Le moulin à vent pour les Nuls (Vegas sur sarthe)
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les moulins avant, pendant et après.
Les Nuls veulent du grain à moudre... en voilà.
Les “moulins avant” ont existé bien avant le XXème siècle, c'est à dire avant les “moulins après” appelés éoliennes.
Les “moulins avant” sont apparus 700 ans avant JC en même temps que le vent sans lequel ils n'auraient servi à rien.
Ils ont été fabriqués à grande échelle: l'échelle de Meunier tandis que le vent monte et descend sur l'échelle de Beaufort.
De nos jours le “moulin après” a balayé notre patrimoine et définitivement endormi le meunier Tudor immortalisé par la comptine.
Le meunier Tudor était connu aussi pour cette réplique: “Pas d'ailes, pas de miches”.
Construction française de couleur rouge et d'appellation d'origine contrôlée – Moulin Rouge – le moulin à vent était élevé à cheval sur les départements du Rhône et de la Saône-et-Loire dans la région du Beaujolais.
On pouvait y entrer facilement comme dans un moulin c'est à dire par la porte ou en force par la méthode Don Quichotte. Par contre si on entrait au four on n'entrait pas au moulin.
Comme les oiseaux le moulin à vent possédait des ailes et une queue et plein d'autres machins aux noms très techniques comme le sommier, le couillard, la chèvre, les meules ou encore la came qui fournissait une poudre blanche: la farine.
En hiver le meunier se caillait les meules; en les resserrant il obtenait une mouture plus fine ou même de l'huile.
Un moulin à vent sans ailes s'appelait une tour génoise; la génoise était un biscuit à pâte battue contrairement au moulin de la galette qui ne fabriquait que de la farine, héritage des invasions des sarrasins.
Les ailes étaient habillées de toile blanche pour inspirer les peintres tels que Van Gogh, Matisse ou Monet.
Depuis que les moulins à vent ont disparu il reste les toiles mais les peintres aussi ont disparu.
Les toiles peintes à l'huile pouvaient représenter des moulins à farine alors que les moulins à huile n'ont jamais été peints avec de la farine, mais parfois au jaune d'oeuf.
Le moulin à vent pour l'huile d'olive vierge nécessitait une meunière courant plus vite que le meunier; dans le cas contraire on parlait d'huile d'olive brute...
De nos jours le “moulin après” ou éolienne ne produit que du jus.
L'unité de mesure du jus est la mégaouate. Une mégaouate vaut un million d'ouate, c'est dire si c'est coton.
Nous terminerons par une remarque pertinente: Les ailes tournaient dans le sens inverse des aiguilles d'une montre bien avant l'invention de la montre, c'est pourquoi on doit dire que les aiguilles d'une montre tournent dans le sens inverse des ailes des “moulins avant” et c'est encore vrai aujourd'hui.
Un petit tour et puis s'en vont (Clémence)
A chaque fois, c'est pareil.
Un léger picotement dans les doigts, un frisson délicieux dans le dos.
Le déchiffrage et le décodage laborieux.
Le vide, le néant, l'engloutissement
La stupéfaction
Tout cela pour une image et un mot. Pas nécessairement en adéquation.
L'exclamation interrogative : où ont-ils été trouver cela ?
L'interrogation exclamative : qu'est-ce que je vais pouvoir raconter.
L'interrogation négative : ne vais-je pas être à la hauteur ?
Tout cela… pour une image et un mot qui appellent à un récit digne d'intérêt !
Je relève mes manches et envisage une première technique.
Sur des petits carrées de papier rose, j'écris tous les pseudos.
Sur des petits carrés de papier bleu, j'écris ce que ma mémoire me sert sur un plateau.
Je fais tourner les ailes du moulin. Je lance les papiers dans le vent. Je récupère. J'apparie : un bleu+un rose.
Le meunier qui dormait sur son sac de farine ouvre un œil et me nargue :
- Ne vas-tu pas récolter un vent de tempête ? Les pseudos risquent de ne pas être satisfaits de ce que tu leur colles d'office…
- Certes, certes...Je vais donc mouliner une autre stratégie : le pari.
Et me voilà, papier et stylo en main. Deux colonnes. Les pseudos dans une leur idée dans l'autre.
