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Le défi du samedi

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25 mars 2023

Soudain dans sa vie il fit moche. 5 (Joe Krapov)

- Waoouh ! Ce quadrille des homards m’a tuer ! déclara Alice en se rasseyant. 

Et puis, tout étourdie encore par la cavalcade, elle s’aperçut que le voisin à chapeau qui lui avait galamment proposer de gardé son sac pendant la danse n’était plus là. 

Son sac non plus du reste. Comment allait-elle faire pour rentré au pays des merveilles sans sa clef ?

Le Quadrille des homards (recadré)
Ce petit dessin colorié à l'encre est signé d'Ilarion Pavlovitch Krapov.

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25 mars 2023

Chère Marquise (Yvanne)

 

Oserais-je m'entretenir avec vous comme avec une amie ? J'ai trop de respect pour votre personne pour avoir cette audace. J'aimerais simplement que ma lettre vous soit un mince divertissement dans l'ailleurs où vous êtes aujourd'hui. Ailleurs où, je présume vous étourdissez les anges par votre esprit et votre talent.

Je n'affûterai pas ma plus belle plume d'oie pour vous écrire. Me croirez vous ? Ces volatiles ne sont plus plumés par de diligentes mains et de plume d'oie il n'y a point. Des machines barbares dépouillent ces volailles en un rien de temps. Ah ! Je vous devine : vous étouffez un petit rire discret derrière votre main joliment gantée de blanc. Je ne vous ferai cependant pas l'offense d'utiliser ce moyen moderne que l'on nomme informatique pour m'adresser à vous. Il reste encore, fort heureusement un peu d'encre au fond de mon encrier, non à vrai dire, de mon stylo.

Madame, si vous voyez le monde depuis le Paradis où vraisemblablement Dieu vous garde près de lui, vous ne cessez sans doute d'être étonnée. Horrifiée même certainement tant notre planète va à vau-l'eau. Mais quand vous tournez votre regard pour ne plus voir ce qui se passe ici bas, comment occupez vous votre temps ?
Vous écrivez encore et encore à votre fille et à tous vos amis, épistoliers fervents tout comme vous. Je vous imagine, penchée sur votre écritoire, tantôt sereine, tantôt triste ou amusée laissant « trotter votre plume la bride sur le cou » pour narrer avec spiritualité et impertinence les potins du jour.

Avez vous retrouvé votre livre du carrousel que vous aviez prêté ? Il me semble que vous l'avez finalement reçu. Il y figurait, je crois la quadrille que votre fille Madame de Grignan destinait à son frère Charles. Je comprends l'importance de cette brochure pour vous. Ne détaillait-elle pas les divers participants présentés par des madrigaux qui commentaient les devises choisies. On y retraçait n'est-ce pas la composition des diverses quadrilles commandées par le Roi avec leurs emblèmes. Ceci pour la fête grandiose, le Grand Carrousel, donnée dans la cour des Tuileries les 5 et 6 juin en l'honneur de la naissance du Dauphin Louis.

Vous dirais-je Madame que « quadrille » - enfin le mot - s'est masculinisé ? Il ne désigne plus un tournoi ou autre spectacle équestre comme vous aviez l'habitude de les vivre. Il est devenu plus tard une danse de salon avec quatre couples formant un carré. Aujourd'hui on parle de quadrille plutôt pour une danse folklorique. Mais je suis sûre que vous poufferiez encore comme alors quand vous contempliez les bourrées paysannes en vous exclamant : « ce sont des postures à pâmer de rire ». Je n'ose concevoir ce que vous penseriez des sauteries d'aujourd'hui !

Mais brisons là Madame. D'aucuns comme Monsieur Proust se moquerait en clamant que j'ai assez « fait ma Sévigné. » Ah ! Une dernière chose cependant. Voyez vous, malgré nos technologies modernes et sophistiquées nous n'avons pas encore réussi à communiquer avec l'au-delà. Et cela me chagrine quelque peu. Je n'ai pas peur de mourir, non, mais j'aimerais savoir ce qui se passe là haut et surtout comment l'on s'y distrait et s'amuse. Un petit billet de votre plume serait le bienvenu. Je vous laisse le soin de choisir votre messager.

Adieu donc, Marquise.
 

