Défi 165 (Droufn)
Mais...? Ôo
70 bougies SUR le gâteau,
ne vaudrait-il pas mieux faire l'inverse?
(enfin moi je dis ça, c'est pour aider.. hein? sinon ça risque de se casser la gueule...)
Une journée parfaite (Célestine)
Ce matin, je me suis réveillé en me disant : « Bon sang, c'est l'anniversaire de Denise ! » Denise, c'est ma femme. Je me suis dit que j'allais rendre cette journée parfaite.
En me levant, dans l'obscurité, je me suis pris les pieds dans le tapis et j'ai terminé ma course contre la porte. J'ai allumé le couloir. Mon arcade sourcilière pissait le sang : un petit jet bien rouge sur la moquette bleue. Je me suis dit : « C'est beau, on dirait du Miro ! »
Je suis descendu à la cuisine lui préparer un bon petit déjeuner. Je me suis brûlé la main avec le grille-pain en essayant de rattraper un toast récalcitrant. Mais j'étais content de lui faire la première surprise de la journée.
Mon plateau à la main, j'ai eu l'air idiot de trouver dans le lit le traversin installé sous la couverture, version mauvaise blague de potache qui fait le mur. « Chéri, je suis partie faire du shopping, poisson d'avril ! » Ça m'a fait rire, vu qu'on était en juin. J'ai trouvé ma femme merveilleuse.
J'ai commandé un repas somptueux chez un traiteur, mais les invités ont commencé à arriver, et je ne voyais toujours rien venir. Alors je me suis rappelé que la livraison étant hors de prix, j'avais choisi la version éco « à aller chercher sur place ». Malheureusement, j'ai oublié de noter les coordonnées du traiteur, que j'avais pioché au hasard dans l'annuaire. J'ai regardé l'annuaire. Il y avais deux cents traiteurs. J'ai commandé des pizzas.
Marie et Lucas, les ados, se sont disputés pour choisir les pizzas, pour changer un peu, et quand Denise est arrivée, ils étaient en train de se battre à coups de cacahuètes dans l’œil. Belle-maman a gueulé que ces gosses étaient vraiment très mal élevés ! Le chien a renversé la table basse en verre en voulant faire des fêtes à Denise, et Beau-Papa est parti s'installer sur le balcon parce qu'il fumait et que Belle-Maman déteste ça. J'ai allumé des bougies pour faire une ambiance zen, mais la nappe en papier s'est enflammée. Denise a voulu balancer le contenu du pot à eau sur la table. Ma belle-mère a tout pris dans la tronche et ça a ruiné son rimmel. Denise était désolée. Belle-maman est partie en gueulant dans la salle de bains, et au passage, elle a écrasé la queue du chat qui a poussé un miaulement de douleur terrible, et du coup, le chien a eu peur et il a essayé d'attraper sa queue comme il fait toujours quand il est stressé. Sa queue a renversé le bocal du poisson rouge qui a rejoint les débris de la table basse. Le chat a bondi sans se couper les pattes sur les morceaux de verre et il a bouffé le poisson.
Lucas a dit « j'ai la dalle, quand est-ce qu'on mange ? »
Marie a dit « t'es qu'une tripe »
Lucas a dit « Pétasse »
Marie a dit « Ta gueule ».
« Taisez-vous ! » j'ai crié.
Denise s'est mise à pleurer, quand on a sonné à la porte. C'était le livreur de pizzas. Pendant que je cherchais en vain de la monnaie dans toute la maison, les ados avaient repris leur rixe, et la basket de Lucas a raté sa cible pour aller se ficher dans la bobine du livreur qui, de surprise, a lâché les pizzas. « Gardez tout ! Il a dit en prenant la fuite comme s'il avait vu des ovnis. Mon beau-frère et ma belle sœur, Gérard et Jeannette, sont arrivés sur ces entrefaites. « On est en retard !... les embouteillages ! » a dit Jeannette en s'étalant de tout son long dans la sauce tomate des pizzas que le chien et le chat avaient commencé à déguster.