Walrus : une fiche technique désopilante sur les moulins à vent du monde. Vegas : les aventures extra-conjugales de Germaine et son meunier. MAP : un diaporama envolé. Pascal et les moulins de son enfance. Joye et son image unique, qui dit tout, d'un seul coup d'aile. EnlumériA et un conte à mille tours. JAK et une théorie sur la révolution des rotations. Bongopinot et un joli moulin blanc aux ailes enrubannées de poésie. Joe le facétieux et sa virée au Moulin Rouge. Alain André...ha, aux kyrielles lancinantes, j'ajoute : « Tourne, tourne, petit moulin » et « Meunier tu dors... » et il fera des jolis rêves de plume…
Emma nous offrira peut-être un autre diaporama. Cavalier : la lance de Don Quichotte d'une main.... Fairywen fera tourner les moulins de son coeur et Lorraine pestera contre les éoliennes, leur préférant le moulin de Daudet. Laura et son goût des couleurs vives nous inventera un moulin aux mille couleurs ...Venise nous offrira, après une délicieuse charlotte aux fraises, une moulinade surprise et Marco ? Un poème proverbial aux saveurs de sirop d'érable...
Assez de rêveries! Assez de détours et de contours !
Malheur !Je ne suis encore nulle part !
Oh rage, oh désespoir, toutes les pistes sont prises.
Mes mots s'envolent, brassés par les ailes du moulin.
Ont-ils seulement une couleur ? Une odeur ? Une saveur ?
Voilà que tout à coup, un petit crissement se met à chanter délicieusement.
J'ai cinq ans. Je suis assise sur la petite chaise blanche au dossier tout raide, un petit moulin de bois calé entre mes genoux. J'ai rempli le réservoir de trois poignées de grains luisants. Le tiroir est bien fermé.
Je me concentre, je m'applique.
Petit poing serré, je tourne la manivelle…
Ce n'est pas du vent, juste un arôme suave qui s'élève doucement …
Participation de Fairywen
Un moulin dans mon jardin
Ce matin, en ouvrant mes volets, j’ai eu une drôle de surprise… J’ai même cru que je rêvais encore, mais non.
Durant la nuit, un moulin à vent avait poussé au milieu du gazon.
Pas un gros, bien sûr – je ne risquais donc pas de voir apparaître Don Quichotte et Rossinante –, un petit, du genre des moulins vendus dans les jardineries pour décorer. Sauf que le mien avait l’air bien réel, fait en pierres, avec de jolies ailes qui tournaient. N’en étant plus à une bizarrerie près dans ma propriété, je suis sortie pour me rendre au potager, des fois que les lutins aient entendu quelque chose. Je m’accroupis à côté d’un carré de tomates et appelait doucement.
— Tomate ! Tu es là ?
Je n’attendis pas longtemps avant de voir un petit bonhomme tout de rouge vêtu arriver.
— Tiens, bonjour ! Tu es bien matinale !
— Tu sais bien que je ne suis pas du genre grasse matinée. Et sinon, tu as vu le moulin dans le gazon ?
— Oh oui, oui, je l’ai vu ! Nous étions tous là quand les nains l’ont apporté.
— Les… nains ?
— Mais oui, tu sais bien, les nains qui plantent les panneaux « défense de marcher sur la pelouse » au milieu des pelouses des squares.
— Ah, ceux-là ! Je ne savais pas qu’ils transportaient aussi des moulins.
— C’est rare, mais ça arrive. D’ailleurs, tu devrais y aller ; le meunier et la meunière sont un peu anxieux. On leur a pourtant dit qu’il n’y aurait aucun problème pour qu’ils restent, mais ils s’inquiètent.
Depuis le temps, plus rien ne m’étonnait, aussi je suis allée accueillir le meunier et la meunière. Ils étaient là, sur le pas de la porte, un sourire un peu crispé aux lèvres.
— Bienvenue dans mon jardin, les saluais-je en m’asseyant en tailleur devant eux.
— Merci de nous accueillir, sourit le meunier en se détendant visiblement.
— Puis-je savoir qui vous a parlé de mon jardin ?
— Les lutins qui voyagent avec les pigeons. Ce jardin est célèbre dans le monde entier comme un paradis pour les créatures magiques.
— Lorsque notre moulin est arrivé à maturité, poursuivit la meunière, nous avons décidé de nous établir ici. Ceux de notre espèce ne sont plus très nombreux, il est de plus en plus difficile de trouver un jardin disposé à nous accueillir.
— Nous nous transformons trop souvent en décoration de jardin, déplora le meunier. Si les gens ne croient pas en nous, c’est ainsi que nous mourons.
— Ça n’arrivera pas ici, affirmai-je.
Depuis ce jour, toutes les créatures magiques qui passent chez moi ont du pain frais en plus des fruits et des légumes garantis sans pesticides aucuns. Quant à nous, nous trouvons tous les matins sur le pas de la porte un petit panier rempli de mini-viennoiseries au goût délicat…
Défi #397
Ont travaillé du chapeau
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Il y en a (MAP)
Il y en a qui n'ont vraiment pas
une tête à chapeau :
D'autres se servent d'un chapeau
comme camouflage ...