25 mars 2023

Légère panique à l'X

Légère panique à l'X

Le vingt mai

J'y étais

Pour de vrai

Belle comme un trophée

Là-bas

Au bras

De mon cavalier

Rêvé

Xavier

De la Gambille

En place pour le quadrille

Que nous avions répété

Et tant dansé

Avec les quinze autres couples

Parmi les plus souples

Port altier

Sourire léger

Maquillage appuyé

Souliers cirés

Grande soirée

Nos familles assemblées

Mon père Félix

Anxieux pour son Alix

Ma mère Elena

Si heureuse d'être là

Les parents de Xavier

Qu'on n'avait pas rencontrés

Mais en coulisses

Xavier dérape

Et glisse

Un cri s'échappe :

"Ma cheville !"

Vite de la glace

Plus de quadrille

Je te remplace

S'écrie François

J'ai la même taille que toi

Vite il s'habille

Et prévient Alix :

"En place pour le quadrille

Du bal de l'X !"

Allez François

Les dés sont jetés

C'est toi et moi

Tenons-nous prêts

Sa main

Serre la mienne

Et soudain

Transportée à Vienne

Plus rien ne me sert

De croire être amoureuse

De Xavier

Je suis trop heureuse

Même si je tentais de l'en dissuader

Il voulait se déclarer

Ce soir à sa mère Consuelo

Directrice de Sup de Co

À son père Angelo

Responsable de Sciences Po

J'aurais été obligée

De tergiverser...

Mais François

Surgi du bois

Comme ça

Ce gars

Trouvé trop bien pour moi

0-1

Qui nous avait récité

Avec facilité

La tirade de Pantagruel

Qui questionne

Sur mariage

Et cocufiage

Et auquel

Ne lui répond personne

Il nous avait transportés

De rire

Et je ne peux m'empêcher

Encore d'en sourire

0

 (extrait de

0, Rabelais, Le Tiers Livre, chapitre 36)

20 mars 2023

Info

 

Depuis samedi, Canalblog n'envoie plus de message de notification lors de la parution de commentaires à ceux qui en ont fait la demande. Le problème a été signalé (par deux fois). Nous espérons que ça va s'arranger rapidement.

18 mars 2023

Défi #760

 

Allez, tout le monde en piste !

 

Quadrille

 

 

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18 mars 2023

Ont eu le feu vert

18 mars 2023

Printemps (Yvanne)

 

y

Pâquerettes aux corolles nacrées

Iris d'eau au cœur de velours

Scille aux clochettes bleues étoilées

Trèfle champêtre rouge incarnat

Aubépine symphonie en rose et blanc

Campanule mauve ou bleu de nuit

Hellébore vénéneuse aimée des poètes

Eglantine timide rose des fossés,

 modestes fleurs sauvages, discrètes et fragiles, vous parsemez les haies, les prés, les sous bois, vous courez le long des chemins creux pour égayer tous les verts du printemps. Ce printemps de toutes les promesses qui m'entraîne dans son sillage sur les sentes parfumées. Bonheur !

 

 

18 mars 2023

À ma Grand-Mère (TOKYO)

 

Une fois par mois, ma grand-mère et moi allions-nous asseoir sur la terrasse du glacier.

Elle ne commandait que des glaces à la pistache, elle était comme ça, elle avait ses habitudes. Elle portait souvent du bleu , et le foulard offert par mon grand-père recouvrait  ses frêles épaules. .

Elle fuyait la cruauté du soleil sous un grand chapeau de paille, orné  d’un ruban blanc qui s’envolait  à chaque coup de vent .

Elle le retenait avec sa main gantée qui laissait entrevoir un bras jauni par son grand âge.

Elle ressemblait à un sablier qui a fait son dernier tour et qui laisse passer les grains de sable sous nos yeux. Je rapprochais la coupe à glace du bord de la table pour que sa petite main tremble moins.

Jamais ,elle n'a exploré un autre parfum , comme si sa recherche, s’était enfin arrêtée là autour d’une pistache .Son monde avait tellement rétréci  qu’elle avait l’air d’une lueur qui s’était assoupie sous un brin de muguet .

 Dans ce crépuscule je m’acclimatais à sa voix douce et calme et il m’arrivait de finir sa coupe à glace à la pistache. Cela l’amusait beaucoup de voir ma gourmandise et son sourire illuminait ma journée.

 Aujourd’hui je suis venue sans elle, je trouve une douceur nouvelle à savoir que nous avons été là à déguster une glace. Grâce à elle je m’inscris dans la grande horloge du temps.

