La place aux vieux pavés, prit des allures de fête, Quand Marcel enrhumé, chanta pour faire la quête. Les passants amusés, n'en ratèrent pas une miette, Se r'tournèrent, se cognèrent, échangeants leurs casquettes ! Marcel, encouragé, par ce remue- ménage, Mit les bouchées doubles : "oubliant son viel âge" Le papier défilait, dans sa boite sans cordage, Bientôt tout l'monde dansait, des rires sur les visages.
Sa dégaine incroyable, intriguait les danseurs... Quel était ce poète, semant la bonne humeur ? Un chapeau, qui barrait son front tout en sueur, Se tenda, peu après :"m'sieurs, dames, à vôtre bon coeur !"
Marcel repris la route, enmenant avec lui : Son chapeau, sa déroute, son orgue de barbari, S'éffaça au lointain, retomba dans l'oubli , Amoureux de liberté, ainsi va sa vie...
Le père chante dans une chorale de copains, ce qui signifie, selon la mère, qu'il ne suit la messe que de très loin, là-haut dans le jubé, où - elle en est sûre - il préfère papoter avec l'organiste plutôt qu'écouter le sermon du curé.
- Mais qu'est-ce que tu en sais, répond-il en haussant les épaules.
- Je le sais parce que je vous entends! On vous entend bavarder jusqu'en bas!
- Ça, dit le père, c'est José.
C'est vrai que l'ami José a une voix de stentor, alors que le père maîtrise l'art du chuchotement.
Deux ou trois dimanches dans l'année, le père est obligé de suivre la messe sans les copains: c'est quand la famille est en vacances au camping en France. Ces matins-là, le père, la mère, le fils et la fille sont toujours parmi les premiers arrivés et si assidument présents dans les premiers rangs, année après année, que le curé de la paroisse a demandé à la mère de bien vouloir faire la première lecture.
- Mais je suis Belge! a répondu la mère, comme s'il y avait un rapport.
- Et alors? a dit le curé, vous êtes Belge mais vous savez lire, je suppose?
Alors la mère a accepté, l'honneur de la patrie était en jeu.
Puis quand venait le moment de la quête, le père faisait rire la fille en lui chuchotant chaque fois cette petite phrase, au moment où il lui remettait la piécette à déposer dans le panier:
mais d'une idée qui tienne la route, qui me plaise, qui "matche"...
Jacques Brel - Les vieux (Olympia 1966)
Jacques Brel - Madeleine
Ce "Grand Jacques" m'impressionne et là grimé m'effraierait presque... Il a bercé mon enfance avec "Les vieux" (la pendule qui avance, qui dit oui, qui dit non, qui dit... je vous attends !) et un peu plus gai "Madeleine" (ce soir, comme tous les soirs, j'attends Madeleine... qui ne viendra pas !). Youpi ! Du pessimisme à la pelle, du réalisme comme s'il en pleuvait... Un artiste extraordinaire qui ne m'inspire guère côté "quête" si ce n'est celle de l'impossible étoile et donc retour à la case "départ"...
En quête d'idées et même si ma page n'est pas blanche et remplie depuis longtemps par toutes formes de quêtes... En vrac : savoir, connaissance, amour, reconnaissance, dépassement de soi, paix, sérénité, partage, besoins tant essentiels et basiques qu'inessentiels et optionnels, tant matériels qu'immatériels.
Les Parisiennes - L'argent ne fait pas le bohneur (1966)
Si je sais depuis longtemps (grâce aux charmantes Parisiennes, les "originales" pas les copies !), que "L'argent ne fait pas le bonheur"... voici quelques quêtes recensées :
- quête du Graal : mythique ("c'est pas faux...")
- quête du secret de jouvence : faustien (vaut mieux que deux... tu l'auras ?)
- quête de sens : joker ! (GPS indisponible),
- quête d'éternité, d'au-delà : sans urgence... vraiment !
