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Le défi du samedi

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19 novembre 2011

Le bateau de papier (Venise)

Je n’ai encore rien vu du monde.

Tu comprends mon vieux !!

Venise168

Je vais au-devant des parfums.

Excuse –moi, mais déjà je ne t’écoute plus.

Je ne parviens pas à m’intéresser à tes bruits de gouttières

N’essaye pas d’entraver ma route.

Cette fois-ci je déploie mes voiles je pars.

Je ne me vois pas vivre dans un monde qui me réduirait à une malheureuse feuille de papier

Sur un bureau bien rangé.

Depuis dans ma tête ont surgi des images de bonheurs, de paix intense, ces jours où j’arriverai devant le grand océan 

La force de ce rêve me propulse sur le grand canal

Cette frénésie infatigable, cette joie de vivre et de bouger si soudaine qui me va si bien.

Ne t’inquiète pas c’est un jeu d’enfant pour moi.

             Je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose me dit tout à coup en prenant le large

Que je vais être heureux, que la vie m’a à la bonne.

Que je vais glisser sur les épaules du vent comme on glisse sur une mer d’huile.

Il n’y a pas de doute, c’est le vrai départ.

Tu recevras bientôt une carte postale de mes escales.

Souhaite-moi bonne chance.

               

 

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19 novembre 2011

Bateau galère‏ (titisoorts)

bateau naguère bateau d'enfer bateau galère
bateau j'en bave bateau épave bateau d'esclaves
 
bateau y croire bateau d'espoir bateau mouroir
bateau piaules bateau vérole bateau people
 
bateau dingo bateau labo bateau robot
bateau c'est beau bateau sous l'eau bateau Cousteau
 
bateau au port bateau j' m'endors bateau ténor
bateau mythique bateau apologique bateau Pen Duick
 
bateau fierté bateau vanité bateau soldé
bateau partance bateau déchéance bateau le France
 
bateau frégate bateau régate bateaupirate
bateau de fées bateau rêvé bateau papier


 

19 novembre 2011

Comment se centon après un naufrage ? (Joe Krapov)

Nous étions deux, nous étions trois, nous étions trois marins de Groix. Il y avait parmi nous John Kanak, ex-capitaine de Saint-Malo qui f’sait la pêche au cachalot. Il a trois filles qui font la peau, la première à Valparaiso, la deuxième à Rio d'Janeiro, la troisième à San Francisco. Le deuxième d’entre nous s'appelait Jean Quemeneur. C'était le fils d'une demi-sœur à la fameuse madame Lareur, la grande Hortense, celle qui tenait un caboulot "Aux gars d’ Dinard et Saint-Malo" en face la caserne du dépôt à Recouvrance. Et moi bien sûr qui ai été gabier sur « La Fringante » : je m’appelle Jean-François Denantes.

Etait-ce chez Ti Beudeff, était-ce ailleurs ? J’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien. Toujours est-il que c’est dans une taverne qu’on s’était fait enrôler par un bosco qui nous avait saoulés.

Quittant ses genêts et ses landes, quand le breton se fait marin pour aller aux pêches d'Islande, voici quel est le gai refrain que le pauvre gars fredonne tout bas : « Faut sept jours pour faire une semaine, les s’maines, les mois font les années et la vie est toujours la même, je deviens fou rien qu’d’y penser. »

Un jour le temps se fit très gros sur les flots de la mer d’Iroise. Le vent qui souffle de partout accorde son biniou. La mer a dû boire un coup d'trop, elle qui ne boit que de l'eau ! Elle saute à tort et à travers, la chemise à l'envers.

Pour l’occasion Long John Silver a pris le commandement des marins. Et vogue la galère ! Tiens bon, oh matelot ! Adieu la bamboche et les filles au sang chaud ! Le vieux qui nous mène à du vice plein la peau : il dresse les bordées à coup de barre de guindeaux sur la route de San-Francisco. Serre les voiles ! Tout le monde en haut ! Pique la baleine, joli baleinier !

Mesdames et messieurs, prenez vos mouchoirs, versez quelques larmes. C'est une triste histoire, le mariage secret  de la mer et du vent ! Et le navire roule et tangue,  et se jette sur les brisants de l'île d'Ouessant. Ah ! Matelots, sur le voilier, voilà le moment de prier car on entend les mâts qui craquent sous les lames qui nous attaquent.

