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Le défi du samedi
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10 septembre 2011

La remplaçante (Célestine)

 

La remplaçante

On était à la machine à café avec Edgar. Comme tous les jours.

On a vu débouler une fille carrément pas vraie, ébouriffante,j'exagère pas. Des jambes, mon vieux, des seins à piquer la fortune, une carène de navire de luxe, des yeux à faire péter les braguettes, une bouche...maquillée comme une voiture volée.

Elle est passée près de nous, et son parfum nous a pétrifié le cerveau. Norbert faisait une tête ahurie, on aurait dit un de ces oiseaux indiens d'Amazonie à l’œil vide et rond comme une olive noire, sans aucune expression.

-Ferme la bouche ! que je lui ai dit, ça fait courant d'air !

-T'as vu ? Elle nous a même pas calculés, dis donc. Rien, pas un regard ! C'est qui celle-là ? a dit Edgar en sortant de sa prostration.

-Aahhh !! je vois messieurs que vous avez croisé ma remplaçante, a dit Lambert qui sortait de la compta.

Devant nos mines ébahies, il a cru bon d'ajouter : « Mais non, je plaisante ! C'est une cliente du boss. Elle vaut un gros paquet de dollars ! »Il a éclaté d'un rire gras. On était dépités.

Ben j'vais vous dire : si ce crétin de Lambert se met à faire de l'humour, c'est la mort du petit cheval !

N'empêche, je lui aurais bien proposé une formation accélérée, moi, à la « remplaçante »...

FEMME

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10 septembre 2011

Curiosité(s) (Flo)

 Curiosité(s)

C’est la boussole à la main qu’elle se plonge dans la partie à contempler la carte du défi composé de 8 cases altérées noire et blanche. Et même si la carène du navire la ramène toujours à l’équilibre, elle se demande où son voyage l’a mené et où le sien le mènera.

 

Elle contemple cet oiseau indien qui déploie ses ailes et lui rappelle par un clin d’œil qu’elle  sèmera sa route de graines en récoltera son nectar et en picorera leurs pépins. Mais pour l’heure le décryptage du parchemin parmi toutes ces constellations s’impose à son regard.

 

La longue vue lui montre un nain âne plutôt qu’un petit cheval, malformation des âmes ou perception trop étoilée, le petit prince, lui, y voyait bien un mouton. Alors c’est dire. Là,  la coloration vient du sud, cet argent si flamboyant.

 

Alors miro ne retient pas du dico l’une des 1250 espèces mais cinq étoiles visibles à l’œil nu, là, droit devant l’écran, au nord plus, relève un peu le menton.

 

Il regarde comme elle, la chaleur l’envahit, il n’est pas tout seul, la porte des secrets s’ouvre. Le pion B4 avance de 2 cases. Le gong du tramway sonne. Un effet « pschitt » le même que celui du « Bon vent ». Toute une atmosphère bien curieuse en somme que notre planète terre dégage…

10 septembre 2011

Curiosité (rsylvie)

-« Pour sur que c’en était une, de curiosité.

Il n’y avait qu’à voir le nombre de badauds installés à la fenêtre quand arrivait l’heure de la tétée du petit dernier de Manon. La jeune et jolie femme de Pierrot, marin pécheur de père en fils » pensait le viel homme, assis dans un fauteuil de cuir tout craquelé, par la marque du temps. Mais …là n’était pas le sujet. Il lui fallait répondre aux questions du chérubin confortablement installé sur ses genoux.

 

-« … Mais grand pa, maman dit toujours que la curiosité est un vilain défaut » !

rsylvie-« C’est vrai.  Certains avaient tant de concupiscence dans les yeux que cela en était incorrecte » pensa l’octogénaire les yeux pleins d’étoiles

…. Mais la nature humaine est ainsi faite, l’Homme est faible fiston » répondit-il à haute voix, poursuivant ainsi la conversation. « ….alors, il cherche toujours comment arranger la vérité, de façon qu’elle lui soit profitable. Mais en général, la moral est sauve. Tiens écoute celle-ci :

C’est l’histoire de Pégase, un jeune étalon promis à un bel avenir. Qui avait, en plus d’être beau à regarder, d’être solidement bâti. Ce qui le rendait fier et quelque peu hautain. Les autres du troupeau le craignaient d’autant plus qu’il était impétueux. Ce qui faisait que la plus part du temps, tout devenait compétition. Qu’il ne supportait pas de perdre. Cela va de soit.

Hors, dans la horde de Plume Blanche, grand chef Oiseau indien, il y avait une douce et jolie  petite jument appelée Oiseau de Paradis, tant ses yeux brillaient de milles feus, sa crinière légère au vent, et son pelage soyeux.

Lors d’une chevauchée commune, les deux tribus avaient pu s’éprouver mutuellement, et chacun de remarquer l’attirance de Pégase pour le petit cheval. Ainsi, il fut décidé que la prochaine ballade par de-là les grandes plaines, serait le terrain d’une course qui verrait le vainqueur devenir l’étalon unique. Celui qui serait seul libre de son choix, pour prendre compagne parmi les jeunes juments du troupeau.

Les jambes quelque peu engourdies, l’enfant se redresse.