Il y en a qui rêvent de grandeur :
Mais cela n'a qu'un temps :
Certaines personnes cherchent
leur chapeaux dans leur valise
alors qu'elles l'ont déjà sur la tête !
En été c'est plutôt :
chapeaux de pailles et céréales !
Les chapeaux savent aussi faire leur rodéo :
Nul besoin d'en rajouter
ni de se mettre martel en tête :
Salutations distinguées !
CHAPEAU DE PAILLE… (Alain André)
« Fais chaud aujourd’hui, ou donc ai-je mis mon chapeau ? »
J’eus beau chercher, sur les patères, par terre, point de chapeau !
Parti donc sans couvre chef ! Volai l’ombrelle de mon épouse. Mais une ombrelle ne fait pas le printemps … et surtout pas viril, croyez moi !
« Trois p’tits chat, trois p’tits chats, trois p’tits chats, chat, chat, chapeau d’paille, chapeau d’paille, chapeau d’paille, paille, paille. Paillasson, paillasson, paillasson, son, son, son…. »
(Vous voudrez bien noter, pour l’apprécier pleinement, la haute portée philosophique de ce texte signifiant qui fut un tube pendant de longues années dans les colonies de vacance que fréquentaient nos chers bambins et votre serviteur).
On n’échappe pas à la niaiserie. On peut échapper aux rayons du soleil en mettant un chapeau, mais quand remonte à la surface un truc aussi niais : t’es foutu !
« Som-nambule, som-nambule, somnanbule, bulle, bulle. Bulletin, bulletin, bulletin, tin, tin. Tintamarre, tintamarre, tintamarre, marre marre ! »
HA !... j’en ai marre, en effet ! Que c’est pénible ces comptines qui te prennent la tête et qui t’empêchent, du coup de parler de ton sujet !
Revenons en donc à mon chapeau.
Sans chapeau, donc, mais avec une ombrelle pour protéger le sommet de mon crâne dont la tonsure s’est élargie ces derniers temps de manière inquiétante…
Mais une ombrelle, c’est nul ! T’as l’air ridicule, sous une ombrelle ! Et puis, si tu croises une dame…Tu soulèves ton ombrelle ? C’a n’a pas de sens ! Tandis qu’un chapeau !
J’aurais du acheter une casquette !
« marabout, marabout, marabout, bout, bout, bout d’cigare, bout d’cigare, bout d’cigare, gare, gare, gare Perrache, gare Perrache, gare Perrache, rache, rache, rache de dents, rage de dents, rage de dents, dents, dents… »
Non, c’est insupportable ! Surtout que là, c’est vraiment vaseux, personne ne sait que c’est la gare de la ville de Lyon, et puis alors, rache de dents… !
Ou un béret … tiens, c’est bien, un béret, on peut le mettre dans sa poche !
Imagine : Tu entres dans une boutique, tu croises une dame : Tu soulève ton chapeau…Et tu te retrouves avec ton chapeau à la main, tu en fais quoi ? Le reposer sur ton crâne dégarni ? Mais tu t’aperçois qu’il n’y a plus de soleil et que tu n’as pas besoin de protéger ta tonsure des rayons X, donc, tu es là comme un con avec ton chapeau dans une main et ton sac à provisions dans l’autre ! Et c’est là que tu croises ton chef de service :
« Tiens ? Bonjour, Monsieur Fauderche ! Quelle surprise ! » Et tu lui colles ton chapeau dans la main qu’il te tend ?
Tandis qu’avec un béret, tu le glisses vite fait dans une poche…
Oui, mais quelle poche ? Mettons, il fait beau, on est en été, tu n’as pas de veste. Ni d’imper… Juste un jean, le béret, il dépasse de ta poche de jean !
« Dentifrice, dentifrice, dentifrice, frice, frice, Frise à plat,a, frise à plat,a, frise à plat, plat, plat ; platonique, platonique, platonique, platonique, nik,nik, Nick Carter, Nick Carter, Nick Carter, ter, ter. » Stop !!!! C’est vraiment trop nul !
Bon, le béret, c’est presque comme un chapeau mais pas tout à fait, c’est plus pratique, ça se met dans n’importe quel sens. Pas comme une casquette ! Si tu la mets à l’envers, ta casquette, t’as l’air, soit d’un coureur cycliste, soit d’une caillera !
Tandis qu’un béret … ça n’a pas de sens, un béret.
