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Le défi du samedi
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26 mars 2016

Apparition (Walrus)

109673245[1]

 

Un jour, je l'avais entrevue derrière les carreaux de la fenêtre surplombant la porte cochère.

Je n'étais pas loin de croire que c'était sa présence qui avait fait de ce côté de la rue "The Sunny Side of the Street".

Depuis, je trouvais toujours une occasion de passer lentement sur le trottoir d'en face, discrètement pensais-je, puisque j'étais plongé dans l'ombre protectrice du presbytère.

J'espérais que le miracle finirait par se reproduire et entre-temps, j'imaginais mille scénarios où la pauvre enfant, promise aux pires vicissitudes, n'y échappait que grâce à mon héroïque intervention. La glycine sans doute me poussait à l'escalade.

Quand j'étais un peu moins exalté, je versais plutôt dans le romantisme, rêvant de sérénade, le pied sur le chasse-roue, la guitare à la main, tantôt Roméo (Ah lève-toi soleil, fait pâlir les étoiles...), tantôt Nougaro (Je suis sous ton balcon...).

Bref, dans ces moments, je crois que Fairywen elle-même n'aurait pas été plus inspirée.

Mais pour tout dire, la grimpette aux arbres n'est pas mon fort et, côté guitare, si je suis plutôt Padre Soler que Jimmy Hendrix, mon jeu sur l'instrument ferait passer Béart pour un virtuose, c'est vous dire ! J'ai bien une trompette, mais côté romantisme, même avec une sourdine...

Donc, je passais et repassais, mais rien ne se passait de ce que j'espérais.

À force de lorgner, sans trop en avoir l'air, la fenêtre miraculeuse, j'avais négligé celles du presbytère. Pas de problème pour le curé, vous connaissez la chanson :

Les curés dans leur presbytère
Boivent du vin et de la bière
Et pourquoi n'en boiraient-ils pas
Puisque leur évêque ne leur défend pas
Pourvu qu'ils chantent alleluia alleluia!

Mais dans les presbytères, y a pas que les curés, y a aussi leurs bonnes ! Et dans celui qui nous concerne, y en avait bien sûr une, une qui avait remarqué mon manège et avait fini par penser que c'est autour d'elle que je tournais.

Un beau jour, elle m'est tombée sur le paletot et m'a entraîné derrière l'église.

Depuis, peuchère, j'ai oublié la porte cochère !

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19 mars 2016

Participation de KatyL


En voir de toutes les couleurs !!  ka01


Mes palettes n’en peuvent plus de mes hésitations entre les couleurs…mes pinceaux valsent d’un pot à l’autre pour trouver le ton juste.


Mes toiles s’inquiètent de ce va-et-vient constant entre elles que je caresse d’espoirs de faire un jour un «chef-d’œuvre », et ce qu’elles ressentent au toucher des couleurs, qui les laissent pantoises et frissonnantes de tendresse à mon encontre. C’est qu’elles ne les aiment pas toutes ces couleurs osées, car il ne suffit pas de charger n’importe comment, il faut du style, de la légèreté, et aussi un tant soit peu de talent !!


Sinon autant accrocher un pinceau à la queue d’un têtard en mal de reconnaissance, qui sait à peine différencier le jaune du bleu, et qui se noie sous les compliments de sa grenouillasse de mère le prenant pour le génie du « Marais » !!...  Le Marais c’est là que sont tous les talents. Les tableaux accrochés aux vitrines des « experts en galerie d’art ».  Leurs couleurs si criardes donnent l’impression qu’ils se pavanent sans pudeur au gré des regards mornes des passants qui sont en quête de «celui » qui ira au-dessus du canapé cramoisi d’émotions et de ressentiments, car délaissé pour l’œuvre.


Mais ces gens-là regardent-ils mes toiles à moi ??? Mes tableaux sont trop vrais, trop parlants, pas dans l’air du temps.


Il faut une patte disent-ils, c’est-à-dire,  faire à peu près la même chose tout le temps d’un tableau à l’autre, avec cependant une virgule plus claire en bas à droite ou un trait en travers plus vert que l’autre,  mais surtout il faut reconnaître en la série des séries tout un travail artistique, un concept, une idée que le peintre n’a pas eu du tout l’intention d’émettre, car il peint en dormant, tant il a l’habitude de ses grands mouvements saccadés inexpressifs, mais que les experts à l’œil averti  ont vu.


Ah ! Si j’étais aigrie je rangerais mes pots et pinceaux !! Mais  je suis de plus en plus heureuse de peindre, je l’ai toujours fait pour moi, pour le plaisir, et pour ceux et celles qui les regardent vraiment, ma joie est telle que le temps lorsque je peins n’a aucune emprise sur moi, je ne cherche pas à plaire aux autres, mais à exprimer en émotions sincères ce que je ressens, ce qui me fait vibrer.  Mes toiles qu’elles soient dit-on « modernes » ou pas, ne sont pas abstraites d’idées. OUI, je suis aussi une artiste de mon temps, n’en déplaise à ceux qui sont habitués aux mêmes couleurs sorties des mêmes moules et des mêmes pots, et disant à longueur de temps : «  tu ne fais pas de peinture contemporaine toi ?  »
KatyL  ka02



12 mars 2016

Faire recette, sinon, c'est Cuit (par joye)

¸¸.•*¨*• ☆ Temps de Préparation : Ma Vie *¨*.¸¸

Temps de Cuisson : Une Fraction de Ma Vie

Ingrédients (pour 4 personnes, deux couples, ou un Ménage à trois avec Arbitre)

¸¸.•*¨*• ☆*¨*.¸¸

- 200 g de pâte brisée, une Pâte qui a connu l’Amour et l’Échec
- 200 g de lardons, les Enfants d’Amours délicieux, mais volés
- 30 g de beurre, ou de Seins doux, ou encore ce qui est gras et soyeux
- 3 œufs, volé du Nid d’une Poule innocente sans méfiance de ce Bas Monde
- 20 cl de Crème fraîche comme la Jeunesse (cf Ma Vie)
- 20 cl de lait qui a fait qu’un pauvre Veau a dû se coucher à jeun
- sel et poivre, comme Greco et Davis
- muscade, épice c’est Tout

¸¸.•*¨*• ☆*¨*.¸¸

Préparation de la Recette :

Étaler la pâte dans un Moule, piquer à la Fourchette, tout comme tu étales Ta Vie, tout comme tu piques de tout savoir.
Faire rissoler les Lardons à la poêle puis les répartir sur le Fond de pâte. Ils s’y retrouveront peu ou prou, comme ils peuvent, comme font tous les pauvres Lardons dans ce bas Monde...
Parsemer de copeaux de Beurre, soyeux et gras, comme une Duchesse d’un certain âge.
Battre les œufs – ils l’auront cherché -  la Crème fraîche et le Lait, assaisonner avec le sel, le Poivre et la muscade. La vie est ainsi assaisonnée. Verser sur comme une Pâte, tout comme si tu vidais ton Sac chez un bon ami, Confident de ton petit Coeur intime.
Faire cuire, suer, dorer, pendant 45 à 50 min au Four à 180°C (Thermostat 6) – comme un aprèm à St-Trop', où tu sirotes oisivement des Cocktails en attendant que la Vie vienne t'y retrouver...

