Défi #180
DEGUISEMENT
Quel déguisement choisiriez-vous pour vous rendre à une soirée costumée ?
Expliquez votre choix (libre à vous d'inventer au besoin, bien sûr !)
Nous attendons vos récits à
A tout bientôt !
DEGUISEMENT
Quel déguisement choisiriez-vous pour vous rendre à une soirée costumée ?
Expliquez votre choix (libre à vous d'inventer au besoin, bien sûr !)
Nous attendons vos récits à
A tout bientôt !
Venise ; Lise ; Ristretto ; Mamido ; rsylvie ; Droufn ;
Vegas sur sarthe ; Joye ; Lorraine ; Tilleul ; EVP ;
Sable du temps ; Anémone ; titisoorts ; MAP ; Vanina ;
Sebarjo ; Joe Krapov ; Zigmund ; Teb ; Skl@beZ ;
Célestine ; Caro_Carito ;
Depuis hier, les pluies se déversent sur les collines. Le ciel noir, lourd et si proche semble vouloir enfermer tout le bourg en son sein.
Impossible de croire que ce déluge puisse cesser.
Le jour n’existe plus, peut il revenir ? Ce triste temps suspend les heures.
L’ennui nous ronge, et les minutes s’écoulent bien moins vite que les rus qui se forment sur les prés voisins.
Nous sommes emprisonnés, en nos demeures cloués, les yeux rivés sur ces cumulus sinistres. Comment pourrions-nous être sereins.
Ici, tout le monde se souvient du mois précédent. Les rivières en crues firent de nombreuses victimes.
En moins de cinq heures, les environs devinrent des zones sinistrées. Les émissions météo ne purent rien prévoir. Les jours qui suivirent, elles présentèrent des excuses bien inutiles. Personne n’est devin.
Toutefois, en ce jour, nos peurs remplissent les moindres interstices.
Plus de voitures, plus de téléphone non plus, l’électricité fonctionne encore, pour combien de temps ?
Petits, nous sommes petits, infimes fourmis surprises d’être si peu de choses.
Nous les donneurs de leçons, les intelligences suprêmes, les êtres supérieurs.
Les éléments dévoilent notre supercherie.

Ouf, ce qui est bien c’est que son nom ne contienne nullement cette lettre interdite de cité… pour ce texte uniquement, je l’espère.
Rive- de Gier, dernière commune, Sud/Est Loire (42), limitrophe avec le Rhône.
C’est une ville un peu morne, sinistrée économiquement. Il est perdu depuis fort longtemps, son triple « précédent du B », c’est sûr !
Heureusement, les gens d’ici sont gentils et ouverts, ils discutent et utilisent de drôles d’expressions, dont les mots bien de chez eux illustrent précisément ce qu’ils veulent dire. Leur voix, pour les prononcer, utilise des inflexions insolites qui leur sont spécifiques. Qui les entend, nul ne les oublie !
Un seul exemple, concis « Je suis coufle » (Je suis rempli de nourriture, mon ventre déborde, rien ne peut plus rentrer)
Rive de Gier est située en fond de cuvette, entourée d’un écrin de verdure sur lequel poussent de nombreux vergers (pêchers, cerisiers, pommiers et poiriers essentiellement), et de monts ensoleillés dont le plus proche porte le nom d’une dune bien connue, situé près de Bordô, je crois.
Si je suis très heureuse de vivre ici, c’est que je suis d’ici, intensément, profondément.
Même si je suis née un peu plus loin (douze kilomètres !), en cette bonne ville de St Ch’mond, où un « coureur d’étoiles » qui écrit quelquefois sur le net, trouve ses origines. Plusieurs d’entre vous le remettront, nul doute.
Voili, voilou, je ne vois rien de plus qui puisse être exprimé sur cette douce cité qui m’est chère.
