Te protègeront-elles pareilles à des moustiquaires des obus de Verdun ?
Où sont-elles là pour te ridiculiser toi l’homme simple qui dans ton habit tout droit sort de Saint-Cyr.
A quoi pourront donc -telles te servir quand sous les obus tu danseras ta danse de la mort .
Je n’ai pas choisi de venir au monde.
J’aurais préféré être peintre décorateur.
Mais mon père me traitait à longueur de journée de freluquet.
« L’Armée c’est mieux que l’hôpital psychiatrique me disait -il «
Charité bien ordonnée commence par soi – même me disais je en reniflant un rail de coke.
La guerre était d’un sinistre achevé et je craignais de m’y noyer.
Pour mon père c’était une fête, mais je n’étais pas sûr de m’y amuser.
Alors ces fanfreluches au-dessus de mon casque étaient là pour m’éviter des rencontres déplorables.
Mais qu’est-ce que je peux détester la guerre !! .(le personnage souffle pour se déstresser et les fanfreluches virevoltent comme des mouches au-dessus de son casque)
Je suis un amateur je ne prends qu’un peu de coke, car c’est un putain de cauchemar de vivre les yeux ouverts sur Verdun alors que les chiens vont bientôt dévorer mon foie.
J’entends la voix de mon père (fait semblant fiston)
Alors ces fanfreluches c’est ma dernière moustiquaire avant les éclats d’obus.
J’avais écumé toutes les offres pour des vacances paradisiaques.
J’étais formelle l’automne avait ses champignons l’été ses nichons.
Pas une Pub sans un téton au bord de l’eau par 30 degrés.
La preuve scientifique de cet audacieux postulat c’était l’écho de la presse people.
Toutes les destinations paradisiaques nous vantaient à chaque page le sein nu le Graal des vacances réussies.
Je ne comprenais pas comment la géopolitique de sein pouvait avoir un lien avec nos migrations estivales .
Quand mon compagnon m’a proposé de passer des vacances à Miami Beach, j’ai tout de suite flairé l’arnaque.
Je suis arrivée à le convaincre que les sports d’hiver étaient plus passionnants C’était certes pire que l’ail pour un vampire ,mais c’était le délai pour mes seins non botoxés fassent bonne figure, car eux ne respiraient pas l’arnaque !!.
J’ai éternué avec mon cerveau en lisant la consigne ce matin.C’est alors que mon cerveau s’est vidé et qu’une étrange fièvre m’a clouée au lit.
Dans ma tête vide je voyais des petits hommes bleus qui grignotaient ce qui me restait de pensée.
Je me suis alors licenciée des défiants, avant le lynchage des hommes bleus outrés de mes propos.
Le lendemain très tôt, il y a eu un léger souffle sur ma page, comme après le passage d’une Schtroumpfette.
Mais me pencher sur cette consigne comportait des dangers cérébraux irréversibles m’avait dit mon neurologue inquiet de mon état .
C’était donc une décision difficile à prendre quoique j’avais l’impression d’avoir pris un peu d’avance sur mes camarades qui devaient déjà être atteints de méningite bleue.
Menacée par le désespoir de n’avoir rien à dire sur le sujet, et craignant d’être dépouillée de toute crédibilité au regard d’une instruction très élevée, je décidai enfin d’envoyer une demande de contact à l’écrivain responsable de cette ignominie .
Il me traita de pseudopode prétentieux. Je lui demandais ce que son travail apportait à la théorie quantique.
Loin de trouver chez lui la camaraderie sportive du schtroumpf en canoé -kayak, il me livra un torrent d’insultes d’où j’avais du mal à m’extraire.
Le contact fut rompu immédiatement.
Je ne suis plus depuis d’une solidité psychique à toute épreuve, et depuis je me suis rapprochée des petits hommes verts qui eux me promettent la LUNE. !!
Après le grand chambardement et ayant recensé les dégâts, le Tout-Puissant décida de tout refaire en mieux et de prendre son temps: IL appela ça la Genèse 2.0 IL était loin d'imaginer qu'en cumulant deux jours du seigneur sans compter les RTT, IL allait gagner au change.
Jour 1: IL fit le jour clair et la nuit sombre mais avec une cinquantaine de nuances de gris pour les deux bipèdes qui attendaient le jour 6 avec impatience
Jour 2: IL fit le ciel bleu puisqu'IL avait déjà créé le Bleu ciel et que c'était bien; IL fit aussi la mer avec des golfs clairs et des moutons... Mêêê... y'a pas de mais qui tienne
Jour 3: IL fit l'herbe – humide pour les vaches qui ne péteraient plus et sèche pour le cannabis – des fruits sans pépins sauf la pomme et des légumes beaux (avant on disait biaux) à manger par 5 chaque jour
Jour 4: IL fit un soleil avec une grande place – la place au soleil – une lune avec du miel pas frelaté pour les amoureux et des étoiles pour les poètes
Jour 5: IL fit des zanimaux, des piafs qui volent sans chier partout, des hamburgers sur pattes et des canards sans foie ni l'oie, des pandas noir et blanc et aussi des blanc et noir – pareil pour les zèbres – des chauve-souris chevelues et puis des loup-bouquetins pour chausser son Eve du lendemain.
Jour 6: IL fit Adam en vert – avec un verre à dents – et Eve en tenue d'Eve mais en 86.60.86 pour faire bonne mesure; IL leur dit "Croissez et multipliez-vous mais en silence parce que je vais créer demain mon jour du Seigneur et j'aimerais bien être peinard"
Jour 7: IL ne fit rien mais créa quand même le hamac et la télé par lune (le satellite de la Terre) mais sans Hanouna et puis il créa les boules Qiès à cause des deux forniqueurs.
Jour 8: IL fit l'Enfer et son boucan, un endroit torride et enfumé pour boucaner et non pas un endroit frais et pur pour bouquiner, un endroit bruyant où les méchants seraient obligés d'écouter ad vitam eternam l'oeuvre complète de Renaud.
Jour 9: IL fit les Paradis fiscaux et on dirait fiscaux parce qu'il y avait plusieurs paradis fiscals, tout comme cheval mais pas chacal.
Jour 10: IL recréa sa prière le Notre Père en remplaçant "et ne nous soumets pas à la tentation" par "et ne nous laisse pas entrer en tentation"... après tout, c'était Sa prière bon Dieu !!
Jour 11: IL créa un Noël aux tisons et un Pâques au balcon parce qu'IL en avait soupé des anciens dictons à la mord-moi-le-noeud
Jour 12: IL fit la chicorée du Nord (avec le brun, un brin dérangé) et la chicorée du Sud (avec Leroux, un brin caféiné) pour ne pas les confondre
Jour 13: IL fit quatre saisons comme Vival dit: le printemps sur la Tamise, l'été mais pas meurtrier, l'automne sans les violons sanglotant et enfin l'hiver mais sans le singe ni Belmondo
Jour 14: Comme le jour 7 IL ne fit rien sauf déplacer son hamac, n'alluma pas la télé – même sans Hanouna – mais garda les boules Qiès toujours à cause des deux forniqueurs.