Siroter un Cocktail et attendre le Résultat. C’est tout un Drame, cette Attente.

¸¸.•*¨*• ☆Remarques*¨*.¸¸

Et voilà, voilou,

ma superbement belle

Kitsch lorraine 

!!!

kitsch lorraine

12 mars 2016

Participation de Fairywen

 

L’heure du thé

 

Intrigué, le jeune homme tournait autour de l’étrange composition à l’abri dans une étagère transparente. Sur un tapis de mousse artificielle était posé un service à thé des plus kitsch : une théière en forme de maison au toit de chaume et six tasses assorties sur lesquelles avaient été posés de petits couvercles figurant une toiture. Il sursauta d’un air coupable en entendant un rire cristallin dans son dos :

— Intrigué ?

— Il faut dire que ce n’est pas euh… banal.

— Très kitsch, n’est-ce pas ?

— Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire, se défendit-il.

— Ne t’en fais pas, j’ai l’habitude. J’ai ce service à thé depuis que je suis toute petite, et j’y tiens beaucoup. Il ne me rappelle que de bons souvenirs.

— C’est le plus important, alors.

Le sourire qui illumina le visage de son hôtesse réchauffa inexplicablement le cœur du jeune homme. Tombé en panne de moto quelques kilomètres plus loin, dans une région où visiblement il n’y avait aucun réseau, il avait poussé sa machine sur la route alors que la nuit tombait, jusqu’à ce qu’il voit une lanterne se balancer sur le porche d’une maison isolée. Peu désireux de passer la nuit en forêt, il avait décidé de sonner à la porte. Une frêle jeune femme lui avait ouvert, l’invitant à mettre sa moto à l’abri dans la grange et à le rejoindre à l’intérieur. Peu habitué à une confiance aussi spontanée, il avait obtempéré. Son étonnement avait grandi en constatant qu’elle vivait seule au milieu de nulle part. Lorsqu’il avait évoqué à mots couverts les dangers encourus, elle avait simplement ri, puis lui avait proposé de l’aider à préparer le repas.

De fait, il avait passé une merveilleuse soirée, à parler de tout et de rien, à rire et à s’amuser. À présent, allongé sur le lit de la chambre d’amis, il réalisait qu’il lui avait tout dit de lui alors qu’il ne savait rien d’elle. Curieusement, cela ne le dérangeait pas, lui d’ordinaire si secret sur son douloureux passé. Pour la première fois depuis très longtemps, il se sentait en paix avec lui-même. Il ne cherchait même pas à comprendre ce lancinant besoin de revoir l’étrange service à thé. Avant de réaliser ce qu’il faisait, il était agenouillé devant la vitrine.

 

Et il voyait…

 

Il voyait que la mousse artificielle avait fait place à de la vraie mousse. Que la vitrine était devenue une forêt, la théière et les tasses des maisons, d’où sortaient de malicieux petits gnomes. Une odeur de pain qui cuisait flottait dans l’air, accompagné des arômes d’un délicieux ragoût. Des enfants jouaient à cache-cache entre les buissons, des papillons voletaient de-ci, de-là, de minuscules chatons galopaient entre les jambes de tout le monde, tandis que des licornes multicolores se promenaient dans le sous-bois.

Fasciné, il n’entendit pas la porte du salon s’ouvrir et tressaillit lorsque le rire cristallin s’éleva à nouveau :

— On dirait que mon service à thé t’hypnotise.

— Ce n’est pas juste un service à thé, répondit-il en se retournant, c’est…

Sa voix mourut sur ses lèvres quand il vit les ailes irisées qui battaient doucement dans le dos de son hôtesse.

— Mais tu le sais, n’est-ce pas ? ajouta-t-il doucement.

Pour toute réponse, elle lui tendit la main, une main qu’il prit sans se poser de questions.

 

Il ne jeta pas un regard en arrière lorsqu’ils franchirent le voile qui les séparait de Faërie…

Illustration défi 393 du samedi 5 mars 2016

 

 

 

 

 

5 mars 2016

L'empereur des mers (Joe Krapov)

Rien n’est régulier
Pour marquer tempo
Comme un métronome.

Trois temps d’une valse,
Le bal est ouvert,
Les robes froufroutent,

Les pieds virevoltent,
Les têtes s’enivrent,
Les cœurs se rapprochent.

La boule à facettes
Envoie dans le ciel
Des étoiles d’or.

Les encravatés
Secouent les deux pans
De leur queue-de-pie.

Les diamants scintillent.
On voit tournoyer
Des plumes de paon.

Tout au long du soir
Les morceaux s’enchaînent.
La nuit est à nous .

L’orchestre est parfait,
Le pianiste adroit,
Les violons légers.

C’est qui ce pingouin
Qui s’enfile au bar
Des shoots de vodka ?

manchot métronome 4

Pas manchot le mec !
C’est fou c’qu’il s’envoie
Derrière la cravate !

Mais bonjour, demain,
La casquette en plomb !
C’est le capitaine ?

Oh ! Pas d’inquiétude !
Le second est sobre
Et tout ira bien,

Tout au moins jusqu’à
Ce moment fatal
Que nul n’a prévu

Où le paquebot
Croise sur sa route
Un iceberg perdu,

Glaçon tressautant
Dans l’apéritif
D’un siècle arythmique

Et alors… Plouf !

 

Titanic face aux métronomes réduit

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5 mars 2016

Participation de Fairywen

De la vitesse d’un métronome…

Un métronome est un instrument qui donne un signal audible ou visuel permettant d’indiquer un tempo, c’est-à-dire la vitesse à laquelle doit être jouée une musique. Un métronome est précis, car il repose sur une mécanique sophistiquée, qu’elle soit à ressort ou électronique.

 

Soit.

 

Si je suis d’accord en ce qui concerne la première phrase, je ne le suis pas du tout en ce qui concerne la seconde.

 

Car elle est complètement, totalement, irrémédiablement fausse.

 

Ce qui permet d’indiquer le tempo, ce sont les lutins du métronome, bien évidemment. Il en existe plusieurs familles selon la vitesse demandée.

Nous avons tout d’abord la famille Grave, qui contrôle un rythme inférieur à quarante pulsations par minute. Une famille où bien entendu tout le monde se déplace lentement, en arborant un air grave et concentré. On ne rit clairement pas beaucoup dans cette famille, mais bon, certaines musiques ne prêtent pas non plus à rire.

Puis vient la famille Largo-Larghetto, plus rapide, entre quarante et soixante pulsations par minute. Une famille aux pas larges et plus décidés.

Ensuite la famille Lento-Adagio, entre soixante et quatre-vingts pulsations par minute. Ce n’est pas encore la folie, mais on s’approche tout doucement d’un bon pas de marche.

La famille Andante-Adantino, qui, elle marche d’un bon pas, au point qu’elle est parfois difficile à suivre. Il faut dire qu’on va de quatre-vingts à cent-huit pulsations par minute, vous vous rendez compte ?

La famille Moderato, qui, avec des pulsations allant de cent huit à cent vingt pulsations par minute, commence à trottiner. Il faut être en forme pour ne pas se laisser distancer lorsque le tempo dure !