S’empare à nouveau du mouchoir qui avait petit à petit quitté ses doigts, pour s’en frotter machinalement le nez, le pouce gauche plein la bouche. Pierre Jean, notre narrateur, en profite lui aussi pour se mettre dans une posture plus confortable, et poursuit son récit.

Le jour de la grande ballade arriva. Très confiant, Pégase s’élança vite... Beaucoup trop vite. Rapidement il est rattrapé par le restant du groupe, plus malins qui le laisse partir par devant, faignant d’essayer de le rattraper afin de l’affaiblir. Trop sur de lui, il n’avait pas su se ménager et a présumé de ses forces. C’est épuisé par la longueur de la course qu’il arrive bon dernier et voit la victoire lui échapper.

Fou de rage, il se cabre, se dresse sur les pattes arrières, perd l’équilibr,e pour sombrer dans les eaux troubles du fleuve, qui délimite le campement. Produisant un tourbillon si violent, que le soleil qui s’apprêtait à rejoindre la lune pour préparer la nuit, s’en trouve déséquilibré à son tour, de perdre son axe de rotation. Et tout doucement, de se pencher vers le fleuve pour disparaitre dans un bleu océan, ne laissant derrière lui que le reflet d’une ombre colorisant l’étendue d’eau, redevenue calme et sereine, d’un flamboyant rouge orangé.

D’une main mal habile grand père, qui souffre un peu de tremblements, se passe les doigts sous le menton, caressant une barbe soyeuse, vieille de plus de 50 ans de soins portés avec application. Regardant l’enfant assoupi sur ses genoux, il se flatte d’avoir réussir à endormir le petit garnement et se met à sourire, plutôt satisfait de lui.

-« je pense m’en être assez bien sorti de cette affaire….. Parce que je vous avouerai, que je ne savais pas trop par où commencer. Quelle idée me direz-vous, ces mots à placer dans l’histoire. Comme si, moi, un homme de marine, j’avais en réserve, comme ça, d’un coup d’esprit, des contes et légendes plein la tête…. Encore aurait-il été question d’architecture navale, de comètes ou autres navires…. Heureusement que le petit a toujours envie d’apprendre, de connaître de nouvelles choses. Ainsi, je peux lui parler à loisirs de constellations ou de carène de navire.

 

Rsylvie

PS : En remerciant… pour une petite Inspiration, toute naturelle prise ici… - Brave Margot

10 septembre 2011

Participation de Droufn

J'aime connaitre,

 mais pas toujours comprendre car ça me fait mal à la tête et il y a des curiosités pour lesquelles il vaut mieux se dire "Ah bon?" et puis c'est tout.

Comme par eXEMPLE : Savez vous qui a inventé l'ouvre-boîte? Ben je vais vous le dire. C'est un mec qui se nommait Louis Marcel Ouvreboite, tout simplement. Il vivait près de Porthmouffe (ne pas prononcer en mangeant un mille feuille) un tout petit bled où l'activité principale était l'élevage de tout petits chevaux. D'ailleurs Louis Marcel Ouvreboite en possédait un de petit cheval, il l'avait nommé Oiseau Indien en souvenir d'un voyage dans le sud pour rendre visite à sa frangine Ka, reine de Navire, qui avait épousé le roi de la province de Navire où vivaient beaucoup d'indiens.. ( Ça c'est fait.)

Donc je disais que le mec était l'inventeur de l'ouvre-boîte auquel il donna son nom un soir de beuverie en l'an 1640. Personne ne sait, ni pourquoi, ni comment, mais il l'a fait. Qui a t-il de curieux là dedans? Ben j'y viens. Le truc curieux voir invraisemblable, c'est que la première boîte de conserve a été inventée 60 ans plus tard.. par un certain Robert Edouard Conserve d'ailleurs qui vivait près de .. Mais bon on s'en fout un peu, j'ai assez détaillé comme ça pour la bonne cause du défi.

Curieux non? Imaginez un peu le génie du mec, inventer un outil qui servira à ouvrir un truc qui n'existe pas encore. Un peu comme si on inventait la colle à rustine avant la roue.

 

Donc là vous êtes censés dire "Ah bon?"


et pi c'est tout !

10 septembre 2011

Camille, un enfant curieux. (32Octobre)

La fin des vacances de Camille chez ses grands-parents Nestor et Natacha approche.

 

Sa grand-mère Natacha a le cœur qui se serre en y pensant. Camille a été là pendant les deux mois. Elle ne s’est pas lassée de sa présence.

 

-        Il est tellement sage cet enfant, ne cesse-t-elle de répéter à son mari

-        Qui est sage ? dit une petite voix

-        Mais toi Camille. On ne t’entend jamais.

-        Mamy, il y a tellement de choses à découvrir dans le grenier à côté de ma chambre.

-        Tu aurais pu profiter plus du soleil.

-        J’avais plein de choses à faire.

 

Sa grand-mère souriait tout en s’inquiétant. Cet enfant est trop sage, il lit trop. Elle regrettait qu’il n’ait pas plus joué avec les enfants de la maison voisine, qu’il n’ait pas plus jardiné avec son grand-père ou fait du vélo. Mais il était heureux. Cela se voyait à sa mine réjouie du matin au soir.

 

-        Arrête de te faire du mouron. Ce n’est pas la mort du petit cheval. Il est heureux comme cela, lui glissa Nestor.