Jour 15: IL créa le Quinze et en vrac le SAMU, le département du Cantal au lait de vaches qui ne pètent pas et aussi l'âge de la majorité sexuelle même si Eve s'en foutait pas mal depuis le 6ième jour
Le Tout-Puissant poussa un soupir de satisfaction mêlé d'une pointe d'angoisse: sa Genèse 2.0 donnait à l'Humanité une nouvelle chance de prospérer, un souffle nouveau à peine perturbé par les beuglements des deux forniqueurs qui Caïn & Caha sublimaient déjà les premières graines d'une innombrable progéniture...
Avec cette ère moderne, ce n’est pas évident de rentrer en communication avec mon petit-fils. Ses activités ne sont pas franchement les miennes et l’armoire de ses souvenirs ne possède pas encore une véritable image en couleur.
Si je lui dis : « Regarde au bout de mon doigt : c’est Arcturus, dans la constellation du Bouvier, là, c’est Mars, Antarès et, là c’est Saturne !... » Il me croit puisqu’il les voit, mais… mon bateau ?!... Si je lui dis : « Quand j’étais jeune, j’étais sur un escorteur ; il faisait partie de l’Escadre de la Méditerranée… » aussitôt, il me répondra : « T’as des preuves, papy ?... » Tiens ! Il aurait été plus facile de naviguer sur une étoile ! Au moins, elles, elles sont visibles ! Toutes les nuits, elles sont fidèles, à leur poste, on admire leur brillance et on constate aisément leurs scintillements !...
Nos fiers bateaux ? Ils n’existent plus que dans notre mémoire dentelle et dans les albums photos ! Le p’tit merdeux de cinquante kilos tout mouillé, qui rigole d’un rien avec sa clope au coin du bec ? C’est moi !... Celui, tout fier, entre ses parents, pendant une perm, presque au garde-à-vous devant la maison familiale : c’est moi !... Là, le jeune mataf enserrant la taille de cette belle naïade à Bahia : c’est moi !... Là, en short de sortie, c’est pendant l’escale à Hamilton, en plein dans le triangle des Bermudes !...
Si sa mère lui donnait à manger ce que je bouffais à bord, la simple brioche du dimanche matin, automatiquement, il serait gréviste de la faim, le moutard… Aussi sec, il téléphone à Enfance en Détresse ! Pas de télé, pas de radio, pas de tel portable, à six dans six mètres carrés, au quart, en pleine fournaise humide, dans une cathédrale de collecteurs de vapeur, c’était l’ordinaire ; quand je lui raconte cela, il croit que j’étais en prison dans le siècle dernier, parce que celles d’aujourd’hui, elles ont tout le confort.
Nos bateaux ? On dirait qu’ils n’ont jamais existé que dans notre imagination ! Ils flottent par là-bas, entre Tananarive et Frisco, entre Diégo Suarez et Valparaiso, Aberdeen et Oslo. La mer, c’est les nuages et les embruns, nos larmes trop lourdes. On peut bien les chasser d’un revers de manche, c’est toujours marée haute, toutes ces vagues à l’âme, quand il s’agit de nos remembrances émues. Elles étaient réelles dans des temps qui sont aujourd’hui révolus. Ceux qui étaient vivants et à qui je racontais mes exploits ne sont plus là pour les confirmer.
Ces bateaux, ils naviguent encore et toujours en nous ; ils n’en finissent jamais de leurs tours du monde. Un jour de grande marée, communion, mariage ou jour de l’an, un peu bourré, on retrouve le pied marin ! La cuisine ? C’est le Chat Noir !... La salle à manger ? C’est le Fémina pour tout le cinéma qui s’y déroule !... Les chiottes ? La rue du Canon avec tous les effluves qui reviennent à la surface !... On a dans les yeux la même brillance que les étoiles de tout à l’heure et le sel de nos larmes vient buriner nos visages avec des rides de figures de proue légendaires !
Les jours de marée basse, pour nous occuper l’âme, on monte méticuleusement des maquettes, on va sur des sites d’anciens matafs, on lit et relit des bouquins de mer, on fait partie d’associations, on va à toutes les commémorations, pour être sûrs qu’on n’a pas rêvé ! On court après les souvenirs ! Porte-clés, tapes de bouche, tee-shirts, cendriers, tout ce qui se rapporte peu ou prou à nos bateaux ! On a encore notre tenue de taf bien repassée dans une armoire, notre bâche avec la légende du meilleur embarquement, notre gourmette plaquée au matricule des belles années. J’en connais qui montent des petits autels chez eux et ils vont prier la Mer et ses Bateaux au Ricard quand ils sont submergés par leurs souvenirs brodés de tempêtes homériques. Le verre au frontibus, ils communient avec le passé glorieux et s’ils tremblent un peu, c’est à cause de tous ces frissons « d’en avant toute ». D’autres collectionnent les médailles sur leur uniforme ; à l’occasion d’une nouvelle remise, d’un anniversaire, d’une cérémonie, au tableau d’avancement, ils relèvent la tête et ils rentrent le ventre pendant l’inspection complaisante d’un vieil amiral en casquette à feuilles de chêne.
A table, quand je raconte des histoires de Marine, on me regarde avec des yeux ronds comme si je revenais d’une autre planète ! On me dit que j’affabule ; aussi, j’ai arrêté de me répandre avec mes souvenirs car ils seraient bien capables de m’envoyer à l’asile des Vieux Marins ! Comme ils sont facétieux, ces petits merdeux, ils disent que j’ai perdu la boussole ! Si je raconte une tempête, ils disent que j’ai un grain ! Si je raconte une sirène, Miquette ou la belle Sylviane, avec l’accent de Pagnol et sur un air de castapiane, ils me coupent la parole ! Si je parle du La Bourdonnais, ils pensent que je fais une nouvelle crise d’acné ! Alors, je ferme ma gueule ou je parle au vent. Mes souvenirs, je me les garde pour moi tout seul ; quand tout va mal, je les arrache des profondeurs abyssales et je me les passe en technicolor sur un mur de ma chambre d’hôpital.
Sans mon bateau, il me semble être amputé d’une partie de moi, celle-là même qui m’empêche de vivre normalement. Je ne suis pas sevré de ces trop courtes années de jeunesse ! Il me manque comme quelqu’un de ma famille ; je suis un vieux gosse à qui on a ôté son jouet trop tôt. Mais on le bichonnait, notre bateau ! De couches de minium en couches de gris pont, on le peignait comme on caresse son animal préféré ! Je me suis usé les yeux à surveiller la pression dans ses chaudières ! Honneur, Patrie, Valeur, Discipline, n’étaient pas des vains mots à cette époque ! Bleu blanc rouge, c’était nos couleurs de chaque jour, notre bannière étoilée à nous, marins du bout du monde…
Quand j’y repense, je désespère de le savoir au fond de l’eau ; du jour au lendemain, parce qu’il est devenu obsolète, sans tralala, sans tambour ni trompette, on a attribué un numéro à sa coque, et on l’a envoyé par le fond sans nulle sommation. C’est comme si on avait tué mon meilleur ami. Je n’ai pas la conscience tranquille comme si je l’avais trahi. Quand je remue ces pensées, je ne suis pas fier ; lui qui nous a toujours ramenés à bon port, qui a fièrement découpé les lames les plus virulentes, qui a paradé dans les ports les plus lointains ; hypocrites, on l’a laissé s’abîmer entre les mains hostiles des bourreaux bureaucrates. Repeint du gris souris, au noir des abysses, tu parles d’une décoration… Je n’ai même pas un bout de tôle, un boulon, un morceau d’étoupe, pour me consoler de sa disparition au quotidien. Chaque matin, je me verrais bien caresser un bout d’aussière, un tender de bastingage, une clé à volant, juste pour le plaisir de croire appareiller quand je prends la bagnole pour aller chercher le pain…
Il me manque ; je suis orphelin de cette jeunesse qu’il portait fièrement sur son dos. Jamais je ne retrouverai le parfum du sel collé le long de ses flancs, le bruit des vagues écumeuses cisaillées par son étrave, la couleur des couchers de soleil dans son sillage, la douceur spartiate de ma bannette. On a jeté le passeport avec la photo du gamin qui riait dessus.