La famille Allegretto-Allegro, qui sautille gaiement sur des pulsations de cent vingt à cent soixante-huit pulsations par minute. Non sportifs s’abstenir, vous resteriez sur le carreau…

La famille Presto, qui va vous laisser sur place si vous ne parvenez pas à suivre son rythme effréné de soixante-huit à deux cents pulsations pas minute. Oui, vous avez bien, lu deux cents ! Ouf, rien que de l’écrire, je me sens fatiguée…

Et enfin la dernière famille, la famille Prestissimo, qui va si vite – entre deux cents et deux cent huit pulsations par minutes – que les spécialistes en lutinoligie ne connaissent pas leur véritable apparence. Pourtant, ils ont essayé de les suivre, mais… impossible de tenir leur rythme !

 

Voilà, vous savez tout, à présent, plus d’excuses si votre métronome ne fonctionne pas ! Non, la mécanique n’est pas rouillée, non, un composant électronique n’a pas lâché ! Vos lutins sont tout simplement en grève.

 

N’oublions pas que ce sont avant tout des mélomanes qui n’aiment pas les fausses notes…

Défi 392 du samedi 27 février 2016

 

 

 

 

27 février 2016

Participation de Fairywen

Un éléphant, ça trompe énormément

 

Un éléphant

Ça trompe énormément

Dit-on

Dans un dicton.

 

Mais pourquoi dit-on

Qu’un éléphant

Ça trompe énormément ?

 

Parce que voyez-vous,

C’est vrai, mais fou…

 

Un éléphant,

Ça trompe énormément…

 

Entendez-vous la musique

Dans la p’tite boutique

De porcelaines cubiques ?

C’est l’éléphant

Qui joue d’un instrument

Car il a remplacé

Son nez

Par un saxophone à vent !

 

Voyez-vous ?

Entendez-vous ?

Pas du tout ?

C’est fou…

 

Vraiment,

Un éléphant,

Ça trompe énormément…

 

Défi 391 du samedi 20 février 2016

 

10 octobre 2015

Participation de Fairywen

Le Passeur d’Ames

 

Un oiseau s’est posé

Au creux de ma main

Il m’a regardée

Et m’a dit « viens ».

J’ai fermé les yeux

Et je l’ai suivi

Dans un monde merveilleux

Qui de la douleur se rit.

 

Vous qui restez ne pleurez plus.

Enfin je ne souffre plus.

Mon corps blessé s’est tu.

Il n’en pouvait plus.

 

L’oiseau m’a redonné

Mes jeunes années

Et ma liberté.

Défi 371 du samedi 3 octobre 2015

3 octobre 2015

Quelle pétulance ! (Joe Krapov)

- Il va bien falloir qu’en silence ou pas un jour je me lance, dit la scie.
- Ne te casse pas le tronc ! répond l’arbre. Il y a déjà le nageur qui fait la planche ».

 

Hiawatha

- Il va bien falloir qu’un jour je me lance, dit Tom à Hawks (Howard).
- Dans le commerce de haches à destination des bedeaux ? C’est encore illégal, répond Hiawatha.



- Il va bien falloir qu’un jour je me lance, dit le boomerang.

- Ca ne sert à rien, tu t’appelles Reviens, répond l’aborigène.



- Il va bien falloir qu’un jour je me lance, dit l’accessoire de l’athlète.

- T’es pas un peu marteau, non ? répond le spectateur des J.O. qui se l’est pris sur la tête.



- Il va bien falloir qu’un jour je me lance, dit le « Pouah ! ».

- 3 mètres trente-six ! J’suis dégoûté ! répond l'athlète. Et de dépit, il en lance un autre.



- Il va bien falloir que je m’arme strong, dit Lance.

- T’as qu’à dire que c’était à l’insu de ton plein gré ! répond Richard.



- Il va bien falloir qu’un jour je me Lens, dit le musée du Louvre.

Et le mineur-campeur le pousse dans le dos. Le musée glisse le long de la pente et atterrit sur le carreau de la fosse 9.

- Euch’ terril, ch’est à mi ! J’étos là avint ti ! T’es très ben là d’ù qu’tes quéu. Si té m’cros pas, acoute eum quinchon !

 

130809 096

 

- Il va bien falloir qu’un jour je me lance, dit le diaporama.
- Ah non ! A tous les coups, c’est encore Joe Krapov qui chante, dessus ! 

Une traduction en français de ces paroles en Ch'ti est consultable ici.

3 octobre 2015

Participation de Fairywen

Crac...

Le silence règne. Un silence total, absolu. Le silence qui précède les grandes catastrophes. Dans un ciel exempt de tout nuage, le soleil brille, indifférent à ce qui peut se passer sur cette minuscule boule d’eau et de roches qui tourne autour de lui, en troisième place. Que lui importe le silence ? Il n’y a pas de toute façon pas de bruit dans l’infini de l’espace qui l’entoure.

Sur la petite planète bleue, dans cette région où règne le silence, on entend soudain un craquement. Il n’est pas très fort, mais dans ce silence de mort, il ressemble à un coup de tonnerre. Ce n’est pourtant rien, juste quelques cristaux qui se heurtent, se chevauchent, se cassent, se séparent. Soudain l’équilibre de la délicate masse blanche est en péril. Les cristaux s’éloignent inexorablement les uns des autres. Le départ est donné.

Dans un bruit de tonnerre, l’avalanche se lance sur la pente, telle un rouleau compresseur qui écrase tout sur son passage. La neige si belle il y a quelques instants est devenue un piège mortel dont on ne s’échappe pas. Elle dévale la pente, pressée, affamée. Les grands sapins s’inclinent, cassent et se couchent sur son passage, vaincus par la force de l’avalanche. Elle continue sa route, royale, puissante, charriant avec elle les débris qu’elle a créés.

Enfin, le monstre s’arrête, apaisé et repu, abandonnant derrière lui un versant de montagne inconnu, dont toute la physionomie a changé. Un épais manteau blanc et uniforme recouvre les traces cruelles et sanglantes de son passage, la preuve que jamais la montagne ne se laissera apprivoiser par ces ridicules petits êtres à deux pattes qui croient pouvoir tout régenter sur la troisième planète après le soleil.

 

Une fois encore, la montagne a tué.

 

Là-haut dans le ciel, le soleil continue de briller, toujours aussi indifférent au sort de la petite boule d’eau et de roches qui lui tourne autour depuis des milliards d’années…

Défi 370 du samedi 26 septembre 2015

19 septembre 2015

Quand c'est flou c'est qu'il y a un loup (Joe Krapov)

 

DDS 368 IMG_1271331028913

Je ne suis pas carrée d’épaules,
Ni Nord, ni Sud, ni magnétiques
Mais je n’ai cure des boussoles
Dans les mondes labyrinthiques.

Je ne suis pas comme la marquise
Chez qui tout brille, tout étincelle,
Qui sort de chez elle à cinq heures
Ni comme le petit Marcel.
Ca me laisse comme la banquise
Qu’ il se couche ou pas de bonne heure.

DDS 368 1532828-7

A l’insomnie seul dans sa turne,
Aux sympathies pour le dais vil
Dont je ne suis que peu friande
Je préfère la vie nocturne,
Le dédale des rues des villes
La marche des guides gourmandes.