 

Nestor se demandait d’ailleurs ce que Camille faisait car depuis 8 heures, il avait fait de nombreux aller-retour entre le grenier, sa chambre, la cuisine où sa grand-mère préparait son gâteau préféré, celui au chocolat intense et aux noisettes.

 

Il commençait à s’interroger quand il entendit :

-        Papy, viens me faire voir sur l’ordinateur la carène du navire

-        Tu te piques de navigation maintenant

-        Mais non. T’y connais rien, c’est dans le ciel

-        Dans le ciel, tu sais cela comment ?

-        Dans ton grand livre tout vieux sur le ciel que je viens de trouver. Il parle de la Toison d‘or. Tu viens, Papy ?

 

Papy s’exécuta, navigua entre Argo, Jason, ses argonautes et la toison d’or. Il s’émerveilla de la curiosité de son petit-fils, fut très heureux d’apprendre avec lui. Cela les mena jusqu'’au repas pendant lequel Camille parla, parla et parla encore de Jason.

 

Après s’être régalé de gâteau au chocolat, il fila de nouveau à l’étage. Ils entendirent la porte de sa chambre se fermer.

 

-        À son âge, on avale tout. Il est inquiétant. Il veut tout savoir.

-        Il se sert mieux de l’ordinateur que moi, répliqua Natacha. Il faut aller jeter un œil quand même.

 

32158Nestor monta sans bruit l’escalier, entrouvrit la porte de la chambre de Camille, le trouva endormi. Cela ne le surprit pas. Il n’avait pas arrêté de la matinée.

Il s’approcha du lit, regarda le livre ouvert près de lui. C’était « L’oiseau indien ». Cela lui rappela son enfance. Ce livre, celui que lui avait rapporté son père d’un de ses voyages lointains racontait l’histoire d’un marchand persan.

 

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10 septembre 2011

Un nom curieux (Mamido)

Papoose 

Petit Cheval et Oiseau Indien étaient cachés depuis un petit moment déjà dans l’enclos, derrière le tipi de Nuage Noir. Celui-ci était revenu depuis la veille au sein de la tribu, ramenant avec lui une épouse étrangère… si étrangère qu’elle portait un nom qui ne voulait rien dire : Mary O’Donnell. Les deux papooses étaient curieux et impatients de voir celle qui portait un nom pareil !

 

Cheval Noir aurait voulu présenter sa nouvelle épouse à l’ensemble de la tribu, mais chef Plume d’Aigle avait refusé. Comment aurait-il pu faire découvrir cette femme au groupe sans ce nom qui définissait réellement la personne qu’elle était…

Il conseilla à Nuage Noir d’aller voir le chaman. Lui saurait trouver le nom de cette femme, celui qui permettrait à la tribu de la connaître au premier regard.

 

Petit Cheval et Oiseau Indien virent Nuage Noir et son épouse sortir du tipi pour se rendre chez le chaman. Elle était vraiment magnifique, elle marchait, droite, les épaules en arrière et la poitrine fièrement bombée. Elle avançait majestueusement à travers le campement, comme si aucun obstacle ne pouvait l’arrêter ou la détruire. On aurait dit une pirogue, fendant les eaux bouillonnantes et dangereuses du fleuve…

 

Nul ne sut ce qui se dit, ni quelle cérémonie s’effectua chez le chaman.

Plus tard, après que celui-ci se fut longuement entretenu avec Plume d’Aigle, la cérémonie de présentation commença. Le chef prit la main de la femme qui se tenait fièrement à ses côtés.

« - Voici l’épouse que  Nuage Noir a ramené de ses lointains voyages. Elle se nomme « Carène de Navire » et fait partie de notre tribu, à présent. »

 

Aussitôt des murmures d’approbation parcoururent les membres de la tribu qui entourèrent le jeune couple afin de le féliciter et que chacun puisse, à son tour se présenter à la jeune femme.

3 septembre 2011

Défi #158

Ce nouveau défi a pour thème :

Curiosité(s)

Il vous sera demandé de

 glisser 3 noms de constellations dans votre texte : 

-  Petit cheval

- Oiseau indien

- Carène de navire

(et uniquement ces trois là)

dans l'ordre que vous souhaiterez !

 Que le ciel constellé vous soit propice !

 CONSTELLATIONS 2

Adresse : samedidefi@hotmail.fr

A très bientôt le plaisir de vous lire !

3 septembre 2011

C'est au pied du mur qu'on voit le maçon

3 septembre 2011

Participation de Sebarjo

 

La_po_sie_se_dessine_sur_les_murs

 

La poésie même lointaine et vague

Aime à s'étaler sur les murs

Et s'incrire sur leurs crépis impurs

Se jeter follement dans quelques tags

Pour remplacer les Fuck you et Nique ta mère !

Par cette répétition allègre et austère

La suprême injure enfantine,

La poésie qui se dessine.


3 septembre 2011

Les murs – (EVP)

                                                      2/09/11

 

Les lamentations du mur

 

C’est au pied du mur qu’on voit le maçon. Tu parles !

C’est parce qu’il est mûr que c’est un couillon ?

Non, c’est vrai quoi, moi mur ordinaire, j’en ai marre de votre suffisance et de votre bêtise à vous les hommes.

