Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le défi du samedi
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 1 057 671
Derniers commentaires
Archives
1 octobre 2016

Plus très vélo-ce ! (Joe Krapov)

S'échapper !

Bien sûr qu’on aimerait s’échapper !
Quitter le peloton et remporter l’étape, recevoir le maillot jaune,
le bouquet de fleurs et la bise au vainqueur !

Mais, sérieusement, comment faire quand…

109618113

- Vous avez l’impression que ce n’est pas du nougat ; 

111896991

- On vous a rayé des cadres ;

112700222

- Vous n’êtes pas le Dieu Pan et encore moins en état de faire la roue ;


109354414

- Vous êtes toujours plus ou moins déjanté ;

112521773

- Vos articulations sont rouillées ;

111896994

- Votre matériel date un peu…


112521699

- … ou n’est pas à votre taille ;


109721148

- Les jeunes générations vous traitent de Charlot ;


108865209

- Le dopage est interdit, même pour les machines ;


108709452

Seules vos sacoches ont la cerise ; 

112700228

- Le médecin vous a mis au régime sans selle ;

105666850

- Vous n’êtes plus que l’ombre de vous-même .

107517611

- Vous ne croyez pas aux miracles ;

111054461

- Vous vous dites même parfois que vous êtes bon pour le rebut ?

110259806

Alors vous décidez que ces objectifs-là sont comme les raisins de La Fontaine : trop verts et bons pour des goujats !

109276409

Photos prises à Montélimar (Drôme), Port-Bail (Manche), Toulouse (Haute-Garonne),
Rennes et Vitré (Ille-et-Vilaine) en 2015 et 2016.

Publicité
17 septembre 2016

Tout ça, c'est peanuts ! (Joe Krapov)

- Que de questions soulèvent vos textes, M. Krapov !
- La réponse est dans le vent ou dans les livres !
- Oui, mais lequel  ?
- Ces trois textes sont relatifs au même bouquin. Le personnage central s'y fait mousser.


Pluie de notes

Aujourd’hui, il pleut des notes.

Ce n’est pas qu’on soit fatigué des hallebardes, des cordes ou de la simple pluie bretonne. Ce n’est pas que l’institutrice restitue les copies de la composition d’histoire ou la dictée corrigée. C’est que le petit garçon au maillot rayé jaune et noir est encore en train de balancer des barcaroles over Beethoven sur son piano-jouet. Il joue cela magnifiquement.

Comment fait-il, du haut de ses sept ans, pour s’y retrouver parmi les bémols à la clé, les triolets, les doubles croches, les bécarres, les demi-soupirs, la clé de fa, la clé de sol ?

Comment fait-il pour rester concentré dans ce monde où tout le monde jacasse, crie, s’agite et où finalement, au bout de la portée restée ouverte, ses notes se fracassent ?

Même le chien du voisin qui n’est pourtant pas le dernier à l’écouter et à le soutenir en brandissant la pancarte « C’est, aujourd’hui 16 septembre, l’anniversaire de Beethoven » s’est protégé de cette cataracte, de cette chute de scansion, de cette pluie de notes avec un parapluie rouge.

Et le gamin continue de jouer, imperturbable, comme si lui aussi, tel son idole, était sourd à tous les aléas de son environnement.

J’envie sa foi en la musique, j’admire sa ténacité, je le remercie d’exister.


Lire

Je ne considère plus la littérature que pour m’en amuser. Hier, en partant à ma répétition de musique, j’ai aperçu, depuis la fenêtre du bus, au niveau de la place de la République, une publicité grand format pour une rencontre-dédicace d’Amélie Nothomb. Cette dame belge vient de réécrire Riquet à la Houppe. Est-ce réellement amusant ? Y aura-t-il du monde à lire cela, à vouloir se le faire dédicacer ? La vraie question est plutôt ailleurs que dans le livre : ai-je vraiment envie de voir et de photographier le chapeau le plus célèbre de Belgique ? Le « people » ne prend-il pas définitivement le pas sur l’écrivain ? Tout le monde désormais, y compris les hommes politiques et les gens de télévision écrit sur tout et n’importe quoi. Faut-il vraiment lire ses contemporains ?

Plutôt que de m’absorber à l’occasion – entre deux pluies de notes, entre deux affalements ! – dans la relecture des romans policiers de Raymond Chandler, ne ferais-je pas mieux de me plonger dans ces auteurs dont je connais les noms et les titres de leurs œuvres depuis toujours et que je n’ai jamais lus ? « La dame de pique » de Pouchkine, « Guerre et paix » et « Anna Karénine » de Léon Tolstoï, « Le Don paisible » de Mikhail Cholokhov, « Le docteur Jivago » de Boris Pasternak, « Crime et Châtiment » de Fedor Dostoïevski, « Les frères Karamazov », du même.

Au lieu de faire cela, il ne me vient qu’une idée stupide : proposer aux ami(e)s de l’Atelier d’écriture de réinventer l’histoire des Frères Karamazov. Si vous ne la connaissez pas, improvisez ! Pour les autres, faites une fiche de lecture, sur ce livre-là ou sur un autre que vous n’avez pas pu terminer !

Et d’ailleurs… Elle meurt, à la fin du livre, madame Bovary ? Mangée par le phoque de la roulotte de Rennes. Quoi ? Vous ne connaissez pas la roulotte du phoque ? C’est là le seul intérêt que Gustave Flaubert et Maxime Du Camp ont trouvé à notre riante cité lors de leur voyage « Par les champs et les grèves ».


Crêpe

Spike est un chien du désert. Cela fait des années qu’il vit ici, échoué sur le sable, coiffé de son chapeau miteux, entouré de cactus et de buissons baladeurs. De quoi vit-il ? Comment survit-il ? Pourquoi est-il et reste-t-il là ? Ce sont là des questions qu’il ne faut pas poser. Les réponses seraient toutes plus absurdes les unes que les autres et vous êtes terriblement cartésien(ne) je le vois bien. Je vais quand même répondre à celle-ci : Que mange-t-il ? ». la réponse est : « des crêpes ! ».

A-t-il été scout Baden Powellien ou Hamster Jovialien avec son frère Snoopy, celui qui emmène en camp d’été à Woodstock des piafs du genre baba-cool ?

Sans doute que oui ? Il sait allumer un feu de bois. Possède-t-il une cuisine intégrée ? En plein désert ? Vous voulez rire ! C’est déjà du bol qu’il en ait un, de bol, et un pilon ou une cuillère pour mélanger la pâte.

Il possède aussi une poêle à frire et ne manque jamais de faire sauter la crêpe au moment de la faire dorer sur sa deuxième face.

J’entends d’ici votre question : la crêpe ne tombe-t-elle pas alors par terre ? La réponse est négative : la crêpe va s’accrocher aux épines du cactus qui est le seul compagnon de Spike. Et le chien-philosophe ne manque jamais de conclure que tout est dans le coup de main. Enfin, presque tout.

J’adore Spike !

Peanuts 01 A Schroeder RPeanuts 06 RPeanuts 05 R

DDS 420 snoopy26_21022002



10 septembre 2016

99 dragons : exercices de style. 36, Télégraphique (Joe Krapov)

160825 Nikon 048


- Madame la dragonne Z ?

- Oui ?
- Télégramme !

Ma chérie, STOP Ai trouvé pays cocagne STOP Paysans faciles racketter STOP Viande ovine 1er choix STOP Maréchaussée inexistante STOP Rejoins-moi avec mômes STOP Trop de la balle ! STOP
Signé : Dragon Z

télégraphiste 975_0010

- Monsieur Sanzot, producteur d’ovins ?
- Moi-même.
- Télégramme de la Confédération paysanne !

Négociations fructueuses. STOP Evénements récents déclarés catastrophe naturelle. STOP Réparations suivent. STOP Monarque suggéré nous adresser « Assurances Considération distinguée » avec dossier étendue sinistre. STOP Confraternellement vôtre. STOP

Facteur-2

- M. Judas Ganelon ?
- Ca dépend des jours. C’est pour quoi ?
- Télégramme envoyé par « Comploteurs cagoulés réunis ».
- Ce n’est pas une contrepèterie, au moins ?