« Terrassier, terrassier, terrassier, sier, sier, scier du bois,a,scier du bois,a, scier du bois, bois, bois, boisson chaude, boisson chaude, boisson chaude, chaude, chaude, chaudière, chaudière, chaudière, hier, hier »
Zut, ça m’énerve ! et puis quel rapport avec le chapeau, je me demande ?...Ah, oui, chats, chapeau de paille !
Bon tiens, un chapeau de paille, ça, c’est bien ! Léger, sobre, isolant bien des UV ! Pas comme un béret ! Noir, en feutre, ça tient chaud…Mais s’il pleut ? Bon, tu pars de chez toi, il fait beau, et parfois, sur le chemin, il se met à pleuvoir ? Ben, ton chapeau de paille, il goutte en dedans ! Alors, les gouttes d’eau sur la tonsure, bonjour !
« Hyères les iles, Hyères les iles, Hyères les iles, zils, zils, z’ils accou-ourent, z’ils acourent, z’ils accourent, court, court ; courtisane, courtisane, courtisane, zane, zane, Zane d’ar-que, Zanne d’Ar-que, zanne d’arc, d’arc, d’arc »
Mais que c’est tarte, cette comptine ! Ce n’est pas croyable que j’ai pu faire chanter ça à des centaines de gamins quand j’étais moniteur de colo ! Les pauvres, ils pourraient porter plainte, et ils n’auraient pas tort !… Surtout que des générations ont dû être dégoutées des chapeaux… Et des chats !
Mais un béret, sous la pluie, qu’est-ce qu’il fait, le béret sous la pluie, hein ? Ben y se gorge d’eau, le béret, sous la pluie…Et vas fourrer un béret mouillé dans ta poche !
Bon, il ne pleut pas toujours, enfin, tout dépend ou tu habites, n’est-ce pas ? Parce que, en Bretagne… Mais dans le sud, il y a du vent…
Sur l’pont des arts aussi, d’ailleurs :
« Si par hasard, sur l’pont des arts, tu croises le vent, le vent maraud, prudent prends garde à ton chapeau… » (1)
« D’arc en ciel, ciel couvert, vermifuge, fugitif, typhoïde, identique, tic nerveux, veuve de guerre, guerre de Troie, trois p’tits chats » ………………. HAAA !
Alain ANDRE
(1) Georges Brassens : Le vent.
Sur des chapeaux de Queen (JAK)
Libre dès 21 heures,…. Depuis longtemps son prince charmant ne toque plus à sa porte.
Enfin loin du cérémonial, seule, à l’abri des regards, elle se contemple dans une psychè.
Elle couvre alors ses cheveux d’un réticule, la rendant cependant aussi ridicule que lorsqu’elle arbore ses extravagants bibis quotidiens.
Son père prématurément mort, l’a coiffée du titre de reine, à 26 ans.
Et dès lors ses légendaire caloquets, entrent dans la danse. Ils sont, observés, commentés, cela demeure son attribut attractif principal aux yeux du monde des arpettes, midinettes, et autres consorts, même les médias en couvrent leurs pages,
Quelques-uns de ses mémorables galurins
Les ans passent et son fils héritier fait toujours chapeau bas devant son honorable mère, mais, si on scrute avec grande vigueur son haut-de-forme, on distingue nettement qu’il ressemble de plus de plus à un tuyau de poêle, se terminera-t-il en bonnet phrygien ???
LA GRANDE CHAPELLERIE DE TOURNEPELISSE (EnlumériA)
Chaque premier dimanche de mai, Tournepelisse organisait sa foire aux chapeaux. Un prétexte pour que les célibataires des environs se rencontrent. Les règles étaient simples. Si un homme rencontrait une femme dont la coiffe complétait son couvre-chef, il devait promettre de l’épouser pour une durée de cinq ans renouvelables.
Or, il y avait en ce temps-là, à Tournepelisse, un mirliflore que la modestie n’étouffait guère.
Il se vantait d’être l’idéal masculin de toutes les belles filles des environs. À l’entendre, aucun cœur féminin ne lui résistait et il expliquait à qui voulait l’entendre que son célibat n’était dû qu’à son extrême exigence. « La plus belle des plus belles m’est réservée de toute éternité, monsieur. Un jour, ma patience sera récompensée. »
Ces messieurs du Café de la Poste s’en gaussaient d’importance, mais le gandin s’en moquait comme de sa première layette. Rira bien qui rira le dernier, chuchotait-il derrière sa lavallière empesée.