« Venez-y donc, vous verrez, vous serez les bienvenus !!! » (Le tout dit, bien sûr, sur ce ton insolite cité ci-dessus, si singulier que : qui l’entend, nul ne l’oublie…)
Chere mum, cher popou.
ojourdui il fé gris, du coup on doit vous écrire un mot. Nous sommes bien ici. Den le dortoir des filles on est 18. Notre mono est gentille. C’est elle qu’est une des plus belles de toutes. On menge bien, mé c’est trop tot. Mé bon, insi on peut jouer plus longtemps ! Je me suis fé cinq copines. On s’est nommée « les bleuettes». Je trouve que c’est joli.
Hier le chef dit « on visite le coin ». C’est comme une grende ville, sofe qu’elle est plus petite. J’éme bocoup plus notre chez nous. Ici, c’est que des mésons collées, les unes toute les unes ensemble. Je crois que les enfents peuvent nullement courir otour de leur méson tent qu’elles se collent. En plus, elles sont tellement immenses qu’on ne voit plus le ciel. Moi je crois, que c’est ce qui fé que les gens qui vivent ici, ils sont tristes. Et puis, on doit toujours se promener, en réson des voitures qui viennent de rues qui t’entourent de tous les cotés, que t’es obligé de voir des 2 yeux en meme temps. Moi je suis drolement épuisée qu’en je reviens d’en ville.
Gé bien émé visiter le musée de l’océen. Surtout qu’on peut y voir des poissons gros comme des vrés ! Meme qu’une ré toute mince comme une feuille, qu’on peut toucher, elle voulez me fer des giligili sur le nez. Vrément je croyé que c’été mes dernières heures ! quelle frousse on s’est féte toutes les bleuettes.
Bon, je né plus où écrire sur cette feuille, je vous bise bien fort.
Bondy Frejus Montfermeil Vernon Chelles Bois-Colombes Boulogne-Sur-Mer Bobigny Rodez Le Kremlin-Bicetre Brunoy Neuville Meudon Montigny-Les-Metz Vincennes Lisieux Gennevilliers Montlucon Villeneuve-Sur-Lot Compiegne Tournefeuille Nevers Sevres Begles Thionville Bourg-En-Bresse Lunel Couilles-sur-bite Le Petit-Quevilly Suresnes Sete Corbeil-Essonnes Rosny-Sous-Bois Moulins Istres Montgeron Fougeres Libourne Montrouge Le Plessis-Robinson Torcy Bron Bretigny-Sur-Orge Noisy-Le-Sec Gif-Sur-Yvette Lormont Cenon Vitrolles Joue-Les-Tours Le Mee-Sur-Seine Loos Lens Muret Poissy Givors Melun Croix Reze Montmorency Montigny-Le-Bretonneux Dieppe Orly Choisy-Le-Roi Vertou Villepinte Gros-les-seins Luneville Clichy Oullins Dole Evry Sucy-En-Brie Gonesse Blois Villejuif Grigny Poleymieux Gleizé Ecully Voiron Issoire Firminy Olivet Verdun Hennebont Lievin Lyon Toulouse Echirolles Montpellier Rennes Reims Lille Toulon Dreux Grenoble Dijon Brest Schiltigheim Creil Limoges Nimes Tours Metz Perigueux Mulhouse Vienne Rouen Vierzon. Houilles Sotteville-Les-Rouen Tourcoing Soissons Montreuil Limonest Poitiers Poils-sur-la-verge Creteil Menton Vitry-Sur-Seine Clichy-Sous-Bois Bourges Dunkerque Courbevoie Meyzieu Beziers Lomme Bethune Pontoise Quimper Ermont Yerres Troyes Villemomble Neuilly-Sur-Seine Sens Lorient Vichy Niort Bezons Le Creusot Venissieux Mions Villiers-Le-Bel Cergy Cholet Pierrefitte-Sur-Seine Les Ulis Rochefort Hyeres Evreux Vigneux-Sur-Seine Ivry-Sur-Seine Cherbourg-Octeville Belfort Miribel Fresnes Mon-cul.
Sinon je sais faire aussi l'inverse
A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A
Voilà
Depuis qu'cette foutue lettre est tombée, rien n'tourne plus rond en notre bonne ville de Dijon.
