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Le défi du samedi
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3 septembre 2011

Au mur de mes vingt ans (Venise)

 

         Au mur de mes vingt ans,

         Quand l’équinoxe jouait à la balle avec les bateaux sur la mer ;

Au mur de mes trente ans,

Secouée par la paresse de l’exil, qui suit le réveil la main sur la rampe

Au mur de mes quarante ans,

Tu es maintenant sur le pont de l’encre

Alors que le ciel craque de toute part

Au mur de mes illusions, où tout retombe

Comme neige au soleil

Dans l’haleine du soir

Au mur de mes chemins, chemine mon ami

Comme la terre secoue sa farine je m’adosse à ce mur de pierre rose, aux parfums de lauriers en fleur  et descend l’étau de l’escalier jusqu’à la mer ;

C’est l’heure pour y aller voir !!

Les poissons d’argent flottent  devant mes yeux

Le seul fait de regarder par-dessus le mur

Et c’est une chanson de Leprest http://www.youtube.com/watch?v=sbTGQPdttPo&feature=related

Qui  me rattrape.

Au mur de mes cinquante ans, le temps fuit sans retour.

Il flotte une odeur de menthe poivrée que poivre la lune nue.

 

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3 septembre 2011

Participation de Ristretto

L'été n'était pas fini,
sans bruit les dernières hirondelles effilochaient la brume,
mais les soirs avaient encore des lueurs framboisines par delà le grand mur.
Bientôt, dans quelques jours à peine, il ne serait plus qu'ombre.

Postée comme à l'accoutumée à l'unique fenêtre de son petit logement, Francette connaissait bien le mur d'en face.
Il était son horizon.
Le grand mur d'en face, long comme un jour sans pain, gris taupe, uniforme, il filait jusqu'à la place des potences.
Il allait plus loin encore, mais Francette ne se souvenait plus du noms des rues.
Peu importait maintenant, ses jambes ne la portaient plus que de son lit à cette fenêtre face au mur.

Le mur, elle le regardait.
Comme sur un écran elle y voyait parfois les vagues de l'océan, nuages d'écumes ou goélands. Les heures s'écoulaient, son regard vagabondait de grèves en presqu'îles. Elle y laissait voguer ses rêves de voyages vers des outre-mers exotiques.

Le mur, elle lui parlait.
D'une petite voix fluette, elle lui confiait bien des secrets. Son premier amoureux qu'elle retrouvait en cachette à la sortie de l'usine. A bicyclette ils allaient jusqu'au bois du Meunier. C'est là qu'un soir de juin elle s'était donnée à lui, juste avant qu'il ne parte à la guerre.
Le mur comme par magie lui renvoyait ce parfum de lavande et d'herbes coupées. 

Le mur, elle l'écoutait aussi.
Il avait des rires frêles, des chants et des tambours.
Il avait des murmures, des gémissements, des plaintes.
Il avait des cris, le grand mur gris de la prison Saint Jean.

3 septembre 2011

Another brick (Vegas sur sarthe)

Mille neuf cent soixante dix huit.
A peine surpris, David-Gilles Mur ramassa le paquet rose.
Ce matin comme chaque matin depuis qu'il travaillait sur l'opéra, une nouvelle brique lui arrivait, rose elle aussi... Another brick in the wall.
Au loin un ré mineur tapait comme un sourd mais les fondations étaient solides... Another brick in the wall.
Malgré le mur toujours plus haut un choeur de cour de récré montait en révolte... Another brick in the wall.
Ce troisième volet claquait inlassablement en quatre temps mais David-Gilles Mur ne l'entendait pas, tout comme il ne voyait pas ce vol de flamants dans le ciel, d'ailleurs les flamants n'existent pas.
Demain serait peut-être le jour de la dernière brique rose, celle qui le protégerait enfin d'un monde si cruel...
Goodbye.