Rennes a été mon territoire
Et d’avoir été la première
A explorer ses décalages
Ne me rend pas pour ça plus fière ;
Cela n’a rien de méritoire :
J’ai toujours aimé les voyages.

DDS 368 Théodore_Chassériau_003

Si je ne suis pas Parisienne
Est-ce que cela gêne ? Ou peine ?
Car j’ai au Louvre deux conseurs
- Nous sommes, en vérité, cousines,
Chère Adèle et très douce Aline ! -
Et j’ai travaillé des années
Dans un musée dont je connais
Les coins et les recoins par cœur.

Il faut une tenue spéciale ?
Je n’ suis pas la femme aux bijoux
Mais j’aime assez à en porter.
J’adore le camée ovale,
Le rose est un atout en tout
Et j'apprécie fort l’églantier.

DDS 368 Yin Xin -chasseriau_les deux seours , 2002, (130x97cm) - copie

J’ai même voyagé dans le Temps,
Traversé des siècles d’histoire
Quand j’étais universitaire
Pour aller…

***

- Je vous arrête tout de suite, Mademoiselle Chassériau. J’ai l’impression que nous avons un malentendu sur le sens du mot « visite ».
- Vous ne cherchez pas une guide touristique ?
- Pas vraiment. Il s’agit en fait de faire une livraison de galettes et de pots de beurre à une dame qui habite une maison abandonnée à l’autre bout de la forêt. Une ancienne fée en fauteuil roulant. Si cette situation vous intéresse, il faudra que vous endossiez le costume rouge de notre compagnie. Le job consiste à rendre visite à une mère-grand.

DDS 368 clindoeil - Copie

Isaure Chassériau a été tellement estomaquée par ce quiproquo qu’elle est retournée vivre dans son tableau d’où, peut-être, elle n’aurait jamais dû sortir.

DDS 368 isauredisparait2 - Copie

 

12 septembre 2015

Conte de fée (Joe Krapov)

Une bonne fée s’est penchée sur mon berceau. Elle a dit à Maman et Papa que je serais un être chétif, contemplatif et maladif. Maman et Papa ont commencé à faire la gueule et à regarder la bonne fée d’un sale œil. Ils se sont demandé ce qu’elle fichait là, cette non-invitée à mon non-baptême qui, plutôt qu’à une sorcière en robe rose et chapeau pointu avec une baguette ridicule, ressemblait à l’Amélie Nothomb qui du reste n’était même pas encore née.

La bonne fée s’est empressée d’ajouter « …Mais que… ». Donc, « que je serais un être maladif, contemplatif et maladif mais que, étant natif du cancer et ayant l’ascendant en scorpion, j’étais assimilable à un saturnien et que donc je me réaliserais très tard.

- Qu’est-ce que ça veut dire, en clair ?, a demandé Papa.
- Ca veut dire qu’il va chercher, toute sa vie durant, une maison abandonnée dans laquelle il y a un trésor.

Papa et Maman ont oublié de me raconter cette scène ou ils me l’ont racontée autrement mais dès qu’ils ont su que je serais un jour propriétaire d’un trésor, ils se sont un peu plus intéressés à moi. Et moi, je n’aime pas trop qu’on me regarde comme ça.

Pour la première partie du diagnostic, la bonne fée a eu raison tout de suite ! Je ne sais si c’est d’avoir atterri là entre Papa et Maman, je ne sais si c’est parce que je suis un saturnien sans les anneaux mais pratiquement dès ma venue au monde j’ai asthma-tiqué.

jpi jpa au bassin de la bourboule

Du coup on a passé toutes nos vacances à La Bourboule. La Bourboule, en Auvergne, bien des citoyens n’en ont cure mais moi si. Tous les matins. Bains de vapeur, inhalations, et pour finir tu bois un grand verre d’eau chaude et dégueulasse, on te met une écharpe autour du nez alors qu’il fait 32° dehors, tu remontes dans la voiture surchauffée et tu es balloté pendant vingt kilomètres sur la route en virages pour rejoindre toute la famille qui fait du camping sauvage dans une prairie à vaches.

Après la sieste obligatoire, on fait des excursions en noir et blanc, la tournée des lacs en noir et blanc, on se photographie devant la maison abandonnée en noir et blanc… Oui, parce qu’à cette époque-là, mes enfants, au siècle dernier, la vie était encore en noir et blanc. La tour Eiffel en noir et blanc, le château de Val en noir et blanc…

Je ne sais pas où est passée la photo de la vieille maison auvergnate à l’abandon. Y avait-il un trésor dedans ? 

jojo mémé jpa jpi et vieille maison

Bon, je ne suis pas là pour vous raconter ma vie. Mais c’est vrai que plus j’avance en âge et plus j’ai l’impression de me réaliser. J’ai été guéri de mon asthme assez vite et je suis monté à Paris où j’ai commencé à chercher le trésor promis par la fée.

Au début, comme j’étais un peu niais, j’ai cru que je l’avais trouvé. C’est vrai, quoi ! J’avais un boulot, je n’avais plus Papa et Maman sur le dos, je gagnais un peu d’argent et j’habitais à Paris où il y avait plein de cinémas, de salles de spectacle, de librairies et de disquaires. Alors, comme être riche se dit parfois « avoir de la galette », j’ai commencé à les collectionner. A l’époque les galettes étaient des objets ronds et noirs, d’un diamètre de trente centimètres, percés d’un trou en leur milieu, garnis d’une étiquette, emballés dans une enveloppe de papier blanc ou de cellophane et mis dans une pochette en carton illustrée de photos ou de dessins plus ou moins psychédéliques. Pour jouir de ces trésors-là il fallait disposer d’un tourne-disque ou d’une chaîne hi-fi.

DDS 367 vivaldi-risi-bisi-finedininglovers

Comme l’obsolescence programmée n’avait pas encore été inventée, je possède toujours cette chaîne hi-fi d’il y a un siècle et comme je suis un saturnien soigneux et conservateur, j’ai gardé aussi en très bon état tous mes disques vinyles et mes nombreux livres. Par contre j’ai perdu tous les amis auxquels j’ai fait appel pour m’aider à déménager. Je ne sais pas si vous avez déjà eu à porter les œuvres complètes de certains écrivains ou l’intégrale de Vivaldi mais je peux vous dire que quatre saisons et quatre cent concertos, même si c’est toujours le même, comme disait Stravinsky, ça pèse.

Le problème dans ma vie, c’est que je n’ai pas déménagé qu’une fois.

J’ai eu le bonheur d’épouser une femme-bélier. C’est très bien une femme-bélier. La femme-bélier est à elle toute seule un trésor incommensurable, incomMarsurable, même. L’ennui, c’est que ça bouge tout le temps et que ça a toujours une longueur d’avance dans le calendrier, une femme-bélier. Quand vous n’avez pas de téléphone portable, elle vous appelle sur le téléphone de votre copine pendant que vous êtes à l’atelier d’écriture pour vous faire dire que vous avez oublié ce soir d’aller au Conseil d’administration de l’association R. et C. alors que celui-ci n’a lieu que la semaine suivante.