Entre mers et océans, entre roulis et tangages, entre le jour et la nuit, sur le pont glissant, notre vie était tangible. Dans notre monde autarcique, il n’y avait pas d’assassins, pas de terroristes, pas d’illuminés, comme il en court tellement sur la terre. Parfois, il me semble que tout cela est irréel comme si je ne l’avais jamais vécu ou, alors, dans une autre vie, une parallèle, une qui n’a rien à voir avec celle d’aujourd’hui. Même les tafs avec qui j’ai navigué sont des vieux bonhommes grisonnants ! Pourtant, à force de bières et de souvenirs mis en commun, on arrive à refaire le film d’une escale d’anthologie ! On s’invente même des faits de gloire qui ne sont pas les nôtres mais qui arrangent tellement notre entendement chamboulé.
Quand je soupire, il me semble voir s’agiter tous les fanions de la timonerie, quand je m’endors, je retrouve ma chaufferie, ses enfilades de manomètres et ses chansons de vapeur et quand je rêve, je revisite mes plus belles escales. Je revois des jeunes frimousses exotiques comme des paysages extraordinaires ; elles me sourient, réclament mon pompon rouge, ma main cavalière pour une balade sentimentale dans ce dédale multicolore, un baiser de rapprochement intercontinental… Où est la supercherie ?!... Qui a volé mes plus belles années ?!... Vous n’auriez pas vu mon bateau ?... Comment ?... S’il est au fond de la mer, comment vais-je les récupérer ?...
Tu vois ? Là, au bout de mon doigt ; dans le prolongement de l’arc de la Grande Ourse, c’est Arcturus…
Dans la campagne chevauchant le vent et ses longs sourcils Etourdie du pollen des tilleuls , mon âme solitaire se cache dans la forêt d’avant l’âge de vos parents . Il faut être sans vie pour laisser trainer un tel message
ATTENTION CHUTE DE BRANCHE Faites plutôt quelques pas de danse prés d’eux . Car ce que vous avez de plus secret seul les arbres peuvent l’entendre. Pauvres humains mal assurés, voyant partout des murs emplis de tesson de bouteilles!!
Le monde vous appartient petit poissons rouges Brisez votre bocal de neige et regardez le ciel .
Rien ne nous fera plier , nous irons sous les platanes Prier un Dieu qui s’est défilé au dernier 14 juillet Nous irons dés les premières averses d’Avril promener nos clébards dans les prairies semées de panneaux interdits . Par ce que nous vivants , dans nos cœur royaux Rien ne nous obligera à nous détourner de notre chemin de ronce .
Installée à la terrasse d’un café j’essayais d’analyser le discours de SOCRATE, quand mon voisin de table me dit tout de go : » c’est dommage que je ne sache pas écrire ,enfin je veux dire pas assez pour rédiger une histoire comme vous. »
Y aurait un rôle pour moi dans votre bouquin de SOCRATE,?
Un rôle pour vous « lui dis je avant de me reprendre.
Ho! oui justement mon producteur et moi déjeunons ensemble ce soir je serai très heureuse de vous présenter .
Il ressemblait à un gros rustre méfiant comme les haïssait SOCRATE.
Mon producteur , homéopathe en temps normal apprit la nouvelle avec délectation .
Un diner de con ça c’est jubilatoire me dit il en riant aux éclats .
Mon producteur lui venta les mérites du scénario quand mon rustre d’ATHENIEN dit effrontément;:
« on peut supprimer cette scène avec les spartiates elle est très compliquée, elle va vous couter une blinde . »
Ha bon dit le producteur au bord du fou rire ;
Pourquoi SOCRATE ne se rendrait il pas chez une pute ?
ASPASIE n’est pas une pute m’entendis je répondre c’est la concubine de PERICLES.
Tout le monde s’en fou dit le con .
Reprenez le scenario dit il devant notre air étonné je ne signe pas .
On ne pouvait pas tomber mieux , il continuait /
Forcez pas trop sur la philosophie me dit il en me regardant plein de pitié .
Ca prenait une tournure plutôt intéressante !!
J’essayais de souligner la nouveauté d’une approche aussi radicale !!
Pour rendre Socrate plus accessible au plus grand nombre on avait qu’à lui coller une pute et supprimer toute pensée philosophique .
Mon Producteur qui avait failli s’étrangler de rire rajouta
Vous ne craignez pas qu’on s’approche trop d’un film porno?
Le public décidera dit il semblant maitriser son sujet .
Le tout c’est de ne pas faire un copie collé de blanches fesse et les sept mains .dit l’homéopathe .
Vous êtes pas homo au moins dit le con à mon producteur sonné par la réplique .
Quand j’ai vu le sujet je me suis dit une histoire de grecs avec leur réputation !!
Bon on va remanier le sujet dis je de concert avec mon pot la producteur qui s’était réfugie dans le vestibule à me faisant des signes de sémaphore .
Le porno intello c’est l’avenir dit il .
Je bande donc je suis à dit SOCRATE .!!
Quand il est parti le scénario en poche on avait notre titre ‘va te faire voir chez les grecs . »
Quelle escroquerie !! Il n’y a pas un crouton de vérité dans ce proverbe. « L’argent ne fait pas le bonheur »
Je vous en foutrai moi !! Si vous aviez acheté vos vêtements dans les friperies . Lu des poésies polycopiées Et faute de vacances méritées S’endormir en cours d’algèbre en première année de fac !!!
Je suis rentrée dans la vie avec un petit rire nerveux une carte bancaire entre les dents en plein désarroi économique
Qui peut se passer d’argent ?
PAS MOI!!!
Si j’avais pu poser pour Salvador DALI , j’ aurais trouvé mon salut ! Alors je danse comme un ours sur des charbons ardents et je scrute d’un œil la Porsche cachée dans le buisson ardent Ha mais oui A qui appartient cette Porsche?
A JESUS christ et à ses douze apôtres . Je les ai vus sapés comme des milords descendant sur Juan les Pins . Ils allaient, dirent - ils, faire des miracles au casino .
Quand ils m’ont vu Jean l’apôtre m’a dit Mais où Est-ce que tu vis dans une citrouille ou quoi?
Ecoute dit Jésus si tu es venue pour pleurnicher sur ton sort passe ton chemin Je suis le messie et je ne suce pas des pastilles de menthe . Et moi dis-je effrontée je vais avertir la police car vous conduisez sans permis . Jésus et les douze apôtres ont ouvert la Porsche et m’ont chuchoté à l’oreille Ne menace pas les dogmes chrétiens petite fille !! Je dois signaler une personne disparue dis-je soudain à Luc l’apotre Marie où est passée Marie ?. Elle a avalé un flacon de comprimés violets hier soir après le krach boursier de Wall Street .
