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Le défi du samedi
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2 juillet 2022

Aime ce que tu fais (Nana Fafo)

DSC09200

 

RDV à la Station 722 du "Manifeste"

(pour le mot 722 du Défi du Samedi)

Aujourd'hui sonne le glas de la procrastination.

Ce rdv si important devrait permettre de se libérer

et d'impulser une nouvelle dynamique.

A un moment, il faut se lancer et s'élancer...


Manifestement, je suis un peu tendue, car je m'agite dans tous les sens.

Certes, je ne sais pas comment fonctionne ma souris

(cf la Lubie cacatoesque de Monsieur A Krapov Ic

répétant des consignes sado maso !)

mais ce que je sais, c'est qu'elle fait "clic et clac",

elle m'informe qu'elle refuse de s'allonger pour se la couler douce,

m'assenant que "sans action, pas de changement".

Ce qui rejoint le thème sado maso cité plus haut

"de la souffrance dans l'action naîtra le plaisir du résultat".

 


Il y a eu tellement de rdv manqués, de rdv qui n'ont pas abouti,

peut-être était-ce parce que je n'étais pas sur la bonne Station ?


A force de remplir sa vie de "il faut"

on se perd dans les méandres d'une vie sans couleur (et sans crochet)

qui s'obstine à créer de l'épuisement.


Paradoxalement c'est avec d'autres "il faut"

que je vais peut-être réussir à m'en sortir.

Des "il faut" plus respectueux, plus équilibrés, moins rigides...

Pourront-ils donner re-naissance à des "j'ai envie" ?



Aujourd'hui, il y a une manifestation à la station 722 du "Manifeste".

Peut-être que j'arriverai enfin à manifester une forme d'assiduité.

L'enjeu est de taille...

Grâce à la Prophétie autoréalisatrice d'un blog nommé "pas de temps pour soi",

ma réalité quotidienne a été conditionnée.


Je souhaite me reconditionner en me déconditionnant,

à condition de ne plus se laisser happer.


Outillée

-> d'une motivation pas toujours suffisante,

-> d'un plan d'action souple et facile (technique des petits pas),

-> et d'une boussole indiquant pour quoi cette épreuve est si importante

(mes valeurs),

j'espère retrouver ma plume et mes volatiles sans être volatile,

je ne voudrais pas me brûler les ailes ou y perdre des plumes !



Ma pancarte fera la promotion d'un mantra (et non des soldes à - 70%)

"aime ce que tu fais"

ainsi mon "il faut" se transformera peut-être en "j'ai envie"... qui sait !


Belle lecture créative à toutes et à tous.

 

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7 mai 2022

Revanche. (Yvanne)

 
Note de l'éditeur

10000ter

Sauf erreur comptable, ce billet est la dix-millième participation à ce bête jeu !

- - - - - -

 

  • Allo ! Paulo Paulo amène-toi. Vite.

  • Quoi ? Qu'est ce qui se passe encore ? Tu pourrais dire bonjour quand même !

  • Pas le temps. Viens.

  • Où ? Chez toi ?

  • Ben oui. Pas chez le pape.

  • J'ai plein de boulot Jacky et la Josette...

  • On s'en fout de la Josette. Rapplique je te dis.

  • P'tain, explique-toi. Qu'est ce qui te turlupines ?

  • C'est le Louis. Il m'en a fait une. Et ça te fait rire ?

  • Fallait s'y attendre après le coup du bras en plâtre et celui du sanglier.

  • Je te demande pas ton avis. Tu viens m'aider oui ou non ?

  • A faire quoi ?

  • Oh et puis tu m'énerves. Laisse tomber. Je vais me débrouiller tout seul.

  • T'agace pas. C'est bon j'arrive.

 

Jacky est dans une colère noire. Ce matin, en allant à la Vigne Haute travailler sa truffière il a trouvé le chemin qu'il emprunte avec son tracteur complètement bouché. Pas de doute : c'est un mauvais coup de ce chameau de Louis.

- Te voilà quand même ! Grouille. J'ai pas que ça à faire.

- Enfin Jacky, tu vas m'expliquer ?

- On y va. Tu vas comprendre.

 

Les voilà partis vers le champ aux truffes, juchés sur le tracteur. Au bout du chemin de terre, un amoncellement de vieux outils agricoles bloque complètement le passage.

Paulo s'esclaffe.

- Ça va pas non ? Tu te fous de ma gueule ? Ça t'amuse les entourloupes de l'autre abruti ?

- Faut pas exagérer. Une entourloupette tout au plus. C'est de bonne guerre après les vacheries...

- La ferme. Il a pas le droit de m'interdire l'accès à ma parcelle.

- Oh oh ! T'y vas fort là. Pas le droit. Pas le droit. Tu sais très bien que ce n'est pas un chemin. Il est chez lui le Louis. Il t'a autorisé à passer pour t'éviter un grand tour. Mais il n'est pas aussi fou qu'on veut bien le dire. Et si tu continues...

- C'est ça ! Défends le ! Je vais le laisser ramasser toutes mes truffes pardi !

- Je dis pas mais on a peut être poussé le bouchon un peu trop loin.

- M'en fiche ! Et puis je vois pas pourquoi tu pleures maintenant. Il me semble que t'étais d'accord non ? Allez on dégage tout ça.

 

Jacky grimpe sur une charrette en bois pleine de vieux pneus. Alors qu'il s'apprête à les jeter un à un, des cris l'obligent à lever la tête.

- Oh milladiou Paulo ! Quand je te dis que le Louis n'a pas toute sa tête : il s'amène avec sa pétoire. Foutons le camp, il est bien capable de nous canarder.

- Ah mes salauds ! Vous faites moins les kékés là ! Rira bien qui rira le dernier. Parole de Louis. No pasaran mes poulets. Et toi, le fiflo de Jacky, tes truffes, tu peux te boucher le...avec. J'en ai rien à battre puisque je me casse à la maison de retraite à la fin de l'année. Les sous j'en aurai en vendant tout. Mais pas question que ce soit à toi comme tu le crois si fort. Ça non. Et même si tu veux savoir ton copain bien aimé là, le Paulo, me fait les yeux doux pour acheter. Ah ah ! Peut être bien que je vais le choisir. En attendant le notaire, que je vous vois encore ici et je...

 

La suite a été censurée mais je peux vous assurer que Jacky et Paulo n'ont pas demandé leur reste quand Louis leur a déversé une tonne d'insultes en tirant des coups de fusil dans leur direction. Les deux compères ont-ils réglé leurs comptes dans la foulée et leur amitié a-t-elle résisté à l'affaire... ? Il va falloir que j'enquête !

 

Cette histoire est la suite de : « Histoire de truffes » et « Partie de chasse » déjà parues sur le blog de « Samedi Défi ».

 

 

23 avril 2022

Jeune aise (joye)

1 Au commencement, Joye étudia l’anglais et le français à l'université.

2 Son savoir était informe et vide: il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, mais l'intellect de Joye se mouvait aux cours.

3 Joye dit: Qu’une coloc soit! Et la coloc fut.

4 Joye vit que Mary était bonne mais elle aimait fumer du shit dans la chambre, qui était illégal. Alors, elles séparèrent l’amitié d'avec la cohabitation.

5 Joye appela sa deuxième coloc Nancy. Ainsi, il y eut des soirs, et il y eut des matins: ce fut la deuxième année et Nancy mangeait toute la nourriture qu’avait Joye, fumait ses clopes et prit ses vêtements et son vernis d'ongles.

6 Joye dit: Qu'il y ait une étendue entre moi et cette égoïste, et ce fut.

7 Et Joye eut une troisième colocataire, dont elle oublie le nom. Elle aimait Jésus. C’était une bonne soeur manquée. Et cela fut ainsi.

8 Joye vécut un été avec Pam qu’elle aimait bien. Mais c’était l’été de Shakespeare, et les Maths des Finances, et l’histoire moderne obligatoire, tout en travaillant comme assistante d'un prof de chimie. Donc, l’été passa vite et flou.

9 Joye dit: Que je loue une maison avec cinq autres filles en un seul lieu, pas loin du campus. Et cela fut ainsi.

10 Joye les appela Pam, Kathy, Lisa, Jane et la cinquième, une tête de linotte. Joye vit quand même que cela était bon (à part la dernière).