La femme-bélier décroche aussi des armoires du mur pour accrocher une nouvelle armoire plus grande et plus lourde et elle vous demande de la décrocher le lendemain parce qu’elle a l’impression que c’est mal accroché et en fait on s’aperçoit que c’est inaccrochable et donc on raccroche les anciennes armoires et on revend la nouvelle sur le Bon Coin.
Bref, si vous comptez épouser une femme-bélier ces jours-ci, sachez qu’elle changera la palce de la poubelle tous les mois et qu’elle vous fera déménager tous les cinq ans.

Heureusement, un jour, j’ai fait preuve d’autorité. Oui, je sais, un jour dans toute une vie, ce n’est pas beaucoup. J’ai dit : « OK. T’as voulu voir Vesoul et on a vu Vesoul, tu as voulu qu’on vive à Rennes et on y est. Mais maintenant qu’on est tombés sur la case « appartement au deuxième étage avec jardin et garage qu’on n’a même pas besoin de monter la voiture dans l’escalier » alors maintenant, ça suffit, on ne bouge plus ! ».

J’ai obtenu gain de cause. En partie.


Jacques Brel - Vesoul par Wazoo

 Parce que ma femme-bélier est toujours partie par monts et par vaux et parce que tous les étés, pour les vacances, c’est transhumance. Je me demande même si Maman ne lui a pas raconté l’histoire du trésor dans la maison abandonnée, à ma Dulcinée à cornes ! Peut-être qu’elle la cherche sans me le dire et que c’est pour ça qu’on bat la campagne ? C’est bien simple, on a six boîtes pleines de cartes d’état-major et des topo-guides à ne plus savoir qu’en faire.

150807 N 011

Cet été on a marché du lac de Guéry à la Banne d’Ordanche, d’Annoville-sur-Mer à Hauteville-sur-Mer-Plage, de Saint-Martin de Bréhal à Granville, on a fait le grand tour du lac Pavin, celui du lac Chauvet, on a longé les cascades de Chiloza,, on a pris le bateau pour aller aux îles Chausey, on a longé le lac de Paladru, on a visité le château de Chantilly et son parc immense, on a tourné dans Chambéry, Vendôme, Rouen, Lille et Rennes et j’en oublie et j’en oublie. On est passés à Foupoule, à Village Chou, à Bogros-les-Chiens, à Besse-Saint-Anastaise, à Domessin, à Pont-de-Beauvoisin, à Aiguebelette…

Moi j’ai ramassé des coquillages et pris des photos de tous ces endroits. C’est ma chasse au trésor qui continue. Je suis très heureux comme ça. Pas besoin de plus. Je ne cherche plus vraiment pour ma part la maison abandonnée.

Mais cette nuit, peut-être parce que c’est dur de reprendre un boulot sédentaire après des vacances aussi mouvementées, peut-être parce que je me couche trop tard le soir, j’ai fait un drôle de rêve. Il y avait une maison abandonnée et pour une fois j’entrais dedans. Au milieu des gravats, il y avait une vieille femme dans un fauteuil roulant. Je l’ai reconnue tout de suite. C’était la bonne fée qui s’était penchée sur mon berceau mais elle avait beaucoup vieilli. Elle aussi m’a reconnu. Elle m’a dit :

- Alors, lou ravi de la crèche ? As-tu trouvé ton trésor, finalement ?
- Je pense que oui, Madame, mais je ne sais pas ce que c’est.
- J’ai trois réponses à te donner. Laquelle veux-tu entendre ?
- Les trois ?
- Va pour les trois ! La maison abandonnée, c’est celle de tes parents et le trésor, c’est ton enfance. La maison abandonnée, c’est le monde, et le trésor, ce sont tes jambes. La maison abandonnée, c’est ton cerveau à la capacité limitée et le trésor, c’est ton seul et unique neurone.

Ca m’a bien plu, ce rêve, alors du coup, je me suis réveillé et pour une fois, je suis allé travailler gaiement !

19 septembre 2015

Participation de Fairywen

Renaissance

Cela avait commencé de façon très insidieuse. Un passage rapide, un peu de poussière brillante qui accrochait les rayons du soleil, quelques trottinements de petits pieds sur les vieux planchers, des rires étouffés. Puis plus rien, le silence, la vieille maison rendue à ses habitants à ailes et à pattes, qui se demandaient qui avait bien pu venir leur rendre visite ainsi.

 

Cela avait commencé de façon très insidieuse. Une étoffe drapée ici, un coussin posé là, un endroit qui soudain restait propre. Et toujours des rires, de la poussière brillante et des petits pieds rapides et légers. Intrigués, les habitants à ailes et à plumes observaient ces menus changements, cherchant à en identifier les auteurs.

 

Cela avait commencé de façon très insidieuse. Des guirlandes de fleurs accrochées au lierre. Une odeur de forêt dans les pièces abandonnées. De la lumière qui se glissait dans les recoins. Des rires plus fréquents, des petits pieds plus nombreux. Les habitants à ailes et à plumes s’interrogeaient : qui donc venait ainsi envahir leur domicile ?

 

Cela avait commencé de façon très insidieuse. Une petite silhouette ailée suivie d’une autre, et d’une autre encore. Des silhouettes qui virevoltaient, accrochant des voilages d’étoiles devant les fenêtres soudain réparées, semant des coussins brillants sur les sols propres et fleurant bon les bois. D’autres silhouettes affairées, qui rangeaient des sacs de provisions dans des garde-mangers tout neufs et des ustensiles de cuisine à proximité de solides foyers. Et toujours des rires, de la joie et des petits pieds qui couraient. Toujours curieux, les chatons furent les premiers à aller voir de près ce qui se passait.

 

Cela avait commencé par un premier face-à-face étonné : chatons surpris face aux fées et aux lutins qui investissaient doucement la maison abandonnée.

Cela avait continué par des jeux endiablés, des courses et des cavalcades, des bagarres pour rire et des siestes pour se reposer.

Et cela ne s’était jamais terminé. Les sortilèges tissés par les fées et les lutins avaient fait de la maison abandonnée un palais merveilleux, tout de tendresse et de chaleur, bien protégé des hommes et des éléments, un endroit où les animaux venaient se réfugier, pour jouer, dormir ou être à l’abri des intempéries, un endroit où l’oiseau jouait avec le chat et le chat avec le renard. Un endroit où, lorsque la neige tombait et que le blizzard soufflait dehors, les fées et les lutins se blottissaient sous les plumes ou dans les fourrures pour avoir chaud.

 

Finalement, la vieille maison ne regrettait pas d’avoir été abandonnée par les hommes…

 

Défi 368 du samedi 12 septembre 2015

 

12 septembre 2015

Consuelo (par joye)

On dit que la maison est abandonnée, tout en oubliant que l’essentiel est invisible pour les yeux. On ne voit bien qu’avec le cœur.

Car où les yeux voient les dommages, le cœur voit des souvenirs.

Où les yeux voient des lézardes, le cœur voit les espaces par où l’air, la joie, et le soleil peuvent facilement passer pour nous rafraîchir.

Où les yeux voient les mauvaises herbes épineuses, le coeur peut voir une rose qui se défend.