On doit écrire sur tous les pots "Bon sénévé de Dijon"! Qui peut comprendre, qui veut goûter?
J'm'inquiète pour le sirop d'mon kir... plus d'groseiller noir, plus d'kir. Rendez-nous not' K six!
Et nos mollusques de Bourgogne fourrés d'beurre et d'persil?
Le monde entier croit qu'notre pin d'épices vient d'Gironde.
Encore heureux qu'on préserve not' fondue et qu'elle contienne du boeuf.
Et not' persillé n'est plus qu'une gelée noyée d'bourgogne ligoté!
Cré vingt diou! Je suis d'Gevrey et orgueilleux et même si c'te foutue lettre est tombée, j'suis fier d'être et d'rester bourguignon!!
Le petit film :
Le billet-doux :
des gens privés de l’emploi
d’une lettre précise
vous diront que c’est impossible
d’écrire une histoire d'émotion,
puisque c'est cette lettre qui exige
qu’on ouvre
les bouches et les cœurs,
celle qui permet d’exprimer
joie, bonheur, émerveillement, sérénité…
celle qui communique
quiétude
c'est bien utile
pour rédiger une histoire de tendresse
toutefois,
muni
des vingt-cinq lettres qui restent,
on peut évidemment détester,
on peut tuer, blesser,
meurtrir, torturer,
flétrir, tourmenter, supplicier
on peut, en toute bonne conscience,
retirer les ongles d’un individu
pour qu’il hurle silencieusement une confession
telle que nous voudrions entendre
qui plus est,
on peut écrire
moi-moi-moi-moi-moi
dans tous les lieux
six mille fois,
nickel
l’imperfection de l’idée
ne se ressent point du tout,
tout simplement,
quoique…
pour bien écrire une histoire de cœur
le son de cette seule lettre
nous est essentiel
Le plus court chemin pour visiter Bruxelles ? Je l’ignore. Je m’y promène d’instinct, je coupe une ruelle, débouche sur un rond-point, emprunte une cour secrète, me retrouve sous un porche creusé d’un lit de pierre sur lequel dort pour toujours un seigneur entouré de touristes respectueusement perplexes.
Je ne vous conte guère l’histoire de cette cité où bouillonnèrent révoltes et révolutions, conquêtes et rebellions. C’est le sort de toutes les villes opulentes voici des siècles, que pourfendirent le peuple et la milice, le bourgeois et le gentilhomme. Il en reste quelques frontons déglingués de gloires oubliées, des lieux pittoresques, quelques tours d’enceintes, des demeures dont l’huis de chêne s’ouvre encore sous le gong du heurtoir de cuivre. Des vestiges ensevelis sous les embellissements successifs d’une ville pourtant riche de ses turbulents souvenirs.
En sus, Bruxelles incorpore ses rues dont les noms suggèrent des exploits ou…rien du tout. Peut-on trouver un point commun entre cette Rue du Melon et celle du Monténégro ? Le clos des Tulipes et le Chemin de Poésie ? Le Coin des Muses et le sentier des Oliviers ? Aucun sinon qu’ils sillonnent les communes, les colorent d’un sceau qui leur est propre et dont je ne puis vous dire qu’une chose : tous ensemble ils composent cette ville où je suis née et qui , dès lors, est mienne.
Entouré de bois et de collines, mon bourg est tout petit. Je ne cite point son nom, il renferme une lettre interdite…
Tout près de chez moi, une forêt de chênes rouvres, de frênes, de peupliers et de conifères qui restent toujours verts, offre son ombre et ses sentiers en été et permet surtout de trouver du bois pour nourrir le poêle en hiver. Chevreuils, cerfs ou biches y trouvent refuge. Les derniers loups ont été tués depuis bien longtemps…
Mon logis est modeste, je m’y sens bien. Non loin de chez moi demeure une copine qui tient une boutique ou vous pouvez trouver outre du sucre, des légumes ou des boites de conserve, une serpillière, des piles, ou des serviettes… Je ne peux tout énumérer. C’est précieux pour les têtes de linotte comme moi qui oublie bien souvent des petites choses lors de ses courses en ville.