Or, il arriva que peu de semaines avant la grande Chapellerie, une nouvelle charcutière ouvrait boutique sur la Grand-Place. « Aux deux cochons », spécialités bretonnes et corses réunies. L’achalandage y était de premier choix, et la patronne d’une amabilité exquise. Bref ! Tout aurait été parfait s’il n’y avait eu ce détail pour le moins troublant, la patronne en personne. Dans tout le pays, les langues se déliaient. La rumeur enflait. De mémoire de tournepelissiens, personne n’avait jamais vu pareil laideron. Comment vous dire ? Comment exprimer cette disgrâce sans tomber dans la calomnie. N’eut été son cœur d’or et l’excellence de son éventaire, la carabosse n’aurait pas tardé à se faire caillasser et chasser du village pour exhibition blasphématoire.
Ma foi ! Toute cette déplorable affaire aurait fini par sombrer dans l’accoutumance sinon l’oubli, si la charcutière ne s’était mise en tête de participer à la Grande Chapellerie dont on célébrait cette année là le centenaire.
Lorsque le fameux dimanche arriva, tous les damoiseaux et damoiselles de dix-sept à soixante-dix-sept commencèrent à déambuler dans les rues de Tournepelisse, se pressant à tous les stands et lorgnant sur les couvre-chefs susceptibles de s’apparenter.
Il arriva donc ce qui devait arriver. Le chapeau de la charcutière ressemblait comme un frère à celui du gandin, qui, constatant le drame, ne savait plus à quel saint se vouer. Alors que la foule en liesse commençait à beugler aux épousailles, un troisième larron se fit connaitre. Ventre saint-gris ! Le larron qui n’était autre que le jeune garde-champêtre tout frais sorti du régiment, arborait lui aussi un chapeau en tout point accommodé à celui du laideron.
On appela le grand jury pour trancher l’affaire, mais le temps que ces messieurs du café de la Poste (car c’était eux) délibèrent, le mirliflore avait remballé sa superbe et pris ses jambes à son cou.
L’on maria donc le garde-champêtre un peu empêtré et bafouillant à la drôlesse qui, sitôt la cérémonie terminée, s’empressa de se décoiffer.
Et là, sous les yeux émerveillés des Tourneplissiens, le masque tomba. Ce fut sous les bravos et sous une pluie de chapeaux que le jeune homme traversa la Grand-Place au bras de la plus belle mariée que le monde n’ait jamais connue.
Quant au mirliflore ? On n’en entendit jamais plus parler.
Chapeau (Pascal)
Eté comme hiver, au bord de la route, flottaient ses rubans et ses dentelles. Les courants d’air des voitures, c’était ses bousculades vulgaires, le long de son talus. Aux véhicules bourdonnants, elle faisait un signe de sa main pétrifiée, un salut. C’était un évènement ordinaire, un simple geste, une douce attitude ritournelle. Elle semblait échappée d’un autre siècle, celui des grands-mères de nos grands-mères. Sur son antique chapeau canotier, voletaient encore une troupe de moineaux effrontés ; on y retrouvait des grandes fougères, une belle poignée de fleurs des champs, surmontée de cerises tout en rougeur, et des bleuets ouverts comme des décorations de sanctuaire. Son visage blanc, insensible aux frimas et aux canicules, aux pluies et aux blizzards, semblait sourire d’une moue inexplicable, tout ce temps incertain d’humeur impavide. J’aimais ce trouble chemin de traverse, ce pied de nez au présent, cet interlude de brouillard. Pendant ces instants de déroute, elle était mon panneau d’Eternité, l’acceptation de mes rides. Sur mon visage fatigué, elle était la contrainte naturelle, la notion du temps passant, l’antidote sans fard. Devant le magasin d’Antiquités, chaque jour passant, devant elle, je laissais l’obole de quelques larmes limpides.
Le chapeau de la reine par bongopinot
Le chapeau d’une reine mère
S’envole haut dans les airs
Et tournoie dans le ciel
Défilant avec les hirondelles
Une reine a perdu son chapeau
Il n'est pas rentré au château
Il a, c'est sûr, traversé la manche
Mais personne ne sait où il se cache.
Et moi, avec mon canotier sur la tête
Je cours retrouver le melon acrobate,
Equilibriste frôlant le haut-de-forme
Qui lui n’est qu’élégance et charme
Et rencontre les bobs roses verts bleus
Aux couleurs d’un arc-en-ciel moelleux
Tous ces couvre-chefs ne sont que légèreté
Et dansent, virevoltent, voltigent en liberté
Et je salue le Chapeau clown, et le petit pointu
Le Chapeau claque, et l’autre tout tordu
Le Chapeau de paille et le sombréro
Différent suivant les caprices de la météo
Quand soudain au détour d’un chemin
Je le reconnus, avec son petit air mondain
Ce chapeau rouge extrêmement curieux
Fit valser mon canotier d’un geste gracieux
C’était lui qui avait disparu un jour de grand vent
Mais ne me demandez pas pourquoi ni comment
Le chapeau d’une reine sur mes cheveux s’installa
Car je vous le dis cette histoire s’arrête là.