3 septembre 2011

Chez le coiffeur (PHIL)

 

Gamin, je faisais des cauchemars. Rien là de très original, n’est-ce pas. Quel enfant ne s’est pas réveillé en sursaut au milieu de la nuit, hagard et dégoulinant de sueur ? Moi je rêvais de murs. J’étais prisonnier de murs immenses disposés en labyrinthe, une image que j’avais dû voir dans un quelconque comics chez le coiffeur. Des murs d’une hauteur inimaginable. Ces murs infranchissables étaient faits de brique, comme la plupart des murs des zones industrielles de par ici, à l’époque. Et sur ces constructions vertigineuses dont on ignorait la finalité exacte, à part celle de m’effrayer, étaient collés quantités d’affiches à moitié lacérées, comme s’il s’était agi de murs parfaitement banals ; on y trouvait l’inévitable réclame pour la brillantine, le programme du prochain festival du rire à Bobino, des affiches électorales, même. Ah oui, on était en campagne ; et votez De Gaulle, votez Mitterrand, votez Lecanuet. Même Tixier-Vignancour y était, c’est dire qu’il y avait bien de quoi avoir des cauchemars.

Je sais d’où ça venait, cette histoire de murailles : de chez le coiffeur, justement. J’y allais avec mon père, le samedi après-midi. Le coiffeur habitait un pavillon banal, en meulière comme le nôtre. Nous nous y rendions à pied par un dédale de rues plus ou moins identiques et aux trottoirs défoncés. C’était presque pareil que chez nous, sauf qu’à la place de la salle à manger, il y avait le salon du coiffeur, avec ses étagères couvertes de lotions, son grand fauteuil de moleskine rouge (le siège de la torture) et surtout, surtout, une pile quasiment inépuisable d’illustrés dont je me délectais avidement à chaque visite.

Quand venait mon tour, je m’asseyais vaguement tremblant sur le fauteuil rouge, tandis que le coiffeur déclarait invariablement qu’il allait me tailler les oreilles en pointe. Et déjà je me voyais métamorphosé en P’tit Loup (je lisais le journal de Mickey). Et le bonhomme d’éclater d’un rire sonore tout en affûtant ses armes. Quant à moi, je souriais. Jaune. Je vais te raser le crâne, déclarait-il alors. Il n’en était évidemment pas question, mais je me renseignais néanmoins pour savoir à quoi ça servirait. Et il répondait qu’ainsi mes cheveux repousseraient plus forts ensuite, c’est comme le gazon qu’on tond pour qu’il soit plus beau. Bien.

Pendant que mon père se faisait coiffer, je replongeais illico dans les bandes dessinées. J’hésitais entre le Surfer d’Argent et Piko (nom français de Woody Woodpecker, souvenez-vous). Ou les chiens Bop et Be-Bop. Il y avait le choix. Je me souviens d’une histoire dans laquelle un méchant, allez savoir s’il s’agissait d’un Rapetou ou de Pat Hibulaire, je ne me souviens plus, c’est vieux, s’enfuyait courageusement en rasant les murs.

En rasant les murs, bon sang : c’était écrit en toutes lettres dans le livre. Vous comprenez maintenant le pourquoi du comment de mon satané cauchemar. On rasait les murs et ils allaient repousser plus forts, plus hauts, jusqu’au ciel, et m’emprisonner pour toujours.

3 septembre 2011

Les pieds au mur (Walrus)

Dans leur lente remontée vers les origines de notre univers, les scientifiques butent sur le mur de Planck.

Mais ils piochent, ils piochent !

 

Forçats

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3 septembre 2011

Le ou les murs (Flo)

 

flo

Le mur de Berlin 1989 - The wall des Pink Floyd - Le mur des Daltons et celui de Lucky Luc tracté par son équidé - Murs de pierres, pavés, briques ou verres - Après le premier un second - Une affiche, une vitre, des photos, un mur, une vie pour ce 157 ème défi.

Remonter le temps, elle aurait aimé le faire durant ce premier été sans lui. Pour se rassurer elle écoute Mickey 3 D: "Le temps n'existe pas, la mort n'existe pas, la vie n'existe pas". Elle a perdu son grand frère, un sacré monument! Elle l'a retrouvé et perdu en 2011. Les deux 1-1 ou deux i-i. Le trait d'union de deux êtres découvrant la vie côte à côte dont l'un décède à 40 ans.