D’un coup mon ciel change de couleur, s’assombrit Au passage d’une multitude d’étourneaux Dans une danse de jolis coups de pinceau Ils volent dans un tourbillon étrange de gris
Et mon cœur devant ce spectacle s’attendrit Et voilà que j’entends mon sonnet sonner faux Pendant que le temps passe à tout petit trot Je rêve un instant éblouie à l’abri
Je reprends ma plume admirant ces oiseaux Et il se forme dans le ciel un écriteau Et ils m’écrivent un beau message tendre
Me délivrant au passage un doux secret Mais vous l’écrire serai bien trop indiscret Regardez le ciel ils pourraient le répandre
Je suis entrée dans cette cuisine au moment où l’orage et les éclairs claquaient au dessus de Paris . Je l’ai vu exactement se perdre en claquant sur le cul des casseroles en cuivre . A l’intérieur une odeur de fleur d’oranger flottait dans l’air. Alors qu’un homard cuisait dans l’eau bouillante et que la foudre allait d’un moment à un autre le saisir dans sa robe rouge je fus attirée par la peau de lapin qui trônait au dessus de la grosse cuisinière Le cuistot passa immédiatement aux aveux dès que je mis la main sur la photo dissimilée sous la peau .de l‘animal.. Lui faire cracher le morceau fut facile .Mais il continuait à crier et de sa voix qui couvrait l’orage. « il n’a jamais eu le sens de l’orientation , il s’est perdu dans la forêt . A cette heure il sèche sur une souche!! Il avait l’habitude de disparaitre c’était un animal ingérable .
Mais enfin cette photo c’est bien un lièvre !!non un lapin. C’est pareil c’est un animal innocent qui portait sûrement un nom de son vivant!! Je cherchais la vérité comme un illuminé cherche de l’or . Vous êtes méprisable et cet homard , vos mesquineries sont méprisables!! Vous aimeriez qu’on vous empale sur la girouette de l’église dis je en criant ? Vous ressemblez à un porc épic dit le cuistot épuisé par autant d’assauts imbéciles. Il m’a fait boire un vin rosé qui m’a donné un coup de bambou . Je suis revenue à moi à midi de ce sommeil comateux. Il m’a dit que j’avais fini par rejoindre son lit et que nous avions joué à saute lapine.
Si je comprends bien ce que raconte la littérature spécialisée, ces personnages qui hantent nos nuits proviendraient de nous-mêmes. Ils surgiraient de l'un ou l'autre niveau de notre psyché, mais les experts se disputent : inconscient, subconscient, ça, surmoi, c'est pas très clair. On aimerait parfois que ces niveaux soient clairement définis, un peu comme les orbitales électroniques des atomes et encore... même là, il peut se produire des hybridations !
Bref, en gros, cet assassin qui surgit dans vos rêves... c'est vous !
C'est en ramassant des branches de delphinium séchées, éparpillées, sur le canapé, que j’entrevis derrière la porte du congélateur ouvert une grenouille assise sur ma glace à la banane.
En vain j'ai cherché des signes qui auraient pu m'indiquer qu'elle n'était là que de passage !! mais l'intruse sauta sur mon jeu de tarot étalé sur la table basse du salon.
Rapidement je repris ma respiration quand la grenouille me dit:
« tu devrais creuser une mare »je fus très agacée et répondis aussi sèchement non!! c'est alors qu'un indien défoncé me fit signe d'enjamber la vespa restée dans le jardin .
je lui demande s'il a un lien de parenté avec l'amphibien qui continuait à jouer au tarot.
«La carte du fou j'ai la carte du fou »criait la grenouille à tue tête .
l'indien m'expliqua que cet amphibien c'est les paupières de l'aube ! je réponds que j'ai besoin d'aller au petit coin et que ça me laissera le temps de sortir mon esprit de la boue ;
la grenouille rajoute fais gaffe à l'amérindien !! je plonge ma main dans mon sac à main pour en retirer une bonne dose de gaz lacrymogène dans la tête du vagabond.
je fonce sur la porte de la salle de bain et l'ouvre violemment.
Pardonnez cette présentation primitive me dit Fred Astaire qui arbore un sourire malicieux, une plante verte dans les mains.
c'est peut être la dernière chose dont je me souviens Monsieur le commissaire
« Mademoiselle vous devez bien vous douter que j'ai du mal à vous prendre au sérieux »dit il en retenant un fou rire .
« Ma petite dame je ne sais pas ce que vous fabriquez , mais je ne vous veux plus sur mon chemin »
A cet instant ,la porte s'ouvre et un singe boudeur s'installe prés de lui , j'ai failli me faire une hernie pour retenir mon toussotement ; Le macaque tenait dans ses doigts des bâtons de glace à la banane .de l'autre main il tirait sur une cigarette qu'il avait lui même roulée.
j'ai signé ma déposition et j'ai filé comme si j'avais une guêpe dans mon short;
Assise sur mon canapé la télécommande à la main mon attention fut arrêtée par le nom de la conférence
où sont donc passées les grenouilles ?
il faut bien avouer que je ne m'étais pas aperçue de la disparation des grenouilles , mais de toute évidence un tas de gens s'en inquiétaient, alors que j'avais démembré peut être la dernière dans mon congélateur avant qu'elle me tire les tarots.
Quelques jours après son déplorable burn-out, Lord partit faire une cure dans une maison de repos en Touraine. Le bougre avait freiné des quatre fers, prétextant je ne sais quel improbable ouvrage à terminer, je ne sais quelle démarche à effectuer. Plus question de rumeurs, juste un grand vide à combler. Il ne fallut pas moins que son médecin personnel, sa sœur et votre humble serviteur pour le convaincre. Je dois avouer que je m’étais muni, ce jour-là, de l’arme absolue. Arme n’étant autre qu’une lettre de Liliane, alias Ophélia, l’implorant de se soigner. Lettre que j’avais écrite moi-même, prenant soin de la parfumer du parfum de la drôlesse. Une petite tricherie bien innocente connaissant l’enjeu. Sachant que cette fille se contrefichait de Lord comme de sa première nuisette, je n’en ressens, encore aujourd’hui, aucun regret.
Bref ! Voilà ce cher convalescent en de bonnes mains. Je connaissais personnellement le psychiatre responsable de l’établissement, un ami de longue date rencontré certain soir de ripaille à Saint-Germain-des-Prés.
Au bout de trois semaines, mon ami, le docteur Gilson, m’informa du rétablissement de Lord. Rétablissement pour le moins inattendu, vue la gravité de son état. Comme je le pressais de questions, Gilson me répondit par une banalité sur l’amour où je ne sais quoi, puis il m’invita tout à trac à venir à la clinique … histoire de constater par moi-même certains miracles de la psyché humaine.
Assez curieux de nature, je ne tardai pas à me présenter à l’accueil de la clinique de La Fougère Fleurie. Gilson m’accueillit comme si nous ne nous étions pas vus depuis dix ans. Ça en faisait bientôt douze. Après m’avoir demandé des nouvelles de ma famille, s’être informé de l’hôtel où j’étais descendu – excellent établissement - et de mes éventuels projets matrimoniaux – non, toujours rien vraiment ? – il me permit enfin de voir Lord.