Or ça ! C’était pourtant un fameux trois mâts, fin comme un oiseau hissé haut que la « Marie-Joseph » ! La grand-vergue est en ivoire, les poulies en diamant, la grand-voile est en dentelle,
le mât d’origamisaine en satin blanc. Les cordages du navire sont de fils d'or et d'argent et la coque est en bois rouge, travaillée fort proprement. Amis il faut rendre hommage aux voiliers, aux charpentiers qui ont fait d’la belle ouvrage ! Buvons la tasse à leur santé !

Car voilà que maintenant y’a cinq marins sur la mer loin de leurs amitiés ! Quand y r’viendront à terre, Jef, nous les ferons danser. Mais pour l’instant, brassons bien partout carré ! Tout au fond de la mer les poissons sont assis et le bébé requin a très bon appétit ! Et vire, et vire donc façon Laure Manaudou mon gars sinon t’auras pas d’vin dans ta gamelle. Et vire, et vire donc façon Alain Bernard mon gars sinon t’auras pas d’vin dans ton bidon.

J’ai quand même eu la force, avant de sombrer, de brailler :

Du rhum, des femmes et d'la bière nom de dieu ! Un accordéon pour valser tant qu'on veut ! Du rhum, des femmes c'est ça qui rend heureux ! Que l'diable nous emporte on n'a pas trouvé mieux !

Adieu chers camarades, adieu, faut se quitter. L’tonnerre de Brest est tombé, pas du bon côté.
Tout s'est écroulé ! Dans c'qui reste de Recouvrance n'logerait pas un Sarko ! Et Fanny ma connaissance est morte dans son bistrot

***

A c't'heure je suis retraité, maître timonier, aux Ponts et Chaussées. J' n' ai plus rien en survivance sinon que dans mon sac de matelot j’ai mis tout c’que j’avais de plus beau. J’y ai mis l’harmonica qu’j’avais acheté à Malaga. Quand je vais faire flotter mes bateaux de papier, que je souffle dans mon « ruine-babines » mes chansons d’autrefois en suivant le ruisseau, sa musique me rend philosophe et je me dis en repensant à ce naufrage d’autrefois : « Encore heureux qu'il ait fait beau et qu'la Marie Joseph soit un beau bateau ! ».


 

110814_C_080

19 novembre 2011

Se faire mener en bateau (de papier) (Sebarjo)

Le jour se lève
Encore sur l'hiver
J'étais en plein rêve
Cette grisaille me désespère.

Je me suis réveillé trop tôt,
C'était bien, j'étais un bateau
De papier voguant sur les eaux
d'un modeste caniveau
Qui m'emportait jusqu'au ruisseau
Qui m'emmenait à une rivière
Qui me jetait dans l'océan
Et au large, les haubans !

Mais le jour s'est levé
Toujours sur l'hiver
Je crois que j'ai rêvé
Comme cette grisaille me désespère.

19 novembre 2011

Y'avait ... (MAP)

Y’avait un bateau bleu

tout petit, tout léger

en papier plié

qui aimait  s’arrimer

près de la  cheminée

sur mon toit haut perché !

 Bateau 2

Tout joli, tout fragile

il n’osait se lancer

dans la vie maritime

Allait-il y sombrer ?

Pourrait-il y voguer ?

La vie c’est pas facile !

 Bateau 2

Un oiseau de passage

hirondelle d’été

lui tint un beau langage

lui décrivant la mer

ses vagues, ses marées

aux reflets irisés.

 Bateau 2

Et la pluie s’en mêla

lui parla des sirènes

des trésors engloutis

des galets si polis

qui roulent sur les plages !!!

Le voilà qui tangua !

 Bateau 2

On n’y voyait plus goutte

il se laissa glisser

sur le rideau de pluie

qui l’entraîna tout près

de la pente-cascade

qu’il dévala sans cri !

 Bateau 2

Y’avait un bateau bleu

tout léger, tout fragile

-adieu mon tout joli-

qui acceptait enfin

-son ancre étant levée-

de vivre en liberté !

Bateau 2


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19 novembre 2011

LE VOILIER FOU (Lorraine)

  

Voilier battant

Vent de tempête

Le fil du temps

Part en goguette

 

Brume effeuillée

A l’horizon

Tu te déchires

Comme un haillon

 

Voilier maudit

Le long des landes

Tu nous prédis

La sarabande

 

Longeant les prés

Narguant les routes

Dessus la mer

En avant toute !

 

Où est le temps

Voilier miteux

Où tu pavanais

Tes déroutes ?

 

Les heures ont fui

Et sur la mer

On entend le bruit

De l’orage

 

Demain nous irons sur la plage

 

 

19 novembre 2011

Pliage (Célestine)

 

Paul, ne serait-ce point que tu t'ennuies, que dirais-tu d' un pliage?