Cher M. Judas Ganelon. STOP Avons suivi vos conseils. STOP Nous sommes fait porter pâles. STOP Roi désemparé, esseulé. STOP A fait appel puissance étrangère. STOP Quel nul ! STOP Attendons échec intervention Saint-Georges comme convenu. STOP Ensuite, procédons putsch ! STOP A nous le pouvoir ! STOP
P. S. Trente deniers pour votre société de conseil suivent. STOP Ne rentraient pas dans le télégramme. STOP 

télégramme de bonheur 303_002

 

- Mme la sœur Anne ?
- Ah non, moi c’est Sœur Sourire. Sœur Anne fait ses dévotions là-haut tout en haut de la tour.
- Il n’y a pas d’ascenseur ?
- Pas encore inventé, mon pote ! C’est à remettre en mains propres ou il faut te montrer patte blanche. Je sais, ça revient au même. Je peux prendre le colis pour elle et le lui remettre, si tu veux, mon mignon ?
- C’est juste un télégramme.
- Alors monte ! L’escalier est dans la concierge.

Anne, ma sœur Anne. STOP

Je vais enfin voir le loup. STOP Si tu savais ! STOP Papa contrit mais d’accord. STOP D’après rumeur publique, mon promis crache des flammes et a une grosse queue. STOP Chic ! Chic ! Chic ! STOP Bises de ta soeurette. STOP

carson

- M. Saint-Georges ?
- Oui ?
- Télégramme du pénitencier.

Cher Lucky Luke. STOP Dalton encore évadés. STOP Merci nous les ramener. STOP Signé : Le directeur.

- Ouf ! ca n’est pas pour moi ! Je vais pouvoir continuer tranquillement mes sudokus de niveau 12

sudoku

P.S.


Télégramme pour Miss MAP et oncle Walrus :

Un dragon supplémentaire ! STOP Encore bonne chose faite ! STOP Merci à vous accepter sur Défi depuis lustres délires krapoviens. STOP Et permettre accomplissement grand œuvre hagiographique et Quenaldien. STOP Amitiés et remerciements renouvelés. 

Signé : Joe Krapov le neveu fou

27 août 2016

LE CARTOPHILLE (Alain André)

Cartes

 

-Ah, vraiment ?… tu fais la collection de cartes de vœux ? Anciennes ? Et tartes ? Des cartes tartes ?

 -Ah ? …-Plus elles sont tartes et plus elles ont de la valeur ! Heu… commerciale ?...

 -Non, à tes yeux, pour toi ? Ah, ouais ! Bon ! Et bien ! Tous les gouts sont dans la nature, hein ?

-Moi… C’est les femmes que je collectionne! Enfin,…c’était… parce que maintenant… : MMS !... Tu ne connais pas le principe MMS ? -Au début, c’est : Matin, Midi et Soir  ; Après, c’est Mardi,  Mercredi et Samedi ; …  Vers soixante ans : Mars, Mai et Septembre ;  Et enfin…Mes Meilleurs Souvenirs !

-Oui, ben, on fait c’qu’on peut, hein ?...  enfin, plus  beaucoup, c’est mécanique, c’est dans les gênes ( et quand  y a gène, y’a pas d’plaisir !)

-Et puis, quand je parle de collection, ce n’est  pas tout à fait vrai ! Parce-que les meufs, je ne les gardais pas ! Non, en fait, je collectionne juste le souvenir  de l’aventure, comme des madeleines, tu vois ?... De Proust !... Non ? Tu vois pas ? Bon, ça ne fait rien !

-Revenons-en à tes cartes postales : Tu collectionnes aussi les timbres qu’il y a dessus ?

– Non ? -Mais faut qu’il y en ait, des timbres, dessus… Parce-que si elles n’ont pas circulé, c’est pas bon, si ? …

-Ah, tu t’intéresses surtout aux textes écrits au dos !... Oui, je vois, tu vis par procuration : « Mon gros loup que j’adore ! », tu le prends pour toi, c’est ça ? Mais sur celle-ci : « Je rêve de tes seins merveilleux, ma douce amante » ! Ah ! Oui, tu te mets à la place du galant !- Ben, c’est bien joli, mais tu ne sais pas c’qu’elle a répondu, la minette ! Enfin, si c’était une minette !  Et puis, t’as belle mine avec tous ces mots qui n’étaient pas pour toi !

-Et moi avec ma collection de souvenirs ? J’ai belle mine aussi ?... Ouais, si tu veux, mais moi, c’est mes souvenirs à moi… les miens, tu vois ? Et moi, quand la mémoire m’aura quittée… Et bien, tu vois, je mourrai…  Parce que la vie, c’est le souvenir qui en assure la continuité !

Si j’ai jamais été fidèle ? Si, si, tout le temps : Une seule à la fois ! Un seul souvenir à garder par période, mais foin du mariage, avec ses déclarations dégoulinantes de mièvrerie, d’hypocrisie, de doucereuses inepties, de serments murmurés ou déclamés fièrement devant un pitre enrubanné !

Il m’a toujours semblé bizarre,  ce serment d’unicité, rien ne me semble aussi incompatible avec notre animalité que la monogamie : Combien d’animaux sont-ils  monogames sur terre ? A part les curés et les bonnes sœurs ( et encore, faut voir !)

Ou alors, on est monogame par paresse !

C’est tellement fatigant, la drague ( excitant, mais très fatigant ! ) Alors, certains se lovent dans le creux de bras tendres et langoureux, enveloppants, protecteurs mais trompeurs d’une déesse multifonction, d’une robote pratique et reposante, un ersatz de l’amour, le contraire de la passion !

L’amour, c’est parfait au début, puis ça devient vite douloureux : On ne supporte pas l’éloignement de l’autre…Et puis, les femmes  veulent toutes un enfant, très vite ! Non ! Pas de descendance pour moi ! trop de responsabilités ! Trop de tracas, de soucis, d’inquiétudes ! Célibataire et heureux ! Sans attaches et sans chaînes ! Alors, oui, j’ai collectionné les bonnes fortunes (les mauvaises aussi)

 Le mariage est une chose tellement sérieuse que nos anciens ne  laissaient pas la décision aux amoureux, mais aux froides exigences de la pérennité de l’espèce et de la  comptabilité familiale : « Not champ plus le champ du René, cha fait deux champs, vain dieu ! » : On ne demandait pas à la fiancé d’être jolie, mais on supputait  ce qu’il y avait sous l’matelas du papé !

Mais c’est pareil pour les collections, la fidélité du collectionneur pour un seul type d’objet me trouble beaucoup. Pourquoi, uniquement des cartes postales ? Et des vœux ? Parce que, encore, avec des photos de villes, de monuments, ça peut avoir un certain intérêt, voir par exemple un bâtiment qui a disparu, comme le palais du Trocadéro, par exemple, ou le champ de Mars sans tour Effel…

-Il y a des mecs qui collectionnent n’importe quoi : Tu savais qu’il y a des collectionneurs de pots de chambre ?

https://www.francebleu.fr/infos/insolite/sa-passion-le-pot-de-chambre-1445697063

 D’autres  exemples incongrus :

https://andrela107.wordpress.com/2010/11/06/le-plus-etrange-collection-10-photos-texte/

 

(Il va sans dire que le personnage qui interview le collectionneur n’a aucun rapport avec moi)

 

27 août 2016

C'est toute une histoire...(par joye)

Je n’ai jamais eu de fête.

Oui, je sais, pas très catholique.

Ni française, ni canadienne, l’ignoble Protestante que j’étais n’a jamais eu droit ni à un nom de sainte, ni à une fête. À mon baptême, je n’ai même pas eu de marraine ou de parrain. Oui, je sais, c’est un sacrilège !

Vous aurez noté que j’ai dit « Protestante que j’étais ». La simple vérité, c’est que je ne me considère plus chrétienne. Je ne suis pas agnostique non plus. Je me dirais athée, mais si je le fais, il faudra que vous le gardiez pour vous-mêmes, chers lecteurs, parce que, où je vis, c’est encore considéré comme quelque chose de terrible, et, pire, les gens d’ici n’ont jamais lu l’Enfer de Dante, le grand poème qui dit que Dieu envoie les athées dans une partie d’enfer beaucoup moins cruelle que celle réservée aux agnostiques.