Comment vous dire ? Lord rayonnait d’un tel éclat qu’un artiste aurait aisément pu s’en inspirer pour peindre une Transfiguration. Après quelques mots de courtoisie et une invitation à dîner le soir même, Gilson nous laissa. Comme le temps s’y prêtait, nous sortîmes faire quelques pas dans le parc. Après les banalités d’usage, je m’enquis de ce brusque revirement de situation.
— Tu connais ma fascination pour le regard des êtres, répondit Lord. Mes interrogations perpétuelles sur l’origine de cette merveille de la création qu’est l’œil. Eh bien… comment te dire ? J’ai rencontré ici une femme dont le regard m’a envouté. Subjugué. – Il marqua un temps - Richard !
— Oui.
— Ça y est !
— J’en suis fort heureux. Et puis-je savoir ce qui est ?
— J’aime.
Mon sang ne fit qu’un tour comme on dit dans les romans de gare. Je m’emportai.
— Et c’est reparti ! Ne me dis pas que cette garce de Liliane occupe encore tes pensées. Ne me dit qu’elle t’a relancé jusqu’ici. Elle n’a qu’à faire comme son modèle, ton Ophélia en plastique, courir se foutre dans le premier cours d’eau venu et basta.
Lord poussa un profond soupir d’exaspération. Il me désigna un banc et m’invita à m’asseoir. Avec son index dressé et ses gros yeux, il me rappelait cet instituteur courroucé qui avait terrifié mes dix ans. Après un claquement de langue exaspéré, il m’enjoignit, avec le maximum de tact dont il était capable, de fermer ma gueule. (sic). J’obtempérai.
— La femme dont je vais te parler et la créature la plus merveilleuse qui n’ait jamais parcouru le monde. La reine des fées, à côté ? Une souillon. À l’instant même où j’ai croisé son regard, je me suis senti perdu à jamais. Tiens ! Tu vois Merlin, Viviane, la tour de vent, tout ça ?
— Mouais, répondis-je d’un ton maussade. Il m’arrive d’avoir quelques lettres moi aussi.
— Elle est belle, mais belle. Sa grâce, sa candeur, l’ourlet délicat de son oreille, l’or de sa chevelure, et surtout l’éclat merveilleux de ses yeux d’émeraude. Ces…
Et Lord continua d’énumérer les qualités ineffables de cette dulcinée toute fraîche tombée des cieux. Ce faisant, il passait sans transition de l’emphase la plus pesante à la mièvrerie la plus consternante. Dieu ! Que l’amour rend niais. Bon ! En attendant, il avait l’air heureux. N’était-ce pas là le principal. Cependant, je dois confesser qu’à la quatrième description de son regard, une sorte d’écœurement me submergea. Et puis de toute façon, il était presque l’heure de dîner. Je tapai dans mes mains.
— OK ! Ça va, j’ai compris. Je ne suis pas sourd et il me reste encore quelques neurones. Dis-donc ! T’as pas soif, toi ? Après cette péroraison. Et puis Gilson nous attend. Allez ! Roméo ! Tu me vas me présenter ta Juliette. Une image vaut mille mots. Yallah !
Et je repris le chemin de la clinique ; presqu’en courant dois-je préciser. À cette heure, j’étais totalement inconscient de ce qui m’attendait.
Gilson nous reçut dans un petit salon réservé aux visiteurs. Un peu plus coquet que le réfectoire pour ce que je pouvais en juger. Plus intime aussi. La table était dressée pour quatre. Vaisselle fine et bouquet de fleurs des champs. Je partageai un Martini avec Gilson. Lord, encore sous tranquillisants, se contenta d’un jus d’orange. Nous échangeâmes les banalités d’usage. Gilson consulta sa montre.
— Dites-moi, Lord. Elle n’arrive pas votre amie ? Rassurez-moi. Vous lui avez transmis l’invitation, n’est-ce pas ? Vous n’avez pas zappé ?
Lord ne répondit pas. Il inspectait le fond de son verre avec une attention suspecte. Une imperceptible inquiétude ombrait son front. Il demanda l’heure. Puis sans crier gare, il fit mine de sortir en maugréant un « Je vais voir ce qu’elle fait » blasé.
À cet instant même, la porte s’ouvrit sur la plus belle créature que j’eue jamais le privilège de contempler.
Le visage de Lord s’éclaira d’un sourire d’enfant. Il se redressa, fit une petite courbette, bredouilla, se redressa encore, indécis dans son comportement comme dans ses mots. Enfin, j’appris que l’élue de son cœur se prénommait Esther.
Nous nous mettions à table lorsqu’on servit l’entrée. Esther est assise en face de moi, épaule contre épaule avec Lord. Gilson devisait de tout et de rien. Je n’écoutais pas. Je dévisageai la jeune femme avec une acuité désordonnée. Une sorte de créature virevoltante balbutiait des paroles dérangeantes à l’orée de ma conscience. J’étais obnubilé par le regard d’Esther. C’est à peine si me parvenait le bavardage lointain de Gilson. Je plongeais à corps perdu dans l’œil de la Vouivre.
Et soudain, une épiphanie transperça mon intellect. Je réalisai je ne sais trop comment que Lord, dans son panégyrique, n’avait jamais mentionné le sourire d’Esther. À aucun moment. Étrange élégie amoureuse qui tait le sourire d’une bien-aimée. Son regard, son regard, son regard. C’était tout ce qui comptait pour Lord. Les yeux de la Vouivre vous dis-je. Ces escarboucles qui, l’espace d’un instant, m’avaient fasciné au-delà de toutes mesures. Ce regard qui avait faillit me perdre comme il avait perdu mon ami.
Ce fut, je crois, mon cynisme naturel qui me sauva ce soir-là. Cette lucidité glacée qu’on me reproche si souvent me préserva du regard de la gorgone.
Esther avait un bec-de lièvre. Et Lord, éperdu d’amour, ne le voyait pas.
OK OK !!! c’est un sans faute Avec ce rythme tu va prendre l’ascenseur social !
Et dis à tes congénères que tu ne passeras pas inaperçue . Quant à moi je vais de faire franchir les ruisseaux frais qui coulent au fond des vallées intimes du succès .
Néanmoins il y avait un je ne sais quoi dans cet enthousiasme qui semblait déplacé après ma piètre interprétation.
Le rythme , le rythme ce mot me dérangeait . Mon cœur était traversé d ‘une course folle , un sanglot se traça un chemin jusqu’à ma gorge et je me suis mise à danser barracuda de cloclo!!!
Je suis dans ta vie , je suis dans tes bras !!! J’ai plus d’appétit qu’un barracuda !!
Mon cœur sortait de ma poitrine et lui criait vas y tous ensemble on est avec toi .
T’es qu’un foutu menteur , je n’ai aucun rythme je chante faux et je me suis levée pour foncer sur mon père qui était au piano . Tu m’a s déjà fait le coup avec le patin à glace tu voulais faire de moi une étoile !!
Tu as du talent , pas un talent phénoménal dit mon frère qui passait par là Tu sais peu de gens savent ces choses là !! Et en léchant les bon culs tu peux faire une carrière . C’est là qu’il a pris la tarte aux fraises de maman en pleine gueule. Le voilà mon rythme frérot .
J’ai 93 ans ce soir et cette soirée mémorable je m’en souviens encore , mais ce soir mon rythme cardiaque me joue des tours il se pourrait que cela soit le dernier spectacle que je donne bonne année .