Pendant que Jeannette réparait les dégâts collatéraux dans la salle de bains, j'ai dit à Marie de préparer un plat de pâtes. Lucas a rigolé, je lui ai flanqué la serpillère dans les mains. Marie a rigolé. Denise pleurait toujours.
Mes beaux-parents sont partis prétextant qu'ils avaient soi-disant oublié leurs gouttes.
Marie a dit « Papa, il n'y a plus de pâtes, et plus rien dans le frigo ». Du coup, Gérard et Jeannette ont proposé d'emmener les ados au fast-food.
"C'est pas de refus" j'ai dit.
Denise a essuyé ses yeux. J'ai essuyé partout, le chat et le chien repus (les veinards) se sont endormis dans leur panier. Avec Denise, on s'est assis sur le canapé. On s'est ouvert une boîte de tripes.
Elle a souri. « Tu as de la sauce tomate sur l'arcade » elle a dit.
« C'est pas de la sauce tomate » j'ai dit.
Je lui ai offert sa bague. Elle lui allait comme un gant.
« Bon anniversaire, mon amour » j'ai dit.
Elle a souri.
La journée n'avait pas été parfaite.
Je me suis dit que ma femme, elle, était parfaite.
Septante (cha cha cha) (Joye)
D'après l'air de « Perfidia » par Xavier Cugat (1941)
Septante
Un mot qui se prononce très bien
On peut le dire mine de rien
Un mot qui a bien du chien

Septante
Un chiffre qui est réservé
Aux belgophones, mais pas aux Français
Qui font semblant d’ ignorer…
Que « septante » est le produit
De sept fois dix
Ou de cinq fois quatorze,
Et non pas de soixante fois dix !

Septante
Un mot qui est bien plus facile
Que « soixante-dix » imbécile
Qui me paraît très débile
Septante
Dites-le,
C’est cool,
Ça roule…

Septante
C’est maintenant l’âge de notre Walrus
Alors, rangez vos abacus
On va tous changer de cursus
Pour lui faire plaisir
C’est la moindre chose qu’on puisse faire
Pour ce noble sire
Que nous adorons sans pouvoir nous taire
Septante
Un mot qui se prononce très bien
On peut le dire mine de rien
Comme Walrus, il a du chien
Défi #165
Mon "petit doigt" vient de me parler !!!
Visiblement il a une idée derrière la tête
car il nous propose aujourd'hui 22 Octobre 2011 :
70
Préparez vos bougies ...
Si vous voyez ce que je veux dire !
Envoyez vos bons voeux à
et à cette occasion faites nous part de vos souvenirs d'anniversaire ...
Soufflez-nous !!!
Ont rectifié leur calendrier
Venise ; Joye ; MAP ; Vegas sur sarthe ; EVP ; PHIL ;
KatyL ; Berthoise ; Célestine ; Zigmund ; Titisoorts ; Mamido ;
Sebarjo ; trainmusical ; Joe Krapov ;
Happy birthday Martine (Vegas sur sarthe)
Je me souviens de ce fameux jour comme si c'était hier, d'ailleurs si c'était hier je serais vachement en retard et rien que de penser à cette expression - comme si c'était hier - ça me déboussole.
C'était un lundi, j'en suis certain puisque le lundi le voisin m'apporte le journal du Dimanche comme le mercredi d'ailleurs mais ce n'était pas un mercredi puisqu'il n'y avait pas Conseil des ministres.
En tout cas c'était le huit, veille du neuf et on était en Août, ça c'est sûr puisque Martine est lion comme Marine, contrairement à Ségolène qui est vierge.
Je dis toujours veille du neuf parce que dire lendemain du sept, je trouve personnellement que ça fait peur parce que ça oblige à se souvenir des évènements passés et il ne s'était rien passé le sept.