On dit que la maison est abandonnée. C’est pour cela que toi et moi sommes retrouvés ici, avec notre chat, afin de vivre ensemble pour l’éternité, et rire des gens qui passent devant sans nous voir, parce qu'ils ne regardent qu'avec les yeux.

le couple

 

12 septembre 2015

Participation de Fairywen

Agonie

 

Cela avait commencé de façon très insidieuse. Peu à peu, ils avaient amené les enfants de moins en moins souvent, et leurs rires avaient cessé de réchauffer les couloirs de la vieille maison. Puis les visites s’étaient raréfiées. Il faisait trop chaud, trop froid, trop humide, trop sec… Tous les prétextes étaient bons. Puis ils n’étaient plus venus que quelques après-midis dans l’année, pour ouvrir les volets et laisser entrer le soleil. Puis une fois par an. Puis plus du tout.

Sans soins, la vieille maison avait commencé à mourir doucement. Elle avait été construite pour abriter la vie, elle avait protégé, réchauffé et abrité des générations d’humains, donnant sans rien demander. À présent qu’elle était trop âgée et coûtait trop cher à l’entretenir, ils la laissaient se décrépir et agoniser lentement.

Seule.

 

Cela avait commencé de façon très insidieuse. Des grattements aux volets qui s’affaissaient, des trottinements sur les planchers poussiéreux. De plus en plus nombreux, de plus en plus enhardis. Puis il y avait eu les premiers cris venant du grenier, sinistres inquiétants. Puis des trilles joyeux le jour.

Les trottinements avaient été suivis de bruits de pattes feutrées qui exploraient, curieuses. D’abord timides et hésitantes, avant de devenir des cavalcades dans les vieux escaliers.

Le lierre s’était invité par une fenêtre cassée, suivi des fougères, des mousses, des fleurs amoureuses de l’ombre des pierres et même d’un arbre, qui grandissait par un trou du toit.

 

Cela avait commencé de façon très insidieuse. Peu à peu la vieille maison avait disparu dans le paysage, enfouie sous les plantes qui la protégeaient comme elle avait protégé ceux qui l’avaient abandonnée sans même un regard. Ses murs abritaient des colonies de souris, des chatons farceurs jouaient dans ce qui avait été des chambres d’enfants et le bruit de leurs pattes remplaçait celui des jambes. Parfois un renard passait musarder, attiré par les chants des oiseaux qui nichaient dans les coins et les recoins, sans toutefois oser aller disputer le grenier aux chouettes. Grenier qu’elles partageaient pourtant avec des fouines, ravies de trouver là un endroit sec pour y élever leur progéniture. Il arrivait même qu’une biche ou un chevreuil pose un sabot délicat dans le hall éclairé par la lune.

La vie bruissait à nouveau dans la vieille maison. Dorénavant plus jamais elle ne serait abandonnée.

Défi 367 du samedi 5 septembre 2015

5 septembre 2015

Valeur refuge (Joe Krapov)

Un serpent monétaire
A mordu Eurydice
Au talon de son chèque.

Orphée, petit porteur
D’une lyre élastique
Aux cordes en lacets
- C’est Rimbaud, trafiquant
De semelles et de vent
Qui les lui a offertes –
Descend pour présenter
Sa requête aux Enfers :
Il s’en va, comme on dit,
Se faire voir chez les Grecs.

Charon_by_Patenier

- Pour passer par ici,
Homme, il te faut payer !
Lui a lancé Caron
Sur la rive du Styx
En lui montrant sa barque
Usée par les années.
Pour le prix, c’est cent marks.

- Peut-on payer en lyre
Quand on vient d’Italie... ?

- Ici c’est un pays
De la zone « héros » !

- ...Ou faut-il convertir
Sa douleur en dollars,
en billets ou en vers,
En faire opéra-rock ?

DDS 366 orphee-le-plus-celebre-musicien-de-la-grece-antique-accompagne-de-sa-lyre_13173_w460

Silence dans l’errant.

Orphée saisit son plectre
Et frappe l’instrument
Et alors, plus va l’ut,
Plus la magie opère :
L’eau du fleuve s’écarte,
Il passe, soutenu
Par Charon un peu stone :

La musique adoucit
Les moeurs de tout passeur…

…A condition de n’être pas
Sur notre planète aujourd’hui

La descente aux Enfers
Continue chaque jour.

Ami(e)s, veillez sur vos amours !

5 septembre 2015

Kithara (par joye)

M57 est parmi les objets les plus connus du catalogue Messier. – Wikipedia

lyre

Appelez-moi M57, je vous expliquerai pourquoi.

Je pourrais vous parler des étoiles, mais je ne suis pas assez brillante.

Je pourrais vous parler de la musique, mais je n’ai pas assez noté.

Je pourrais vous expliquer pourquoi le gars sur la photo de la consigne est tout authentique, sauf pour son Samsung qu’on voit juste derrière lui sur la table, mais ce serait méchant et cynique, et aujourd’hui, je n’ai pas envie d’être méchante.

Non, aujourd’hui, j’ai envie de parler de tout sauf de cette image.

J’ai envie de parler des claques et des tracteurs et des cadavres des gamins cruellement rejetés sur la plage.

J’ai envie de parler des flots sur l’océan, des flots d’individus désespérés. Je veux parler des continents de plastique qui se trouvent sur la surface de l'eau, des continents où personne ne peut vivre mais où toute personne a vécu. J’ai envie de parler des montagnes disparues sous les pieds des hommes. Mais c’est trop triste. Peut-être quelqu’un d’autre pourrait-il en tisser de beaux vers fleuris, beaux comme des tapis, parsemés de l’espoir des rires. Pas moi.

J’ai envie de parler de la pluie et du beau temps. Tiens. L’automne arrive, doré. C’est la saison la plus épatante, la plus philosophique, la plus sage. L’automne ne nous ment pas, comme nous fait le printemps. Il ne nous punit pas, ne nous fiche pas de gelures et de brûlures comme font l’hiver et l’été. L’automne nous berce si nous le lui permettons. Et si l’on s’endort dans ses bras, on peut dormir pendant les mois  et les mois de neige et de glace, afin de se réveiller juste avant l’arrivée du printemps avec ses petites duplicités qu’on apprend à pardonner.

Mais aujourd’hui, je ne dors pas. Je ne pardonne pas, et je ne demande pas à être pardonnée.

Aujourd’hui, je veux rire et pleurer, parler et me taire. Je veux aimer et haïr, comme bon il me semble.

Aujourd’hui, je veux marcher, trébucher, tomber, me relever, et marcher encore en rêvant.

En fait, aujourd’hui, le monde entier vient vivre dans ma tête, tout sauf l’homme sur cette image, habillé comme au passé, avec son instrument et son smartphone.

Appelez-moi donc M-57,  car aujourd'hui, je suis bien la nébuleuse de la Lyre.

5 septembre 2015

Perplexe je suis ! (Walrus)

 

 C'est quoi ce barbu enrubanné ? On le croirait tout droit sorti de la nuit de mai, sauf que c'est une lyre et pas un luth son instrument et, côté baiser, je m'abstiendrai.

C'est pas l'Apollon du Belvédère (ou d'ailleurs) non plus, l'est toujours glabre et frisé et a une furieuse tendance à se balader à poil, le dieu à la lyre.