Ayant fui quitté l’Anjou après la mort inexplicable du pauvre Titus, je me retrouvai à Bordighera. Ah Italia ! Ses bonnes ! Ses pâtes ! Ses bonnes pâtes ! Avec les quelques euros que je volai sécurisai en lavant les soquettes crades de fou feu mon amour, je trouvai un squat appart’ dans la Via Romana - ouais, appelée presque comme moi, votre héroïne estivale et jeune-veuve, Romane !
Or, bien que majeure et vaccinée, je n’avais que vingt-deux dix-sept ans, et je me rendis tout de suite compte qu’on ne vit d’amour et d’eau fraîche que dans les romans sirupeux où la fille tombe amoureuse des hommes musclés mais peu poilus, ne portant jamais de chemise…Bon, c’est pas mon truc à moi que j’ai. Et moi, quelque déesse féerique que je fus, il fallait tout de même que j’eusse de quoi manger. Il me fallait donc une Taf Quelconque, histoire de pouvoir me payer des gelati de temps à autre.
Vous n’allez pas le croire, ou peut-être si, mais je trouvai tout de suite un boulot al Ristorante Bottigle, à deux pas de mon pieu dans la Via Romana ! Che buona fortuna !
Mon patron, Otto Luoghi, était un homme corpulent, comme tutti les bons restaurateurs italiens au prénom allemand (à cette époque-là, on ne se posait toujours pas trop de questions, hein), mais son fils Gieuseppe-Gomberto était un jeune Adonis. Il avait une gueule à faire pleurer les pierrines, comme on dit nulle part sauf dans ce Bildungsroman, mais c’était quand même vrai. Ses yeux noirs comme des olives, son nez droit comme une baguette, sa bouche rouge et pulpeuse comme une tomate…
Allora, vous voyez bien que j’avais trouvé mon métier idéal, servant des pâtes étouffe-chrétiens al ristorante. Si je versais du chianti parfois sur les clients au lieu de dans leurs verres, ce n’était pas de ma faute, on voyait bien que j’étais inamoratapizzapazza et l’on me pardonnait rapidement. Sinon, Signor Luoghi venait tout régler avant que les baffes ne se perdent, n’oubliant pas d’apporter aussi son couperet impressionnant pour le seconder si besoin était.
Vous vous demandez sans doute si je devins la belle-fille d’Otto ? Hélas, non, ce n’était pas mon destin ! Mon pauvre Gi-Go, comme j’aimais l’appeler, était gay comme un pinson et quand son papa le sut (je n’ai pas le temps malheureusement de vous dévoiler qui le lui trahit), Otto le botta dehors et fit de moi sa héritière unique quelques heures avant de m’épouser et encore quelques jours avant de mourir dans une bagarre tragique avec des clients et où il avait oublié d’apporter son couperet, peut-être parce que je l’avais mal rangé dans un tiroir dans l'armoire derrière la cuisine, amoureuse-dingue comme j'étais en ce moment, hélas ! Mais bon, tout est bien qui finit bien, non è vero ?
Cíao, cíao, alla prossima settimana, saluti a tutti…
Serge avait baptisé sa verge du beau nom de Flamberge bien qu’elle ne fût qu’une triste asperge.
Arthur avait nommé la sienne Excalibur ! Dur ! Dur ! (Pas de bol, elle était molle !)
Elvis avait appelé son tout petit pénis « the real king of Memphis ».
Pascal, son popol pâle se rêvait Durandal.
Balthazar arborait un braquemart prétentieux nommé Dhu al-faqar
Le thermomètre à moustaches d’Eustache s’appelait Fragarach.
Patrick avait une trique dénommée Hal'Gebrik et la biroute d’Helmut s’appelait Ladéroute.
La limace de Wallace s’appelait Marmiadoise.
Le robinet d’Hector s’appelait Occimaure.
Et ça ferraillait dur, toutes ces têtes chercheuses au-dessus des joyeuses, Précieuse, Merveilleuse ! Toutes ces aubergines, Sauvagine, Galatyn ! Tous ces services trois pièces, Murgleis ou Damoclès. Toutes ces opine-du-chef, d’Ascalon à Dainsleif !
Et puis un jour tout s’arrêta. Le zob caleta à l’aube, la quéquette se trouva bête, le petit zozio s’envola, l’organe central partit dru comme Ulysse, le baigneur se rhabilla, le zizi redevint anonyme : un nommé Arturo avait inventé le fourreau ! Tout le monde y rangea son oiseau et l’on porta un slip, même le petit Jésus, si j’en crois Hégésippe *.
*Hégésippe de Mécyberne, historien si taciturne que son descendant Stéphane l’avait en berne dans sa turne. Le drapeau royaliste, hein, pas autre chose !
P.S. Pour vous instruire sur les noms des épées,c’est ici.
On est tous le sagouin d’un autre. Allez savoir si ce petit singe dont on m’a chargé de faire l’éducation ne me traite pas de tous les noms d’oiseaux qu’il connaît dès que j’ai le dos et la soutane tournés ? « Le macaque sent toujours le hareng », comme dit le proverbe touareg made in Breizh.
Si on m’avait prédit au grand séminaire que je passerais ma vie à aller de château en château pour venir à bout, aidé de domestiques plus ou moins évolués, de ce genre de sapajous, j’aurais peut-être bien fait demi-tour et, plutôt que de devenir « ce bon abbé Raquin », précepteur du petit-fils de Madame la duchesse de Chevreuse, je….
Qu’eussé-je fait, au reste ? Nul ne sait ce que sera son destin, son cheminement, sa profession vers les vingt ans. Les voies du Seigneur sont impénétrables.
Et après tout, ce petit Manu dont je m’occupe est peut-être promis à un destin grandiose auquel j’aurai contribué pour une petite part ? Sera-t-il ambassadeur ? Général ? Député-maire ? Propriétaire terrien ? Banquier ? Président de la République ? Il n’en prend pas vraiment le chemin si j’en crois ce que j’ai noté dans mon journal intime :
« Jeudi 7 octobre
Le gosse, impassible, raisonneur, vantard, se moque de M. Moulin, devient insolent, malhonnête, refuse de corriger son devoir, me dit qu’il sera bien content d’être débarrassé de moi pendant la journée, est privé de monter à cheval, en revenant casse un service de porcelaine, jure ses grands dieux que ce n’est pas lui et est malhonnête pour sa grand-mère à laquelle il répond insolemment. Se tient passablement à table, fait presque une scène à la chapelle pour sa prière, ne cesse que devant la menace et s’en va se consoler dans le sein de la belle Julie pendant qu’Albert, le domestique, le cherche partout.
Vendredi 8 octobre Le gosse fouetté en règle, à 8 ans, par sa grand-mère, Henri, un autre domestique, tenant le patient. La grand’mère vient me l’annoncer tout émue. Le gosse, néanmoins, s’en vient en classe quelques instants après en chantant et en dansant.
Etc., etc. "
Il ne m’appartient pas de porter un jugement sur les gens qui m’emploient et me paient mais cet usage voire cet abus du châtiment corporel par Madame la duchesse me hérisse un peu le poil. Heureusement cette humiliation permanente des fessées cul nu, ces tournées de martinet, n’ont aucun effet sur le comportement du gamin. Il sort de la correction en tirant la langue, faisant les cornes et en chantant ces diableries dont je me demande bien qui a pu les lui apprendre. Peut-être tient-t-il ce caractère mi-rousseauiste, mi-voltairien de sa mère ? Ce serait ça l’âme russe ? En prendre plein la tronche et continuer à chanter Kalinka ou Bayouchki Bayou ? Ce doit être son côté bon petit diable ou général Dourakine. La princesse Galitzin et la duchesse de Chevreuse, à ce qu’on m’a dit, ne s’entendaient pas très bien. Il est bien possible qu’elle ait monté cet enfant contre sa belle-mère.