Au mieux, je me dirais humaniste, mais là, je m’égare, parce que mon sujet serait que je n’ai jamais eu de fête, ni de nom de saint, ni des sponsors genre marraine-parrain.

Hélas, c’est comme ça. Sortez vos mouchoirs...

Euh, j’imagine quand même que je pourrais m’inventer une sainte patronne…on m’a parfois traitée de Sainte Nitouche, mais je ne connais pas vraiment son histoire. Je ne crois pas que celle-là ait été brûlée vive ou jetée aux lions non plus, comme il convient aux vrais saints. Après tout, s’il faut une vraie martyre qui a vécu un vrai martyre même chichement intéressant, il me faudra choisir quelque chose de plus fructueux.

Et La Sainte-Glin-Glin n’a pas de date non plus, si j’ai tout bien suivi. C’est peu commode.

Alors, bon, laissez-moi réfléchir…

Eh bien, j’ai trouvé. 

J'ai l'honneur de vous présenter la très Sainte Défiante de Çamedy, ancien village au lointain pays de la Cambrousse. C’était une femme pieuse qui a choisi une vie de sacrifice à la langue française toute seule dans son coin perdu de L’Anglo-américanophonie. Chaque samedi, elle faisait son offrande aux dieux et déesses de l’Académie, mais seulement le samedi. Son symbole est une plume d'oie avec laquelle elle écrit. Pour son martyre, chaque samedi elle se saignait aux quatre veines pour trouver de quoi écrire (eh non, pas vraiment, mais pourquoi laisser à la vérité de gâcher une belle histoire sainte, hein ?),

Là Défiante est la sainte patronne des allophones iowaniennes et des chatons blancs et noirs. Sa fête, c’est le 27 août – ça tombe bien, c’est aujourd’hui !

Ô vous, les héritiques, vous doutez de son histoire ?? Ben, regardez, il y a même photo :

camedy

Publicité
27 août 2016

Photos d'hier par bongopinot

Cartes



Photos du passé
Jeunesse figée
Marquent le temps
Et les histoires d’antan

Portrait d’une mère
Avec un bouquet de fleurs
Son sourire éternel
Elle restera belle

Quelques mots écrits
Qui arrivent vers lui
Témoignent d’un amour
Qui durera toujours

De très jolies cartes
Qui marquent les fêtes
Ou l’anniversaire
D’un père ou d’une mère

Précieusement rangées
Ou bien encadrées
Et passent les années
 Mais rien n’est effacé

 Le père a dans son portefeuille
Qui gentiment accueille
Des souvenirs présents
De tous ses enfants

Des mots griffonnés
Des dessins pliés
Il les sort de temps en temps
Tout en souriant

20 août 2016

Après-guerre (par joye)

boite

Hier soir, je rêvai de cette ère avant-plastique, où les jouets étaient faits de bois et d'imagination, et parfois même d'acier.

Je me souviens de tes cheveux à cette époque, blancs comme ils sont encore sur cette photo, bouclés et lisses, scintillant sous le soleil des étés interminables.

Tes yeux étaient bleu ciel, ton sourire rare mais rose, tendre comme ces petits boutons qui se cachent­ d’abord au printemps derrière les feuilles timidement verdoyantes­­. Et puis, un jour, ils s’annoncent tous frais comme une surprise, un éclat de joie joueuse. Comme ton sourire, à cette époque.

Et maintenant quand je respire le parfum de tes blocs aux bords usés, quand je caresse leur surface dure sous mes doigts, quand j’examine l’encre fade de ces lettres, tout cela me rappelle, dans cette chambre d’enfants abandonnée, tout cela fait revenir les cicatrices, les cris, et les dommages que pourra nous faire un amour fugace, qui nous ravit avec ses bourgeons et qui nous blesse avec ses épines.

20 août 2016

Jeux tordus pour je tordu (Joe Krapov)

DDS 416 cubes image du défi

- Vous voyez ? Ces parallélépipèdes, ces objets cubiques ? On en fait de fichus jeux pour les gamins, Monsieur K.

Chaque face du cube ? Recouverte par une lettre ou un chiffre. Imaginez qu’Ajax veuille y voir un wiki ?

Il saurait alors qu’au zoo de la Flèche le yack jouxte le zébu et que le kiwi grimpe sur le vieux wapiti.

Il ferait la connaissance de Virginie Hocq, de Najat Belkacem, de Wim Wenders, des chromosomes X et Y.

On lui dirait qu’à Wimereux-plage le port du burkini est conseillé : il ne fait que 12 ° et aujourd’hui Yasmina en zézaie.

Constatez-le vous-même, citoyen K : ces faux-nez et phonèmes, mon wok s’en badigeonne la coque !

Car à l’issue de ces cogitations, bien lassé des quizz, Ajax va ficher le camp sur sa Kawazaki !

Nos zygomatiques sont amorphes. Ne vous vexez pas, B’wana ! Les folies pérecquiennes, c’est du vent !

 

- Comment ça, c’est du vent ? Ce poème est construit selon le schéma de la belle absente et il contient une révélation essentielle pour l’histoire de la littérature ! Car ici c’est le bel absent.

- Le bel absent ?

- Dans chacune des phrases qui constituent le poème, toutes les lettres de l’alphabet ont été utilisées sauf une. Ainsi dans «Vous voyez ? Ces parallélépipèdes, ces objets cubiques ? On en fait de fichus jeux pour les gamins, Monsieur K.» on trouve a,b,c,d,e,f,g,h,i,j,k,l,m,n,o,p,q,r,s,t,u,v,x,y,z mais surtout pas w. La lettre w est le premier élément du bel absent. Le même principe a été appliqué aux vers suivant. Et si on met ces lettres écartées à la suite les unes des autres, verticalement, comme pour un acrostiche, on obtient W. SNUVRYK !

Je vous concède qu’il faut maintenant expliquer qui est ce monsieur au nom si mystérieux. Et c’est bien là que l’on constate l’utilité de la poésie : jusqu’à aujourd’hui cet homme célébrissime était resté anonyme. Grâce à Georges Pérec, grâce à moi et grâce à Miss MAP qui nous a donné sur sa photo de cube les lettres absentes qui sont donc l’anagramme de W. SNUVRYK nous connaissons aujourd’hui l’identité exacte de « ce juge blond auquel vous portez ce vieux whisky ».

- ???

- Il faut tout vous expliquer à vous, hein ? « Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume », c’est un pangramme : une phrase courte écrite en y incluant toutes les lettres de notre alphabet !

DDS 416 juge blond qui fume

30 juillet 2016

Souvenir d'enfance par bongopinot

La vieille fenêtre

 


Carreaux cassés murs fissurés
D’une maison jadis flamboyante
Moments passés, enfance envolée
Revenir sur les pas du lieu qui me hante

Je parcours le livre de mon enfance
Dans cet endroit où il faisait bon vivre
Où le temps n’avait pas d’importance
 Où l’odeur des fleurs encore m’enivre

Et maintenant qui reste-t-il
Tout n’est plus qu’un tas de ruines
Et une larme coule le long de mes cils
Même le vent léger est d’humeur chagrine

Le temps a essayé de tout effacer
Mais mes souvenirs sont restés intacts
Je revois les murs blancs et le marronnier
Et puis mon grand-père et son allure décontractée

Ma grand-mère faisant ses confitures
Et les animaux gambadant dans le pré
Et je me revois grimpant dans les arbres
Et construisant une cabane dans le cerisier

Une simple maison qui nous rassemblait
Avec dans son antre des gens qui s’aimaient
Et des tas d’enfants qui se chamaillaient
Je ferme la porte sur mes souvenirs bien réveillés


Carreaux cassés murs fissurés
De mon palais jadis flamboyant
Enfance envolée mais pas oubliée
 Je te quitte en chantant.

30 juillet 2016

Je m'éclate (Rose)

 
Je m'éclate les tympans à écouter cette musique.
Elle tourne tourne tourne en boucle dans ma tête.
Je m'éclate les tympans pour ne pas entendre.

Je m'éclate les poings sur le reste du mur.
Purée, j'ai trop de rage en moi si tu savais.

Je ferme les yeux. Attends.
Je remets la chanson au début.