Alors ? Un aède grec ? Un poète romain ? Un barde celte ? Un troubadour ? Un trou vert reverdi, comme disait l'Ernestine de Tillieux ? Un griot ?

De toute façon, même en dehors du ruban et de la barbe, il est anachronique, ça se voit à son smartphone et à sa perforatrice, en bas à gauche.

Bref, on ne sait pas trop qui il est.

Mais on sait qu'il suit le conseil de Boileau dans son art qui n'a de poétique que le nom : "Vingt fois sur le métier (dans le coin de la tente) etc, etc" et on sait ce qu'il fait : il nous polit et repolit une ode en l'honneur de la plus américaine de nos contributrices dont c'est l'anniversaire aujourd'hui, j'ai nommé :

 

joye !

 

joye

15 août 2015

Participation de Nhand

UN VOYAGE DE RÊVE

 

 

Qu'il était beau, ravissant, plein de grâce !
Sous le soleil, sa parure luisait
De mille feux, et cela m'amusait
D'être monté, sur son dos, prendre place.

Tout l'Orient défilait, somptueux ;
Senteurs de riz, d'encens, de thé de Chine...
L’Indus, l'Amour, semblaient courber l'échine
Devant son pas de roi majestueux.

Il surpassait le tigre du Bengale,
Faisait de l'ombre à l'once, au pangolin,
Au caracal, au panda tout câlin,
Et la magie opérait, sans égale.

Contreforts de l'Himalaya,
Grande Muraille, Bangalore,
Hạ Long, Mandalay, Pattaya,
Tāj Mahal, Angkor Vat, Lahore...

Je voyageais. Quel dépaysement !
Puis, une voix, mettant au rêve un terme,
Me dit : « monsieur, décidez-vous, on ferme »

Mon pachyderme était un ornement,
Un bibelot, un rien de pacotille,
Dans ce bazar, non loin de la Bastille...

(Un éléphant, ça trompe énormément !)

 

 

LOGO NH-PF

15 août 2015

Eléph-erre-algue-ant ? (Joe Krapov)

Moi aussi j'ai une mémoire d'éléphant. Et je me souviens bien d'avoir déjà envoyé un texte sur ce thème de l'éléphant au Défi du samedi. Grâce à M. Google, mon archiviste préféré, je l'ai retrouvé. Il est ici mais je vous fais grâce de sa republication, même si sa relecture m'a bien fait rire.

J'ai préféré faire oeuvre originale et du coup j'ai traduit très librement la chanson "Effervescing elephant" évoquée là-bas et qui figure sur le deuxième album solo de Syd Barrett, membre fondateur de Pink Floyd un peu trop vite barré à cause de l'acide à mon gré.

En français, c'est bien allumé aussi ! 

1

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Un éléphant effervescent
Cogitait dans un verre à dent
Il se rappelait le bon temps
De ce petit cirque ambulant
Il allait de villes en villages
N’était jamais que de passage

Il y faisait son numéro
Juché sur un petit vélo
Il faisait rire les enfants
C’est là le lot des éléphants
Maintenant c’n'est plus pareil
Il fait noir et il a sommeil

Ah mon Dieu quell’ drôl’ de nuit !

2

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Mon éléphant effervescent
Se rappelle aussi ses parents
Son oncle Hathi, l’exceptionnel,
Aux Indes il était colonel
Mêm' les tigres en avaient la trouille
Lorsque déboulait sa patrouille

Il se souvient de Tante Odette
Qui habitait dans une éprouvette
C’était une femme d’expérience
Elle travaillait pour la science
Tout d’abord à Gif-sur-Yvette
Puis à la Cité d’la Villette

Oui vraiment ça c’est Paris !

3

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Mon éléphant effervescent
Sait qu’il y a des milles et des cents
Un grand oncle phénoménal
Fut alpiniste sous Hannibal
Et qu’un autre, couvert de poils
A fait trembler Neandertal

Il y eut aussi dans la famille
Celui qui habitait la Bastille
Il y chantait de l’opéra
Pour Gavroche au milieu des rats :
Le grand aria d’Iphigénie
Qui change de pied sur l’coup d’minuit

C’est du moins c' que dit Tardi

4

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Mon éléphant effervescent
Hyper-mnésique à cent pour cent
Se souvient du cousin Dumbo
Vêtu d’une cape ridicule
Qui volait dans un ciel très beau
Sur une vieille pellicule

Il connaît tous les temples où crèche
Ce gros rigolo de Ganesh
Quand les hommes boivent il devient rose
Il se moque de leur cirrhose
Et de leur propension notoire
A proclamer « défense d’y voir »

Même si c’est en Zambie

5

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Mon éléphant effervescent
Vous trouverez cela décevant
Je l’ai rencontré une nuit
Où je souffrais d’une insomnie
Et d’un fabuleux mal de crâne :
J’avais besoin d’un Doliprane

J’ouvris l’armoire à pharmacie
Située au-d’ssus du lavabo
J’découvris qu’il n’y avait ici
Ni aspirine, ni placebo,
Ni même de tube d’Efferalgan
Alors j’avalais l’éléphant

Et ma chanson est finie

A moins que je ne me trompe ?

 

Et je vous l'ai chantée aussi ! 

8 août 2015

Dans ce village par bongopinot

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Des fenêtres décorées

Par des fleurs colorées

A coté un vieux vélo

L’été frappe aux carreaux

 

Une balade dans les rues

En deux roues sans pardessus

S’ouvre à moi de belles images

Des lucarnes qui se dégagent

 

Dans ce hameau ensoleillé

Les maisons sont habillées

De fleurs odorantes de lierres grimpants

Tout ici, semble, éclatant

 

Les fenêtres s’épanouissent

Grâce aux géraniums qui y fleurissent

Et tout à coup des rires des cris joyeux

Arrivent de partout c'est délicieux

 

Dans ce village toutes les bâtisses

De jour en jour resplendissent

Dévoilant gentiment leur apparat

Ce bel été dans mon cœur restera.

 

8 août 2015

Prolégomènes à une en-cyclo-pédie vélocipédique (Joe Krapov)

DDS 362

Quand on a, forgé au coeur,
L'amour de la petite reine
On se souvient de Bartali,
Fausto Coppi, Petit-Breton :
Les grands ancêtres.

On connaît tout, de A a Z,
Sur le nommé Bahamontes,
Federico de son p'tit nom,
Qu'était le roi de la montagne
Où c'qu'est mort le n'veu d'Charlemagne
D'un cor au pied.
On l'avait gratifié d'un surnom :
Il était l'Aigle de Tolède.

tati doisneau

On se remémore "Jour de fête"
Et le costume de Jacques Tati.
On imagine très bien Paulette :
"C'était la fille du facteur
Elle avait fait en le suivant
Tous les chemins environnants
A bicyclette"

Quand on a, chevillé au corps,

L'amour de la petite reine,
On est un peu chez La Fontaine :
Anquetil et Poulidor
Sont votre poule aux oeufs d'or.
On connaît des tas de prénoms
Et des chansons :
"Eddy sois bon" c'était du Mercx ;
"Miguel is singing Indurain"
(C'est du Sttellla) ;
Joop n'est pas un yaourt à boire
Mais Zootemelk.
Felice Gimondi qui potuit
rerum cognoscere causas !
Andy Schleck court sans Andy Capp
Et Joe Dassin chante "L'Amérique"
Mais Rick... Van Looy !