A qui appartiennent ces chapeaux ? (Joe Krapov)
A qui appartiennent ces chapeaux ?
Répondez par A, B ou C et comptabilisez vos réponses A, B et C.
La solution est à la fin du billet avec votre profil psychologique établi en fonction du nombre de A, de B et de C que vous aurez cochés.
A. Zozo
B. Maurice Carême
C. Le chevalier Bayard
A. Nancy Klopédik
B. Eliane de Twitter-Douze
C. Aline-Diana Djones
A. Karl I. Capeline
B. Alfred de Musset qui a écrit "On ne patine pas avec l'amour"
C. Charles O. Guthrie
A. Mlle Beulemans
B. Léontine Coppenolle
C. Amélie Nothomb
A. Le capitaine Achab
B. Archibald O. Maccione
C. Le père Bugeaud
A. Mary Hopkin
B. Elsa Poppins
C. La reine d'Angleterre
A. Le fou du premier étage, celui qui se prend pour Jules César.
B. Chapeauléon Bonnet-de-Martre
3. Le Musée des Invalides
A. L'oncle Sam
B. Onc' Walrus
C. Emmanuel Macron
A. Le docteur Watson
B. Le commissaire Maigret
C. Ce dear Bram Stalker
A. Robin Williams
B. Rachel Desbois
C. Iznog Hood
A. Des agents très spéciaux
B. Hercule Poirot et Miss Marple
C. Le morse et le charpentier
A. Pierre Loti
B. Mamadou Banania
C. Le zouave du Pont de l'Alma
A. Le professeur Tourneboule
B. Le petit chimiste amusant
C. Tryphon de Lairéfrais
Si vous avez répondu A, B ou C à une seule des propositions qui vous étaient faites sous ces images, dites-vous bien que vous avez tout faux : ces chapeaux appartiennent à nos admins préférés !
Ils supportent et mettent en ligne depuis si longtemps mes élucubrations - et les vôtres - que cela valait bien, à l'occasion de ce défi, un grand coup de chapeau !
Avec les amitiés du neveu fou !
La vérité est dans le chat-pot (Rêves de plume)
Huguette observe son fils jouer dans le jardin.
- Et toi, Bob, qu'est-ce que tu choisis comme souvenir de papy Henri ?
- J'aimerai bien son chat-pot pour ranger mes billes.
- Mais papy n'a jamais eu de couvre-chef .
D'un haussement d'épaule le bambin désigne le pot de fleur en forme de chat qui crèche dans le massif, à moitié caché par les herbes
- Le chat-pot répète-il .
- Ah comme tu veux mon chéri, il est un peu cassé, fichu. Allez, il est à toi !
- Mais enfin, c'est de la bombe ce chat-pot, murmure Bob ravi !
Sa copine Charlotte, celle qui a des cheveux ailes de papillon tenus par une barrette, ( il a le béguin ) va prendre une claque en voyant cette merveille.
Il pousse un peu la cloche à melon et approche le pot pour le vider. Il faudra le porter jusqu'au cabriolet et il n'a pas envie de prendre une calotte en salissant tout.
Toc, toque le petiot .. Il est lourd ce pot . Tiens des pièces brillantes, c'est écrit Napoléon. Son copain qui vient du Panama et qui collectionne les pièces lui en donnera peut être quelques calots ..
Beurk (Vegas sur sarthe)
Au palais de Beurk-Igname, la nouvelle s'était répandue comme une traînée de gélatine à la menthe sur un camembert chaud et bien vite les 800 employés de la royale demeure furent rancardés que la Kwin allait avoir un nouveau galure.
Le cireur de pompes du majordome en chef le tenait de la seconde camériste chargée de faire couler le Roger & Gallet dans les bains royaux: sur la royale coiffeuse elle avait découvert la recette de ce qui s'avérait être un nouveau galure fruité.
Soixante années que la Kwin portait le chapeau comme autant de couronnes et ça n'avait pas suffi à rassasier son appétit de coiffures; ce dessert portatif serait la 5 000ème Windsor touch à couvrir la Chef.
Il est vrai que soixante ans sur le trône ça vous dessèche le fondement mais ça ne protège pas la tête pour autant, surtout dans un pays où il pleut des chats et des chiens !
Et puis comment ne pas aimer les chapeaux quand on raffole du Dubonnet ?