Je m'éclate les tympans à écouter cette musique si tu savais.
Elle tourne tourne tourne en boucle dans ma tête.
Dans mes oreilles
Et dans mon coeur.

Je m'en fous de la ponctuation, qu'est-ce que tu vas me faire.
Moi je casse tout. Je casse tout je te dis.
Les murs, les vitres.

On me l'a pris. On me l'a pris !
Comment tu veux que je reste calme.

Attends.
Attends.

Non c'est pas pour me calmer.
Enfin si
Enfin non
Je la casse ta table basse moi.
Je le casse ton frigo. MOI.

Pourquoi je me calmerais ?

Des années que je me calme, que je me tais devant tant de bêtises.
Tu veux que je me calme.
Que je nous regarde creuver.

Trouer par les balles, trouer par la tristesse.

Je m'éclate la tête sur le reste du mur.
Purée j'ai trop de rage en moi si tu savais.

Je ferme les yeux. Attends.

Je sème le trouble dans mes mots.
Je suis troublé par mes maux.

Désolé pour tes vitres.
Désolé pour ce vide.

Je peux pas les réparer
Je peux pas me réparer.
30 juillet 2016

Devinette d'été (Joe Krapov)

DDS 413 kangourou réduit

Chers Défiant(e)s du samedi, un animal incongru est caché dans cette image. Saurez-vous le découvrir ? Si oui vous comprendrez pourquoi les carreaux sont cassés !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DDS 413 kangourou caché réduit

 

Eh oui, il s'agissait bien d'un kangourou !

(T'es pas le mauvais cheval, Joe Krapov, mais de temps en temps ce serait bien que tu retournes dans ton box(e) !)

16 juillet 2016

Dictionnaire des idées reçues sur l'Espagne (Joe Krapov)

Andalouse :
« De même que les Portugais sont gais, les Espagnols sont gnols » disait Alphonse Allais. De même que l’Andalouse est jalouse, la Grenadine est gredine. Alors que chez nous la Toulousaine est zen et la Rennaise bien aise.

Asturies :
de te voir si belle en ce miroir ?

Boléro :
Morceau de musique un peu long bien qu’il soit sans manches.

Caramba :
Supplique émise par les piliers de bistrots espagnols au moment de la fermeture de l’établissement afin d’obtenir du patron qu’il leur donne tout de même à boire.

Castagnettes :
Est-il possible que ça m’en touche une sans faire bouger l’autre ?

Compostelle :
Si vous allez au pèlerinage de Saint-Jacques par le train, n’oubliez surtout pas de compostelle votre billet.

Corrida :
Pour être sûr de ne pas rater une vache dans un couloir il faut au préalable avoir eu l’idée folle d’organiser une corrida dans son corridor.

Demoiselles d’Avignon :
Comment c’est peint ce truc-là ! Quel bordel sur les toiles de Picasso !

Dulcinée :
Pour les beaux yeux de Dulcinée
Quijote chevauche Rossinante.

Qu’elle est belle, sa destinée !

Mais son histoire est lancinante:
Il confond le faux et le vrai,
Ses aventures sont navrantes,
Dulcinée est moche à souhait,
Son château n’est qu’une soupente…

S’il traversait les Pyrénées

Il verrait qu’on est mieux à Rennes,
Que les Bretonnes sont des reines,
Qu’elles sont vraiment avenantes,
Qu’on y a des âmes bien nées.

Plutôt que de chercher castagne,

Même si ça n’est pas en Bretagne,
Il peut visiter aussi Nantes.

 

100353341

Gitane :
Jeune fille évaporée à jupe généralement longue, aimant beaucoup danser mais dont la jeunesse part quelque peu en fumée. Litt. : L’araignée Gypsy monte à la gouttière …

Jota :
Lorsque Raymond Devos eut rendu son âme à Dieu la jota cessa.

Madrilène :
Ma Ma Ma Ma Madrilène
Ma Ma Ma Ma Madrilène
Tu es ma reine (Au bonheur des dames)

Ménine :
Les Ménines sont à Velasquez ce que les montres molles sont à Salvador Dali.

Prado :
Gardien de busée au Prado, c’est pas tous les Zurbaran. Surtout quand on est enrhubé.

Roncevaux :
Petite cité des Pyrénées espagnoles connue pour son festival de cor de chasse.

Ruy Blas : 
Récit mythologique franco-espagnol dans lequel il est fait mention, pour la dernière fois dans l’histoire de la littérature française, de ministres intègres.

Séguedille :
Il faut être un vrai niguedouille pour ne pas savoir danser la séguedille (quand les temps sont gadouilleux, Ségo douille.

Séville :
Ville espagnole connue pour son congrès annuel des garçons coiffeurs où l’on se rase (barbe ?) un peu en attendant la conférence de Francis le coiffeur-philosophe et le tour de chant de Claude Figaro que Rossini hante.

Tolède :
Excepté Federico Bahamontes, les habitants de Tolède ne sont pas des aigles.

Toreador :
Chérie, je te toréaime, chérie je te toréadore. Tou mé fais bandériller comme oun muleta !

9 juillet 2016

Qu'est-ce que c'est que ce cirque ? (Joe Krapov)

La radio a toujours eu beaucoup d’importance chez nous. C’est par elle surtout qu’arrivait tout ce flot de chansons qui m’accompagnent encore, qui rythment ma prose sous forme de citations et ma vie sous forme de reprises.

Car je suis commissaire-repriseur !

Toutes les chansons qui vagabondent de par le monde, je les reprends par le colbac, je les mets derrière les barreaux des six cordes de ma guitare et je ne les libère qu’après, quand elles m’ont livré le secret de leur grille d’accords et que j’ai mis leur mélodie dans la cabane de ma caboche.

Vous imaginez du coup ma tristesse quand j’ai appris, l’autre samedi, qu’on avait contraint Monsieur Meyer à arrêter son cirque ?

Depuis des années, nous avions l’habitude d’écouter chaque samedi entre 12 et 13 heures, sur France Inter, « La prochaine fois je vous le chanterai » de Philippe Meyer.

Eh bien exit Monsieur Meyer ! Son émission est supprimée à la rentrée. On l’a remercié, comme on dit maintenant quand on met quelqu’un dehors. 


Ma contribution au Défi du samedi n° 409 m’a cependant donné une idée pour compenser cette perte sèche. Qu’est-ce qui m’interdit de te-me-vous concocter une émission personnelle de « La prochaine fois » ? Rien, excepté le manque de temps : je suis à la veille du départ en vacances.

C’est pourquoi je ne vous livrerai que le programme de celle-ci, consacrée bien entendu à la thématique du cirque dans tous ses états. Pour les textes de liaison, vous êtes libre d’aller les chercher dans les œuvres d’Achille Zavatta, Alex et Francini, Grock, Charlie Chaplin, les Marx brothers, Annie Fratellini, Federico Fellini ou Hector Malot (« Sans famille » !).

Toutefois, si la nostalgie de l’émission, de la chanson ou du cirque vous prend, vous pourrez toujours cliquer sur les liens pour les entendre.

DDS 410 circus consigne 111366955_o

Voilà, je démonte mon chapiteau et m’en vais faire le clown ailleurs. Bonne écoute et surtout bonnes vacances à vous !

Programmation musicale 

L’hélicon / Boby Lapointe

La complainte du phoque en Alaska / Beaudommage

L’Auguste / Kaloutch (Bernard Dimey)

Bravo pour le clown / Edith Piaf

Le cirque / les Frères Jacques

Cirkus / King Crimson

Lapin ! / Juliette Noureddine

Trotte, trotte, ma jument ! / Guy Piérauld


A deux c'est mieux

Le clown / Gianni Esposito

Le clown / Douchka

 

La chanson hôn et La tocade de la semaine réunies !

L'acrobate / Joe Krapov - Bernard Dimey

25 juin 2016

Tirez sur ma bobinette ; la fin cherra (par joye)

Il n’y a pas de mots pour expliquer tout ce que je ressens depuis que je travaille pour la campagne présidentielle de Hillary Clinton ici aux États-Unis. Je vous parlerai alors de mon travail pour elle.

J’ai commencé il y a un an. Ensuite, j’ai téléphoné, j’ai écrit plus de 300 lettres à la main, j’ai frappé aux portes. J’ai assisté aux rassemblements et aux réunions.  J’ai secondé les jeunes qui sont venus de l’État du Washington et du Massachusetts, et de la Californie, tous qui sont venus jusqu’en Iowa pour l’aider.