11-12 Puis Joye fit son stage, et il n’y avait jamais plus que deux filles qui y vivaient vraiment. Lisa vivait vraiment avec Jack. Joye vit que cela était bon, à part le dimanche matin où arrivaient les parents de Lisa et Joye devait mentir et leur dire que les deux étaient allés chercher le journal du dimanche.

13 Ainsi, il y eut un diplôme, et il y eut une année en France : ce fut la joie totale. Et un apart' à elle toute seule.

14 Joye dit: Ya basta, plus besoin de colocataires. Que ce ne soit que moi qui mange mes vivres et qui fume mes clopes, sauf quand il y a des invités, plus de bonnes soeurs ni des têtes de linotte, jusqu’au jour qu’il y avait des luminaires dans l'étendue du ciel, qui signalaient l’arrivée d’Iowaboy.

15 Et qu'ils se servirent des luminaires dans l'étendue de l'Iowa pour éclairer la terre avec leur amour. Et cela fut ainsi.

iowagirl et boy

 40 ans de mariage le 10 avril 2022

16 avril 2022

Mais pourquoi tu parles petit nègre ? (Joe Krapov)

2022-04-12 - Nikon 159 réduiteLOREILLE - J’y suis 'etou'né au pays de Miss MAP, la cha'mante dame qui nous g'atifia un temps de consignes colo'ées su' cet atelie' d’éc'itu'e ! Je pa'le assu'ément de la Lo''aine, plus p'écisément de la Meu'the-et-Moselle dont la p'éfectu'e, la ville p'incipale, a pou' nom Nancy.

LARDU - Nan ?

LOREILLE - Si ! J’y étais déjà venu avant 2007 pou' assiste' à un cong'ès de l’association Coupe'in puis en 2012 pou' un colloque du CA'IST.

LARDU - Ah oui ! Du temps de ta vie professionnelle !

LOREILLE - Oui mais cette fois, en 2022, c’étaient de v'aies vacances. Les p'emiè'es depuis not'e pèle'inage à Sète chez B'assens.

LARDU - Et alors ? C’est comment, Nancy ?

LOREILLE - La place Stanislas est toujou's aussi plaisante avec ses te''asses bondées et son 'oi de Pologne qui tend l’index pou' di'e aux 'usses de 'ent'e' chez eux !

LARDU - ???

LOREILLE - Le ma'di 12 av'il la statue de Stanislas Leczinski s’est t'ouvée 'evêtue d’un joli d'apeau uk'ainien !

LARDU - Et sinon ?

LOREILLE - Ce jou'-là on a ma'ché comme des malades le long des quat'e ci'cuits « a't nouveau ». le me'c'edi on a visité le musée des beaux-a'ts. On y a vu de magnifiques peintu'es du XIXe siècle et une collection d’objets d’a't de la manufactu'e Daum dont je ne te dis que ça ! L’ap'ès-midi on s’est fa'ci le musée-aqua'ium avec sa gale'ie d’histoi'e natu'elle. On était entou'és pa' un 'égiment de mômes piailleu's tu'bulents et b'uyants et ça nous a fait tout d'ôle de so'ti' ensuite nous balade' au calme le long du « b'as ve't » où sont ama''ées de g'osses péniches. Le jeudi on est allés au musée de l’Ecole de Nancy puis à la villa Majo'elle. Le vend'edi on a fait le g'and ci'cuit de 'andonnée su' les 'ives de la Meu'the, photog'aphié des cygnes et des hé'ons…

LARDU - Bon, ça va ! Arrête de nous bassiner avec ton baratin de touriste. Tu peux nous expliquer pourquoi, depuis le début, tu baragouines en petit nègre ?

LOREILLE - Moi, je ba'atine ? Moi je ba'agouine ? En petit nèg'e ? Et tu veux savoi' pou'quoi ? Eh bien à v'ai di'e, La'du… Je Nancéien !

2022-04-11 - Nikon 277 réduite

22 janvier 2022

Polochons (TOKYO)

 

Sagement je choisis, de rester au lit la tête douillettement enfoncée dans mon polochon.

Je pense à ce que je dois au fisc, , je suis presque assurée de devenir sous peu une exilée fiscale, ou de me faire condamnée pour mauvaise conduite.

Je vois d’un coup bref notre famille, papa mendiant, maman mendiant fiston mendiant bébé mendiant parés de leurs plus beaux haillons.

Pour l’essentiel, c’est un léger’ je m’enfoutisme ‘qui l’emporte.

J’entends la voix de l’inspecteur des impôts/ mais où est donc passé tout votre argent ?

 Au Bahamas   mon bon ami. Je n’ai aucune vulgaire cupidité en moi juste un gout prononcé pour le confort et les polochons.

 Cher inspecteur, c’est un besoin biologique comprenez-moi. Mon polochon maintenant prend la silhouette de l’inspecteur des impôts. A L’approche de la quarantaine j’entends le tictac de l’horloge et de son cortège de désagréments. Ma jeunesse me quitte, il me faut du pognon pour les liftings, les liposucions, les micros opérations chirurgicales du vagin et des lèvres. Je sais ça vous fend le cœur et bébé mendiant peut toujours courir après ses couches. J’écris sur mon polochon au feutre noir. Beaucoup de choses m’anéantissent.

 Puis je me lève brusquement, j’enfile une petite culotte j’attrape mon parapluie de secours et les clés du porche et me voilà repartie.

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16 octobre 2021

Tar' ta gueule à la récré ! (Joe Krapov)

Il nous propose une baston !
Un uppercut sous le menton !
Un coup d’genou dans les roustons !

Se faire piétiner les arpions ?
Se faire traiter d’avorton ?
Se prendre deux ou trois jetons ?
Choper des gnons ?

Qu’on nous distribue des mandales ?
Qu’on nous bloque les cervicales ?
Qu’on se prenne des baffes en rafale,
Des coups d’savates aux génitales,
Qu’on en avale ses amygdales ?

Est-on suffisamment d’attaque
Pour affronter une baraque,
Un chef de mercenaires cosaque
Ou un super-métèque d’Ithaque,
Plus ou moins braque,
Qui vous refile des coups de matraque
En plein dans le creux d’l’estomaque ?

Chercher l’altercation,
Rêver de collision,
De coups de lattes au croupion,
De bleus, de contusions,
De bris de dentition,
D’hémoglobine
Qui se débine,
De pulvérisation
Jusqu’à l’extrême onction,
J’suis désolé, Tonton,
Ça frise l’in-correction !

Mais je ne dis pas « Ouste ! ».
Si t’as besoin d’une rouste
On peut se castagner,
S’empoigner,
Se foutre une peignée
Sur mon bel échiquier.

Je te laisse les blancs,
En tout bien tout honneur.
Commence, Monseigneur !
Si tu cherches un champion,
Si tu veux être vainqueur
Avance un petit pion
Ou sors un cavalier !

Tu vas voir ! Ça va chier !

DDS 685 iznogood-Renegoscinny-echecs

2 octobre 2021

Et zou ! (Walrus)

 
Je n'ai jamais rencontré de Zoulou en vrai (sauf à l'insu de mon plein gré comme disait l'autre).

Par contre, en bon Belge colonialiste malgré moi (à l'époque, même la loterie était coloniale chez nous), il ne m'a pas fallu attendre longtemps pour rencontrer mon premier noir.

Il vendait des carabouillas sur le marché de Charleroi. Ces friandises noir charbon étaient emballées dans de petits sachets coniques disposés sur un grand plateau. L'individu portait le plateau de la main gauche, à l'instar d'un garçon de café. De l'autre, il saisissait un des cornets au moyen d'une sorte de pince à sucre et le fourrait dans vos mains. Par réflexe, vous vous en saisissiez et le gaillard vous réclamait le paiement de votre "achat".

Ce n'était pas un Zoulou, c'est la seule certitude que je puisse avoir de son origine ethnique, il faut comprendre que notre colonie de l'époque, vaste comme quatre fois la France, comptait environ 250 ethnies.