S’il y eut ce procès retentissant, si je suis là, c’est bien pour que l’étrangère soit dépossédée et que les biens, les terres et le château restent, par l’intermédiaire de ces deux enfants-là, dans la famille d’Albert de Luynes-de Chaulnes- de Chevreuse, je me perds dans leurs titres et me noie dans leurs pages de mauvais roman balzacien. Peu importe leur nom. Mon élève est un âne et tous les ânes s’appellent Martin. Asinus asinum fricat. J’enseigne le latin à un petit sagouin.
Si j’avais un peu de temps en plus, je reprendrais bien aussi l’éducation de la bonne, la petite Julie qui s’occupe d’Emmanuel. Encore qu’elle en sache beaucoup plus que moi sans doute sur les choses de la vie, au moins sur le côté « origine du monde » et Jeanneton prend sa faucille la rillette, la rillette (nous sommes dans la Sarthe). Il y aurait beaucoup à reprendre dans son effronterie et beaucoup à dire sur sa légèreté de cuisse. Je l’ai surprise cet après-midi dans la tour du trésor en compagnie d’un vaurien des alentours de Solesmes qui vient faire les quatre cent coups par ici. Je le reconnaîtrais entre mille : il a des sourcils broussailleux et des opinions socialistes. Je crois que ce banlieusard s’appelle Ulysse.
13 novembre 1886
Tout cela m’indiffère désormais ! Je laisse Julie à son Ulysse et Manu à son destin de 9e duc de Machin Truc qui sera passé chez les Jésuites du Mans. Je pars dans 24 heures pour un autre poste à Louviers chez M. et Mme de La Haye-Josselin. Pas fâché de quitter ce château qui me foutait les boules ! Merci Seigneur !
***
On est tous le sagouin d’un autre et je ne suis pas la dernière des sagouines. Qu’est-ce qui me prend de farfouiller dans la vie de ces gens qui ont peut-être encore des descendants vivants aujourd’hui ? Voilà que je donne libre cours à des tendances «journaliste fouille-merde» au prétexte que je suis échotière très épisodique au journal « Le Défi du samedi » ! Et tout ça parce que monsieur Krapov, mon ancien hébergeur, a fréquenté ce château si empli de fantômes et de phéromones dans sa jeunesse !
Il n’empêche. S’il y a un autre sagouin dans l’histoire, c’est celui qui a entrepris de publier le journal intime de l’abbé Raquin en vue de glorifier ce coin de France qu’on appelle le Charolais ! Un journal intime, ça devrait le rester non ?
Et s’il y a un sagouin ultime c’est forcément monsieur Google-books. Quelle manie il a, celui-là, de caviarder des passages dans les livres qu’il reproduit ! Mille milliards de bachi-bouzouks ! Va jusqu’au bout, espèce d’enflure numérique ! Soit tu as le droit de reproduire le livre et tu nous le donnes dans son entièreté, soit tu es un voleur et alors cache-toi et garde ton butin !
Foi d’Isaure Chassériau, tu m’énerves à faire les choses à moitié ! Toi tu salis et tu salopes quand nous on salive au salon ! Sagouin, va !
Aux différents protagonistes rassemblés autour de cette table, j’ai posé les questions suivantes :
- Suis-je un personnage de fiction ou un être réel ? - Un personnage de fiction.
- Est-ce que je marche sur deux pattes ? - Oui.
- Suis-je un homme ou une femme ? - Un homme.
- Suis-je un personnage de roman ? - Non.
- Un personnage de bande dessinée ? - Oui.
- Mes aventures se déroulent-elles en France ? - Non.
- Exercé-je mes talents aux Etats-Unis ? - Oui.
- Ai-je de grandes oreilles et une petite queue ? - Non.
- Suis-je un personnage de bande dessinée comique ou réaliste ? - Comique.
- Est-ce que je tire plus vite que mon ombre ? - Non.
Comment ai-je fait pour ne pas me reconnaître dans ce portrait ? C’est quand même moi qui, toutes les semaines, achète à Dame Martine, sur le marché des lices, une livre d’épinards !
C’est quand même moi, quelque part, qui suis le roi de la mise en boîte dans cet atelier d'écriture où, pour une fois, je suis plus maso que sado !
Qui d’autre que moi, dopé aux légumes verts, peut inventer ces consignes de fier-à-bras qui ont pour effet de transformer la salle Mandoline en réunion de célébrités positionnées dans un voisinage tel que Marilyn Monroe jouxte Jolly Jumper qui est assis à côté de la Joconde et on trouve ensuite, en allant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, Rantanplan, la Castafiore, Jean-Claude Van Damme, le Petit Poucet, Mary Poppins, Arthur Rimbaud, Louis de Funès et Agatha Christie.
J’ai juste oublié de demander à ces protagonistes du jeu du post-it où je me situais sur l’échelle du temps !
Sûr que je suis une vieille gloire désormais, tout juste bonne à se trouver, place Hoche où se tient à Rennes le marché des libraires, dans un vieux numéro de Charlie Mensuel ou dans un fascicule de «bédé des gars de la rue» comme on disait jadis.
Mais c’est de ma faute aussi. Je n’ai pas posé de question sur mon environnement familial, Olive, Mimosa, Wimpy…
Je tâcherai de faire mieux la prochaine fois qu’on jouera à cette variante à douze joueurs du jeu du post-it. Sauf que ce sera difficile : il n’y a, paraît-il, pas plus de fer dans les épinards que dans les noix de cajou, amandes, noisettes et surtout dans le ti-punch martiniquais (et toujours pas revenu) que nous avons bu avant de monter et qui m’a bien troublé l’esprit !
En cherchant quelque chose à raconter sur ce sujet (débile comme à l'ordinaire), je me suis subitement demandé s'il y avait quelque chose de commun entre
Le Bachi-bouzouk
et le bouzouki
Il semblerait que rien ne les lie en dehors d'un défaut d'interprétation de leur étymologie respective.
Mais au cours de mes recherches , je suis tombé sur une citation que je me fais un plaisir de soumettre à votre attention :
Th. Gautier, L'Orient, Paris 1884, t. 1, p. 61 : Les bachi-bouzoucks peuvent se ranger dans trois catégories principales : le bachi-bouzouck albanais, le bachi-bouzouck nègre de la haute Egypte, le bachi-bouzouck kurde, sans préjudice des variétés syriennes
Nègre ! Et le politiquement correct bordel ! Il aurait pu dire Nubien.
La France va encore devoir faire des excuses a posteriori pour un de ses écivains.
Chaque fois qu’elle revient à Rennes-en-Délires, la toujours pétulante Isaure Chassériau va saluer rue de Dinan son oncle Camille Cinq-Sens. L’oncle Camille tient, en face de l’église du vieux Saint-Etienne transformée en théâtre, un bistrot à l’ancienne baptisé « Au Vieux Saint-Etienne ».