Le 22 décembre 2015, j’ai fait sa connaissance en vrai. J’ai failli pleurer ; quel honneur de pouvoir serrer la main à cette grande dame et échanger quelques mots avec elle ! J’aurais pu rentrer à pied (87 km) ce soir-là, tellement que j’étais heureuse et émue.

Au mois de janvier, j’ai fait trois week-ends de 40+ heures chacune comme directrice du siège local.  À un moment, j’ai même parlé avec deux journalistes de France 2 qui sont venus en Iowa parce que c’est là où tout commence pour les campagnes.

Le premier février, je suis allée aux caucus et me suis prononcée. Hillary a gagné ma circonscription administrative avec 19% d’avantage, mais elle n'a gagné l’État que par une petite fraction. C'est que, chez moi, on sait bosser, quoi !

Ensuite, j’ai agi comme déléguée à la convention locale au mois de mars, à la régionale au mois d’avril, et, le week-end dernier, à la capitale de l’Iowa.

Pourquoi fais-je tout cela ? Pour tant de raisons.

En anglais, nous parlons du plafond de verre…c’est un plafond invisible qui empêche les autres de monter – on a l’impression qu’on a droit aux succès comme tous les autres, mais ce n’est pas vrai.

Voyez-vous, ma grand-mère est née dans un pays où les femmes ne pouvaient pas voter, les États-Unis. Et maintenant sa petite-fille va voir la première Présidente américaine.

Si ma grand-mère était encore en vie, je ne saurais pas lui dire merci pour les sacrifices des femmes qui sont venues avant et qui ont lutté pour mes droits !

Mais bon, on s'indigne...quel rapport avec la consigne, boudieux ???  Eh ben, le voici :

Hillary au telephone

Allez, cíao. On s'en reparlera au mois de novembre !

25 juin 2016

Mes petits cadeaux par bongopinot

bo

 


Pour moi un cadeau inattendu
Ne s’ouvre pas, il se ressent
Une autre forme de présent
Quand tout semble perdu

Un cadeau inattendu
C’est une main tendue
Une entraide dans la rue
De personnes inconnues

C’est le sourire d’un enfant
Qu’on voit pour la première fois
Qui vous emplit de joies
Dans un bonheur de l’instant

C’est la nature qui s’éveille
C’est le chant des oiseaux
L’eau fraîche des ruisseaux
Et sur ma peau le soleil

C’est avoir des amis
que tout aille bien ou mal
C’est retrouver le moral
Grâce à l’animal qui sur vous se blottit

Tous ces cadeaux arrivent sans prévenir
On les offre on les reçoit tous les jours
Collectionnez les saluts les bonjours
Des consolations qui aident à tenir

Ce sont de vrais cadeaux
Pour celui qui sait observer
Apprécier et qui aime à contempler
En regardant avec des yeux nouveaux

Mais le cadeau qui me ferait le plus plaisir
Qui dans ma tête vagabonde
Serait que la paix partout inonde
Pour enfin tout adoucir

Mais ça c’est une autre histoire
Mais un jour j’en suis convaincue
Et pas que dans mes rêves impromptus
Elle s’installera sur tous les territoires.

11 juin 2016

Rua do capelão (Walrus)

C'est en passant devant cette chapellerie que toute l'affaire me revint en mémoire : je l'avais rencontrée au restaurant Les Chapeliers, au numéro trois de la rue du même nom, à Bruxelles.

wa01

 

J'y étais attablé avec une bande de copains, sous l'escalier. Nous étions tellement entassés à notre table que pour pouvoir manger plus facilement, nous avions dû mettre au point une procédure : tandis qu'un convive sur deux se penchait vers son assiette, les autres se redressaient pour leur faire de la place. C'est Pierrot qui était à la manœuvre et donnait la cadence à la chiourme qui ramait dans les assiettées de stoemp-saucisse.

Alors que je me trouvais en position relevée, j'avais posé la main droite sur une marche de l'escalier à claire-voie menant à la salle du premier. C'est là qu'elle m'a marché dessus.

Elle m'a regardé entre deux marches et m'a lancé un joyeux "Desculpe !"

Une Portugaise ! Ou, plus vraisemblablement au vu de son accent chantant et de son couvre-chef digne du sambadrome de Rio, une Brésilienne. Je l'aurais parié et même qu'elle s'appellerait Zoe, Zozo pour les intimes. Mais j'ai pas pu vérifier, c'était à mon tour de ramer.

28 mai 2016

Participation d'Adrienne

10
Pour rafistoler un coeur en détresse
Il faut plus qu'une petite compresse

défi 404.jpg

9
Pour soutenir un coeur en charpie
Il ne suffit pas d'une béquille

défi 404bis.jpg

8
Pour soulager le coeur qui pleure
Il faut plus qu'un antidouleur

défi 404.5.jpg

7  
Si tu as le coeur brisé
Je te chante du Bizet

défi 404ter.jpg

6
Si tu as le coeur gros
Je le rends allegro

défi 404.4.jpg 

5
Ton coeur en compote
Je le retricote

défi 404.6.jpg

4
Coeur qui soupire
Vois ton empire...

défi 404.7.jpg

3
Coeur en miettes
Ne t'inquiète

défi 404.8.jpg


Coeur d'or
J'adore

défi 404.9.jpg

1
Le jour n'est pas plus pur que le fond de ton coeur...

(alexandrin monosyllabique pris chez Racine, Phèdre, acte IV scène 2:
Hippolyte: Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur)

21 mai 2016

Seize haïkus irisés (Joe Krapov)

160518 265 016

Dans sa robe jaune
Au rythme du vent qui souffle
La gitane danse

160518 265 028

Si c’était l’oiseau,
L’iris jaune, alambiqué,
Ce serait la huppe !

160518 265 029

Charmes du sépia
Pour fêter Maman dimanche ?
Iris délavé ?

160518 265 030

Bouquet incueillable
Sauf à l’irisque et péril
De mouiller ses pieds !

160518 265 032

De ce paysage
Quel tableau serait venu
Au Douanier Rousseau ?

160518 265 032 bis

160518 265 048

De Rosny-sous-Bois :
Des bouchons à signaler
Etang d’Apigné 

160518 265 050

Piscine en plein air :
Pour garder la ligne d’eau
L’iris maître-nage.

160518 265 053

Pas monté du col,
Le bec dans ses plumes jaunes,
Le cygne sommeille.

160518 265 054

 Mystère, élégance,
Un côté déchiqueté :
L’iris noir et blanc.

160518 265 055

 Projet irisé :
Du toboggan arc-en-ciel
Je ferai mon miel

160518 265 056

 L’iris, contracté,
Ou pas, ne verra jamais
De pareilles choses

160518 265 057

 Fleur bleu métallique ?
Explication de gravure :
Un temps d’aquatinte !

160518 265 058

Folie que voir là
Un tableau signé Poussin !
Mais… Combien d’oiseaux ? 

160518 265 074

 Fin de l’opéra.
Pour l’actrice qui salue
Un bouquet d’iris ? 

160518 265 083

 Le jeune Osiris,
Sa silhouette égyptienne
Devant l’étang-ciel.

 160518 265 085

 Enfance de l’art :
Sur le tépale inférieur
Y voir un bavoir !

P.S. Ce cher oncle Walrus m'a appris que l'iris d'eau est l'emblème de la région bruxelloise. Aussi ai-je concoté un diaporama-hommage avec la série photographique complète et la musique  du groupe 't Kliekske. 

