manières !

- Pfffff…j’ai soupiré. C’qui faut pas faire ! Et là, j’ai assommé l’Albert d’un coup d’bigo dans le musoir.

-  Et v’là l’travoul !  J’ai dit aux badauds médusés. Ma pause, c’est sacré !

8 novembre 2014

Un clown qui danse par bongopinot

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Un gramophone

Posé sur le sol

Une musique espagnole

Sonne et résonne

 

Et sur la glace

En costume à pois

Couleurs de joie

Un clown qui danse

 

 Des notes de musique

Comme des papillons

Rouges vermillons

Volent et s'appliquent

 

 Elles sont comme des phares

Clignotent et brillent

Le tout scintille

Dans un brouillard

 

 Et sous nos yeux

Un spectacle idyllique

Magnifique

Merveilleux

 

1 novembre 2014

Un petit mot de cinq lettres par bongopinot

bo01

Un tout petit mot,

Qui en dit long,

Qui n'est pas idiot,

Sucré comme un bonbon

 

Un  tout petit mot

Qui veut dire beaucoup

Si doux et si beau

Cinq lettres c'est tout

 

Ce tout petit mot

 J’ai envie de le dire

Ce mot vieillot

 J'aime aussi l'écrire

 

Ce tout petit mot

Pour celui qui le reçoit

Est comme un joyau

Et redonne la joie

 

Ce tout petit mot

Qu'on apprend petit

Et qui me fait écho

Encore aujourd'hui

 

Ce tout petit mot

Vous l'avez compris

Estcomme un cadeau

Ne soyez pas surpris

 

Merci merci merci

Amis de toutes heures

Amis du samedi défi

Merci de tout cœur

 

6 décembre 2014

Peut-être demain par bongopinot

bo01

 

J'ai beaucoup à faire

Mais pourquoi m'activer

C'est pas pour déplaire

Mais la paresse se cultive

 

   Et mon travail s'entasse

Je le ferai demain

Et c'est la disgrâce

Mais c'est pas ma fin

 

 Aujourd'hui, ou plus tard

Mais où est le problème

De tout façon il est tard

Et je suis si blême

 

 Procrastination

Moi je temporise

C'est la solution

Que je favorise

 

 Et je remets à demain

Car demain n'est pas loin

Et si ça gène quelqu’un

Prodiguez-moi des soins

 

 Aujourd'hui peut-être

Ou pourquoi pas demain

Cette flemme aigüe, sait être

Mon meilleur atout c'est certain

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