Côté iconique, cette sévère sébille en fer blanc parfaitement décontextualisée naïvement cadenassée (la confiance règne !), plus près du tronc adossé au pilier d'église près du bénitier que de la modeste corbeille que les paroissiens faisaient passer et où je déposais la pièce de un franc que ma mère m'avait donnée avant d'aller à la messe du samedi soir...
De retour de la ville du Puy-en-Velay, voici une simple photo prise fin mai en ce haut lieu de pélerinage tant religieux que non religieux...
(statue de Saint Jacques)
Ah j'oubliais ! Je viens de finir ce livre (oui, ma période islandaise est permanente !). Non, pas un polar. Un livre de 2007. Tout à fait en rapport avec le thème de la quête : le personnage est passionné de roses et cela va le mener loin... à tous les sens du terme !
Alors que le Pape dans son dernier soupir pense à un monde meilleur et couche par écrit ses dernières espérances, la bulle du Pape s’envole aspirée par l’air de la cheminée du grand salon.
La mort du pape a -t-elle plus de secrets à nous livrer sur les l’énigmes de la vie ?
La bulle continue à monter, monter à travers le conduit de cheminée.
La voilà maintenant qui flotte sur les toits du Vatican, ses reflets bleutés sont immédiatement perçus par les gardes.
Nous voilà au fond de l’abîme crie un prélat penché à la fenêtre. Une sœur plus stoïque tente de grimper par la façade pour atteindre le toit.
C’est sœur Amélie, sa robe flotte dans l’air et frère Paul stupéfait de découvrir la culotte de sœur Amélie rougit comme une jeune pivoine .
Une joie honteuse parcourt son frêle corps et lui donne des ailes. À son tour agrippé à la robe de sœur Amélie frère Paul ragaillardi se hisse sur le toit.
Les pieds nus frères et sœurs sont maintenant une palanquée sur le toit à tenter d’attraper la bulle qui virevolte joyeusement au-dessus de leurs têtes juvéniles.
Ils rient, ils pleurent. On dit que le premier baiser ouvre la porte des larmes. Ici, en cherchant une parole sans vérité enfermée dans cette satanée bulle, ils découvrent pour la première fois les discrètes étincelles de leur jeunesse.
On se croirait à une fête foraine, les étoffes, les mains, les corps si gênés habituellement de se retrouver en plein jour ce qu’ils s’offraient les nuits s’éclairent ici dans la vérité toute crue.
Puis, la bulle en rebondissant sur le toit s’éloigne inexorablement dans la ville.
Il est écrit dans cette bulle que le ciel est étonnamment vide. C’est un vieil accordeur de piano qui a réussi à attraper la bulle . À la découverte de cette révélation faite par le Pape quelques secondes avant sa mort , il a modifié cette dramatique révélation et comme un bon accordeur de piano il a retendu les cordes vers un ciel habité.