Mon premier Zoulou, il était d'encre et de papier, magistralement dessiné par Jigé dans les aventures de Baden Powell

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Bon, je me pose quand même la question de l'uniforme du compagnon de BP qui m'a plus l'air d'un tirailleur sénégalais ou d'un membre de la force publique du Congo Belge que d'un auxiliaire de l'armée anglaise, mais passons, je ne suis pas un grand spécialiste de la guerre anglo-zouloue.

Le deuxième, c'est mon copain André, grand amateur de jazz, qui me l'a fait écouter: Satchmo, King of the Zulus !

Bon, en réalité, personne ne semble savoir si Louis Armstrong est issu de l'ethnie zouloue, ce titre de "King of the Zulus" lui a été donné lors de son élection à la tête d'un groupe (The Zulus) du carnaval de La Nouvelle-Orléans en 1949. Ce qui l'avait amené, lui déjà bien foncé, à se grimer en "blackface" soulevant déjà à l'époque les mêmes controverses que nous ne connaissons que trop bien aujourd'hui à propos des pères fouettards, noirauds de Bruxelles et autre sauvage du carnaval d'Ath.

Peut-être aurais-je dû, pour rester ethnopoliticoéthiquement correct décrire mon marchand de carabouillas comme blanc  foncé plutôt que noir.

De toute façon, dans ma jeunesse, personne ne traitait ces personnages de noirs ou de nègres. Comme tous ceux que nous rencontrions venaient du Congo, nous les appelions bêtement (on n'est pas Belges pour rien) des... Congolais (même quand il s'agissait de l'un ou l'autre GI américain de couleur ayant survécu au débarquement).
 

18 septembre 2021

Mais comment c'est (dé)rangé, ici ? (Joe Krapov)

 
Ça n’est pas de leur faute mais les hypermnésiques possèdent une mémoire XXL. Ce dont ils sont coupables cependant c’est d’avoir un système de classement très souvent bien pourri.

Ils sont bien les seuls à s’y retrouver dans leur fichu bazar, même s’ils sont les seuls à (s’)y chercher !

Dès lors, quand il s’agit d’effectuer une présentation claire de l’arbre généalogique, bonjour la panique ! Généa, oui, logique, non ! C’est ainsi qu’aujourd’hui, de mon grand sac à malice du pays des merveilles, j’ai choisi de sortir mes oncles et cousins Ducancer. C’est vous dire à quel point mon généalogique est un (dés)astrologique !

Présentons d’abord à vos regards étonnés l’oncle Bernard (Dimey) et l’oncle Henri (Salvador). Rien d’incohérent à cela vu leur fraternité (d’esprit). Ils ont composé ensemble « Syracuse ». Le premier est un poète sublime autant que marginal, l’autre nous a fait rire avec tout un tas de clowneries, de « Minnie petite souris » à « Zorro est arrivé », vous complèterez la liste vous-même !

Dans la même veine mi-poétique mi-déconneuse on a l’oncle Francis (Blanche) avec son «Général à vendre», son «Complexe de la truite», son «Débit de l’eau, débit de lait», ses impôts payés en pièces de dix centimes et son recueil de poèmes «Mon oursin et moi» dont je vous recommande vivement la lecture.

Parmi les pousseurs de chansonnettes on a aussi Tonton Pierrot (Perret), très porté sur le zizi et les cuisses de mouche, qui casse la vaisselle, ouvre la cage aux oiseaux mais loue avec tendresse «Lily», «Blanche» ou «Mon p’tit loup» et réclame des jardins pour les mômes.

J’ai des cousins dessinateurs, Marcel (Gotlib) et Georges (Wolinski). Le premier dessine des petits Mickeys, des gais-lurons, des souris, des coccinelles, des dossiers dingos et il range tout ça, lui aussi, dans un grand (ru)bric-à-brac XXL comme celui dont je parlais au début. Le cousin Georges ne pense qu’à ça mais il ne faut surtout pas dire que tous les hommes de la famille sont comme lui parce que… c’est la vérité ! Et dans la famille Duscorpion encore plus !

DDS 681 Montres mollesOn a un oncle Salvador (Dali) qui peint des montres molles et des apparitions de Lénine sur un piano mais lui est un peu fou (du chocolat Lanvin !). Je l’aime bien quand même.

Tonton Raymond (Depardon) fait de la photo et Tonton Claude (Chabrol) du cinéma.

Mais à part l’oncle Frédéric (Dard) et notre arrière-grand-père Jean (de La Fontaine) il y a peu de rigolos parmi les gens de la famille Ducancer qui ont fait profession d’écrire.

Quoique… Le grand-oncle Jean-Jacques (Rousseau) a écrit un traité d’éducation alors qu’il a abandonné ses enfants ! C’est drôle non ? Il a pondu le plus beau titre cancérien de la littérature française : « Les Rêveries du promeneur solitaire » et lancé avec ses « Confessions » la mode de l’autofiction nombriliste, ce dont on ne le remercie pas au vu de la prolifération actuelle d’écrits de ce type !

Notre grand-tante George en a fait des tonnes et des retournées. Elle a fumé le cigare, s’est habillée en homme, a désespéré Musset, appris la tristesse à Chopin, eu des tas d’amants mais est finalement restée pour l’éternité la bonne dame de Nohant, attachée à la famille, aux enfants, aux bons repas, à la maison, à la fantaisie : quelle idée de se faire appeler George alors qu’Aurore est un si beau prénom !

Je ne sais trop que penser de l’oncle Antoine (de Saint-Exupéry) : ce philosophe n’était-il pas un brin planeur ? Ni de Tonton Jean (Cocteau), enfant terrible et touche-à-tout dont je n’ai jamais rien lu.

Et c’est parmi ces scribouilleurs qu’on trouve le mouton noir de la famille, celui qui fait des phrases interminables, qui passe sa vie au lit et ne fait rien qu’à dégoiser sur le joli monde des salons parisiens, prétend à tout bout de champ que c’était mieux avant à l’époque du temps qu’on a perdu à faire des caprices de gamin qui ne comprend rien au monde et que, tel Caliméro, « c’est pas juste tout ça ! » même s’il a eu la chance de vivre sans travailler, de décrocher le Goncourt et d’être lu en mode quasi-obligé  par des tas de lecteurs masochistes qui encaissent sans moufter son phénoménal complexe d’Œdipe : « J’étais bien plus heureux, avant, quand j’habitais dans ma maman » décliné en 2300 pages pleines de coq-à-l’âne et vides de découpage en chapitres ! Oui, bien sûr, l’oncle Marcel (Proust), la caricature ultime de la famille, l’allergique, le rêveur naïf et bête, le concierge reclus, le cœur d’artichaut maladif, l’idiot des villages normands, celui qui fait jeter l’opprobre (et même l’eau sale) sur toute la famille Ducancer, le coupeur de poils de cul en huit, le tapé XXL par excellence.

N’es-tu pas de mon avis, cher Onc’ Walrus ?

DDS_681_P604_cancer

4 septembre 2021

Faisan de dire (sous cloche) (joye)

les yeux dans le vide-poche

Mon pote Claude est une sacrée andouille sous roche. Il n’a pas les yeux dans le vide-poche. 

L’autre jour, il se promenait dans son jardin sans pantalon. Il a dit que c’était parce qu’il avait fignon sur rue. À part ça, son loué jardin est très beau, mais très cher. Cela a dû lui coûter les œillets de la tête.

Il se couche dans la baignoire remplie d’huile. C’est parce qu’il aime faire la graisse matinée.

Sa copine Charlotte (la Russe) est d’accord. Elle est vraiment très amoureuse de lui. Quand ils se sont connus, c’était un vrai coup de foutre. 

Charlotte et moi avons peur pourtant que Claude soit ivrogne. Il boit comme une trouille bleue. Souvent, Claude nous pose un Latin. Le dernier s'appelait Santiago.  Je pense même que Charlotte garde une dent contre le chiot sa chienne, c'est toutou. Quoi qu'il en soit,  Claude O. n’a rien à craindre d’elle. Elle croit que la vengeance est un plat qui se mange frais. Et Claude, il aime bien jouer le chef et la faire biscuits.

Perso,  je crois que sa nana devrait aller à Casanova et crier comme un putain.