 Elle m’a appris cette retenue à goûter les heures dans une chaude après-midi d’été.

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18 mars 2023

"Oui, la pisse tache, c'est pour ça que je porte des slips noirs". Bien, ça c'est fait, allons-y ! (Walrus)

 
Pistache à c't'heure ! M'aura tout fait le mec !

J'avais pensé, potache,  vous faire un pastiche d'une œuvre du Patistache mais ça ferait tache et c'est pas fastoche. J'ai donc renoncé, d'autant que mon neveu Joe ne manquera sûrement pas, fourmi tâcheronne, d'extirper la totalité de ces sonorités taillées à la hache. Il a le h inspiré, lui !

Donc, pistache !

C'est pas ma lointaine enfance qui va aider : ce vocable lui était inconnu.

Comment, me direz-vous, et les glaces à la pistache alors !

Ben non, je suis tellement âgé qu'à l'époque de mon enfance, les marchandes de glace avec leurs petites charrettes blanches ornées d'arabesques dorées et de dessins aussi naïfs que multicolores, n'offraient sous leurs couvercles-cloches en cuivre que deux variétés de glace : vanille et chocolat.

Je sais de quoi je parle : à l'époque, en vacances à Seilles chez ma grand-mère maternelle, j'allais aider Juliette, une de ses voisines, à fabriquer cette marchandise à grand renfort de glace déchiquetée au pic, de sel et de sorbetière manuelle.

Quand j'y repense, rachitique comme j'étais à l'époque, je me demande si je lui étais vraiment d'une grande aide (sauf pour tester le produit fini).

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Quant à l'apparition de ce fruit exotique dans mon vocabulaire, je balance entre l'enrichissement des catalogues des glaciers et celui des terrines de pâté de campagne.

Bon, aujourd'hui, je sais ce que c'est et j'en mange parfois  à l'apéro, le lundi soir chez ma fille, même si je les trouve régulièrement un brin trop sèches (et énervantes à dégager de leur coque et de leur peau).

Par contre, je suis certain de n'avoir jamais, au grand jamais, mangé de glace à la pistache.

Impossible ! Vous écrierez-vous...

Allons, allons, vous savez comme moi qu'impossible n'est pas français...

18 mars 2023

Personne pour entendre (petitmoulin)


Trois pistaches dans une main
Une poignée de ta terre
Dans l'autre
Un pied sur ton ombre
Un cri dans les yeux
           Personne pour entendre
Tu danses
D'un bout à l'autre de ta solitude
Tu déshabilles ta mélancolie
Et tu chantes
           Personne pour entendre
Tu martèles chaque heure
De la nuit
Tu frappes au volet clos
Du petit matin
           Personne pour entendre
Tu cherches un visage
Qui t'offrirait
Un regard Un mot Un rire
Et des larmes pour laver
La grimace du monde

Trois pistaches
Et une poignée de ta terre

18 mars 2023

Con post (Joe Krapov)

DDS 759 modifié

On pourrait prendre le parti, s’agissant de la pistache, de faire un pastiche de Ponge. Mais quel apostolat ce serait que cette chose ! On a beau être plus pisse-copie que le regretté Fausto, on dit « Passe ! » devant la tâche et on pense qu’à la place du pastiche on ferait mieux de se tourner vers l’acrostiche, plus fastoche.

DDS 759 Fausto Coppi

Car la pistache est dure : dure à ouvrir, dure à cuire et dure à dire. Si on en sert dans ta cantoche, fais attention à tes ratiches !

Ce fruit à coque nous cherche des niches, il nous rejoue la mouche du coche. De même qu’on ne prête qu’aux riches, il a la dureté de la roche et pourrait remplacer l’aimable petit pois – il a même couleur ! - sous la pile de matelas de la princesse moche et revêche qui se fâche dès qu’on se fiche de sa chevelure filoche ! Il paraît que plus tard, allant à la pistoche, on la vit, la Sissi, qui portait des postiches et un gros classeur de partoches, essentiellement des chants malgaches assaisonnés de triples croches !

Mais de quoi me mêlé-je ? Et Patrick Modiano, potache, était il surnommé Patoche ? Était-il du genre plutôt lâche et recevait-il des taloches ?

De tout cela, Dame Pistache n’en a cure. Madame joue la détachée, sachant qu’à l’apéro, son entretien d’embauche, elle sera toujours là, comme la vedette à l’opéra.