Les nuits sont silencieuses et noires, point de bruit de voiture pour troubler vos rêves. Les réverbères éteints permettent de découvrir des milliers d’étoiles qui scintillent. De temps en temps, vous pouvez percevoir le ululement d’une chouette chevêche. Qu’il pleuve, qu’il vente ou que le soleil brille, les bouvreuils, merles ou rouge gorge côtoient les pies et les corneilles venues pour engloutir les tournesols semés pour eux.
Pour vos sorties, point de ciné ni de musée, seules quelques soirées entre voisins où rires, bonne humeur et jeux de belote s’invitent. Cinq kilomètres plus loin, une petite ville offre tous les loisirs possibles… Non ! Je ne m’ennuie nullement. Pour meubler mes temps libres, je peins, je tricote, je visite différents blogs que j’estime (Berthoise, Joye…*) ou bien j’écris ce défi…
* Je ne peux nommer les blogs qui renferment une lettre interdite. Mille excuses.
Je viens de découvrir ceci :
Pourquoi le Père Noël
En luge, venu du ciel,
Grogne-t-il ce moche HO ! HO ! HO !
Plutôt que Hihihi qui est plus rigolo ?
Ou bien COUCOU VOICI LES JOUJOUX !
Qui est drôlement plus doux ?
Voyez-vous c’est en 1930-31 que ce veuf,
S’est dessiné comme presque définitif,
Alors ?...Vous déduisez ?...Un peu de pif !!
1930 est ultérieur ….Oui… 1929 !!
Le boum, le weezz, le flop, souvenez-vous !
Jeudi noir, vendredi triste, week-end de zouk !
Et bien c’est de ce temps qu’on lui impose
Ce HO ! HO ! HO !...Si ridicule chose !
Voici comment il perdît son triple HI !
Enfin c’est ce qu’on dit en mon Poitou
Où on ne se mouche guère du genou !
CQFD
Terre d'icônes
nuit de lune pleine et froide.
Les étoiles scintillent et illuminent le ciel de Novgorod.
Il neige de gros flocons, lourds et serrés.
Venu de Sibérie, l'hiver russe recouvre les terres durcies , rosit les joues, pique les yeux, s'infiltre sous les lourdes pelisses de fourrure et nous souffle les hurlements des loups.
Le givre pose ses dentelles sur les coupoles des églises.
Roubliov le moine, les doigts engourdis de froid, colore le bois vieilli, de pourpre, de vert et d'or, et dessine les contours de trois êtres vénérés.
Du couvent de Goritsy, s'élèvent les voix des nonnes en prières. L'odeur de l'encens flotte sur le choeur, en volutes légères, les lueurs des cierges tremblotent sous les morsures du vent.
Sergueï le poète écoute les récits des pêcheurs de Kiji et rêve de princesse moscovite, souvenir d'un temps révolu, enfui pour toujours.
Sur le fleuve gelé, des petites filles blondes et rieuses, glissent et tirent les luges en bois. Leurs cris joyeux résonnent, et, montent vers moi, des bribes de ritournelles oubliées.
Près du feu qui rougeoie, Fédor, poil soyeux et pupilles de lynx, ronronne de bonheur.
Thé noir, pirok, bonbons de miel, bien-être et douceur d'un foyer russe.
Je somnole et m'endors. Fée des neiges, envole-moi, et offre-moi un lever de soleil sur Petrodvorets.
"Bruxelles mon bel", roucoule ce cher Dick,
Qui vient droit des régions dessus notre Belgique
Et dont voici le nom tout heurté d'interdits.
Nulle première voyelle, qu'on se le tienne pour dit !
Mettons donc de côté les réflexes féministes
Et de mes belles conquêtes dressons une première liste.
Si Bruxelles ne peut plus être un nom féminin ,
Il peut bien devenir un de mes concubins.