Je sais pas pour vous mais moi j'ai jamais aimé être en avance non plus parce que ça donne aux autres l'impression qu'ils sont en retard et ça me met mal à l'aise.
Tout ça pour dire que c'était le lundi huit août et donc forcément de cette année puisque l'année dernière le huit août tombait bizarrement en novembre et que Martine ne peut pas être lion et scorpion à la fois.
Bref j'avais mis toutes les chances de mon côté, éphéméride, calendrier deux mille onze des Sapeurs Pompiers de Conlie, alarme fesse-de-bouc, post-it sur la porte et dans la porte du frigo, du lave-vaisselle, et rien au monde n'aurait pu m'empêcher de souhaiter son anniversaire à Martine.
Ne me dites pas que vous avez oublié cette date puisque c'est aussi celle du tsunami new-yorkais survenu sous les traits d'une technicienne de surface guinéenne au nom bizarre.
Ce jour là je crois bien que la Terre s'est arrêtée de tourner car quand j'ai ouvert mon iphone pour chanter happy birthday à Martine, il indiquait mardi neuf août c'est à dire le lendemain de la veille!
Je sais toujours pas pour vous mais comme j'ai jamais aimé être en retard pour chanter happy birthday j'ai raccroché. De toute façon je n'avais pas le coeur à chanter... même pas De Profundis à François Xavier de Secret Story.
Et puis par souci d'économie je n'appelle jamais le mardi enfin... sauf en deux mille six pour l'anniversaire de Martine qui était déjà lion à l'époque.
L'année prochaine, ça tombera un mercredi, jour du Conseil des ministres à moins que le nouveau change la date, ce qui serait un sacré coup dur pour me souvenir du mercredi. J'ai déjà préparé mes post-it et j'espère qu'elle aura le temps de m'écouter... j'aimerais tant la faire rugir de plaisir.
Pile à l'heure ( Mamido)
Selon ses explications après envoi de sa participation, Mamido s'est lancée "bille en tête dans un hors sujet" ... et voulait que l'on retire son texte mais à y bien regarder ... son attitude elle-même rentre parfaitment dans le thème "se tromper de date" alors voici son texte :
« Je suis en retard, je suis en retard. Je… suis… en … re… tard ! »
L’esprit en ébullition de Mélanie martelait cette phrase au rythme de ses enjambées, en grimpant les escaliers quatre à quatre. Elle avait rendez-vous, au deuxième étage, porte 212 pour son premier jour d’entrée en fonction dans son nouveau poste. Elle s’était égarée plusieurs fois dans les méandres du bâtiment de cette grande administration où elle avait été nommée avant de trouver, enfin, le bon chemin.
Elle était si préoccupée à l’idée de la mauvaise impression qu’allait produire son arrivée tardive sur son responsable et sur ses nouveaux collègues qu’au détour d’un couloir, elle percuta de plein fouet un homme qui arrivait en sens inverse.
Le nez dans sa chemise, le parfum de son eau de toilette l’enivra. Sous ses doigts, le tissu soyeux de sa veste l’apaisa. En levant la tête, le regard qu’elle croisa, à la fois caustique et malicieux, d’un vert profond, la séduisit. Sa voix grave et rauque, quand il lui demanda si elle n’avait rien, lui fit battre le cœur. Un court instant, elle oublia tout ce qu’il y avait autour d’eux. Le temps s’arrêta.
Puis, pendant qu’elle se dégageait, qu’elle bredouillait des excuses embarrassées, il reprit son cours.
Alors qu’elle reprenait sa course folle vers le bureau 212, Mélanie ne se douta pas une seconde qu’elle venait de rencontrer l’homme de sa vie, celui avec lequel elle passerait le restant de ses jours.
Trompe (MAP)
Quatre siècles de retard (Joye)
On ne voit pas le temps passer mais il ne fait rien à l'affaire (Joe Krapov)
Maintenant c’est tous les cinq ans
Qu’on peut jouer au chamboule-tout
En vue de dégommer le grand
Dépendeur d’andouilles un peu fou
Qui crèche à l’Elysée Palace.