Sache qu’on en trouve partout ! Elle se vend sur la place Hoche, aux Appalaches ainsi qu’à Binche, Avranches, Antioche, Loches et Greenwich, au magasin de la mère Idien.

La pistache a du bol : elle joue à cache-cache et s’y colle en gros tas. Aucune ne se détache du lot alors on pioche, on écarte les coques, croque puis mâche, et tel Marcel Amont avec son bulletin de naissance, on avale.

Peu chaut à la pistache que l’on jette un grand froid dans cette cérémonie. Qu’on aille au clash ou que ça cloche, qu’on traite la belle-doche à moustache de vieille ganache bancroche, qu’on reproche à Eustache, le peintre du dimanche de gaspiller la gouache, ça l’indiffère. Elle s’en moque si on dit à Blanche qu’elle a pris de la brioche, qu’elle fait trop la bamboche et si on lui rabâche qu’il serait temps qu’elle s’attache à un trader bravache si elle veut faire un môme avant que ses jolies loches ne tombent sans panache et que son ventre n’affiche « relâche » !

C’est fou comme avant le repas, quelquefois autour du grenache ou du guignolet-kirsch surgissent les anicroches et les empoignades franches ! Voilà qu’en lieu et place de la galoche roulée on se fâche, on s’accroche, on s’embroche, on se démonte le museau, on se taquine comme à la pêche à l’épinoche, on se décoche des flèches, on se traite de patache, de vieille vache, on recrache sa haine mais toujours c’est sans panache qu’on se cravache ou qu’on se poche avant qu’au tournebroche, autour de la bidoche, tout le monde un peu plus gris se réconcilie « con carne », comme chez Carné (La Belle équipe ! Rocco et ses frères ! Non ? Plutôt Drôle de drame chez les Visiteurs du soir à l’Hôtel du Nord, alors ?).

DDS 759 PifouPoche92_06062004

Pendant ce temps les mioches colorient Pifou-poche et les pistache se fendent la gueule, pareilles à des « British smileys ». Sauf une, et c’est un rite qui m’irrite car c’est toujours à moi qu’on la laisse, l’inouvrable au visage fermé d’ouvreuse de cinoche !

Ô, dernière pistache ! Pour faire encoche en ta caboche où elle manque, je n’irai pas chercher ma hache ou ma mailloche. Tu vas visiter la poubelle ou finir enterrée dans la terre du jardin si je te balance au compost. Et je m’arrête là, le mien est terminé.

18 mars 2023

T'as une tache, pistache! (Laura)


T'as une tache pistache!
Expression enfantine.
Souvenir de ma grand-mère
Qui faisait toujours des tâches
Lors du déjeuner du dimanche
Quant à moi, je fais des tâches
Quasiment à chaque fois
Que je mets un vêtement nouveau

« Donner c’est donner,
Reprendre c’est voler ! »
Je n'aurais jamais du rendre
Ce qu'on m'avait prêté

"Un prêté pour un rendu"
Mes livres préférés
Prêtés
Jamais rendus
Certains jamais retrouvés

Croix de bois, croix de fer…
Si je mens, je vais en enfer ! »
Il doit y avoir du monde.
Moi, pas pour ça
Mais pour la chaleur et
Le stupre

Craché, juré!
Si on jure
Autant qu'on crache
Dans les rues
Parfois sans regarder où

Ouhhh la menteuse,
Elle est amoureuse ! »
Dorothée
L'enfance de mon petit frère

T'as une tache, pistache!
Tâche toi-même!

18 mars 2023

interrogatoire à la noix (joye)

nuts

Monsieur Coco a essayé de noyer sa femme. L’inspecteur Cacahuète fut appelé à la scène du crime, une grande maison, genre pignon sur rue.

- Vous avez essayé de noyer votre femme ?
- Non !
- Pourquoi lui cherchiez-vous noisette ?
- J’ai rien fait de la sorte !  
- Ma Cadamia m’a dit le contraire, monsieur !
- Cadamia ? Qui c’est ? J’ai rien fait !  Arrêtez de me griller comme une pistache !
- Hmm, c’est salé, ce que vous dites.
- Comment pourrais-je sortir de cette cage ?
- Cage ? Où ?
- Monsieur l’Inspecteur, que voulez-vous, que je fasse amande honorable ?
- Oui, va falloir que vous payiez !
- Que je paie ? Quand ?
- Tout de suite, allez, va, ce n’est pas le Pérou.
- Pérou ? Je viens du Brasil, moi. Vous comptez pour du beurre, Cacahuète !