Ce fil rouge qui aimerait tant revenir au premier des huit coeurs, le tien si présent, les autres plus absents parce que le tien si fraternellement et éternellement. Je ne pourrai plus avancer comme avant ni laisser le echec et mate résonner comme ça ni de cette manière.

Les 24 défis en 24 SAMEDIS auront le temps de reprendre. Le regard ne sera plus jamais pareil et la partition n'aura plus le même parfum. Je pianotte toujours rigolotte parce que superflotte. Le rossignol qui me faisait chanter tient plus de l'évaporation que de la sublime percussion. Le 11 septembre 2011 sonnera le glas au guignol.

 Une certitude néanmoins et pas des moindres: le 11-11-11 et le 12-12-12  klaxonneront mais les résonnances n'auront plus le même écho.

3 septembre 2011

Murmures (Adrienne)

Ô saisons, ô châteaux
Quel mur est sans défauts ?
Berlin, Hadrien,
fondations, lamentations,
illusions.

À pied, à vélo,
à Grammont, à Jéricho,
en Bretagne, en Sologne,
murs d’escalade
ou de façade.

Les fleurs, le son,
tout lui est bon.
Le feu, le verre,
la pierre, la terre,
la brique ou l’Atlantique.

C’est bien la pire peine
de ne savoir pourquoi
sans ‘je t’aime’ et sans haine
mon cœur a tant de peine.

Merci à Rimbaud et à Verlaine

Pesaro

 

3 septembre 2011

Conversation (Célestine)


"Je voudrais construire un grand mur, dit la petite fille.

Mon mur monterait jusqu'au ciel. Il m'emmènerait aussi haut que mes rêves. Comme sur les ailes d'un jars blanc, je verrais ma maison. Si petite. Tout en bas.

Les briques en seraient couleur de feu, comme les cheveux de ma maman quand elle s'endort dans son hamac, l'été, et que de minuscules gouttes d'eau lui font une moustache de perles, juste là, sous le nez.

 

Je voudrais construire un long mur, dit le petit garçon.

Le mien serait plus long que la grande muraille de Chine.

Il m'emmènerait au fond du monde, là où les déserts sont si chauds que les reptiles pleurent des larmes de sable, là où les banquises sont si froides que les pingouins restent collés au sol.

 

Je voudrais construire un beau mur, dit la petite fille.

Mon mur entourerait la mer. Je serais la reine du plus grand royaume au monde, et la mer serait ma piscine, avec de vrais dauphins pour bouées, qui danseraient autour de moi pour me distraire.

 

Je voudrais construire ...et toi, Papi ? Dit le petit garçon.

 

Moi, je voudrais détruire les murs .

Les murs d'incompréhension, les murs de haine, les murs d'intolérance, les murs de la honte, les murs de prison, les murs aveugles, les murs du silence, les murs d'indifférence, les murs de l'Atlantique, les murs de brouillard, les murs de bêtise.

Moi, je voudrais détruire tous les murs qui séparent les hommes.


Eh bien, quand je pense qu'on me gronde quand je casse un jouet, soupire le petit garçon."

Photo Grand-Père

3 septembre 2011

Les visages (MAP)

-         OOOOHHHHH, là sur le mur !!!

-         Quoi ?

-         Mais là, en bas,  IL nous regarde !!!

-         Qui ça « IL » ?

-         Mais LUI !!! Sur le mur !!! Dans le mur !!!

 

 DSCF0443

-         Ecoute je ne vois rien !

-         Mais si, REGARDE !!! Un autre là !!! Un enfant tout bouclé !!! Il a l’air si triste !!!

 

 DSCF0442

-         Il n’y a que des pierres !!! Enfin que t’arrive-t-il ???

-         Des YEUX, des YEUX, partout !!! Ils nous observent !!!