Tu vas voir, c'est enfantin ! Je vais t'apprendre à fabriquer un bateau en papier !

Ah! Les bateaux voguant , antiques caravelles

vers Cipangu naissant , lontaines balancelles...

1-Présenter une feuille de papier verticalement

Vertical est le mât, mais sous les alizés,

parfois les mouvements de l'eau le font pencher...

2- Plier la feuille en deux sur le côté long

le long des côtes, là où le sable blanchi

étend ses plages immenses et vierges, à l'infini

3- Replier la feuille en deux sur le côté long pour en marquer le milieu

au milieu de la mer, l'océan en furie

les mouettes ont disparu à l'horizon qui fuit

4- Rouvrir la feuille , côté plié vers le haut

le haut du mat où la vigie en criant ho !

terre ! terre ! là bas, souquez donc, matelots !

5- Rabattre un coin de la feuille vers le milieu

Une feuille de bananier trouble mon calme

cependant que je dors dans mon hamac de palmes

6- Rabattre l’autre coin vers le milieu

l'autre coin se rabat pour m'éventer le corps

quand les pétrels piaillent et que je dors encor

7- Plier la base de la feuille vers le haut

Pliés les cocotiers sous le vent des moussons

Échevelés et fous tels de mauvais garçons

8- Retourner la feuille, puis plier l’autre base vers le haut

Retourné, le bateau se couche comme un fût,

Comme une pauvre carapace de tortue

9- Ouvrir le pliage par l’intérieur

L'intérieur de la grotte où se cache un trésor

attire les pirates au regard de condors

10- Plier sur les autres côtés pour obtenir un carré

Un carré d'as dans chaque manche ils vous regardent

ils vous mesurent, ils vous estiment : prenez garde !

11- Rabattre le coin du bas vers le haut

Prenez garde que leur épée ne vous transperce

du bas jusques en haut, et pour quelques sesterces

12- Retourner la feuille et rabattre l’autre coin vers le haut

Retournez au bateau, votre vie en dépend

Souquez souquez marins, pour sauver votre sang

13- Ouvrir le pliage par l’intérieur 

Ouvrir les yeux sur des horizons incertains

et prier pour qu'il y ait d'autres lendemains

14- Replier pour obtenir un carré

Obtenir les faveurs de Neptune au jusant

Rendre le corps des hommes morts à l'océan...

15- Déplier le bateau

Déplier la grand-voile , abandonner la terre...

16- Plier la base du bateau pour qu’il tienne bien droit

Homme libre, toujours tu chériras la mer...



As-tu compris ? Paul ! Mais non, tu n'as rien écouté !

Je te préviens, je ne redirai pas mes explications !

Mais si, Sophie, j'ai tout compris...

 

(Vrai -faux extrait des Petites Filles Modèles de Sophie Rosptopchine...)

 

19 novembre 2011

Le bateau de papier (EVP)

Mon petit bateau de papier
A quitté le petit ruisseau du caniveau,
Mon petit bateau de papier
Navigue au gré de mes rêves trop beaux.

Il fait escale à présent sur la rivière
Et s’étonne à l’embouchure de la gouttière.
Sont-ce là les chutes du Zambèze ?
Ou l’antre d’une dragonne Népalaise ?

Il m’emporte loin de ce triste soir
Et de la pluie froide sur le trottoir.
Mes genoux écorchés oublient la ruelle,
Mes doigts gourds et à mon nez, la chandelle.

Capitaine de mes songes aventureux
Je m’imagine sous d’autres cieux.
Mers turquoise, palmiers, sable d’or,
Au fond d’une grotte, bien sûr, le trésor.

De mon île enchantée, maman sera la reine,
De l’or, des bijoux, pour guérir sa peine,
Plus jamais elle ne sera abandonnée,
Elle et moi, dans la douceur des Alizées.

Mon petit bateau de papier,
Gît, tout ramolli sur la grille d’égout,
Plus de petit bateau de papier,
Reviennent la tristesse et le dégoût.
 

19 novembre 2011

Tandis que vous dormez dans les goémons verts (Walrus)

 Amiral

La tempête est passée,
Les eaux se sont calmées.
Sur le miroir d'Iroise
Flotte un chapeau turquoise.
L'amiral a péri,
Son bâtiment aussi.