A suivre les grands prix

Cyclistes
On découvre qu'on a appris
Une géographie "étapiste" !
Paris-Nice,
Milan-San Remo,
Liège-Bastogne-Liège !
On y dessine au critérium
Les contours du Dauphiné.
On sait que l'Enfer du Nord
Est situé près de Roubaix
Et qu'il est pavé de bonnes crevaisons.
On connaît l'Alpe d'Huez, le Puy-de-Dôme, le Mont Ventoux,
Les cols de l'Izoard, de Porte et de Portet d'Aspet,
Le Galibier, Le Tourmalet, le Tourisaac.


On apprend les langues étrangères :
Vuelta, giro, dopping, pot belge, EPO.

On découvre toute une poésie de mots-valises (voiture-balai), d'images désuètes (lanterne rouge, maillot à pois, ET dans le ciel with diamonds à l'insu de son plein gré).

Quand on a, forgé au coeur,
L'amour du vélocipédique
On suit même parfois les sirènes
Sur des questions philosophiques :
Quo usque tandem, Cathy et Lina,
Aboutirez à Saint-Julien L'apostat ?
Diogène a-t-il bien déclaré à Alexandre Le Grand :
"Est-ce que j'te d'mande si ta grand-mère fait du vélo ?"
Ou quelque chose du même tonneau,
Laissant là coi, interloqué, Le Grand, braqué ?
Y a-t-il ou n'y a-t-il pas un moteur
Caché dans le tube de l'été
De l'ami Christopher
Pour qu'il vrombisse et fasse
"Froome Froome Froome" comme si
C'était une mobylette ?

Quand on a, forgé au coeur,
Chevillé au corps,
L'amour de la danseuse et du coup de pédale
On pardonne même à Lance Armstrong
D'avoir déclaré, dans la Lune,
"Un petit pas pour les Etats-Unis,
Un grand pas sur le dopage".

150710 N 177

J'ai un peu l'air de me moquer
De tous ces "Monsieur Dumollet"
Mais, sachez-le, je fais partie de cette caste.
Peut-être même que mes compétences dans le domaine de la pédale exercent une fâcheuse influence sur mon comportement sentimental. Me conseillez-vous vivement de ne pas changer de braquet et de surveiller mon guidon ?
Comme disait Fernand Raynaud : "Moi, mon truc, c'est l'vélo !"
Je le dis très sérieusement. Une fois que j'aurai posé le point final à ce texte, vous pourrez même considérer que sur ce sujet, tel Ernest Pignon-Ernest, je suis le dernier des railleurs.

1 août 2015

Les néologismes de Papageno (Joe Krapov)

Sur le chemin des chants d’oiseaux, il m’a fallu réinventer un dictionnaire Papaguénien.
Pas question pour moi en effet, ce jour-là, d’entendre caqueter, glatir, trompetter, cacarder...
Ces verbes onomatopesques assez disgrâcieux tentent bien, j’imagine, de reproduire le son que font les volatiles.
C'est un choix, certes, mais, que diable, quittons la réalité en même temps que la ville !
Poètes, inventons une autre musique !

Au fur et à mesure de notre avancée, nous avons noté nos vocables.

Depuis, ad vitam aeternam,

DDS 361 101659484

Le chardonneret s’achemise,
La mésange mesdémone,
Le rossignol demésamoure,
L’aigle étévincue (par sa coquette),
La caille onsepèle,
Le tourterau berthoilagnase,
La corneille lamutit,
Le coq sigrue,
La grue felpiède,
L’effraie fondelère,
La colombe klébère,
Le cygne duzodiaque,
La fauvette tangotte,
La grive ettornère,
Le hibou dumonde,
L’hirondelle défauboure,
La huppe huppupourate,
Le merle opontit,
Le milan s’enrémote,
Le paon démoniome,
La paonne felcoude,
Le perroquet belzoreille,
Le pigeon quedalle,
La poule ozeudore,
Le canari poteure.

Il nous reste bien sûr à écrire le sens exact d’ozeudorer, d’opontir, d’ettornérer, etc.

J’avais bien commencé à le faire ci-dessous :

S’achemiser : tomber la veste et tout le reste pour émettre un chant d’amour enivrant.
(Zool. chansonnière : En certaines circonstances bien précises la Rikazaraille s’achemise tellement qu’elle finit même par s’apantalonner. Un bain de siège est alors nécessaire au refroidissement de ses ardeurs. Buffon. - "Histoire naturelle. Vol. XXIV, De Variétoche à Vermifuge".


Je ne roucoule pas d'un iota devant cette tâche gigantesque mais voilà, à cause des vacances et au vu du succès rencontré par cette initiative, nous sommes attendus sur d’autres chemins et du coup je manque de temps.

140718 A 023

Je vous dirai à mon retour si la mouche tsétsée, si le criquet alahoupe ou si la libellule uberlue. Pour cette dernière, ça ne m'étonnerait en rien !

25 juillet 2015

Une forêt extraordinaire par bongopinot

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Une forêt un jour dévastée

Par un terrible incendie

Est devenue en quelques années

Un endroit plein de féérie

 

 Grâce à ces hommes et ces femmes

Qui venus des quatre coins du monde

Avec une ferveur indicible qui les anime

Un cœur pur et une joie profonde

 

Tous les troncs d'arbres et le bois calciné

Se sont changés en magnifiques sculptures

A découvrir, à apprécier, à admirer

Tout au long d'un parcours d'aventure

 

 Les petits et grands conquistadors ou chevaliers

Trouveront à loisir l’inspiration grâce à ces œuvres

Des totems, des animaux et même de jolis bancs ciselés

Tout un monde vous est présenté en hors-d’œuvre

 

 Pour faire revivre cette drôle de forêt

Des familles, des amis y viennent s'aérer

Et profitent des vacances pour la visiter

Et baguenaudent tranquilles dans les allées

 

 Trouvez cette forêt extraordinaire

Vous pourrez y faire une grande promenade

Travailler à chaque pas votre imaginaire

Et ressentir la magie de ce lieu durant la balade

 

11 juillet 2015

Participation de JAK

 Eté- 1

 

Youpi,  Blanche Neige  s’est envolée avec  son Prince et nous a  donné congés. 

Fini le travail à la mine. À  nous la vie de château !

 Comme à l’accoutumé, Grincheux n’est  pas d’accord,  c’est sa  manière d'être, ce n’est pas moi, Joyeux avec mon optimisme forcené, qui peut le  changer.

Si il n’est pas d’accord avec notre vision des choses,  on ne va pas lui laisser le choix : il devra alors renflouer nos comptes à vide, en travaillant dur au ramassage des pommes de la  paysanne-marâtre.

Sûr qu’il changera d’idée illico et nous suivra, les problèmes drastiques n’étant pas de son domaine.

En attendant,  pour l’instant je récupère dans mon hamac,ja01 et j’en profite !

J’ai plein de projets, mais ce soir autour de la table on va examiner toutes les   suggestions.  

On verra la semaine prochaine. Je vous annoncerai la suite du programme.

 

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