C’est sans d’outre parce que je suis jaloux comme une pie jaune. J’aimerais bien être Claude ; comme vous pouvez constater, j'aime bien le nougat roux.

1 mai 2021

je dis non (joye)

je dis non à la violence psychologique

que tu sois misogyne, misandre, ou tout simplement tordu·e

je dis non à la violence physique

et je dis non à la violence verbale et émotionnelle

je dis non aux gens qui méprisent les autres

je dis non aux insultes, aux épithètes, aux blagues qui font mal

je dis non à ceux et à celles qui violent, qui battent, qui blessent, et qui tuent

je suis la pute, l'idiote, la trouble-fête, la vassale éhontée

du refus d'accepter, de prétendre que c'est normal ou drôle

car, surtout, je dis non

au silence approbateur

misogyne

 Plus de 137 femmes sur cette planète seront intentionnellement tuées aujourd'hui.

Ce n'est pas une blague.

***

NB : J'ai fait illustration sur WordArt.com

Elle contient des épithètes auxquelles j'ai eu droit, personnellement, en francophonie et sur l'Internet.

13 mars 2021

Un Fridolin nommé Fifrelin ! (Joe Krapov).

DDS 654 Vide-poche

C’est comme les vide-poches fluorescents que les imprimeurs déposaient à la Bibliothèque Nationale en 1929. Qui pourrait imaginer que ça a bel et bien existé, que les gens avaient ça chez eux ? On a tellement d’images en noir et blanc de cet entre-deux guerres, sans doute parce que la couleur coûtait un pognon de dingue, qu’on croit que les gens eux-mêmes vivaient en noir et blanc !

Et justement, il y a eu aussi une période, à la fin de 1920, où l’expression «Ça ne vaut pas un Fifrelin» ne signifiait en rien que le Fifrelin fût une quantité négligeable. Bien au contraire. Mais on parle de Fifrefin, non de fifrelin. La majuscule ici est capitale.

Ce fut même un phénomène artistique majeur que le Fifrelinisme. On sortait de la grande guerre, c’étaient les années folles, l’arrivée du jazz, on dansait le charleston et le shimmy, il y avait eu Dada, il y aurait Picasso, Braque et peut-être le Surréalisme… ou peut-être pas.

Parce que soudain Adolphe Fifrelin était apparu, en provenance directe de l’Allemagne battue et qu’il avait lancé la vogue du Fifrelinisme.

***

- Tout ça, c’est de l’art dégénéré, disait Adolphe en parlant du cubisme et de l’art déco. Ca ne vaut pas un pfennig !

Et pour montrer son dégoût de la chose, il ne prononçait même pas la majuscule de Pfennig et il écrivait le mot sans la mettre alors qu’en allemand tous les noms communs en comportent une à leur initiale.

C’était un homme d’emportements que ce Fifrelin et c’était là monnaie courante à l’époque où le ressentiment était partagé par une grand partie du peuple allemand dépité d’avoir dû rendre l’Alsace et la Lorraine. Mais ses jugements à l’emporte-pièces ne dépassaient pas jusque-là le cadre agréable et bavarois en diable de la bonne cité de München (Munich für die Franzosen !) où il exerçait la profession de militaire, très petit gradé puisque seulement soldat de 1ère classe mais dans les tavernes qu’il fréquentait on l’appelait "Le Caporal".

Tout aurait pu aller à peu près bien pour lui s’il ne s’était pas mis en tête de devenir un peintre reconnu. Il avait depuis toujours un talent certain de dessinateur et il l’exerçait dans le temps libre que l’armée lui laissait. Il composait de jolies toiles figuratives mais… Comment dire ? De même que chez Mozart il y a parfois «too many notes», trop de notes, il y avait chez Adolphe Fifrelin trop de réalité dans ses représentations.

Dans sa dernière toile, une nature morte intitulée «La banane et le rouleau de papier adhésif» «Die Banane und das Klebeband» on était saisi autant par l’hyperréalisme de la représentation que par l’originalité de la composition, un gros plan d’une toile vierge dans l’atelier de l’artiste sur laquelle la banane était fixée avec de l’adhésif brillant.

Casting Tintin 06

Ses portraits de pirates des mers du Sud sentaient la poudre, la sueur, le sang, le rhum, le fouet et la sodomie et fichaient la trouille aux mômes. Mais quelle ressemblance avec le modèle une fois que le tableau était achevé. On n’avait jamais vu ça ! Seulement…

Seulement les marchands de tableaux juifs se marraient quand il venait leur proposer sa production.

- Au cas où vous ne sauriez pas, Monsieur le militaire, il y a un truc qui s’appelle la photographie. Ça donne des résultats similaires à ce que vous faites mais ça n’est pas ça que les gens veulent, voyez-vous. Ça ne se vendra jamais, vos marins d’eau douce ! Croyez-moi, cré tonnerre de Brest-Litovsk ! Trop ressemblants !

Adolphe ne disait rien, remballait ses toiles mais intérieurement il les envoyait se faire foutre en songeant : «Je me vengerai, un jour !».

***

Et il semble bien que le jour est venu. Hier soir un couple d’aristocrates français est venu frapper à sa porte. Très jeunes tous les deux, lui belle prestance de petit ambitieux de province, elle très gouailleuse et jolie comme un cœur. Ils avaient avec eux un interprète polonais, sans doute un youpin, qu’ils ont présenté comme Maurice Mendjizki. Ils ont regardé toutes ses toiles, en ont acheté deux, un paysage et un portrait – "Die alte Mühle an der Saar" (Le vieux moulin de la Sarre) et "Der Ritter Franz von Schellfisch" (le chevalier François d’Aiglefin). Et surtout ils lui ont promis la fortune et la gloire s’il acceptait de venir s’installer à Paris, tous frais payés, pendant un mois, atelier personnel à Montparnasse. Principale obligation en retour : faire le portrait de Mme de McMacron, Kiki, qui adore poser nue pour les peintres. Et aussi : changer de nom.

- Wo ist der Haken ? a demandé Adolf à l’interprète.

- Je ne sais pas où elle est, l’entourloupe, a répondu celui-ci. Ils demandent juste que tu signes tes toiles du pseudonyme de Fifrelin et que ton prénom devienne Adolphe. Je serais toi j’accepterais. Le type a ses entrées partout au ministère de l’Intérieur, plein de pognon et des certitudes sur tout. Et Kiki, c’est la reine de Montparnasse. Pas encore mais presque !

***

Casting Tintin 14Hitler n’a pas hésité longtemps. Une semaine après, il avait obtenu sa permission de s’absenter un mois de la caserne, ses bagages étaient prêts ; il avait pris le train avec l’acompte fabuleux qu’ils lui avaient laissé.

- Qu’est-ce que je leur dis à vos copains du DAP s'ils viennent prendre vos ordres ? lui avait demandé sa concierge.

- Dites-leur que je suis parti envahir la France !


N.B. Les deux dernières illustrations sont dues au talent de M. Ludo D. Rodriguez

30 janvier 2021

L'Album zutique (Joe Krapov)

DDS 648 Le Fantôme de l'apéro (Plonk et replonk)

Tous les soirs, au café de l’Univers, à l’heure de l’apéro, le fantôme de Vitalie venait se joindre à nous.

C’était d’autant plus surprenant que la maman d’Arthur était toujours vivante, là-bas ou plutôt là-haut dans les Ardennes. Son fils, notre poteau, lui écrivait régulièrement pour lui demander du matériel photographique, des livres techniques et des…

Non, pas des nouvelles de son trou perdu. Notre copain s’en foutait complètement de Charleville, de Mézières et de la ferme de Roche.

Les nouvelles du trou perdu, c’est le fantôme qui en réclamait.

- Rends-moi l’album, Arthur ! S’il te plaît !

DDS 648 Hôtel_des_EtrangersParis_gravure- Mais je ne l’ai plus, Maman. Je ne l’ai jamais eu d’ailleurs. C’était un recueil collectif. Comme un livre d’or sauf que c’était de la merde !

- Rends-moi l’album Arthur ! Fais pas le clown ! Retrouve-le et rends-le moi ! Ou rends-moi le !

- Je ne vais pas retourner à Paris pour ça ! Je ne sais même pas s’il y est encore d’ailleurs. Et pourquoi le veux–tu ?