 

 DSCF0446

 

-         Tu deviens fou !!!

-         Mais non, je LES vois, je LES vois !!!

 

 DSCF0447

Ceux-là ont l’air de se parler ! Ils parlent de nous j’en suis sûr !!!

DSCF0448

Il faut partir loin, loin !!! Sinon nous sommes perdus !!!

-         Allons arrête, il n’y a rien, le mur est vide !!!

-         Non, non !!! C’est toi qui ne vois rien !!! Tu n’as rien compris !!! Ils nous épient !!! C’est la malédiction !!!! LA malédiction !!!!!!!

Bientôt ils vont fermer les yeux et CELA se passera !!!

-         « CELA », mais arrête, tu délires complètement !!!

 

 DSCF0445

-         Ça y est !!! Leur CHEF a fermé les yeux !!! Il se concentre sur nous ! Nous allons rentrer dans le mur comme eux !!!! Cours, cours …..

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Quelques années plus tard :

(Visite du Château Malpierre)

 

« Mesdames et Messieurs, pour terminer la visite, voici maintenant le mur que l’on nomme « Les visages » On ne sait exactement quelle en est l’origine. Une légende tenace  veut qu’il y ait eut ici-même quelque sorcellerie !!! Des personnes ayant séjourné en ce lieu et y passant la nuit « Des yeux fermés » -entre le 30 et le 31 août- auraient disparu au matin sans laisser aucune trace. Seuls de nouveaux visages apparaissent alors sur le mur !

Mais qui peut donner foi à de telles balivernes !!! »

 DSCF9660

* * *

P.S. Ces visages sur les murs ont été photographiés tels quels. Il n'y a aucune manipulation photographique.Je les ai trouvés dans un petit village de Haute Marne sur une maison à l'abandon. La dernière photo a été prise à Langres -à l'entrée de la porte de Navarre-

3 septembre 2011

Rentrée risquée et dangereuse.(32Octobre)

 

Zigmund, malgré tout le respect que je lui dois, a dû être, tout petit, bercé trop près d’un mur.

Quand même, cette obsession des murs… cela ne peut venir que de l’enfance.

Et en plus avec un nom pareil.

Il y a quelque chose à chercher.

A trouver, cela n’est pas sûr que j’y arrive.

 

À moins que…

Étudions toutes les pistes et hypothèses possibles.

 

Il se venge en m’obligeant à délirer sur un mur et vous avez vu quel mur !

 

Peut-être Zigmund est-il photographe dans la rubrique des chiens écrasés de mon journal local.

MUR BRIQUE

Photo et légende seraient de lui.

La preuve ci-après :

« Un individu louche, dont l’identité est encore inconnue, voulait savoir ce qu’il y avait derrière le mur ; il vola une à une les briquettes manquantes sur cette photo pour se construire un foyer ; il capitula ou plutôt fut écrasé par sa brouette en rentrant on ne sait où, peut-être chez lui. »

 

Non, pas la bonne réponse.

 

RUINESZigmund a été maçon dans une autre vie. Mais un maçon, pas trop doué, comme on dirait dans la finition. Il faisait trop chaud. Les pierres étaient lourdes. Le soleil tapait. Il a été surpris par notre photographe en plein travail.

Ce mur sera-t-il fini avant la fin de ses vacances ? Le mystère reste entier. En effet, il ne peut être au four et au moulin, rêver ou s’occuper de ses chats et d’un certain Mimosa, qui a l’air de tenir son bout.

 

Non, impossible tout cela. Zigmund a des mains d’artiste.

Il est un peintre méconnu ; je n’ai pas dit maudit.

Il est un de ces artistes des rues qui ornent murs, soubassements, endroits improbables de ses œuvres. D’ailleurs, cherchez-bien ! Ici ou , une œuvre de ses œuvres s’y cache peut-être.

 TAGS JAUNES

 

http://www.web-utopia.org/Street-art,726

 

 

J’espère que Zigmund me pardonnera cette fantaisie autour de sa personne mais je n’ai pas pu résister.

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