C’est qu’elle est bonne, là-bas, la place !
Si t’as pas l’estomac qui flanche,
Tu t’y tapes vraiment bien la cloche :
Super boustiffe, super-boutanche.
Quand ils y sont, ils s’y accrochent
Les politicards bien pépères
Plus ou moins septuagénaires !
Et même s’il a les portugaises
Plus ensablées qu’Mad’leine Renaud
Le vieux roublard de la Corrèze
Y coule des beaux jours bien au chaud.
Il aimerait mieux mourir ici
Plutôt qu’au château de Bity
Où, paraît-il, c’est mal chauffé !
Tandis que là, dans ses babouches,
Il songe à tout c’qu’il a baffré
Avec l’argent des frais de bouche.
Il rêve des billets d’avion
Vers l’île Maurice et le Japon
Et de tous les coups bien foireux
Par lesquels, roi du couteau suisse,
Il élimina les envieux.
Et tel un Raminagrobis
Il se pourlèche les babines
De les savoir dans la débine.
- Mais… Joe Krapov…
Ce qu’on ne comprend pas vraiment
C’est comment notre grand flandrin
S’est fait soul’ver ses régiments
Par le patron des argousins,
Un p’tit teigneux à talonnettes
Qui montre partout sa binette,
Un type qui fait croire aux moukhères
Qu’il a, dans son slip kangourou,
Un machin gros comme un Kärcher
Avec lequel il nettoie tout !
Ah vous m’en direz tant et tant
Sur le cont’nu des culbutants !
Moi, l’encravaté de Neuilly
Il peut remballer sa réclame :
Je n’irai pas voter pour lui
Et, devant vous, je le proclame,
Je le hurle, mieux, je le slamme :
Il faut qu’on vote pour des femmes !
- …Je crois que tu te trompes…
On en a marre de ces bagarres
Entre mecs à grosses paluches !
Il faut confier, et dare dare,
Les clés du pouvoir aux greluches !
Il faut redire ici, en somme :
« La femme est l’avenir de l’homme »
Et « l’homme n’est l’avenir de rien ! » :
Il ment comme l’arracheur de crocs,
Il a des manières de vaurien
Il a le bagou des escrocs ;
Premier imbécile venu
Il est sot de chez saugrenu.
Nous on veut une présidente
Avec des accroch’-coeurs mignons,
Des agates aux lueurs ardentes,
Des roberts comme des lumignons ;
On veut vivre en Intelligence !
On veut une femme pour la France !
On veut unir nos volontés
Pour voir le retour de l’éthique
On veut à volonté bander
Pour le retour du politique ;
Et pour cesser de fantasmer,
Il faut s’en remettre aux mousmés.
Il faut voter pour Clémentine,
Pour Christiane, pour Marie-Georges,
Pour Ségolène ou pour Martine,
Pour une qui porte un soutien gorge,
Une mini-jupe ou bien des couettes :
Christine Boutin ! Ou bien Arlette !
- … de date : on n’est plus en novembre 2006...
Et s’il s’avère après usage
Après élection de la dame
Qu’elle cachait dans son corsage
Le fil acéré d’une lame
De poignard et un braquemard
Sévère derrière son Shalimar,
Si nous nous retrouvons baisés
Comme après chaque nuit d’élection,
Si plus rien ne peut apaiser
Nos utopiques érections,
Alors jusqu’en deux mille et douze
Il nous faudra chanter le blues,
Traîner la queue entre les jambes
Attendre la prochaine fois
Où nous retournerons, ingambes,
Le rire aux lèvres, ivres de joie,
Voter pour Isaure Chassériau
Ou pour le commandant Cousteau !
- … on est en octobre 2011 !
- Qu’est-ce que ça change à mon discours ?