Et là, comme gêné d’avoir à se justifier, le fantôme disparaissait. Mais le lendemain, il était là de nouveau, le fantôme de l’apéro, avec sa litanie.

- Rends-moi l’album, Arthur ! Arthur, où t’as mis le corps du délit ? Je t’avais pourtant déconseillé de t’associer à ces vilains bonshommes !

- C’est de nous que vous parlez, Mme Fantôme ? demanda Bardey ce soir-là. Mais le fantôme semblait sourd, aveugle, obsédé par son idée fixe, ne s’adressant qu’à son commerçant de fils.

- Pourquoi ne reviens-tu pas ? Quel intérêt trouves-tu à faire Chabanais chez les zoulous ? Tu ne veux pas revenir chercher l’album ?

- Zut, Maman !

***

DDS 648 Album zutique 1970234Un jour que ce rigolo de Suel, après nous avoir offert la tournée du patron, était venu s’asseoir à notre table, avant même qu’elle ait ouvert la bouche, il avait entrepris Vitalie.

- Alors ? C’est vous, la môme Fouettard ? L’ange aux ailes de plomb ? Vous savez que le bikini blanc vous va à ravir ?

- Arthur, rends-moi l’album !

- Mais ne pensez donc pas qu’à ça, la star d’outre-monde ! Vous ne voulez pas vous envoyer en l’air avec le Don Quichotte des canapés ? Vous ne savez pas ce que vous perdez !

Et c’était devenu la meilleure blague dans le coin, ce fantôme sourdingue auquel on proposait la botte. Tout le monde a rappliqué pour lui proposer de jouer à saute-jarretelles ou à «Enfourchez vos balais !» sans que le fantôme ne dévie d’un pouce et ne réclame «à corps et à cris» son foutu album.

Même Rimbaud ne comprenait plus rien à ce phénomène qu’il avait de son côté baptisé, de façon assez poétique, «le bal des osselets».

C’est Mme Suel qui eut le fin mot de l’histoire. Un soir qu’elle s’était jointe à nous elle avait proposé à Vitalie de venir admirer une éclipse d’étoile.

Le fantôme l’avait suivie derrière l’hôtel et s’était confié à elle

DDS 648 Sonnet du trou du cul- En 1871 mon fils est parti sur un coup de tête s’acoquiner avec Verlaine, la reine des soiffardes. La jeunesse, vous savez ce que c’est ! On se défonce, on ne commet que des polissonneries, on est le diable incarné ! L’autre a été puni d’avoir abandonné femme et enfant : en cabane, Papa ! Surtout parce qu’il avait tiré sur mon Arthur. Ce que je veux, moi, c’est effacer les traces de tout cela. Je veux détruire ces rinçures et surtout retrouver l’album zutique pour le brûler.

- Qu’est-ce que vous gagnerez à cela ?

- Je ne veux pas que mon nom soit associé à ce «Sonnet du trou du cul» qui y figure en bonne place et je sais qu’une fois que j’aurai fait cela, il pourra y entrer tranquille.

- Où ça ?

- Au Panthéon.

- Je vais vous aider, lui proposa Madame Suel.

***

Le lendemain Mme Suel a raconté l’histoire à son mari puis elle a fait ses valises et est repartie pour l’Europe. Adios, chiquita ! Le soir le fantôme n’est plus revenu à l’apéro ; on ne l’a jamais plus revu et Mme Suel non plus. Simplement, depuis ce jour-là, on s’est mis par plaisanterie à appeler Rimbaud «Trouperdu !». C’est d’ailleurs sous ce nom qu’il a été enterré au cimetière européen d’Aden.

17 octobre 2020

Souvenirs embrumés (Walrus)

Quand on pénètre dans notre appartement, on découvre au bout du couloir d'entrée un rayonnage.

Il contient les quelques bouquins ayant survécu à nos déménagements successifs, essentiellement des ouvrages encyclopédiques, culinaires, touristiques et artistiques.

Parmi ces derniers, datant de cette période où nous courions les musées et les expositions, les catalogues correspondant à nos visites.

Je n'y ai pas retrouvé celui de cette expo présentant une série somptueuse de kimonos et de paravents extraits des collections impériales japonaises.

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Il faut bien dire qu'elle avait été organisée dans les salles du Passage 44 à Bruxelles il y a tellement longtemps que je n'en trouve pas trace sur le Net.

Tellement longtemps aussi qu'à l'époque, nous n'achetions pas encore les catalogues des expos visitées.

Sans doute parce qu'en ces temps-là nous écumions les librairies de la capitale dont nous ramenions déjà à chaque visite des dizaines de bouquins.

Et c'est en visitant ces merveilleux endroits que j'ai découvert la seule édition du Kamasutra qui vaille la peine d'être feuilletée : celle illustrée en 1973 par l'inénarrable Albert :

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Parce que pour le reste, les notices techniques, c'est pourtant un ex Responsable de l'Assurance Qualité qui vous le dit, ça ne remplacera jamais l'exploration personnelle.

3 octobre 2020

99 dragons : exercices de style. 61, Récit de rêve (Joe Krapov)

Saint-georges par Baden Powell (communiqué par Baden Powell le 27-09-2020) 127705243

Ah la la ! Quel imbroglio ! Je me suis réveillé ce matin dans un état proche de l’Ohio ! Quelle belle série de rêves idiots !

Primo, j’étais attelé à un chariot et j’allais dire des fabliaux à la Taverne d’Attilio – où était-ce le Don Camillo ? – pour un public de gens spéciaux, drôles de zoziaux par trop joviaux tous venus de Bonifacio ou d’Ajaccio où souffle ce vent de folie qu’on appelle le Libeccio. On me dételait du chariot, on me poussait sur les tréteaux et mon impresario me lançait depuis les coulisses :

- Vas-y ! Chante leur « O sole mio » ! Tu enchaîneras ensuite avec « Si tu vas à Rio » de Dario Moreno puis « Le petit joueur de flutiau » de Brassens.

J’étais tétanisé, sans voix, agonisant, bon pour un passage en cardio. Il est vrai que les dragons ne chantent pas ce genre d’airs familiaux que l’on entend à la radio ou qu’on joue sur l’autoradio. Ils n’ont pas la voix d’un loriot ni celle de Don Juan Tenorio. Je n’ai rien d’un griot et s’il me fallait un jour fréquenter la musique, je préférerais de loin l’adagio d’Albinoni ou le Juditha triumphans, ce bel oratorio de Vivaldi, voire les Capriccios de Paganini.

Bref je restais muet devant le micro et les Corses, peu conviviaux au naturel, devinrent bientôt antisociaux voire triviaux puis vipériaux, me balançant des noms d’oiseaux et des glaviots. Le calme s’en revint lorsque j’ouvris la gueule et que d’une flamme puissante je mis le feu à tout le patio ! Houla ! Comme ils sont redevenus cordiaux ! Seulement, la tronche du proprio !

Ayant fait place clarinette je jouai alors le trio des quilles de Mozart et des flûtes pour aller dans des lieux plus enchantés.

Deuzio, rêve encore plus dingo : au bout du viaduc de Millau je rencontre un autre barjo avec des habits ecclésiaux, des affûtiaux de nobliau, monté sur un bidet tout blanc et ses grands chevaux qui me demande mes fafiots (si vous n’avez pas votre Gaffiot, je vous traduis : les fafiots ce sont les papiers).

Il me questionne :

- D’où c’est que vous venez ?

- De la station Campo–Formio, c’est direct avec le métro !

- Où qu’vous allez ?

- C’te question ! A Mogadiscio, San-Antonio, en Ontario ou aux pays équatoriaux ! A Quimper, aux faïences Henriot ou à Baguio 78 voir jouer Tolia Carpovio contre Victor Kotchnio !

- D’après ce que j’vois d’écrit ici, vous vous appelez Marcel Petiot ? qu’il continue, le Fantasio.

- Jamais d’la vie ! C’est quoi, ce nouveau scénario ? Tu vois bien qu’je suis un bestiau ! J’m’appelle Elliott ou Emilio, je suis de la classe des marsupiaux et champion de France des arts martiaux. Et toi, t’es qui, Super Mario ?