Vous nous construisez énormes, gigantesques et aussi laids que votre peur et votre égoïsme.

Pour vous séparez – Vous dites pour vous protégez- des AUTRES.

Quels AUTRES ? Bon sang de marbre !!

L’autre, parce qu’il est plus pauvre, plus noir, d’une autre religion, d’une autre ethnie, d’un autre régime politique ?

Imbéciles que vous êtes !

Votre femme est autre, votre fils, vos filles sont autres.

Vous êtes dedans ou dehors, qui sont les emmurés ?

Après un jour, vous nous cassez, vous nous démontez pierre à pierre…Et vous recommencez ailleurs ! Vraiment, vous vous prétendez « êtres pensants » Quelle blague !!

L’un de nos doyens, là-bas à Jérusalem, des tas de gens viennent confier leur prière qui commence toujours par « Shalom » qui veut dire : Paix, et juste à quelques kilomètres, on fait un grand mur dégoûtant en vilain béton gris !!

Moi, je voudrais être un petit muret de pierres sèches, pas l’un de ceux qui séparent et marquent la propriété mais un de ceux qui retiennent la terre pour la travailler.

Je voudrais être le mur d’une maison de vacances percé de fenêtres toujours ouvertes.
Et mon rêve secret : Je voudrais être un mur du Louvre ou du Prado ou de l’Ermitage, avec des cimaises et des gens qui viendraient s’émouvoir devant moi – Oui, d’accord devant l’œuvre- Mais bon, c’est moi qui la met en valeur, non ?

Allez, je retourne à mon mutisme naturel, ça vaut mieux car de colère, je me lézarde !

3 septembre 2011

Emmuré vivant‏ (titisoorts)

Difficile déjà de se rendre compte que c'est nous qui nous nous encerclons, enfermons autour d'un mur de briques, petit à petit. Le mur au début ne nous fait que de l'ombre, sournoit il nous sépare, nous renferme du monde extérieur.
Mur d'Hadrien, laissez moi passer Romain.
Le mur nous permet, si on le désire, d'essayer de regarder, d'être curieux, tout en restant caché. Il nous arrive de vouloir le détruire à coup de masse, pour refouler une colère ou pour se libérer. Eh bien pourquoi ne pas l'escalader, l'envers nous ferait-il peur ?
Mur d'Antonin, un mur d'écho très étroit.
Protège moi aujourd'hui, détruits moi demain. Prêt à toutes les dépenses, le mur des lamentations un bout de mur juif el bout raque de voeux et de prières.
Le mur de son est-il le big bang du mur du silence. Nous nous protégeons entre quatre murs, après s'être heurté à un mur pour se retrouver au pied du mur d'un refus pour en être au dos. Vivons à fond allons droit dans le mur et faisons le mur de notre vie.

3 septembre 2011

M.U.R.S (Captaine Lili)

Mousse

Sous les doigts

La mousse

Fraichit les pierres

*

Usure

La plus haute muraille

S’émousse

Du temps passé

*

Retenue

Fermé, clos,

Le mur entaille

La liberté

*

Soutènement

L’une sur l’autre,

Les pierres maillent

Un tricot solide

3 septembre 2011

Quand le Maneken Pis reçoit réplique ad hoc (Joe Krapov)

Ordure ! 
Crevure ! Lady gaga en robe d’épluchures !
Inspecteur La Bavure ! Profanateur de sépulture ! 
Râclure de bidet de roulure !

Vieux fox à poil dur de Namur !
Adopteur de postures qui tournent à l’imposture ! 
Saupiquet d’acupuncture !
Caricature de bouffissure ! Espèce de boursouflure ! Gros plein de courbatures !

Epouvantail en déconfiture !
Enflure sans culture ni demi-mesure ! Demi-sel sans envergure !
Paltoquet sans doublure !
Superficiel de l’échancrure !

Eclaboussure de vieux campeur à côté de ses chaussures !
Pourceau d’Epicure ! Sans envergure !

Ratatine-ordures ! Ecorcheur de littérature ! Ignorant de l’écriture ! Rature !

Zakouski en friture !

Riz nature ou cantonais en garniture ! Ambulante injure !
Face d’enluminure ! Végétatif de la luxure ! Hooligan à chevelure !

Rognure d’ongle de la comtesse de Ségur !
Rien sous la toiture ! Abruti de la Côte d’Azur !
Thermomètre à mercure !
Président en miniature ! Ame obscure !

Parjure de nature !
Shooté de la piqûre ! Pourriture de sous-préfecture !

Primogéniture de Saumur sans fémur ! Patate dure ! Perclus de vergetures !

Vicieux de cercle sans quadrature !

Lie de roture ! Rayure ! Retirure ! Point de suture ! Infection qui suppure !
Troncature ! Mononeuronal sous bromure !
Editeur de brochures sans allure !

Pondeur de sous-littérature !
Guérisseur d’engelures ! Résidu d’hydrocarbures !

Leroidec de la forfaiture ! Chiure de gomme ! Messala ennemi de Ben-Hur !

Graffiteur sans imprimatur !

Jean Nouvel obscur ! Bas du front sans couture !
Sang impur ! Enurésique de mauvais augure ! Balayure !