18 mars 2023

La coquille (Vegas sur sarthe)


Dimanche matin au bar de l'Escapade à Chaloux-Moulineux

« Dis donc Marcel, t'as l'air d'avoir pris une sacrée pistache ! »
« Euh... juste trois pastiches... ch'est tout »
« Tu veux dire des pastis »
« Ch'est ch'que j'ai dit... trois pastiches, pas vrai patron ? »

Le patron pince-sans-rire : « C'est un canular »
Marcel s'emporte : « Non ! C'est du pastiche»
Le patron est en train de faire les comptes : »Y'avait un perroquet, une tomate, une mauresque … et aussi... »
« Une mauresque ? Marcel, tu prends des mauresques maint'nant ? »
« Non... j'ai pris une maurechque »
Le patron lève le nez du comptoir : «Non c'était une mauresque et ça va faire... »
« Dis donc Marcel, depuis quand tu fais dans l'exotisme ? D'habitude t'es au vrai p'tit jaune, au pastaga, vains dioux ! Tu m'déçois»
« J'ai bien l'droit de voyager puichque ma bergère veut pas décaniller de chon canapé »
« Tu m'fais un sacré voyageur, Marcel ! En attendant y'a  l'commandant de bord qui voudrait qu'tu règles la croisière »

Le patron tend la note : « Avec les pistaches ça fera dix huit euros »
« T'as aussi pris des pistaches, Marcel ? »
« Euh... non... juste trois pastiches... et des cacahouètes »

« Allez Marcel, paie ta croisière avant que j'te ramène chez toi … et crache cette coquille que t'as entre les dents »

18 mars 2023

En piste, à la tâche ! (Kate)

En piste, à la tâche !

- Salut Vincent !

- Salut Didier ! Un café...

- Double et un verre d'eau, etc.

- Super !

- Tiens. Ça va ce matin ?

- Oui, un peu de boulot mais pour mon bouquin...

- Ah ? Les églises ?

- Les saints, les paysages, etc.

- Eh ! Ton téléphone !

- Merci !

Qui c'est encore ?

- Allô Vincent ?

- Hein ?

- Vin-cent !

- Oui, Jean-Mi ! C'est vendredi...

- Juste un truc, s'il...

- Je suis en congé, non...

- Allez, Vince !

- J'peux pas j'ai piscine !

- C'est urgent...

-  C'est quoi ? Pas les fruits encore, hein ?

- Oh, juste P comme pistache.

- C'est-à-dire ?

- Quelques lignes...

- Non !

- Comme elles te viennent, ce que tu veux !

- Mais là, je suis sur tout autre chose, alors non, désolé.

- Vin-cent !

- Bon, j'ai compris. C'est pour quand ? Avant-hier ?

- Ce soir, seize heures.

- Seize heures trente alors. Je raccroche et je vais aller pister des pistaches après avoir coursé les quetsches...

- Merci ! Écris ce que tu veux.

- Sur la pistache ?

- Tu m'as bien entendu, salut l'artiste, en piste !

Je suis abasourdi : "En piste !", il se fiche de moi, le Jean-Mi... À la tâche, plutôt !

- Ton café ? Je te le réchauffe ?

- Non, merci, ça va Didier. Tu as des glaces ?

- Quel parfum ?

- Pistache !

- Non, je ne fais plus...

- Pourquoi ?

- Parce que ce colorant vert est trop chimique et j'ai eu des réflexions comme quoi les "vraies" glaces à la pistache seraient plutôt blanches et n'auraient pas le goût d'amande mais celui de la pistache et nanani et nanana... J'ai chocolat, café, vanille et rhum-raisin, du classique. Tu veux quoi ?

- Juste un autre café, un petit.

Alors adieu la glace à la pistache bien verte de mon enfance ! Reste le goût des pistaches ramenées d'Iran par mes voisins, il y a bien longtemps...

Pistache : en piste, à la tâche ! Je fais du sur place, là. Alors en vrac : "pistache" me fait penser à Eustache. Forcément puisque je suis dans mon dossier sur les églises, leurs noms, pourquoi, comment et où, etc.