Toutefois comme on le dit en nos provinces du Nord:
Opgelt! Méfiez-vous du sexe qui se croit fort.
Le Prince Cher ment! Il frime, évidemment!
Pour preuve voici l'exemple le plus curieux qu'on puisse:
Son symbole se révèle un simple bébé qui pisse !
Brel le modèle, espiègle, du temps des omnibus.
Bruno, lui, veut l'offrir, présent issu des puces.
ll se goinfre de frites et s'inonde de bière,
Signes de virilité dont il est tellement fier!
Pourquoi voulez-vous donc que je le trouve bel?
Suis-je peut-être lesbienne, bref je le préfère "elle".
Ce poème de deux sous, eus-je peine pour l'écrire?
Perec qui lui le "e" se propose de proscrire
Dut certes en surmonter de vertes et plus belles.
Pourquoi fit-il le choix de ne point nous entretenir de Bruxelles?
On en chuchote, surtout en ville, Soorts -Hossegor. Les gens en sont restés cois, des personnes en pleurent de cette perte. Il est juste de dire que le B en est resté bouche bée. C'est évident, ils s'inquiètent tous. Eh oui, c'est pour lui, que le couperet est en suspens. Le C et le D ont cédé, peur du décès. Les mots du E ne sortent plus il est heu, boulversé. Le F souvent porté fier, MLF, FO, est recroquevillé, blotti. Tout le monde lèvent le point, G envie de pleurer. Le H le i et le O restent unis, ensemble ils pleurent leur confrère première lettre, je rigole moins, les hi hi ou ho ho sont moins drôles. Il est sûr, les plus vieux s'en vont les premiers. C'est dur. Les mots restent bloqués en moi. Je rêve de toi. Ici J, ne dort plus, il rêve de tombe. Le K est compliqué. Le L veut se doubler pour s'envoller, il M. En ville une N monte, O, je me rends compte, que toute P doit revenir. J'en reste sur le Q, sûrement besoin de prendre l'R, hors de cette ville où tout le monde se côtoie. S T mots qui me font perdre tête et pieds. Le V de victoire un jour ici, le doubler peut être, oui un W pour leur montrer que nous sommes encore ici. Lorsque je pense grèce, eux qui ont perdus le triple, si un jour je l'Y, c'est que l'europe, devenu moins folle vit. Et qui, le héro signé du Z de Zorro, nous montre le chemin, vient, nous te suivrons. Chez moi, Soorts Hossegor ou bien loin, c'est identique, le sort en est jeté. Le président sur son destrier doit nous positiver, j'en reste coi. J'en ri ...
Quelque soit l’endroit sur toute notre terre, en toute région, Lille ou Lutèce, quel que soit l'endroit où je vis ; en son groupe de six, tout comme en celui de vingt-six, il est en tout lieu premier, premier des voyelles et de l'écriture.
Or, un sombre jour, tout comme le "E" de Georges Perec, on ne le vit plus.
Fini le quotient dette/PIB, plus question de porc où il est cinq fois répété, que vont devenir nos buveurs pénitents, ...
Une immense quête, telle celle de Philémon en pleine mer, prit vie en ville. Entre immeubles et buildings, on le retrouve enfin qui erre sur un trottoir, il est usé, fiévreux.
En un souffle, il tente de s’exprimer « ... » plus le moindre son. Il ne se souvient plus qui il est.
Tous en ont conscience, si le premier s’éteint, c’est tout le verbe qui prend congé.
Le V et le I s’en mêlent. Le V culbute en symétrie sur l’horizon Λ et le I tourne de 90° ─ ... ensemble, ils forment le premier !
Celui-ci se voit... s’étonne et s’écrit : « Mémoire, enfin tu me reviens ! »
L'endroit où je vis n'est ni un bled ni un bourg, ni une cité ni une métropole. C'est une ville tout simplement. Comme le fleuve pour obtenir un lit soyeux, elle creuse doucement l'humus et les roches tendres, s'y enfonce lentement et forme un nid douillet. C'est une porte, lisière du finistère et de ses fières côtes bretonnes, une igue qui s'ouvre sur les digues où écument mers et vents. C'est mon trou de verdure, mon livre de chevet, mes notes de musique, mon blues, mes coups de coeur.