"Bougre d'olibrius! Ne la laisse pas filer" ̶ Qu'est-ce qui s'passe là, Germaine ? ̶ C'est rien Marcel, c'est une bulle ̶ Une bulle de quoi ? ̶ Une bulle... notre fils fait des bulles ̶ Depuis quand y fait des bulles ? ̶ C'est tout récent. Il fait partie de la bande des Cinés... Il a même un pseudo : Phil Acter ! ̶ Phil Acter ? N'importe quoi. Y f'rait mieux d'réviser son bachot "Je dirais même plus : c'est une aventure... heu... bizarre" ̶ Le bac ? Une aventure bizarre ? ̶ Mais non, Marcel. C'est encore une bulle de notre fils ̶ J'y comprends rien. Il en a encore beaucoup comme ça des bulles ? "Czesztot on klebcz!" ̶ Combien ? ̶ Non, c'est encore une de ses bulles, ça doit être du serbe ou du croate ̶ J'lui en foutrais du serbe au croate, moi. Y f'rait mieux d'apprendre son anglais "Pouah!" ̶ Pouah! Môssieur fait l'dégoûté par dessus l'marché ? ̶ Marcel... ça c'est ses onomatopées, il en a tout un tas dans sa chambre, des Blam, des Plaf, des Crouiic, des Beeek! ̶ Et ça sert à quoi des Beeek ? ̶ Ça sert à faire des bruits, comme un Cui-cui ou un Hi-Han ̶ Les Hi-Han ça lui va bien à cet âne bâté ! "Ah! je ris de me voir si be-e-elle en ce miroir!..." ̶ Ne m'dis pas qu'c'est encore une de ses bulles ! ̶ Marcel, c'est pas une bulle, je suis en train de rire de me voir si belle en ce miroir ̶ Si tu pouvais éviter de t'admirer pendant que j'te parle sérieusement de l'avenir de not' âne bâté de fils ! "Et pendant ce temps-là, à des kilomètres de là..." ̶ C'est ça! Détourne la conversation à des kilomètres ! ̶ Je ne détourne rien, c'est encore une de ses bulles "SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZZZZ !" ̶ Germaine! Tu peux demander à TON fils d'arrêter ses conneries ? ̶ Excuse-moi mais si on ne peut plus chantonner dans cette maison... "Brian is in the kitchen" ̶ Ah! Enfin une bulle intelligente ̶ Non Marcel... là il est vraiment en train de réviser son anglais ̶ Et ben, s'il en est encore à Brian... pour le bac... c'est pas gagné... il a pris de bonnes options au moins ? ̶ Oui il a pris Arts Appliqués ̶ Arts Appliqués ? Encore un truc pour coincer la bulle !
Et qu’est-ce que je pourrais vous soûler avec cet itinéraire qui va de Placid et Muzo à Fabcaro en passant par les héros de Vaillant, Pif-Gadget, Tintin, Spirou, Pilote, Charlie Mensuel, A suivre, Fluide glacial…
Comme j’ai décidé de faire court je vous livre juste un petit jeu très facile. Saurez-vous trouver quel personnage de bande dessinée a prononcé ces paroles dans un phylactère si mémorable que je m’en souviens encore ?
1 Bretzel liquide ! 2 Je suis mon cher ami très heureux de te voir ! 3 C’est un Alexandrin ! 4 Je veux être calife à la place du calife ! 5 I’m a poor lonesome cow-boy far away from home 6 Et combien de sucres dans thé à toi, subséquemment mille tonnerres ? 7 Ne négligeons pas le fait que je suis peut-être génial ! 8 Pas glop ! Pas glop ! 9 Ils sont fous ces Romains ! 10 Je ris de me voir si belle en ce miroir 11 Venise sera ma fin 12 Je dirais même plus 13 M’enfin ?!
A Bianca Castafiore B Corto Maltese C Dupond (ou Dupont ?) D Iznogoud E Le Concombre masqué F Lucky Luke G Numérobis H Obélix I Panoramix J Pifou K Snoopy L Tempête rose (dans un album de Chick Bill) M Gaston Lagaffe
Finalement, je suis bien content ! Mon intention première sur ce défi était de coincer la bulle ! Comme quoi je peux encore en sortir, de ma bulle !
Pour avoir la solution de l'énigme, retournez l'écran de votre ordinateur ! ;-)
Je ne suis pas très branchée "bande dessinée". Plus jeune, j'ai lu Tintin, Astérix et le Journal de Mickey surtout,; j''étais membre du club des Castor junior. J'ai toujours quelques livres de cette époque dans ma bibliothèque.
Et puis à un moment, je me suis branchée sur les bruns ténébreux style Etienne Daho et Corto Maltese. J'aime les phylactères littéraires et artistiques d'Hugo Pratt.
J'ai déjà vu aussi à la synagogue de Casablanca des phylactères ou dans certains quartiers de Paris, notamment le Sentier, que nous fréquentons depuis vingt cinq ans avec mon mari (et lui plus encore).