« Alors là Cavalier, pour une fois, Chapeau ! »

Je vais vous conter l’histoire d’un tableau que j'ai réalisé.

Pour vaincre ma solitude, je me suis inscrit à un atelier de loisir créatif, vous savez de ceux que l’on trouve dans les centres culturels de nos jolies villes...

Suite au cours sur le pastel sec que j'ai suivi, avec le groupe de l’atelier, et aux conseils avisés de KatyL, que je remercie - en passant -, j'ai travaillé un soir sur  le pastel gras. Donc ce "dessin" (?) est une première pour moi. Et pour l'utilisation d'un Canson couleur, aussi.

Depuis, des questions existentielles sur le hasard, parfois heureux ou malheureux, en création, m’assaillent, le jour comme la nuit.

Chapeau ! Comment 200 milliards de neurones peuvent-ils dessiner un visage aussi beau ? (Désolé mais c'est pas moi, ce sont mes neurones, je dis bien, sinon voyez avec mes parents, Pierre et Lucette, pour vous plaindre – oui, Cavalier, ce n’est qu’un pseudo, voyez-vous...  LOL). Sans gommer ne serait-ce qu'une seule fois ? De la chance me direz-vous. Due au hasard ? Oui, en fait je le pense. Le hasard fait bien les choses, souvent, c'est bien connu.


Mais revenons, si vous le voulez bien, aux prémices de notre histoire. L’atelier ce soir-là misa tout sur un travail en binôme. Donc, il me fallait un modèle et,... Le hasard des mises en binôme fit qu’une très jolie femme, que je ne voyais, ne reluquais, qu’au fin fond de la pièce de l’atelier habituellement, se retrouva avec moi. Et moi avec Elle. J’en bafouillais fort des pastels.

Elle, Leila, oui Leila, brossa mon portrait, que je ne vous montre, et moi je commençais à lui brosser le sien. Puis, Elle mit un joli chapeau, se plaça de profil, prit la pose, et ce fût à tomber !

Le hasard se remit à l’œuvre, vous savez que je ne suis pas très doué en dessin, mes traits sont grossiers, ma main, gauche, et la droite ne vaut pas mieux...

Voyez donc ici mon avant-dernier dessin :                       

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Pierre-Luc ; Pastel sec

Oui, je sais le chapeau est un peu raté, mais bon...

Mais, oui, le hasard frappa et j’en fus ébaudi. L’amour sonnait à la porte, exacerbant, sensibilisant, mes yeux et mes mains, entre autres, et j'en passe. Super pratique pour poser palette... mais bon...

Je vous passerais bien aussi sous silence les détails de ma réalisation technique, mais vus les commentaires assez laconiquement un peu salés, postés au dernier défi, ici, je ne vous ménagerai... non mais...

Le pastel gras une fois mis j'ai voulu éclaircir un peu le visage que je trouvais trop sombre (satanés neurones, bandes d'incapables). J'ai pris mon cutter - un coupeur en canadien français - et j'ai gratté de la craie pastel sec blanche que j'ai mise dessus. En soufflant, et tassant tout, tout doux. Sur le gras. Beuh. Je vais quand même pas lui mettre du fard. Ou de la poudre aux joues à la belle. HELP !?? Les zartistes pros du pastel gras ??? Enfin... bon...


La séance s’acheva. A 21 heures pétantes, on rangeait nos cartons. Oui, on ne vient avec des valises...

Sur un coin de table, je griffonnais rapidement un petit poème, que je lui glissais subrepticement (dur à écrire, ça), en sortant.

Ebahie, le lisant, tout en marchant, Elle me suivit vers nos voitures. Je montais dans la mienne, entendant des voix fortes, un genre d’altercation, une sorte d’exclamation en fait.

Un grand escogriffe brun, de velours, un gorille, une armoire à glace, criant haut, et comme s ‘éventant avec mon poème, me montra son poing.

Chapeau les couples d’aujourd’hui. Ha, 1968 ! Bon...

Agoni, à fond la caisse, je rentrais chez moi, par de nombreux raccourcis, me retournant un peu de temps à autre, à peine...

Allez savoir pourquoi, je ne suis jamais retourné aux cours, la flemme de suivre des cours du soir, sans doute.

Mais, je vais vous lire quand même mon petit poème :

 

Leila, Hespéride blues

Moi je t’enlèverai un jour en ton pays
Toi mon tendre soleil, ma douce Leila
Connais-tu mon royaume aux citronniers trahis
Qui pleurent ton absence aux larmes à cappella ?

Aux orangers dorés, aux lauriers élancés
Aux myrtes amadoués. C’est là que tu viendras
Contre moi te blottir et m’aimer... enlacés
Sous les colonnes d’or, les statues cathedra

Mon jardin d’Hespéride où l’immortalité
Gloire de notre amour et sa virginité
Nous feront un manteau hors nos soleils brûlants
Une couche fleurie sous nos corps déferlants
 

leila
Pierre-Luc ; Leila, pastels gras