Ce Georges Pérec et ses émules, décidément, quels chieurs ce sont !
Celles et ceux d'entre vous qui me croient Breton se gourent lourdement, se mettent le doigt « in the eye until the knee » si je peux dire (M. Reverso et Mrs Joye me corrigeront si cette tournure est incorrecte). Je ne suis rien qu'un Ch'ti en exil chez les « Breizhou », un immigré presque intégré et je suis très heureux de me trouver ici où je vis et crèche depuis 1997.
Rennes ! Ses spécificités, ses délires, ses monuments, son côté « terriblement stérile » : « Rien n'y prend excepté le feu », dixit un supérieur de prêtres un poil ignifugé qui connut peut-être l'énorme incendie de 1720 et celui du toit surmonté d'emblèmes dorés sous lequel des gugusses en robe( et perruque ?) rendent un minimum de justice encore de nos jours.
Rennes ! Prenez pitié de moi ! On m'y torture en silence, on obtient de moi que je devienne une espèce de moine bénédictin rongé de chiffres, de listes et de procédures, on m'y trucide sous des tonnes de livres de comptes pour me fournir en retour, en un système de troc presque éternel, le peu de fric que j'utilise pour tortorer, nourrir mon épouse et quelquefois (souvent ? toujours ?) trépider du ciboulot. Oui, c'est ici que je vis et bosse et me meus tel un ongulé de première du désert.
Le bus n° 11 m'emmène, que l'on soit lundi, mercredi, jeudi, vendredi vers Cesson-Sévigné. Il tourne toutefois vers senestre et me dépose près du RU, entouré de jeunes gens peu réveillés qui s'en vont étudier toutes sortes de disciplines plus ou moins scientifiques.
Le week-end c'est une musique toute différente. Je me lève moins tôt, j'enfile mes godillots et je descends en ville humer les bonnes odeurs des commerces en extérieur des Lices, remplir de nourritures diverses une gibecière en osier puis je file en toute liberté zyeuter les merveilles et trésors qui m'entourent.
Rennes ! Que vous dire, sinon qu'une rivière coule en son milieu et qu'elle est bien plus jolie que le nom qu'elle porte. « Ouest-torchon » une institution du coin sise rue du pré-Botté pond moult lignes ces temps-ci sur ce sujet rigolo : on projette de doter d'un nom exotique les résidents de notre district : les Breizh-iliens !
Lorsque s'en vient le jour où le Seigneur se repose, je me promène souvent le long des péniches en file indienne qui semblent indiquer, telles les pierres du Petit Poucet sur le sentier du bois, le chemin du centre ville. Comment vous décrire mes coups de cœur, mes tours et détours, mes points de chute ? Que vous dire de cette ville que je chéris si fortement ?
Peste soit des Oulipiens, de leur liposuccion kilométrique et de leurs jeux cons-cons ! Mon lexique est restreint d'une voyelle rien moins qu'essentielle et c'est bien ennuyeux de devoir l'éviter ! Peut-être est-il plus simple d'énoncer poétiquement, en peu de sons, tout comme le font les poètes nippons, ces lieux qui me séduisent, ces coins de verdure qui me revigorent, ces étendues cernées de logis où l'on peut voir de jeunes mômes juchés sur des bêtes de bois, (cygne, lion, jument très Disney-Poppinsienne , bidet noir ou gris ou beige que, ni hic ni nunc ni oncques l'on n'entendit hennir ou gémir) ou bien grimpés sur des véhicules divers : gros truck rouge de pompier, zinc dénommé « Petit prince », etc ? (Goûtez-vous comme le périph' coupe le poil ici?)