- Oui tu as peut-être raison. Dans « poème de circonstance » on entend effectivement bien « Aime pô constance de cirque » !
- Mais tu as peut-être raison quand même, toi aussi : quand je le resservirai en 2017, je remplacerai le commandant Cousteau par Nafissatou Diallo !
Trop tard (trainmusical)
Ça me tient à cœur cette invitation donc normal que j’accepte.
Je dois m’y préparer, y mettre des mots, des phrases pour ce rendez-vous. Pas de panique, j’ai le temps, je profite d'abord de vaquer à d'autres occupations, et je m'y attellerai plus tard.
***
Le rendez-vous s'approche, toutefois, j’ai encore des journées devant moi, alors pourquoi me stresser? Au fait quel jour vit-on? Le calendrier vite! Quoi? Déjà Samedi? Minuit une?
Je n’ai pas vu le temps passer, j’ai raté le rendez-vous: une invitation pour écrire le texte sur le défi du samedi!
Défi 164 (Sebarjo)
Saynètes de ménages
Scène 1
-Chéri ?
-(plongé dans son journal) Hmmm...
-Tu n'oublieras pas de laver la voiture samedi.
-Oui oui je le ferais demain.
-Mais demain, on est jeudi !
-Oui oui je le ferais demain.
-Oui oui je le ferais demain.
-Oui oui je le ferais demain.
-Très bien ! Mais tu n'as pas besoin de me répéter quatre fois que tu le feras jeudi !
Scène 2
Une semaine plus tard.
-Chéri ?
-(toujours plongé dans son journal) Hmmm...
-Tu n'as toujours pas laver la voiture !
-Ah ah ! Je t'ai bien eu hein ?
-C'était très drôle, on a bien ri mais maintenant c'est fini. Tu vas le faire aujourd'hui !
-Mais on est dimanche !
-... ?
-Pas d'pot, c'est jour de r'pos !
-Aargh ! Je hais les dimanches !
-(chantonnant dans sa moustache) ils finissent tous par di, du lundi au samedi, Mais il y en a un qui commence par « di », pardi c’est dimanche...
-Je passe l'éponge cette fois-ci ! Mais la semaine prochaine, si tu n'as toujours rien fait, c'est un savon que je te passe !
- (marmonnant dans sa barbe) Eh bien, me v'la propre !
Antre (Titisoorts)
Jour de gloire (Zigmund)
Erreur de date historique... (Célestine)
La Maîtresse : " Toto, que s'est-il passé en 1111 ? "
Toto : " Euh...L'invasion des Uns ? "
L'invitation (Berthoise)
Ben voilà ! J'ai encore oublié ! Tu ne m'en veux pas, dis, tu sais bien que j'ai jamais la tête à ça. Pourtant, je note, je fais des croix sur le calendrier, je me promets que cette année, je ferai gaffe, craché-juré et puis non, le jour J, c'est comme l'année d'avant, je n'y pense pas. Va pas croire que c'est parce que je ne t'aime pas, non, non. C'est pareil avec tout le monde. Avec Pierre, avec Jean, avec Marc, avec Luc,je ne connais pas de Matthieu, y'a qu'avec Noël que j'oublie pas. Faut dire que ses parents manquaient un peu d'imagination : appeler son moufflet Noël parce qu'il est né le 25 décembre. Il a toujours tout en même temps, pas moyen de le rater : la fête, l'anniversaire, Noël. Pauvre Noël ! Ils devaient pas aimer faire la fête, ces gens-là.
Mais bientôt, quand tu viendras à Paris, nous irons tous les deux, rien que tous les deux " Au loir dans la théière" pour fêter ton non-anniversaire. J'ai plus de chance de ne pas me tromper.
Défi 164 (KatyL)
Se tromper de date ??? De jour de soir ???