7 mai 2016

Un couple d’amoureux par bongopinot

Source: Externe


Un couple d’amoureux
Tout de blanc vêtus
Beau et gracieux.
Elle, assise et lui, étendu

Sur leur petite barque
Partis pour une balade
Sur un très vaste lac
Loin des bousculades

Sur ces eaux douces et claires
La tendresse les transporte
Et rien ne peut les distraire
Et le vent les escorte

Cajolant furtivement les voiles
Du petit bateau de bois
Jouant ainsi avec la toile
Il s’en donne à cœur joie

Et les jeunes tourtereaux
Bercés et entourés d’amour
D’une bise frôlant leur peau
Dans ce bonheur d’un jour

 

23 avril 2016

Une drôle d'enveloppe par bongopinot

Source: Externe

 

Cette vieille maison maintenant presqu’en ruine
Était l’endroit où vivaient mes grands-parents
Dans la douceur et la nature Angevine
Il reste encore à l‘intérieur des meubles branlants

Un pas en avant, puis un autre,
Me frayer un chemin est difficile
Ce salon n’est plus que désastre
Je reste un instant immobile

J’aperçois sur une table défraichie,
Ce qui me semble être une enveloppe
Qui n’a même pas été affranchie
J’avance avec précaution et l’attrape

Je la regarde, il n'y a rien d’inscrit dessus
Et à l’arrière de celle-ci un sceau rouge
Brillant et doux comme certain tissu,
Elle attendait son heure dans ce refuge

Je l’étreins comme une espérance,
Envahie par un sentiment d’incompréhension
A qui était donc destinée cette correspondance
Et pourquoi elle était là, venue comme une apparition

Ses murmures me révèlent une certitude
Elle est mystérieuse mais néanmoins visible,
L’ouvrir, la lire dans ce moment de solitude.
Mes pensées s’envolent, mon émotion est perceptible

Délicatement je sors le contenu de l’enveloppe
Je tiens un trésor dans mes mains tremblantes,
Et mes yeux se brouillent, mon cœur galope
Je m’exclame d’une voix chancelante :

Un trèfle à quatre feuilles et des indications
Qui disaient : « maintenant soufflez trois fois,
Chantez et courez une minute c’est votre mission
Pour que tous les jours, votre vie connaisse bonheur et joie. »

 

23 avril 2016

Huit résumés d'œuvres diverses en quatre phrases (Joe Krapov)

Cher Monsieur Emile Euro

Veuillez trouver ci-joint huit énigmes pour votre jeu radiophonique de 13 h 45.
Il s’agit de faire deviner à vos candidats, à partir d’un résumé en quatre phrases commençant par « Bon, Mais, Alors, Et » le titre d’une œuvre de fiction (roman, film, chanson, poème) et son auteur.

Bonne continuation à vous et mes amitiés à Monsieur Emile Franc dont nous sommes sans nouvelles depuis un certain temps.

1

Bon, c’est l’histoire d’un type qui habite dans un jardin magnifique, immense, avec des fleurs partout, des arbres fruitiers, des jets d’eau, un endroit idéal où tout est prévu pour subvenir au moindre de ses besoins.

Mais une fois passés les premiers instants de joie de se trouver là à n’avoir rien à faire que se tourner les pouces, le gars commence à s’emmerder sévère.

Alors il va trouver le docteur D., « chirurgien esthétique et plus si affinités », et il lui dit que ce serait mieux s’il avait un peu de compagnie, ne serait-ce que pour jouer à la bataille navale.

Et le docteur D. lui répond que ça va lui coûter bonbon, pas les yeux de la tête, non, mais au moins une côte de la cage thoracique et Adam accepte et c’est depuis ce temps-là que les hommes et les femmes vivent ensemble en s’engueulant plus ou moins à propos de la place du gant de toilette dans la salle de bain, de la propriété de la télécommande ou sur « c’est à qui de descendre la poubelle aujourd’hui ? Moi j’ai fait la vaisselle, etc ».


2

Bon, c’est un gars qui travaille dans une banque, il est marié, sa femme est adorable bien qu’un peu féministe et plus si affinités et ils ont deux enfants agités comme le sont tous les enfants.

Mais justement la dernière nurse vient de rendre son tablier parce qu’on est dans le cadre un peu trop répandu de parents absents car surinvestis dans le boulot et le militantisme et on se demande bien pourquoi des gens pareils font des mômes.

Alors, comme on est en Angleterre, la famille passe une petite annonce dans le « Times » et, coup de bol inimaginable ailleurs qu’au cinéma ou dans la littérature, la nounou idéale leur tombe du ciel.

Et comme celle-ci est complètement gaucho-brindezingue-conte à dormir la nuit debout et adepte des méthodes d’éducation Freinet-Montessori-Dolto avant l’heure, elle fiche un bordel monstre dans la baraque en emmenant les enfants danser la java sur le toit, boire le thé des fous au plafond, détraquer le manège de chevaux de bois du parc et en provoquant, au prétexte de nourrir des pigeons, les prémices de la crise boursière de 1929 dans la banque où travaille le père qui devra se reconvertir à la fin du film dans la fabrication de « feel good » cerfs-volants .


3

Bon, c’est un type qui est né dans le Pas-de-Calais.

Mais ce n’est pas l’ami Bidasse pour autant.

Alors, malgré le charme tout bucolique et aligné des corons chers à Pierre Bachelet, malgré le climat enchanteur du bassin minier, malgré la beauté unique du clair de lune à Maubeuge, il monte à Paris pour y trouver du travail et il y fait la connaissance d’une Bretonne qu’il épouse.

Et bien évidemment, vingt ans après, on les retrouve au pays de la belle, à Rennes précisément, où le gars se fait, assez rapidement, une réputation d’amuseur public un peu trop intello mais à qui on pardonne tout parce que lui au moins, il a le courage de se lancer périodiquement dans la confection de ce fameux kouign-amann que tout le monde aime mais que tout le monde à la flemme de fabriquer et comment s’étonner après que tous les noms de bistrots, de coiffeurs et même les articles de « Télérama » et « 20 minutes » soient écrits en anglais plutôt qu’en breton ?


4

Bon, c’est un type qui a commis un crime abominable.

Mais même si l’histoire se passe il y a très longtemps, en des temps de loi de la jungle et de règlement de compte à OK Corral - le monde a-t-il vraiment changé depuis ? – il a mauvaise conscience d’avoir fait ça.

Alors il va à la Samaritaine, il achète des peaux de bêtes à sa femme et à ses enfants puis il déménage à l’autre bout du monde mais plus il s’éloigne, plus le souvenir de son meurtre le poursuit, à se demander si ça n’est pas déjà diffusé en boucle sur BFMTV et retweeté à l’ensemble de la planète voire plus si affinités !

Et ça prend des proportions telles que ça aboutit à des hallucinations auditives et à des visions épouvantables, si bien qu’à la fin le type en meurt et que, une fois qu’on l’a eu enterré, l’œil éclaire dans la tombe et regarde Caïn.


5

Bon, c’est l’histoire d’un gars qui va acheter son pain à la boulangerie tous les matins.

Mais il est un peu myope sans le savoir et il ne s’aperçoit pas que la jolie boulangère, séduite par sa beauté solaire et sa démarche lunaire est prête à lui donner son 06 et plus si affinités, il n’y aqua’à demander.

Alors, comme la situation perdure et que le quarante-cinq tours ne doit pas dépasser 2 mn 45, elle lui prend un rendez-vous chez un ophtalmo et le docteur Zigmund – car c’est lui qui a raconté l’histoire dans un billet qui pour une fois parle de croissants et non pas de baguette de nantis – lui prescrit de porter des lunettes.

Et donc, le lendemain de leur achat, il retourne à la boulangerie et en un éclair il s’aperçoit que la vendeuse est vraiment très chou, il lui déclare sa flamme toute religieuse, il l’épouse et ils font fortune en lançant une chaîne de pâtisseries bio pour bobos sans gluten décroissants mais au beurre.


6

Bon, c’est une dentellière de Lille qui est mariée et qui a son premier enfant.

Mais le bébé est un peu chiant vu qu’il ne veut jamais s’endormir le soir et qu’il hurle comme un malade.

Alors comme à chaque fois les hurlements du môme l’empêchent d’entendre ce qui se dit dans l’épisode du jour de « Plus belle la vie » et de comprendre où on est dans la saison 23 de « Game of thrones », elle lui chante une chanson mais plus elle chante plus le bébé crie et plus elle s’énerve.

Et à la fin, comme elle en a plus qu’assez et qu’elle habite au deuxième étage d’un gourbi à Wazemmes, « alle jette euch tchiot par el ferniète », ce qui signifie « elle balance le bébé dans l’indifférence générale et la cour par la fenêtre ouverte ».