Le maigriot, sur ses ergots, prend des airs inquisitoriaux, aérospatiaux, comme Blériot chez Latécoère, et manche à balai dans le derrière, mordant comme un chiot en colère, d’humeur guerrière, décline son identité :

- Tout le monde m’appelle San Giorgio. J’suis c’qu’ on appelle un estradiot ou un stradiot, un éclaireur qui vend du bio aux provinciaux. J’ suis envoyé par le daïmio pour retrouver le salopiot qui boulotte toutes les côtes d’agneau et qui a foutu l’feu au studio ! Numérote tes abbatiaux ! Prépare ta tête pour le billot, docteur Petiot !

Voilà-t-y pas que ce salopiot m’balance un chtard dans les tuyaux ! Oh la la ! Ca va être sa fête ! J’vais lui réclamer des agios, au loupiot ! Tu vas voir, tristesse d’Olympio, qu’t’eusses mieux fait d’choper la polio ! J’vais t’soigner ton compère-Loriot ! J’vais t’transformer en carpaccio ! En atriaux, eh, Pieds nickelés !

Y eut-il massacre à l’île de Scio ? Si le viaduc était un bateau, lequel des deux chut du rafiot ? Se battit-on (Oh chou ! Ma chère !) avec brio ?. (Oui je sais Battiston-Schumacher, c’est nul, mais, à contrario, c’était aussi dans le rêve !). Je ne sais plus : c’est à ce moment-là que je me suis réveillé pour aller pisser.

Tertio : une fois que j’ai eu replongé, je me suis retrouvé dans le bus n° 11 dans une ville nommée Rennes avec un masque sur le visage et je lisais un in-folio sur le catalogage des fonds patrimoniaux. Il y avait plus loin une fille en robe rose, masquée elle aussi, qui appuyait sur le bitoniot pour demander l’arrêt du char à la station Charles Géniaux. Je l’ai bien reconnue la fille ! Elle s’appelait Isaure Chassériau. C’était la belle-fille du député Guyot-Desfontaines ! Mais après elle a disparu et j’ai fini ma nuit tranquille en censurant tout le restant du matériau.

***

Bon, c’est pas le tout ça. Qu’est-ce que j’ai sur mon agenda aujourd’hui ? Ah oui. « Aller bouffer des brebis en Libye ». Pourvu que je ne tombe pas là-bas sur un de ces frappadingues adverbiaux d’ces bas du Front Police à Rio !

St-Georges patron de Cacéres par Walrus 127705049

Illustrations aimablement fournies par notre bien-aimé oncle Walrus
que je remercie de son soutien à l'entreprise Nonante-neuf !

25 juillet 2020

Encore une belle Crapaud-verie ! (Joe Krapov)

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- Si seulement la grenouille chantait des airs du Prince Igor, « Si tu vas à Rio », « Roule s’enroule ma vie à la tienne », « Le Roi Lion » ou « Girl » des Beatles, « Noir c’est noir » de Johnny ou « Banana Split » de Lio… Si la grenouille jouait des reels du pays d’Eire, du Lionel Hampton sur un piano bastringue, « Mon vieux Léon » de Brassens à la guitare ou « La Ligne Holworth » de Graeme Allwright à l’autoharpe… Si elle dansait à la Revue nègre en compagnie de Joséphine Baker, si elle connaissait Léni Escudéro, Lorie, les Rolling Stones… Même « Au clair de la lune », « Petit papa Noël » ou « Tiens voilà du boudin », l’hymne de la légion… On l’écouterait avec plaisir. Au lieu de cela elle coasse toute la nuit dans l’étang derrière la longère et nous empêche de nous endormir tous les soirs ! Tu parles de vacances ! Tu ne veux pas aller l’embrasser, chéri ?

- Embrasser une grenouille ? T’es folle ou quoi ?

- Qui sait, c’est peut-être ce qu’elle réclame, comme dans les contes de fées ? C’est peut-être une princesse qui a été ensorcelée et changée en batracien. Un baiser lui rendrait sa forme primitive… et surtout la ferait taire !

Vegas-sur-Loing enfila son pyjama et sauta dans ses pantoufles.

- Qu’est-ce que tu fais ? demanda Gertrude étonnée.

- J’y vais, ça vaut le coup d’essayer !

***

Gertrude n’a plus jamais revu Vegas-sur-Loing. Il était tombé, cette nuit-là, sur la mine d’or du Ring : la grenouille embrassée s’est bel et bien métamorphosée : c’était la Lorelei !

Depuis la cantatrice à la voix d’or donne des récitals dans les plus prestigieux opéras du monde entier, Végas encaisse les bénéfices et Gertrude noie son chagrin dans le gin.

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11 juillet 2020

La Mer, c'est dégueulasse ! (Joe Krapov)

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Le poète a toujours raison qui voit plus loin que l’horizon et déclare avec feu Renaud (1) : « La mer c’est dégueulasse, les poissons baisent dedans » (2).

Et les bougres sont nombreux sous la vague qui déferle !

Il y a Bernard l’ermite qui envahirait bien Bianca la moule, le requin-marteau qui cherche une enclume pour se taper une femelle à faux-cils et toutes ces morues qui rêvent du maquereau charmant : « Un jour mon crabe aux pinces d’or viendra ! ».

Tortillant du popotin, Maryline la pieuvre susurre : « Poulpe Poulpe Pis Douze » d’un air imcalamarcessible.

Tous les samedis que Neptune fait les sardines quittent leur banc et vont en boîte de nuit. Le hareng sort aussi. La danse est frénétique jusqu’à ce que le homard réclame : « Tamisez toutes les lumières car c’est l’heure du quart d’heure armoricain ! ».

Au sortir du bal tous les crabes en pincent, les thons en font des tonnes jusqu’à ce que ça cartonne, ça n’arrête pas de draguer, les tortues touchent le fond à raison ou à tort, à force d’entendre radoter les méduses sont médusées, certains poissons mystiques tombent en adoradation devant l’être aimé, ça s’aime, ça s’aime, ça sème, ça essaime…

Les baleines se décorsètent, même les vieux des profondeurs perdent leur cœlacanthe-à-soi, la lotte envoie valser sa culotte par-dessus Camille Desmoulins mais le bulot n’est pas sans culot. Don Cabillaud s’étrangle devant ces jeux érotiques foldingues qu’Eros a déclenchés de ses coudes épais dans l’eau : colin-paillard, le plongeon esturgescent, l’espadon ma louloute, le cache-cache ma raie montante, le ça ne fait pas une plie, l’applie pour smart faune du fond d’S.-F. Mer, le monte là-dessus et tu verras le saumontmartre, le déguste langouste, l’heureux flétan soleil levant, l’anchois dans la date, l’églefin du fin, le tacaud de la Marne, la limande ampoulée, loup de mer y es-tu, Je te tiens tu me tiens par le bar, bichette, Rends moi le congre, ô, Belge, le Robert Makaire, la paire de loches des mers de Loches… 

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Les palourdes font dans la légèreté, les rougets rugissent, les carrelets décarrent, les morues remuent, les squales ont le son long, les poissons polissonnent, les crustacés s’incrustent, les berniques se… s’accrochent aux branches, les barbeaux barbotent dans le bonheur, l’hippocampe swingue sauvage, le napoléon carapontdarcole, même les vieilles mettent le turbot, bref, tous ces animaux copulent marine au fond de la piscine au cri de « Adjanique ta mer ! ».

Tout le monde est lamproie au désir, asticoté par le stupre, nul n’arête de penser à la fornication, il n’y a plus lieu, ni noir, ni jaune, de faire maigre, de se retenir de jouir ; même les plus déviants des souhaits sont exocets !

Quels walrus et coutumes, mes aïeux ! Quelles drôles de morses !

Et je ne vous parle même pas des désidératas de ces bougres d’andouilles d’hommes-grenouilles ! 

(1) : il n’est pas mort mais ça ne vaut guère mieux !
(2) : la formule lui aurait été inspirée par Dominique Lavanant citant W.C. Fields.

4 juillet 2020

La famille Lajoie ([ Fabrice ])

 

Dans la famille Lajoie,
Je demande le papa ;
Un bougon pétri de joie,
Très amateur de coppa
Et de tout ce qui rougeoie.