Eva avait rencontré une voisine il y a quelques temps dans le courant de l’après- midi, et après maintes discussions à bâtons rompus, elle dit à celle-ci :
-« tu viens quand tu veux, un petit coup de fil avant, je suis libre en principe le samedi, ok ? Surtout tu m’appelles avant »
L’autre de dire
-« oui, oui à bientôt »
Une ou deux bonnes semaines s’écoulèrent et un samedi alors qu’EVA se promettait un instant tranquille aux petits oignons devant un western mythique, avec la chaleur de la cheminée prometteuse de tendresse, la petite soupe qui chauffait sur le poêle (car nous étions en hiver), et qu’elle savourait d’avance sa soirée !
Elle entendit sonner à sa porte, elle se dit :
-« zut alors ! J’espère que ce n’est pas un vendeur quelconque je n’ai pas de temps à perdre ! »
Elle ouvrit la porte à demi … et stupéfaction sa charmante voisine tenant dans ses mains un bouquet de fleurs un peu défraichies, accompagnée de son mari et de leur gamin déjà prêt à entrer chez elle, lui dit :
-« bonsoir, nous voilà » !
EVA interdite pensa faire un cauchemar, et murmura :
-« mais que faites vous là ? Vous vous êtes trompés de maison ? »
-« non dit l’autre tu m’avais dit de passer à cette date pour un repas chez toi » !
-« un repas !! EVA s’étrangla et compris qu’il devait y avoir une erreur quelque part ! Serait-elle devenue folle ?
Le gosse la bouscula et entra tout de go dans son salon, se planta devant le téléviseur, se saisit de la télécommande comme s’il était chez lui, et changea de programme, pour mettre un dessin aminé extra bruyant !!Elle ne dit rien, car elle avait les parents sous les yeux interloqués par la tenue d’EVA, qui portait un pantalon molleton, pantoufles bien chaudes, chaussettes par-dessus le pantalon, un vieux pull et surtout les bigoudis !!
-« c’est bien ce soir qu’on vient dit la voisine, en lui mettant le bouquet de fleurs en mains de manière un peu autoritaire » ?
-« non franchement non, je ne vous attendais pas, d’ailleurs je m’apprêtais si vous n’étiez venus à une soirée télé au chaud, je suis désolée ! Au fait merci pour les fleurs ! »
EVA ne savait quelle contenance prendre, et sentant la déception de cette voisine dont elle voulait garder l’amitié, elle dit :
-« bon entrez au chaud, on va manger ensemble puisque vous êtes là, ne vous inquiétez pas j’ai ce qu’il faut, mettez vos manteaux par ici et entrez au salon, je reviens de suite »
Elle alla s’habiller plus « féminin » enleva ses bigoudis (ce qui eut pour effet de laisser tomber sa cascade de cheveux blonds sur ses épaules, réfléchit quelques instants à ce qu’elle allait leur faire à manger et revient vers eux épanouie avec un grand sourire.
-« je suis certaine de mon jour dit la voisine, tu as du oublier la date ??Tu t’es trompée de jours et nous voilà gênés d’être ici »
-« sans doute dit EVA (en sachant qu’elle n’avait non seulement pas pu se tromper de jour, mais que l’autre ne l’avait pas du tout appelée) cela m’arrive de me tromper dit-elle, ne m’en veuillez pas, et installez vous, tout va bien, on va passer une bonne soirée »
Elle partagea sa soupe de potiron en ajoutant un peu de crème, y mit quelques croutons, ouvrit une super bouteille de derrière les fagots !! leur fit des blancs de poulet coupés en morceaux et sautés au lardons, avec quelques patates, une salade, un fromage et une glace pour finir le tout..
Le repas se termina dans la bonne humeur et on en oublia les premiers instants de stupéfaction.
Le gamin lui cassa les oreilles toute la soirée et zappa sans cesse !! Les fleurs tournaient déjà la tête vers la poubelle, mais EVA reçut ses voisins avec amitié.