19 novembre 2011

A vau-l'eau (Vegas sur sarthe)

O h mon bateau...Oh...Oh
R ien qu'un papier et mon couteau
I l m'en a coûté du boulot
G alère et noeuds au ciboulot
A plier c'est pas du gâteau
M ouillé au fond d'un caniveau
I l va s'en aller à vau-l'eau
19 novembre 2011

Petit bateau (Rose)

Petite bateau avance sur l'eauSans titre-1

Prends mes peines et mes désirs 

Et sème-les au fond de l'eau

 

 ...............................

 

Petit bateau coule dans les flots

Fais-moi oublier la trahison

Celle qui m'a fait sombrer au fond des eaux

 

  ...............................

 

Mes eaux de tristesse et de guérison

Guérison que j'attend depuis si longtemps

Si longtemps que j'essai d'oublier ton nom

19 novembre 2011

Participation de Lilou

Bateau sur l’eau. Oui mais je ne suis qu’un bateau de papier...  é... é... é ...

Personne ne peut m’aimer. Je ne suis qu’un bateau de croisière pour les rigoles et les égouts.

C’est un petit garçon qui m’a construit. Il a bien pris du papier blanc ; il a plié et replié sans faire de faux plis. Pourtant j’ai de la chance car à coté de moi hier j’avais une coquille de noix. Dès qu’il y a eu des vagues, elle s’est retournée…Heureusement Poucette avait déjà pris le large.Tout le temps, il chantait :

Veux tu monter dans mon bateau

Mon bateau il est pas beau mais

Il va sur l’eau.

 

Vais-je lui mettre des rames ou des voiles ?

 Aujourd’hui, la mer est calme, pas une ride sur la flaque d’eau. Je vais plier  la grand voile si l’orage ne menace pas,  je compte rentrer au port d’ici bof on verra bien.

19 novembre 2011

LE TRISTE SORT DE L'AMI JOE KRAPOV (Joye)

la gouttière

à Amiens

avait faim :

et hop-la-lère

a mangé

le photographe,

comme ça, paf !

et n’a pas rangé

son beau

et triste

chapeau

d’artiste

oups

12 novembre 2011

Défi #168

Que vous inspire cette photo ?

DSCF9707

Allez ! Jetez vous à l'eau !!!

Vos messages seront recueillis à

samedidefi@hotmail.fr

Bon vent à tous !

12 novembre 2011

Ont trouvé la bonne voie

12 novembre 2011

Le chef de gare est amoureux (Mamido)

 

 

 Le chef de gare est amoureux

Non, ça n’est pas moi qui le pense, c’est Jean Ferrat.

Dans cette chanson, tout a été dit sur le chef de gare, et avec tel talent !

Impossible de rivaliser, allez donc plutôt écouter 

http://youtu.be/_ysyW5uK_kg

12 novembre 2011

Souvenirs (MAP)

Ce thème m'a immédiatement fait penser au début du film de Jacques Tati :

"Les vacances de Monsieur Hulot", je n'en dis pas plus :

 Regardez !

http://youtu.be/ZaF-4EHPy4w

Epatant non !!!

Chef de gare

Allez roulez !!!

*

Et un p'tit "truc" pour terminer,  juste comme ça ... pour dire !!!

- Pourquoi Chef de gare

 as-tu le regard hagard

quand tu siffles le départ ???

 

- Il ne faut point de retard

Car mon neveu Amilcar

doit jouer à l’Alcazar

le grand rôle de Jean Bart !!!

*

12 novembre 2011

À toi le chef de gare de mon village (Venise)

À toi le chef de gare de mon village, niché entre la transhumance et l’oubli.

Au cœur de la grande vallée.

Je t’envoie quelques mots pour te dire que nous avons bien reçu tous tes trains de rêve que tu as fait partir de ton sifflet sonore.

Toi qui toujours officies dans un bel uniforme à la cérémonie des départs.

À tous ces trains du jour et à tous ces trains de nuit dans leur habit de lumière comme une guirlande sur un rail

Tu te tiens debout sur le quai plein de brume aspiré par tous ces secrets qui passent et ne s’arrêtent souvent même pas.

À toi chef de gare, tous ces bruits qui feulent ces adieux restés à quai que tu accompagnes d’un bras balayant l’air  pendant qu’au même instant la vapeur se décroche des wagons.

Ton petit carnet est rempli d’horaires, de retards et d’attentes à calmer la panique des nouveaux voyageurs.

 Chef de G

Et ces lambeaux de phrases mangés par le rugissement des rails.

Ta gare n’est pas la même à midi ou à huit heures du soir. C’est la lune ou l’ivrogne qui traine et qui s’accrochent à la grande horloge des départs.

On peut voir plein de choses quand comme toi on passe sa vie sur le quai d’une gare.