Çà, de la joie, il en a,
Malgré sa moue éternelle ;
Tous les soirs, c'est... na na na,
Secret de Polichinelle,
Mieux qu'aux noces de Cana !

Ah ! Sacré papa Lajoie...
Çà, du pinard, il en a !

*

Dans la famille Lajoie,
Je demande les loupiots ;
Jack et Russell, pleins de joie,
Surnommés les Salopiots
Par la mémère Lajoie.

Çà, de la joie, ils en ont
Pour pisser sur la mélisse
De la vieille dame... Oh non !
Mais que fait donc la police
À traîner chez la Manon !

Ah ! Sacrés loupiots Lajoie...
Quels cabots, crénom de nom !

* *

Dans la famille Lajoie,
Je demande la maman ;
L'ombre de papa Lajoie
Lisse comme un talisman,
Bigote un brin rabat-joie.

Çà, de la joie, elle en vend
Toujours plus au fil des âges
À ces saints souffleurs de vent
Qui peuplent ses paysages ;
C'est presque comme au couvent.

Ah ! Sacrée Irma Lajoie...
En retrait, dorénavant.

Vous voulez voir sa trombine ?
Pas ici, pas de sitôt !
Rusée, elle se débine
Au moment de la photo,
Pour la prendre - Oh la combine !

* * *

 

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30 mai 2020

Zinneke quoi ??? (Nana Fafo)

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"Zinneke peace & pisse"

sera le thème de cette semaine pour le défi du samedi n° 613

Nom d'un chien Diabolo !

T'as encore pas respecté la consigne...

 

Arrête de te pavaner à la "cabot-pride"

de pisser sur toutes le B.... en forme de jeu de quille

la bien nommée "potelet", une circonlocution convenue,

sortie du langage châtié de nos élites contenues.

 

Tu crois qu'avec tes manières de vulgaire petit cabot,

tu pourras attraper "La Rousse" ?

Que nenni ! Elle te toisera,

tu n'obtiendras jamais ses faveurs, avec son coeur de Pierre,

Elle préfère les Québécois et leur accent tordu.

 

Mais chez le Pti Robert du coin,

tu pourras retrouver une jolie bruxelloise aux formes généreuses

qui espère un corniaud dans ton genre, gentil, léger, rigolo

au rire étouffé et saugrenu.

Vous vous retrouverez sur la Senne pour arroser votre flamme,

errant jusqu'à pas d'heure.

Vous vous enverrez en l'air pour mélanger vos airs dans cette ville de Brusseleirs

et pondrez des petits kiekefretters en toute zinnekitude, selon Michel de Muelenaere.

Et là, vous deviendrez des Zinnekequois


Zinneké quoi ? dirait Labajon !

inspiré de l'article d'un soir begle:
https://plus.lesoir.be/115574/article/2017-09-22/zinneke-nom-dun-chien


Encore une petite vidéo...

Belle lecture et vidéo créatives à toutes et à tous.
25 avril 2020

Exclusivement masculin (Kate)

 

Peut-être que cet urinoir n'est pas bien joli mais forcément nécessaire et d'un design industriel magnifique de modernité et d'hygiène, l'oeuvre de Marcel Duchamp permettant d'interroger les rapports de l'art et du quotidien, de l'art et de l'industriel, de l'art et de l'humour... enfin, l'art moderne, quoi !

Avant, oui "avant", quand on avait le droit de sortir sans autorisation et qu'on pouvait lécher les vitrines tout à l'envi (et même déguster des boissons, des glaces, des crêpes, des gâteaux, des peties plats dans des endroits charmants et pas exclusivement féminins),

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un magasin de BD avait fait bon usage des précieux rouleaux et avait retenu toute mon attention pour cette promo façon "mise en scène" plutôt "fun" !

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Maintenant, ("pendant"), après avoir dûment fait, comme tout un chacun, des stocks de différents articles (mais couru après de la levure, des pelotes de laine et de l'élastique, pour ce dernier article, en pure perte !), je repense au temps où la Médiathèque ouvrait grand ses portes sur ses immenses trésors : livres, disques, CD, DVD, presse, documents en tous genres, et accueillait de nombreux visiteurs tant flâneurs que chercheurs, de tous âges et de toutes conditions. Certains y faisaient une simple escale technique, façon "comment pisser gratuitement en centre ville sans aller dans un bar" (ni dans une impasse de ce style),

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d'autres y passant de nombreuses heures, le petit coin était forcément un endroit hyperfréquenté. Avec une pointe d'humour et beaucoup de lassitude, je suppose, les bibliothécaires avaient, il y a quelques mois, renouvelé et multiplié les affichettes rédigées avec force talent littéraire contrarié...

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Enfin, puisque si on pisse urine, tout va (bien, encore, plus ou moins...), on danse la carioca ?

(photos de l'auteur "avant", disons entre 2019 et février 2020)

18 janvier 2020

La zizanie (Vegas sur sarthe)

 


A voir la mine défaite de Germaine j'ai compris qu'il était revenu mais c'est plus fort que moi, j'ai quand même posé la question : « Le prédateur est revenu, hein ? »
Germaine a confirmé « Oui, il est revenu »
« Je suppose que c'était pour la même chose ? »
« Oui, toujours la même chose »
« Et ça c'est passé pareil ? »
« Tu sais, c'est bien orchestré, ils ne dévient pas d'un poil ces types là »
Je savais comment ça se passait mais je demandais toujours : « C'était pareil comment ? »
« J'te l'ai déjà dit, il entre, j'monte sur la chaise de la cuisine pour attraper la boîte à sel en haut du buffet»
« Et tu lui donnes le sel ...»
« Non, il a dit que le sel ça vaut plus rien depuis qu'c'est produit à grande échelle »
« C'est nouveau ? Il faut une grande échelle pour récolter le sel maintenant ? Et après ce bobard, il fait quoi ? »

«Y m'regarde un peu et y repart »

J'ai haussé le ton : « Il est pas fatigué de te regarder monter sur cette chaise depuis le temps ? Je me demande s'il n'en pincerait pas pour toi et si j'vais pas le signaler à sa hiérarchie. Balance-ton-gabelou, c'est pas fait pour les chiens !»
Germaine a eu l'air surprise de cet accès de jalousie : « C'est pas utile. Y fait ça aussi chez les Martinet, chez les Trotte-Queue et même chez la mamie du 5ème »
«Il monte les 5 étages jusque chez la p'tite vieille ? Mais elle a au moins 80 ans»

« 82 ans l'mois prochain ... »
« Et il force aussi la vieille à monter sur une chaise ? »

« Non, il lui dit qu'c'est pas la peine. C'qu'il veut c'est la madeleine »
« Madeleine ? Qui s'appelle Madeleine ? »
« Non … il prend une madeleine dans sa boîte à madeleines et il s'en va »
J'en reste abasourdi : « Et chez les Martinet, c'est la même chose ? »
Germaine hésite : « J'ai essayé d'savoir mais y sont pas très causants. J'sais même pas s'ils ont les moyens d'avoir une chaise de cuisine »
« Et chez les Trotte-Queue ? Y sont pleins aux as les Trotte-Queue »

Germaine a un petit rictus : « Oh chez eux, c'est Madame qui s'empresse d'ouvrir la porte et la collecte dure un sacré moment, à croire que les chaises sont bancales ou qu'ils fabriquent des madeleines de contrebande »

«Tu vois Germaine, tu m'ôteras pas de l'idée que cette histoire de gamelle c'est juste pour arnaquer les braves gens »
« Gabelle mon chéri, pas gamelle … y disent gabelle à la T.S.F. »
« Ouais, c'est des excréments de langage tout ça, juste pour nous embrouiller ! C'est comme leur histoire de caisse de retraite départementale … tu sais à quoi elle ressemble toi la caisse de retraite départementale ? Et l'âge charnière … t'en as déjà vu des âges charnières ?»
Germaine cherche un peu : « Y'a bien une caisse avec des charnières chez la mère Delevoix, la concierge mais ... »
« Laisse tomber Germaine, tout ça c'est de l'enfumage »