Quelques temps plus tard, elle revit sa voisine qui vint vers elle gauchement et dit ceci :
-« j’ai regardé mon calendrier en rentrant chez moi, et en réalité je devais bien penser à toi et à notre rencontre, j’avais mis deux choses sur la date, la première téléphoner à EVA, la deuxième aller chez GERMAINE , ce n’est pas chez toi que nous devions aller ce soir là mais chez Germaine, elle m’attendait elle, elle avait tout préparé et toi tu ne m’attendait pas bien sur , j’ai du m’excuser auprès d’elle et je le fais avec toi ! J’ai cru t’avoir téléphoné, je deviens maboule»
EVA prit sa voisine dans les bras et lui dit :
-« je suis soulagée car franchement cette histoire m’ennuyait moi qui aime recevoir les gens dignement, mais on a passé une bonne soirée, par contre Germaine ne doit pas être ravie ! »
-« arrête elle me bat froid et dit à tout le monde que j’ai perdu la tête ! »
-« allez ! Ne t’en fait pas, on ira ensemble lui expliquer et on boira un café toutes les trois ce n’est pas grave ! Alors, elles partirent d’un fou-rire, en pensant à cette pauvre Germaine, et à la tête que faisait EVA lorsqu’ils sonnèrent à sa porte »
Jazz (PHIL)
Pour peu qu’on y regarde, je suis sûr que chaque jour que tu vis, je dis bien chaque jour, et quelle qu’en soit la noirceur, t’apportera ta part de sourire.
Je ne te crois pas.
Vraiment ?
Regarde : aujourd’hui, par exemple, j’ai souri. Chaque jour t’apporte au moins une anecdote qui éclaircira ton ciel un instant. Parfois même, ce jour là t’apportera une joie immense qui te fera suffoquer.
Le dialogue avait fusé ainsi, et poursuivait son existence de dialogue tandis qu’elle finissait son bol de soupe, et que lui ôtait son manteau.
L’anecdote était à portée de main, elle le savait. Il n’aurait pas dû être là, à cet instant, en train d’ôter son manteau et à faire entrer du froid dans la cuisine tandis qu’elle lapait sa soupe.
C’est déjà fini ? Avait-elle crié depuis la cuisine. Bien à la légère, il lui semblait. Il avait haussé les épaules et refermé la porte qui laissait entrer le froid.
La vérité, c’est que ça faisait pile une heure qu’il était parti. A peu près dix minutes plus tôt, alors qu’il avalait sa deuxième tasse de café, il s’était aperçu qu’il n’avait rien écrit de la journée. Sa discipline en prenait un vieux coup, on aurait dit. Alors il avait griffonné (taponné, ça se dit ça ? ou clavioté ? tapoté ?), bref, il avait écrit vite fait quelques lignes à propos de la discipline, justement, qu’il avait posté tout aussi vite fait sur la prochaine page de son carnet intersidéral. Alors seulement, soulagé, il s’était fait la réflexion qu’il était prêt à partir. Remarque, même s’il n’avait rien écrit, il serait parti. Mais là, en plus, il avait la satisfaction du devoir accompli.