Je commence donc cet énoncé de lieux "indicibles" de Rennes que l'on peut considérer, si on le désire, comme une suite de devinettes (très géocentrées, indeed forcément, beloved Joye !) :
Orphée pétrifié :
Hermès enlève Eurydice
Et court vers l'Enfer
Déesse des nuits
Ton chemin cynégétique
Epuise tes chiens
Un dieu et neuf muses
Se sont perchés sur le toit :
On joue « Othello »
Mère du Seigneur
Reine chérie des Bretons
Ce lieu t'est dédié
(On y vend de vieux bouquins,
Les mômes y tournent en rond)
Les rues sont désertes
Doucement le soleil pointe
Le bout de son nez

Tête découpée,
Victime d'un sculpteur fou
Rue de Coëtquen
Vénus dénudées,
Coloriées pour, nous dit-on,
Trouver nos voitures
(C'est nous supposer ivrognes :
On ne boit que du jus d'fruit !)
Volière importée
Edifice un peu chinois
Chez monsieur Bühler
Ici, sous le kiosque,
Combien de temps, les scottishs ?
Le biniou s'en fout.
Ce Georges Pérec et ses émules, décidément, quels chieurs ce sont (Sévigné) !
P.S. Le titre de ce texte fait référence à celui d'une chanson des Sparks. (On se venge comme on peut des consignes tordues de son voisin du dessus !).
Ici c'est chez moi : Forêt-ville
Une route, très fréquentée en été, vous y mène.
Dès le rond-point d'entrée, l'enseigne du super U vous en met plein les mirettes.
Plus loin derrière, se profile l'église pompeuse et moche style riquiqui plus que rococo.
Mon job de toubib des yeux, je l'exerce pile poil, près de cette église et d'une poste. Et neuf médecins exercent non loin d'ici.
L'hôtel de ville de verre et béton est moderne et jure un peu : le reste du décor est si désuet...vielles pierres grises ou plutôt couleur écru et des toits de schiste noir disposés en tous sens.
Oublions le roi qui vécut ici peu de temps en un logis historique, non loin d'un lieu de justice et d'une vielle prison devenue centre socio culturel.
Nous comptons peu d'usines.
Nombreux bovins et quelques moutons,trop de cultures OGM.
Verte est donc cette petite ville oubliée des touristes.
Deux écoles : une publique, une privée et deux collèges itou.
Un unique ciné permet de voir huit films récents tous les mois.
Mon logis est le seul dont les volets ont osé l'or ou le tournesol (cette teinte est ici interdite.)
Une école de musique, et un petit orchestre : j'y sévis régulièrement sur un instrument en bois. Célèbres sont les coin-coin de Zigmund !
Les électeurs sont plutôt vieux, lents, sereins, doux et leur cœur est souvent droitier.
Prisonnier docile, je vis ici depuis longtemps, proche de divers potes, individus de tous poils et de toutes obédiences...
Cette lettre interdite donne un texte insipide trouvé-je, rendez-nous cette voyelle pointue !
- elle est très utile pour le rire,
- si vous êtes médecin : ridicule, et inutile de dire : "dites O ou U ou I" pour voir une luette
-et comment fredonner "petit poussin je t'enlève bientôt tes plumes" directement inspiré de ce qui précède...
-d'un point de vue économique, de cette voyelle perdue ne portons point le deuil ; du point de vue du scribe, c'est regrets éternels !
Non ! non ! C'est trop dur libérez les voyelles !
Dès potron-minet, en cette première journée d'un week-end de juillet, je décide d'emprunter une vedette qui, tous les sept jours en été, effectue une mini croisière depuis le port de commerce de Brest jusque l'île de Molène.
En cette demi-heure qui précède le moment de pousser du bord, se pointent les touristes que leur déguisement multicolore nous permet d’identifier entre tous. On voit bien que ce sont essentiellement des juillettistes, leur comportement est un peu fébrile. Boîtiers photo numériques et systèmes de prise de vues vidéos portés en bretelle comme une musette, ils se morfondent et espèrent quitter le ponton le plus vite possible. Empressés, ils guettent ce moment très désiré.