Germaine s'approche de moi pour chuchoter comme si nos minces cloisons étaient sur écoute : « T'sais pas qu'le fils Troquet a fait l'concours pour devenir collecteur ? »
« Le fils Troquet ? Mais il est déjà employé à La Belle Jardinière»
« Tout juste. Parait qu'c'est nouveau, ça s'appellerait le cumul des mandales»
« Le cumul des mandales ? Justement Germaine, y'a des claques qui se perdent au gouvernement »
« T'énerves pas chéri, les Martinet disent que le régime de Vichy va mettre son grain de sel dans tout ça»
Je m'emporte (c'est rare mais après je me rapporte) : »On en reparlera de leur régime à l'eau minérale ! Tiens, sers-moi plutôt un ballon de Côtes du Rhône avant que ton obsédé ne vienne le collecter ! »
Je fronce les sourcils et j'ajoute : « Au fait, le tonnelet de Côtes du Rhône … ne le mets pas en haut du buffet de cuisine, il sera mieux par terre»


Germaine vire au rouge cramoisi, façon Bordeaux : « Qu'est-ce que t'insinues ? Que j'mets les choses en hauteur pour que ce type mate mes cuisses ? »
J'ai pas envie de Paul et Mickey comme disent les chansonniers à la T.S.F.
Je reviens à des considérations plus terre à terre : « Tu vois Germaine, tu m'ôteras pas de l'idée que cette histoire de gamelle c'est juste pour foutre la zizanie dans les couples »
« Gabelle Bon Dieu, pas gamelle »
« C'est bien ce que je disais … la zizanie »

6 juillet 2019

Sacrebleu ! (Venise)


Sacrebleu t’as ressenti la température extérieure ?

40° !!

Je suis trop fatiguée pour écrire j’ai mal au caillou.
On va se mettre autour de la table au bridge en attendant que ça passe.
C’est peut-être, la fin des haricots !
Va te passer la tête sous l’eau froide !!
Tu es un Viel aveugle tremblant qui refuse de voir la réalité qui nous attend.
Je crois rêver en t’entendant tiens je vais poser un fil dans l’ombre du grand arbre et rester un moment à rêvasser.
L’antidote n’est pas loin t’inquiètes la planète s’en sortira sans nous.
C’est quelques derniers jours ont été mouvementés, bien arrachés au mat !!
Il faut tout foutre en l’air, le téléphone, la voiture , l’ordi tout je te dis .
Nous vivons dans un monde rempli d’objets inutiles.
Tiens le four à micro-onde dehors !

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J’ai retrouvé les grands arbres au bord de ma fenêtre le grand catalpa.
On aura plus de place pour les idées et le cœur quand on aura fait le ménage.
J’ai une tendresse étrange pour cette canicule car j’y trouve mes doutes et mes combats à venir.
En somme un rendez-vous avec toi-même sacrebleu !!
Nous devons maintenant choisir la route qui instinctivement aurait dû être la nôtre.
ELAGONS ELAGONS les mauvaises habitudes interdisons les listes de mariage trop encombrantes.
Le bonheur se vaudra dépouillé.
 Ça ne signifie pas la fin du voyage ça signifie le commencement de notre humanité retrouvée.
Surtout ne quitte pas une seconde de vue pourquoi on doit se convertir c’est une course contre la montre et il n’y a eu qu’un ALAIN PROST .

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18 mai 2019

Quand on est con... (Walrus)


Cet empêcheur de dormir tranquille de Walrus a encore sévi !

Je n'avais jamais vu utiliser le vocable qu'il nous a sélectionné que dans l'expression "Flamberge au vent" !

Et je ne m'étais jamais inquiété de la signification réelle du mot, ayant toujours imaginé, à cause du vent précisément, qu'il devait s'agir d'une sorte de drapeau, étendard, gonfalon (pourvu qu'il ne nous le colle pas pour samedi prochain), bannière ou oriflamme...

Eh ben non !

Il m'aura fallu attendre ma soixante-dix-huitième année (septante-huitième pour mes compatriotes et quelques Suisses) pour me retrouver le nez dans mon caca.

Il ne me reste qu'à noyer ma déconvenue dans l'alcool.

Garçon, un Pousse Rapière !

 

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11 mai 2019

L'échauguette (Venise)


L’échauguette c’est l’angle mort de notre rêverie.  Elle
N’enjolive pas le monde, comme un ornement sans conséquence, elle l’intensifie ; elle ne le mutile pas, elle en creuse l’énigme et l’éclat.

L’architecture peut former et exercer notre capacité à pleurer pour tous ceux qui ne sont pas nous, ou qui ne sont pas des nôtres.

Oui Messieurs Mesdames devant une échauguette je pleure. je me vautre dans l’impudeur à cet instant ; mon cœur est à nu devant ce signe que nous fait le temps .

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours senti ce besoin, l’appel de l’architecture. Plus exactement : c’est venu à l’adolescence, et ça ne m’a plus quitté depuis (contrairement à mon intérêt pour le football, par exemple, apparu plus tôt mais dont il ne me reste presque rien).

Certains disent : » tout fout le camp. Ça fout les jetons. On se demande s’il y a eu un temps où ce n’était pas le cas. Où foutre le camp ne résumait pas le tout du peu que nous sommes, que tout est.

Bref tant qu’on trouvera sur notre chemin des échauguettes je serai bouleversée.

Je pensais donc l’autre soir, et puis j’ai pensé à autre chose : la pensée est elle-même sujette à foutre le camp ; du moins la mienne, si tant est qu’en la matière on puisse s’arroger un titre de propriété. Bon.
Je pensais disais je à obtenir un titre de propriété d’une échauguette.

Car qu’est ce qui va rester quand tout aura foutu le camp !!

Je ressens une réticence, le sentiment que quelque chose, de quelque ordre que ce soit, est appelé à demeurer, à ne pas foutre le camp.

Oui sauvons les échauguettes, la dignité d’un être humain indocile aux formatages, consiste à persister à penser à ce genre de questions sans âge, dont la solution est hors de notre portée. Et de ne pas s’en priver, sous peine de se transformer en petit compteur Geiger ou bien en formateur en new public management. Voilà ce que je dis, ici, maintenant, confiant dans nos capacités de résistance. Puisque vous lisez ce défi, vous ne pouvez pas ne pas m’approuver, et cela me procure un sentiment d’affinité. Et me voilà emportée par une impression exaltante : ce qui demeure, ne fout pas le camp, en dépit parfois des apparences.

v

20 avril 2019

Défi #556

Pour vous proposer ces sujets que vous appréciez certainement à leur juste valeur, j'ai pris l'avance et établi une liste qui couvre encore une cinquantaine de propositions à venir.

Régulièrement bien sûr, au moment de poster le sujet, je change d'avis et en choisis un autre, on ne se refait pas.

Ce sera le cas aujourd'hui encore jugez-en plutôt : la liste stipulait "Cathèdre". Comme je ne veux pas foutre le feu au blog, je vous laisse choisir :

Castagne ou castagnettes

Et si vous pouvez associer les deux, ce sera encore mieux.

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23 février 2019

Trapèze (Laura)


J'ai aimé voir en février 2012  au musée national Marc Chagall  à  Nice, ce "cirque bleu " parce que j'aime cet artiste depuis longtemps pour son bleu (comme j'aime le bleu de Matisse dont j'ai aimé le musée de la même ville le même jour ) , ses couleurs  , son  noir (exposé en ce moment à Aix-en-Provence ) et ses représentations de cirque car j'ai travaillé sur la représentation des bohémiens dans l'art .
J'aime ce trapèze  bleu qui se découpe sur un bleu clair  avec son acrobate de l'

Art du cirque en  culotte bleuet
Le costume est aussi pivoine
Gorge fleurie d'arabesque
Experte contorsion
Beauté de sa chevelure-main violette
Renversement du monde réel
En symboles vert et jaune

Mon trapèze se détend devant ce poisson bleu, cette lune jaune au violon vert, vert cheval et coq musicien. Terre et ciel bleu, cul par dessus tête, jaune planète. Mains qui se tendent pour m'instruire et m'ouvrir au monde.

 


Ajout de Walrus pour ceux qui n'auraient pas le temps de chercher l'œuvre sur le net

 

cirque bleu

 

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