Il a laissé l’ordinateur allumé, pour elle. Il a mis un bout de bois dans la cheminée. Il a fermé la lumière et la porte. Il s’est installé au volant de la Golf et il est parti. Il était moins le quart. De vingt heures. Il s’était dit, il faut une demi-heure, plus le temps de me garer, plus le temps d’aller au théâtre, plus… ne pas arriver trop tard, ne pas avoir à faire la queue pour entrer, horreur de faire la queue, pour quoi que ce soit, pouvoir choisir sa place, même, pourquoi pas, soyons fou, une place bien située dans le milieu de l’auditorium, pas trop devant, dans le milieu d’un rang, ou alors un peu sur la gauche, c’est son oreille droite la plus défaillante, il se dit que c’est ce genre de défaillance qui lui rappelle qu’il n’a plus vingt ans, il trouve ça étonnant, mais trouver de la joie dans chaque jour, ça fait aussi qu’il ne se sent pas vieillir
cette idée lui est venue samedi dernier, ils ont été voir un film qui les a transportés d’émotion, transfigurés pour ainsi dire, il a déjà écrit cela, ça partira un jour prochain dans le carnet intersidéral, sur la porte du cinoche, il y avait une affiche comme quoi ce qu’on entendait en attendant le début du film, la musique, c’était celle d’un orchestre qui donnait un concert le mardi, il a fait la réflexion que s’ils mettaient cette affiche c’est qu’il restait des places pour le concert. Tu aimes cette musique ? Oui mais mardi. Pourtant c’est du jazz. Vas-y, toi, disait-elle, achète-toi une place. Le lundi midi il est monté au théâtre, il restait des places, il était tout heureux, parce que le jazz, et puis il tâtait tout content le contenu de sa poche intérieure, le billet était là, jaune, un laisser passer pour le bonheur, un bonheur éphémère de deux heures environ, certes, mais du bonheur quand même, il avait senti la pulsation dans la salle de cinéma, tandis qu’ils attendaient le début du film, et il avait accepté d’aller seul au concert.
Il est arrivé en ville, ce soir de mars. Un soir de froid. Il a eu un peu de mal à trouver une place de stationnement. Il a râlé un peu, bon sang, ils sont déjà tous arrivés, le concert ne commence pourtant que dans vingt minutes. Il a trouvé une place. Il est descendu jusqu’au théâtre. Tout en marchant, il tâtait le contenu de sa poche intérieure, le billet jaune, le précieux sésame pour le bonheur, était là, ouf le soulagement, encore une fois, et encore une autre. Il a monté les marches quatre à quatre, à la Chaban. Le hall du théâtre était allumé mais étrangement vide. Il s’est dit merde, je dois être en retard, ce devait être vingt heures, et moi j’ai enregistré vingt heures trente. Il a tâté sa poche. Le billet. Il s’est dit j’espère que ce n’était pas dix-neuf heures trente, ce serait trop bête. Il se dit vingt heures, ça peut encore aller, ce ne serait commencé que depuis dix minutes, il regarde sa montre, il a confirmation qu’il est dix, j’aurais une mauvaise place mais tant pis, je ne louperais pas grand-chose.
Il est encore sur le parvis désert, face au hall vitré du théâtre tout éclairé de jaune, désert lui aussi, il ressent une espèce de petite boule d’angoisse, de désappointement, il faut vérifier l’heure, bon sang ce n’est pas possible, je me suis trompé d’heure, il n’y a pas d’autre explication, il regarde le billet, pourtant si, c’est bien écrit vingt heures trente, il ne comprend pas, il regarde encore, il compare le billet et le hall désert du théâtre
putain !
mardi 16 mars 20h30. On est le neuf, je me suis gouré de mardi. Et il éclate de rire, tout seul qu’il est sur le parvis du théâtre, et il redescend les marches quatre à quatre, au risque de se casser la margoulette (il faisait ça aussi, Chaban ?), il regagne l’habitacle de la Golf, il refait le chemin
la voilà, l’anecdote
le froid rentre avec lui dans la cuisine, il s’exclame, je ne l’avais encore jamais faite, celle là, je me suis trompé de jour, et elle le regarde, surprise, tout en finissant son bol de soupe, oui, en entrant, il a bien remarqué que la maison sentait la soupe, c’est qu’il a l’odorat sensible, il y a des trucs qui vieillissent moins vite que les autres
il rit, elle rit aussi, elle dit, et bien tant mieux, tu vas pouvoir m’aider, et là il déchante un tantinet, parce qu’il perçoit déjà il ne sait pas encore quel problème avec l’imprimante, elle a toujours des problèmes avec l’imprimante, et lui il est allergique aux problèmes d’imprimantes, c’est comme ça.
N’empêche que là, tu as ri. Dit-il. A cause de l’anecdote.
Tu vois bien que chaque jour.