Bachi-bouzouk en robe de bure !
Espèce d’embouchure ! Triste figure !
Flétrissure ! No future ! Gros plein de garbure !

Si d’aventure je te reprends à uriner contre mon mur, tu vas te faire appeler Arthur !
 

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Photo prise à Rennes le 10 avril 2011

3 septembre 2011

LE MUR (Lorraine)

 

            J’étais en retard. Je me faufilai par la porte arrière de la classe, mais personne ne fit attention à moi. Melle Marie-louise n’était pas à son pupitre et sur l’estrade, Mariette, le chouchou, tentait en vain de maintenir le silence à coup de “chut” absolument vains.

            - Tu sais quoi? me dit Paula dès que je m’assis près d’elle. Marie-Ange a fait le mur...

            - Marie-Ange?...

            - Cette nuit, il paraît.

            “Chut” cria tout haut Mariette exaspérée.  Nina s’était levée et bavardait avec Valentine au 3ème rang. J’entendis “Tu penses si Soeur Luce est dans ses petits souliers. D’ailleurs, Soeur Supérieure l’a convoquée et...”. Soeur Luce est la surveillante des dortoirs. Les pensionnaires en ont peur. Pas Marie-Ange apparemment. Marie-Ange qui a fait le mur! Je n’en reviens pas. Elle a osé? C’est une “grande” , elle a bien seize ans, et nous, les moyennes, on ne l’aime pas beaucoup parce qu’elle a toujours l’air de mauvaise humeur.

             Une jolie fille, ça oui, moi j’admirais ses yeux bleus, ses cheveux blonds qui descendaient sur ses épaules, mais elle ne souriait jamais, elle faisait semblant de ne pas nous voir quand notre rang croisait le sien dans le couloir qui mène à la chapelle. Il se murmurait qu’elle “avait du talent”. C’est pour ça qu’elle suivait les cours d’arts décoratifs, et on avait d’ailleurs exposé ses tableaux dans la salle de fête à la fin de l’anée. Pour une fois, l’école était ouverte aux parents, aux visiteurs et ils furent nombreux. Beaucoup s’arrêtaient devant les fleurs peintes de Marie-Ange, ou devant la “Fenêtre ouverte sur le jardin” comme s’appelait une des toiles. Le jardin ceinturé d’un mur fleuri de pois de senteur. Un mur qui donnait sur l’Allée des marronniers. Un mur... était-ce par là qu’elle s’était enfuie? A force de le regarder  elle avait peut-être eu envie de le franchir?..

            - T’es bête, me répondit Paula, c’est pas le mur, c’est Monsieur Jaques!

            Je devais être bète, car je n’avais pas pensé à lui. Lui, le prof de dessin, le seul homme admis dans cette école strictement réservée aux filles, dont les institutrices étaient célibataires ou religieuses. Femmes mariées non admises! Monsieur Jacques?.. C’est vrai qu’il avait de beaux yeux, qu’il était mince et vif. Mais vieux!  Ah oui, au moins 35 ans. Enfin, Marie-Ange ne pouvait pas... n’aurait pas...et puis comment, toute seule, monter sur le mur, le redescendre, partir, où?..

            - Lorraine, vous êtes dans la lune!

            Melle Marie-Louise était rentrée, sa petite tête d’oiseau tournée vers moi m’interpellait.  Je m’assis bien droite et croisai les mains devat moi. Elle détourna son regard et dit:

            - Mes enfants, prenez la grammaire page 126, nous allons faire une analyse logique et...

            Et Marie-Ange fut noyée dans le silence. Des  bruits ont couru, on a trouvé une échelle couchée dans la rue derrière le mur, on n’a plus revu M. Jacques, ni Marie-Ange, Paula a entrevu les parents en traversant le couloir où se trouvent les petites salles d’attente, elle m’a dit que la maman pleurait. Soeur Supérieure était très digne.  Plus tard, sûrement un ou deux ans après “le mur”, j’ai croisé Marie-Ange; elle poussait une voiture d’enfant, elle était belle et triste. Elle ne m’a pas reconnue. On n’en a plus jamais parlé.

3 septembre 2011

Participation de Zigmund

Comme ils   disent  : me voilà au pied du mur !

Impossible de reculer, c'est moi qui ai donné l'idée de cette consigne aux défiants.

C'esr parti :

(consigne #4)

 Sous les gravats, gisait madame Beautin. identifiable à ses chaussures noires et ses chaussettes bleues qui dépassaient du tas de pierres. Frappée du syndrome de Jérusalem lors de son voyage en "Terre sainte", elle avait fait construire à son retour, une réplique miniature du mur des Lamentations  au fond de son jardin pour venir y prier régulièrement. Ce mur construit à la va vite avait  brutalement chu sur elle  ...Le commissaire Arien, à peine arrivé sur les lieux, s'écria "le haut mur l'a tueR"

J'avoue avoir été tenté d'arrêter là ma participation, m'auriez vous pardonné ? 

Les murs cloisonnent, enferment, séparent, mais parfois il peuvent réunir les gens autour de leur construction ou de leur destruction.