Pourtant tatillonne pour ne pas dire chiante ou “pain in the ass” à propos des produits de saisons, elle avait convoqué son royal cuistot en plein hiver pour lui commander un galure comestible façon fraisier, un Strawberry Hat version gariguette avec English cream et Chantilly qui s'accorderait avec son tailleur “Crushed strawberry” ou fraise écrasée.
“Cut the mustard” lui lança t-elle, non pas pour qu'il aille couper de la moutarde mais pour qu'il réponde prestement à ses attentes.
Ainsi la Kwin avait décidé de bouffer son chapeau, de se réserver pour les cérémonies à rallonge un petit en-cas sur le crâne qu'elle attaquerait discrètement avec cette petite cuillère “diamond jubilee 1952-2012” qui ne quittait jamais son sac à main.
Quand on règne entre autres sur les îles Tuvalu et la Papouasie Nouvelle Guinée on ne peut pas être tout à fait comme tout le monde.
Dans un communiqué Lord Philip Montagne-Fermée – ou Mounbatten pour les anglais – dit Fifi d'Edimbourg pour les copines avait fait le commentaire laconique “Yuk” c'est à dire “Beurk” en français pour qualifier la dernière lubie de Lilibet ou “ma petite saucisse” comme il l'appelait familièrement... si tant est qu'on puisse être familier avec une Kwin, même quand c'est votre nana.
Toujours est-il que lorsqu'en janvier et par 31 degrés les papous virent débarquer la Kwin de son avion avec un bitos dégoulinant de Chantilly, ils ne purent que s'écrier ce qui est devenu aujourd'hui leur devise: “God save and cover the Kwin”.
* Misses Kwin veut dire Queen en Papouasie-Nouvelle-Guinée
A l'ombre (Clémence)
Je pourrais étaler, comme de la confiture, ma culture à propos du chapeau. Mais de la confiture sur un chapeau melon, sur un sombrero ou un adorable bibi, cela ferait mauvais genre...
Alors, je contourne, je louvoie, je dévoie….
Je ne parlerai pas de chapeau. Non !
Je tirerai mon chapeau à ces artisans de l'Equateur qui, avec une patience légendaire, travaillent la palme de Carludovica palmata.
Je prendrai dans mes mains, leurs mains aux doigts torturés qui tressent de magnifiques Panama.
Je m'insurgerai de la modicité de leur salaire, quelques dollars pour des heures ou des journées de travail.
Je tirerai également mon chapeau à tous ces héros qui œuvrent dans l'ombre, pour notre plaisir, pour notre sécurité, pour notre bien-être, pour l'avenir que je voudrais sans nuages.
Je tirerai encore mon chapeau à tous ces héros qui ne défraient pas les chroniques, qui n'affolent pas la Toile ni les réseaux sociaux.
Chapeau, oui, chapeau à vous ...
Chap' au hasard pour une jolie rousse (Cavalier)
« Alors là Cavalier, pour une fois, Chapeau ! »
Je vais vous conter l’histoire d’un tableau que j'ai réalisé.
Pour vaincre ma solitude, je me suis inscrit à un atelier de loisir créatif, vous savez de ceux que l’on trouve dans les centres culturels de nos jolies villes...
Suite au cours sur le pastel sec que j'ai suivi, avec le groupe de l’atelier, et aux conseils avisés de KatyL, que je remercie - en passant -, j'ai travaillé un soir sur le pastel gras. Donc ce "dessin" (?) est une première pour moi. Et pour l'utilisation d'un Canson couleur, aussi.
Depuis, des questions existentielles sur le hasard, parfois heureux ou malheureux, en création, m’assaillent, le jour comme la nuit.
Chapeau ! Comment 200 milliards de neurones peuvent-ils dessiner un visage aussi beau ? (Désolé mais c'est pas moi, ce sont mes neurones, je dis bien, sinon voyez avec mes parents, Pierre et Lucette, pour vous plaindre – oui, Cavalier, ce n’est qu’un pseudo, voyez-vous... LOL). Sans gommer ne serait-ce qu'une seule fois ? De la chance me direz-vous. Due au hasard ? Oui, en fait je le pense. Le hasard fait bien les choses, souvent, c'est bien connu.
Mais revenons, si vous le voulez bien, aux prémices de notre histoire. L’atelier ce soir-là misa tout sur un travail en binôme. Donc, il me fallait un modèle et,... Le hasard des mises en binôme fit qu’une très jolie femme, que je ne voyais, ne reluquais, qu’au fin fond de la pièce de l’atelier habituellement, se retrouva avec moi. Et moi avec Elle. J’en bafouillais fort des pastels.