Eustache, mais qui es-tu avec ton nom de petit homme vert ? Ah ! Un grec dénommé Placidas au départ et renommé Eustache par la suite pour récompense... Tiens, il pleut... Et les gens arrivent pour l'apéro, c'est déjà l'heure, zut !

- Tu veux manger, Vincent ?

- Oui, comme d'hab' !

- J'ai bavette, frites, salade.

- OK, à point.

- Un verre de Minervois ?

- Il est bon ?

- Super !

- Et j'ai terrine de lièvre aux pistaches, ça te dit ?

- Non, non, merci...

"Pistache" et "Eustache"... avec ça, je vais pas aller loin... Et si j'allais voir dans la galerie photos ? Je ferme le dossier "églises" et j'ouvre le dossier "vacances".

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Ah, Sète en avril, c'était super, même si le temps n'était pas toujours au top, je m'y revois encore escaladant le Mont Saint-Clar : l'ascension, la vue, les parfums de végétation le matin, la lumière, la fraîcheur, le surplomb et la chapelle... Et puis les parents qui voulaient absolument que je passe les voir au Cap d'Agde. J'ai fait le détour pour découvrir ce lieu où la pluie et la grisaille avaient pris le dessus, ça arrive.

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Pas question d'aller jusqu'au Mont Saint-Benoît et juste au loin apercevoir le quartier Saint Martin. Zut pour les photos que j'avais prévu de faire...Mes parents parlaient tout le temps et les quelques photos que j'ai réussies sont celles de la boulangerie Saint-Benoît, à côté du parking et, quand on était attablés à la pizzeria sous la bâche, au son de la pluie, le glacier Saint Martin..

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Un peu Rimbaud ce jour-là, un peu illuminé, un peu ailleurs, surtout, ne rêvant que de tendre des fils de clocher à clocher... Mais rien que les couleurs criardes des glaces pour touristes, qu'une boulangerie faisant ostensiblement un clin d'oeil au patrimoine... Quelle ironie !

- Vincent, t'as fini d'écrire ?

- Oui, j'arrête, c'est bon, merci pour le plat !

- Je te prépare une glace ?

- Non, merci, je vais à la pistoche !

- Cool !

(*) extrait du livre

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18 mars 2023

Sous la pistache d'argent (Cavalier)

Dans le bruissement des feuilles flétries,
Frigorifiée sous ton châle chatoyant,
Griffant l'air de tes ongles vernis verts,
Tu suis l’ondulation lente des blés d’or.

Sous le halo de la parcelle fumante,
Tu l’as cachée, la pistache d’argent,
Celle semée au prélude des sources …

Mais soudain, la courbe de sa coque fait craquer
Et disloque la vallée aux empreintes des cours d’eau :
C'est un nœud sur ta tresse céladon qui se fissure.

Et il s’écarte comme une plume
Tout au long de son calame de mystère,
Comme une imprévisible romance
Cachée à l’ombre de troncs belliqueux

...

 

Source: Externe

 

 

 

18 mars 2023

Ne me demandez pas pourquoi (Lecrilibriste)


Ne me demandez pas pourquoi
Le noyer échevelé
Las de sa nudité d’hiver
Sortira de sa nuit
Pour se vêtir d’anis
ou peut-être bien de pistache
pour taquiner ses noix
Et les jonquilles à ses pieds
S’étireront jusqu’à n’en plus pouvoir
Simplement pour voir
barboter les canards
dans l’eau de l’étang vert
autour des nénuphars

Ne me demandez pas pourquoi
Les mots s’échappent
quand je veux les attraper
ils restent sur le bout de la langue
Et jouent à se cacher
Quand je cherche pistache,
Il m’arrive moustache
mais je n’arrive pas à trouver
l’exactitude qui se cache
Et de guerre lasse
Quand je cesse de les chercher
Les voilà qui caracolent
Alors que je les ai remplacés

Ne me demandez pas pourquoi
Les hommes se font la guerre
Epuisés, l’espérance au bout du fusil
Ils traquent, Ils tirent, ils tuent
 ils tombent par milliers
Et mordent la poussière
Etreignant dans un dernier sursaut
Leur espoir de victoire et leur mère patrie
Morts, perdus, mais sortis de l’enfer
par-delà la mitraille Ils s’en vont dans les nues
soulagés de n’entendre plus
les bombes qui explosent
Et les cris de misère

11 mars 2023

Défi #759

 

Vous rappelez-vous l'ancien capitaine de ce rafiot ?
Mais si : le Papistache !
Comment ça, pas pistache ?
Si :

Pistache

38156356[1]

 

11 mars 2023

Ont-ils eu Dieu de leur côté ?