220px-Prayer_Papers_in_the_Western_Wall

 Jérusalem : il y a très longtemps. J'étais petit, je me souviens des barbelés,  de la complexité du découpage de la ville, chaque mur pouvait se révéler une frontière dangereuse. Sur une terrasse surplombant un lieu saint, des soldats(amis? ennemis?) me regardaient, souriants, mais armés. Donc, le fameux mur, je ne l'ai vu que de très loin, j'ignore si je le verrai un jour en vrai, mais il est face à moi tous les jours en carte postale sur mon box de consultation.-220px-Israel-Western_Wall-

 

 

Peut être inspiré par ce mur, notre ami Hadrien, s'est lancé depuis deux ans dans la construction d'un beau mur à l'ancienne, en vrai granit de Bretagne. Hadrien est du genre méticuleux, (pas comme le maçon de madame Beautin), chaque pierre est choisie amoureusement en fonction de sa taille et de sa forme, nettoyée... le must est de ne pas mettre de ciment ou très peu. C'est un genre de puzzle pour haltérophile. Nous sommes fascinés par ce défi, par la beauté de ce travail. Certains passants s'arrêtent et s'extasient, ou viennent surveiller l'évolution du chef d'oeuvre. MUR6Pour poser le linteau de la fenêtre il a fallu se mettre à plusieurs, et ce fut  sportif et périlleux.

Un vagabond séduit par ce travail, a un jour proposé son aide bénévole qu' Hadrien a du refuser de peur d'être accusé de travail dissimulé...Alors il continue à monter son chef d'oeuvre pierre par pierre, c'est son mur de la fierté en quelque sorte.Honeymoon BerlinFH000008

Une fois que fut tombé le mur de la honte à Berlin*, nous en avons construit un, virtuel, mais pas seulement, autour de notre confort d'Européens :  ce double mur de grillages et de barbelés, s'étend dans le no man's land qui borde le trajet de l'Eurostar.Quelque part, dans ce paysage désolé, des humains espèrent  faire  librement le même voyage que nous. C'est ce mur invisible qui dit : "ici c'est l'Europe, on y est bien, mais on est assez nombreux comme ça , rentrez chez vous !" J'ai honte de cette Europe là.

.

---J'ai autrefois aidé à construire des "murs de révolte ": murer la pointeuse de l'hôpital histoire d'agacer les administratifs qui ne payaient pas nos gardes.

Un jour, nous avons du décharger un camion plein de livres, quite à interrompre nos consultations. Il s'agissait des exemplaires du livre fraichement édité de notre patron. Nous avons rangé les livres de façon à murer le bureau du patron...

Bon, je vous accorde que ces barricades étaient plutôt potaches.

Tout le monde ne peut pas s'apeller Gavroche.

 

 


*   

*Dans son  blog  culture en vrac,  Florence Porcel   a traité le sujet des murs en général et du mur de Berlin  en particulier(zappez Adamo et regardez le clip d'Yves Dutheil)  ... allez lui rendre visite 

** photos 

-mur des Lamentations :wikipedia

-murs décorés ou taggués à Berlin : batelo

 

3 septembre 2011

Participation de Martine27

Les murs ont des oreilles, dit-on ! Mais les murs ont aussi des yeux et une mémoire. Tout au long des siècles les murs ont emmagasiné tellement de vie et de mort qu’ils sont capables de vous en faire profiter si vous vous laissez porter. Entendez-vous le gémissement d’agonie du mur qui s’écroule pris dans le tremblement de terre ? Entendez-vous le cri de joie du mur de la honte qu’on abat et qu’on délivre de ses années de peur ? Voyez-vous l’immensité des collines sur lesquelles la grande Muraille de Chine déroule ses méandres ? Respirez-vous l’odeur de sang qui stagne encore dans ces caves secrètes où l’Inquisition torturait les sorcières ? Touchez-vous du doigt le désespoir du prisonnier de ces moellons qui a gravé, on ne sait comment, ce dessin dans la pierre pour continuer à vivre au-delà de son oubli ? Devinez-vous la force et la foi qu’il a fallu à ces humains minuscules pour bâtir cette cathédrale et cette pyramide et qui émanent encore de ces murs millénaires ? Voyez-vous le sourire de cette femme qui vient de coucher son enfant au creux de son berceau bien protégé par le torchis de ce mur élevé par son père ? Sentez-vous contre votre peau le frôlement du fantôme prisonnier de ce château qu’il a défendu jusqu’à la mort ? Entendez-vous les tendres roucoulements et les cris de plaisir de ces couples qui se sont succédés entre les cloisons de cette chambre ? Les murs ont des oreilles, mais vous aussi ! Alors tendez-les et emplissez-vous de leurs histoires, laissez vous guider au-delà de leurs frontières vers un monde qui ne demande qu’à se révéler à vous.
3 septembre 2011

Vert et pas mur (Poupoune)

Le gosse était pas là depuis trois jours qu’il parlait déjà de faire le mur. Il était pas fait pour la taule. Pas qu’y ait des mecs vraiment faits pour, mais disons qu’y en a qui supportent mieux. Lui, il supportait tellement pas qu’il grattait le mur avec ses doigts la moitié de la nuit, des fois qu’à force ça finirait par lui faire un tunnel, et l’autre moitié il pleurait. Du coup il dormait pour ainsi dire pas et je donnais pas cher de sa peau s’il faisait pas un peu plus gaffe à lui.