7

Bon, c’est un oiseau qui a trouvé une proie intéressante et qui est allé se percher sur un arbre pour essayer de la becqueter tranquille.

Mais il y a un autre animal avec un museau pointu et une queue touffue qui l’a repéré et qui vient glapir des insanités au pied de son arbre.

Alors, comme le volatile a bien du mal à rester concentré pour désincarcérer sa bectance du papier alu qui l’entoure et que le baragouin de l’empanaché à propos de son taux de cholestérol commence à lui énerver un poil les plumes, il laisse tomber sa proie sur laquelle l’autre saute tout en continuant de jacasser dans sa langue de rastaquouère à laquelle le corbaque, qui n’a pas fait langues o, n’entrave que tchi.

Et on se demande bien comment le renard va faire pour bouffer sa « Vache qui rit » ® parce que nous qui sommes plus intelligents, qui avons un pouce opposable aux autres doigts et vivons dans un monde globalisé, on a toujours du bien mal avec la petite languette rouge !

8

Bon, c’est un type qui est parti faire la guerre avec ses potes du côté de la Méditerranée en laissant une femme et un mioche au logis sans un radis.

Mais voilà, sur la route du retour, le bateau perd son gouvernail et du coup l’équipage dérive d’île en île et le gars passe du lit de Circé à celui de Nausicaa, un peu comme on tombe de Charybde en Scylla, mais en plus agréable parce que Polyphème n’y trouve rien à redire, au machisme méridional et à la polygamie non-japonaise bien pliée.

Alors comme ça dure dix années et qu’on a autre chose à faire que de répondre à la question « Odyssée loin, l’Homérique ? » « Tais-toi et drachme ! » le gars finit par retourner chez lui.

Et là, à peine rentré, d’Ithaque au tac, il commence par engueuler sa femme parce qu’elle n’a pas terminé sa tapisserie et qu’elle a laissé mourir le chien « qui aurait pu lui servir de balise et du coup il serait rentré plus tôt, non mais, dis donc ! » et si vous voulez mon avis, Mesdames, des héros comme ça, il faut les envoyer se faire voir chez les Grecs !

 

P.S. Pour lire la solution, retournez l’écran de votre ordinateur, SVP.

 

DDS 399 solution

9 avril 2016

Participation de Fairywen

 

Un moulin dans mon jardin

 

Ce matin, en ouvrant mes volets, j’ai eu une drôle de surprise… J’ai même cru que je rêvais encore, mais non.

 

Durant la nuit, un moulin à vent avait poussé au milieu du gazon.

 

Pas un gros, bien sûr – je ne risquais donc pas de voir apparaître Don Quichotte et Rossinante –, un petit, du genre des moulins vendus dans les jardineries pour décorer. Sauf que le mien avait l’air bien réel, fait en pierres, avec de jolies ailes qui tournaient. N’en étant plus à une bizarrerie près dans ma propriété, je suis sortie pour me rendre au potager, des fois que les lutins aient entendu quelque chose. Je m’accroupis à côté d’un carré de tomates et appelait doucement.

— Tomate ! Tu es là ?

Je n’attendis pas longtemps avant de voir un petit bonhomme tout de rouge vêtu arriver.

— Tiens, bonjour ! Tu es bien matinale !

— Tu sais bien que je ne suis pas du genre grasse matinée. Et sinon, tu as vu le moulin dans le gazon ?

— Oh oui, oui, je l’ai vu ! Nous étions tous là quand les nains l’ont apporté.

— Les… nains ?

— Mais oui, tu sais bien, les nains qui plantent les panneaux « défense de marcher sur la pelouse » au milieu des pelouses des squares.

— Ah, ceux-là ! Je ne savais pas qu’ils transportaient aussi des moulins.

— C’est rare, mais ça arrive. D’ailleurs, tu devrais y aller ; le meunier et la meunière sont un peu anxieux. On leur a pourtant dit qu’il n’y aurait aucun problème pour qu’ils restent, mais ils s’inquiètent.

Depuis le temps, plus rien ne m’étonnait, aussi je suis allée accueillir le meunier et la meunière. Ils étaient là, sur le pas de la porte, un sourire un peu crispé aux lèvres.

— Bienvenue dans mon jardin, les saluais-je en m’asseyant en tailleur devant eux.

— Merci de nous accueillir, sourit le meunier en se détendant visiblement.

— Puis-je savoir qui vous a parlé de mon jardin ?

Les lutins qui voyagent avec les pigeons. Ce jardin est célèbre dans le monde entier comme un paradis pour les créatures magiques.

— Lorsque notre moulin est arrivé à maturité, poursuivit la meunière, nous avons décidé de nous établir ici. Ceux de notre espèce ne sont plus très nombreux, il est de plus en plus difficile de trouver un jardin disposé à nous accueillir.

— Nous nous transformons trop souvent en décoration de jardin, déplora le meunier. Si les gens ne croient pas en nous, c’est ainsi que nous mourons.

— Ça n’arrivera pas ici, affirmai-je.

 

Depuis ce jour, toutes les créatures magiques qui passent chez moi ont du pain frais en plus des fruits et des légumes garantis sans pesticides aucuns. Quant à nous, nous trouvons tous les matins sur le pas de la porte un petit panier rempli de mini-viennoiseries au goût délicat…

 

Défi 397 du samedi 2 avril 2016

 

 

 

 

2 avril 2016

Chap' au hasard pour une jolie rousse (Cavalier)

« Alors là Cavalier, pour une fois, Chapeau ! »

Je vais vous conter l’histoire d’un tableau que j'ai réalisé.

Pour vaincre ma solitude, je me suis inscrit à un atelier de loisir créatif, vous savez de ceux que l’on trouve dans les centres culturels de nos jolies villes...

Suite au cours sur le pastel sec que j'ai suivi, avec le groupe de l’atelier, et aux conseils avisés de KatyL, que je remercie - en passant -, j'ai travaillé un soir sur  le pastel gras. Donc ce "dessin" (?) est une première pour moi. Et pour l'utilisation d'un Canson couleur, aussi.

Depuis, des questions existentielles sur le hasard, parfois heureux ou malheureux, en création, m’assaillent, le jour comme la nuit.

Chapeau ! Comment 200 milliards de neurones peuvent-ils dessiner un visage aussi beau ? (Désolé mais c'est pas moi, ce sont mes neurones, je dis bien, sinon voyez avec mes parents, Pierre et Lucette, pour vous plaindre – oui, Cavalier, ce n’est qu’un pseudo, voyez-vous...  LOL). Sans gommer ne serait-ce qu'une seule fois ? De la chance me direz-vous. Due au hasard ? Oui, en fait je le pense. Le hasard fait bien les choses, souvent, c'est bien connu.


Mais revenons, si vous le voulez bien, aux prémices de notre histoire. L’atelier ce soir-là misa tout sur un travail en binôme. Donc, il me fallait un modèle et,... Le hasard des mises en binôme fit qu’une très jolie femme, que je ne voyais, ne reluquais, qu’au fin fond de la pièce de l’atelier habituellement, se retrouva avec moi. Et moi avec Elle. J’en bafouillais fort des pastels.

Elle, Leila, oui Leila, brossa mon portrait, que je ne vous montre, et moi je commençais à lui brosser le sien. Puis, Elle mit un joli chapeau, se plaça de profil, prit la pose, et ce fût à tomber !

Le hasard se remit à l’œuvre, vous savez que je ne suis pas très doué en dessin, mes traits sont grossiers, ma main, gauche, et la droite ne vaut pas mieux...

Voyez donc ici mon avant-dernier dessin :                       

IMG-0724-b
Pierre-Luc ; Pastel sec

Oui, je sais le chapeau est un peu raté, mais bon...

Mais, oui, le hasard frappa et j’en fus ébaudi. L’amour sonnait à la porte, exacerbant, sensibilisant, mes yeux et mes mains, entre autres, et j'en passe. Super pratique pour poser palette... mais bon...

Je vous passerais bien aussi sous silence les détails de ma réalisation technique, mais vus les commentaires assez laconiquement un peu salés, postés au dernier défi, ici, je ne vous ménagerai... non mais...