11 mars 2023

Dame Brunehilde de Comborn (Yvanne)


L'ancienne forteresse de Comborn s'érige en majesté sur un éperon rocheux. Elle surplombe une boucle de la Vézère, rivière aux eaux sauvages et tumultueuses. Ici, vécurent durant des siècles les seigneurs de Comborn, race féodale à l'esprit guerrier, tyranniques et puissants.

Archambault, vicomte de Comborn reçoit le droit de justice sur d'immenses territoires. Il chasse et sème la terreur partout où il passe. Toutefois il est pieux et distribue de somptueux dons aux abbayes voisines. Sans doute pour que les moines prient pour lui. Il pense ainsi racheter ses fautes et méfaits. Il choisit, à 20 ans de prendre pour épouse dame Brunehilde de Turenne qui lui apporte dans sa corbeille de noces une fortune conséquente et de nombreux biens mobiliers et immobiliers.

Dame Brunehilde, dont les longues nattes blondes encadrent un visage pâle et mélancolique, aux yeux bleus immenses, semble accepter le sort qui est le sien : être la compagne d'un homme au caractère ombrageux qui la néglige en prenant d'innombrables maîtresses. Et ce jusque parmi les dames de compagnie de la malheureuse vicomtesse. Elle s'ennuie mortellement surtout au cœur de l'hiver où elle reste prostrée près de la grande cheminée de sa chambre. Les douceurs de son château d'enfance dans le bas pays lui manquent. De plus, elle semble bréhaigne ce qui la disqualifie aux yeux de son époux qui souhaite ardemment un héritier.

Archambault consent, à la demande de sa femme, dont il constate subitement le déclin, à organiser de grandes fêtes au château. L'on y rencontre de fameux troubadours tels que Bertran de Born, Gaucelm Faidit et bien sûr Bernard de Ventadour. Tous vantent les beautés éthérées de la jeune femme et composent pour elle chansons et poèmes.

Brunehilde revit, s'épanouit et l'on voit bientôt son ventre s'arrondir. Un miracle ! Le vicomte la couvre de cadeaux. Cependant des rumeurs ne tardent pas à circuler parmi ses hommes : on aurait vu à maintes reprises Bernard de Ventadour sortir furtivement des appartements de la dame. Soupçonneux, Archambault ordonne un jugement par ordalie à la naissance de l'enfant. On emmène le nouveau né au bord de la Vézère, le pose sur un bouclier qui va dérivant sur les eaux tourmentées de la rivière. Bientôt le modeste batelet est englouti : l'enfant est donc un bâtard. Le vicomte, fou de rage, convoque Brunehilde et pour la punir de son adultère présumé - il a droit de châtiment - lui tranche la main droite. La jeune femme réussit à s'échapper et plus personne ne la revoit jamais.

Peu de temps après, les villageois des alentours demandent audience au vicomte. Ils sont effrayés et  sollicitent son aide. Une bête, sans doute une louve, rôde dans les environs le jour et la nuit. Ils affirment que c'est une créature du Diable à la puissance infernale qui s'en prend surtout aux petits bergers et bergères gardant leurs troupeaux. Elle ne les tue pas mais les enfants apeurés hurlent tant qu'ils font fuir l'animal sans qu'elle ne puisse jamais les approcher. Le vicomte convie tous les seigneurs du voisinage et organise une battue. L'animal traqué ne peut s'échapper. L'un des chasseurs plonge sa dague dans son poitrail. C'en est fini. Il lui coupe la patte droite qu'il conserve dans le sac en cuir qu'il porte à la ceinture. Ce sera un trophée à exhiber à Comborn.

Lors du banquet qui suit la chasse fructueuse, le chasseur victorieux sort soudain de sa besace la patte de la louve. Le silence se fait dans la grande salle suivi d'exclamations de surprise et d'horreur.  Une main humaine apparaît et Archambault, très pâle, reconnaît l'anneau de mariage qui ornait le doigt de son épouse. C'est Dieu qui le frappe à son tour. Il s'enferme dans sa forteresse et meurt peu après de démence. Il n'a pas d'héritier. Ainsi s'éteint la race des seigneurs de Comborn en Corrèze.

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