Depuis le temps que je moisissais entre ces murs, moi, j’en avais vu passer des jeunots que l’enfermement rendait dingues, mais lui… je sais pas. Il avait comme un truc un peu fou dans le regard qui faisait que quand il disait qu’il pouvait pas passer une minute de plus dans cette taule, non seulement je le croyais, mais en plus j’avais vraiment envie de l’aider à en sortir. Même si ça me plaisait pas plus que ça de m’attirer des emmerdes. J’étais peinard, moi, là. Contrairement au gosse, c’est la vie dehors qui me réussissait qu’à moitié. Alors tous ces marlous qui sont passés par ma cellule en jurant qu’ils se feraient la belle avant que j’aie eu le temps de m’habituer à leurs ronflements, je les écoutais poliment et je les laissais élaborer des stratagèmes tous plus foireux les uns que les autres pour faire le mur, mais je m’en mêlais pas. Et je me suis habitué non seulement à leurs ronflements, mais aussi à leurs flatulences et autres nuisances nocturnes. Mais ce gosse… c’était pitié de le regarder dépérir à vue d’œil. J’étais sûr qu’il crèverait en moins d’un mois si on faisait rien pour lui.

J’ai profité de mon ancienneté et de certains rapports privilégiés que j’avais avec les matons pour essayer de l’aider sans me compromettre, mais ça changeait pas grand-chose : d’heure en heure il paraissait plus maigre, plus malade, plus triste, plus proche de la fin. Alors j’ai fini par lui dire que j’allais l’aider à faire le mur. Ça a suffi à lui redonner un peu la santé. Chaque jour, je dévoilais des bribes d’un plan qui pourrait peut-être marcher… Lui y croyait à fond et il semblait revivre. Je m’en voulais un peu de faire traîner les choses, j’avais l’impression de le faire marcher, mais plus tard on devrait mettre le plan à exécution, plus tard je m’exposerais à des emmerdements qui ne manqueraient pas de me pourrir le quotidien.

En attendant, il grattait toujours le mur la nuit et il avait toujours pas l’air bien vaillant, mais il allait quand même mieux. C’est l’impression que j’avais en tout cas, jusqu’au jour où on l’a retrouvé pendu avec la corde qu’on avait commencé à tisser pour notre évasion. On n’en avait pas vraiment besoin, je lui avais seulement fait faire pour concrétiser un peu le projet. Pour l’aider à tenir.

Je m’en suis voulu à mort.

Alors pour honorer sa mémoire, j’ai décidé de faire le mur conformément au plan qu’on avait élaboré ensemble. Quoi qu’il arrive. Tant pis. Il me semblait que je lui devais bien ça.

 

Depuis, certains matins, quand je me réveille au son des vagues et que le soleil illumine déjà le petit intérieur coquet que je partage avec un genre de déesse des îles, j’ai besoin d’aller vérifier que la porte n’est pas verrouillée et de faire quelques pas sur la plage pour m’assurer que je ne rêve pas. Mais la plupart du temps je m’aperçois que j’ai quasiment oublié cette foutue vie entre quatre murs et que finalement, j’étais plutôt fait pour vivre libre.

3 septembre 2011

Défi 157 (rsylvie)

… crois moi, cette année l’est mure !


-«… m’enfin Jeannine,,,,,, c’est plus possible.

Crois-moi, cette année L’est mure pour y aller ! » venait de s’écrier mon père.

C’était dit. Et, il n’y avait pas à revenir sur le sujet. Ainsi, en avait décidé le brave homme. Cette année, je ferai mon entrée à la Communale.

J’avoue que je n’en menais pas large. Depuis le temps que l’instituteur passait et
repassait devant notre pas de porte sans jamais oser en franchir le seuil. Je m’étais fait à
l’idée que l’école n’était faite pas pour moi. J’avais ainsi, pris de mauvaises
habitudes. Pour ça, vous pouvez me faire confiance. Tiens, comme la fois où je
fis un pied de nez à tous, en passant devant les fenêtres ouvertes de la
classe, alors que nous rentrions des fenaisons. Du haut de la charrette à foin,
je les dominais, moi le tout petit. Alors ça oui, je leur ai fait une de mes
plus vilaines des grimaces. Eux qui soufflaient et suaient dans leurs tristes
tabliers noirs, sagement assis devant le grand bureau du maître. Et l’autre
fois, où je me mis à chanter si fort en conduisant nos vaches de l’autre côté
du village, pendant que j’entendais ceux de la grande section ânonner leurs
tables de multiplication. Pour sûr, m’ont bien amusé ceux de la grande école.
Mais à ce jour, que je dois les rejoindre, j’ai comme une boule au ventre. Qui
ne me quitte pas, depuis que j’ai entendu le père et la mère se prendre la tête
pour une histoire de soupe qui ne serait plus assez chaude pour être digeste.
La pauvre femme avait eu beau pleurer toutes les larmes de son corps, s’écriait
que je n’avais pas encore tout à fait atteint l’âge idéal, que j’étais fragile
des bronches, qu’une année de plus auprès d’elle ne pourrait que m’être
profitable en raison de ma petite taille…. Rien ni fit.