Le pastel gras une fois mis j'ai voulu éclaircir un peu le visage que je trouvais trop sombre (satanés neurones, bandes d'incapables). J'ai pris mon cutter - un coupeur en canadien français - et j'ai gratté de la craie pastel sec blanche que j'ai mise dessus. En soufflant, et tassant tout, tout doux. Sur le gras. Beuh. Je vais quand même pas lui mettre du fard. Ou de la poudre aux joues à la belle. HELP !?? Les zartistes pros du pastel gras ??? Enfin... bon...


La séance s’acheva. A 21 heures pétantes, on rangeait nos cartons. Oui, on ne vient avec des valises...

Sur un coin de table, je griffonnais rapidement un petit poème, que je lui glissais subrepticement (dur à écrire, ça), en sortant.

Ebahie, le lisant, tout en marchant, Elle me suivit vers nos voitures. Je montais dans la mienne, entendant des voix fortes, un genre d’altercation, une sorte d’exclamation en fait.

Un grand escogriffe brun, de velours, un gorille, une armoire à glace, criant haut, et comme s ‘éventant avec mon poème, me montra son poing.

Chapeau les couples d’aujourd’hui. Ha, 1968 ! Bon...

Agoni, à fond la caisse, je rentrais chez moi, par de nombreux raccourcis, me retournant un peu de temps à autre, à peine...

Allez savoir pourquoi, je ne suis jamais retourné aux cours, la flemme de suivre des cours du soir, sans doute.

Mais, je vais vous lire quand même mon petit poème :

 

Leila, Hespéride blues

Moi je t’enlèverai un jour en ton pays
Toi mon tendre soleil, ma douce Leila
Connais-tu mon royaume aux citronniers trahis
Qui pleurent ton absence aux larmes à cappella ?

Aux orangers dorés, aux lauriers élancés
Aux myrtes amadoués. C’est là que tu viendras
Contre moi te blottir et m’aimer... enlacés
Sous les colonnes d’or, les statues cathedra

Mon jardin d’Hespéride où l’immortalité
Gloire de notre amour et sa virginité
Nous feront un manteau hors nos soleils brûlants
Une couche fleurie sous nos corps déferlants
 

leila
Pierre-Luc ; Leila, pastels gras

2 avril 2016

Participation de Fairywen

Le chapeau du magicien

 

Tout le monde connaît le chapeau du magicien, celui d’où sortent colombes, lapins et autres foulards. Et si les enfants ouvrent de grands yeux émerveillés, les adultes, eux, étouffent un sourire attendri, car ils savent que tout ceci n’est qu’illusion, que le magicien n’est en réalité qu’un prestidigitateur, un illusionniste qui nous embrouille pour mieux nous détourner des « trucs » de ses tours – pour notre plus grand plaisir.

Bon.

Désolée de vous dire ça, mais une fois de plus, les adultes se trompent…

Car le chapeau du magicien est bel et bien magique, il n’a pas de double fond, pas de liaison cachée avec la table en dessous – laquelle n’a pas de trou communiquant avec le chapeau –, rien de tout cela. C’est juste un vrai chapeau magique, un chapeau que les magiciens reçoivent lorsqu’ils ont fini leur initiation et qu’ils obtiennent le droit de se faire passer pour des illusionnistes aux yeux des humains, qui, pour la plupart trouvent confortable de ne pas croire en la magie.

Mais les enfants, eux, savent, et un petit nombre d’entre eux n’oublie pas en grandissant que la magie est bien réelle, et que le chapeau du magicien n’a ni double fond ni ouverture en contact avec un trou dans la table sur lequel il est posé…

Défi 396 du samedi 26 mars 2016

 

 

 

26 mars 2016

Jeudi Noir (Cavalier)

C’est devant cette porte que tout a commencé, devant oui, mais devant...  à l’intérieur !

Une grande porte close au centre des murailles de la jolie ville de Guérande, chère à mon cœur, sise alors dans les années 1920.

 


00guerande

                       

La ville fortifiée attend près du marais,
Entourée de brumes bleues et de vents conquérants.
Où sont partis les bois et les grands champs de blé ?
Les passereaux se taisent, les mouettes se chamaillent,


Les canaux font le siège, des hérons y guerroient,
Sous le crissement du sel, le pleur des salicornes,
Le sifflement des barques, le souffle des écluses,
Mais aux sables des murs mon âme reste fidèle...

 


Et puis, on ne sait pas bien... Une perturbation électromagnétique au Triangle des Bermudes, un micro trou noir traversant la Terre  soudainement, une lubie extra-terrestre ? Toujours est-il qu’un quarteron de personnages d’une dimension parallèle à la nôtre fit son irruption dans la cour pavée intérieure.

Un peu comme dans Stargate en fait.

C’est devant cette sombre porte que tout a commencé. Ils étaient littéralement cousus d’or, ils en avaient de pleins sacs avec eux. Ils n’étaient même pas dépaysés. Tout était identique, ici. Chez nous. 

Il y avait pourtant une différence notoire, et ils la connaissaient bien. Les Lois du marché, ici, dans notre monde, n’étaient pas encore maîtrisées et la tendance aux bulles spéculatives toxiques était latente.

Il y aurait de l’or à prendre !

C’était certain pour ces quatre personnages hauts en couleur, de l’Ordre du Trader, et en y étant Grands Chevaliers en plus... Ils ouvrirent la lourde porte, et telle une boîte de Pandore la ville de Guérande cracha son venin.

Le 25 juin 1920, nos preux Chevaliers embarquèrent à bord du RMS Olympic, "the Old Reliable", pour le Saint Graal de la Bourse à New York.

Vous me direz : pourquoi donc une arrivée à Guérande ? Mystère. Peut-être que seuls les lieux chargés d’histoire, comme les villes fortifiées du vieux continent, permettent une concentration d’énergie telle que des portes dimensionnelles peuvent s’ouvrir.

La suite de l’histoire fut facile et bien connue. Bien intégrés à leur époque, passant inaperçus, ils injectèrent et blanchirent leur or. Ils créèrent les Call Loan, un nouveau système d’achat d’actions à crédit, ce qui mina, corrompit, salit insidieusement le système financier. Alors, ils coincèrent la bulle et attendirent.

Puis un jour ce fut le Jeudi Noir à Wall Steet. Tout bascula.

Nos Chevaliers Trader firent le voyage dans l’autre sens, et de pleins chariots remplis d’or s’engouffrèrent par la grande porte de bois.

Si un jour vous passez par Guérande, vous constaterez combien les deux grosses pierres qui encadrent la porte portent encore les traces des roues ferrées de leurs chariots fous.

Oui, c’est derrière*  cette porte que tout a commencé.

 


La Bourse ou la Vie

Que conte tout ceci : le malheur mis en scène ;
Un raccourci rapide à l’ombre du savoir,
Quand l’esprit par le rêve est pris en quarantaine,
Et, comme il sied de l’être, habille le miroir.

C’est cette Ourse qui vend sa peau sans émouvoir
La Chèvre à patte blanche, et aussi cette vaine
Colombe au clair ruisseau qui divorce au perchoir
Que conte tout ceci : le malheur mis en scène.

C’est la fable du Roi, la bête herculéenne,
Qui, ayant trop longtemps patienté pour avoir
Du Lapin au palais, sous la rosée, amène
Un raccourci rapide à l’ombre du savoir.

Et l’écrit du Corbeau au Renard est si noir,
Que Raminagrobis*, en puissant capitaine,
Ronronne et puis sourit aux défenses d’y voir
Quand l’esprit par le rêve est pris en quarantaine.

La raison du plus fort, des Loups aux Agneaux, gêne
Ce doux protagoniste et ce grand Léopard,
Leur talent en costume en bigarre l’arène,
Et, comme il sied de l’être, habille le miroir.

La Basse-cour d’argent fait faillite ce soir,
La Poule, au jeu de l’Oie, aux œufs d’or pond sa peine,
Le Canard a perdu l’Amérique et l’espoir ;
C’est ce que n’a pas dit Monsieur de La Fontaine
Que conte tout ceci…

 

00 bourse1 

00 bourse2 


* D’aucuns diront : Oui... heu... Cavalier, il prend le contre-pied du défi !

Je répondrais : Oui, et à l’or ?

* Raminagrobis : le chat chez Jean de La Fontaine

 

Publicité
Newsletter
Publicité
Le défi du samedi
Publicité