Tu as appris à creuser la brume pour nous frayer un chemin de neige sur le bord des grands départs.

 

12 novembre 2011

CHEF DE GARE (Joye)

texte chef de gare ping

(CLIQUEZ POUR AGRANDIR)

12 novembre 2011

elle est relou la (petite)chef de gare ! (Zigmund)

Ne comptez pas sur moi pour faire l'éloge des chefs de gare, en tout cas pas ceux de l'Empire du Milieu.(  zhong guo)

En 1996,  notre petit groupe avait souhaité sillonner la Chine en train.

Or ce pays regorge de petits chefs de gare des deux sexes.

Les ennuis commencent dès que vous vient l'idée saugrenue d'obtenir un billet de train.

C'est la cohue, ces gens ne savent pas faire la queue,  nous jouons des coudes et parvenons au guichet. De l'autre côté de la grille, une jeune chinoise  en uniforme tarde à lever les yeux pour s'enquérir de votre cas. Armé de votre plus beau sourire, vous lui expliquez votre désir de voyager  vers le grand Ouest  de son grand et  beau pays.

Comme vous savez que le voyage sera long, et que l' occidental pourri que vous êtes tient  à un certain confort petit-bourgeois,* vous ajoutez  que vous souhaitez voyager en classe "couché mou", la plus chère.

"Mei you"**, murmure alors la préposée aussi mignonne que bornée, sans même vous gratifier d' un regard : traduction libre : "y'en a pas pour ta pomme, étranger !"

Commence alors une longue négociation : et un pour autre jour ? et en "assis mou " ? (je murmure à l'interprète qu'il manque peut être quelques billets verts  dans les passeports que nous lui tendons).mei you !

Après un moment de palabres, nous obtenons "les dernières places" pour le surlendemain.

Notre calvaire n'est pas fini,car mademoiselle "Huo Che"*** commence à chipoter : elle a décelé une micro différence dans la contre signature sur mes traveller's chèques, et puis, nos  passeports, ils sont  valables jusqu'au 30 juin et nous sommes déjà en août ...

Ne pas s'énerver ...avec un grand sourire, je lui offre une page entière d'autographes, pendant que l'interprète lui explique que 30 juin c'est la date de délivrance du passeport  mais  pas celle d'expiration du visa.

Derrière nous, dans la file d'attente, on frise l'émeute, mais miss Huo Che n'en a cure, bien décidée à nous pourrir la vie.

On serre discrètement les poings, on sourit et on reste calme...

Enfin munis des précieux billets,(payés plus cher puisque nous sommes étrangers...)  nous montons le surlendemain dans un wagon à moitié plein...(les dernières places, disait-elle : GRRR!!!)

La chef de wagon, une  grosse femme revêche, boudinée dans son uniforme militaire nous indique notre voiture et nos compartiments.

Le wagon restaurant est officiellement non fumeur... pour les étrangers : une bande de militaires chinois fume ostensiblement  alors que tous les étrangers sont obligés de descendre sur le quai pour griller leur clop. Par gestes, j'exprime "deux poids deux mesures", Madame Wei Xiao**** hausse les épaules avec mépris.

A l'examen pour travailler dans les chemins de fer chinois, la matière "mauvaise foi" bénéficie d'un fort coefficient.

A la sortie de ce train une troisième "chef " imbue du pouvoir de l'uniforme, exige haut et fort de récupérer nos billets de train, ceux qui ne sont plus qu'un vague confetti enfoui dans le fond de nos sacs à dos...Elle voit pourtant  bien que nous sortons de ce train, que nous avons été contrôlés, qu'il n'y a pas d'autre accès...
 Le contenu de  nos sacs s'étale par terre  pour la  recherche fiévreuse des fameux tickets que nul n'a pensé à garder précieusement ; notre interprète, à deux doigts de perdre son sang froid, murmure alors dans son chinois impeccable " la Chine nous accueille ! merci ".
"Passez", s'adoucit alors la contrôleuse en ajoutant :" bienvenue en Chine !"

 

quelques précisions : il s'agit de faits réels mais anciens : à cette époque, obtenir des billets de train directement au guichet, sans passer par une agence, était un vrai parcours du combattant.

il y a 4 classes dans les trains chinois couché mou/assis mou/couché dur/assis dur.

*  = bénéficier de toilettes pas trop monstrueuses.

**  mei you = il n'y en a pas "je crois que ça va pas être possible"

***车 =huoche : train = mot à mot voiture de feu

**** 笑 = Wei Xiào =sourire

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