Dès le coup de sifflet que donne un vieux mousse loup de mer, ils se pressent tous sur tribord pour contempler les boscos choquer les élingues sur les bittes.
Et vogue l'esquif !
Et l'on se précipite, qui sur l'extrémité du pont supérieur de poupe, pour espérer ne rien perdre de cette belle vue sur cette mer d'Iroise, qui en coursive pour éclipser l'éventuel écœurement que donne si souvent cette mer, qui étendus sur de moelleux sièges pour s'efforcer et tenter de continuer leurs rêves qu’une sonnerie de réveil intempestive vint interrompre trop tôt.
Nous voguons en premier lieu en zone protégée d'un brise-vent, frôlons une jetée et nous voici en pleine mer. Route ensuite sur une presqu'île de Crozon et ses fichus submersibles, les redoutés SNLE de type Terrible et Inflexible, qui utilisent le procédé de fission comme moyen de propulsion. L'Île Longue est vite derrière nous. Nous embouquons ensuite le goulet resserré entre cette pointe des Espingouins (comme on dit chez les ti-zefs) et le feu du Portzic. Le temps est splendide, brise légère, mer d'huile. Les contours du bord de mer sont toutefois un peu estompés et embrumés, ce qui, ici, est nul doute un bon pressentiment pour le suivi des événements.
En effet, lorsque nous nous présentons en proximité de Béniguet puis de Térénez, plus de brume ! Elle s’est dissipée et nous distinguons très bien le feu des Trois Pierres tout près de Molène. Quelques delphinidés espiègles et moqueurs nous précèdent en une joyeuse escorte.
Un dernier louvoiement pour éviter quelques écueils bordés d’écume et nous touchons terre, sur le môle. Nous nous précipitons sur cette petite île et nous dispersons illico, en quête de sérénité et de quiétude dont nous sommes privés sur le continent.
Je sillonne les ruelles étroites qui longent les bicoques serrées et toutes blotties contre leurs voisines. Je me dirige vers une étroite zone couverte d'herbe courte et drue et découvre, infesté de bouillées ocres de séneçon et quelques centrophylles bleues, un vieux four de goémonier. Vieux four, vestige d'une époque où nous recueillions l'hydroxyde de sodium des fucus et phéophycées récoltés sur le cordon de grève lors des reflux de syzygie.
Sur le côté opposé du bourg on distingue une minuscule église qui côtoie des vestiges de menhirs, disposés en ligne. Près de l'isthme qui semble couper l'île en deux, est érigé un monument en forme de croix. Il commémore le dévouement de tous ceux qui, lors des deux dernières guerres, ont donné leur vie pour que leur île, leur région et leur république restent libres.
On dit que vents, embruns et intempéries de toute sorte dérouillent et pilonnent cette île, je conserve toutefois de mon excursion un souvenir délicieux et ensoleillé.
Un vend du nord
Couche les blés.
Enfin, l’espoir d’une moisson.
Le vent torride que nous redoutions et le ciel gris réduisent notre bonheur
Puis une bulle de silence et le vent reprennent en vigueur.
Mes oreilles tintent, les moutons s’endorment.
Une mélodie monte des collines.
Seigneur Dieu une sorcellerie peut-être !!
Le duveteux lit d’écorce sous mes pieds dessine une empreinte
Des minces feuilles de chêne pointent leur nez vers le sol humide.
Pour me tenir en équilibre et retenir le peu de joie
Je m’éloigne des pleurnicheries du vent .
Discrètement pour ne point réveiller les fleurs des pruniers
Je me lève pour chercher des yeux le frère des routes.et des déroutes.
J’ignore ou je feins d’ignorer les émotions qui me submergent
Je sens le bois lisse sous mon poing je me recule derrière un rocher pour crier ton nom. IL m’est interdit de l’écrire
où es TU passé es tu encore dans le verger de mon père ?
Soit prudent, les serpents dorment sous les citernes.
Ne me touche point l’enfer nous guette !!!