Faut dire que ça va me changer la vie.
Plus de bons petits plats le midi, mais un goûter tiédi par l’impossibilité à
rester mijoter sur le vieux poêle de la pièce centrale de notre demeure. Plus
de petit veau à conduire dans le pré, avant d’aller à la pêche le long de
l’Orne. Et puis surtout, plus de course folle dans la campagne environnante,
mais rester assis en silence, à écouter les enseignements de l’instituteur. Mais
là n‘est pas le pire, car il va falloir aussi faire des devoirs le soir et réciter
des leçons devant toute la classe. Et ça, je ne pourrais pas.

Vous imaginez, les grands qui me regardent et les filles aussi ?

Après une nuit de cauchemars. Une impossible tartine de beurre à avaler, tant elle est
épaisse … « pour que la fringale ne vienne pas lui gâcher la matinée » avait
murmuré ma mère. Mes beaux habits du dimanche délicatement enfilés au dernier
moment, afin de ne pas les salir, je prends le chemin du village, ou plus
exactement, celui de la grande rue conduisant à l’école communale. Terrifié, le
cœur battant la chamade, une perle au goût amer cherchant à tout prix un
passage dans le conduit lacrymal qui interdit tout débordement au flot de
larmes qui trouble mon regard. Je lâche la main de mon père à l’entrée de
l’énorme bâtisse où désormais je passerai la majeure partie de ma vie d’enfant
et d’adolescent, pour me diriger vers la file d’écoliers attendant la sonnerie.
Soudain un grand s’empare de la cordelette et fait tinter la cloche. Sagement,
je suis les enfants qui se dirigent chacun vers leur place attitrée. Le professeur
n’étant pas encore rentré dans la classe, une fois assis, là où il me semble
être ma place, je m’apprête du regard à faire l’inspection de la pièce, quand
une voix tonitruante venant de la porte principale, me surprend en pleine
réflexion.

-« Que chacun prenne une craie, son ardoise… écrivez »!

« C’est au pied du mur que l’on voit le maçon »

Vous avez une demi-heure pour me dire ce que cela vous inspire.

Et surveillez vos fautes !

Vous le nouveau… venez me voir !
Alors mon petit, ton père a enfin réussi à décider ta brave mère de te laisser venir parmi nous.
Tiens, histoire de voir à quoi nous devons nous attendre avec toi, dis-moi, ce que cette citation t’inspire à toi » ?


 

Vexé de constater que tout le village semblait
parfaitement au courant de notre vie de famille, je m’écriais dans un français
plutôt graphique que grammatical

3 septembre 2011

Le mur. (Mamido)

C’était un vieux mur décrépi, lézardé, croulant sous le lierre. Par endroits, il était percé de trous béants et tout un pan s’était écroulé, en son milieu.

 

Pour les adultes, il représentait le mur de la honte, dissimulant aux regards la décrépitude et l’abandon d’un quartier dont la rénovation traînait en longueur.

Ils passaient rapidement devant, sans regarder. Ils nous interdisaient d’y aller, l’endroit était, parait-il, mal, fréquenté.

 

Mais, c’est bien connu, les enfants adorent franchir le mur de l’interdit !

Aussi, le mur servait-il de rideau au terrain vague où nous passions le plus clair de notre temps libre. Le franchir, c’était comme traverser une frontière magique derrière laquelle commençait un monde irréel où tout pouvait arriver. De l’autre côté, l’Aventure nous attendait.

 

C’est pour cette raison, qu’au moins une fois par jour, à la sortie de l’école, nous « faisions le mur » et nous nous évadions dans l’univers merveilleux des jeux que nous inventions.

Je devenais pilote d’avion de chasse et, entre deux loopings, franchissais avec brio et dans un bruit de tonnerre, le mur du son. Pour mon copain Léo, à califourchon en son sommet, le mur devenait celui du combattant. Dernier rempart contre l’invasion d’une horde barbare peuplées de cavaliers féroces et armés jusqu’aux dents, il le défendait, à l’aide de son fidèle dragon, l’épée à la main et à la tête d’une armée de chevaliers à l’armure étincelante.

 

Pour les plus grands, le mur servait de cible d’entraînement. Jets de pierres, tirs de carabines venaient encore en aggraver la décrépitude.

 

On dit que les murs ont des oreilles, peut-être des yeux aussi, pourquoi pas ?... En tout cas, s’ils pouvaient parler, sûr qu’ils en auraient des choses à raconter !

A longueur de temps, le nôtre recevaient les confidences, les promesses et les lamentations… Sur ses flancs s’imprimaient les injures, les serments et les rendez-vous…

 

L’endroit où il était en partie écroulé servait de banc aux amoureux qui s’y faisaient des déclarations. Premiers baisers, premières étreintes malhabiles s’échangeaient dans la fraîcheur d’un lit de lierre.

Pour les amours passagères et clandestines, pas tant de confort, les baisers fébriles, les étreintes brutales et rapides avaient lieu n’importe où, en position debout, contre la pierre sèche et rugueuse.

 

Puis un jour, plus de mur ! Les engins se sont emparés du terrain vague, une tour de trente-cinq étage y a poussé, comme un champignon.

 

Ce jour-là, nous avons dit adieu à une grosse partie de notre enfance.

3 septembre 2011

Ouais ! (Joye)

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