Autrefois, en des temps hélas révolus, on pouvait lire sur la vitrine quelque chose comme « Ici on peut apporter son manger » mais les temps sont devenus durs et depuis que l’oncle a épousé la belle Agata aux talents culinaires si incontestables qu’ils sont mesurables à l’embonpoint du patron, le bistrot fait restaurant et on ne peut plus apporter que son franc-parler, son goût de la rigolade et ses cris du cœur.
Le cœur n’apparaît pas que dans les cartes des joueurs de belote qui viennent là taper le carton l’après-midi. Lorsque la nuit est tombée ou le matin, avant que le café n’ouvre, quand les volets sont fermés, on en voit quatre qui sont percés en haut des panneaux de bois.
Même si la rue semble déserte il vient beaucoup de monde dans ce café : le public et les artistes du théâtre situé en face, les gens du quartier, les Rennais qui font leur marché sur la place des Lices le samedi. Car la rue de Dinan prend naissance au bas de celle-ci, dans le prolongement de la rue de Juillet. Le mardi après-midi, maintenant, il y a Joe Krapov et ses potes qui viennent pousser du bois sur leurs jeux d’échecs Kasparov sans lettres ni chiffres sur le côté ! On ne sait pas comment ils font mais ils ont beau être huit inscrits ils sont toujours en nombre impair pour jouer et le dernier arrivé est obligé dekib(b)itzer. Ce jour-là, ça carbure en silence, chez Camille. Et pas qu’un peu.
Parfois l’après-midi, aux heures creuses, Camille vient s’asseoir avec ses vieux potes Jacques-Henri Casanova et Jean-Emile Rabatjoie. Ils ont tous les trois des ciseaux et découpent des vieux numéros de Télérama « le journal qui ne jure plus que par Harvey Weinstein pour pouvoir parler de sexe à tous les étages et même sur la couverture». De ces découpages collectifs, Jean-Emile réalisera ensuite des collages surréalistes qui n’ont rien à envier à ceux de Jacques Prévert qui est leur maître à panser les plaies de l’existence. Encore que ces trois-là n’ont rien de grand blessés : ils se marrent tout le temps. Et pas qu’un peu !
Sauf aujourd’hui où, après avoir embrassé Isaure, Camille est obligé de répondre à la question « Et à part ça, la santé ? ».
- Ah ! Ne m’en parle pas ! Les médecins me font chier ! Et pas qu’un peu ! Tu veux que je te raconte la dernière ?
- Peut-être pas, Camille, intervient tante Agathe, on va bientôt passer à table !
- Si, si ! Raconte, Camille ! protestent Petitprince et Lemouton, les techniciens régie de l’église-théâtre d’en face. Tu es inénarrable quand tu narres !
- Rigolez, rigolez, les jeunes ! Un jour ça vous arrivera aussi, même si vous n’êtes pas malades ! Et d’ailleurs, pour répondre à Isaure, je suis en parfaite santé ! Simplement, comme tout le monde, j’ai l’ADECI au cul !
- C’est quoi ? Un genre d’hémorroïdes ?
- Pire que ça ! Une secte de dingues du principe de précaution ! Dès que tu as cinquante piges ils te sautent dessus ! Ils t’emmerdent tous les deux ans en t’envoyant un courrier pour que tu participes à leur jeu-concours de merde !
- Sois moins grossier, mon oncle ! Tu sembles bien énervé aujourd’hui ! Et pas qu’un peu !
- Il y a de quoi ! Non seulement je perds toujours à leur jeu à la con mais en plus cette année j’ai été disqualifié ! Et c’était même pas de ma faute !
- Tu ne m’as toujours pas dit ce que c’était que ton… « indécis » ?
- ADECI ! abrège Agata. C’est pour pister le cancer du colon !
- Et ça marche aussi pour le lieutenant et le sergent-chef ! plaisante Lemouton.
- C’est simple, explique Camille. Enfin non, c’est hyper compliqué. Il faut tu ailles aux toilettes et que tu colles une espèce d’origami sur la lunette. Ensuite tu fais ta grosse commission mais tu ne dois pas mélanger ton pipi et ton caca ni déchirer le papier ni faire tomber ta crotte dans le trou. Quand tu as terminé tu prends la pince à tiercé qui est dans le tube du kit.
- ???
- Tu prélèves dans ton étron, à trois endroits différents, à l’aide de la tige verte, de quoi recouvrir la partie striée. Puis tu remets la tige dans le tube que tu secoues énergiquement.
- Aller aux toilettes pour se secouer la tige, ça n’a rien de l’amour sorcier, en même temps ! commente Agata qui, de temps en temps, – elle est native de Bogota - a des saillies involontaires du fait de sa maîtrise plus ou moins colorée de notre langue. Après reste plus qu’à coller les étiquettes et renvoyer.
- Sans oublier de décoller l’origami et de le vider sans s’en mettre plein les doigts !
- On dirait un rituel de l’église scatologique, ton truc, ajoute Petitprince. C’est qu’un mauvais moment à passer, pourquoi ça te rend vert ?
- Avant ils t’envoyaient le matos pour jouer. Maintenant tu dois aller le chercher chez ton médecin maltraitant. Et regarde le résultat !
L’oncle se retourne et prend parmi les cartes postales accrochées derrière son bar un courrier d’un laboratoire de biologie.
- J’ai été éliminé à cause d’un problème de gestion de stock ! Les touillettes du toubib étaient périmées ! Et pas qu’un peu !
Tout le monde, à l’exception du taulier, est hilare dans le bistrot.
- Alors t’as dû recommencer ?
- Oui mais cette fois je n’avais plus les étiquettes autocollantes du courrier d’invitation. J’ai dû réécrire tous les renseignements à la main sur leur fiche à la con et même sur le tube. Est-ce que je le connais, moi l’organisme de rattachement du médecin traitant ? J’ai laissé la case vide. Si ça se trouve ils vont me disqualifier encore une fois à cause de ça. Le pire c’est que j’ai retrouvé la feuille avec les codes à barre après avoir renvoyé le tout.
- Des codes à bar pour un patron de bistrot, c’est indiqué, non ? en remet une couche Lemouton.
- Je ne sais vraiment pas pourquoi j’y joue encore à leur jeu, je ne gagne jamais ! Ca fait dix ans qu’ils me répondent «résultats négatif» d'un air désolé !
- Oncle Camille, réfléchis ! Il vaut mieux qu’ils ne trouvent rien, tu ne crois pas ? Avoir un cancer, ce n’est pas très drôle !
- En attendant c’est chiant, leur truc. Et pas qu’un peu !
- En même temps, comme on dit maintenant, tu m’as bien cassé mon coup ! ajoute Isaure. Je vous avais amené des cadeaux à la tante et à toi, mais je ne vais pas pouvoir vous les offrir.
- C’est gentil, chère Isaure, remercie Agata. Je suis prendeuse quand même. Ne tiens pas compte des bêtises de ton oncle. On les a déjà oubliées.
Isaure sort alors deux paquets de son grand sac à main rose. Le premier, plus petit, est pour l’oncle. Camille déchire le papier cadeau et découvre le DVD de la saison 3 de « La minute vieille ».
- Trop bien ! apprécie-t-il. Trop bien vu, ça va me plaire ! C’est la seule émission que je trouve regardable sur Arte !
Lorsque Agata déchire le sien tout le monde éclate de rire et pas qu’un peu dans le bistrot : ce sont des crottes en chocolat !