Elle, Leila, oui Leila, brossa mon portrait, que je ne vous montre, et moi je commençais à lui brosser le sien. Puis, Elle mit un joli chapeau, se plaça de profil, prit la pose, et ce fût à tomber !
Le hasard se remit à l’œuvre, vous savez que je ne suis pas très doué en dessin, mes traits sont grossiers, ma main, gauche, et la droite ne vaut pas mieux...
Voyez donc ici mon avant-dernier dessin :

Pierre-Luc ; Pastel sec
Oui, je sais le chapeau est un peu raté, mais bon...
Mais, oui, le hasard frappa et j’en fus ébaudi. L’amour sonnait à la porte, exacerbant, sensibilisant, mes yeux et mes mains, entre autres, et j'en passe. Super pratique pour poser palette... mais bon...
Je vous passerais bien aussi sous silence les détails de ma réalisation technique, mais vus les commentaires assez laconiquement un peu salés, postés au dernier défi, ici, je ne vous ménagerai... non mais...
Le pastel gras une fois mis j'ai voulu éclaircir un peu le visage que je trouvais trop sombre (satanés neurones, bandes d'incapables). J'ai pris mon cutter - un coupeur en canadien français - et j'ai gratté de la craie pastel sec blanche que j'ai mise dessus. En soufflant, et tassant tout, tout doux. Sur le gras. Beuh. Je vais quand même pas lui mettre du fard. Ou de la poudre aux joues à la belle. HELP !?? Les zartistes pros du pastel gras ??? Enfin... bon...
La séance s’acheva. A 21 heures pétantes, on rangeait nos cartons. Oui, on ne vient avec des valises...
Sur un coin de table, je griffonnais rapidement un petit poème, que je lui glissais subrepticement (dur à écrire, ça), en sortant.
Ebahie, le lisant, tout en marchant, Elle me suivit vers nos voitures. Je montais dans la mienne, entendant des voix fortes, un genre d’altercation, une sorte d’exclamation en fait.
Un grand escogriffe brun, de velours, un gorille, une armoire à glace, criant haut, et comme s ‘éventant avec mon poème, me montra son poing.
Chapeau les couples d’aujourd’hui. Ha, 1968 ! Bon...
Agoni, à fond la caisse, je rentrais chez moi, par de nombreux raccourcis, me retournant un peu de temps à autre, à peine...
Allez savoir pourquoi, je ne suis jamais retourné aux cours, la flemme de suivre des cours du soir, sans doute.
Mais, je vais vous lire quand même mon petit poème :
Leila, Hespéride blues
Moi je t’enlèverai un jour en ton pays
Toi mon tendre soleil, ma douce Leila
Connais-tu mon royaume aux citronniers trahis
Qui pleurent ton absence aux larmes à cappella ?
Aux orangers dorés, aux lauriers élancés
Aux myrtes amadoués. C’est là que tu viendras
Contre moi te blottir et m’aimer... enlacés
Sous les colonnes d’or, les statues cathedra
Mon jardin d’Hespéride où l’immortalité
Gloire de notre amour et sa virginité
Nous feront un manteau hors nos soleils brûlants
Une couche fleurie sous nos corps déferlants

Pierre-Luc ; Leila, pastels gras
Participation de Fairywen
Le chapeau du magicien
Tout le monde connaît le chapeau du magicien, celui d’où sortent colombes, lapins et autres foulards. Et si les enfants ouvrent de grands yeux émerveillés, les adultes, eux, étouffent un sourire attendri, car ils savent que tout ceci n’est qu’illusion, que le magicien n’est en réalité qu’un prestidigitateur, un illusionniste qui nous embrouille pour mieux nous détourner des « trucs » de ses tours – pour notre plus grand plaisir.
Bon.
Désolée de vous dire ça, mais une fois de plus, les adultes se trompent…
Car le chapeau du magicien est bel et bien magique, il n’a pas de double fond, pas de liaison cachée avec la table en dessous – laquelle n’a pas de trou communiquant avec le chapeau –, rien de tout cela. C’est juste un vrai chapeau magique, un chapeau que les magiciens reçoivent lorsqu’ils ont fini leur initiation et qu’ils obtiennent le droit de se faire passer pour des illusionnistes aux yeux des humains, qui, pour la plupart trouvent confortable de ne pas croire en la magie.
Mais les enfants, eux, savent, et un petit nombre d’entre eux n’oublie pas en grandissant que la magie est bien réelle, et que le chapeau du magicien n’a ni double fond ni ouverture en contact avec un trou dans la table sur lequel il est posé…















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